- Speaker #0
On nait pas tous avec le même filet sous les pieds, hein ? Certains arrivent au monde dans les bras de gens qui étaient prêts et le désiraient. D'autres arrivent dans une tempête que personne n'avait prévue. Et ils apprennent très tôt, beaucoup trop tôt, à tenir tout, seul, bienvenu, dans Humain.e.s en processus. Un espace né du besoin de parler du chemin pendant qu'on le marche et de se sentir moins seul en le faisant. Simplement des humains au service de notre propre expérience. Dans cet épisode, je reçois mon ami Francis, quelqu'un que j'attendais depuis près d'un an. J'ai respecté son rythme, bien, du mieux que j'ai pu, en revenant doucement, de temps en temps, vérifier si c'était un bon moment. Et là, le temps est enfin arrivé. Je veux quand même t'avertir qu'il raconte des choses qui pourraient être difficiles à entendre pour certaines personnes. On parle d'abandon, d'abus, de consommation et de son cheminement à travers tout ça. Francis, il y a une façon de se reconstruire, une résilience que je trouve vraiment admirable. Si t'es là à écouter ça, c'est peut-être parce qu'il y a quelque chose en toi qui a besoin d'entrer en résonance avec son histoire. Ou peut-être parce que tu portes la tienne seule. Je crois profondément que ça fait du bien de savoir qu'on est plusieurs à marcher le chemin ensemble. Alors installe-toi, respire, et marchons ce petit bout ensemble. Francis Mécré Ah, j'aimerais ça que tu puisses voir la face qu'il fait en ce moment. Adorable. Écoute, je l'ai attendue, cette entrevue. C'est pas mal une des premières personnes que j'ai voulu passer en entrevue. Et ce que j'ai aimé, c'est que tu t'es vraiment respectée. Et puis je te l'ai demandé... Je ne te l'ai pas demandé dix fois, là, tu sais, mais je te l'ai demandé au moins cinq, hein ?
- Speaker #1
Presque.
- Speaker #0
au moins cinq fois. Là, es-tu prêt pour ton entrevue ? Là, es-tu prêt pour ton entrevue ? Puis à un moment donné, tu m'as dit, je te promets qu'on va le faire avant mon départ. Bien, aujourd'hui, on est jour J moins 20. Moins 21, moins 22. En tout cas, on est dans 20 jours, 20 quelques jours de ton départ. On va y revenir là-dessus, tu sais. Mais tout d'abord, je vais te présenter. Alors, mon ami, depuis, on s'est connus à mon premier... Remploi d'éducatrice spécialisée dans un foyer contractuel. On a connecté à un autre niveau, parce qu'à l'époque, j'ai toujours eu une tendance à avoir des réflexions profondes puis des discussions profondes dès qu'il y avait quelqu'un de disponible à avoir ce type de discussion-là. C'est à ce niveau-là qu'on a connecté, toi puis moi. Je n'ai pas travaillé là très longtemps, je ne pense même pas que j'ai travaillé là un an. en fait, mais après ça, on a gardé contact. Ici et là, important de préciser que pendant longtemps, je vais le dire, mais après ça, on va, tu sais, maintenant, on est amis, puis on s'aime fort, mais pendant longtemps, tu me tombais un peu ses nerfs, parce que t'étais vraiment arrogant, c'était ton mécanisme de survie par excellence, puis t'en avais pas tant conscience, puis moi, ça me réactivait à un niveau quand même assez élevé. Et J'étais quand même capable de voir tout le beau. Il y avait vraiment de quoi au niveau de l'âme qui se passait. J'avais vraiment le goût d'aller rencontrer. Puis nous voici, nous voilà 21 ans plus tard. Vraiment, exactement pile 21 ans plus tard, parce qu'on est en ce moment là où les étudiants graduent, parce qu'on est en fin de session au mois de mai, juin. Donc, c'est vraiment il y a 21 ans qu'on s'est connus. Puis on reviendra dans une autre entrevue plus en profondeur sur notre relation. Dans cette entrevue-là, on va d'abord commencer par « T'es qui, toi, cher humain Francis Mécré ? » Alors, homme touche à tout. Je ne voudrais pas dire un homme à tout faire, mais je n'aime pas ça. Un homme touche à tout. T'as été intervenant, t'as eu ta compagnie de peinture. Comment on dit ça ? Peintre en bâtiment. C'est ça qu'on dit ? puis après ça tu as eu plein de jobs on verra ça de ce que tu as le goût de partager dans ton entrevue mais d'abord et avant tout vraiment un bel humain en processus vraiment un peu comme je te dirais que ça, ça nous relie beaucoup, tu as fait un peu ton chemin de vie c'est ton chemin de vie de processer Ta mission principale, c'est d'aller à ta rencontre. au plus profond de toi-même. Voilà. C'est comme ça que j'ai le goût de te présenter. Merci. Fait que, as-tu le goût de nous dire c'est quoi pour toi ? Je vais le dire là, j'ai un peu fait le tour de cette question-là, mais je sais que mes invités qui écoutent le balado aiment bien répondre à cette question-là. Fait que je t'impose. As-tu le goût de nous dire c'est quoi pour toi un nouvel élément dans le processus ?
- Speaker #1
Je vais te dire une chose qui est simple. Vivre. Parce que, pour moi, c'est l'apprentissage. Ça s'arrête là. C'est vivre. Vivre les expériences, les hauts, les bas, la colère, la frustration, l'amour, la tendresse, la bienveillance. C'est tout ça en même temps. À la fois les deux, les opposés qui sont là en même temps. Pour moi, c'est ça, un humain en processus. Puis, arriver à naviguer du mieux qu'on peut à travers cette vie-là.
- Speaker #0
Accueillir tout ce qui est.
- Speaker #1
Effectivement. Ça fait cinq, pour moi, d'humains en processus.
- Speaker #0
Ça fait que tout le monde est un humain en processus. Bien oui. À sa façon, à son niveau. Effectivement.
- Speaker #1
Que tu aies un titre ou que tu n'en aies pas, peu importe, que tu sois alcoolique. Mère d'une ville, premier ministre, le titre ne change plus rien, tu es un humain en arrière de ton titre. Pour moi, c'est ça.
- Speaker #0
C'est beau. Merci pour ta réponse. Là, j'ai goût qu'on commence bien au début. Comment tu décrirais ton enfance ? C'est une grande question très large.
- Speaker #1
on va aller où est-ce que je vais vous emmener.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Puis moi, je vais peut-être t'emmener ailleurs avec des questions. Effectivement,
- Speaker #1
puis je suis ouvert à ce processus-là. J'arrive par hasard dans la vie. J'ai des parents qui m'ont eu à 16 et 17 ans, respectivement. Je n'étais pas voulu, c'était un accident. Quand même, la réalité, c'est ça. Et mon père avait 16 ans quand il m'a eu. Puis lui, ben, il a eu peur avec les moyens qu'il avait. Fait que, il a quitté ma mère très rapidement. Au début, je sais que j'avais des contacts. On m'expliquait un peu comment ça s'était passé. J'ai eu des contacts avec la famille de mon père. Puis après ça, ma mère, bien, du mieux qu'elle a pu, elle s'est occupée de moi. Mettons que...
- Speaker #0
Mettons qu'on a déjà vu mieux. Il y a quelque lac. Du mieux qu'elle a pu.
- Speaker #1
En même temps, c'est ça que j'ai vécu. La réalité, que ça s'est passé de cette façon-là. Je vais vivre avec ma mère sans nécessairement vivre avec ma mère. C'est elle qui s'occupe de moi. Mais rapidement, ma mère va me déposer chez une dame et c'est elle qui va prendre soin de moi. Par contre, j'ai eu un peu d'informations supplémentaires récemment avec ma mère. Elle m'a confié des choses que j'ai vraiment été surpris, que je ne connaissais pas encore. C'est ça, c'est que ma mère est jeune femme. Donc imaginez-vous, j'ai 4-5 ans, elle en a 21. Elle n'a pas beaucoup d'études, puis elle vit sa vie dans son humain en processus elle aussi. Moi je me retrouve à habiter à droite et à gauche les gens, puis là je vais me retrouver chez une femme qui va prendre soin de moi pendant à peu près trois ans. Puis j'évolue là, jeune homme qui a de la difficulté. Et déjà là, je m'aperçois que... Je suis demandant, je cherche beaucoup l'attention.
- Speaker #0
T'avais la perception de ça quand t'avais 5-6 ans à l'époque ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Je m'apercevais que je prenais beaucoup de place. C'est que... Puis, je faisais rien pour pas faire ça, c'est-à-dire que je le faisais, puis j'en étais conscient que je prenais de la place, puis ça me dérangeait pas. Fait que c'est ça. Je vais par la suite vivre avec ma mère. Ma mère, tout d'un coup, elle va arriver. Tu sais, puis pendant ces trois années-là, je vois ma mère, mais... Genre le dimanche, une fois par mois, je la vois. Puis elle arrive à midi, puis elle repart à 2-3 heures. C'est pas long.
- Speaker #0
Est-ce que tu l'attendais ? Est-ce que tous les jours de ta vie, tu... Non. T'étais bien avec Jacqueline ? Genre t'avais conscience ?
- Speaker #1
Cette femme-là, elle prenait soin de moi. C'est elle qui... qui me donnait mes soins. La sécurité, la nourriture, je te comprends. Effectivement, il y avait des règles, mais ça fait partie de la vie. C'était une figure assurante. C'est ça. Avec ma mère, c'est une femme que je connaissais peu. Presque pas. Je savais que c'était ma mère, mais le lien d'attachement... Aujourd'hui, je suis capable de vous parler de termes que je n'avais pas, mais à cette époque-là, je n'étais pas conscient tout à fait de ça.
- Speaker #0
Mais tu sentais que tu n'avais pas vraiment d'attachement pour cette femme-là sans être capable de nommer ça comme ça, mais... Oui,
- Speaker #1
effectivement, beaucoup de colère, beaucoup de frustration. Moi, j'ai traîné ça pendant de nombreuses années, même à l'âge adulte.
- Speaker #0
Déjà à 8 ans, tu avais de la colère contre elle.
- Speaker #1
Oui, la frustration.
- Speaker #0
Elle revient pour venir te chercher pour que tu ailles vivre avec elle.
- Speaker #1
Elle vient me chercher.
- Speaker #0
Comment ça se passe à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je veux pas, tu sais. Puis elle arrive avec un homme que je connais pas, qui est imposant, un armoire à glace, tu sais, fait que... C'est ça, on s'en va vivre à Saint-Alexis-des-Monts. Fait qu'on part de Longueuil et on s'en va vivre à Saint-Alexis-des-Monts. avec Sidémon. C'est un décalage énorme pour un jeune garçon. Je me retrouve laissé à moi-même, rapidement. Ma mère, avec ce gars-là, ils sont sur le party, non-stop.
- Speaker #0
C'est ça, j'aimerais qu'on rappelle qu'elle a, à l'époque, 25 ans.
- Speaker #1
À peu près. Oui, 26 ans. On a 17 ans de différence, moi. C'est ça, 26 ans. 26 ans,
- Speaker #0
on a encore le temps de faire le party.
- Speaker #1
Je peux confirmer. C'est ça. En réalité, ce que je voulais parler, c'est les liens de confiance. avec lesquels on peut s'appuyer. Je n'ai pas ça. Je n'ai pas ça avec ma mère. Ce n'est pas sécurisant. Puis, à l'intérieur de moi, j'ai l'impression que les gens...
- Speaker #0
À cette époque-là ? Oui.
- Speaker #1
Ils vont s'en aller. Mon père n'est pas là depuis des années. Fait que c'est tout le temps... Je suis tout le temps celui qui vive. C'est un sentiment qui est là. C'est pas... J'ai pas l'impression de penser à ça. C'est quelque chose qui m'habite. Beaucoup plus. Fait que... Je fais pas confiance facilement aux gens. Je suis méfiant. Puis ça, ça va me suivre une bonne partie de ma vie. Fait que... On va quitter graduellement Saint-Alexis-des-Monts quelques années plus tard. C'est pas long, j'arrive à aller à la fin de mes 11 ans. On se retrouve à Louisville, qui est un petit patelin à côté de Saint-Alexis-des-Monts, à quelques kilomètres. Là, ça va aller à vitesse grand V à cet endroit-là. Les choses ont...
- Speaker #0
Dégénéré ?
- Speaker #1
Oui, rapidement. Ma mère rencontre un homme, puis il est alcoolique. Ma mère, elle l'est, elle aussi, pas pire. Puis, je suis laissé encore là sur moi-même. Et là, je vais rencontrer des enfants de mon âge, mais on va... Commencer à faire des... à vivre la vie autrement dit, mais... une manifestation de beaucoup de... D'insouciance, tu sais, détruire un école, détruire les vitres d'un école, j'ai fait ça, détruire un terrain de golf. J'ai fait plein, plein, plein, plein de choses qui, à mon âge, tu sais, j'ai 12 ans, on s'entend que...
- Speaker #0
Tu criais à l'aide, là.
- Speaker #1
Oui, mais je n'ai pas d'encontrement.
- Speaker #0
Du mieux que tu pouvais. Non, mais tu sais, quand on a des comportements de ce genre-là, moi, c'est important de le préciser, parce que j'enseigne ça à mes étudiantes. et je... une fonction à ce comportement-là. On n'est pas en train de détruire un terrain de golf parce qu'on est mauvais à l'intérieur de nous. On est en train de détruire parce qu'on attire l'attention. On est en train de dire, il y a un volcan à l'intérieur de moi, aidez-moi s'il vous plaît à le calmer.
- Speaker #1
Mais vous allez comprendre un peu aussi tantôt.
- Speaker #0
On ne peut pas se réguler tout seul à cet âge-là. On a besoin d'aide. Et malheureusement, on a eu peu d'occasion pour... Je peux parler au jeu, mais je pense que je peux dire que la grande majorité des humains, on a eu peu d'occasion de se co-réguler avec un adulte qui avait la possibilité de se réguler. Bon, fait que voilà. C'est important pour moi qu'on ne pense pas que Francis était un mauvais garçon. C'est Francis qui a fait au mieux qu'il a pu avec ce qu'il a reçu. On continue.
- Speaker #1
Il va se passer plusieurs événements en même temps, une courte période. Je vais connaître... J'avais déjà connu un abus sexuel à l'âge de 7-8 ans. C'est pas tout à fait clair. Un monsieur que... qui habitait chez mes grands-parents, puis va utiliser ma main pour se masturber pendant qu'on attend mon grand-père dans la voiture. Ça, ça va créer un choc chez moi, tu sais, puis il m'avait dit de ne pas en parler, puis je me suis... Je me souviens de la scène, je suis estomaqué, je suis en arrière, puis c'est comme s'il n'y a plus de son, plus d'image de ce qui vient de se passer. Je vais vivre cet épisode-là, mais je vais la revivre plus tard. 11-12 ans, dans cette période-là, qu'il va se passer quelque chose avec un monsieur qui habite à côté de la maison des gens. C'est... un ami qu'on a en commun qui va me faire rentrer en contact avec lui. Il ne va pas se passer beaucoup de choses de façon sexuelle, mais assez pour que ça vienne troubler mon identité sexuelle plus tard. Et ça, ça va venir impacter beaucoup ma vie par la suite.
- Speaker #0
Parce que tu me l'as raconté, le bout dans cette histoire-là, je pense qu'il est le plus traumatique, c'est que T'as été témoin auditif de ce que ton ami vivait avec cet homme-là. Je pense que c'est le bout qui est le plus traumatique, parce qu'à 11-12 ans, on n'a pas le jugement, on n'a pas... Les adultes, c'est les adultes, on a une vision du monde complètement différente. Est-ce que je me trompe quand je dis le bout le plus traumatique ? Ah oui,
- Speaker #1
c'est quand même beaucoup de choses. Tout l'ensemble. Tout l'ensemble, parce que c'est sûr et certain qu'ils nous achetaient avec des trucs, des cigarettes. de la bouffe, un peu d'argent, tout ça. Puis lui aussi,
- Speaker #0
vous n'hésitez pas à en parler.
- Speaker #1
Ah bien, effectivement. Mais il avait fait des ravages. Je pense que quand on est allé en cours, on était 12 à 15 jeunes. Oh my God Quelque chose, ça avait été majeur. On a fait la une des journaux à Trois-Rivières, puis tout ça. C'était le directeur de l'aréna. Il avait comme un poste quelconque.
- Speaker #0
En contact avec les jeunes. Mais oui !
- Speaker #1
Mon contact avec les jeunes. C'est ça. J'ai vécu des choses-là beaucoup trop tôt. C'est ça. Ça va teinter ce qui va me suivre par la suite.
- Speaker #0
Moi, je la connais, l'histoire. Mettons que je me mets à la place de la personne qui est en train d'écouter. C'est comme, c'est quoi la suite ? Mais ça va venir.
- Speaker #1
Mais... Ça va par la suite. Tout ce que je vis là, c'est un volcan, une ébullition à l'intérieur de moi. Je vais rentrer en centre d'accueil à l'âge de 12 ans. Puis là...
- Speaker #0
Puis j'aime bien qu'on précise que tu t'es autosignalé, Todd. Non, plus tard.
- Speaker #1
Pas celle-là. Cette première fois-là, c'est les centres de jeunesse qui rentrent dans ma vie. Parce que là, l'abus sexuel, la négligence parentale et tout ça... Il y a une accumulation. À un moment donné, la DPJ s'est mise dans le dossier. Pas normal que... Fait que c'est ça. Je vais au départ, avant ça, je vais aller en famille d'accueil, ça fonctionne plus ou moins. tout ça, je vais faire d'autres trucs qui vont m'emmener à aller en centre d'accueil. Je me retrouve en centre d'accueil à 12 ans, je vais faire à peu près un an et demi, 14, à peu près. Je vais sortir du centre d'accueil, mais je me retrouve dans un milieu aussi...
- Speaker #0
Tu retournes chez ta mère à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Je retourne chez ma mère, avec mes amis, avec mon milieu, même mon milieu...
- Speaker #0
Même milieu nocif.
- Speaker #1
quand tu es parti. C'est ce qui était à l'époque. C'était mon milieu instable, je pourrais dire. Et là, je vais tomber sur un peu d'aide. Le gouvernement m'a octroyé l'autorisation de travailler à l'âge de 14 ans dans un métro. Et je travaillais là une courte période, à peu près un tour, à peu près, grosso modo. Et c'est là que je vais aller détruire le terrain de golf avec des amis, tout ça, tu sais. Je suis un suiveux pisseux à l'époque, j'appellerais ça de cette façon-là. Fait que oui, j'ai détruit, j'ai utilisé les go-karts, puis on a détruit le terrain.
- Speaker #0
C'est pas des go-karts, c'est des karts de golf,
- Speaker #1
mais OK. les cartes gaules. On s'est amusés sur les terrains. Par contre, à un moment donné, j'avais atteint ma limite et je me suis décidé de m'en retourner chez moi. Les amis en question ont décidé de partir avec les corps de golf et d'aller en ville. Vous êtes à Louisville encore ? Oui, on est à Louisville. C'est ça. Et il est arrivé ce qui est arrivé. Des accidents avec des voitures. Fait que c'est ça.
- Speaker #0
T'étais là ? Non. Non,
- Speaker #1
j'étais plus là. Moi, j'étais parti chez moi. Fait que se sont fait prendre. Et effectivement, mes amis m'ont dénoncé.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
les C'est correct. Il est arrivé ce qui est arrivé. Et je me souviens...
- Speaker #0
Je veux juste... C'est super... Je sais pas si la personne qui écoute en ce moment s'en est rendue compte, mais depuis tantôt, tu défends beaucoup... Tu sais, quand j'ai dit « milieu nocif » , t'as dit « ben, instable, là » . T'as aussi... mais c'est pas... c'est comme si... c'est correct, hein ? Je trouve ça beau, en fait, là, comment t'as... ça démontre le processus que tu te positionnes, tu culpabilises personne, en fait. Tout le monde a fait...
- Speaker #1
Ah, je l'ai fait, par contre.
- Speaker #0
Oui, tu l'as fait, mais là, on n'est plus là, tu sais, ça démontre vraiment... t'es vraiment en train de raconter une histoire en étant un peu détachée.
- Speaker #1
tout ça.
- Speaker #0
Et par contre, j'entends aussi un peu « je te trouve dur envers toi » .
- Speaker #1
C'est quelque chose qui me suit.
- Speaker #0
Tu défends les autres, mais c'est comme t'es encore teinté. ton discours. Bon, je la mets à ta conscience. Maintenant, voyons voir si ça va changer le reste de notre vie.
- Speaker #1
Mais effectivement, ça me souvient un peu. C'est des choses que je suis dans mon chemin de vie.
- Speaker #0
Ça va être jusqu'à la fin, hein ? Probablement. Moi, j'ai des accords de même. On comprend vite que dans celle-là, ça va me suivre encore.
- Speaker #1
Puis, c'est ça. Je m'ai fait prendre... Les policiers vont arriver à mon lieu de travail, c'est pour ça. c'est pour ça que je faisais le lien, j'avais mis un peu l'emphase dans l'explication tantôt. Puis c'est là où je vais faire la demande dans la voiture des policiers et je vais dire, pouvez-vous me ramener en centre d'accueil ? Ça explique à ce moment-là à quel point mon milieu de vie...
- Speaker #0
En fait, tu as été un an, un an et demi, tu as dit, en centre jeunesse. Tu as ressenti, voilà ce que ça fait à l'intérieur de moi quand j'ai un cadre et des gens qui s'intéressent. Parce que ton expérience avec les éducateurs, si ma mémoire est bonne, elle est très positive. Oui,
- Speaker #1
je vais vous raconter, je vais aller justement là. Je fais la demande. Immédiatement, ils ont contacté mon travail social de l'époque. J'ai fait les démarches, je suis rentré quelques jours plus tard. Fait que c'est ça, je me retrouve dans le centre d'accueil, puis je vais vivre des expériences. À la fois, je me rends compte que... On va essayer de... Réellement, deux éducateurs différents vont essayer de m'adopter. De prendre soin de moi, puis tout, puis... Je suis un peu ému, mais je me souviens des temps que j'avais peur de l'homme.
- Speaker #0
Avec raison.
- Speaker #1
Pas de l'humain, mais de l'homme. À ce moment-là, oui. L'homme me faisait peur, tu sais, puis...
- Speaker #0
Fait que pour toi, là, la seule, ou presque la seule raison que tu pouvais voir qu'on veut t'adopter, c'était pour abuser sexuellement.
- Speaker #1
Ben oui, tu sais, puis...
- Speaker #0
D'un homme.
- Speaker #1
De l'homme, tu sais, puis tout ça, ça, puis... Les deux éducateurs en question, je les aimais profondément, fait que divisé entre... Je reçois tendresse et regard positif, et à la fois... Ben, l'histoire qui est... Puis les événements marquants qui m'habitent, tu sais, fait que... Fait que c'est ça, tu sais, je suis allé toucher au... À l'instant même, je suis allé toucher au jeune homme, genre, des larmes qui coulent, tu sais, fait que vous le voyez pas à la radio, mais je suis allé toucher à ça, tu sais, puis c'est savoureux, tu sais, que je sois capable d'aller là, tu sais, puis... Aujourd'hui, de vivre ça a pu être envahi par cette peur-là, tu sais, puis non, c'est comme je me suis déposé à l'intérieur de ça, de ce sentiment-là, tu sais, puis de voir ça avec les yeux du petit bonhomme que je vivais à l'époque, tu sais.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'il y a une partie de toi qui se demande qu'est-ce qu'elle aurait été ma vie si j'avais été capable de m'ouvrir à...
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Parce que ça ne sert à rien.
- Speaker #1
Ben... OK. Je l'ai déjà vécu aujourd'hui. Non, mais... J'ai vécu ces moments-là longtemps.
- Speaker #0
Dans le fond, on peut se poser cette question-là. Qu'est-ce que ça aurait été ma vie si j'avais eu deux parents qui m'ont eu à 30 ans et qui m'ont aimé ? Qu'est-ce que ça aurait été ma vie ? Ça ne sert absolument à rien. Non. Je suis d'accord. Mais la question est montée. Je te comprends.
- Speaker #1
Mais oui, oui, c'est ça. Non, aujourd'hui, c'est comme... J'apprécie chaque moment que... J'ai vécu parce que c'est ma richesse d'être humain. C'est ça. Ça fait que, c'est ça, l'événement du centre d'accueil pour moi a été très positif. Et là, il va se penser quelque chose avec mon travers social, c'est qu'il s'est dit, peut-être que ce serait la pire idée que je renvoie pas Francis dans son milieu de vie à Louisville. Fait que je vais connaître une famille d'accueil. Ils ont été un point pivot marquant dans ma vie. Je le dis sincèrement. J'ai reçu de la tendresse et de l'amour et de l'écoute avec un cadre rassurant et avec des parents, des gens qui, eux, avaient leur difficulté d'être humains. Chacun dans leur... de façon différente. Ils vivaient des trucs. C'est ça. Ça a été... rassurant pour moi de vivre à ce moment-là. Puis, je vais vivre mon adolescence là, puis tout ça, puis là, bien, va arriver la consommation de drogue une première fois avec une crainte. Fait que...
- Speaker #0
C'était quoi la crainte ?
- Speaker #1
Ben, en réalité, je consommais, puis...
- Speaker #0
Tu consommais quoi ?
- Speaker #1
Pot et alcool. Rien de... Mais c'est la façon dont je consommais qui était extrême.
- Speaker #0
T'avais conscience du pourquoi ? Ben, c'est comme si...
- Speaker #1
C'est comme s'il y avait pas... Je prenais, mettons, une lierre. C'est comme si, pour moi, une ou six ou douze... Il n'y avait pas... Je... Une bière, c'était comme... « Non, c'est bon, on va en prendre 12. » Puis, immédiatement, ça s'est fait comme tout de suite. Euh... Le pot, la marie, ça a été la même affaire. Rapidement, j'ai 16 ans et j'en parle avec Sylvie. Sylvie, tout de suite, elle veut m'aider. Elle en parle à son frère qui est un toxicomane qui est en rétablissement. On va utiliser des termes que je n'utilise pas nécessairement aujourd'hui, mais c'était comme ça à l'époque. Puis, il fait du meeting. Il va m'emmener dans les meetings. Merci. Fait que je vais faire mes meetings, mes premiers meetings à l'âge de 16 ans. Sauf que, jeune homme, j'ai pas beaucoup confiance en moi, j'ai l'impression que j'ai... Je me détruis ou me dénigre mentalement à l'intérieur de moi. Je me perçois comme un contre.
- Speaker #0
Tu penses que c'est de ta faute ?
- Speaker #1
Je n'ai pas l'impression que je suis très intelligent. Je me dis régulièrement. Je m'évalue, mais je m'évalue avec des adultes. Je n'ai pas conscience de ce que je fais avec des adultes. Très souvent, je me diminue et tout ça. Fait que... Et là, bien, j'arrive dans les meetings, j'ai pas l'impression de comprendre grand chose. C'est ça. Fait que... Et là, les centres de jeunesse, comment c'est fait ? C'est qu'à 18 ans, ça arrête, c'est fini. Ils arrêtent de payer, puis la famille d'accueil se retrouve avec plus de revenus. À ton époque ? Oui, à mon époque. Et je suis... Il n'y a pas de soutien par la suite. Fait que je me retrouve qu'à 18 ans, je dois quitter. Ils nous gardent quelques mois et plus, mais... Je vis avec un autre enfant qui était là avec moi et on décide de partir en appartement. Mais ça ne va pas fonctionner rapidement. Au bout de trois ou quatre mois, Danny va me demander de partir de son appartement. Et je vais me retrouver toute seule à me trouver un appartement. Je suis allé à l'école aux adultes parce que c'est arrivé une situation particulière à Sorel. La première descente qu'il y a eu dans une école secondaire, ça s'est fait à Sorel. Et c'est moi qui ai probablement déclaré...
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu veux dire par descente ?
- Speaker #1
Une descente policière.
- Speaker #0
Parce que...
- Speaker #1
En réalité, ils ont fait infiltrer une policière qui paraissait très, très jeune, une étudiante, probablement qui n'était pas très jeune.
- Speaker #0
Elle a fait lire sa formation. Elle est rentrée en contact avec moi.
- Speaker #1
Et moi, je l'ai présentée à tous mes amis. Et c'est d'en suivre ce qui s'en est suivi à l'époque.
- Speaker #0
Parce qu'il y avait de la drogue ? Ah,
- Speaker #1
tout ce que tu voulais était là. Fait que, moi, je suis insouciant et pas méfiant d'aucune affaire. Mais non,
- Speaker #0
t'es jeune et innocent, là, c'est normal. Mais,
- Speaker #1
tu sais, c'est correct, là, c'est comme ça que ça s'est passé. Puis, fait que c'est ça, on a se retrouvé, genre, à peu près, 25 à 30 étudiants. Là,
- Speaker #0
t'es pas majeur encore à l'époque,
- Speaker #1
là. À 18 ans, oui.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
t'étais à l'école aux adultes quand ça s'arrête ? Non, j'ai 17-18 ans. Moi, je me retrouve à l'école secondaire.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Mais c'est ça, on est quelques-uns dans cette même situation-là. Et on s'est fait sortir de l'école. Fait qu'on s'est retrouvés... C'est drôle parce que les 25-30 étudiants qui consomment se retrouvent à l'école aux adultes.
- Speaker #0
Ensemble.
- Speaker #1
ensemble. Good move On aime notre système. Fait que, c'est ça, on déplace le problème. Fait que c'est ça. Finalement, je me retrouve à être à l'école aux adultes, mais là, la consommation va prendre une tournure beaucoup plus grosse. Je vais consommer à outrance énormément. Mais déjà là, je vois qu'il y a un problème. Ça ne marche pas. J'essaie, mais je ne suis pas capable. C'est ça. tu essaies d'arrêter ? Oui.
- Speaker #0
Tu essaies autre chose ? Oui,
- Speaker #1
j'essaie, mais c'est...
- Speaker #0
Est-ce qu'à l'époque, tu faisais encore du meeting ?
- Speaker #1
Non. Non, non. J'ai fait ça pendant quelques mois, genre six mois.
- Speaker #0
Quand tu étais en famille d'accueil, avant tes soucis.
- Speaker #1
À mes 16 ans, autour. Puis... Mais la graine est semée, mettons.
- Speaker #0
Fait que là, on arrive dans le jeune adulte.
- Speaker #1
Oui. OK,
- Speaker #0
vas-y, continue.
- Speaker #1
Le jeune adulte, je me retrouve... J'ai quitté Sorel, ça se passe à Sorel, parce que j'étais avec des gens qui n'étaient pas recommandés, recommandés. Fait que là, je me pousse. J'ai payé ce que je devais, mais je me pousse. Fait que je me retrouve chez mes grands-parents. Euh... Euh... Et l'homme qui m'avait agressé était là. Fait que... Je vous mens pas que... C'est la graffine à l'intérieur de moi.
- Speaker #0
Il habitait là,
- Speaker #1
quoi ? Il habitait encore là.
- Speaker #0
Est-ce qu'ils l'ont su ? As-tu fini par le dénoncer ?
- Speaker #1
Non. Je vais le dire à ma mère.
- Speaker #0
Plus tard, là. Là, elle le sait, maintenant.
- Speaker #1
Oui, elle le sait. Mais ça ne s'est pas parlé. Ça fait que c'est ça. Je vais vivre chez ma grand-mère. Sauf que là, la consommation va prendre vraiment une grosse place. et avec une dualité qui va s'installer. Je le mentionne parce que c'est vraiment ça qui va m'amener à arrêter de consommer. Le soir, quand j'arrive, je consomme. Le lendemain matin, quand je me réveille, je suis dans la culpabilité, je me départis de tout ce que j'ai. Et le rituel va se faire pendant facilement presque un an comme ça. Acheter ce que je n'ai pas consommé. Puis là, c'est ça, c'est tout le temps, non-stop, tous les jours.
- Speaker #0
Ça te coûtait cher,
- Speaker #1
hein ? Oui. Je travaille. Puis à l'époque, ça ne coûte pas nécessairement très cher. Fait que c'est ça. Fait que je suis un consommateur quand même... À l'époque, je ne vous ai pas dit, mais... Je vendais, je vendais beaucoup. Tu vendais du pot. Du pot. Je consommais, c'est beaucoup, je vais le dire, mais c'est 7 grammes par jour que je consommais. Fait que j'étais non...
- Speaker #0
Tu ne respires plus de l'oxygène, tu respires du cannabis.
- Speaker #1
Je me souviens à une époque, tu sais...
- Speaker #0
On parle, excuse, pour les moins connaissants, 7 grammes, on parle d'une vingtaine de joints par jour, trentaine de joints par jour. Absolument,
- Speaker #1
un gramme, tu fais de 2 à 3 joints par gramme.
- Speaker #0
C'est pour ça que je doublais un peu plus.
- Speaker #1
Oui. Ça vous donne un égoïs.
- Speaker #0
C'est parce que c'est comme l'équivalent d'un paquet de cigarettes, mais en joint. Juste pour que les gens aient une référence, parce que je ne suis pas sûre que tout le monde...
- Speaker #1
C'est ça. Je me souviens d'une amie.
- Speaker #0
Je suis totalement gêné, je ne me souviens pas. Mais elle me dit, tu sais, Francis...
- Speaker #1
J'avais dit, comment ça se fait que ton père le sait que je consomme ? Il a dit, Francis, arrête, check-toi dans le miroir. J'ai plus de yeux. Déjà, vous ne me voyez pas, mais moi j'ai les yeux en amande. Des petites amandes. J'ai des petits yeux très fins. Fait qu'imaginez-vous que... Ils baissent encore l'ouverture. Ils sont rouges. Pas blanc, mais rouges.
- Speaker #0
On le sait, là.
- Speaker #1
Et l'odeur. L'odeur...
- Speaker #0
Oui, quand tu fumes, c'est sûr que tu sens.
- Speaker #1
C'est ça. Non, mais tu sais, c'est ça. Fait que... J'ai pas besoin de rien dire à mon père, pensez-le. Parce que... Bon, tu sais, j'ai été accueilli. Bon, c'est le poteux. C'est comme ça que j'avais été accueilli. C'est pour ça que... C'est ça. J'ai fait un petit aparté de mon état, de comment j'en étais. Quand on retourne à Saint-Hubert, je me retrouve... Faire du mieux que je peux à ce moment-là. Et cette dualité-là, elle est là. T'as quel âge à peu près ?
- Speaker #0
Là,
- Speaker #1
j'ai 20 ans.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Oui. Parce que ça ne sera pas long. Je vais quitter. On va avoir un beau projet, moi et un de mes chums. On va vouloir aller vivre dans l'Ouest, vivre l'expérience de l'Ouest canadien. Donc, on va partir sur le pouce, moi et mon ami. Hum. Et...
- Speaker #0
sur le pouce, tu as traversé le Canada sur le pouce.
- Speaker #1
Bien voyons donc.
- Speaker #0
Il faut être gelé en crise pour avoir cette idée-là.
- Speaker #1
On va consommer pas tant dans le voyage. C'est pas ça qui va être vraiment...
- Speaker #0
Je dis pour avoir l'idée. On parle de l'insouciance de la jeunesse. Je trouve ça beau, parce que ça nous pousse à faire des choses. Après ça, on pogne la chienne et on ne fait plus rien. Mais tant mieux que tu as fait ça, parce qu'on va y revenir. Oui,
- Speaker #1
parce que ça le semait une graine, c'est clair. Ça fait que c'est ça, à l'Ouest canadien. Puis, on va vivre des belles expériences là-bas.
- Speaker #0
Combien de temps t'es parti ?
- Speaker #1
Quatre mois,
- Speaker #0
cinq mois, quatre mois à peu près.
- Speaker #1
Je vais revenir en octobre. On est parti milieu juin, fin juin. Puis, c'est ça, on va vivre les aventures qu'on a vues là-bas. Pas nécessairement beaucoup de consommation, mais il y en a un peu. Je vais rencontrer Catherine, puis toutes les deux, on va partir ensemble pour aller voir sa mère au Costa Rica.
- Speaker #0
Ah
- Speaker #1
Et on va revenir, on va être là pendant 4 mois au Costa Rica. Fait que c'est ça. On revient ici au Québec, Catherine ça n'a pas fonctionné, fait qu'on se sépare et je retrouve Ben.
- Speaker #0
Ben avec la fille, je suis parti dans l'Ouest canadien.
- Speaker #1
Et là, Ben, lui, ça roule bien ses affaires. Il est devenu un petit dealer, sauf d'une autre substance. Et là, on tombe les deux là-dedans. Je vous le dis, je ne rentrerai pas dans les détails, sauf que moi, ça a été à vitesse grand V pour moi. Puis là, je voyais que ça n'avait plus de sens. C'est pas tellement spirituel dans la vie, sauf qu'il y a quelque chose d'un peu particulier qui va se présenter à moi, c'est que...
- Speaker #0
Excuse-moi, c'est tellement faux que t'es pas tellement spirituel dans la vie. À l'époque. Ah, OK. Oui.
- Speaker #1
À ce moment-là, il y avait pas beaucoup de choses spirituelles dans la vie.
- Speaker #0
Merci de préciser. Puis je veux juste te dire qu'on va conclure avec ce sujet-là pour cette partie d'entrevue-là, puis on va revenir dans une autre entrevue pour la suite. Comment tu pourrais conclure ce que tu étais en train de dire ?
- Speaker #1
Je vais conclure avec la plus belle des métaphores.
- Speaker #0
Tu disais que tu n'étais pas spirituel à l'époque, et que tu étais en train de te dégringoler avec Ben.
- Speaker #1
Pendant presque six mois consécutifs, je m'en vais au travail. Je n'ai pas long à marcher. C'est un coin de vue. C'est... Un demi-kilomètre, vraiment pas beaucoup, mais à tous les matins, le soleil se lève. Je parle au soleil et je lui dis... Ça se peut pas que ma vie se résume à ça. Et cette phrase-là va me poursuivre inlassablement jusqu'au jour où je décide d'arrêter de consommer. Fait qu'on va arrêter ça là.
- Speaker #0
On arrête sur... Il a arrêté de consommer un jour. Oui, tu t'en doutes parce qu'il serait sûrement pas assis ici au micro. Mais ouais, OK. Fait que là, reviens, là. Reviens parce que la suite est intéressante. Là, on va embarquer dans le processus. Fait que good, on s'arrête là. Ah, j'aime ça. Ça nous fait vraiment... Ça nous donne le goût de revenir. Bye. Merci, Francis.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Oh, Avant de repartir, prends juste un... Six moments pour laisser ça descendre. Vois ce que ça change en toi. S'il y a quelque chose qui a résonné, pense partager cet épisode à quelqu'un avec qui tu t'en reliers. Aussi, continue le chemin à ta façon, en restant relié à ce qui est vivant en toi. Et si tu en as envie, abonne-toi au balado. Comme ça, on va rester reliés ensemble.