- Speaker #0
Je suis heureuse au quotidien et je pense que c'est le plus important quand tu fais quelque chose qui te ravit tous les jours, que tu aides des gens un petit peu à ton échelle, que tu plantes des graines, que tu fais peut-être juste un tout petit peu mieux tourner le monde, un tout petit peu, à petite échelle vraiment. Je ne dis pas qu'on va résoudre tous les problèmes, mais un petit peu grâce au bon point sur la daronne, c'est ok pour moi.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast Habité par la vie. Je suis Julie Palassin, passionnée par le mouvement, l'entrepreneuriat et le vivant sous toutes ses formes. En chacun de nous, tout autour de nous, aussi bien que dans les liens qui nous relient tous les uns les autres. J'ai commencé par un parcours classique dans lequel l'objectif était de performer. Un grave accident a remis ma vie en question. Il m'a rappelé l'inestimable chance de vivre et pour laquelle J'ai alors décidé de m'engager durablement. Je suis convaincue que le vivant en nous ne cherche qu'à s'exprimer pour contribuer positivement au monde. Aujourd'hui, je m'aligne à la vie qui m'habite chaque jour et j'accompagne les autres à le faire. A travers ce podcast, je vous invite à revenir avec moi à ce qui vibre en vous, là, maintenant, ce qui vous rend pleinement vivant, pour créer le quotidien le plus juste pour vous et vous laisser véritablement. Habité par la vie Bonjour à tous ! Aujourd'hui je reçois Alizé Joseph, fondatrice et dirigeante de Pompons sur la Daronne. Pompons sur la Daronne, c'est un lieu à Toulouse, un lieu de sororité, destiné aux femmes, à la santé des femmes, avec du sport, c'est un coffee shop, avec des plats, des boissons exceptionnels, et c'est un lieu... où elle organise des événements, des stand-up, des ateliers d'écriture, un running club. Et c'est vraiment mon lieu fétiche à Toulouse en tout cas. Et donc c'est pour ça que je suis ravie de l'accueillir aujourd'hui. T'accueillir aujourd'hui, Alizé. Et on est en fin de journée, en fin de semaine. Comment te sens-tu ?
- Speaker #0
Très fatiguée, pour être honnête, mais très alignée avec tout.
- Speaker #1
Pour ma part, je réinvente mes interviews. pour explorer ce qui habite mes invités au moment T et tout au long de leur parcours. Alors pour commencer, peux-tu te présenter ?
- Speaker #0
Comme tu l'as dit, je m'appelle Alizé Gévaud, je suis la fondatrice gérante, c'est pas vraiment défini du bon sens de la parole. Ça vous a plu ?
- Speaker #1
Non, très bien. Et je me suis renseignée aussi un petit peu sur ce que je peux trouver. Merci par là. Après tes études de design, tu deviens designer, puis directrice artistique en com, en pub à Paris. Qu'est-ce qui t'anime à ce moment-là ?
- Speaker #0
En fait, j'ai toujours eu une part, je pense, d'art en moi. Parce que j'avais envie de développer cette partie-là. Je ne savais pas que ça allait prendre la forme de design. en tout cas pour la direction artistique, mais j'ai toujours adoré l'art. Et quand il a été temps de choisir une carrière, je suis allée dans l'art, enfin en vrai dans les arts appliqués, mais je ne savais pas encore vraiment quoi. Pour être tout à fait honnête, de base, je voulais partir dans la mode. Et finalement, je n'ai pas choisi la mode pour résumer les différences, mais en tout cas, je n'ai pas choisi ça. Et le design, ça m'a vraiment plu. par plein d'aspects, j'ai beaucoup d'illustrations, j'en ai fait pendant longtemps mais en dehors de mon métier, pour juste le plaisir. J'ai gardé ça tout le temps. Et après, ce qui m'a animée vraiment c'était le design et la direction artistique de chaque projet de A à Z. C'est vraiment le projet d'or qui m'a animée.
- Speaker #1
C'était vraiment le plaisir de suivre les projets du début à la fin.
- Speaker #0
Oui, plutôt que rien. vraiment ce qu'il m'a dit, c'est que tu vas le montrer. Pour moi, c'est important. On peut créer deux, on peut faire un planète. Pour moi, créer, c'est pas en retard. Peut-être pas en retard. Tu vas voir ce qu'on choisit et tu vas créer ça.
- Speaker #1
Tu as créé quelque chose d'incroyable. Comment tu décrirais ces années dans la pub, dans la com, communication ?
- Speaker #0
C'est une décennie intense pour différentes raisons, mais intense quand même. Hyper challengeant, c'est quand même un milieu qui est très dur, en tout cas le milieu d'affût, qui n'est pas super sain. En vrai, maintenant avec le recul, je me dis que j'avais un peu de mal à le faire avant. Je pense que c'est à votre de le dire, c'est pas un niveau de capacité, c'est pas un niveau simple. Mais par contre, c'est une terre, ça t'aide vraiment sur plein de choses, en tout cas pour les expériences, parce que c'est un milieu qui est très dur, très exigeant. Et donc, t'apprends plein de choses, comme en rigueur, l'exigence, les détails un petit peu difficiles, des grosses équipes, de grosses validations, tu vois, de projets qui font que, bah, en fait tu te remets toujours en question, t'apprends aussi à relativiser sur... qui tu es et ce que ton travail est. Tu vois, de pas mélanger les deux, c'est super important et ça a été très dur pour moi. C'était une très partie qui était dure parce que quand tu crées, je pense que pour ceux qui ont un programme d'artiste, qui sont artistes en tout cas, c'est énorme pour penser à un peu la même chose, tu mets ton âme dans ce que tu fais et quand on crée, c'est qu'on travaille sur toi. Et en fait, faire la part de choses, c'est une expérience qui est super intéressante je trouve pour le reste de sa vie, en tout cas pour ce que je rends. ressort maintenant et ce que je garde, c'est que ça m'a appris beaucoup de choses sur moi et sur mon travail. Comme tu le disais, vraiment j'ai envie de garder ça. Et voilà, je décide de quitter ce boulot, mais en tout cas, c'est une vraie partie intéressante.
- Speaker #1
Je comprends tout à fait que tu mets tout ton âme dans ce que tu crées, quand vraiment tu le crées de tes tripes. Comment tu fais ? Est-ce que tu y arrives ou pas ? Parce que je pense que c'est un équilibre aussi à trouver pour décorréler en effet ce que tu mets au monde, ta création de la personne que tu es.
- Speaker #0
C'est dur en fait, maintenant que j'ai vu ce livre, ça n'a plus le sens que je te le dis. Maintenant que j'ai vu, c'est très dur en fait. C'est ça le vrai challenge, c'est d'arriver à se dire « oui, est-ce que… » dépasser de ce qu'on crée et que tu peux être une autre personne dans la vie. En fait, je vais te donner un exemple, mais ça me fait rire parce qu'avec le concours sur la daronne, j'ai un lieu qui est quand même autour de l'alimentation saine, enfin le fait de prendre soin de soi, du bien-être, etc. Et il y a beaucoup de gens qui projettent des choses sur moi comme je suis forcément végane, ou que je ne mange pas de viande, ou que je fais ci, ou que je fais ça, ou que je fais du yoga tous les matins, que tu vois, j'ai une vie. je suis stressée, mais pas forcément. Je peux aussi sortir, faire plein de choses. En fait, c'est marrant parce que tu as des projections. C'est comme ça que je me dis que je ne suis pas le bon ponçoir d'Aaron, mais le bon ponçoir d'Aaron, c'est moi. Mais moi, je ne suis pas forcément que le bon ponçoir d'Aaron. C'est une partie de moi, mais ce n'est pas tout moi. Pour revenir à avant, ce que je faisais par rapport à la D.A., etc., je fais une création. Évidemment, j'ai une petite fille, un petit mandat, un petit moqueur. et j'y tiens beaucoup, mais cependant peut-être que ça ne répond pas exactement aux exigences de mon client à ce moment-là, et que c'est pas mal, on peut juste réajuster, et que c'est une partie de moi que je me mise, et je pense que c'est important, parce qu'il faut que l'authenticité, en tout cas de créer avec vraiment ce qu'on aime, pas se calquer sur ce qu'on devrait faire, c'est bien, mais voilà, c'est compliqué, j'ai pas vraiment les clés. Pour réussir à s'en détacher, je pense que c'est avec l'expérience qu'on apprend à juste relativiser, de se dire que c'est pas grave d'avoir des pratiques, c'est bon.
- Speaker #1
en tout cas ça nous fait avancer et ça nous fait devenir aussi une autre personne comment tu te sentais justement dans ces années de design de directrice artistique aussi,
- Speaker #0
comment tu te sentais émotionnellement et physiquement c'était compliqué parce que je pense que j'avais j'ai toujours un peu mais je pense que j'avais beaucoup de syndrome de l'intestin, moi je fais beaucoup plus jeune Merci. J'avais pas forcément confiance en ce que je faisais et puis c'est un métier qui est difficile parce qu'il y a aussi une part de subjectivité en fait. C'est un truc de design et de l'art et plein de choses. Et des fois c'est un peu difficile de trouver les justes et les mieux. Je pense qu'on en revient en fait que j'avais beaucoup trop de moi dedans et que c'était difficile en fait de projet les amis. C'était pas en tout cas comme je voulais, etc. Oui, prendre du recul sur ça. Cependant, comme je le disais aussi au début, ça m'a formée. Je suis vraiment reconnaissante par rapport à ces années. Et après, j'ai été dans un milieu que j'aimais beaucoup. Je trouve que c'est super intéressant. Tu as plein d'équipes autour de toi. Chaque personne a un métier qui est super intéressant. Tu rencontres des gens aussi très intéressants dans plein de choses. Quand tu as l'air de tournage ou de choses vraiment très intéressantes, j'ai adoré cette partie-là. Après, je suis arrivée à un stade où, comme je disais aussi, je pense que c'est un lieu qui est assez toxique, mais je pense que ça va. J'espère que ça change, je ne sais pas, je vais quitter dans ce cas avec moi, pour ne pas se séduire. C'est quand même assez problématique sur beaucoup de points. Et je pense que ça a participé aussi au fait que je n'avais plus envie de travailler et aussi au fait que j'ai envie de monter sur le lieu. Je pense aussi, tu vois, c'est tout ce que j'ai fait en ce moment. Je crois que tu as tout le temps envie de changer des choses, en fait, toi et peut-être pas les autres. Donc c'est partagé, c'est partagé. J'ai eu une vie d'expérience comme il y a plein de fois que je n'ai pas aimé, mais je ne vais pas encore le faire. Mais ça fait partie du passé, ça fait partie de ce qui m'a poussé aussi. c'est plutôt positif dans l'ensemble, avec quelques points négatifs.
- Speaker #1
Oui. Pourquoi et comment est née l'idée de ce lieu de sororité ? On y vient.
- Speaker #0
C'est vraiment bien de le dire. Et en fait, pourtant, j'ai réfléchi, mais je n'arrivais pas à trouver exactement qu'est-ce qui était là-dessus. Tu vois ? C'est un nouveau truc. Je ne sais pas. D'après vous, c'est parti, en tout cas, de créer une safe place. Pour moi, c'était important. Oui. Je pense que ça... Merci. Finalement, de ce que j'avais vécu, en tout cas des violences au travail, etc. J'avais pas envie de reproduire ça et j'avais plus envie d'être dans ce schéma là, donc je pense que ça a participé au fait que j'ai envie d'être indépendante et d'ouvrir un lieu. Après il y a plusieurs points, il y a... Bon, je pense qu'il y a tout un contexte, mais en tout cas, le point de départ, je pense que ça a été moi, ma prise de conscience par rapport à l'endométriose. Enfin, au bout d'un moment, il a pas été suffisant pour ma part, mais en tout cas... Je sais pas si c'est suffisant le bon mot, mais qui ne va pas vraiment... ça ne me correspondait pas vraiment. J'ai été en irance médicale, comme beaucoup de femmes, je pense qu'ils vont nous écouter, qu'ils vont se reconnaître dans ce que je dis. Il n'y a pas forcément que aux troubles endométriose, mais pour plein de sujets, je pense que l'accompagnement n'est pas suffisant, les recherches ne sont pas suffisantes, notamment quand on parle de la santé des femmes, c'est un sujet qui me tient à cœur. Et en fait, quand moi, j'ai décidé de me renseigner, quand moi, j'ai dû faire toutes les démarches, je me suis dit que ce n'était pas normal d'avoir passé par là. Vraiment, c'est un parcours du combattant. Je trouve que c'est dingue ce qui se passe. Et en fait j'ai commencé ça il y a super longtemps, mais je ne sais pas si vous avez écouté, j'ai parlé à des médecins, enfin plein de choses, je suis partie d'un certain stage. Moi j'ai mis des choses en place qui m'ont beaucoup aidée, et je me suis dit pourquoi pas en faire profiter les autres tout simplement. Et en fait en discutant autour de moi, avec toutes les familles de mon entourage, que ce soit mes copines, mes soeurs, ma mère, ma grand-mère, ou n'importe qui en fait, ma tante, mes femmes. Je me suis rendue compte que peu importe l'âge, toutes les femmes ont des difficultés à un moment donné de vie. Des fois c'est passager, des fois c'est tout le temps, des fois c'est chronique, des fois ça ne l'est pas. Mais en tout cas, on va tout passer par une phase qui va être un petit peu plus difficile, que ce soit autour de la santé mentale ou de la santé physique. Et en discutant, mes copines des fois c'était le postpartum qui avait été compliqué et hyper tabou. Ma mère de la tante c'était à une pause, un cancer du sein, il n'y avait rien autour. ça peut être pour les très jeunes femmes, le début des règles, quand on s'en perd, parce que c'est un sujet qui nous perturbe, et en fait, il y a mille choses. Il n'y a pas que des maladies, on va dire, vraiment en soi, mais ça peut être des états passagers, mais qui ne sont pas forcément vraiment pris en charge, on n'est pas vraiment écouté sur nos ressentis, il y a vraiment une sorte de minimisation des symptômes, des douleurs, des ressentis des femmes. je trouve inéluctable que le bar en donnait. C'est vrai que ça a daté un peu plus longtemps, mais en tout cas, à l'époque, je trouvais ça... Ça me révoltait vraiment profondément. Et en fait, en réfléchissant, je me suis dit, OK, qu'est-ce que j'aime le plus au monde ? Les femmes. C'est très bizarre à dire, mais vraiment, je le dis à chaque fois, c'est très bizarre, et moi je ne le parle pas encore trop, heureusement, mais en tout cas, j'aime les femmes profondément. Je trouve qu'elles ont tous une histoire à raconter, des choses super intéressantes à raconter. on a tous des chemins de vie finalement qui se recouvrent, même si on ne traverse pas la même chose, les mêmes périodes. On n'a pas le même âge, mais on va se comprendre sur des choses. Et je trouve ça hyper beau en fait. Et je me suis dit, j'aime les femmes, j'aime prendre soin, j'aime partager des choses, j'aime créer une communauté, j'aime créer des choses. En fait, quand je vous ai dit créer, c'est vraiment ça, j'aime créer des choses. Ma vie c'est créer des choses, ça a été un modèle, maintenant c'est dans un lieu. On ne sait pas ce que ça fera, mais en tout cas, créer des choses. et d'une idée qui est une communauté pour moi ça me parle beaucoup c'est super important les femmes c'est au coeur de ma vie vraiment ma sororité c'est pas juste une mode pour moi c'est vraiment quelque chose qui me parle j'ai deux soeurs j'ai grandi dans le financement c'est la plus belle chose qui me soit arrivée vraiment tu vois j'adore ces moments là j'adore mes copines j'adore les femmes j'adore être avec des femmes c'est super intéressant et voilà super chanceuse aujourd'hui de travailler avec des femmes institutionnelles, mais vraiment, je pense, toutes les femmes qui travaillent ici ou qui passent ici, en tout cas, c'est toujours très intéressant.
- Speaker #1
Après que tu nous as expliqué le contexte de la création de Pompons sur la Daronne, à ce moment-là, qu'est-ce qui te traversait en termes d'idées et de croyances sur l'entrepreneuriat, la sororité peut-être ?
- Speaker #0
En fait, je pense que là, j'ai eu de la chance autour de ça dans l'entrepreneuriat parce que j'étais déjà passée à mon compte. Je n'avais pas d'entreprise, mais j'étais passée à mon compte. J'avais quitté le salariat et j'étais freelance. j'étais toujours DA mais je suis freelance donc j'avais fait la première étape de me mettre à mon compte et de savoir que quand t'as plus de patron et que t'es plus salarié t'as quand même une autre charge mentale donc j'avais déjà fait ce petit step là même si c'est pas du tout la même chose que d'avoir une grosse enfin pas une grosse entreprise j'abuse mais une entreprise physique où c'est vraiment très différent de juste être toi même tout seul c'est ça qui était différent mais j'avais déjà fait ce pas là Et après, en termes de croyante, pareil. Alors, je pense que je suis un peu inconsciente, mais des fois, je trouve que c'est bien, parce qu'en fait, je n'ai pas eu ce truc de… Je ne sais pas, ça ne m'a pas angoissée. En fait, quand j'y pense maintenant, ça m'angoisse de ne pas avoir angoissée. Parce que, et en vrai, je me dis, si j'y avais vraiment pensé, je ne me serais pas lancée. Si j'avais su à quel point c'était dur, honnêtement, je ne me serais pas lancée. Vraiment. Je ne dis pas ça pour décourager qui que ce soit. Je ne dis pas ça, c'est la plus belle aventure. que je vis, c'est dingue. Mais c'est tellement dur que si on sait vraiment ce qui nous attend, je ne suis pas sûre de passer le pas, en fait, le cap, parce que c'est très très dur. En tout cas, pour ma part, c'est très très dur. Mais je pense que je n'avais pas trop de croyances imitantes, en tout cas, autour de ça. Je me sentais capable de le faire, mais parce que je pense que je n'avais pas conscience de ce qui m'attendait. Et en fait, le projet, comme il s'est monté petit à petit, je ne me rendais pas compte de la réalité. Vraiment. C'est pour ça que je te dis que j'étais inconsciente et voilà. Mais je pense que c'est une chance finalement, des fois, de découvrir sur le tas. Et en fait, je préfère presque de… J'apprends en fait tous les jours. Et c'est une chance incroyable en fait d'apprendre tous les jours une nouveauté. Tu vois, apprendre à gérer une entreprise, c'est fascinant. Moi, ça me fascine. De base, tu m'aurais dit ça avant. J'aurais dit, mais qu'est-ce que tu me racontes ? J'en ai rien à foutre de gérer une entreprise. Ça ne m'intéresse pas du tout, tu vois. La comptabilité, les trucs, ça ne m'intéresse pas. Alors, ça m'intéresse toujours. pas de fou la comptabilité, mais gérer une entreprise, c'est génial. Il y a trop de trucs, c'est trop intéressant, même sur la vie, sur les humains, sur trop de choses, c'est trop bien. Vraiment, c'est trop bien. Tous les jours, j'apprends des trucs. Et en plus, c'est un commerce, tu vis, tu travailles avec des gens toute la journée, donc des fois, c'est très épuisant. Très souvent, c'est très épuisant. Mais, pour moi, c'est fascinant. Donc, j'avais... En vrai, je suis quand même contente, parce que je n'avais pas trop trop de peur, je n'ai pas dû me transcender pour passer le cap. Ça s'est fait assez naturellement, j'ai eu une idée, j'ai eu envie de me lancer. Bien sûr que des fois c'était compliqué, mais j'ai fait petit à petit, vraiment j'essaie de vivre un peu comme ça, sans projection au jour le jour, et je vois ce que ça donne. Bon des fois ce n'est pas hyper malin, parce qu'il faut quand même avoir une vision, mais j'ai la vision, je sais où je veux aller dans le fond, et après j'adapte chaque jour, chaque jour c'est... C'est un challenge, de toute façon, chaque jour c'est une nouveauté. Chaque jour c'est un nouveau problème, parce que c'est ça, en fait, avoir un business. Mais c'est vraiment génial.
- Speaker #1
Pompon a ouvert ses portes le 1er janvier 2025, il me semble, à peu près, ou quelques jours avant. 31 décembre. 31 décembre 2024, waouh ! Peux-tu nous raconter la construction, puis la gestion d'un lieu comme celui-ci ? C'est chaud.
- Speaker #0
C'est chaud. Il y a vraiment énormément de choses à dire. Et oui, du coup, je t'ai reprise parce que, en fait, c'est le 31 décembre 2024. Et c'est une date qui était super importante pour moi. Alors, je ne sais pas pourquoi j'ai ouvert là, parce qu'en vrai, le 31 décembre, les gens, ils préparent leur réveillon. Mais en fait, c'était symbolique parce que j'ai fait mes travaux pendant 2024. Et je ne sais pas, on en avait parlé avec mes parents. Et mon père, il m'a dit, t'inquiète, on va finir à temps pour que tu ouvres en 2024. Et en fait, on n'avait pas du tout fini à temps. Et j'ai quand même décidé, enfin, on a décidé d'un corps d'accord. de se dire, ok, on ouvre maintenant, symboliquement, parce que c'est le 31 décembre 2024, et en fait, c'est la meilleure chose que j'ai faite. Pourquoi ? Parce que le 31 décembre, c'est un jour particulier, tu changes, ça va être le réveillon et tout, du coup, il y a des feux d'artifice et tout, et l'année dernière, du coup, j'ai fêté un an du pompon, et en fait, c'était génial, parce que moi, c'était hyper symbolique, et en même temps, tout le monde est dans un état un peu différent, parce que tu fêtes la fin de l'année, tu fêtes... Oui, tu fêtes un renouveau, tu fêtes tout. Et en fait, de fêter un an à ce moment-là, c'est incroyable. Donc, c'est la meilleure chose qui me soit arrivée. Donc, voilà, petite parenthèse par rapport à la date. Alors, la construction, je vais revenir un peu au début du projet. Mais ça a été super difficile. En fait, là, j'ai compris que ça allait être dur. Pourquoi ? Parce que j'ai eu cette idée. J'ai décidé de faire ce qu'on fait habituellement, tu vois, un business plan, etc. Après, il fallait trouver un lieu, il fallait trouver des banques. Je trouve pareil, l'accompagnement dans l'entreprenariat, c'est compliqué en France. C'est vraiment très compliqué. C'est dommage parce qu'il y a plein de choses à faire. Il y a plein de gens qui sont capables d'aider, mais il faut trouver les bonnes ressources. Et comme pour la santé des femmes, il faut aller chercher ces ressources-là. Et des fois, ce n'est pas évident quand on a zéro. Moi, j'avais zéro bagage là-dessus, donc j'apprenais de tout sur le tas. Mais quand je dis zéro, gestion zéro, compte à zéro, droit zéro. Moi, je suis une artiste de base 1. Merci. pas du tout, tu vois. Donc, bon, compliqué. Et donc, j'ai dû faire tout ça en même temps. Et puis, franchement, c'est hyper dur parce qu'en fait, tu dois trouver un lieu. Mais si tu veux trouver un lieu, en fait, les gens, ils te demandent quelle banque te suit. Et en fait, quand tu vas voir la banque, ils te disent « Mais c'est quoi votre lieu ? » Et du coup, il faut que tu trouves tout en même temps. Il faut que tout corresponde. Donc, ça a été la croix à la bannière pour juste trouver ce lieu qui est incroyable. Mais ça a été très dur. Je me suis battue pendant neuf mois parce que il y a eu plein d'embûches. Mais vraiment, un nombre incalculable et tu te dis à chaque fois tu te relèves, mais à chaque fois tu te dis la prochaine elle va m'achever. Je t'assure, j'ai cru que j'allais jamais ouvrir tellement c'était dur. Tout était dur. J'ai quand même pris 9 refus de banque, tu vois, c'est énorme. Ou ils ne croyaient pas du tout à mon projet, enfin vraiment, il y en a qui n'ont pas voulu me voir, il y en a qui m'ont vu mais qui m'ont dit finalement bah non, on ne comprend pas le projet, on ne comprend pas l'intérêt, ça ne va pas être rentable, ça sera... Enfin voilà, il ne faut pas faire ça. Donc c'est dur, tu vois, de te dire quand tu crois à ton projet et je pense que n'importe quoi. quelle personne qui entreprend croit en son projet. Et des fois, effectivement, les banques, elles ont certainement des risques et elles n'ont pas envie de suivre forcément n'importe quel projet. Mais c'est hyper dur quand tu te prends des murs comme ça en disant « bon, en fait, ton projet, il n'est pas viable. » Alors que tu as travaillé dessus, mentalement, c'est compliqué de se relever à chaque fois. Et puis finalement, c'est un peu le jeu de la vie d'une femme. J'ai l'impression que c'est un peu ma vie. J'ai toujours pris des murs et je suis toujours là. Donc tu te dis, bon, ok, je me relève, je vais aller voir une autre banque, jusqu'à temps que ça marche. Et du coup, c'était compliqué quand même, parce que j'ai pris des risques financiers. Au début, j'ai lancé les travaux sans avoir de banque qui me suivait. Donc j'ai sorti de ma poche des petites économies que j'avais faites un peu, et je me suis dit, on verra, en espérant qu'il y ait une banque qui me suive. Mais s'il n'y avait pas de banque qui me suivait, le projet, c'était zéro. Donc c'est des risques quand même que tu prends. Et voilà. Donc ça, ça a été très compliqué. Donc je te passe un peu les détails. Mais finalement, j'ai réussi à lancer ça. Donc j'avais lancé les travaux. Les travaux, parle-moi, des travaux. Les travaux, c'est compliqué. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que tu es une femme, tu es une femme seule qui veut faire des travaux sur, tu vois, donc ici pour décrire un peu pour les gens qui vont nous écouter. C'est un lieu qui fait 170 mètres carrés. Donc c'est quand même assez grand. Et de base, il y avait, enfin, ce n'était pas du tout prévu pour cette activité. c'était ici ce que tu vois en fait, il n'y avait rien. C'était une entreprise d'enceinte, de base. Donc tu vois, il n'y avait rien. Il n'y avait pas de cuisine, il n'y avait rien. Il n'y avait pas la salle du bâche, tout refait. Sur les vestiaires, pareil, il n'y avait rien. Il y avait du béton par terre, c'est tout. Donc tu pars de là, donc il faut imaginer tout ça, il faut imaginer les plans. Moi j'ai fait beaucoup de travaux par moi-même parce que, une, j'aime bien, et parce que, deux, le budget ne suffit pas forcément. Donc quand tu prends une entreprise, c'est très bien, mais les budgets sont tout de suite beaucoup plus hauts. Donc là, tu vois, je suis assise sur la banquette que j'ai faite, les tables, je les ai faites, le bar, je les fais. Enfin, tu vois, il n'y a pas un truc que j'ai fait moi-même. Les tables aussi, les petites, voilà. Donc les petits bancs, voilà. Je suis très fière de ça, donc je le fais. Voilà. Et les travaux, ça a été affreux parce que je suis tombée sur une entreprise où déjà, j'ai pas envie de faire de clichés ou de préjugés sur les entreprises de travaux, mais en tout cas, à chaque fois que j'en ai parlé autour de moi, c'est toujours la même galère. Et je n'ai pas évité ça. Je suis tombée sur des gens qui étaient de très mauvaise foi. C'était vraiment très compliqué. Et en plus, ce qui était très compliqué, c'est que ma parole n'avait absolument aucun poids parce que j'étais une femme seule à entreprendre. A tel point que je demandais quand même à mon conjoint de venir des fois à des réunions, et ce que je déteste faire parce que je n'ai pas envie de passer là-dedans. Mais en fait, s'il était là, c'était moins compliqué, c'était moins conflictuel. La communication, c'était OK. Puis il s'adressait à lui comme s'il savait, alors qu'il ne fait pas partie. Enfin, il fait partie de ce projet parce qu'il fait partie de ma vie, mais ça n'a rien à voir avec lui. Le bon penseur à la daronne, de base, ça n'a rien à voir avec lui. Je suis une femme et j'entreprends toute seule. Tu ne peux pas faire tes travaux toute seule, on ne te prend pas au sérieux parce que tu es une femme. Tu peux pas être chef de chantier, tu vois. C'est assez dingue. Autour de ça, j'ai eu de la chance parce que j'ai une famille incroyable. Ma soeur est architecte, donc ça a beaucoup aidé. Quand j'avais une question, le cousin de mon mec est dans les travaux. Sa cousine m'a beaucoup soutenue. Ils m'ont beaucoup aidée dans ces périodes-là. Ça a beaucoup compté. Mes parents étaient là aussi. Ils m'ont beaucoup aidée pour tous les travaux extérieurs à l'entreprise. Tout ce qu'on a fait ensemble, ils étaient là pendant très longtemps. Ils m'ont beaucoup aidée. Heureusement, parce que je pense que ce projet… ne seraient jamais sorties sans eux, très honnêtement. Donc voilà, des fois, tu as besoin d'être portée par des gens autour de toi, et là, c'est eux. Ça a été d'autres gens après, et ça sera d'autres gens certainement après, mais voilà. Dans la création d'un lieu, c'est compliqué. Après, dans la gestion du lieu, comme je te disais, j'adore, mais ça a été une découverte. Je n'ai pas de ce monde-là. Comme je te l'ai dit, j'étais déa. Donc voilà. Le seul truc que je savais faire, c'était de la com. C'est très bien. mais ce n'est pas suffisant parce que là aujourd'hui je gère un coffee shop donc j'ai tout appris alors moi je suis fan de food et de boissons et de plein de choses donc j'en faisais déjà pour moi mais entre faire chez soi et te faire un business autour de ça c'est autre chose pareil dans la gestion humaine parce qu'au final maintenant il y a des thérapeutes la salle de yoga, pilates, etc donc c'est des gens avec qui je travaille il n'y a pas de salariés ici mais en tout cas c'est quand même de la gestion humaine de la gestion planning de la gestion. de plein de choses, donc c'est pareil, tu apprends sur le tas. La gestion humaine, c'est génial comme pas génial des fois. C'est très compliqué parce que c'est des humains, et c'est ça la beauté aussi, et la force du collectif, parce que c'est aussi pour ça que j'ai monté ce lieu, donc je ne vais pas m'en plaindre. Bien au contraire, et c'est ça qui me porte tous les jours, mais ça reste de la gestion, et avec tout ce que ça comporte comme lot d'imprévus, ou en tout cas de désaccords, ou de... ou de réajustement tout le temps. Et parfois, c'est compliqué, mais c'est super, super formateur, super intéressant. J'ai grandi comme jamais. Là, ça va bientôt, bientôt faire deux ans, du coup, le 31 décembre, que j'ai monté ce lieu. Et j'ai grandi, j'ai l'impression d'avoir pris 20 ans d'expérience, alors que je sais que je suis un bébé entrepreneur, tu vois, par rapport à... Je rencontre des gens qui ont une boîte depuis 60 ans. et qui ont une boîte depuis leurs 20 ans, ça m'appréciait vraiment. Et donc je sais que je suis un bébé sur ça, mais je suis quand même contente d'être arrivée là.
- Speaker #1
Justement, j'aime mettre en lumière nos évolutions. Qu'est-ce qui a changé en toi depuis ces presque deux ans, en termes de qualité, priorité peut-être aussi ?
- Speaker #0
C'est très intéressant ce que tu me poses comme question, et très juste en fait par rapport à ce que je ressens en ce moment, je vais t'expliquer pourquoi, mais j'aime beaucoup cette question. Ça a changé, je pense, tout en moi. Non, mais c'est difficile à expliquer, mais tu vois, en fait, tu passes de salarié où en fait, juste tu rentres chez toi. Et c'est très bien, je ne sais pas si tu vois ça, mais tu rentres chez toi et voilà. Et en fait, tu n'as plus de vrais chargements, tu as en tout cas lié au travail, tu as un équilibre vie pro-vie perso, normalement, si tu gères à peu près correctement, si tu respectes tes horaires de travail, on va dire. Voilà, et tu passes de ça à « j'ai monté un lieu que je gère à 99% seule, et ça me prend 99% de ma vie » . Voilà, donc là je vois l'évolution de où je pars et où j'arrive, donc je suis très contente quand même de l'évolution, parce qu'il y a un an, je n'étais pas capable d'avoir une vie perso, maintenant j'en ai une par intermittence, mais bien sûr c'est compliqué, mais c'est mieux. que l'année dernière, donc j'essaye de savourer chaque petite victoire. L'année dernière, je n'avais pas de off. Aujourd'hui, j'ai une journée de off. Ça paraît peu, mais c'est déjà beaucoup. Par rapport à quelqu'un qui travaille normalement, c'est très peu. Normalement, tu as au moins deux jours de off, et puis tu as des horaires classiques. Moi, j'ai des horaires à rallonge. Je travaille encore 10 heures par jour en moyenne, donc c'est beaucoup. Mais je vois quand même l'évolution, où j'arrive à faire plus de choses pour moi maintenant. et à prendre du temps pour moi. Tu vois, cette année, j'ai réussi à partir en vacances. Et ça, ça paraît bête aussi, mais à prendre du repos et partir en vacances, quand tu as ta boîte, c'est les vraies questions que tu te poses. Est-ce que financièrement, c'est viable ? Est-ce que... Enfin, même, tu vois, c'est un commerce, donc est-ce que les gens, ils ne vont pas aller ailleurs ? Est-ce que tu ne vas pas perdre aussi ta clientèle ? Est-ce que le lieu peut survivre quand je pars en vacances ? Tu vois, c'est plein de questions qui se posent, donc c'est toujours très intéressant. Et donc ça m'a fait beaucoup évoluer sur plein de choses. Enfin tu vois, je te parlais du syndrome de l'imposteur que j'avais quand j'étais D.A. Mais parce que j'étais plus jeune et parce que c'était le début de ma carrière, maintenant, je l'ai encore parfois parce que j'apprends tout. Et en fait, je n'ai rien appris. C'est bête à dire, mais tu vois, je n'ai pas fait de formation, je n'ai pas d'école autour de la gestion d'un lieu, même de la gestion d'un coffee shop. J'ai tout lancé par moi-même, toute seule. Je suis arrivée et je me suis dit, c'est en faisant qu'on apprend. Et je trouve que, pour moi, en tout cas, ça me correspond. C'est comme ça que j'aime travailler. Mais d'autres personnes, je sais que ça les insécurise, tu vois, vraiment. Moi, des fois, Mais j'ai beaucoup moins ce syndrome de l'imposteur, tu vois. Parfois encore un peu, mais j'ai vachement plus confiance en moi en me disant, ben en fait, t'es capable de faire ça, t'as monté une entreprise, en fait. T'as monté une entreprise, enfin, tu vois, essaye de... Ouais, depuis deux... et elle tient deux ans, tu vois. Et quand je revois les gens qui me disaient, c'est pas viable, tu vois, c'est pas que ça me fait plaisir, mais je me dis, putain, quand même, quoi. Tu vois, j'ai réussi, j'ai réussi à faire ça. Et c'est incroyable, en fait, quand tu dis... Enfin, c'est à petite échelle, encore une fois, mais pour moi, pour mon monde, c'est incroyable. Et du coup, je suis reconnaissante par rapport à ça. Oui, je suis super reconnaissante par rapport à ça, d'avoir trouvé les capacités, la force en moi de faire ça. Parce que, comme je te disais, le chemin est parsemé d'embûches. Donc, tu as toujours tes choses. Et n'importe qui que tu vas interroger autour d'un qui a monté son business, je le sais. C'est très dur. Et oui, ça m'a changé de tout, Et ça m'a vraiment donné la confiance maintenant pour... Même accepter les projets que j'ai envie ou que j'ai pas envie, travailler avec les gens que j'ai envie ou que j'ai pas envie. J'ai la chance de pouvoir faire ça et je sais que c'est une chance. Et voilà, ça m'a transformée en bien, j'espère.
- Speaker #1
Nos changements sont souvent liés à nos erreurs, à nos échecs. On a parlé des banques qui sont des gros apprentissages. Est-ce que tu en as de significatifs pour toi aujourd'hui, des erreurs, des échecs ?
- Speaker #0
C'est une grosse question. Je n'ai pas, j'ai l'impression que je ne fais que ça, en fait, des erreurs et des échecs. Je te jure, j'ai l'impression qu'à chaque fois que je fais un nouveau truc, j'ai l'impression que c'est nul. Et je te jure, je me dis, putain, c'est de la merde, tu fais n'importe quoi, c'est de la merde ce que tu fais. Mille fois, tout, et chaque petit truc, très souvent, parce que je pense que c'est mon caractère aussi, j'ai besoin de ça, en fait, j'ai besoin de processer un peu comme ça. Peut-être au début, ça va paraître négatif pour le reste du monde. Pour moi, ça ne l'est pas forcément parce que je sais que je vais en ressortir grandi et que je vais trouver… En fait, pour moi, c'est par l'expérience. Je te disais, c'est en faisant qu'on apprend. Et là, je te parlais d'un projet que j'ai eu il n'y a pas longtemps. Et quand j'ai fini, je me suis réalisée que tu as fait n'importe quoi. Ce n'est pas du tout bien ce que tu as fait. Je suis sûre que les gens, ils n'ont pas aimé. Ou tu as mal géré le truc parce que ça m'a mis mal, parce que ça m'a demandé trop d'investissement. personnel, financer tout, plein de choses tu vois, même pour ce lieu au final le professeur à la daronne c'est ça, je me suis dit, plein de fois je me suis remise en question est ce que vraiment j'aurais dû faire ça parce que parfois je suis submergée je me dis qu'est ce que je fous, qu'est ce que je fous, pourquoi je me fous dans des états pareils parce que c'est trop c'est trop je dors pas genre trois heures par nuit je m'enchaîne 10 heures de taf et ça pendant une semaine c'est trop intense tu vois et j'ai plus de vie perso et je culpabilise parce que parce que je vois pas assez souvent mes amis parce que je délaisse ma famille parce que Parce que même dans mon couple parfois c'est compliqué parce qu'on se voit que sur mon lieu de travail. Parce que c'est très intense au final tu vois et c'est un choix de vie que j'ai fait et des fois je le remets en question mille fois parce que je me dis mais pourquoi Alizé tu as fait ça ? Parce que des fois j'ai juste envie de me dire je peux profiter d'une soirée sans culpabiliser à me dire j'ai ça ça ça en tête. Et quand je vais à une soirée je me dis bah en fait j'y vais mais je sais que demain je vais devoir rattraper. Donc en fait je le dis à personne mais dans ma tête je suis déjà en train de réfléchir à demain soir je vais rentrer je vais devoir faire ci ça Il faut que je sois hyper productif, hyper focus. Des fois, je gratte sur mes heures de sommeil et je ne les fais pas bien. C'est encore l'équilibre que je cherche à trouver. Pour répondre à ta question, les erreurs et les échecs, j'en ai en permanence. Ça a été même dans ma vie avant. Des fois, c'est de te dire ce choix-là, est-ce que c'était le bon ? Est-ce que j'ai bien fait de faire ça ? Au final, je n'ai pas de regrets sur les choix que j'ai faits. Je dis que des fois, ce n'était pas les meilleurs. Je ne suis pas allée tout de suite au bon chemin, mais le chemin, c'est sinueux, comme n'importe quoi. Enfin, tu vois, comme dans la vie. Ce n'est jamais tout droit. Tu as besoin de te perdre pour te retrouver. C'est super con à dire, vraiment. Mais parfois, tu as besoin de te perdre pour vraiment retrouver un petit peu ton chemin et ce qui fait sens pour toi. Et en fait, je me dis, le jour où ce lieu ne fait plus sens pour moi, je le trouve plus épanouissant, en tout cas pour moi. Peut-être que j'arrêterais. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse. C'est ce qui fait sens dans ma vie en fait. Et je me raccroche à ça. Quand vraiment c'est dur, je me dis en fait, ça fait sens, tu vois. Vraiment, ça fait sens pour moi. Je trouve que c'est le chemin que j'ai envie de prendre. C'est là où je suis heureuse. Je te parlais des vacances il n'y a pas longtemps. Et en fait, j'ai réalisé un truc. C'est qu'avant, je suis une passionnée de voyage, mais c'est un autre sujet. Je partais très souvent en voyage. J'ai beaucoup voyagé dans ma vie. Et c'est toujours un crève-cœur de rentrer pour reprendre une activité. Quand je suis partie dans des voyages longs ou même des voyages courts, en termes de vacances, quand je rentrais, c'était l'horreur. l'horreur de me dire « Mon Dieu, il faut que je retrouve mon travail, mon Dieu, il faut que je retrouve ma vie. » Et là, alors, j'étais heureuse de rentrer, on va pas dire heureuse de rentrer, mais quand je suis rentrée, je me suis dit « Je suis heureuse de retrouver ce que j'ai créé. » Tu vois ? Je suis hyper reconnaissante de ça et je pense qu'il y a peu de gens qui peuvent se dire ça. Aujourd'hui, se dire « Bah en fait, oui, j'aime ma vie du quotidien. En fait, souvent, on a besoin de s'évader. J'ai besoin de m'évader comme n'importe qui parce que il y a un moment donné, ton quotidien, il... » ils te pèsent parce que c'est dur. Mais je suis heureuse de le retrouver, je suis heureuse de ce que j'ai créé, je suis heureuse de le faire vivre, j'ai encore plein d'idées, il y a plein de trucs que je n'ai pas testés, donc j'ai envie de les tester, j'ai envie de les créer, comme je te disais au début. Et voilà, je rentre, je suis heureuse, vraiment. Et tu vois, je me suis dit, bon, si c'est ça, c'est OK. Tu vois, je suis prête à accepter beaucoup de choses, de faire des concessions sur beaucoup de parties de ma vie, si je suis heureuse au quotidien. Et je pense que c'est le plus important quand tu fais quelque chose qui... qui te ravit tous les jours, que tu aides des gens un petit peu à ton échelle, que tu plantes des graines, que tu fais peut-être juste un tout petit peu mieux tourner le monde, un tout petit peu, à petite échelle vraiment, je ne dis pas qu'on va résoudre tous les problèmes, mais un petit peu, grâce au bon point sur la daronne, c'est ok pour moi.
- Speaker #1
J'admire ton renouvellement perpétuel, tes tests de plein de trucs. Quels sont les projets nouveautés que tu... peux nous divulguer ?
- Speaker #0
Déjà, merci pour ce compliment. Ça me touche beaucoup. Mais je pense que c'est vraiment ma personnalité. J'adore tester, expérimenter, tester des nouveautés. Et en fait, on me le dit souvent et je ne l'avais pas remarqué avant de tester ce projet. Oui, en fait, c'est incroyable. Et souvent, on me le dit et ça me touche beaucoup. Parce que oui, des fois, c'est dur et en fait, tu as envie de tout arrêter et que tu pourrais aller dans, entre guillemets, c'est pas facile d'arrêter, mais te dire bon, ça marche pas et en fait, j'ai pas de solution. et j'arrête. Et c'est ok, c'est ok vraiment de faire ça. Et en fait, moi, quand ça ne marche pas, je trouve des solutions. Peut-être que je suis forte là-dedans. Je pense que c'est ma capacité à me renouveler qui permet au pompon de continuer à tourner. Parce que j'aurais pu arrêter mille fois, parce que des fois c'est dur et des fois ça ne tournait pas. Mais en fait, je trouve des idées. Et aussi parce que je pense que ce qui me plaît, c'est de créer, comme je te l'ai dit tout à l'heure. Donc, je me renouvelle tout le temps, mais parce que je pense que je m'ennuie très vite. En fait, c'est peut-être ça ma force, tu vois, des fois ça a été compliqué, mais en tout cas la routine m'angoisse fortement, vraiment ça me fout une angoisse. Je sais qu'il y a des gens qui ont besoin de ça pour aller bien, moi c'est un peu tout l'inverse. Alors pas que ça soit un chamboulement permanent, parce que sinon, voilà, mon taux de cortisol il est comme ça, il est déjà comme ça chez moi, donc j'ai pas besoin de ça. Mais, alors j'aime bien avoir quand même une routine et que ça tourne un peu naturellement, et c'est ce que je recherche en tout cas pour que ça soit. lycée et que je puisse m'amuser à faire des nouveautés. Donc c'est un peu là le challenge que je me mets. Mais oui, l'expérimentation je pense que ça fait partie aussi de la vie, de ne pas s'ennuyer et de tester des choses. C'est bête de se dire j'avais envie de tester ça et je l'ai jamais fait. Donc moi je suis un peu comme ça dans ma vie personnelle, dans ma vie pro. J'aime bien tester des nouveautés. Voilà, donc sinon je m'ennuie. Et après pour les nouveaux projets, il y a plein de choses que j'ai envie de développer. Et notamment, j'aimerais bien développer tout ce qui est un peu la partie plus food, en tout cas plus événementielle, créer des événements un peu de A à Z avec des vraies expériences justement, que ce soit des activités ou des choses autour de la nourriture, mais pas que. Il y a plein de choses à faire ici parce que je travaille avec plein de gens différents, donc je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire. Et après, en vrai, ça me vient petit à petit, je n'ai pas une vraie vision sur ce que j'ai envie de faire. plus loin mais je sais que j'ai toujours des nouvelles idées j'ai envie de développer bon que ça marche quand ça continue à fonctionner ici déjà tout ce que je fais c'est bien mais si après des petits projets qui arrive je suis toujours ouverte en tout cas à faire des nouvelles nouveautés mais j'ai pas de vrai gros projet en tout cas que j'ai envie de lancer parce que pour l'instant j'ai pas les capacités physiques et mentales disponibles pour le lancer parce que c'est quand même à chaque fois Dès que je mets des petites choses en place, ça ne paraît pas énorme, mais en fait, pour moi, ça l'est quand même dans la gestion de tout ce que j'ai à faire dans la journée. Dès que je me rajoute une nouveauté... Bon, il faut que je le cale dans le planning, tu vois. Et ça veut dire que je mets moins d'énergie sur autre chose aussi. Donc, j'essaie de prioriser comme ça et des fois, c'est difficile. Là, en ce moment, tu me demandais comment je me sentais au début, mais je me sens très fatiguée. Donc, je sais que ce n'est pas le moment où je dois avoir des projets de trop grosse envergure. En tout cas, je n'ai pas assez d'espace mental pour le développer. Donc, pour l'instant, je fais déjà tout ce que je fais habituellement et on s'arrête là.
- Speaker #1
Pour clôturer notre interview, je te posais les questions signatures du podcast. Qu'est-ce que ça signifie pour toi être habitée par la vie ?
- Speaker #0
J'adore cette question. J'adore toutes tes questions, mais j'adore cette question. Être habitée par la vie, en fait, c'est hyper dur à répondre parce que c'est plein de choses. Mais en fait, ça me fait penser, je ne sais pas pourquoi je te réponds ça, mais en fait, j'ai eu une discussion tout à l'heure au Compte-Rouen avec quelqu'un. Et, enfin, deux discussions en vrai. Il y a eu deux personnes qui m'ont parlé de ça aujourd'hui et qui m'ont dit, valent en fait la hausse. elle peut quand même s'arrêter. Alors, ce n'est pas hyper gay, mais la fin est gay. La vie peut s'arrêter super rapidement. Tu ne sais pas, quand ça s'arrête, c'est court. Et pour moi, être habité par la vie, c'est faire là où on est bien, où on est bon ou bonne, là où ça nous plaît d'être, là où on s'épanouit. Et du coup, je me dis, ce qu'on disait juste avant, c'est expérimenter. Pour moi, c'est ça, habiter la vie. C'est faire... ce pourquoi on est là, ce pourquoi on vibre, tout simplement. Et je trouve que ça, c'est hyper beau. Peu importe ce que tu fais, si tu vibres, et ça se sent, pour moi, c'est ça. C'est l'authenticité qui, pour moi, c'est ça, la base de tout. Si tu vibres pour ce que tu fais, ça se ressent, et tu t'alignes avec les gens qui vibrent à la même fréquence. Et voilà, pour moi, c'est ça. Merci, Julie.
- Speaker #1
Une dernière question, je vais finir. Merci mille fois pour cette réponse. Si la vie te murmurait quelque chose, là, maintenant, qu'est-ce qu'elle te dirait ?
- Speaker #0
J'adore cette question. Je pense que la vie me dit, Alizé, va te reposer, va dormir, arrête les conneries, prends du temps pour toi, prends soin de toi, c'est important. Je me rends compte que, tu vois, et ça c'est vraiment un truc que j'admire avec les gens avec qui je travaille parce que tous les gens qui travaillent ici, ils ont à cœur de prendre soin. On se réunit ici parce qu'on prend soin des gens, enfin toutes les femmes qui travaillent ici, parce qu'on va dire les termes quand même, c'est des femmes qui travaillent ici, elles prennent soin des autres. Et en fait c'est un vrai travail de prendre soin des autres qui est malheureusement pas assez reconnu. Et en fait quand on dit « prends soin de soi » , on le pense pas, enfin tu vois, on le pense pas au premier degré, des fois on le prend pas pour soi. Et quand je le dis maintenant, je le pense réellement et j'essaie de me l'appliquer à moi, c'est très difficile en ce moment. C'est pas le bon moment parce qu'on a l'impression que voilà. Mais j'essaie quand même de me l'appliquer. C'est un vrai truc, quoi. Donc, je pense que là, la vie, elle me dirait, prends soin de toi, Alizé, avant de prendre soin de nous autres. Merci, Julie, pour ça. Merci mille fois, vraiment.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cette interview, pour tout ça. Et ouais, prends soin de toi aussi. T'as le droit pour de vrai. Je mettrai en description tout pour te retrouver. Donc sur le Instagram de Pompon sur la Daronne. Notamment, est-ce qu'il y a d'autres endroits sur le site internet ? Je mettrai le site internet avec les cours de yoga, pilates. Et comme vous le savez ou peut-être pas, je donne un cours de yoga aussi le mardi soir ici. Donc je mettrai tout ça aussi, le lien pour prendre, réserver des consultations avec les thérapeutes du lieu. Et bien sûr, les brunchs du dimanche aussi pour hier. Il y a beaucoup d'événements. Je mettrai tout ça en description. Merci mille fois. C'était génial. Je me suis régalée à t'entendre, à partager tout ça avec toi. Merci. Nous arrivons à la fin de l'épisode. Merci d'avoir été là aujourd'hui. Si cet épisode t'a touché, tu peux laisser 5 étoiles, un commentaire et le partager à quelqu'un qui en a besoin. Vos retours me sont précieux. On se retrouve la semaine prochaine. D'ici là, je te propose de te laisser habiter par la vie.