- Speaker #0
Bonjour et bienvenue au podcast Goûte à la vie. Aujourd'hui, j'ai un podcast qui est sur le fly, que je ne m'attendais pas du tout, mais dans les faits, ça vient vraiment, vraiment me chercher parce qu'il est question ici d'un sujet qui me touche et qui touche tout le monde. Et j'ai le plaisir de recevoir Jean-Yves Dionne, qui est pharmacien de formation, qui est conférencier, qui est auteur, qui est une des références aussi des plus reconnues au Québec, je dirais même, en matière de santé naturelle et phytothérapeute. Puis bonjour Jean-Yves Salut Marie-Ève Alors, je suis contente de te parler aujourd'hui. Ce qui a fait que je t'ai contacté, c'est que j'ai vu que tu avais présenté quelque chose aujourd'hui, justement sur une loi qui est sortie. La loi C-30. Le projet de loi,
- Speaker #1
c'est pas encore une loi. Le projet de loi,
- Speaker #0
non, effectivement. Et le projet de loi C-30 qui parle des pesticides. Puis moi aujourd'hui, ce que je veux faire avec toi, c'est peut-être... amener un peu plus de lumière sur, justement, pas simplement ce projet de loi-là, mais de tout ce qui est de la santé et des pesticides. Parce que je pense que, inévitablement, c'est comme facile de prendre une pomme à l'épicerie, puis de pas trop se soucier de qu'est-ce qu'il peut avoir dessus, parce que, bien, elle est là, puis ça doit être parce qu'on peut la prendre si elle est là.
- Speaker #1
Ah, mon Dieu OK. La présomption que c'est parce qu'elle est là qu'elle est bonne, là, il faut faire attention. C'est ça. Pour... prouver mon point, je vais remonter dans le temps. Je suis bien, j'aime ça, avec l'âge que j'ai, je fais de l'histoire, j'aime ça. Je vais te parler de l'essence au plomb.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
L'essence au plomb commence à la fin du 19e siècle, parce que l'essence, pas de plomb, explose trop vite, ça fait sauter les voitures, on développe un sel de plomb pour ralentir la combustion, et les moteurs fonctionnent. Dès le début, on savait que c'était neurotoxique. Les anciens Romains, ils savaient que le plomb était neurotoxique. Il y a un bout là. dans Alice au Pays des Merveilles de Matt Hatter, le Chapelier fou. Il est fou, pourquoi ? Parce qu'on en pesait les chapeaux avec du plomb pour faire des hautes formes. Puis, il venait tout fou à un moment donné. Fait qu'on le savait, ça. Et ça a pris, tiens-toi bien, pas loin de 100 ans, à force de commissions sénatoriales aux États-Unis tous les 10 ans ou à peu près, qui arrivaient toujours avec la même conclusion. C'est dangereux, il faut l'enlever. Ça a pris une chose pour enlever ça, une technologie, le convertisseur catalytique dans les années 90, qui était incompatible au sel de plomb. Et donc, On a enlevé les sels de plomb et on a travaillé avec un indice d'octane plus élevé qui brûlait moins vite. OK, donc la santé humaine n'a pas été importante pour cette décision-là, même si c'est le fun qu'il n'y ait plus de plomb dans l'air et qu'on savait que ça enlevait des QI aux enfants des quartiers défavorisés qui restaient proches des autoroutes. Alors, on est dans la même dynamique. Le projet de loi C-30 veut, entre autres, parce qu'il y a plein d'affaires dedans, comme d'habitude, veut être approuvé de façon accélérée. pour permettre à Santé Canada, en fait, Arla, l'agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, c'est son vrai nom, veut pouvoir réintroduire des pesticides à la demande pour des cas particuliers. OK. Et le but étant la souveraineté alimentaire et l'économie. OK. On a retiré ces pesticides-là parce que c'était dangereux. Dangereux pour l'environnement, dangereux pour nous autres, dangereux pour les cultivateurs. Et je vais être méchant, dangereux pour l'économie. Parce que si on met dans l'équation des pesticides qui sont interdits en France ou au Japon, on ne peut plus exporter là-bas. Il y a quelque chose de pervers là. Ou pour faire plaisir à des lobbies, si vous suivez la saga du Bill, du projet de loi C-30, vous allez voir que notre cher ministre de la Santé, Mme Michel, a été prise en flagrant délit d'aller à des congrès de lobbies de pesticides. pour se faire convaincre et on ne dira pas comment, je suis gentil, ne souffrez pas ma langue sale, faites-le tout seul. Mais l'idée, c'est ça, c'est qu'il y a plein de cas comme ça où Santé Canada, la FDA et toutes les agences-là sont dans l'organigramme du gouvernement en dessous du ministère du développement économique. Fait que si jamais ils font attention, c'est dangereux, il faut dire ta gueule. Point. Je vais vous donner un exemple que j'ai vécu moi. qui n'a pas vraiment rapport, mais c'est Arla pareil. Au début des années 2000, j'ai été appelé comme consultant pour un dossier, celui de la citronnelle. Parce que Santé Canada disait que c'était dangereux et que ce n'était pas efficace. Il fallait donc prouver que ce n'était pas dangereux et que c'était efficace comme chasse moustique. Qui dans les compagnies de produits naturels a les moyens de faire ce genre d'études-là ? Un. Donc, j'ai fait le dossier scientifique pour démontrer nos points. Entre autres, que l'huile de citronnelle est en vente au Canada depuis 1948. Si c'était dangereux, on l'aurait su quelque part. Et que... Il y avait toutes les preuves qu'eux disaient que c'était dangereux parce qu'il y a une molécule qui s'appelle le méthylgénol. À part ça, du méthylgénol, il y en a plus dans ton gingembre que tu manges qu'il y en a dans la citronnelle. Et non, le méthylgénol n'est pas cancérigène. Bon, en plus, je les ai tous épluchés pour finalement comprendre que ça n'a aucun rapport avec la citronnelle. Quand ils ont commencé à taper sur la tête la citronnelle, c'est que pour une raison légale et toxicologie, ils ont forcé Johnson & Johnson, fabricant du DEET, le D-E-E-T, le dépoids et compagnie, de restreindre sa concentration de 95% à 30%. À 30%, il n'est pas efficace. Ce n'est pas compliqué. Il ne marche à peu près pas contre les mouches. Il marche 15 minutes. Alors, qu'est-ce qu'ils ont fait ces 10 minutes ? Tu vas taper sur la tête de ton concurrent pour qu'on ait quand même le marché. Et on a finalement gagné notre point. Ça a pris 10 ans. On a finalement 10 ans. As-tu une petite compagnie, une PME, qui va t'offrir 10 ans à toi à se battre ? Absolument. On a réussi finalement pour, en même temps, comprendre qu'il y avait un autre joueur qui arrivait. par la même compagnie, qui s'appelle Icaridin, qu'on retrouve dans d'autres formules. Icaridin, pour vous la placer dans l'histoire, c'était l'odeur des produits Skin So Soft à mouille. Oui. Et ça chasse les boustiques. C'est pas toxique. Ça pue, mais c'est pas toxique. Santé Canada, qui a comme mandat de me protéger comme citoyen, est à la merci du développement économique, qui lui est à la merci des lobbies des grosses compagnies. Et là, on a un premier ministre qui est un banquier. Qu'est-ce que vous pensez qu'il fait ? Il vient contre l'homme. Puis je ne critiquerai pas l'homme. Je critique ses décisions en temps, par exemple. Puis je vais applaudir M. Guilbeault qui a toffé aussi longtemps qu'il a pu pour faire ce qu'il pouvait. Puis qu'à un moment donné, il a claqué la porte parce qu'il n'en pouvait plus. Puis humainement, j'aurais claqué la porte bien plus vite que lui. Alors, on est là. Voulez-vous dépêcher dans votre soupe ?
- Speaker #0
On en est là. Mais écoute. Puis ça, c'est juste une chose, parce que, tu sais, on parle, mettons, d'un pesticide, mais là, qu'est-ce qu'il y en est d'ajouter un pesticide, puis un autre, puis un autre, puis un…
- Speaker #1
Je vais m'amuser un petit peu, là. Je vais mettre dans la soupe les perturbateurs hormonaux, en commençant par le BPA. Le BPA, qui est le bifinil aromatique, qui est la molécule qu'on polymérise, c'est un plastique transparent, qu'on a changé avec des bouteilles sans BPA, avec du BPZ, BPX, BP d'autres choses. qui est tout aussi dangereux, mais il n'y a pas de PPA dedans. Alors, je vous ramène, il y a 20 quelques années, le réseau environnement santé en France, parti par un lanceur d'alerte, M. Dr. Ciccolella, à l'île Bouquinet, c'est un homme fascinant, qui a survécu au fait d'être un lanceur d'alerte, parce qu'on a vu qu'il y en a une qui est morte récemment. Excusez, non, je ne suis pas conspire, je constate, c'est pas pareil. Et il a constaté, parce qu'un chercheur, Tu as constaté un détail fascinant. En pharmacologie, on a ce qu'on appelle la courbe dose-réponse. C'est-à-dire que petite dose, petite réponse, grosse dose, grosse réponse, puis éventuellement toxicité. Ça ne marche pas avec les perturbateurs endocriniens.
- Speaker #0
Ça reste pareil.
- Speaker #1
Ce n'est pas juste ça. Les petites doses en synergie sont plus puissantes que les grosses doses. Parce que les grosses doses, la cellule les reconnaît, les Ausha. Les petites doses, je ne les reconnais pas. Ça reste là. Puis ensemble, ils perturbent la structure même. de la cellule et ce qui fait que va changer dans le temps. Et on a maintenant le constat dans notre société des effets que vos grands-mères ont pris.
- Speaker #0
Et c'est là le constat.
- Speaker #1
C'est que ton point est tout à fait valable. Un pesticide, un autre pesticide, un additif, un additif, un colorant. On a un monsieur étrange que j'admire énormément qui s'appelle Robert Kennedy qui a une voix horrible parce qu'il a été parasité, mais c'est un homme extraordinaire et c'est un battant. qui est en train de faire changer des labés à l'FDA. Il se fait traiter de tous les noms dans les médias. Pourquoi ? Parce que qui possède les médias ? Encore là, le conspirent, moi, va parler. Mais c'est ça. Alors, tu fais, comme moi, comme citoyen, et je suis un citoyen informé, je me sens complètement démuni. Tu sais, hors micro, je t'ai dit que moi, je fais partie de la gang qui est en écoépuisement. Je ne suis pas en écoanxiété, là. Je suis en écoépuisement parce que je fais ça depuis les années 70. Tu sais, je compostais dans les années 70. J'avais mon jardin. Écoute, je suis adolescent, là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je ne suis pas si vieux que ça. J'étais adolescent quand même, pas si vieux. Puis, dans les années 80, je commence à recycler les cloches vertes. Écoute, j'avais ma pharmacie à Rodden, dans la Naudière, et je prenais mes sacs de potes en plastique. Et à chaque fois que je descendais à Montréal, j'allais mettre mes potes en plastique dans les cloches vertes, parce qu'il n'y avait pas de recyclage chez nous. Tu sais, je suis comme une génération en avant tout le temps. Puis là, je regarde, ça donne quoi faire ça ? Des fois, je suis là, je recycle chez nous. Je fais comme 65 % de ça, ça envoie au recyclage. À l'envisage, c'est pareil. Puis là, on importe des déchets des États-Unis qu'on va mettre dans le coin de Blainville. On peut-tu avoir une rationnelle quelque part, penser qualité de vie, qualité de vie de mes enfants, mes petits-enfants ?
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
ce n'est pas grave, je passe les dates un peu. Mais quand tu as 16 ans aujourd'hui, tu capotes en titi.
- Speaker #0
Oui. Absolument, absolument. Il y a été question aussi que je t'ai parlé un petit peu, on s'est écrit rapidement sur le sujet des petits producteurs.
- Speaker #1
Oui
- Speaker #0
Écoute, il y a plusieurs, plusieurs petits producteurs qui font tout le travail qu'il faut pour être soit, je dirais, il y en a qui ne sont pas biologiquement certifiés. Non,
- Speaker #1
on voit les appels écologiques.
- Speaker #0
Mais écologiques, exactement, comme moi, c'est ce que je fais, moi, tu sais. Puis on a donc de la difficulté. à amener la santé chez les gens. En plus, je suis naturopathe, donc j'essaie vraiment d'amener ce côté-là, d'inspirer les gens, de changer leur façon de voir les choses.
- Speaker #1
Mon Dieu Ça s'appelle être missionnaire, ça Ah bien,
- Speaker #0
c'est ça
- Speaker #1
C'est la mère Thérésa en toi
- Speaker #0
Bien oui Mais comme moi, je vais devenir épuisée à un moment donné Je comprends Parce que je te dirais que dans les villages, c'est plus facile d'aller manger une poutine à la cantine que d'aller chercher des bons concombres, des bonnes tomates, des bons légumes qui sont frais, sains, sans pesticides, bon pour la santé. Écoute,
- Speaker #1
j'ai récemment fait une levée de fonds, je suis encore dedans, pour supporter une petite ferme de ma région. C'est la ferme le crépuscule à Yvoire, sur mes affaires. Ah, je suis en train de suivre. T'es là, je m'en vais. Parce que Jean-Pierre Clavette, c'est le pionnier au Québec. C'est le premier à avoir fait du poulet bio dans les années 90. Il est parti d'une terre en friche, puis il a grandi, grandi. Puis là, il est jusque par-dessus la tête dans les dettes parce qu'il n'y a zéro subvention. Il n'y a rien. Tu ne comprends pas. Mais les gros producteurs à côté de lui, conventionnels, qui sont prêts à arracher sa terre. Elle va devenir conventionnelle. Il ne veut rien savoir, lui-là. Il dit, je préfère mourir. C'est un passionné, c'est un visionnaire. Il fait un travail extraordinaire. Le crépuscule, c'est à Yamashish, dans Mauricie. Je l'ai pris en exemple, un, parce que j'aime le bonhomme, parce que j'aime ce qu'il fait, parce que je me suis dit, regarde, je vais faire tous mes efforts pour l'aider à sortir la tête de l'eau. Mon but, c'est qu'il y ait de la relève, parce qu'il est plus vieux que moi. Puis bon, à un moment donné, il faut qu'il y ait une relève, mais pas n'importe quelle relève, une relève qui embarque dans sa vision. Mais en même temps, moi, je patauge dans ce monde-là depuis le début des années 2000. Puis moi, je n'ai jamais été cultivateur pour Saint-Saëns, jardinier peut-être, puis encore là, très mauvais. Mais j'ai fait partie de la table filière des plantes médicinales biologiques du Québec. J'ai côtoyé Daniel Pinard, j'ai aidé la cause des paysans, pas de pays sans paysans, puis toute l'union paysanne, puis ce monde-là, ceux qui sont là ne me connaissent pas, mais au départ, j'ai mis mon grain de sel. Parce que pour moi, si on pense État qui grandit dans la santé, on doit penser santé de l'environnement, santé de la production, santé des gens qui y travaillent. pour que ça percole, puis même chose santé économique, parce que c'est une immense grosse production de jeunes c'est trop quoi dans un coin, c'est pas vrai que ça percole en économie partout. C'est un paquet de petits producteurs et la démonstration a été faite à plusieurs reprises que si on avait un chapelet de petits producteurs de toutes sortes d'affaires, tous de haute qualité, on serait économiquement beaucoup plus stable et beaucoup plus viable que des super grosses productions qui sont transigées sur les stock markets, sur les bourses de ci et de ça. Parce que le seul qui fait de l'argent, c'est celui qui fait de la spéculation. Ce n'est pas le consommateur et le producteur. D'ailleurs, aux États-Unis, faisons un parallèle boiteux, mais pas vrai, pas bon pareil, la production du maïs et des grains, elle est subventionnée. Pas juste un peu, complètement. Ce qui fait que tu as des grosses compagnies qui sont payées pour faire la job, payent des salaires de sous-fifre au producteur qui, lui, est endetté. Ces gens-là... qui transforment et vendent sur les grands marchés, font du dumping parce que la matière première ne leur coûte virtuellement rien. Ça te donne toute l'essence de la malbouffe qui commence avec le New Deal en 1930, qui se perpétue avec Ronald Reagan qui dit à son monde « Make it cheap, arrangez-vous que ça ne coûte pas cher » . Malgré que j'aime le bonhomme, ça a été aggravé par le nouveau New Deal de Barack Obama où il y a un quartier énorme de fonds publics qui vont subventionner ces gros producteurs de marbre. de néfaste food. Et ce n'est pas le cultivateur qui est payé. Lui, il est jusque-là. Il faut qu'il paye sa machinerie. Puis il paye sa machine. Mais le gars, l'intermédiaire, est super subventionné. Ce n'est pas la même dynamique au Canada, loin de là. Mais ça ressemble étrangement. Au sens où les très grosses productions intégrées sont beaucoup plus rentables. Je vais vous faire un exemple. Il y a eu, il y a plusieurs années, un rappel de jambon, maple leaf. Pas canadien parce qu'ils venaient tous d'une succursale en Alberta. Où l'absurdité quelque part ? Excusez-moi, pourquoi j'ai besoin d'avoir du porc du Québec qui va être transformé en Alberta et qui va être vendu dans une petite enveloppe en plastique à l'épicerie ? Pourquoi ? Je vais te citer un autre truc parallèle qui vient d'une amie qui était députée du Bloc québécois, Caroline, voyons Caroline, son nom de famille, en tout cas, dans Charlevoix, qui nous rapporte à un moment donné qu'elle voit une barquette d'éperlant à l'épicerie. Puis là, elle fait le chemin. La barquette d'éperlant fumée a été traitée, tiens-toi bien, en Thaïlande. Pêchée au Québec, en Thaïlande, revendue par un courtier de Toronto, puis se ramasse à l'épicerie au Québec.
- Speaker #0
C'est épouvantable.
- Speaker #1
Tu fais comme... C'est même partout. Alors, toute la notion de la mondialisation, je comprends d'enlever les barrières au commerce. Il y a une logique là. Remarquez qu'on enlève jamais les barrières à l'individu. Tu payes tes impôts pareil, tu payes tes taxes pareil, puis quand tu as plus que tant, tu es obligé de payer la douane, mais pas le gros qui importe des containers.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors, c'est là où il y a tout un vice de forme. Puis là, on parlait des pesticides dans l'introduction, puis je t'ai amené sur l'économie, puis sur... des marchés, à un moment donné, à quoi il sert le gouvernement ? Sérieusement, là. Moi, je me suis toujours défini de gauche, puis finalement, je ne suis pas de gauche pantoute, parce que pour moi, le gouvernement, c'est quelqu'un, c'est une entité qui devrait protéger le public. Et ne fait pas ça. Puis quand tu parlais des gens de gauche, ça nous a donné toutes les poils de la COVID, où on a imposé une substance dangereuse jamais testée, ça a donné des mortalités, puis les gens qui l'ont imposé le plus fort, c'est les gens de gauche. Je ne peux pas être de gauche. Puis je ne peux pas être de droite non plus. Je suis quoi, moi, là ?
- Speaker #0
Tu sais, j'ai été plusieurs années en recherche aussi et dans le monde animal, bien entendu. Et souvent, je vois des choses qui se passent, bien, comme aujourd'hui, hein ? Puis dans les dernières années, nous sommes l'éra de laboratoire, tu sais. Absolument. Je veux dire, c'est ça.
- Speaker #1
Veux-tu t'amuser un petit peu ? Le guide alimentaire canadien, là, qui commence aux États-Unis dans les années 50, mais la première édition, c'est 77. Ce n'est pas scientifique pour Saint-Saëns. C'est idéologique. Les quatre groupes alimentaires, c'est idéologique. Il n'y a pas de substance là-dedans. Couper les gras saturés, puis là, Santé Canada nous impose ça sur ma barre de chocolat. Tu fais comme, excusez. Le gras saturé, le sel, c'est dangereux. Absolument pas. La preuve n'est pas là. Ce n'est pas scientifique. C'est idéologique. Le cholestérol donne la maladie cardiaque. Ce n'est pas vrai. Le sel donne l'hypertension. Ce n'est pas vrai. La preuve n'est pas là, puis la preuve du contraire existe. À un moment donné, faire à quoi Santé Canada ? Je me pose la question.
- Speaker #0
Je le sais. Je sais ça. Je sais ça. Tu sais,
- Speaker #1
il y a eu un monsieur dont je ne me rappelle pas du nom, un lanceur d'alerte qui a écrit un livre, Santé Canada est pourri à l'os. Il y a un nom, consonance indienne, je pense, puis qui a été sacré à la porte pour avoir dit des choses. Il en a écrit un livre puis ça ne change pas. L'agronome, dont j'ai oublié aussi le nom, je ne me suis pas préparé. Oui, je le sais.
- Speaker #0
Je sais de quel agronome tu parles aussi. Au MAPAC,
- Speaker #1
il a dit « Attention, les pesticides s'incorporent partout, les lobbies, on peut-tu faire de quoi ? » Il s'est fait limoger. Je ne sais pas, moi, si j'étais ministre de l'Agriculture, j'aurais pris ce bonhomme-là, je dis « Viens-t'en dans mon bureau, puis on va créer une structure qui va nous protéger contre. Puis c'est toi qui vas la chapeauter. » Non, on a fait l'inverse, on a sacré aux poubelles. Oui,
- Speaker #0
je sais. Je sais tout ça.
- Speaker #1
Je sais que tu sais.
- Speaker #0
Maintenant, là, mais tu sais, pour... Tu sais, nous, c'est parce qu'on sait. Il y a beaucoup de choses qu'on sait. Puis qu'on est conscient. Mais la personne qui... Tu sais, moi, ce que je veux, là, c'est d'amener la conscience aux gens de bien se nourrir. Ou encore de juste aller... Parce que si... De prendre la peine d'aller peut-être voir un producteur local, parce qu'on arrive à la saison... On est là.
- Speaker #1
Les asperges sont sorties.
- Speaker #0
Je suis allée en chercher des gros sacs encore. Moi, je suis un producteur juste voisin de chez nous. Je veux dire, il y a possibilité d'aller chercher sa viande ailleurs aussi. Tu comprends ?
- Speaker #1
Oui. Je veux aimer les gens. Moi, je rêve un jour qu'il y ait un réseau et qu'au niveau des autorités, on subventionne le réseau pour l'accessibilité. On parle de la découvrabilité de la musique française. On peut-tu parler de la décorabilité, découvrabilité des producteurs d'ici ? On ne vous connaît pas parce que vous êtes trop petits, vous n'avez pas les moyens de sortir.
- Speaker #0
Jean-Yves, est-ce que tu as vu les deux ? Il y a Xavier Lemay qui a parti, Oregon.
- Speaker #1
Oui, j'ai vu.
- Speaker #0
Puis il y a une autre personne aussi qui a parti aussi dans le même sens pour essayer de réunir le plus possible sur une plateforme les producteurs locaux pour qu'on puisse aller s'approvisionner. Je mettrai ces liens-là aussi au bas du podcast. S'il te plaît,
- Speaker #1
parce que c'est super intéressant.
- Speaker #0
Pour que les gens puissent s'approvisionner comme ça, des produits, pour même encourager le producteur qui se... Je vous le dis, ce n'est pas facile, ce domaine-là, de produire des légumes qui sont sains. Puis c'est une passion. Parce que les gens qui font ça... Il y a un fond parce qu'il aime ça.
- Speaker #1
Écoute, je vais aller plus loin que toi. Moi, comme consommateur, j'adore me promener de ferme en ferme. Je ne le fais pas assez. Et quand tu jases avec un producteur, ne serait-ce que dans un marché local, marché fermier, peu importe, puis tu jases avec eux autres, l'étincelle est là. Puis tu le vois comment ils sont passionnés. Tu sais, je vais te raconter une histoire. J'ai des amis qui ont maintenant légué la ferme à leurs enfants. La ferme s'appelle La Terre des Bisons. C'est à Rodden. Moi, j'ai été un des deux. premiers clients quelque part dans les années 90, quand ils ont eu leur première bête. Et ces deux-là travaillaient à temps plein pour réussir à faire vivre leur ferme. Et tu vois la passion de ces gens-là comme toi. C'est comme, regarde, les animaux, ils bichonnent. Écoute, le seul additif alimentaire qu'il y avait dans la bouffe, c'est tu sais quoi ? C'est un dix roues de carottes trois, quatre fois par hiver. OK ? C'est tout. Fait que tu fais comme si c'était une viande extraordinaire, des animaux qui sont dans un paquage sauvage avec la forêt. La seule affaire, faut que tu saches, c'est quand le mâle dominant fait ça de même. Pas au souhait. Quand tu parles au producteur de n'importe quoi, tu vois la passion, tu vois qu'il bichonne ses animaux, son jardin, il est fier de te montrer sa production. C'est ça que tu veux encourager, c'est ça que tu veux répéter partout au Québec, de sorte qu'on a juste à lever le petit doigt et c'est disponible.
- Speaker #0
Oui, exactement. D'amener les gens à se déplacer pour les rencontres. Oui, parce que c'est ça qui est difficile. Parce qu'aller à l'épicerie, c'est donc facile. On peut remplir le panier de tout ce qu'on veut. Bon,
- Speaker #1
alors on va aller plus loin que toi.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Je dis oui à se déplacer, mais je vais aller plus loin que toi. Est-ce qu'on ne pourrait pas trouver une façon que nos épiciers soient obligés de s'approvisionner localement ?
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Les fraises de Californie, quand c'est la saison des fraises du Québec, il n'y en a juste pas.
- Speaker #0
Effectivement. Mais comme c'est décidé à Toronto,
- Speaker #1
ils s'en contrefoutent sur Bay Street. Oui. Alors moi, j'ai vu ça dans mon patelin ici, dans le temps que j'étais à Rodden, où en saison, tu as des kiosques de producteurs locaux. Puis ce n'est pas passé par l'étiquette du Québec, machin. C'est des producteurs locaux parce que le gérant a pris la peine de les appeler puis faire un réseau local. C'est ça que j'aimerais qu'on fasse partout. Parce que je comprends que Maxi veut faire les prix les moins chers. Mais quand tu n'as pas de transport, souvent ton prix arrive moins cher que ton même produit qui vient de Chine.
- Speaker #0
Oui, absolument. Je suis entièrement d'accord.
- Speaker #1
La santé commence par l'assiette.
- Speaker #0
Bon, voilà. C'est ça. Donc, ça, c'est un autre point. C'est de choisir vos aliments et d'en être conscient. Parce que ce que vous retrouvez souvent sur les tablettes, ce n'est pas indiqué biologique. Encore là, biologique, il faut se le dire. Il faut que ce soit biologique au Québec. Parce que biologique ailleurs n'est pas le même fait biologique qu'ici.
- Speaker #1
Je me suis pris au clavier avec une personne. qui me disait que dans le biologique, il y a telle affaire dangereuse, telle affaire... Minute, un. Biologique certifiée par un tiers. Pas juste Bio Canada ou USA Organic, OK ? Un tiers genre Québec vrai, agriculture en B, garantie bio, un vrai. Qui va aller voir les intrants. Je ne dis pas que c'est parfait. Quand il y a de l'homme, il y a de l'hommerie. Sauf que, je vais citer ma ferme de crépuscule, il y a 58 % de sa terre qui est de la forêt, pour éviter qu'il y ait des retombées, des pulvérisations de ses voisins. Quand tu parles au producteur, tu le vois dans ses yeux, il est fier de ce qu'il a à te dire. C'est là que tu le vois. Tu vas voir les efforts qu'il fait. Il va te le dire. Moi, j'ai fait telle affaire, j'ai fait telle affaire, je préviens de telle façon. C'est là que tu fais « Ah, câline » . Puis tu goûtes. Là, tu es bien placé pour savoir. Tu produis, toi.
- Speaker #0
Tellement.
- Speaker #1
Écoute, un légume bio qui sort de la terre, ça n'a aucun rapport avec un truc en sac en plastique qui est passé par l'entrepôt.
- Speaker #0
Ça n'a pas rapport. Le basilic. La laitue, tout ce que tu veux, ça n'a pas rapport. Les tomates, parlons-en, ça n'a aucun rapport. Écoute,
- Speaker #1
veux-tu t'amuser un peu ? Mon grand-père, on remonte il y a longtemps, début du 20e siècle. Mon grand-père était un bonhomme qui n'était pas un cultivateur du tout, mais il avait un grand, grand, grand jardin, puis il a nourri sa famille avec son grand, grand, grand jardin, puis il avait des poules. Puis selon lui, son légume, son fruit préféré, c'est la tomate chauffée au soleil. Quand tu prends ta tomate, elle est chaude, le goût.
- Speaker #0
Tu l'accueilles directement au plan. C'est ça.
- Speaker #1
C'est vrai. Quand tu as le producteur qui te donne un panier qui a été cueilli le matin même, tu fais comme...
- Speaker #0
Tellement,
- Speaker #1
Il faut faire des efforts comme citoyen parce qu'on ne l'aura pas autrement. Vive ses ventes, disait Laure Varidel. Acheter, c'est voter. Vive ses ventes, c'est un autre. Acheter, c'est voter, c'est Laure Varidel. C'est vrai. Si j'achète la première affaire moins chère, parce qu'en ce moment, on a eu toute une montée de boucliers contre les produits américains. Mon brocoli est américain, je vais en prendre un autre. Il n'y en a pas d'autre. Je fais quoi ? Et là, dans une temps saison, il y en a maintenant. Oui, exactement.
- Speaker #0
Ça s'en vient. Ça s'en vient. Oui, ça s'en vient. C'est ça,
- Speaker #1
il faut le faire comme individu. Il faut le faire autrement. On s'en va s'adhérer. Puis le projet de loi C-30, qui est le début de notre conversation, c'est juste l'exemple. Puis là, c'est un libéral qui le fait. Dans le temps de Harper, c'était pire. Mais c'est finalement pareil. C'est comme, excusez, mais vous servez à quoi ? Servir l'intérêt des grandes poches ?
- Speaker #0
Non, c'est ça. Pourquoi j'ai voté ? C'est pour ça que je veux vraiment sensibiliser les gens à pouvoir faire des choix. Faites des choix. Ce qu'on nous dit, ce qu'on nous envoie n'est pas toujours ce qu'il faut que vous fassiez non plus. Donc, l'idée ici, c'est vraiment de faire des choix. Puis là, ici, ce qu'on fait comme un lancement d'alerte aujourd'hui, c'est que... Vous pouvez choisir des légumes, vous pouvez choisir des aliments, des viandes qui sont saines.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Qui sont saines, qui ne sont pas remplies non plus de pesticides, tu sais, parce que...
- Speaker #1
Il y a un truc que je t'ai dit que moi je bourlingue depuis longtemps. Je me suis fendu la trappe au début des années 2000. Donc, il y a une vingtaine d'années, entre autres avec Daniel Pinard, quand j'étais avec lui à la radio, pour exiger la traçabilité de nos aliments. Tu comprendras que ça n'a jamais passé parce que quelqu'un qui ne veut pas, ça s'appelle les grandes épiceries. Mais je me suis fait confirmer par un boucher dans une grande épicerie que quand la viande arrive, la longe de porc complète en sachet en plastique, elle vient de l'Uruguay, du Brésil, des États-Unis, de la Chine, de n'importe où, mais pas du Québec. Quand tu achètes en épicerie, tu ne sais pas d'où ça vient. Là, il y a peut-être le homard où tu ne sais peut-être d'où ça vient. Puis encore. mais... Ça, ça devrait être un acquis. Quelque chose qui est fondamental. Je veux savoir d'où ça vient. Écoute, tu vas en Europe, tu es au restaurant, tu demandes une bavette, elle vient de telle ferme à telle place, c'est écrit dans le menu. On est-tu plus crétin qu'eux autres ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Alors, c'est tout ça où, un comme individu, on est obligé de faire des efforts. Oui, je le sais, tu ne peux pas faire tout ça facile puis faire commander par machin. Faire un effort. Allez voir des producteurs.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
se mobiliser dans le cas de ce projet de loi. Moi, je l'ai fait. J'ai signé la pétition. J'ai communiqué à mon député.
- Speaker #0
On a un lien. C'est ça, on a un lien qu'on va pouvoir mettre.
- Speaker #1
Je sais que c'est sur change.org et c'est un organisme qui avait des doutes. Mais c'est la seule façon de cumuler du monde. On va avoir du monde. On veut plus de monde qui va parler de cette réalité-là parce qu'on veut un nombre de personnes pour dire à l'autre bout, « Allô, on est nombreux à dire, ça n'a pas d'allure ce que vous faites. Votre député, appelez-le, écrivez-lui. Commencez par écrire et appelez ensuite parce que les écrits restent. Non, c'est vrai. C'est les fonctionnaires à l'autre bout. Les écrits restent. J'ai eu tant de courriels de telle affaire, il est temps que tu réagisses. OK. J'ai eu deux téléphones. Ou si vous le connaissez mieux, appelez-le et allez-y. Mais il faut mobiliser transpartisans. Que ce soit libéral, bloc, conservateur, je m'en fous. NPD, il en reste 3-4. Vey, il n'y en a plus. Mais poussez parce que il faut faire une mobilisation. Notre avenir de société en dépend. Si notre agriculture devient de piètre qualité comme une république de bananes, non seulement on va être malade, notre environnement va être malade, nos enfants vont être malades, notre économie va planter parce que nos exportations ne seront plus accessibles ou admissibles dans d'autres pays. Il y a un vice de forme. Il faut faire quelque chose.
- Speaker #0
Absolument. Merci beaucoup, Jean-Yves. Ce fut passionnant, merveilleux. C'était parfait.
- Speaker #1
C'est good.
- Speaker #0
Écoute, je mets tous les liens qu'on a mentionnés tantôt.
- Speaker #1
Vous en rajoutez un autre. Si vous ne connaissez pas, vous voulez savoir ce que je fais, mon nom sur l'Internet, jkdionne.com ou sur Franchement Santé sur Facebook. Mais mon nom, jkdionne.com. Oui, de toute façon,
- Speaker #0
je vais mettre ça en commentaire aussi au bas du podcast. Écoute, garde. Ça fait un plaisir. Merci infiniment.
- Speaker #1
Ça fait grand plaisir. Continue ta mission.
- Speaker #0
Oui, Seigneur. Non, ça tourne.