- Speaker #0
Bienvenue dans Happy Flow, le podcast qui réveille votre élan intérieur. Ici, on parle d'audace, de ralentissement, de choix du cœur et de ce qui nous remet en mouvement, en vie, en joie. Dans ce format, elles ont osé, jetant le micro à des femmes ordinaires, extraordinaires. Elles ont un jour fait un pas de côté, osé dire oui à elles-mêmes, malgré les doutes, malgré les peurs. Aujourd'hui, je reçois Mélanie, esthéticienne depuis 23 ans. Elle a quitté la sécurité du salariat pour créer son propre cocon en février 2020. Une décision qui n'a pas toujours été bien accueillie, mais qui a changé sa vie. Vous allez découvrir comment elle a écouté sa petite voix intérieure, comment elle a traversé les peurs et ce qu'elle a découvert d'elle-même en se lançant dans l'inconnu. Si vous ressentez l'envie de changement, de renouveau ou simplement d'écouter une histoire vraie qui remet du souffle et du sens, cet épisode est pour vous. Installez-vous confortablement, l'épisode commence maintenant. Bonjour Mélanie.
- Speaker #1
Coucou Audrey.
- Speaker #0
Merci d'être là et bienvenue dans le podcast Happy Flow.
- Speaker #1
Merci à toi pour l'invitation, je suis très heureuse. d'être la première dans ton podcast, très honorée.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter avec tes mots à toi ? Pas juste ce que tu fais aujourd'hui, mais qui tu es profondément.
- Speaker #1
Alors, j'ai 41 ans, je suis maman de deux enfants, un petit de deux ans et puis un grand de 11 ans. Qu'est-ce que je peux te dire d'autre sur moi ? Je suis entrepreneuse depuis quelques années maintenant, on en parlera après. Je suis une femme et puis je suis maman aussi. Tout un panel qui m'occupe bien l'esprit.
- Speaker #0
Alors, tu as d'abord suivi une voie scientifique avant de bifurquer vers l'esthétique. Qu'est-ce qui t'a amenée à changer de cap à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors en fait, j'ai fait une voie scientifique parce que j'avais envie de faire un BTS cosmétique. pour pouvoir créer des produits cosmétiques à l'époque. J'avais eu avant ça un premier projet, vraiment après le collège, de faire quand même du relooking. C'était dans ma tête, ça n'existait pas encore trop à l'époque. C'était assez avant-gardiste. J'avais mis ça dans un coin de ma tête et puis je m'étais dit après non, je vais faire des produits cosmétiques. J'ai fait un bac scientifique avec option physique chimie. Ça a été une catastrophe atomique parce que ce n'était pas mon truc du tout, l'école. C'était très dur, le niveau était vraiment haut pour moi. Et puis voilà, au lycée, tu rencontres ta bande de potes, tu passes plus de temps avec eux qu'à réviser. Donc je me suis lamentablement fourrée. Et en fait, comme j'avais à cœur de faire ce BTS et que j'avais visité une école d'esthétique pour faire ce BTS, j'ai rappelé l'école en leur disant, voilà, je n'ai pas eu mon bac, qu'est-ce que je fais parce que je voulais faire le BTS. Ils m'ont dit, ok, la solution, c'est de faire un CAP en un an, et puis ensuite un BP en deux ans, et puis après un BTS. Donc, ça a été la guerre chez moi, parce qu'autant te dire que quand tu es en bac scientifique et que tu annonces que tu vas faire un CAP esthétique, on te regarde à l'époque. On est dans les années 2000, donc les étudiants de CAP, tout ça, coiffure, ce n'était pas glorieux, notre image à l'époque. Et je n'ai pas lâché, j'ai tenu tête à mes parents et puis j'ai fait ce CAP en accéléré en un an dans une classe de femmes qui était en reconversion aussi. Et puis voilà, ça a été très facile cette année de CAP, je me suis presque un peu ennuyée parce que forcément je sortais d'un bac scientifique. Donc voilà, je me suis laissée porter et puis du fait de mon histoire personnelle... qui m'est arrivé au collège, en fait, comme je te le disais juste avant, j'avais cette idée de relooking. J'avais compris que le poids des apparences, vraiment, il était hyper important dans la société dans laquelle on vit. Et j'ai mis de côté, en fait, vraiment la fabrication de produits cosmétiques et je me suis lancée dans le CCAP esthétique, après avoir visité une école de mode et une école d'esthétique. Je me suis plus retrouvée dans l'école d'esthétique pour, justement, peut-être faire du relooking. A l'époque ça n'existait pas les formations de relooking, donc tu avais le choix soit en mode soit esthétique et là j'ai bifurqué sur l'esthétique du coup en CAP. C'est ce qui a motivé mon choix de faire ce CAP plutôt que de repasser le bac et de reprendre un BTS derrière. Je m'étais dit voilà je vais passer par la petite porte mais je vais réussir à aller jusqu'au bout de ce que je veux faire.
- Speaker #0
Super inspirant. Une fois diplômée, tu as travaillé chez Nocibé, puis tu es restée 12 ans dans le même institut. Qu'est-ce que tu aimais dans ce métier à cette époque-là ? Est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce qui te nourrissait encore à cette époque-là ?
- Speaker #1
Alors en fait, j'ai fait mon alternance chez Nocibé. Donc je suis restée en alternance 4 ans. Et j'ai découvert le monde de la cabine, que je ne connaissais pas. Et ça m'a... animé mais d'une force c'était incroyable ce contact avec les femmes ça m'a énormément plu de passer ce temps avec elles, même avec une simple épilation, on me disait mais t'aimes bien les épilations t'es sûre, mais en fait moi ce que j'aimais c'était vraiment parler, échanger transformer quelqu'un indépendamment de ce que je faisais en prestation esthétique et c'est vraiment ça qui m'a animée et qui m'a donné l'envie de poursuivre du coup après le BP en BTS parce qu'à la base, j'ai beaucoup changé d'avis durant cette scolarité sur le potentiel professionnel où je pouvais aller. Et vraiment, je me suis posé la question, qu'est-ce qui me plaît dans mon métier ? Et le contact avec les clientes, clairement, c'est ça qui m'a animée pendant ces années d'alternance. Et ensuite, dans l'institut dans lequel j'ai travaillé, que j'avais co-monté avec une copine sans être... associé mais juste salarié mais vraiment j'ai mis tout mon coeur dans le développement de cet institut ça s'est pas passé comme on l'espérait parce qu'elle a quitté la société un an après et j'ai repris moi la gestion de cet institut pendant
- Speaker #0
12 ans après et ça a été vraiment 12 années incroyable donc c'était 12 années du coup intense dans ce que tu nous partages j'apprends vraiment que tu y as mis du cœur, l'échange avec les clientes, cette co-création même si tu étais salariée. Et puis du coup, je pense qu'à un moment, il y a quelque chose qui a dû coincer. Il y a eu un moment où sans doute ton élan dans cette entreprise, c'est un peu éteint et qui a fait que tu as sans doute bifurqué. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce passage-là ?
- Speaker #1
Oui, en fait, j'ai tellement donné de ma personne dans cette société-là, dans cet institut, qu'au bout d'un moment, c'est mes clientes qui m'ont fait réagir. J'ai une cliente notamment à qui je pense qu'il m'avait dit... Vous êtes vraiment un ovni. Ça m'est gardé en... Vraiment, c'est resté dans ma tête, ce mot-là, ovni, parce qu'elle m'avait vue comme une autre esthéticienne, une esthéticienne vraiment différente de ce qu'elle avait pu connaître. Ce mot-là, il est vraiment resté dans ma tête très longtemps et encore aujourd'hui, parce que je fais ce métier, je pense pas comme d'autres esthéticiennes. Je le fais vraiment avec beaucoup d'amour, avec beaucoup de passion, avec beaucoup de cœur, en fait. Et effectivement, ce qui m'a freinée dans l'institut où j'ai passé 12 ans, c'est que je partageais plus cette ferveur et cet amour du métier avec la personne avec qui je travaillais à l'époque. Et à force de discuter, j'ai vu que vraiment, je n'allais pas aller là où je voulais vraiment être professionnellement. Et puis mes clientes, elles me voyaient un peu dépérir. Et au bout d'un moment, il y en a certaines qui me connaissent très, très bien, qui m'ont dit, mais en fait, vous avez de l'or dans les mains à un moment donné. Quand est-ce que vous allez vous réveiller et vous mettre à votre compte ? Et du coup, ça a fait un petit chemin dans ma tête. Ce n'était pas facile de se lancer. J'ai mis beaucoup, beaucoup de temps à élaborer un projet pro. J'ai changé plusieurs fois d'idées, de concepts, de noms pour mon futur institut. Et puis un jour, je ne sais pas, j'ai senti que les voies s'ouvraient et j'ai saisi l'occasion. Il y a eu le décès de ma mère à ce moment-là aussi, qui m'a fait comprendre que la vie, elle était courte et que si je devais faire quelque chose professionnellement pour moi, c'était le moment de le faire. Parce que sinon, j'étais vraiment en train de m'enterrer dans... J'étais bien loin dans l'institut où j'étais, en vrai, j'étais à côté de chez moi, c'était facile. J'avais ma paie à la fin du mois, il n'y avait pas de prise de tête, pas d'angoisse, rien. J'avais l'impression d'être à mon compte, mais sans le stress d'être à son compte. Et il y a une petite voix intérieure qui m'a dit à ce moment-là, si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais. Et du coup, j'ai saisi l'opportunité de pouvoir trouver le lieu dans lequel j'avais envie de m'épanouir pleinement.
- Speaker #0
Et la mousse des clics est venue un petit peu de cette cliente. Ça veut dire que toi, à la fois, tu te sentais dépérir, tu sentais quelque chose qui n'allait pas dans la co. gestion de cet institut et puis ces clientes qui te disaient voilà que tu avais de l'or dans les mains, que tu étais différente et finalement c'est comme une petite graine qu'elle a semé ou qu'elles ont semé et qui a fait émerger après ton projet.
- Speaker #1
Elles ont vraiment semé cette petite graine, j'ai été beaucoup portée par mon entourage aussi par ces clientes que je connais depuis très très longtemps pour certaines, que je n'appelle même pas mes clientes clientes, je les appelle mes chouchoutes parce qu'on connait trop d'ailleurs. Et vraiment, je les remercie encore parce que ça m'a portée et je ne l'aurais jamais fait si je n'avais pas été portée comme ça par mon mari, clairement, à ce moment-là, par mes clientes. Je me suis sentie vraiment portée sur un nuage. Ça allait être facile en vrai et que, allez, hop, on y va, ça va rouler. J'ai mis de côté mes angoisses et puis je me suis lancée.
- Speaker #0
Tu as foncé.
- Speaker #1
J'ai foncé complètement.
- Speaker #0
et je te remercie pour ton partage juste avant parce que dans l'épisode précédent que les auditrices pourront écouter. J'avais partagé aussi cet élan de se dire que à partir du moment où j'ai perdu ma nuance, ça a été aussi pour moi un déclic. Et il y a quelque chose de similaire dans nos parcours. Cette étape qui fait dire que la vie, on a envie de la vivre aussi différemment. Et je ne pense pas qu'on soit les seuls à être dans cette situation-là. Et c'est important d'écouter du coup sa petite voix intérieure.
- Speaker #1
Très important.
- Speaker #0
Donc tu m'as dit que quand tu t'es lancée, tu as fait taire tes peurs pour être dans cet élan. Mais en même temps, tu as dû quand même avoir des peurs. Quelle a été pour toi ta plus grande peur à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ma plus grande peur, c'était de ne pas y arriver déjà et puis de perdre toute ma clientèle. J'avais des clientes pour certaines depuis 14 ans qui m'avaient suivie de Nocibé dans l'institut où j'étais avec moi. Et là, je me suis dit, mais en fait, je vais ouvrir un truc et puis elles ne vont pas me suivre. même pas suffisamment, tu vois, où je ne suis pas assez exceptionnelle, entre guillemets, pour qu'elle me suive dans un autre endroit, à quel titre, tu vois, elle me suivrait. Je me suis un peu dévalorisée, en fait. Et c'est mon mari qui m'a dit, mais attends, mais n'importe quoi, tes clientes, tu les connais depuis X années, elles t'adorent, tu en vois certaines en dehors de tes heures de travail. Il n'y a aucune raison que tes clientes ne te suivent pas, en fait. À un moment donné, fais taire un peu ta voix sabotrice, là, et puis fonce.
- Speaker #0
Du coup, dans la création de ton entreprise, est-ce que tu as eu un plan structuré ou est-ce que tu as avancé plutôt au feeling en suivant ton intuition ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas du tout eu de plan structuré. Je suis un peu, ce n'est pas beau de le dire comme ça, mais un peu à l'arrache, tu vois. Parce que j'écoute beaucoup mon intuition. Et en fait, je me suis dit, allez, on y va en fait. et non, je n'ai pas structuré j'avais le nom je savais que je voulais l'appeler comme ça à mon institut je savais exactement le lieu que je voulais créer je l'avais imaginé j'avais écrit à la lune, pour celles qui me connaissent ça a mon rapport avec la nouvelle lune et c'est fou parce que tu en parleras peut-être dans un autre podcast de la loi de l'attraction mais vraiment ce que j'ai écrit je l'ai eu mot pour mot, ce lieu que j'avais envie de créer que j'avais imaginé il était là, il était sur une annonce immobilière et hop, allez, on y va, on ne réfléchit pas et puis si ça ne marche pas, ça ne marche pas.
- Speaker #0
Finalement, tu étais plus dans l'élan du cœur, de suivre cette petite voix, cette intuition et ce que tu as pensé, ça s'est manifesté en fait.
- Speaker #1
Exactement et vraiment, j'encourage toutes les personnes qui vont écouter ton podcast à suivre cet élan qu'on a à un moment donné intérieurement parce que la petite voix intérieure, elle se trompe jamais. On a tendance à la mettre de côté, à se dire que non, on ne l'entend pas, on ne sait pas bien l'interpréter. Et en fait, clairement, pour ma part en tout cas, les portes, elles se sont ouvertes facilement quand j'ai été au bon endroit parce que j'ai eu des déboires avant de trouver le lieu dans lequel je suis aujourd'hui. Et tout a eu une explication après coup et c'était, je vais dire, magique.
- Speaker #0
Du coup, tu t'es lancée en février 2020, juste avant le confinement. Comment tu as traversé cette période, quand même, on va dire, particulière, au tout début du lancement de ton activité ?
- Speaker #1
Écoute, bizarrement, je l'ai super bien vécue. C'est étrange parce que mes clientes, elles me disaient toutes, « Ah, ma pauvre, vous venez d'ouvrir, trois semaines après, hop, je repartais avec mes plantes sous le bras chez moi parce qu'on ne savait pas combien de temps on allait être fermées. » Le drame, c'était un drame pour tout le monde. Et en fait, je ne l'ai pas du tout vécu comme ça parce que je n'avais pas fini mon site internet. Donc, j'ai eu beaucoup de temps pour le finir. J'ai mis en place ma communauté sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Et j'ai eu envie de faire beaucoup de live à ce moment-là. J'ai vraiment été très active sur ma communication. Et je pense que c'est ce qui a fait après, quand j'ai réouvert, que toutes les clientes se sont vraiment manifestées, sont revenues en masse. ont fait des prestations qu'elles n'avaient pas l'habitude de faire, ont acheté des produits alors que certaines n'avaient pas l'habitude d'en acheter à l'Institut. Elles ont eu envie de redynamiser l'Institut, comme si moi j'avais beaucoup perdu avec ce confinement, alors qu'en fait, je n'avais rien perdu, j'avais du temps pour faire du contenu, j'avais du temps pour profiter aussi de mon fils à l'époque, on ne va pas se mentir. On faisait l'école à la maison, ok, c'était un peu casse-pieds, mais on avait quand même du temps pour profiter d'eux. Et puis j'ai eu la chance d'habiter en pavillon, il faisait super beau. Je l'ai vraiment pas mal vécu, j'ai mis ce temps à profiter.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, ce temps-là, tu l'as mis à profit, il y a eu un décalage dans l'ouverture de ton activité. Et finalement, ce temps, ça t'a permis de créer ton site internet, d'être en lien sur les réseaux sociaux et de créer cette émulation. Et puis voilà, on ne va pas se le cacher, c'est clair que le confinement, ça a réveillé chez beaucoup de personnes cet élan de revenir à soi de prendre soin soin de soi, de sa peau, de ses émotions. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de salons d'esthétique, de thérapeutes qui ont vu finalement une recrudescence des achats ou des consultations post-confinement parce que les gens se sont remis au cœur finalement de leur vie et ont su prendre soin d'eux. Donc ça ne m'étonne pas du tout que les clientes après soient revenues en masse te voir dès que t'as réouvert.
- Speaker #1
Et j'ai envie de te dire, il y a eu un espèce d'élan solidaire en fait. J'ai des clientes, moi, qui m'ont dit... Je vous achète ce produit. Non, vous n'avez pas l'habitude de l'acheter. Non, mais je vous l'achète parce qu'en fait, vous avez été fermé. Et moi, je n'ai pas envie que vous fermiez définitivement avec la perte de chiffre que vous avez eue. Donc, ce n'est pas grave, je vais prendre mes produits. Vous ne me faites pas de remise de sous, surtout. C'est trop bien.
- Speaker #0
Elle est cliente qu'on mérite, non, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est en image. Oui, j'ai du mal à le dire parce que je suis un peu gênée de dire ça. Mais franchement, j'ai une cliente. C'est une communauté incroyable. Je le redis merci parce que vraiment, sans cette communauté, je ne sais pas où je serais à l'heure actuelle.
- Speaker #0
C'est super chouette. Est-ce que du coup, par rapport à ce partage-là, tu peux peut-être approfondir l'idée de qu'est-ce qui t'a aidé à garder le cap ? Ça peut être une phrase, une personne, un rituel que tu as mis en place dans le début de son activité pour te maintenir à flot, continuer sur ta voie.
- Speaker #1
Je vais te répondre la même chose. Mais c'est mes clientes qui m'ont beaucoup portée parce que ça m'a donné confiance en moi, ça m'a donné envie de continuer, ça m'a donné envie de... de développer d'autres prestations, de prendre encore mieux soin de ces femmes qui passaient le portail d'Atelier B. Ça m'a donné envie en plus d'aménager la cour autrement, de créer vraiment un lieu cocon et un lieu qu'on ne retrouvait pas ailleurs. C'est ce qui m'a permis de garder le cap sur mon objectif. Parce que je ne vais pas mentir, les angoisses sont là de façon perpétuelle quand tu entreprends. Et forcément, tu doutes. Et voilà, elles ont toujours été là pour balayer mes doutes par leur bienveillance en fait.
- Speaker #0
Du coup, on va revenir encore un peu en arrière. Je vais te demander de te souvenir de ton premier jour en tant qu'indépendante, dans ton propre lieu, ton propre institut. Essaye de te souvenir ce que tu as pu ressentir à ce moment-là.
- Speaker #1
En fait, c'était trop bizarre. Ça me l'a fait longtemps en plus. J'avais l'impression de venir travailler pour quelqu'un d'autre. j'étais stressée comme si quelqu'un allait me dire mais non t'as pas fait ça comme ça, t'as pas fait ça comme il faut et je me souviens le premier jour où j'ai ouvert j'avais oublié d'acheter la biafine alors que c'est hyper important pour nous la biafine et je me disais ah non j'ai oublié la biafine comment je vais faire et tout heureusement il y a une pharmacie à côté et j'ai couru à la pharmacie pour chercher mais cette première journée je m'en souviens encore c'était trop bien parce que j'avais pas prévu d'ouvrir ce jour là et j'avais rendu service à des clientes qui devaient absolument partir de partir en vacances, ça devait tomber sur les vacances de février à ce moment-là. Et il y en a une, je crois, qui partait au soleil justement. Et elle m'avait dit « Ah non, mais ça fait déjà deux mois que je vous attends, comment je vais faire avec mes poils ? » Et j'avais dit « Bon, je ne suis pas opérationnelle, je suis désolée, il y aura des petits couacs. Je vous prends aujourd'hui et ce sera l'ouverture officielle d'Atelier B. » Et c'était franchement génial, ça a mis l'élan et ça a donné l'énergie et l'impulsion à ce qu'est Atelier B aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu aussi des moments de doute, de solitude pour toi, de fatigue profonde que tu n'avais pas vraiment anticipé le fait d'être ta propre patronne ?
- Speaker #1
Oui, j'ai vraiment sous-estimé ça au départ de réussir à gérer tout toute seule, gérer une maison, le ménage que ça impliquait du coup, de gérer le planning, de gérer les stocks, de gérer les commandes. de produits à revendre, de gérer les rendez-vous, de gérer les modifications de rendez-vous. En fait, je crois que j'ai implosé de l'intérieur à ce moment-là. Je me suis sentie très très fatiguée. Je me suis dit que je n'y arriverai pas, je pense. Et je ne sais pas si je l'ai verbalisé, mais écoute, à ce moment-là, j'ouvre la boîte aux lettres et il y a le CV d'une jeune fille dans la boîte aux lettres que je prends et que je vais pourjeter parce que je n'envisage pas de travailler. avec quelqu'un, je ne suis pas faite. Enfin, c'est ce que je me dis. C'est par là. C'est par là que je ne suis pas faite pour travailler avec quelqu'un. Et je finis par ouvrir cette enveloppe. Et mon mari me dit, écoute, appelle-la. tu n'as rien à perdre, c'est une demande de stage. Alors moi, je lui dis, non, mais en plus, je suis stagiaire, pas du tout, ça ne m'intéresse pas, qu'est-ce qu'elle va être plantée dans mes pattes ? Tu vois un peu la fille pas ouverte du tout, pas sociable, pas bienveillante, alors que ce n'est pas du tout ce que je suis dans mon métier. J'appelle cette jeune fille et c'est une rencontre incroyable qui se passe parce que du coup, je vais commencer avec elle son stage. On est confiné, donc je lui fais quand même son stage malgré le confinement. Ça se passe merveilleusement bien, elle fait son BTS à l'Institut du coup, on a deux ans de collaboration qui sont vraiment top. Et c'est ça qui m'a permis de ne pas sombrer je pense. C'est Laura qui est arrivée vraiment au bon moment, quand je pense que j'ai dû dire à l'univers au secours, je ne vais pas y arriver, pourquoi je me suis lancée là-dedans. Je ne me sentais même pas seule à ce moment-là, je me sentais plutôt très très fatiguée, je n'arrivais plus à gérer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'étais partout.
- Speaker #0
Oui, c'était multitâche en fait, avec des casquettes à mener en même temps.
- Speaker #1
Et oui, et puis pour rappel, je suis maman aussi, j'ai un foyer, donc je m'occupais aussi de mon fils, de mon foyer. J'étais partout en fait. Et ouais, clairement, un gros... Je pense que j'étais à deux doigts de... J'aime pas ce terme, mais je comprenais pas comment on pouvait être en burn-out. Tu vois, quand on était passionnée par son métier, je m'étais dit mais c'est impossible quand t'es passionnée. Mais en fait, j'ai compris le terme burn-out à ce moment-là. J'étais à deux doigts et Laura, vraiment, elle est arrivée.
- Speaker #0
Oui, c'est une surcharge extrême, mais ça ne veut pas dire qu'on n'aime pas ce qu'on fait.
- Speaker #1
C'est exactement ce qui s'est passé.
- Speaker #0
À l'inverse, est-ce qu'il y a un moment tout simple qui t'a fait dire que là, je suis exactement à ma place ? Est-ce que tu as une anecdote particulière, un souvenir autre que ceux que tu nous as déjà partagés, qui t'a fait dire que là, tu étais exactement à ta place ?
- Speaker #1
Oui, des discussions avec des clientes en particulier. où le matin, j'arrivais, j'étais pleine de doutes, pleine d'angoisse. Je me disais pourquoi je fais ça en fait. Et à chaque fois que je me suis dit ça le matin ou la veille, il y a une cliente qui me partageait une expérience, quelque chose de difficile dans sa vie, avec qui je passais beaucoup de temps en dehors de la prestation que je lui facturais. J'ai en tête une cliente justement avec qui j'ai parlé je crois une heure. J'avais fini ma journée et je suis restée une heure de plus pour l'écouter, pour qu'elle se dépose. Et elle m'a remerciée à la fin, elle m'a envoyé un message pour me remercier, pour me dire que vraiment je lui avais fait un bien fabuleux, que ça lui avait fait du bien de me parler, qu'elle était quelqu'un d'autre après. Et vraiment ça m'a tellement émue ça, d'entendre ça, qu'on me dise que j'avais servi vraiment à quelque chose, que je me suis dit mais en fait je suis vraiment à la place où je dois me trouver. et je ne serais pas mieux ailleurs, c'est impossible.
- Speaker #0
Donc une femme extraordinaire, qui n'est pas, entre guillemets, je mets bien des guillemets autour de simple esthéticienne, parce que l'idée n'était pas du tout de dévaloriser, mais on entend bien dans tes partages, et dans le lien que tu as avec tes clientes, qu'il se passe autre chose que la simple prestation, en fait, de soins aux esthétiques. Tu prends le temps de les écouter, de les choyer, et clairement pour... Les auditrices qui viendront visiter ton cocon, on est vraiment dans un cocon, dans ton institut. Actuellement, on fait l'interview d'ailleurs là, ce soir. Il se passe vraiment quelque chose de particulier pour elle et je le comprends tout à fait. Alors le fait d'ouvrir ton institut, ton propre institut, qu'est-ce que ça a révélé en toi que tu ne soupçonnais pas vraiment ? Toi, ta personnalité, tes ressources, qu'est-ce que ça a pu mettre en lumière ?
- Speaker #1
Mon hyperactivité, que je ne soupçonnais pas. Pas comme ça, en tout cas. Ça, ça a vraiment mis ça en lumière, parce que j'ai tout le temps envie de créer, de créer, de créer, de créer plein de choses, de créer des prestations, de créer des expériences, de faire autre chose que juste une prestation de base. qui nous écoute la voix pas les doigts qui font des guillemets tu vois voilà les cétiennes de base j'aime pas ce mot là mais voilà je suis là c'est ça qui m'anime et qui et qui fait que mon hyperactivité c'est clairement un moteur pour moi quoi avec
- Speaker #0
le recul maintenant sur ton activité est ce qu'il y a quelque chose que tu ferais différemment et au contraire quelque chose que tu ferais identiquement ça se dit pas que tu ferais pareil
- Speaker #1
Je pense que je me ferais plus confiance, en fait. Tu vois, j'aimerais bien dire à la fille qui avait peur il y a cinq ans, qui ne savait pas où elle mettait les pieds, finalement, alors que c'était son projet, qui avait l'impression de venir bosser encore pour quelqu'un d'autre, et ça, c'est resté quand même longtemps, de rien, de lui dire, en fait, c'est cool, c'est chez toi, tu as monté ce que tu voulais, tu es à la bonne place, au bon moment. tu as vraiment fait quelque chose qui t'animait depuis, mais finalement depuis le collège en vrai, tu vois, au début de lycée où j'avais vraiment envie de prendre soin des autres et non avec le recul franchement je pense que je referais exactement pareil mais j'aimerais bien quand même qu'on me mette la petite graine et confiance en toi et ça va aller.
- Speaker #0
C'est bien parce que Mélanie elle anticipe mes questions c'est trop drôle
- Speaker #1
J'avais une question à poser, c'était qu'est-ce que tu dirais à la Mélanie d'il y a 5 ou 10 ans ?
- Speaker #0
C'est très bien, tu as déjà répondu, donc c'est OK. Donc, on sait ce que tu dirais à la Mélanie d'il y a 5 ans.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une idée reçue sur l'entrepreneuriat que tu aimerais déconstruire aujourd'hui auprès de nos auditrices ?
- Speaker #1
Oui. L'entrepreneuriat, ce n'est pas simple en fait. On s'imagine que c'est trop bien, on est à son compte, ça va être le feu, ça va être la liberté. Oui, c'est vrai. Mais l'entrepreneuriat, ce n'est pas que ça. Surtout quand on entreprend seule, c'est dur. Je trouve qu'on ne le dit pas assez, on n'en parle pas assez, que c'est difficile d'entreprendre toute seule, c'est difficile de porter un projet seule. Moi, j'en ai beaucoup souffert sur cette dernière année. Vraiment, ça me pesait. Ça fait cinq ans que je suis ouverte et ça fait un peu moins d'un an où je me sens très seule professionnellement. dans mon entrepreneuriat. Donc oui, c'est super d'entreprendre et j'encourage vraiment les gens là qui nous écoutent d'entreprendre. Mais attention, voilà, il faut savoir que quand on entreprend, on a le package angoisse, mauvaise nuit, avoir insomnie, stress, de jamais déconnecter en fait. Quand bien même on essaye de se dire le week-end on ne déconnecte pas, en fait c'est impossible. On ne déconnecte jamais quand on est entrepreneur en fait.
- Speaker #0
L'idée, ce serait que les personnes qui se lancent aient un peu plus conscience de ces champs-là que tu décris et peut-être qu'elles se fassent aussi aider, accompagner autour de la création de leur business.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est une bonne chose de se faire coacher peut-être à la création, sauf si tu sais ce que tu veux créer et que tu es bien dans tes baskets, mais peut-être de te faire accompagner pendant ton entrepreneuriat pour te rebooster, pour te laisser aussi de temps en temps un peu porter et qu'on te dise c'est cool quand on te caresse un peu le bras ou la main et qu'on te dise ça va aller, c'est bien ce que tu fais. De pouvoir partager ça avec quelqu'un, je pense que c'est important.
- Speaker #0
Oui, c'est un coaching d'entreprise sur un peu plus long terme et tu te sens soutenue sur la création de ton activité, les hauts, les bas, de pouvoir avoir cette personne-là qui te booste.
- Speaker #1
Oui, et puis en plus, tu m'as fait un coaching, toi, il y a quelques temps. où vraiment je me sentais un peu perdue sur mes choix d'entrepreneuse. Je n'ai pas remis en question tout Atelier B, mais la façon que j'avais de gérer l'embauche en fait. Et ton coaching, clairement, il m'a permis d'y voir plus clair. Et je souligne vraiment ça, que c'est important de se faire accompagner, je crois, pendant ces années d'entrepreneuriat parce qu'on a des doutes, on a des questions et qu'en fait… d'en parler avec quelqu'un, on chemine. Et en tout cas, je te remercie parce que tu m'as beaucoup aidée à ce moment-là.
- Speaker #0
Merci à toi d'avoir fait appel à mes services. J'aimerais savoir quels seraient les trois conseils de cœur pour une femme qui sent que ça ne va plus, mais qui n'ose pas encore changer. Donc là, nous, on est beaucoup sur le sujet de l'entrepreneuriat, mais ça peut être sur un autre sujet. Voilà, quels conseils tu leur donnerais ?
- Speaker #1
Comme on l'a dit tout à l'heure, d'écouter son cœur, c'est primordial, je pense, d'écouter sa petite voix intérieure parce qu'elle est là quand bien même on a l'impression de ne pas l'entendre, elle est toujours là. De se faire confiance, c'est important en fait dans tout ce qu'on fait, que ce soit dans sa vie privée ou dans sa vie pro, c'est vraiment important de se faire confiance sur ce qu'on veut entreprendre et de prendre du plaisir surtout à le faire.
- Speaker #0
Je valide à 100% les trois conseils.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors du coup, pour la fin de cette interview, je vais te poser des questions que je poserai à toutes les personnes que je vais interviewer durant ce podcast. Donc voilà, je te demande de répondre à ces questions spontanément, sans filtre, voilà, comme ça te vient. Alors, première question. Quel est ton mot phare du moment, celui qui t'accompagne au quotidien ?
- Speaker #1
Kiffer. Franchement, tous les jours, je me...
- Speaker #0
Le trajet là entre chez moi et l'Institut, c'est... Je vais kiffer ma journée aujourd'hui.
- Speaker #1
Quelle est ta dernière petite victoire invisible ? Celle que personne ne voit, mais qui compte beaucoup pour toi.
- Speaker #0
En vrai, elle n'est pas invisible. Cette victoire, ça a été de monter une retraite avec Audrey. C'était vraiment mon rêve. Je l'avais dans un coin de ma tête depuis des années. Et je me suis dit... capacité de le faire toute seule et un jour je sais pas ce qui m'a pris je connaissais pas encore bien audrey à ce moment là et je me souviens je suis dans un parc à lille à d'en faire un audio à audrey quand je te fais un audio à toi et je me dis tiens tu ferais pas une retraite avec moi et là je me dis la fin elle me connaît pas on organise une retraite et là tu me dis oui direct Je ne vais pas dire gros mots, mais c'est magique à ce moment-là, tu vois, parce que je me dis, mais vas-y, elle est OK, mais elle est aussi délurée que moi pour me dire oui direct. Et ça s'est tellement bien passé, cette première retraite qu'on a faite ensemble, et ça a impacté et impliqué tellement de choses après, derrière.
- Speaker #1
C'est clair. C'est le tapis rouge derrière.
- Speaker #0
Ouais, méga, méga victoire. Franchement, c'est super qualifragiliste.
- Speaker #1
Quel est le livre, la femme, le film ou une œuvre qui t'a inspiré récemment et que tu aimerais partager ici avec les auditrices ?
- Speaker #0
Ça ne va pas être un livre ou un film. Je vais dire une femme. Et c'est toi, Audrey, en vrai, qui m'a beaucoup inspirée récemment parce que tu es beaucoup à mon écoute. Tu es très moteur pour moi, peut-être sans t'en rendre compte, mais tu me donnes envie de... de créer tellement de nouvelles choses, d'avoir des nouveaux projets, d'avancer sur d'autres choses qu'en plus d'Atelier B. Donc voilà, c'est toi.
- Speaker #1
Merci pour cette spéciale dédicace. Merci, merci beaucoup. Et pour finir, que dirais-tu à une femme qui cherche elle aussi son happy flow ?
- Speaker #0
De prendre rendez-vous avec toi.
- Speaker #1
Allez,
- Speaker #0
c'est checké. Clairement, franchement, mais... Si vous vous posez la question, ne vous la posez plus, foncez. Donne tes coordonnées à la fin du podcast, Audrey.
- Speaker #1
Merci, je prends note du conseil. Merci beaucoup, Mélanie, pour ta présence aujourd'hui, d'avoir participé à cette première interview de mon podcast Happy Flow.
- Speaker #0
Merci à toi, Audrey. Franchement, c'était canon. Merci, merci.
- Speaker #1
Donc, si vous voulez trouver, découvrir le cocon de Mélanie, il se trouve à Écouen. Je mettrai toutes les infos dans la... description de cet épisode. Vous pouvez retrouver l'adresse, son compte Instagram et je vous invite vraiment à venir découvrir son univers. Merci d'avoir écouté cet échange avec Mélanie. J'espère que son parcours vous a inspiré et peut-être donné l'élan de croire, vous aussi, qu'un autre chemin est possible. Ce qu'on peut retenir de cet épisode, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour changer, que le doute fait partie du chemin et que l'élan du cœur est souvent un bon guide. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le partager à une amie, à laisser une note ou un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela m'aide énormément à faire connaître le podcast Happy Flow. Et si vous avez envie de poursuivre la réflexion ou de me dire ce que cet épisode a éveillé chez vous, rendez-vous sur mon compte Instagram, audreypg.sophroudoula. À très bientôt pour un nouvel épisode de Happy Flow !