- Speaker #0
Histoire sans frontières, le podcast des frontaliers francophones au Luxembourg.
- Lisa
Moi c'est Lisa, et en fait actuellement je suis en dernière année de master développement durable. Oui donc mon parcours originellement je l'ai commencé à Créteil en France, à l'université Paris-Est Créteil. Et en fait pour ma dernière année j'ai dû réaliser deux stages, un de trois mois et un de six mois. Et par hasard, un ami m'a parlé du Luxembourg. Il m'a dit que je pourrais peut-être trouver une opportunité là-bas. Et par hasard, j'ai envoyé des candidatures spontanées. Ce qui fait que j'ai trouvé mon premier stage au Kirchberg, à E.O. et Sherman. Et ça a été une expérience vraiment hyper positive. Surtout si on parle en termes de diversité, par exemple. C'est vrai que c'était une entreprise assez internationale où je me suis tout de suite sentie... avec un peu de surprises intégrées.
- Anne Franziskus
Tu traverses la frontière depuis des années et pourtant le Luxembourg te réserve encore des surprises ou peut-être que tu y réfléchis. Travaillez là-bas, mais comment ça marche vraiment ? Alors ce podcast est fait pour toi. Dans chaque épisode de Histoire sans frontières, Nous allons explorer un autre aspect du monde du travail et de la vie quotidienne au Luxembourg, spécialement sous l'angle des frontaliers. Pour cela, nous interrogeons des experts, mais aussi des frontaliers comme toi, avec vos retours d'expérience et vos conseils. Mon nom est Anne-Francis Cous et je suis la coordinatrice du Biège à Pacte, un programme pour le vivre-ensemble interculturel du ministère de la Famille, des Solidarités, du vivre-ensemble et de l'accueil du Luxembourg. Bonjour tout le monde et bienvenue au premier épisode d'Histoire sans frontières, notre podcast pour les frontaliers au Luxembourg. Me voilà très heureuse de commencer enfin notre voyage à travers ce monde du travail et la vie quotidienne au Luxembourg. Alors, dans ce premier épisode, je vais vous déchiffrer les essentiels du marché de travail au Luxembourg. Ce qu'il faut savoir quand on commence son premier contrat de travail au Grand-Duché. Et pour le faire, j'ai la grande chance de pouvoir discuter avec... Martine Mirkes de la Chambre des salariés du Luxembourg. Bonjour Martine.
- Martine Mirkes
Bonjour.
- Anne Franziskus
Alors Martine, est-ce que tu peux peut-être commencer par te présenter et ce que tu fais exactement ?
- Martine Mirkes
Oui, bonjour, je suis Martine Mirkes, je suis juriste de formation, de métier, et actuellement je suis directrice adjointe de la Chambre des salariés du Luxembourg.
- Anne Franziskus
Merci beaucoup. Alors Martine, quand tu penses au marché du travail, expliquez aux frontaliers quels sont les points essentiels qu'il faudrait savoir quand on commence à travailler sur Luxembourg ?
- Martine Mirkes
Alors les points essentiels, il faut se renseigner un petit peu sur les règles applicables en matière de droit du travail, il faut s'informer sur la sécurité sociale, sur sa fiscalité pour bien... savoir ce qui attend la personne quand elle commence à travailler au Luxembourg.
- Anne Franziskus
Est-ce qu'il y a des spécificités du marché du travail et de la loi du travail au Luxembourg qui est peut-être nouvelle quand les frontaliers arrivent au Luxembourg ?
- Martine Mirkes
Il n'y a pas vraiment de spécificités. Il faut comprendre un petit peu comment ça fonctionne. Par exemple, en principe, la rémunération, parce qu'il est évidemment un élément souvent quand même important pour... pour les salariés, donc comprendre que c'est en principe quelque chose qui peut se négocier librement entre les parties au Luxembourg. On ne va pas forcément travailler dans un domaine où il y a déjà une grille de salaire clairement préétablie, mais c'est possible quand même aussi qu'on va s'intéresser à un secteur qui prévoit une convention collective de travail, par exemple, et qui contienne une grille de salaire avec une évolution automatique du salaire. Mais si ce n'est pas le cas... Dans le secteur privé, il faut savoir que selon la loi, on va avoir la seule règle obligatoire du respect du salaire social minimum pour travailleurs qualifiés ou travailleurs non qualifiés en fonction de sa situation. Mais au-delà de ce montant, il va être important pour le salarié de discuter avec son potentiel employeur pour se mettre d'accord sur un niveau de rémunération adéquat, adapté à sa situation et à la situation. en tenant compte du marché du travail, bien entendu.
- Anne Franziskus
Et tu parles du salaire social minimum. À quelle hauteur est-ce qu'il se situe, ce salaire social minimum ?
- Martine Mirkes
Alors, le salaire social minimum se situe actuellement pour un... Un travailleur qualifié, on est à un montant mensuel de 3.244,48 euros brut par mois. Et ce montant correspond donc à 173 heures de travail par mois. Donc pour obtenir le taux horaire, on divise le total par 173. Et ensuite, on a aussi le salaire social pour travailleurs non qualifiés qui s'élève à 2.703. 1,74 euros par mois. Ces montants étant bien évidemment indexés. Donc du moment qu'on aurait une évolution de l'indice, ces montants vont adapter en conséquence. Ces montants sont également de temps à autre adaptés par la voie d'une loi qui peut donc les augmenter en fonction de l'évolution de la situation économique et des prix pratiqués sur le marché du travail.
- Anne Franziskus
D'accord. Et ce système d'indexation, comment est-ce qu'il fonctionne ? Tu peux l'expliquer peut-être en deux mots ?
- Martine Mirkes
Alors le système d'indexation, en fait, on va regarder l'évolution de l'indice des prix à la consommation. Et dès qu'on constate une hausse accumulée de cet indice de 2,5% au moins, ça va déclencher une nouvelle tranche indiciaire et les salaires de tous les salariés du pays vont être adaptés. Donc ça s'applique non seulement au niveau du salaire social minimum, mais ça vaut également pour tous les autres niveaux de salaire tels qu'ils sont à ce moment-là pour tout le pays.
- Anne Franziskus
Donc ça c'est quand même un avantage important quand on travaille au Luxembourg ?
- Martine Mirkes
Oui, c'est évidemment un avantage, mais c'est un avantage indispensable dans la mesure où on part du principe qu'il y a eu de l'inflation, les prix, tout est devenu plus cher pour... Les consommateurs, les salariés sont tous des consommateurs, donc c'est logique d'adapter leurs revenus en conséquence. Voilà, ça reflète cette nécessité en effet.
- Anne Franziskus
Combien de jours de congé est-ce que j'ai au Luxembourg au minimum ?
- Martine Mirkes
Alors au Luxembourg, le salarié va avoir au minimum 26 jours de congé par année de calendrier. Et après, il faut considérer qu'un certain nombre de conventions collectives de travail vont peut-être attribuer encore un nombre supplémentaire. de jours de congés annuels.
- Anne Franziskus
Et tu as dit tout à l'heure que c'est tout à fait normal de négocier son salaire avec son nouvel employeur. Est-ce que les jours de congés, ça se négocie aussi ?
- Martine Mirkes
Les jours de congés pourraient très bien également être négociés, oui. Alors, généralement, je pense que c'est plutôt quelque chose de rare que ce soit négocié vraiment individuellement. C'est plus quelque chose qui va être négocié dans le cadre de la convention collective de travail et qui va ensuite valoir pour tout le personnel de l'entreprise concernée ou du secteur concerné.
- Anne Franziskus
Alors Martine, quand je suis salariée au Luxembourg, mais j'habite en Belgique ou en France, où est-ce que je cotise pour la sécurité sociale ?
- Martine Mirkes
Donc si je travaille entièrement au Luxembourg, donc à 100% de mon temps de travail, que je n'ai pas d'autres actes. activités professionnelles. Dans un autre pays, je suis très clairement affiliée dans le pays du lieu de travail, donc au Luxembourg. Du moment qu'on commence à travailler sur deux ou plusieurs pays, là, il peut arriver que l'affiliation bascule sur le pays de résidence, notamment lorsque l'on a plus d'un employeur, si on travaille pour plusieurs entreprises, par exemple. Ou si j'ai un seul employeur, mais que je travaille plus de 25% de mon temps de travail dans mon pays de résidence, voir si je retire un revenu de mon activité professionnelle dans mon pays de résidence, ce qui correspond à au moins 25% de mon revenu total. En termes de durée de travail, les 25%, on peut faire une demande pour... faire relever ce seuil jusqu'à 50%, donc il faut rester en dessous de 50% pour faire du télétravail dans son pays de résidence, sans basculer en termes de sécurité sociale sur son pays de résidence, donc rester affilié dans son pays de lieu de travail, en l'occurrence, on prend l'exemple du Luxembourg, mais alors il ne faut faire que du télétravail. Ce qui veut dire qu'on ne peut alors pas être envoyé en mission, par exemple, dans d'autres pays encore, etc. Donc, ça vaut uniquement pour les personnes qui ont un employeur et qui télétravaillent à partir de leur lieu de résidence de chez eux, en fait. Et voilà, il faut que ça reste en dessous de la barre des 50% de leur temps de travail. Voilà, donc là, on peut rester affilié au Luxembourg.
- Anne Franziskus
Et cette demande, je l'ai fait auprès de qui ?
- Martine Mirkes
Alors en termes de procédure, c'est l'employeur ou le salarié concerné, mais en principe c'est l'employeur qui va faire une demande auprès de l'état membre ou l'employeur à son siège pour pouvoir faire bénéficier la personne de cette modalité des 50%. Et après, il y aura un échange d'informations entre les autorités qui vont contrôler la situation, voir si le salarié, eu égard à sa situation personnelle, est recevable pour... faire basculer ces 25% à 50%. Et ensuite, ils vont donc se mettre d'accord entre États membres sur cela. Et ensuite, il y aura une possibilité de bénéficier de cela pendant une durée de trois ans.
- Anne Franziskus
Et tu parles du télétravail ou home office. Donc, en tant que frontalier au Luxembourg, j'ai le droit de faire du télétravail ?
- Martine Mirkes
Alors, ce n'est pas forcément un vrai droit. sauf s'il a été instauré en tant que droit au sein de l'entreprise. Donc normalement, pour mettre en place un régime de télétravail, ça va se discuter entre partenaires sociaux au sein de l'entreprise. Donc on aura une discussion généralement entre l'employeur et la délégation du personnel. Il y aura un accord d'entreprise sur les modalités concrètes. Et ensuite, les règles vont valoir pour tout le monde. tous les salariés et c'est sur base de ces règles-là que le télétravail va pouvoir individuellement se mettre en place. Donc, chaque entreprise, ensemble avec sa délégation, va déterminer combien de jours par semaine peuvent être prestés en mode télétravail. Donc, ça peut différer d'une entreprise à l'autre. Ce qui est important, c'est que l'entreprise mette en place un régime non discriminatoire Alors... avec des règles homogènes pour ses salariés.
- Anne Franziskus
Mais il y a un plafond prévu par la loi ?
- Martine Mirkes
Alors le plafond n'est pas prévu par la loi, mais il sera discuté entre les partis. Et en effet, ce qu'on constate en pratique, c'est que souvent les partis vont considérer les contraintes en termes de sécurité sociale et les contraintes en termes fiscaux. Parce qu'en effet, on a ce fameux seuil de 25% dont on a déjà parlé. la sécurité sociale, donc ce qui peut être dans certains cas relevé à 50% du temps de travail. Mais en termes de fiscalité, les règles sont encore différentes. Donc si le salarié ne veut pas être assujetti du point de vue fiscal également en partie, tomber sur la législation de son pays de résidence, donc avoir des obligations en fin de compte fiscales aussi bien par rapport au Luxembourg que par rapport à son pays de résidence, il faut... qu'il reste en dessous du seuil de 34 jours de télétravail par année. Et puis, il faut aussi considérer que dans ce quota de 34 jours de télétravail possible dans son pays de résidence, là-dedans peut quand même aussi tomber toute autre mission de travail qu'il ferait à l'étranger pour son employeur luxembourgeois. Donc, en effet, il faut additionner tous ces jours-là, donc je veux dire non seulement les jours de télétravail, mais aussi d'autres éventuelles missions dans un autre pays que le Luxembourg. Ce qui fait que le seuil peut, en effet, selon les cas, être rapidement dépassé. Si c'est le cas, bon, ce n'est pas dramatique non plus, c'est juste que ça aura des conséquences du point de vue de la fiscalité. Le salarié va alors devoir régler sa charge fiscale par rapport au Luxembourg pour les jours de travail prestés au Luxembourg. et et aussi dans son pays de résidence, voire peut-être dans un autre pays, s'il a presté aussi du travail dans d'autres pays, en fonction des règles applicables à ce pays-là pour les jours de travail prestés dans les autres pays.
- Anne Franziskus
Merci beaucoup pour ces explications. Donc, je résume, nous pouvons faire du télétravail en tant que frontalier, mais il y a des plafonds auxquels il faut faire attention. Et la Chambre des salariés, donc, elle représente tous les salariés du Luxembourg. Et est-ce que tu peux peut-être nous donner un peu une explication, comment la Chambre des salariés peut aussi m'aider concrètement quand j'ai des questions ?
- Martine Mirkes
La Chambre des salariés va être là pour répondre à des questions qui concernent le droit social des salariés. La Chambre des salariés ne va pas faire une analyse détaillée de la situation telle que le feraient des spécialistes, des avocats, tels que le font les syndicats également, mais on va donner des éléments de réponse, des premiers éléments de réponse. On va renseigner surtout sur le droit social, sur les règles applicables, et puis on va orienter les personnes vers les instances compétentes pour aller approfondir leurs problèmes, le cas échéant si c'est nécessaire.
- Anne Franziskus
Alors moi je m'intéresse maintenant aux activités et aux services proposés par la Chambre des salariés. Où est-ce que je peux trouver plus d'informations ?
- Martine Mirkes
Alors sur notre site internet, csl.lu, on a toutes les informations à disposition. de toutes les personnes intéressées. On y trouve déjà une rubrique dans laquelle on explique par les biais des questions-réponses l'essentiel de la législation sociale. Ensuite, on va aussi pouvoir trouver sur notre site internet tous nos avis, tous les avis que nous rendons et qui concernent les projets de loi. élaboré par les autorités qui nous sont soumis obligatoirement pour avis du moment qui concerne nos ressortissants, donc tous les salariés et retraités du secteur privé du pays. Et ça, c'est quelque chose de très important également, de s'informer, de se tenir informé de ce que la Chambre des salariés écrit en ce qui concerne les lois proposées, parce que son rôle, c'est d'avoir un regard. très critique sur ces propositions et projets de loi dans l'intérêt des besoins de ces ressortissants. Donc voilà, la voie, elle est vraiment dans ce sens-là, la voie des travailleurs et du secteur privé également sur le plan législatif.
- Anne Franziskus
Alors je te remercie beaucoup Martine d'avoir répondu à ces questions et de nous avoir donné des informations précieuses par rapport au marché du travail au Luxembourg. Je dis merci à tous nos auditeurs d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez appris quelque chose de nouveau, un petit détail ou quelque chose d'important. Pour moi, il est venu maintenant de dire au revoir et de dire merci à Martine.
- Martine Mirkes
Merci à vous. Au revoir.
- Anne Franziskus
Si cet épisode vous a plu, alors n'oubliez pas de nous laisser un like et une évaluation positive. ou même un petit commentaire sur votre plateforme de podcast préférée. Moi, je m'appelle Anne-Francis Cous et je suis la coordinatrice du pacte citoyen ou du Biégea-Pacte du ministère de la Famille du Luxembourg. Je vous dis merci pour l'écoute et à bientôt sur notre canal.