- Sandrine
Voilà, si je devais résumer la sororité, je dirais que c'est cette notion de lien qui est vraiment importante pour moi et qui définit en tout cas beaucoup de choses dans ma vie.
- Elodie CB
Trois valeurs qui représentent vraiment bien la sororité. Entraide, partage et bienveillance.
- Sandrine
Émotionnellement, j'ai besoin vraiment de sentir une réciprocité et c'est ça qui est compliqué je trouve dans les amitiés et notamment les amitiés adultes. Et oui, pour moi, je dirais meilleure amie parce que c'est la plus longue. C'est celle qui a résisté à tout et qui a tout connu. Je pense aussi qu'en fonction des tempêtes qu'on traverse, les amitiés peuvent évoluer aussi pour différentes raisons. J'ai fait la connaissance de quelqu'un qui a vraiment marqué ma vie, dans tous les sens du terme.
- Elodie P
Bienvenue dans le podcast Gang de Copines. Ici, la sororité n'est pas un slogan, c'est une expérience vécue. riche, complexe, parfois bouleversante. Tu vas entendre mes discussions, profondes ou légères, avec des femmes qui partagent leur histoire, leur expertise et leur combat. Tu vas entendre des histoires vraies, sans filtre, de femmes qui tissent des liens, traversent des tempêtes et s'élèvent. On célèbre à la fois la force et la fragilité des amitiés féminines. On ose parler de ce qui gêne, de ce qui répare. Gangue de copines, c'est l'espace où la sororité s'assume, se questionne et se vit. pleinement. Bonjour Sandrine, bonjour Elodie. On s'est rencontré lors d'un after work des entrepreneurs chez Terrabundo à Enevelin. Ce soir-là, on a parlé podcast et vous m'avez toutes les deux partagé votre envie de parler de votre rencontre et du collectif Pevel. Alors, avant qu'on parle de tout ça, est-ce que vous pouvez déjà m'expliquer comment vous vous êtes rencontré ?
- Sandrine
Alors la rencontre elle s'est faite à mon initiative, c'était il y a quelques temps déjà maintenant. J'étais en pleine réflexion pour faire évoluer un projet professionnel et j'ai fait ce qu'on appelle des enquêtes métiers. Et il y a un métier qui m'interpellait beaucoup parce que je n'en avais jamais entendu parler et qui combinait à la fois l'aspect pédagogie, le lien avec les enfants, etc. qui s'appelle l'orthopédagogie. et il se trouvait qu'il y en avait une pas loin de chez moi donc je l'ai contactée et c'est comme ça que j'ai fait la connaissance d'Elodie
- Elodie P
Elodie tu veux rajouter quelque chose ? Oui c'était il me semble il y a déjà 5 ans et je me souviens tout à fait qu'on était à cet endroit là et que c'était une belle rencontre et moi j'étais ravie de te faire connaître ce métier plein de sens
- Sandrine
Moi j'avais trouvé ça quand même assez génial de me dire que finalement, il y avait très peu d'orthopédagogues en France. Le fait qu'il y en ait une sur la Pével, c'était quand même assez improbable. Et qu'en étant aussi proche géographiquement l'une de l'autre, ça ne t'avait pas du tout dérangée de répondre à mes questions, de répondre tout simplement à mes questions, en sachant très bien que j'avais cette idée possible de me former également. Et en fait, tu étais tellement emballée par ce que tu fais. que tu trouvais ça bien aussi de communiquer sur ce métier-là sans forcément te soucier d'une histoire de concurrence, ce qui n'est quand même pas toujours très commun.
- Elodie P
Sandrine, c'est toi qui es à l'origine de la création de ce collectif. Est-ce que déjà, tu peux nous expliquer de quoi il s'agit ? Et avant ça, on a parlé de la Pévelle, mais je ne suis pas sûre que toutes les personnes qui nous écoutent sachent où c'est sur une carte de France. Donc, tu peux nous parler aussi de cette belle région ?
- Sandrine
Alors, la Pévelle, c'est tout simplement une partie du territoire des Hauts-de-France qui se situe sur le flanc ouest, est, non, le flanc est de la communauté urbaine de Lille. C'est un très beau territoire. On est vraiment très, très bien. On est près de tout et c'est très, très agréable, en tous les cas, d'y vivre et d'y travailler. Ensuite, pour ce qui concerne le collectif Pevel, j'ai déménagé sur ce territoire il y a 8 ans, bientôt. J'étais déjà entrepreneur, mais dans une autre activité que celle d'aujourd'hui. Je me suis dit, c'est dingue, il doit quand même bien y avoir des choses dédiées aux entrepreneurs sur ce secteur. Je me suis un peu renseignée, j'ai essayé pas mal de choses. Et puis, j'avais en tête un accompagnement 100% féminin qui m'avait beaucoup aidée sur mon parcours. C'est l'association Little Big Woman. et plutôt sur l'île, mais les Hauts-de-France également. Et je me suis dit, bah tiens, quitte à créer quelque chose, ou à imaginer, en fait, je l'ai vraiment fait comme ça, sans avoir vraiment de grande arrière-pensée de ce que ça allait pouvoir devenir. C'était plutôt une envie et un besoin. Et donc, il m'est venu l'idée d'un collectif, de rassembler des femmes, en tous les cas, qui étaient à leur compte. Et qu'est-ce que j'ai fait ? Tout simplement, les quelques personnes que j'avais déjà rencontrées, rencontrées depuis que je m'étais installée ici. Je les ai recontactées, je leur ai demandé de recontacter aussi celles qu'elles connaissaient et en leur expliquant un petit peu ce que j'avais en tête. Et c'est comme ça que petit à petit, on a constitué un collectif d'entrepreneurs. Il s'appelle donc Pevel Entrepreneurs. Et toi Élodie, comment t'as rejoint du coup Pevel ?
- Elodie CB
Alors suite à notre rencontre avec Sandrine, comme elle l'a dit précédemment, elle a recontacté... des entrepreneurs, dont moi. Et donc j'ai accepté et ça résonnait vraiment en moi parce que je me sentais un peu seule. J'avoue que, voilà, professeure des écoles avant, j'étais dans une équipe avec des projets et puis se retrouver entrepreneur dans son cabinet. Parfois, il y a des moments où on a envie d'être entouré. Et donc l'idée de rejoindre ce collectif m'a bien plu et puis voilà, c'est comme ça que tout a commencé.
- Elodie P
Alors on a mentionné ton activité mais on n'en a pas encore vraiment parlé, ça veut dire quoi orthopédagogue ?
- Elodie CB
Alors l'orthopédagogue c'est un professionnel des apprentissages qui peut accompagner des enfants, des adolescents, des adultes avec un trouble neurodéveloppemental ou pas. avec un fonctionnement à haut potentiel, par exemple, ou tout simplement avec une difficulté pour apprendre. Donc, on est vraiment dans le domaine des apprentissages, pas du tout dans le paramédical. Comment ça se passe ? Il y a une première rencontre avec l'apprenant. Et puis, je lui explique qui je suis, comment je procède. Et ensuite, je vais aller faire des observations sur son fonctionnement cognitif. émotionnel et motivationnel. Donc on va vraiment prendre, et ça c'est notre particularité d'orthopédagogue, l'apprenant dans sa globalité. Et donc on va aller, suite aux observations, faire un plan d'intervention ciblé et complètement personnalisé. Donc je vais aller observer les forces de l'apprenant et je vais aller observer également ses points d'effort pour aller soulever euh... les besoins qu'il a par rapport à une problématique. Je donne un exemple, ça peut être j'ai des difficultés pour mémoriser mes leçons et pour garder longtemps les informations. Là, je viens de terminer un accompagnement avec une adulte qui passe un concours. Et donc, reprendre les apprentissages après tant d'années, ce n'est pas forcément évident. Et cette dame voulait une efficacité rapide, viser une efficacité rapide. Donc je suis là pour lui apporter des stratégies d'aide et d'apprentissage, mais adaptées à son profil. Donc on apprend tous d'une manière différente et c'est ça qui est vraiment très très chouette. C'est à chaque fois une belle rencontre. Et puis à côté de ça, il y a deux ans, j'ai décidé de me former à l'Ikigai, qui est un outil de développement personnel. pour accompagner les adolescents dans leur orientation, à mieux se connaître, donc pour mieux s'orienter, et les adultes pour mieux évoluer ou mieux entreprendre. Donc là, c'est aussi le lien avec Pevel et avec l'entrepreneuriat. Donc, ce qui m'anime vraiment, en fait, c'est l'apprentissage de soi, c'est le fil rouge de mes activités, et je suis profondément convaincue que mieux on se connaît. mieux on fonctionne.
- Elodie P
J'ai une question bonus. Est-ce qu'il y a plus d'hommes ou de femmes dans tes clients, clientes ?
- Elodie CB
Il y a énormément de femmes. Après, au niveau des enfants, c'est vraiment mixte, mais dans les adultes, énormément de femmes.
- Elodie P
C'est à ton tour de te présenter, Sandrine, de présenter ton activité.
- Sandrine
Alors, moi, je suis kinésiologue et praticienne en hypnose ericksonienne. Alors, j'ai démarré cette reconversion professionnelle... par une formation en kinésiologie qui m'a pris en tout, on va dire, deux ans. Donc, c'est une formation qui m'a apporté déjà beaucoup d'un point de vue personnel et qui a aussi mis en lumière quelque chose qui me motive énormément et qui fait que je fais ce métier avec beaucoup de plaisir, c'est qu'on a tous la capacité en nous de... de se transformer, de changer, d'évoluer. En tous les cas, il y a toujours quelque chose, une petite graine qu'on peut faire germer au fond de soi. Ça, j'en suis convaincue. Et à la suite de cette formation en kinésiologie, j'ai voulu faire aussi une formation en hypnose ericksonienne parce que je trouvais ça intéressant de pouvoir allier à la fois le travail sur le corps avec la kinésiologie et avec l'esprit, on va dire, avec l'hypnose. Donc pour moi, c'était deux... Deux façons qui étaient intéressantes de combiner. Et globalement, moi j'accompagne tous les âges, donc du tout petit petit à tous les âges, jusqu'à ce qu'on ait envie d'évoluer, j'ai envie de dire. Et moi, ma clé d'entrée véritablement, c'est le stress. C'est vraiment ça, c'est essayer de venir pour réduire son stress, également pour soulager quand on a des douleurs chroniques qui sont pas expliquées, et aussi pour mobiliser ses potentiels, nos ressources, qu'on a toutes en nous, tous en nous, mais qu'avec notre conscience, on n'a pas toujours cette capacité à pouvoir les faire émerger. Donc que ce soit avec la kinésiologie ou avec l'hypnose, ce sont vraiment deux techniques, deux pratiques en tous les cas qui nous aident à faire ça. Et moi vraiment ce qui me motive à faire ça, c'est, je l'ai dit, la capacité d'évolution. Je trouve qu'on a tellement de potentiel en nous, tellement de possibilités, et parfois on laisse des choses qui nous sont arrivées, ou alors des stress importants, pas importants, c'est pas une question de taille ou de mesure, nous envahir, nous prendre la tête, on en a plein le dos. en général on emploie aussi les expressions qui nous mènent un peu vers le chemin qu'il faudrait emprunter alors que quand on arrive à se libérer de ce genre de choses qui nous pèsent au quotidien, on a une autre possibilité qui s'ouvre. On peut avoir un esprit qui s'allège, on peut avoir... En tout cas, on peut espérer avancer dans la vie de manière plus sereine.
- Elodie P
Et même question bonus, du coup, t'as plus d'hommes que de femmes ?
- Sandrine
Alors, comme Élodie, dans les enfants, c'est très mix, évidemment. Il y a autant de petites filles que de petits garçons, que de jeunes filles et de jeunes gens. Par contre, contre sur l'accompagnement des adultes. Alors oui, il y a beaucoup de femmes, évidemment, mais il y a quand même des hommes qui franchissent aussi le cabinet, que ce soit en hypnose et en kinésiologie, mais il y en a. Il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a. Comment vous expliquez l'une et l'autre le fait qu'il y ait plus de femmes qui se tournent vers vos pratiques que d'hommes ? Alors, je ne pense pas que ce soit forcément lié à nos pratiques en tant que telles. Je pense que c'est plus lié à la... la femme en tous les cas qui va avoir plus tendance peut-être à aller creuser un peu là où ça fait mal essayer peut-être de faire le tri peut-être soulever le tapis de temps en temps sachant aussi que évoluer c'est jamais très très confortable on sait très bien que il y a des remises en question, il y a des prises de conscience Voilà, et puis c'est peut-être aussi une question de temps qu'on s'accorde aussi. Je pense qu'il n'y a pas de réponse universelle par rapport à ça, mais en tout cas, c'est plus une réflexion personnelle qu'une vérité absolue.
- Elodie CB
De mon côté, oui, j'aurais tendance à penser, mais ça, c'est vraiment propre à moi que l'introspection se fait plutôt du côté des femmes. Pour les personnes qui me contactent pour leurs enfants, c'est très souvent les mamans. Est-ce qu'elles prennent plus de temps pour aller rechercher des solutions, etc. ? Peut-être. Et pour les adultes que j'accompagne, dans le cas d'une reconversion, d'une reprise d'études, oui, je me demande si justement le fait de se poser beaucoup de questions parfois chez les femmes, ça les amène a décidé d'évoluer, de se remettre en question, de retrouver du sens. Voilà, mais je pense que tout le monde est différent, donc je n'ai pas de réponse exacte.
- Elodie P
Pour rentrer dans le vif du sujet de ce podcast, quelle définition vous faites l'une et l'autre de la sororité ?
- Elodie CB
Alors moi, ce ne sera pas une définition, ce qui m'est venu tout de suite dans mon écran mental, déformation professionnelle, mais ce sont des mots. Donc ça a été le mot partage. le mot « entraide » et le mot « femme » .
- Sandrine
Alors, la sororité, je ne suis jamais très fan des concepts, donc c'est toujours difficile pour moi de les définir. En tous les cas, si je devais l'illustrer, ce serait plutôt par rapport à ma grille personnelle, qui serait, moi j'aime les transmissions, donc j'aime apprendre et j'aime transmettre, et j'aime les gens qui savent et qui me transmettent. Donc moi, c'est vraiment quelque chose qui me plaît beaucoup dans mes relations personnelles et professionnelles. Je trouve que c'est toujours enrichissant d'avoir des points de vue différents, etc. Donc vraiment la notion de transmission. Et peut-être ce qui découle de ça, le partage, mais pas uniquement sur des savoirs éventuels, mais partager du temps, partager des émotions, partager des goûts communs, des activités communes, tout ce qui va faire que quelque part on va pouvoir créer un lien. Voilà, si je devais résumer la sororité, je dirais que c'est cette notion de lien qui est vraiment importante pour moi et qui définit en tout cas beaucoup de choses dans ma vie.
- Elodie P
Comment vous l'expérimentez cette sororité dans votre vie personnelle et dans le collectif Pevel ?
- Sandrine
Alors dans le collectif Pev'Elles, un peu de manière intrinsèque parce que c'est un peu le principe du collectif. Quand on en parle autour de nous, on revient toujours un peu à ces mots un peu bateaux, mais qui finalement... on va le dire ce qu'il veut le dire aussi, un collectif, c'est quoi ? C'est faire communauté, c'est faire collectif, et pour que ça ait un sens, il faut que chacun y mette un peu la main à la patte. Donc, le collectif Pevel, si on devait le résumer, ce serait peut-être plutôt ça, c'est-à-dire un ensemble de femmes entrepreneurs qui ont un projet commun qui est de partager leur temps, leur connaissance, leur attention. et de faire en sorte que tout ça puisse permettre à chacune d'entre nous de faire émerger le meilleur d'elle-même. Voilà, c'est plutôt comme ça que je définirais Pével. Ensuite, d'un point de vue personnel, la sororité. Je dirais que j'ai un tempérament plutôt ouvert vers les autres. Donc voilà, je dis toujours que... Ma porte est ouverte, je suis plutôt quelqu'un qui accueille, donc c'est peut-être plutôt ça. Après, j'aime bien aussi partager, notamment avec les réseaux sociaux, c'est quand même cet outil-là qui peut servir à ça, ce que je découvre, ce que j'aime. Voilà, en fait, je propose plus que je n'impose, en tout cas j'espère, mais j'aime bien et j'aime beaucoup les gens qui me font aussi découvrir des choses.
- Elodie CB
Alors moi, dans le collectif Pev'Elles, il y a les trois valeurs qui représentent vraiment bien la sororité : entraide, partage et bienveillance. J'ai aussi une citation qui me guide, qui est « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » . Donc c'est vraiment ce qu'on essaie d'apporter dans notre collectif avec Sandrine et avec tous les entrepreneurs de talent qui sont avec nous. Et donc voilà, c'est ça, le partage effectivement à grande échelle, c'est partager ses conseils, partager également ses peurs, partager ses réussites et s'entraider avec chacune de nos compétences en fait. Et donc ça, c'est vraiment très très chouette. Et dans ma vie perso, alors c'est très différent. Donc, il peut y avoir, et j'aime bien le mot lien que tu as utilisé Sandrine, le lien avec ma maman. Le lien avec ma sœur, le lien avec mes amis, mais on y reviendra plus tard. J'ai différents cercles d'amis qui apportent différentes choses, effectivement. Et la sororité aussi, je l'ai rencontrée très souvent avec des femmes qui ont marqué ma vie à certains moments. Et donc voilà, toujours avec toutes ces personnes, c'est vraiment partager le mot qui ressort. Mais partager vraiment plein de choses, quoi. Que ce soit effectivement des apprentissages, des connaissances, des moments de joie, des moments de peine, des confidences, des conseils.
- Sandrine
Et aussi, ce qui est important par rapport au collectif, et je pense que c'est une des motivations que j'avais au départ, c'est que sur l'entrepreneuriat féminin, on est quand même beaucoup à... On a des profils où on entreprend beaucoup seul. Sans en faire non plus de vérité absolue. En tout cas, ce que je constate, c'est que bien souvent, on reste un peu seule. On peut avoir des femmes qui sont très compétentes dans leur domaine, avec un beau savoir-être, beaucoup de savoir-faire, et qui sont vraiment très compétentes. Et en fait, elles vont avoir tendance à rester seules dans leur coin, à se recroqueviller sur elles-mêmes, à douter beaucoup d'elles-mêmes. Et ce que j'aimerais ou ce que j'espère en tous les cas, c'est que ce collectif, pour celles qui nous rejoignent, puisse leur apporter cette capacité-là, c'est-à-dire de ne pas s'isoler, de ne pas rester seule, de limiter les doutes et de vraiment rester concentrée sur notre raison de départ qui nous a fait devenir entrepreneur et sur ce qui fait qu'on peut avoir cette capacité à développer tout au long de notre parcours, nos compétences, notre savoir-faire, etc. Et de... perdurer aussi, parce qu'il y a une différence entre avoir une idée, la mettre en œuvre, se former, etc., et réussir à la maintenir dans le temps et à la rendre rentable. Et ça, c'est aussi une problématique qui est difficile à aborder avec les femmes, en règle générale, la rentabilité de son activité, alors que ça reste une donnée essentielle à partir du moment où c'est une activité professionnelle. Et c'est vrai que c'est quelque chose qui est très souvent mis de côté ou... pas très abordées, etc. Et ça, j'ai vraiment l'impression que c'est vraiment très féminin.
- Elodie P
Avant qu'on parle de vos cercles amicaux, j'ai une petite question pour toi, Elodie. Tu as dit tout à l'heure qu'il y avait des femmes qui étaient venues à des moments très spécifiques. C'était des moments de difficulté, des moments de joie ou juste des périodes de ta vie ?
- Elodie CB
Alors, les deux. Les deux, il y a eu... Je peux citer, mais... Une sage-femme qui m'a... Vraiment beaucoup marquée dans la préparation à rencontrer mes deux derniers enfants. Et puis, dans des moments plus compliqués où j'ai eu besoin d'accompagnement particulier, dans des changements de vie essentiellement. Au moment de ma reconversion aussi, où j'ai rencontré des personnes qui m'ont... qui m'ont aidée à avancer et à continuer mon chemin, je dirais.
- Elodie P
Et alors tes cercles amicaux, comment tu les décrirais aujourd'hui ?
- Elodie CB
Alors il y en a plusieurs. Je me suis rendue compte que j'étais très très entourée, effectivement. Alors d'abord, il y a ma meilleure amie, je connais depuis 33 ans. Ça m'a fait un coup là, d'accord. D'accord, je suis rentrée là d'ailleurs, mais bon. Voilà, elle se reconnaîtra. Donc je l'ai rencontrée au collège. là ça te donne un peu plus d'informations sur ton développement donc là c'est on va dire que c'est ma plus longue amitié et puis voilà donc ça c'est pour moi ce que j'appelle ma meilleure amie ensuite j'ai un cercle d'amis avec des amis que je connais depuis plus de 20 ans essentiellement prof des écoles que j'ai rencontré du coup dans cette première partie professionnelle de vie. Et ensuite, j'ai des amis de moins de 10 ans, on va dire, mais où les liens sont très très forts aussi, et elles se reconnaîtront également, j'espère. Ensuite, il y a les amitiés qui se sont faites par le biais de ma deuxième partie de vie professionnelle, dont la rencontre. rencontre avec Sandrine. Et ensuite, il y a, mais alors là, je ne dirais pas, ce n'est pas le mot ami, du coup, c'est des copines. Moi, je discerne aussi ça, copines, amis, par le biais de l'école de mes enfants, de leurs loisirs, et donc on passe beaucoup de temps ensemble dans ces moments-là, et on commence à créer parfois des moments en dehors. Donc là, il y a quelque chose qui va s'ouvrir, ça c'est tout récent. Donc, pour moi, l'amitié, il y a une question de temporalité.
- Elodie P
Alors, c'est très intéressant parce que tu fais la distinction du coup entre meilleur amie, amie et copine. Est-ce que tu peux expliquer un peu quelle différence tu fais entre les trois ?
- Elodie CB
Alors, meilleur amie, pour moi, c'est l'amitié qui dure. Qui dure malgré les tempêtes de vie, qui dure dans les grandes joies, dans les projets. On se donne des nouvelles. quasiment tous les jours, avec mon amie. On est là pour se booster, on se connaît tellement par cœur, je pense qu'on est là pour se donner un petit pied au cul quand on redescend dans nos failles, etc. On se soutient. Et oui, pour moi, je dirais meilleure amie parce que c'est la plus longue. C'est celle qui a résisté à tout. et qui a tout connu.
- Elodie P
Et copines / amies ?
- Elodie CB
Alors, amis, on dit que les amis, on les compte sur les doigts de la main. Maintenant, mes amis de plus de 20 ans, je dis que ce sont des amis. Je me rends compte que c'est vraiment l'histoire du temps qui compte. C'est-à-dire que moi, j'ai besoin de temps pour observer, pour comprendre le fonctionnement de la personne, pour lui faire confiance et ensuite pour m'ouvrir. Tout ça, ça demande du temps.
- Sandrine
Voilà.
- Elodie CB
Donc voilà. Je discerne ça. Et puis ensuite, il y a aussi ce qu'on va se confier, en fait. Et donc, les copines, oui, je passe des moments sympas, mais je ne vais pas commencer à m'ouvrir et à raconter des choses plus intimes, plus de mon passé, etc. Donc, c'est là un peu la distinction.
- Elodie P
Alors, Sandrine, tes cercles amicaux ?
- Sandrine
Alors, l'amitié, c'est un sacré sujet. Je pense comme toutes les relations qui peuvent croiser ma route. depuis toute petite. C'est vraiment un sujet de réflexion constante chez moi, je pense. J'ai eu des amitiés très fortes, des amitiés qui se sont arrêtées, des amitiés qui ont repris également, que je pensais perdues. Et moi, globalement, je dirais que moi, je n'ai pas de grande sœur, je n'ai pas de petite sœur. Je pense que j'ai... Peut-être inconsciemment, toujours chercher chez les femmes que je rencontrais une grande sœur ou une petite sœur, je ne sais pas. Mais en tous les cas, je pense qu'on n'a peut-être pas forcément toujours la même relation quand on a connu ça enfant, cette relation entre sœurs. Moi, je ne sais pas ce que c'est. Avec mon frère, on a cinq ans d'écart et je suis la plus âgée. Donc, c'est pareil. Ce n'est pas tout à fait les mêmes types de relations, je pense. Amicalement, oui, j'ai eu des meilleurs amis, hommes et femmes, parce que je suis plutôt entourée de copains ou d'amis, presque autant que d'amis IES ou de copines. Peut-être que ça traite justement au fait que je n'ai pas eu de sœur et que j'ai été habituée à des relations peut-être un peu franco et que moi, je suis peut-être un peu comme ça aussi. naturellement. En fait, j'aime bien avec les garçons, avec les hommes, le côté franc du collier. En fait, ça va, ça va, ça va pas, on se le dit. Alors que parfois, les femmes, ça tourne un peu autour du truc, on se dit pas les choses, etc. Et je pense que c'est ce côté-là, moi, qui me plaît bien. Après, en règle générale, je pense que je me lie assez facilement avec les gens depuis tout le jour, depuis toute petite. Mais émotionnellement, j'ai besoin vraiment de sentir une réciprocité. Et c'est ça qui est compliqué, je trouve, dans les amitiés, et notamment les amitiés adultes. C'est qu'il peut y avoir des questions de temporalité. On peut, par exemple, être prêt pour une amitié, et l'autre personne ne soit pas forcément prête pour cette même amitié, ou du moins de la même manière et avec la même intensité. Donc ça a souvent créé des décalages dans ma vie. Après, je pense aussi qu'en fonction des tempêtes qu'on traverse, les amitiés peuvent évoluer aussi pour différentes raisons. On dit aussi que la vie fait du tri au fur et à mesure des événements qu'on vit. Il y a des gens qui s'éloignent parce que c'est trop compliqué pour eux, etc. Enfin, peu importe. Donc, tout ça est très, très mouvant toujours dans ma vie. Donc maintenant, j'accueille en fait. Je me dis, voilà. Ce qui vient, c'est chouette. Ce qui ne vient pas, j'essaye de moins m'accrocher aussi à ça. Peut-être qu'il y ait moins d'attente aussi, plus de spontanéité, me laisser être plus spontanée, en fait. Après, comme Élodie, j'ai fait quelques rencontres. qui m'ont vraiment marquée, et je pense que c'est toujours des questions de cycle aussi dans la vie. J'ai fait la connaissance de quelqu'un qui a vraiment marqué ma vie, dans tous les sens du terme, qui m'a vraiment... Pourtant, c'était une relation qui n'était pas fusionnelle, ou quoi au caisse, c'était pas du tout quelque chose qui prenait, on va dire, énormément de place, on s'appelait pas tout le temps, etc. Mais il y avait une vraie présence de cette personne-là. Et je sais vraiment tout ce qu'elle m'a apporté, en fait. Tout ce qu'elle m'a apporté dans ma vie. Et c'est pour ça que je m'intéresse beaucoup à cette question de lien, je pense. C'est vraiment le lien qui fait vraiment la différence dans tout. Dans l'amitié, dans l'amour, dans la relation par enfant. Vraiment dans toutes les sphères, je suis vraiment convaincue que le lien qu'on nourrit avec les autres... C'est vraiment ça qui peut à la fois nous apporter énormément de choses et nous emmener parfois vers des domaines ou des chemins qu'on n'aurait même pas osé imaginer soi-même. Donc le côté encourageant d'en parler, Elodie. Et à l'inverse, nous faire énormément de mal quand on est très mal accompagné ou mal accompagné, avec intention ou pas d'ailleurs. Mais c'est vraiment cette notion de lien, moi, qui me parle plus que de cercle amical, en fait. Et c'est ça qui me... qui attire mon attention, je pense.
- Elodie P
Meilleur ami, ça représente quoi pour toi ?
- Sandrine
Alors, j'ai beaucoup employé cette expression, meilleur amie, pendant très très longtemps, jusqu'à ce que quelqu'un me dise, mais enfin, t'as quel âge pour parler du meilleur ami ? Et j'avoue que ça m'a un peu scotché, et ça m'est resté. Je raisonne moins en termes de meilleur ami. Par contre, je reviens à cette notion de lien. Cette notion de lien et de réciprocité. Quand je dis réciprocité, ce n'est pas un pour un, deux pour deux, j'en suis pas là. Mais vraiment dans cette envie de partager quelque chose ensemble. Donc ça peut très bien être une passion, une activité, l'animation d'un collectif, ça peut être une amitié professionnelle, ça peut être... C'est vraiment ça en fait, cette envie de partager quelque chose ensemble. Mais je dirais que dans la relation amoureuse, c'est pareil, c'est vraiment l'envie de partager son quotidien. les choses qu'on aime, etc. C'est plutôt ça que cette notion aujourd'hui de meilleure amie. Alors je ne dis pas qu'elle ne me titille pas encore, mais je la définirais peut-être plus en tous les cas de la même manière que je la définissais il y a 10, 15 ou 20 ans. Pour autant, j'ai autour de moi des gens qui sont là dans ma vie depuis l'une d'elles, depuis mes études, et l'autre quasiment dans la foulée. Ça fait quand même quelques années, je ne vous dirai pas combien, mais ça fait quand même quelques années qu'elles sont là. Il y a eu des interruptions dans cette amitié, mais voilà, elles sont revenues. Et la relation s'est beaucoup transformée aussi. Et je pense que ce temps-là, où on est allé entre guillemets chacun peut-être grandir de notre côté, on s'est retrouvés différemment et on a reconstruit volontairement ensemble une relation sur des modes un peu différents.
- Elodie P
Et moi, je me retrouve beaucoup plus qu'avant. Et alors, si on revient sur votre amitié à vous, depuis que vous connaissez, comment votre relation, elle a évolué ?
- Elodie CB
Alors, moi, je dirais qu'elle a évolué petit à petit. Si vous avez bien compris, moi, ça se fait dans le temps, petit à petit. Sandrine, je dirais qu'elle est là pour me booster, je pense. Donc déjà, elle l'a évoqué tout à l'heure, quand on est entrepreneur, on est un peu seul et on ne voit pas forcément ses compétences, ses potentiels, sa différence. Et Sandrine m'a apporté ça. Et le fait d'animer le collectif avec elle à ses côtés, c'est un vrai challenge. C'est-à-dire que j'ai vu une transformation en moi grâce à elle. Elle m'a encore lancée sur un challenge là pour dans quelques semaines. En fait, voilà, je... Je ne me lance pas forcément des défis, mais c'est Sandrine qui va les poser là, qui va faire qu'elle sait qu'elle plante une graine, je vais y réfléchir et puis ensuite je vais y aller. Du coup, ça j'adore, j'adore ça. Atteindre des objectifs ensemble. Donc je dirais aussi qu'il y a une réciprocité, ça veut dire qu'on sait, on commence à se connaître. Et de mon côté, quand il y a des silences, elle sait que c'est peut-être un moment où ça va un peu moins bien. Et puis les moments où inversement ça va moins bien, mais j'aurais une petite attention. pour elle, et voilà. Donc je dirais que c'est une amitié qui dure et qui va durer, je pense, encore plusieurs années.
- Sandrine
Alors de mon côté, il est clair qu'avec Elodie, on n'a pas la même notion de la temporalité. Peut-être aussi, alors indépendamment de cette amitié, Je pense que d'avoir perdu une amie récemment m'a fait prendre conscience aussi que, ben voilà, quand on est bien avec les gens, quand on apprécie les gens, il faut savoir s'ouvrir aussi, ce qui n'a pas toujours été facile pour moi, qui n'a pas toujours été forcément évident à mettre en œuvre. Donc j'ai découvert ça, un peu brutalement, mais en tout cas je l'ai découvert. Et du coup maintenant ça me guide aussi dans ma façon d'être en lien avec les autres. Après, concernant Elodie, c'est vrai qu'il y a deux choses que je dirais. C'est qu'il y a beaucoup de pudeur, je pense, chez Elodie, d'une manière générale. Donc, je respecte beaucoup ça parce que, ben voilà, on est... Moi, je parle peut-être plus facilement, mais au fond, je suis quelqu'un de très pudique sur ce que je ressens. Donc, je le comprends, je pense. Et je pense qu'on a un point commun avec Elodie, c'est qu'on a, en tout cas elle, une grande loyauté. Elodie, c'est quelqu'un de loyal, mais pas au sens du devoir, mais vraiment de l'engagement. Et c'est quelque chose que j'aime beaucoup, quelque chose que je respecte aussi beaucoup chez elle. Et c'est vrai que le collectif Pevel, en tout cas ces derniers mois, sans Elodie, je pense qu'on n'aurait pas fait les mêmes choses. Et pour moi, c'était vraiment important qu'elle soit... Alors j'allais dire à mes côtés, mais on est aux côtés l'une de l'autre en fait, il n'y a pas plus l'une que l'autre. Mais en tous les cas, d'avoir vraiment eu ce truc. Et c'est vrai aussi que cette possibilité de parler en toute transparence aussi, peut-être son côté loyal, je ne sais pas. Mais je n'ai pas de problème à évoquer plein de choses avec Élodie. Et notamment sur l'aspect entrepreneurial, où forcément on est toute seule dans notre activité. On peut parfois se poser des questions, on peut parfois avoir besoin de... d'échanger humainement, professionnellement, même si on ne fait pas les mêmes activités, on est quand même dans de l'accompagnement. Et en tout cas, moi, j'aime beaucoup ça. J'aime beaucoup le faire avec Élodie. Et puis voilà, elle prend son temps. Elle prend son temps, quoi.
- Elodie P
Comment on fait pour savoir ce qui va se passer pour le collectif Pev'Elles dans les semaines, mois à venir ?
- Sandrine
Alors le collectif Pev'Elles, il y a deux moyens de suivre notre activité. Donc il y a LinkedIn et plus récemment Instagram. Donc là, on y retrouve... Alors il faut savoir quand même que c'est un collectif qui organise beaucoup de choses, mais à l'intention de ses membres. Et on organise aussi de temps en temps des événements, des petites choses qui sont ouvertes à tout le monde, notamment la prochainement. Mais globalement, c'est plutôt quelque chose qui est réservé aux membres qui en font partie. Mais bon, ça n'empêche, on est toujours disponible pour rencontrer. On est beaucoup représenté dans des after-work, tout ce qui est en lien avec l'activité entrepreneuriale du secteur. On essaye vraiment de contribuer, de participer à notre niveau le plus possible.
- Elodie P
Et l'une et l'autre, comment on fait pour suivre vos activités ?
- Elodie CB
Alors, de mon côté, vous pouvez aller sur le site internet orthopédagogie-capable.com et puis sur les réseaux sociaux, donc Instagram, Facebook et sur LinkedIn, à mon prénom et mon nom.
- Elodie P
Très bien. Qu'on mettra dans la description cet épisode. Voilà. Et toi, Sandrine ?
- Sandrine
Un peu pareil, j'ai envie de dire classiquement. Sites internet, Instagram, Facebook et LinkedIn également.
- Elodie P
Super, merci beaucoup à toutes les deux.
- Elodie CB
Un grand merci à toi Élodie.
- Sandrine
Merci Élodie.
- Elodie P
C'était l'épisode 69 du podcast Gang de Copines. Merci de ton écoute. Ce que je retiens de cet épisode, c'est vraiment la douceur et la pudeur avec lesquelles Sandrine et Élodie ont parlé de leur... Leur histoire d'amitié. Elles en parlent sans en parler. Elles tournent un petit peu autour. Et j'ai trouvé que c'était beau et que ça reflétait bien leur personnalité à toutes les deux. Et le respect qu'elles ont l'une pour l'autre dans la façon qu'ont l'une et l'autre de gérer les amitiés. Si toi aussi tu as envie de parler de sororité, d'amitié au féminin, n'hésite pas à aller jeter un oeil sur mon compte Instagram. Le compte c'est Gangue de Copines Podcast. Et j'aurai plaisir à discuter avec toi en DM. Et une dernière petite chose, on se retrouve à la fin du mois, le 30 juillet très précisément, pour fêter les 3 ans de ce podcast. Voilà, j'ai trop hâte ! A très vite !