Speaker #0Est-ce que ça vous est déjà arrivé d'être bluffé par l'intelligence d'un animal ? Peut-être en ayant eu écho d'histoires incroyables dans lesquelles des Ausha parcourent des centaines de kilomètres pour retrouver leur foyer ? Ou en ayant cette impression que votre chien avait tout compris de votre programme du jour, et notamment qu'il n'en ferait pas partie ? En réalité, les chiens sont de véritables détectives. Ils sont capables de capter nos émotions les plus subtiles rien qu'en observant nos micro-mimiques. Et ce ne sont pas les seuls à nous surprendre. Certains perroquets utilisent jusqu'à trois outils successivement pour accéder à leur nourriture favorite. Les poules sont capables d'apprendre en observant leurs congénères à la télévision. Quant aux cochons, ces experts de la reconnaissance faciale peuvent se reconnaître dans un miroir et peuvent aussi distinguer des humains familiers d'humains inconnus. Bon, à présent, imaginons que la semaine prochaine, je vous interroge sur ces faits. Eh bien, je suis prête à parier que l'information la mieux retenue sera celle sur le chien. Et si je vous disais que celles et ceux d'entre vous qui sont omnivores retiendront moins d'informations que les végétariens ou les véganes qui m'écoutent ? Bizarre. Et pourtant, c'est ce que montre l'étude que nous allons explorer aujourd'hui. Alors oui, je sais, on a coutume de dire qu'il faut manger du poisson pour booster la mémoire. Et bien comme quoi, la science n'a pas fini de nous surprendre. Bienvenue sur Ausha Science, le podcast. Je suis Valentine Filleul, docteure en psychologie sociale et médiatrice scientifique. Ici, on explore les relations que nous entretenons avec les autres animaux. des liens qu'il nous appartient de décrypter afin de dessiner les contours d'un monde plus harmonieux où chaque être vivant est traité avec égard et bienveillance. Bonne écoute ! L'étude que je m'apprête à vous présenter est un hommage au célèbre primatologue France Deval, auteur du livre Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l'intelligence des animaux ? Ce scientifique qui nous a quittés en mars dernier, il montre dans son livre toutes les difficultés, mais également l'importance de comprendre l'esprit ou l'intelligence des autres animaux. Pour qu'on soit sur la même longueur d'onde, dans la suite de l'épisode, je vais utiliser ces termes d'intelligence et d'esprit de manière interchangeable. Pour signifier les capacités cognitives, est-ce que je sais résoudre tel problème ? La capacité à ressentir, est-ce que je peux avoir mal ou peur ? Et la conscience de soi, est-ce que je peux vivre des expériences de manière intentionnelle et subjective ? Alors France Deval, il nous rappelle que pendant très longtemps, jusqu'au siècle dernier, on a complètement sous-estimé l'intelligence des autres animaux. En fait, on a deux écoles, avec d'un côté ceux qui considèrent que les animaux ne sont qu'instincts, l'instinct animal qui dirige chacun de leurs comportements, Et de l'autre, il y a ceux qui considèrent que les animaux n'agissent qu'à travers de très simples processus d'apprentissage, comme le conditionnement, des automatismes, des associations, et ce, quelle que soit l'espèce. Bon, heureusement, depuis, les scientifiques ont fait des avancées absolument considérables et s'accordent pour dire que l'intelligence des animaux, elle est bien plus complexe que ça, ça ne matche pas forcément avec l'une ou l'autre de ces cases, et non seulement elle varie entre les espèces, mais aussi entre les individus d'une même espèce. Alors assez rapidement, ce qu'on va adorer, y compris dans la sphère scientifique, c'est d'essayer de classer les animaux en fonction de leur intelligence. Vous avez sûrement déjà vu ces fameux top 10 des animaux les plus intelligents, mais classer les espèces sur une sorte d'échelle de l'intelligence, c'est pas si simple. Pourquoi ? Eh bien parce que ça nécessite d'utiliser un test unique, avec des critères qui soient suffisamment adaptables. Bon, on voit vite que s'il s'agit de faire des calculs mathématiques, ça va, mais s'il s'agit d'être capable... de se repérer dans la nuit noire sans faire un seul bruit, bah là, nous autres humains, on a un peu de soucis à se faire. Et ça, on n'aime pas beaucoup quand même. Donc finalement, en raison de la diversité des caractéristiques morphologiques et comportementales entre les espèces, il semble qu'une comparaison des capacités mentales de manière équitable soit peu réalisable. Une autre difficulté aussi, c'est qu'on n'a pas accès à l'esprit d'autrui. Je n'ai d'accès qu'à mon propre esprit. On voit que c'est déjà compliqué de mesurer l'intelligence. ou les intelligences chez un individu de sa propre espèce, donc pour nous, chez des humains. Donc chez des non-humains, le challenge est d'autant plus grand. Bon ok, alors l'esprit, on ne peut pas l'atteindre, ce n'est pas quelque chose qu'on voit, ce n'est pas palpable. Par contre, le cerveau, ça l'est. Finalement, comment ça fonctionne un esprit ? C'est par des réseaux neuronaux. Donc, on n'a qu'à comparer la taille des cerveaux sinon. Quand on regarde le cerveau d'un chimpanzé, c'est grosso modo un petit cerveau humain. Donc ça pourrait nous rassurer. Mais faut pas qu'on prenne trop vite la grosse tête, parce que quand on regarde le cerveau d'un dauphin ou d'un éléphant, et bien là ça se gâte car le nôtre ne fait clairement pas le poids. Alors à quoi donc peuvent leur servir des cerveaux pareils ? Et puis d'ailleurs, attention aux constats tirés de nos observations, ce n'est pas non plus parce que les individus d'une espèce ne réalisent pas telle ou telle action qu'ils n'en sont pas capables, ça peut aussi être tout simplement parce que ça n'a pas de sens pour eux ou qu'ils n'en ont pas l'utilité. Donc malgré nos connaissances scientifiques, biologique, éthologique, l'étude du comportement des animaux, il y a encore tout un aspect très mystérieux auquel on n'a pas encore accès, et peut-être qu'on n'aura d'ailleurs jamais accès à cet aspect-là chez les autres animaux. Donc au final, quand on observe un animal, on court toujours deux risques opposés, soit de sous-estimer leur intelligence par rapport à ce qu'elle est réellement, c'est ce qu'on appelle le déni d'esprit, soit au contraire, à leur attribuer des capacités humaines qu'ils n'ont pas forcément, c'est ce qu'on appelle l'anthropomorphisme. Et ces biais sont loin d'être anodins parce qu'ils vont impacter toutes nos relations avec les animaux. Je vais revenir sur ces points. Si j'approfondis un peu, anthropomorphiser, on le fait tout le temps parce que c'est nécessaire. On n'a pas besoin d'avoir fait quelconque étude pour arriver à savoir quand son compagnon a quatre pattes à faim, quand il est content, quand il est fatigué, quand il a besoin de sortir. Ça n'a rien de scientifique, mais comme ce sont des sensations, des émotions que nous-mêmes ressentons, alors on arrive à les projeter sur l'autre. L'anthropomorphisme, c'est un certain type d'empathie, a priori qui serait propre à l'espèce humaine, et qui permet de comprendre l'autre sans avoir besoin d'accéder à son esprit. Et c'est vraiment central dans la relation humain-non-humain, parce que ça va quand même nous permettre normalement de répondre aux besoins des animaux, et ça va faciliter aussi une interaction mutuellement bénéfique. Mais ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est qu'en fait, on est sans s'en rendre compte dans des hypothèses. Hypothèses parce qu'on n'est jamais vraiment sûr que la faim ou la peur que je projette sur l'animal existe réellement pour lui. Exemple classique, un chien qui grogne n'est pas forcément méchant. Il exprime peut-être simplement un inconfort ou une peur. S'il a dévalisé la poubelle en votre absence, c'est peut-être pas de la vengeance, c'est peut-être qu'il y a quelque chose dedans qui l'a attiré, qui s'est montré curieux, il avait peut-être une bonne odeur dedans, etc. Donc anthropomorphiser, c'est nécessaire, mais attention, bien sûr, il peut y avoir des dérives, et il faut rester raisonnable et prudent. Et puis à l'opposé de ce phénomène, on peut dire qu'on a le déni d'esprit. C'est finalement l'erreur inverse, donc à savoir ne pas reconnaître les capacités cognitives et émotionnelles là où elles existent clairement. Et d'ailleurs, on le fait même avec des humains. On a des études qui ont montré par exemple que les gens vont avoir tendance à sous-estimer l'esprit d'autres personnes quand ils y ont un intérêt. Donc par exemple, comme ça peut être le cas dans des guerres, dans des conflits ou dans des situations de discrimination. Et c'est bien pratique parce que c'est plus facile d'ignorer et de maltraiter quelqu'un. si je me persuade que qu'il ou elle n'a pas vraiment d'émotion, il n'a pas vraiment de pensée. Concernant les autres animaux, on a aujourd'hui pas mal de travaux qui ont montré que les gens vont avoir tendance à nier l'esprit des animaux, qui finissent dans leur assiette. C'est le dilemme bien connu du paradoxe de la viande, vous êtes attendri par un veau ou par un agneau, et de l'autre côté, vous les mangez. Donc pour beaucoup de personnes, ça peut créer un conflit intérieur assez désagréable, et pourtant ce qu'on observe, c'est que plutôt que de réduire ou d'arrêter sa conso, Votre cerveau trouve une solution plus simple entre guillemets, minimiser les capacités des animaux consommés. Ça donne des phrases du genre, oui mais bon je mange du poulet mais de toute façon ils ne ressentent rien. Ouais bah j'en suis sûre qu'ils n'ont pas compris ce qui leur arrivait. Et puis ils n'ont pas vraiment souffert donc tout va bien. Et hop, conflit résolu, on se resserre des nuggets. En minimisant l'esprit des animaux, on évite de culpabiliser, on se convainc que Ausha sont moralement acceptables. Et au passage... Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à écouter le tout premier épisode de ce podcast. Vous allez voir, c'est fascinant de comprendre comment notre cerveau gère ce genre de dilemme. Quand on parle de l'intelligence des animaux, il ne s'agit pas juste d'une curiosité scientifique. C'est un sujet qui a des conséquences très importantes. Pourquoi ? Parce que le niveau de capacité mentale qu'on accepte de concéder aux animaux va influencer non seulement la qualité, mais aussi la légitimité de nos relations avec eux. Les animaux, ils sont absolument partout autour de nous. au quotidien. Il y a ceux avec qui on partage notre maison, les animaux de compagnie, ceux qu'on utilise pour travailler ou être assisté, comme les chiens guides, ceux qui nous servent à nous divertir, bien sûr ceux que l'on va manger, les animaux que l'on va utiliser en médecine, en recherche pour l'expérimentation animale, et puis ceux qu'on estime, si ce n'est inutile, dérangeant, comme les nuisibles. Pour l'ensemble de ces animaux, c'est notamment leur conscience et surtout leur capacité à souffrir qui va déterminer et réguler un certain nombre de mesures relatives à leur protection. Enfin, je pense que le terme protection, ce n'est peut-être pas le plus adéquat, mais à la façon en tout cas dont on va les traiter. Par exemple, dans la recherche scientifique ou au niveau de l'élevage agricole, c'est la reconnaissance de la douleur, de la peur ou du stress chez les animaux qui a poussé notamment à mettre en place des lois pour réguler leur traitement. On imagine bien que c'est plus délicat d'exploiter des animaux si on sait qu'ils comprennent ce qui leur arrive, s'ils peuvent anticiper, s'ils peuvent être stressés, s'ils ressentent la douleur physique et émotionnelle, par exemple, lors d'une séparation, etc. Ça devient un vrai problème moral de les exploiter. Par contre, si on part du principe qu'un animal ne comprend et ne ressent rien, alors là c'est beaucoup plus simple de justifier des pratiques comme l'abattage industriel, les tests en laboratoire ou bien la corrida. Et pourtant, comme je l'ai souligné en introduction, même si la recherche autour de l'intelligence animale progresse, elle reste incertaine et évolutive. On découvre sans cesse de nouvelles preuves de leur capacité, et finalement on reste avec une certaine incertitude constante par rapport à nos connaissances autour de leur intelligence. Et puis, il y a encore... plein de choses qui nous échappent. Comment se fait-il par exemple qu'on ait pu décimer quasiment la population de baleines alors que ce sont des animaux qui font X fois notre taille, qui ont un cerveau bien plus gros que le nôtre, et qu'elles ne se soient a priori jamais rebellées contre les humains ? Même question avec les éléphants envers leurs dresseurs. Aujourd'hui on sait que les abeilles, elles communiquent avec des danses bien précises, mais concrètement, comment elles comprennent ces concepts abstraits ? Comment les animaux conçoivent-ils l'invisible ? On sait que les dauphins utilisent l'écolocation pour voir des objets que nous ne pourrions détecter à l'œil nu. Alors est-ce que ça veut dire qu'ils ont une conscience plus développée de ce qui se trouve au-delà de leur portée physique ? Enfin voilà, rien qu'en regardant son animal dans les yeux, on a mille et une questions qui nous assaillent sur ce qu'il se passe en eux. Donc on a d'une part le risque que le grand public puisse sur-ou sous-évaluer l'intelligence animale, et d'autre part, on voit que les scientifiques eux-mêmes ne peuvent fournir des réponses claires et définitives à la question de savoir si les êtres humains attribuent trop. ou trop peu d'esprit aux animaux. C'est précisément ce constat qui conduit les chercheurs de l'étude dont on va parler aujourd'hui à reformuler la question initiale de France Deval, qui était, je la rappelle, Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l'intelligence des animaux ? par la question suivante, Sommes-nous assez intelligents pour nous rappeler de l'intelligence des animaux ? Les chercheurs vont s'intéresser à notre mémoire. Plutôt que de se demander si nos perceptions des animaux sont exactes par rapport à une vérité ultime, les chercheurs ont voulu savoir Est-ce qu'on se souvient correctement des preuves qui nous sont fournies ? Et pourquoi certaines informations restent gravées dans notre mémoire, tandis que d'autres disparaissent ou sont déformées ? Prenons un exemple. Je vous présente Julien, 30 ans, français, qui n'a jamais vu d'éléphant, qui n'est pas passionné plus que ça par les animaux, voilà, il ne va pas regarder de reportages animaliers, c'est pas son truc. Si je lui demande Dis donc Julien, est-ce que tu penses que les éléphants peuvent se reconnaître dans un miroir ? il est fort probable qu'il me réponde Non Et pourtant, des études ont bien montré que les éléphants avaient cette capacité. Maintenant, imaginons plutôt que Julien participe à une étude scientifique de psychologie Pendant celle-ci, on lui explique, entre autres, que des études scientifiques ont prouvé que les éléphants se reconnaissent dans le miroir. À l'issue de l'expérience, on va tester ses connaissances. Si dans ses réponses, on s'aperçoit qu'il nie le fait que les éléphants puissent se reconnaître dans un miroir, bon, soit c'est qu'il est de mauvaise foi ou qu'il ment, mais la recherche a quelques subterfuges pour démasquer ce genre d'élément, ou bien plutôt, ça veut dire que son erreur reflète un biais psychologique lié à sa mémoire. Et c'est exactement à ça que s'intéresse l'étude que je vais développer dans cet épisode. En s'appuyant sur l'aspect psychologique de la mémoire, les chercheurs peuvent explorer comment nos erreurs de rappel, ce qu'on oublie ou ce qu'on déforme, révèlent nos biais psychologiques. Et c'est bien pratique quand le sujet est difficilement certifiable dans l'absolu, comme c'est le cas ici pour l'intelligence animale. Les erreurs de mémoire et leur orientation peuvent indiquer des processus psychologiques qui mènent justement soit à l'anthropomorphisme ou soit au déni de l'esprit de l'animal. Mais alors concrètement, comment savoir si notre mémoire nous joue des tours ? Bon, on ne va pas rentrer ici dans des détails trop techniques, tout le monde voit à peu près ce que c'est la mémoire, c'est la capacité à enregistrer, à conserver et à restituer une expérience, une information, bref, un souvenir. Mais il faut bien se rendre compte que la mémoire, elle est vraiment au cœur de notre vie et de qui nous sommes. La mémoire, c'est littéralement ce qui nous façonne en tant que personne. Dans absolument tout ce que nous réalisons au quotidien, on fait appel à elle. On revisite constamment le passé pour l'inscrire dans le présent et pour le projeter dans le futur. Dans les travaux scientifiques en psychologie, à partir des années 60, on commence vraiment à s'intéresser à la mémoire, et des chercheurs vont conduire tout un tas de tests pour essayer de comprendre ce qui fait qu'on va retenir ou non des informations. Et puis, dans les années 70, on s'intéresse à ce qui peut influencer nos performances mnésiques, c'est-à-dire l'efficacité de notre mémoire. Aujourd'hui, on sait que la mémorisation, elle dépend d'un mix de facteurs, aussi bien d'un point de vue individuel, par exemple notre niveau de fatigue, de stress, notre état émotionnel. Et d'un point de vue aussi plus contextuel, du contexte dans lequel on évolue, du bruit ambiant par exemple, de la qualité de nos relations, des événements de la vie que nous sommes en train de traverser, ou bien encore de notre environnement. Tout ça, ça va jouer sur notre mémoire. Il existe plusieurs types de mémoire, à plus ou moins long terme, et nous on va s'intéresser aujourd'hui à la mémoire à long terme, c'est-à-dire celle qui nous fait retenir quelque chose au-delà de 90 secondes, et qui peut même rester toute notre vie. Alors cette mémoire, elle va s'organiser à travers une succession de trois processus que sont l'encodage, le stockage et le rappel. L'encodage, c'est la phase qui correspond à l'apprentissage. Mais pour retenir quelque chose, il faut déjà y prêter attention. Donc l'encodage, c'est la manière dont on va traiter l'information qui nous arrive. Est-ce qu'elle appartient à des plus grandes connaissances que j'ai déjà, par exemple ? Après l'encodage, on a le stockage. Donc l'information, une fois encodée, on doit la ranger quelque part. Votre cerveau l'organise, il la consolide et hop ! elle atterrit sur un de vos disques durs internes. Elle est là, quelque part en vous. Et une fois que cette information est stockée, c'est bien, mais encore faut-il être capable de la ressortir. C'est à ce moment-là que vous allez fouiller dans vos souvenirs pour ramener quelque chose à la conscience. C'est ce qu'on appelle tout simplement le rappel. Comme je l'ai évoqué tout à l'heure, il ne faut pas s'y méprendre, la mémoire ne fonctionne pas comme une clé USB où tout serait enregistré tel quel. Elle est vivante, elle est malléable et parfois capricieuse. Elle reconstruit nos souvenirs, elle les interprète, elle les distord. Et allez regarder ça, pour les chercheurs, c'est vraiment une mine d'or. En plus, les distorsions de souvenirs, c'est pas aléatoire. Parfois, ça peut servir à des besoins sociaux ou moraux pour nous aider à mieux vivre avec nous-mêmes, ou pour nous aider à digérer notre passé. Par exemple, il y a des travaux en psycho qui ont montré que si on vous donne une liste de vos qualités et de vos défauts, vous allez vous souvenir plus facilement des qualités. Ben oui, je suis géniale, pourquoi retenir autre chose ? Bon, c'est un biais, mais plutôt un biais sympa. Alors, attendez. Tac, tac, tac. L'intelligence des animaux, on a vu. L'anthropomorphisme, c'est bon. Le déni d'esprit, on en a parlé. Pourquoi c'est important d'étudier ça ? C'est fait. Et après, toute la partie sur la mémoire, les biais, tout ça, c'est bon. OK. Bon, allez, je crois qu'on est au point. On peut rentrer dans le vif du sujet. Alors, si vous êtes prêts, je vous invite à me rejoindre dans la deuxième partie pour découvrir comment notre mémoire manipule et... transforme nos souvenirs à l'égard des animaux. Et pour ça, on part direction l'Angleterre. See you there !