- Speaker #0
Bienvenue chez HORMÊ, le podcast qui raconte votre histoire. Dans la mythologie grecque, HORMÊ est la déesse de l'élan, de l'impulsion et de l'énergie qui met les choses en mouvement. C'est cette force intérieure qui surgit lorsqu'une idée prend forme dans votre esprit, une idée que vous avez choisi de transformer en projet d'entreprise. Pour cette troisième saison, Orme part à l'international. De nouvelles voies, de nouveaux parcours et de nouvelles passions venues du monde entier nous rejoignent. HORMÊ rassemble les esprits qui pensent, construisent et créent, ceux qui façonnent l'histoire, avec passion et intention. Ce podcast est propulsé par Hormé Agency, agence de communication dédiée aux indépendants. Visitez notre site et rejoignez-nous sur les réseaux sociaux horme.agenct Chez HORMÊ, ce qui nous touche le plus dans l'horlogerie, ce sont les histoires humaines derrière les mondes. Dans cet épisode hors série... Réalisée en partenariat avec la Société des horlogers de Genève, nous avons voulu donner la parole à l'une des grandes figures qui ont façonné l'horlogerie indépendante, telle que nous la connaissons aujourd'hui. Horloger d'origine danoise, installée à Genève depuis plus de six décennies, Sven Andersen fait partie de cette génération qui a non seulement traversé l'histoire horlogère moderne, mais qui l'a aussi écrite. Fondateur d'Andersen Genève et cofondateur de l'Académie horlogère des créateurs indépendants, Il a consacré sa vie à créer des montres singulières, guidées par la curiosité technique et le dialogue avec les collectionneurs. Aujourd'hui, il revient avec nous sur son parcours, ses souvenirs et les rencontres qui ont marqué une vie entière consacrée au temps. Merci, Svend, de m'accueillir aujourd'hui.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Tu es né au Danemark, près de la frontière allemande.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Alors, si on revient au tout début, comment l'horlogerie est-elle entrée dans ta vie ?
- Speaker #1
À un instant, j'avais terminé mon école. Je cherchais un apprentissage technique, mécanique. Mes parents avaient eu une petite ferme, mais ça n'intéressait pas. Puis eux, ils ne poussaient pas parce que mon père, il dit, il y a beaucoup de travail pour survivre. Donc, ce n'était pas ça. Et puis, on avait... Trouver une place dans une entreprise qui faisait des instruments pour des bateaux et des bateaux de deluxe, donc des tableaux de bord avec tous les compteurs en laiton doré, enfin tout ça. Et puis là, c'était super. Puis quand on a voulu faire signer le contrat au patronat, au syndicat patronal, il a dit halte, Il ne faut pas aller là, ils vont faire faillite à la fin de l'année. Et là, on est rentrés à la maison, mon père et moi, puis on s'est arrêtés chez l'épicier du village, à l'époque on discutait avec, il dit, ah mais regardez dans le journal, il y a l'horloge des paillebots qui cherche un apprenti. Ah bon, on est arrivés à la maison, on a aussi ouvert le journal, puis bon... On a fait la sieste et à la fin de l'après-midi on a pris un petit goûter avec les parents. On a dit que l'horloge c'est aussi la mécanique. Ah oui, pourquoi pas. Mon père est assez expéditif, il a pris le téléphone et il a appelé l'horloge. Celui-là a dit que c'était le seul qui a réagi. Pour le moment, fixons un rendez-vous qui peut venir mercredi. Au chien, c'est présenté, puis je suis allé, puis je suis devenu horloger.
- Speaker #0
Avec le recul, finalement, qu'est-ce qui te fascine dans ce métier au point d'y consacrer toute ta vie ?
- Speaker #1
Disons qu'il y avait en Italie, à Savone, pour une exposition, c'était au moment où il y avait les festivités de Christophe Roux. colon. Puis là, on est tombés sur un 10 heures de bonnes aventures. C'est vrai ? Oui. Il a vu ? J'ai lui montré la main et il a dit de toute manière, tout ce que vous faites, vous le faites comme il faut. N'importe ce que...
- Speaker #0
N'importe ce que vous allez faire.
- Speaker #1
Il a dit, moi je le voyais plus tôt. que vous aurez pu devenir médecin aussi. Je me suis dit, je suis médecin de démontre.
- Speaker #0
Donc, tu arrives en Suisse.
- Speaker #1
J'avais terminé mon apprentissage. Je me suis mis à mal avec le syndicat qui voulait que je sois syndiqué pour travailler après le service. Pendant mon service, ça fait 16 mois quand même. 16 mois de service militaire. 16 mois de service militaire. Mais c'était aussi super bien parce que bon, j'avais commencé à apprendre l'anglais par correspondance à 15 ans. L'anglais, je le savais parce que je naviguais sur la radio. Enfin, ça n'existait pas encore, mais on avait une radio avec des bandes de rondes courtes. Voilà, je voyais que l'anglais, c'était quand même nécessaire.
- Speaker #0
Donc l'anglais par correspondance, en écoutant des émissions à la radio.
- Speaker #1
Voilà, BBC, American Forces Network en Allemagne, tout ça. Puis ce qui était aussi bien au Danemark, les films ne sont pas traduits. Alors quand il avait un film en anglais au cinéma, avec un copain qui était dans la même situation que moi, on allait au cinéma.
- Speaker #0
C'est génial. Par la force des choses,
- Speaker #1
tu as appris l'anglais. Et puis quand je suis arrivé à Copenhague pour terminer mes études, je fais six mois à l'école de Copenhague, c'est aussi l'écrivain de la danse. Alors là je me suis... bon mes parents n'étaient pas riches, il fallait que je fasse de l'argent des poches. Donc je travaillais déjà un peu pour le samedi matin pour un horloge près du port. Mais puis...
- Speaker #0
Tu faisais quoi de la réparation ?
- Speaker #1
Voilà, des services assez rapides, des fois juste le verre. Parce qu'il y avait les bateaux qui restaient pas très longtemps au port. Enfin bref, je suis arrivé avec ça. Et puis, dans le home pour étudiants où j'habitais, il y avait tout d'un coup une affiche qu'on cherchait des guides culturels, des militaires. Un Américain stationné en Allemagne qui venait passer le week-end à Copenhague.
- Speaker #0
Oui, ça fait beaucoup de choses.
- Speaker #1
Oui, et puis alors je me suis dit, bon, pourquoi pas. Je connaissais pas la ville, et je pensais que je parlais anglais. C'est du poil. Disons que là, je me suis aperçu que c'était pas ça, mais bon, c'était des Américains, donc... ça peut être un accent américain encore aujourd'hui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il y avait comme tour ? Qu'est-ce que tu leur as fait faire ?
- Speaker #1
Ça dépend de ce qu'ils demandaient, mais ils demandaient aussi des musées, des collections privées et temporaires. Ils ne venaient pas seulement pour les filles, c'était bien. De ce côté-là, j'ai aussi pu découvrir Copenhague. Puis avec ma carte d'étudiant, je savais entrer libre dans tous les musées, les collections. Finalement,
- Speaker #0
ça t'a aussi un peu inspiré de voir toutes ces choses,
- Speaker #1
culturellement ? C'était une occasion d'augmenter ma connaissance culturelle, artistique surtout.
- Speaker #0
Il y a des choses à Copenhague.
- Speaker #1
Oui, oui, non, non, c'était bien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #0
Donc, la Suisse ? À quel moment en fait tu es arrivé dans ce pays ?
- Speaker #1
Justement c'est quand j'avais terminé mon service militaire. J'avais dit que je voulais partir, je voulais partir. Puis où aller ? Où va un horloger ? Il va en Suisse.
- Speaker #0
En Suisse, forcément.
- Speaker #1
Et étant donné que je parlais anglais, c'était aussi, il y avait peu d'horlogers qui parlaient anglais. Et puis je pars... Quelqu'un qui connaît quelqu'un, on a eu des contacts avec une agence de Lausanne qui était associée au journal suisse de l'horlogerie, mais qui aussi placait des personnes. Puis là justement, j'ai reçu des offres. Cette offre, c'était des magasins qui cherchaient justement un Orsay qui parlait anglais. Et puis il y a, c'était voir mon ancien prof d'école pour répondre en allemand comme il faut. Il a dit évite de partir, d'aller dans une grande ville parce que tu seras vite entré dans une sorte de clique d'étrangers. Puis là c'est beaucoup trop difficile d'avoir des contacts avec les locaux. Essayer de retrouver un endroit, une petite ville. Puis il savait dans les offres de Paris, dans le Haut-Vallée. Je ne savais pas où c'était. J'ai regardé la carte. C'est vraiment loin là. Oui, effectivement, c'était bien parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'étrangers. Ceux qui étaient là étaient déjà intégrés. Puis alors je dois dire les Sauvalaisans sont vraiment top, accueil tout. Ils sont surtout, ils étaient très curieux pour ça. C'était celui-là qui débarque du Danemark. Oui, oui, ils m'ont aidé. Non, non, très bon accueil. Puis là, c'était dans ce magasin-là, et puis en hiver, à peu près, il n'y a pas... Grand monde, hein. Donc, c'est que le patron, il m'a prêté, en somme, à un collègue, à Sass Faye. Alors, je suis allé à Noël et Nouvel An. Je suis arrivé là, puis bon, je suis accueilli en famille presque, parce que la femme, elle habitait ses oeufs, elle faisait à manger, enfin tout. Je ne me suis pas gagné beaucoup, mais l'expérience valait la peine. Et puis là, justement, c'était aussi surtout pour l'anglais. Bon, le patron n'est pas trop sympathique. Et puis en plus, lui, il peinait beaucoup à parler le bon allemand. Il était trop valaisan avec le valaisanis. Ça se passait l'hiver là, jusqu'au début de l'été, en somme, c'était là. Parce qu'au début de l'été, il y avait de nouveau les alpinistes qui venaient. C'était super. Puis bon, là, c'est aussi un soir dans un bar, je discutais avec des personnes. Donc, une ou deux qui travaillaient ici à Gubelin, à Lucerne. Puis, j'ai dit, il faut venir là-bas, c'est plus ouvert au monde. On a passé une bonne année par là. Il est temps de continuer. J'ai eu une expérience. Puis alors, je s'écris une lettre à Gubelin, je postulais. En mettant bien en évidence mes connaissances linguistiques en lait. Puis là, j'avais aussi déjà commencé à apprendre un peu le français dans le Haut-Valais. Puis comme je n'ai pas trop de difficultés pour les langues, donc ça passait. Et puis, bon, j'ai créé alors du plein de réponses immédiates. Ils m'ont invité à venir me présenter à Lucerne. Le voyage payé, alors je suis mis à 6 heures du matin dans le train, je suis arrivé à Lucerne, c'était accueilli, montré tout, fantastique, tu peux commencer quand tu veux. Et puis bon, c'était donc au printemps là.
- Speaker #0
C'était en quelle année ça, tu te rappelles ?
- Speaker #1
64. Puis là, je me suis dit, je vais voir, je vais quand même prendre un peu des vacances. Je me rappelais que quand je voulais partir, il y avait des collègues que j'avais connus à Copenhague qui étaient au Canada comme horlogers. C'était des horlogers itinérants. Il avait deux caravanes dans le mythe ouest canadien. Il avait... C'était des horlogers... Puis ils vendaient des montres, enfin c'était super. Alors c'était comme le cirque, il allait mettre des affiches, puis dans 15 jours il y a l'horloge qui passe.
- Speaker #0
Il parcourait le monde comme ça ?
- Speaker #1
Oui, il était au Canada. Ah, il était Danois, puis l'autre c'était un Danois-Canadien, double nationalité ou je ne sais pas quoi. Puis je disais ça, puis mon père il dit, que bon, je sais bien, mais alors moi je ne suis pas déçu. si tu tombes à l'adies là-bas, va quelque part où tu peux revenir à pied. Alors je suis donc plutôt arrivé en Suisse. Puis quand j'avais terminé au Valais, dès que commençait le Blanc du Sable, j'avais pensé à ça, maintenant je veux voir si je peux rentrer à pied. Je suis allé en autostop jusqu'à Bals sans problème. Et puis à Bals, j'avais prévu de prendre un bateau. Mais bon, il n'y en avait pas, ça ne correspondait pas. Ils allaient tous sur Cologne, puis les Pays-Bas. Ça n'allait pas, puis moi je voulais monter tout le doigt. Alors oui, j'ai acheté des billets de train, des lacets, des griffes, pour faire pas et étapes. Par exemple à Cologne ça ne m'a pas trop plu, mais par contre à Heidelberg, je suis arrivé, j'ai fait ce grand pot, puis c'était... Il y avait des étudiants, enfin, la fête des étudiants, c'était super. Et puis bon, une fois, je savais que je pouvais commencer ces gublins. Je suis redescendu en train pour aller travailler ces gublins à Lucerne. Et puis là, c'était au service Magasin. C'était... puisque je parlais anglais.
- Speaker #0
Donc combien de temps là-bas ?
- Speaker #1
Ça fait une année...
- Speaker #0
Un peu plus d'une année.
- Speaker #1
Puis je me suis fait connaissance de ma femme là-bas, qui était secrétaire trilingue, c'est l'ascenseur Schindler. Et puis elle, voyons... On s'est connus à l'école de ski au mois de février, sur un bateau, parce que c'était super. On partait le dimanche matin en bateau de Lucerne jusqu'à Kusnacht en Rigi. Puis on montait avec le train à Grimaillère au Rigi pour faire l'école de ski. C'était très bien, on s'amusait bien. L'après-midi, le retour, le matin, il y avait le petit déjeuner sponsorisé par URMaltine. Ensuite, on s'est perdu de vue un peu. Jusqu'au début mai, la première dimanche de mai, tu sais ce que c'est ? C'est la fête des mères. Là, on s'est retrouvés.
- Speaker #0
Par hasard ?
- Speaker #1
Oui, à la poste centrale de Lucerne pour téléphoner.
- Speaker #0
À vos mamans ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Elle est de quelle origine ?
- Speaker #1
Allemande. Puis, alors justement, on s'est rencontrés là. Vous vous êtes venus par hasard ici ? Par hasard, parce qu'à l'époque, pour... téléphoner à l'étranger, même depuis les particuliers devraient commander leur communication. On s'est retrouvés là. Ensuite, on est allés à Meubenpick, on a pris quelque chose pour les quatre heures. Elle avait de toute manière prévu d'aller en Suisse romande pour son français. parce qu'elle avait pris des cours de français, elle parlait bien le français. Et puis moi, bon, j'ai aussi commencé à apprendre des cours de français. Et puis ces groupes-là, il y avait toute une équipe de Suisse romande qui travaillait. Alors je me suis affilié avec eux un peu. Et puis là, je savais justement, elle voulait partir en Suisse romande. Alors elle a trouvé une place à Genève. Puis moi je suis allé voir le chef du personnel de ces cibles-là. Puis je lui ai expliqué mon cas. Il m'a dit « Ah oui, mais c'est pas mal parce qu'il y a l'horloger qui est à Genève, il ne veut pas partir sur Saint-Maurice, mais il ne veut plus revenir à Genève, ça ne lui plaît pas. » « Si tu veux aller, oui, d'accord. » Alors, ma femme, elle est allée pour le 1er novembre. Moi, je suis arrivé pour fin novembre, autour du 25. 65. Oui. Et puis là, justement, il y avait une secrétaire ou une vendeuse, je ne sais pas. Elle avait un studio à la rue de la Muse, près de la place du cirque. Elle avait une chambre aussi, une dame là.
- Speaker #0
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