[EXTRAIT] - "Quand j’ai porté le voile, je suis passée de femme blanche à non blanche" avec Myriam Francois -  journaliste et chercheuse cover
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HeyA

[EXTRAIT] - "Quand j’ai porté le voile, je suis passée de femme blanche à non blanche" avec Myriam Francois - journaliste et chercheuse

[EXTRAIT] - "Quand j’ai porté le voile, je suis passée de femme blanche à non blanche" avec Myriam Francois - journaliste et chercheuse

07min |31/03/2025
Play
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07min |31/03/2025
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Description

Aujourd’hui, je partage avec vous un extrait de ma conversation à venir avec Myriam François.


Journaliste, Myriam a travaillé pour de prestigieux médias tels que la BBC, The Guardian ou Al Jazeera. Elle est aussi chercheuse et réalisatrice de documentaires.

Elle a un parcours académique impressionnant dont un doctorat de l’université d'Oxford portant sur la société postcoloniale et les mouvements anticoloniaux.                                                                                            


Myriam s’est imposée dans les médias Anglo saxons comme une figure incontournable du dialogue interculturel et de la réflexion sur les dynamiques sociopolitiques qui façonnent notre monde.

 

Dans cet épisode, nous avons discuté:

  • de la différence de traitement du sujet de la diversité entre la France et le UK

  • de la définition de la blanchité

  • de racisme anti-blanc

  • de la responsabilité légale de certains médias occidentaux pour leur contribution dans le g*n*cide à Gaza,

  • mais aussi de religion et de la place de l’Islam en France.

 

Rendez-vous demain pour l’intégralité de l’épisode !   


---------------------------------------------------------

Pour suivre Myraim

Instagram : @myzfrancois

Pour suivre Heya 

Instagram: @heya_podcast


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Heya, le podcast qui retrace le parcours inspirant de femmes de culture arabe et amazigh. Je vous laisse découvrir un extrait de la conversation que vous pourrez rejoindre dès demain sur Heya.

  • Speaker #1

    Vu que j'ai porté moi-même le hijab pendant plus de dix ans, je l'ai porté en France. Je me suis fait cracher dessus, je me suis fait jarter de restaurant, de café. Je me suis fait insulter de tous les noms. C'est bon. Et quand je dis de tous les noms, c'est-à-dire de toutes les insultes racisées. C'est-à-dire que moi, quand j'ai porté le hijab, je suis passée de blanche à non blanche, aux yeux des blancs. C'est hyper intéressant. Ah oui, du coup, je suis passée de l'autre côté. Donc, j'ai bien vu ce que c'était. Je me faisais suivre dans des magasins de luxe. Je me faisais interroger. Je me souviens, une fois, je me suis fait arrêter dans le métro à Londres par un flic qui me dit « Est-ce que vous parlez anglais ? » Donc voilà, tout ça pour dire que j'ai une expérience, évidemment, de la vie qui fait que j'ai eu aussi des périodes où j'ai été appelée toutes sortes de, je ne vais pas les répéter, mais des insultes racistes. Je me prenais des insultes racistes. C'est fou. Et du coup, j'ai un peu honte de dire, mais j'ai vu ce que d'autres me disaient depuis longtemps.

  • Speaker #0

    Tu l'as vécu.

  • Speaker #1

    Je l'ai vécu, mais je n'aurais jamais dû avoir à le vivre. pour croire ce que les gens m'avaient dit. Et je pense que je n'avais pas forcément besoin de le vivre pour y croire, mais je pense qu'en le vivant, ça m'a donné une autre perception quand même des faits. Et aussi, ce qui s'est passé, c'est qu'une fois que je suis « repassée » de l'autre côté, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, je ne porte plus le réjab, je suis passée du coup de nouveau dans le camp des Blancs. Et ce n'est pas mon camp. Alors, je dis ça en rigolant, mais ce que je veux dire, c'est que je suis repassée dans une optique où, par exemple, je me retrouve maintenant dans des cercles où les gens s'expriment ouvertement sur des questions de race en se disant « On est entre blancs, c'est bon, on peut parler tranquillement. » Et moi, « Salut les cocos, ça va ? Ouais, ça se passe ? » Parce que non, non, pour le coup, ça se passe très mal. Et ça, ça m'arrive assez régulièrement. Et ça m'arrive encore assez régulièrement jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, je pense que j'utilise plus l'humour dans ces contextes-là. J'essaye d'en faire une force, le fait que je peux entendre des gens avoir des propos extrêmement islamophobes dans certains contextes. Par exemple, dans une boîte de nuit, dans un bar, dans une fête, dans une soirée, dans un grand événement, soi-disant pour célébrer. La diversité, dans tous les contextes. Et c'est avec grande fierté que je me lève dans ces contextes-là pour mettre les pendules à l'heure. Pour mettre les pendules à l'heure. Parce que maintenant, je dis, moi, je suis en mode, comment on appelle ça ? Covert, en anglais.

  • Speaker #0

    Cheval de Troyes.

  • Speaker #1

    Voilà. Je suis en mode covert. Donc, personne ne sait jusqu'au moment où je lève la voix. Et là, je deviens encore plus problématique. Parce que maintenant, au moins, les autres, on les voyait venir. Oui,

  • Speaker #0

    et on pouvait se préparer. Toi, tu les prends un peu...

  • Speaker #1

    Et bien là, pour le coup, non. Maintenant, tu vas sentir vraiment la violence, la colère de la blanchité. On va en venir à la définition. Parce que pour moi, la blanchité, elle est en relation avec la couleur de peau, dans le sens où, évidemment, il y a la construction d'une perception philosophique, pseudo-scientifique, pseudo-historique. qui justifierait une vision de l'homme selon laquelle l'homme blanc représenterait la version la plus avancée, la plus développée. C'est une vision suprémaciste de l'homme blanc, et c'est surtout de l'homme, mais les femmes blanches en bénéficient. Et donc la blanchité, c'est toutes les structures qui participent à soutenir et à perpétuer cette perception de la personne blanche comme étant supérieure. Et alors évidemment, si tu dis ça à n'importe quelle personne blanche aujourd'hui, ils vont te dire ben non, oui exact. Exact. Et en fait le problème c'est que tellement on a insisté sur l'idée que racisme mauvais, alors oui racisme mauvais, mais l'idée c'était pas non plus de juste dire ok racisme mauvais maintenant que je l'ai dit à voix haute, racisme terminé. c'était de reconnaître à quel point je continue à participer dans mon quotidien, dans tous les actes auxquels je participe dans ma vie.

  • Speaker #0

    Ou mon silence.

  • Speaker #1

    Ou mon silence, absolument, qui soutiennent cette structure. Et du coup, pour moi, la blanchité, c'est une structure à laquelle peuvent participer et participent essentiellement les blancs, mais pas uniquement. Il y a des gens de couleur qui participent absolument à soutenir la blanchité. On en a beaucoup au gouvernement. Je veux dire, moi, quand je vois Linda, la représentatrice des États-Unis à l'ONU... lever la main contre le cessez-le-feu à plusieurs reprises, je vois la blanchité. Je sais que c'est une femme noire, mais ça, c'est la blanchité. C'est l'idée que les États-Unis n'ont pas d'obligation à respecter même les préceptes qu'eux auraient établis comme étant des obligations internationales, parce que ce sont eux, parce que c'est les États-Unis, parce qu'on est les Occidentaux et on fait ce qu'on veut. Il n'y a que les sous-hommes qui doivent suivre la lettre de la loi. Et donc, cette arrogance, cette attitude de « on est au-dessus d'eux » , « on n'a pas besoin de se plier à » , le consensus des pays du Sud global « rien à battre » , ça, ça s'appelle la blanchité à l'échelle internationale. Et au quotidien, la blanchité, c'est plein de choses, mais ça peut être... dans une structure quelconque, au travail, à l'école, dans le métro, dans la rue. Alors ce qui est hyper intéressant, c'est que la blanchité, c'est une structure absolument adaptable et qui s'adapte constamment. Et l'adaptation actuelle, c'est une adaptation qui dit qu'il y a un consensus officiel que le racisme est mauvais, donc il ne faut pas être raciste, on le sait. Officiellement, il ne faut pas être raciste. Du coup... On va mettre en avant des personnes de couleur, comme ça on ne peut pas être accusé d'être raciste, mais en même temps, on va perpétuer exactement les mêmes structures qui sont au désavantage majoritairement des personnes de couleur.

  • Speaker #0

    Cet extrait vous a plu ? Pensez à vous abonner au podcast sur votre plateforme d'écoute et activez la cloche pour être prévenu dès que l'épisode est en ligne. Si vous voulez soutenir le podcast, n'hésitez pas à laisser un commentaire ou une petite note sur la plateforme de votre choix. Je vous remercie infiniment et à très bientôt sur HEA.

Description

Aujourd’hui, je partage avec vous un extrait de ma conversation à venir avec Myriam François.


Journaliste, Myriam a travaillé pour de prestigieux médias tels que la BBC, The Guardian ou Al Jazeera. Elle est aussi chercheuse et réalisatrice de documentaires.

Elle a un parcours académique impressionnant dont un doctorat de l’université d'Oxford portant sur la société postcoloniale et les mouvements anticoloniaux.                                                                                            


Myriam s’est imposée dans les médias Anglo saxons comme une figure incontournable du dialogue interculturel et de la réflexion sur les dynamiques sociopolitiques qui façonnent notre monde.

 

Dans cet épisode, nous avons discuté:

  • de la différence de traitement du sujet de la diversité entre la France et le UK

  • de la définition de la blanchité

  • de racisme anti-blanc

  • de la responsabilité légale de certains médias occidentaux pour leur contribution dans le g*n*cide à Gaza,

  • mais aussi de religion et de la place de l’Islam en France.

 

Rendez-vous demain pour l’intégralité de l’épisode !   


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  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Heya, le podcast qui retrace le parcours inspirant de femmes de culture arabe et amazigh. Je vous laisse découvrir un extrait de la conversation que vous pourrez rejoindre dès demain sur Heya.

  • Speaker #1

    Vu que j'ai porté moi-même le hijab pendant plus de dix ans, je l'ai porté en France. Je me suis fait cracher dessus, je me suis fait jarter de restaurant, de café. Je me suis fait insulter de tous les noms. C'est bon. Et quand je dis de tous les noms, c'est-à-dire de toutes les insultes racisées. C'est-à-dire que moi, quand j'ai porté le hijab, je suis passée de blanche à non blanche, aux yeux des blancs. C'est hyper intéressant. Ah oui, du coup, je suis passée de l'autre côté. Donc, j'ai bien vu ce que c'était. Je me faisais suivre dans des magasins de luxe. Je me faisais interroger. Je me souviens, une fois, je me suis fait arrêter dans le métro à Londres par un flic qui me dit « Est-ce que vous parlez anglais ? » Donc voilà, tout ça pour dire que j'ai une expérience, évidemment, de la vie qui fait que j'ai eu aussi des périodes où j'ai été appelée toutes sortes de, je ne vais pas les répéter, mais des insultes racistes. Je me prenais des insultes racistes. C'est fou. Et du coup, j'ai un peu honte de dire, mais j'ai vu ce que d'autres me disaient depuis longtemps.

  • Speaker #0

    Tu l'as vécu.

  • Speaker #1

    Je l'ai vécu, mais je n'aurais jamais dû avoir à le vivre. pour croire ce que les gens m'avaient dit. Et je pense que je n'avais pas forcément besoin de le vivre pour y croire, mais je pense qu'en le vivant, ça m'a donné une autre perception quand même des faits. Et aussi, ce qui s'est passé, c'est qu'une fois que je suis « repassée » de l'autre côté, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, je ne porte plus le réjab, je suis passée du coup de nouveau dans le camp des Blancs. Et ce n'est pas mon camp. Alors, je dis ça en rigolant, mais ce que je veux dire, c'est que je suis repassée dans une optique où, par exemple, je me retrouve maintenant dans des cercles où les gens s'expriment ouvertement sur des questions de race en se disant « On est entre blancs, c'est bon, on peut parler tranquillement. » Et moi, « Salut les cocos, ça va ? Ouais, ça se passe ? » Parce que non, non, pour le coup, ça se passe très mal. Et ça, ça m'arrive assez régulièrement. Et ça m'arrive encore assez régulièrement jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, je pense que j'utilise plus l'humour dans ces contextes-là. J'essaye d'en faire une force, le fait que je peux entendre des gens avoir des propos extrêmement islamophobes dans certains contextes. Par exemple, dans une boîte de nuit, dans un bar, dans une fête, dans une soirée, dans un grand événement, soi-disant pour célébrer. La diversité, dans tous les contextes. Et c'est avec grande fierté que je me lève dans ces contextes-là pour mettre les pendules à l'heure. Pour mettre les pendules à l'heure. Parce que maintenant, je dis, moi, je suis en mode, comment on appelle ça ? Covert, en anglais.

  • Speaker #0

    Cheval de Troyes.

  • Speaker #1

    Voilà. Je suis en mode covert. Donc, personne ne sait jusqu'au moment où je lève la voix. Et là, je deviens encore plus problématique. Parce que maintenant, au moins, les autres, on les voyait venir. Oui,

  • Speaker #0

    et on pouvait se préparer. Toi, tu les prends un peu...

  • Speaker #1

    Et bien là, pour le coup, non. Maintenant, tu vas sentir vraiment la violence, la colère de la blanchité. On va en venir à la définition. Parce que pour moi, la blanchité, elle est en relation avec la couleur de peau, dans le sens où, évidemment, il y a la construction d'une perception philosophique, pseudo-scientifique, pseudo-historique. qui justifierait une vision de l'homme selon laquelle l'homme blanc représenterait la version la plus avancée, la plus développée. C'est une vision suprémaciste de l'homme blanc, et c'est surtout de l'homme, mais les femmes blanches en bénéficient. Et donc la blanchité, c'est toutes les structures qui participent à soutenir et à perpétuer cette perception de la personne blanche comme étant supérieure. Et alors évidemment, si tu dis ça à n'importe quelle personne blanche aujourd'hui, ils vont te dire ben non, oui exact. Exact. Et en fait le problème c'est que tellement on a insisté sur l'idée que racisme mauvais, alors oui racisme mauvais, mais l'idée c'était pas non plus de juste dire ok racisme mauvais maintenant que je l'ai dit à voix haute, racisme terminé. c'était de reconnaître à quel point je continue à participer dans mon quotidien, dans tous les actes auxquels je participe dans ma vie.

  • Speaker #0

    Ou mon silence.

  • Speaker #1

    Ou mon silence, absolument, qui soutiennent cette structure. Et du coup, pour moi, la blanchité, c'est une structure à laquelle peuvent participer et participent essentiellement les blancs, mais pas uniquement. Il y a des gens de couleur qui participent absolument à soutenir la blanchité. On en a beaucoup au gouvernement. Je veux dire, moi, quand je vois Linda, la représentatrice des États-Unis à l'ONU... lever la main contre le cessez-le-feu à plusieurs reprises, je vois la blanchité. Je sais que c'est une femme noire, mais ça, c'est la blanchité. C'est l'idée que les États-Unis n'ont pas d'obligation à respecter même les préceptes qu'eux auraient établis comme étant des obligations internationales, parce que ce sont eux, parce que c'est les États-Unis, parce qu'on est les Occidentaux et on fait ce qu'on veut. Il n'y a que les sous-hommes qui doivent suivre la lettre de la loi. Et donc, cette arrogance, cette attitude de « on est au-dessus d'eux » , « on n'a pas besoin de se plier à » , le consensus des pays du Sud global « rien à battre » , ça, ça s'appelle la blanchité à l'échelle internationale. Et au quotidien, la blanchité, c'est plein de choses, mais ça peut être... dans une structure quelconque, au travail, à l'école, dans le métro, dans la rue. Alors ce qui est hyper intéressant, c'est que la blanchité, c'est une structure absolument adaptable et qui s'adapte constamment. Et l'adaptation actuelle, c'est une adaptation qui dit qu'il y a un consensus officiel que le racisme est mauvais, donc il ne faut pas être raciste, on le sait. Officiellement, il ne faut pas être raciste. Du coup... On va mettre en avant des personnes de couleur, comme ça on ne peut pas être accusé d'être raciste, mais en même temps, on va perpétuer exactement les mêmes structures qui sont au désavantage majoritairement des personnes de couleur.

  • Speaker #0

    Cet extrait vous a plu ? Pensez à vous abonner au podcast sur votre plateforme d'écoute et activez la cloche pour être prévenu dès que l'épisode est en ligne. Si vous voulez soutenir le podcast, n'hésitez pas à laisser un commentaire ou une petite note sur la plateforme de votre choix. Je vous remercie infiniment et à très bientôt sur HEA.

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Journaliste, Myriam a travaillé pour de prestigieux médias tels que la BBC, The Guardian ou Al Jazeera. Elle est aussi chercheuse et réalisatrice de documentaires.

Elle a un parcours académique impressionnant dont un doctorat de l’université d'Oxford portant sur la société postcoloniale et les mouvements anticoloniaux.                                                                                            


Myriam s’est imposée dans les médias Anglo saxons comme une figure incontournable du dialogue interculturel et de la réflexion sur les dynamiques sociopolitiques qui façonnent notre monde.

 

Dans cet épisode, nous avons discuté:

  • de la différence de traitement du sujet de la diversité entre la France et le UK

  • de la définition de la blanchité

  • de racisme anti-blanc

  • de la responsabilité légale de certains médias occidentaux pour leur contribution dans le g*n*cide à Gaza,

  • mais aussi de religion et de la place de l’Islam en France.

 

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  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Heya, le podcast qui retrace le parcours inspirant de femmes de culture arabe et amazigh. Je vous laisse découvrir un extrait de la conversation que vous pourrez rejoindre dès demain sur Heya.

  • Speaker #1

    Vu que j'ai porté moi-même le hijab pendant plus de dix ans, je l'ai porté en France. Je me suis fait cracher dessus, je me suis fait jarter de restaurant, de café. Je me suis fait insulter de tous les noms. C'est bon. Et quand je dis de tous les noms, c'est-à-dire de toutes les insultes racisées. C'est-à-dire que moi, quand j'ai porté le hijab, je suis passée de blanche à non blanche, aux yeux des blancs. C'est hyper intéressant. Ah oui, du coup, je suis passée de l'autre côté. Donc, j'ai bien vu ce que c'était. Je me faisais suivre dans des magasins de luxe. Je me faisais interroger. Je me souviens, une fois, je me suis fait arrêter dans le métro à Londres par un flic qui me dit « Est-ce que vous parlez anglais ? » Donc voilà, tout ça pour dire que j'ai une expérience, évidemment, de la vie qui fait que j'ai eu aussi des périodes où j'ai été appelée toutes sortes de, je ne vais pas les répéter, mais des insultes racistes. Je me prenais des insultes racistes. C'est fou. Et du coup, j'ai un peu honte de dire, mais j'ai vu ce que d'autres me disaient depuis longtemps.

  • Speaker #0

    Tu l'as vécu.

  • Speaker #1

    Je l'ai vécu, mais je n'aurais jamais dû avoir à le vivre. pour croire ce que les gens m'avaient dit. Et je pense que je n'avais pas forcément besoin de le vivre pour y croire, mais je pense qu'en le vivant, ça m'a donné une autre perception quand même des faits. Et aussi, ce qui s'est passé, c'est qu'une fois que je suis « repassée » de l'autre côté, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, je ne porte plus le réjab, je suis passée du coup de nouveau dans le camp des Blancs. Et ce n'est pas mon camp. Alors, je dis ça en rigolant, mais ce que je veux dire, c'est que je suis repassée dans une optique où, par exemple, je me retrouve maintenant dans des cercles où les gens s'expriment ouvertement sur des questions de race en se disant « On est entre blancs, c'est bon, on peut parler tranquillement. » Et moi, « Salut les cocos, ça va ? Ouais, ça se passe ? » Parce que non, non, pour le coup, ça se passe très mal. Et ça, ça m'arrive assez régulièrement. Et ça m'arrive encore assez régulièrement jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, je pense que j'utilise plus l'humour dans ces contextes-là. J'essaye d'en faire une force, le fait que je peux entendre des gens avoir des propos extrêmement islamophobes dans certains contextes. Par exemple, dans une boîte de nuit, dans un bar, dans une fête, dans une soirée, dans un grand événement, soi-disant pour célébrer. La diversité, dans tous les contextes. Et c'est avec grande fierté que je me lève dans ces contextes-là pour mettre les pendules à l'heure. Pour mettre les pendules à l'heure. Parce que maintenant, je dis, moi, je suis en mode, comment on appelle ça ? Covert, en anglais.

  • Speaker #0

    Cheval de Troyes.

  • Speaker #1

    Voilà. Je suis en mode covert. Donc, personne ne sait jusqu'au moment où je lève la voix. Et là, je deviens encore plus problématique. Parce que maintenant, au moins, les autres, on les voyait venir. Oui,

  • Speaker #0

    et on pouvait se préparer. Toi, tu les prends un peu...

  • Speaker #1

    Et bien là, pour le coup, non. Maintenant, tu vas sentir vraiment la violence, la colère de la blanchité. On va en venir à la définition. Parce que pour moi, la blanchité, elle est en relation avec la couleur de peau, dans le sens où, évidemment, il y a la construction d'une perception philosophique, pseudo-scientifique, pseudo-historique. qui justifierait une vision de l'homme selon laquelle l'homme blanc représenterait la version la plus avancée, la plus développée. C'est une vision suprémaciste de l'homme blanc, et c'est surtout de l'homme, mais les femmes blanches en bénéficient. Et donc la blanchité, c'est toutes les structures qui participent à soutenir et à perpétuer cette perception de la personne blanche comme étant supérieure. Et alors évidemment, si tu dis ça à n'importe quelle personne blanche aujourd'hui, ils vont te dire ben non, oui exact. Exact. Et en fait le problème c'est que tellement on a insisté sur l'idée que racisme mauvais, alors oui racisme mauvais, mais l'idée c'était pas non plus de juste dire ok racisme mauvais maintenant que je l'ai dit à voix haute, racisme terminé. c'était de reconnaître à quel point je continue à participer dans mon quotidien, dans tous les actes auxquels je participe dans ma vie.

  • Speaker #0

    Ou mon silence.

  • Speaker #1

    Ou mon silence, absolument, qui soutiennent cette structure. Et du coup, pour moi, la blanchité, c'est une structure à laquelle peuvent participer et participent essentiellement les blancs, mais pas uniquement. Il y a des gens de couleur qui participent absolument à soutenir la blanchité. On en a beaucoup au gouvernement. Je veux dire, moi, quand je vois Linda, la représentatrice des États-Unis à l'ONU... lever la main contre le cessez-le-feu à plusieurs reprises, je vois la blanchité. Je sais que c'est une femme noire, mais ça, c'est la blanchité. C'est l'idée que les États-Unis n'ont pas d'obligation à respecter même les préceptes qu'eux auraient établis comme étant des obligations internationales, parce que ce sont eux, parce que c'est les États-Unis, parce qu'on est les Occidentaux et on fait ce qu'on veut. Il n'y a que les sous-hommes qui doivent suivre la lettre de la loi. Et donc, cette arrogance, cette attitude de « on est au-dessus d'eux » , « on n'a pas besoin de se plier à » , le consensus des pays du Sud global « rien à battre » , ça, ça s'appelle la blanchité à l'échelle internationale. Et au quotidien, la blanchité, c'est plein de choses, mais ça peut être... dans une structure quelconque, au travail, à l'école, dans le métro, dans la rue. Alors ce qui est hyper intéressant, c'est que la blanchité, c'est une structure absolument adaptable et qui s'adapte constamment. Et l'adaptation actuelle, c'est une adaptation qui dit qu'il y a un consensus officiel que le racisme est mauvais, donc il ne faut pas être raciste, on le sait. Officiellement, il ne faut pas être raciste. Du coup... On va mettre en avant des personnes de couleur, comme ça on ne peut pas être accusé d'être raciste, mais en même temps, on va perpétuer exactement les mêmes structures qui sont au désavantage majoritairement des personnes de couleur.

  • Speaker #0

    Cet extrait vous a plu ? Pensez à vous abonner au podcast sur votre plateforme d'écoute et activez la cloche pour être prévenu dès que l'épisode est en ligne. Si vous voulez soutenir le podcast, n'hésitez pas à laisser un commentaire ou une petite note sur la plateforme de votre choix. Je vous remercie infiniment et à très bientôt sur HEA.

Description

Aujourd’hui, je partage avec vous un extrait de ma conversation à venir avec Myriam François.


Journaliste, Myriam a travaillé pour de prestigieux médias tels que la BBC, The Guardian ou Al Jazeera. Elle est aussi chercheuse et réalisatrice de documentaires.

Elle a un parcours académique impressionnant dont un doctorat de l’université d'Oxford portant sur la société postcoloniale et les mouvements anticoloniaux.                                                                                            


Myriam s’est imposée dans les médias Anglo saxons comme une figure incontournable du dialogue interculturel et de la réflexion sur les dynamiques sociopolitiques qui façonnent notre monde.

 

Dans cet épisode, nous avons discuté:

  • de la différence de traitement du sujet de la diversité entre la France et le UK

  • de la définition de la blanchité

  • de racisme anti-blanc

  • de la responsabilité légale de certains médias occidentaux pour leur contribution dans le g*n*cide à Gaza,

  • mais aussi de religion et de la place de l’Islam en France.

 

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  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Heya, le podcast qui retrace le parcours inspirant de femmes de culture arabe et amazigh. Je vous laisse découvrir un extrait de la conversation que vous pourrez rejoindre dès demain sur Heya.

  • Speaker #1

    Vu que j'ai porté moi-même le hijab pendant plus de dix ans, je l'ai porté en France. Je me suis fait cracher dessus, je me suis fait jarter de restaurant, de café. Je me suis fait insulter de tous les noms. C'est bon. Et quand je dis de tous les noms, c'est-à-dire de toutes les insultes racisées. C'est-à-dire que moi, quand j'ai porté le hijab, je suis passée de blanche à non blanche, aux yeux des blancs. C'est hyper intéressant. Ah oui, du coup, je suis passée de l'autre côté. Donc, j'ai bien vu ce que c'était. Je me faisais suivre dans des magasins de luxe. Je me faisais interroger. Je me souviens, une fois, je me suis fait arrêter dans le métro à Londres par un flic qui me dit « Est-ce que vous parlez anglais ? » Donc voilà, tout ça pour dire que j'ai une expérience, évidemment, de la vie qui fait que j'ai eu aussi des périodes où j'ai été appelée toutes sortes de, je ne vais pas les répéter, mais des insultes racistes. Je me prenais des insultes racistes. C'est fou. Et du coup, j'ai un peu honte de dire, mais j'ai vu ce que d'autres me disaient depuis longtemps.

  • Speaker #0

    Tu l'as vécu.

  • Speaker #1

    Je l'ai vécu, mais je n'aurais jamais dû avoir à le vivre. pour croire ce que les gens m'avaient dit. Et je pense que je n'avais pas forcément besoin de le vivre pour y croire, mais je pense qu'en le vivant, ça m'a donné une autre perception quand même des faits. Et aussi, ce qui s'est passé, c'est qu'une fois que je suis « repassée » de l'autre côté, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, je ne porte plus le réjab, je suis passée du coup de nouveau dans le camp des Blancs. Et ce n'est pas mon camp. Alors, je dis ça en rigolant, mais ce que je veux dire, c'est que je suis repassée dans une optique où, par exemple, je me retrouve maintenant dans des cercles où les gens s'expriment ouvertement sur des questions de race en se disant « On est entre blancs, c'est bon, on peut parler tranquillement. » Et moi, « Salut les cocos, ça va ? Ouais, ça se passe ? » Parce que non, non, pour le coup, ça se passe très mal. Et ça, ça m'arrive assez régulièrement. Et ça m'arrive encore assez régulièrement jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, je pense que j'utilise plus l'humour dans ces contextes-là. J'essaye d'en faire une force, le fait que je peux entendre des gens avoir des propos extrêmement islamophobes dans certains contextes. Par exemple, dans une boîte de nuit, dans un bar, dans une fête, dans une soirée, dans un grand événement, soi-disant pour célébrer. La diversité, dans tous les contextes. Et c'est avec grande fierté que je me lève dans ces contextes-là pour mettre les pendules à l'heure. Pour mettre les pendules à l'heure. Parce que maintenant, je dis, moi, je suis en mode, comment on appelle ça ? Covert, en anglais.

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    Cheval de Troyes.

  • Speaker #1

    Voilà. Je suis en mode covert. Donc, personne ne sait jusqu'au moment où je lève la voix. Et là, je deviens encore plus problématique. Parce que maintenant, au moins, les autres, on les voyait venir. Oui,

  • Speaker #0

    et on pouvait se préparer. Toi, tu les prends un peu...

  • Speaker #1

    Et bien là, pour le coup, non. Maintenant, tu vas sentir vraiment la violence, la colère de la blanchité. On va en venir à la définition. Parce que pour moi, la blanchité, elle est en relation avec la couleur de peau, dans le sens où, évidemment, il y a la construction d'une perception philosophique, pseudo-scientifique, pseudo-historique. qui justifierait une vision de l'homme selon laquelle l'homme blanc représenterait la version la plus avancée, la plus développée. C'est une vision suprémaciste de l'homme blanc, et c'est surtout de l'homme, mais les femmes blanches en bénéficient. Et donc la blanchité, c'est toutes les structures qui participent à soutenir et à perpétuer cette perception de la personne blanche comme étant supérieure. Et alors évidemment, si tu dis ça à n'importe quelle personne blanche aujourd'hui, ils vont te dire ben non, oui exact. Exact. Et en fait le problème c'est que tellement on a insisté sur l'idée que racisme mauvais, alors oui racisme mauvais, mais l'idée c'était pas non plus de juste dire ok racisme mauvais maintenant que je l'ai dit à voix haute, racisme terminé. c'était de reconnaître à quel point je continue à participer dans mon quotidien, dans tous les actes auxquels je participe dans ma vie.

  • Speaker #0

    Ou mon silence.

  • Speaker #1

    Ou mon silence, absolument, qui soutiennent cette structure. Et du coup, pour moi, la blanchité, c'est une structure à laquelle peuvent participer et participent essentiellement les blancs, mais pas uniquement. Il y a des gens de couleur qui participent absolument à soutenir la blanchité. On en a beaucoup au gouvernement. Je veux dire, moi, quand je vois Linda, la représentatrice des États-Unis à l'ONU... lever la main contre le cessez-le-feu à plusieurs reprises, je vois la blanchité. Je sais que c'est une femme noire, mais ça, c'est la blanchité. C'est l'idée que les États-Unis n'ont pas d'obligation à respecter même les préceptes qu'eux auraient établis comme étant des obligations internationales, parce que ce sont eux, parce que c'est les États-Unis, parce qu'on est les Occidentaux et on fait ce qu'on veut. Il n'y a que les sous-hommes qui doivent suivre la lettre de la loi. Et donc, cette arrogance, cette attitude de « on est au-dessus d'eux » , « on n'a pas besoin de se plier à » , le consensus des pays du Sud global « rien à battre » , ça, ça s'appelle la blanchité à l'échelle internationale. Et au quotidien, la blanchité, c'est plein de choses, mais ça peut être... dans une structure quelconque, au travail, à l'école, dans le métro, dans la rue. Alors ce qui est hyper intéressant, c'est que la blanchité, c'est une structure absolument adaptable et qui s'adapte constamment. Et l'adaptation actuelle, c'est une adaptation qui dit qu'il y a un consensus officiel que le racisme est mauvais, donc il ne faut pas être raciste, on le sait. Officiellement, il ne faut pas être raciste. Du coup... On va mettre en avant des personnes de couleur, comme ça on ne peut pas être accusé d'être raciste, mais en même temps, on va perpétuer exactement les mêmes structures qui sont au désavantage majoritairement des personnes de couleur.

  • Speaker #0

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