- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on fait avec ce qu'on a reçu ? Pas ce qu'on aurait voulu recevoir, ce qu'on a reçu pour vrai. Les manques, les blessures, les personnes qui sont parties, celles qui ont quand même laissé une trace. On continue dans Humain Humain en processus avec la deuxième partie de ma conversation avec Francis Macré. Je te rappelle que Francis nous parle de choses qui peuvent toucher des cordes sensibles. On aborde la spiritualité, la dépendance, l'isolement, les faillites, autant financières qu'humaines. Prends soin de toi en écoutant. Dans cette partie, Francis pousse la réflexion plus loin, sa relation avec la spiritualité, longtemps résistante, maintenant ancrée dans l'ouverture plutôt que dans les certitudes. Il nous raconte aussi ce que les narcotiques anonymes lui ont offert au-delà de l'abstinence, c'est-à-dire un sentiment d'appartenance. Et aussi une idée qui m'a beaucoup rejoint, celle qu'on fait tous de notre mieux avec la langue qu'on a apprise. Il nous parle aussi du piège de l'isolement, comment à force de se méfier des autres, on se développe seul et comment ça crée des angles morts qu'on ne voit pas justement parce qu'on est tout seul à regarder. Puis il termine avec quelque chose de beau, un choix, celui d'avoir le cœur ouvert en permanence et tout ce que ça change quand on réalise vraiment ce que ça veut dire. Si t'es là, c'est peut-être parce que tu te poses les mêmes questions ou parce que toi aussi, t'as appris une langue que t'aurais pas choisie. Installe-toi. Respire. On continue ce chemin-là ensemble. Francesc Macrae Nous revoilà pour la deuxième partie. Je vais juste nous situer à la fin de la première partie. Tu étais en train de nous introduire à ta spiritualité, en fait, au fait que tu parlais avec le soleil. disais, « Est-ce vraiment ça que tu as envie de vivre ? »
- Speaker #1
Non, ça, c'est moi qui disais ça.
- Speaker #0
C'est toi qui disais ça au soleil, excusez.
- Speaker #1
Je me disais sans cesse cette phrase-là en regardant le soleil, puis avoir l'impression d'avoir une connexion avec lui. C'était comme si, moi, le principe de Dieu, ça n'a pas vraiment collé pour moi.
- Speaker #0
En fait, j'ai le goût qu'on aille là. C'était ça ma première question que j'avais le goût de te poser. Peux-tu me définir, selon ta vision, la spiritualité ?
- Speaker #1
J'ai fait partie d'un mouvement qui s'appelle Narcotics Anonymes pendant 25 ans, où on met beaucoup d'emphase à se trouver son propre concept. d'une puissance supérieure. Et pour moi, ça a été très, très difficile. Parce que j'ai eu beaucoup de colère face à Dieu, face au concept. Moi, pendant plusieurs années, je disais à la vie que la vie me devait quelque chose. Parce que moi, j'avais souffert. Mon nombril, ma petite personne, je me voyais comme une victime.
- Speaker #0
De l'arrogance.
- Speaker #1
Hein ?
- Speaker #0
De l'arrogance.
- Speaker #1
Ah oui, effectivement, l'arrogance a été...
- Speaker #0
Si on pense que la vie nous doit quelque chose.
- Speaker #1
C'est ça. C'est ça, j'ai maintenu ça, cette position-là, quand même, plusieurs années. Bien, à un moment donné, ça m'a dérangé, mais c'est ça. Et là, il y a eu beaucoup de colère, beaucoup de frustration face à ce Dieu-là, à ce concept-là. Et ça va être un chemin, un gros chemin pour moi, de mettre la clarté là-dedans. temps, puis tout ça. Et là, je te donne la réponse facile aujourd'hui, mais le chemin pour me rendre là, il était quelque chose.
- Speaker #0
Je te pose la question aujourd'hui. Après, on va continuer le chemin, parce que là, on est ouvert sur la spiritualité, puis je trouve ça... J'ai goût que tu nous expliques, selon toi. Tu sais,
- Speaker #1
j'arrive à, aujourd'hui... Ma plus belle réponse où j'en suis, c'est « je ne sais pas » . Et j'ai apprivoisé, avec de nombreuses années, à habiter « je ne sais pas » . Et ce « je ne sais pas » là... Ça ne me fait plus peur. De ne pas avoir de réponse pour moi est une réponse en soi. Et ça a teinté ma vie aujourd'hui. À la place d'essayer de trouver des réponses, puis même je le fais encore, j'ai l'impression que ça va être quelque chose qui va m'habiter. Des fois, je veux trouver des réponses, puis il n'y en a pas de réponses. Et cet aspect-là, parce que c'est encore là, c'est une croyance. Même si je ne veux pas en mettre une, ça reste une croyance, d'habiter quelque chose, que ça soit le fondement. Ma vision de ce que c'est une spiritualité, c'est une croyance en soi-même. De dire que je ne sais pas et je suis le flot, c'est-à-dire ce que la vie me présente, sans y donner un objectif ou un déterminisme bien mal. C'est ça, mais ça c'est pas simple l'affaire là. Je veux bien, mais j'ai le piège et toute ma langue apprise qui me suit là.
- Speaker #0
Il va falloir que tu expliques la langue apprise parce que...
- Speaker #1
Oui, je sais, mais... C'est ça, ok, je vais le faire un peu parce que... Mais la langue apprise pour moi, c'est tout ce qu'on traîne, notre bagage, notre bagage des millénaires qui nous suit en arrière familial, des traumas, du conditionnement. et ainsi de suite. De l'endroit où on vit sur la planète, du temps, de la période où on vit dans la planète. Tout ça fait en sorte qu'on voit les choses d'une façon qui nous est propre. de chaque être humain, elle est différente. Et on part pas du même endroit, l'être humain. On vient pas au monde de la même façon. Il y a pas ça. Ça nous habite pas. C'est-à-dire que cognitivement, on n'est pas constitué de la même façon, puis on n'a pas tous le même niveau de confort.
- Speaker #0
Non, on n'arrive pas tous avec les mêmes affaires,
- Speaker #1
effectivement. C'est ça qui va faire en sorte qu'on va voir les choses avec un prisme. On fait au mieux avec ce qu'on a. Cette phrase-là, pour moi, elle est puissance mille. Aujourd'hui, cette phrase-là a fait en sorte que je suis beaucoup plus bienveillant et doux à mon égard.
- Speaker #0
Doux, Francis.
- Speaker #1
Doux, Francis. Ouais, doux, Francis. Fait que, tu sais, il y a encore beaucoup de chemin. Tu sais, tantôt, tu disais que j'étais dur, puis... « Ah, que j'ai eu tout avec Francis aujourd'hui » Même s'il y a encore des élans et des traces. Tu sais,
- Speaker #0
puis je veux dire, parce qu'on a renoué, on va en parler à un autre moment, mais il y a, en janvier... Il y a plus d'un an. Donc, un an et demi, on va dire qu'on a renoué et qu'on se voit de façon plus régulière. Et juste dans cette année et demie-là, de part et d'autre, en fait, on a fait un christine bout dans notre cheminement. Et il y a un an et demi, tu n'étais pas doux avec Francis. Non, effectivement. Donc, c'est comme... En tout cas, j'avais le goût de le souligner. C'est drastique, c'est phénoménal. C'est un bon cantique de douceur, en fait. si ça c'était pas possible, un an et demi, check ce que ça va être dans 25. Mais tout ça pour dire que on partait de vraiment pas doux à un an et demi, vraiment plus de douceur.
- Speaker #1
Fait que c'est super. C'est une progression.
- Speaker #0
Il y a eu plein de choses qui se sont faites avant, bien sûr.
- Speaker #1
Effectivement. C'est un chemin puis ça évolue, ça change. Puis des fois, on fait des... On fait des sauts. C'est comme si... Ce qui était mis en place depuis des années et qui ne bougeait pas à nos yeux, puis à un moment donné, ça fait « boum » , ça fait « oh, ok, ça pensait quoi ? » C'est comme, c'est ça, c'est que des fois, on a tellement le nez dedans. On n'a pas l'impression que ça avance, puis on devient autocritique, on devient, on se blâme, tout ça, puis il y a un moment où...
- Speaker #0
C'est pour ça que j'aime bien faire des bilans. Quand je m'assois pour faire un épisode solo, j'écoute le dernier épisode que j'ai fait, puis je suis comme, qu'est-ce qui a bougé depuis la dernière fois que j'ai fait un épisode ? Ça amène beaucoup de choses à ma conscience, et effectivement, je suis moins dure avec moi, je suis comme plus dans la reconnaissance de tout ce qui s'est passé, en fait.
- Speaker #1
Effectivement, oui.
- Speaker #0
Fait que bien merci, ça nous donne une bonne idée. T'allais-tu dire autre chose ? Non,
- Speaker #1
on va continuer la merveilleuse histoire.
- Speaker #0
J'avais vraiment comme le goût qu'on mette la table, parce que ça teinte en fait, tu sais, comme comment on t'écoute quand on sait c'est quoi ta définition de la spiritualité, puis là maintenant de la langue apprise. Ça va être à... À voir à travers tes yeux tout ce que tu vas dire, en fait. Fait qu'on revient à début vingtaine. Tu marches jusqu'à ton travail et tu croises le soleil à tous les matins. Puis tu jases avec lui.
- Speaker #1
Et un jour, à un moment donné...
- Speaker #0
La question était, est-ce que tu veux vivre ça toute ta vie, Francis ? Et la réponse a été ?
- Speaker #1
Non. Je trouvais ça pathétique, d'une tristesse sans nom à ce moment-là. Sans savoir trop comment faire, quoi faire. J'avais fait vraiment la partie de... J'avais fait un peu de meeting à l'âge de 16 ans. pour une bonne raison c'est que à un moment donné je suis dans un restaurant et je vois un petit affiche de justement Narcotic Anonym et je vais essayer de faire un premier meeting pis tout ça fait que là je suis rendu à l'âge de exactement je me souviens pas mais entre 23 et 24 ans à peu près et Je vais faire un premier meeting. J'ai essayé chez moi, tout seul. J'avais arrêté de consommer.
- Speaker #0
Mais oui, tu nous l'as dit tantôt, tu essayais à tous les matins, tu te levais avec la culpabilité, puis tu jetais ton constat. Oui,
- Speaker #1
mais c'est un petit peu plus tard, parce que ça, c'était avant mon voyage dans l'Ouest canadien. Puis quand je suis revenu, je t'avais dit que j'ai touché à autre chose. Et qui est allé tellement vite, en six mois, j'avais perdu tout. J'ai arrêté ça tout seul, cette affaire-là. Et puis, pour ne pas la nommer, la cocaïne. Puis, ensuite de ça, je suis quelqu'un qui ne boit pas dans la vie. Je n'aime pas beaucoup l'alcool. Et là, je me suis mis à boire l'alcool du vin chez moi. Mais je n'ai pas du bon sens. j'aime pas ça j'aime pas le goût fait que je me retrouve j'essaie par moi même ça fonctionne pas vraiment fait que je me j'ai dit je vais essayer à travers les meetings fait que je vais accrocher aux meetings rapidement et je vais faire du meeting pendant de nombreuses années Le meeting va vraiment être très utile. Je crois que les meetings ont leur place dans la vie. Avec nuance. C'est ça que je veux apporter. Je vais mettre quand même un point d'exclamation là-dessus. Quand on est dedans, c'est bien, puis que tu as besoin d'aide, puis je trouve que c'est un milieu sécurisant pour quelqu'un qui arrête de consommer. Un endroit où il n'y en a pas de consommation, puis que tu peux atterrir puis te déposer. déposé. Mais il y a aussi un envers de la médaille. Mais ça aussi,
- Speaker #0
au-delà, il y a d'autres choses à t'apporter aussi, un lien d'appartenance. Oui,
- Speaker #1
effectivement.
- Speaker #0
T'avais ta famille, c'est devenu ta famille.
- Speaker #1
Effectivement. des liens d'amitié très fort. Aujourd'hui, c'est ça qui est pour moi puissance 1000. Quand je vois les membres, quand je vois certains membres, certains gens, certains individus, tout de suite j'ai des connexions spirituelles qu'on pourrait dire. On va s'installer, on va connecter, on va parler ouvertement de qui nous sommes, où est-ce que tu en es rendu, comment ça se passe pour toi. J'ai ces liens-là avec certains de ces individus-là, encore aujourd'hui. Je vais progresser. Il va arriver que je vais terminer mon secondaire 5. Il me manque quelques cours. Ce n'était pas long de terminer ça. Ensuite de ça, je me cherche un peu. Je vais faire un cours pour devenir agent de voyage. C'est ça. Je n'ai pas vraiment travaillé là-dedans. Ensuite de ça, je vais refaire... une formation pour devenir... Éducateur. En petite enfance. Moi, j'aime bien le préciser, ma formation. Et là, l'avantage d'être un homme va se manifester.
- Speaker #0
Oui. Non, mais on va le souligner, parce que ma première job, parce qu'il possédait un engin sexuel masculin. Il avait 5 $ de plus que moi. Je te dirais, en plus que tu avais le poste facile. Puis que moi, j'avais le poste difficile. Fait que, pas la même tâche, il gagnait 5 piastres de plus de l'heure. À l'époque, moi, 10, lui, 15 $ de l'heure. Parce qu'il y a un engin sexuel masculin entre les deux gens. Est-ce que vous entendiez ici comment je suis pampée encore avec ça ?
- Speaker #1
Oui, effectivement, à l'époque. Puis en plus, pas la bonne formation pour le milieu. On s'entend. Très important. Moi,
- Speaker #0
j'arrive avec une technique, un bagage des stages. Toi, tu as une attestation d'études collégiales.
- Speaker #1
En petite enfance.
- Speaker #0
En petite enfance. Pas d'expérience.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
C'est important de préciser. Mais tu étais bon, là. Oui,
- Speaker #1
j'avais des compétences. C'est ça, tu étais compétent. Des aptitudes.
- Speaker #0
Il y avait quand même de l'injustice.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Je veux juste dire que c'est une femme qui était directrice de ce foyer-là. C'était toutes des femmes, les chefs d'équipe aussi.
- Speaker #1
Mais il n'y avait pas d'hommes dans le milieu. Avoir des hommes, c'était...
- Speaker #0
Un cadeau, une perle rare, je suis d'accord, mais je trouve ça quand même injuste. Mais bon.
- Speaker #1
Effectivement. Je ne peux pas... Je ne débat pas là-dessus. Fait que c'est ça. J'ai travaillé dans un foyer, puis c'est ça. Là, j'ai fait ma formation et tout ça, mais moi, je suis très conscient de ce que je fais à cette époque. Je veux faire la paix. avec mon enfance troublée.
- Speaker #0
J'ai hâte que tu, à travers le fait d'aider, d'accompagner des enfants.
- Speaker #1
Je vais faire la paix avec la mienne. C'est très, très senti. C'est très clair à l'intérieur de moi. Et ça va le faire, d'une certaine façon, ça va le faire. Je vais travailler pendant presque deux ans, peut-être, grosso modo, avec un foyer groupe. Après ça, je vais aller travailler avec une autre clientèle, 12-18, un autre foyer. Puis là, il va se passer quelque chose. J'ai l'idée géniale, moi, dans ma vie, parce que ça a beaucoup d'importance pour moi à cette époque-là. C'est vraiment... C'est peut-être de mon époque, c'est peut-être dans ma langue à prise, mais je veux devenir riche. Je mets beaucoup l'emphase là-dessus.
- Speaker #0
La langue à prise de bien du monde, quand tu regardes autour de toi dans la société,
- Speaker #1
il y a beaucoup de gens qui pensent que l'argent est la solution. Effectivement. Donc, je veux devenir riche. Fait que ma façon à moi de devenir riche, c'est de partir d'une entreprise en peinture. Je veux devenir millionnaire. Et je suis vraiment très sérieux dans ce que je vous raconte là.
- Speaker #0
Tu es devenu millionnaire ?
- Speaker #1
Non, je veux devenir millionnaire avec une compagnie. panique de peinture. Ça aurait pu fonctionner, mais vous en doutez bien que ce n'est pas là qu'il va se passer.
- Speaker #0
Ce n'est pas ça qui s'est passé. Non, mais parce que ta langue à prise d'être une victime et de ne pas mériter était bien plus forte que de devenir millionnaire. Tu voyais une porte de sortie, mais ce n'était pas ça ton encodage. Non,
- Speaker #1
mais je traîne tellement de trucs en arrière de moi. À l'époque, là.
- Speaker #0
Mais tu es devenu un Christy de bon peintre, il faut le préciser par exemple.
- Speaker #1
Effectivement, j'ai développé des...
- Speaker #0
Fait que tu n'es pas devenu millionnaire avec ta compagnie, puis tu as même fait faillite.
- Speaker #1
J'ai fait faillite à deux reprises.
- Speaker #0
Puis là, je ne le dis pas parce que... à deux reprises ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pas longtemps. Parce que c'est juste pour mettre l'emphase sur à quel point était forte ta langue à prise. Comme quand on veut se sortir d'un pattern, si on ne le fait pas avec conscience, parce qu'à l'époque, je ne pensais pas que tu avais conscience. Tu voulais devenir millionnaire à côté de moi. qu'une compagnie de peinture, il y avait encore quelques angles morts.
- Speaker #1
Oui, mais tu sais, c'est ça. Moi, j'ai développé la peur de l'être humain.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
La peur de l'homme, c'est m'habiter, mais la peur de l'être humain, c'est la méfiance. La peur, c'est... j'ai pas peur. C'est surtout... Ok, je vais juste essayer de préciser un peu ce que je veux dire. C'est que j'ai pas... peur de rentrer en relation avec l'être humain. Je ne me sens pas nerveux. Ce n'est pas ça. C'est plutôt la méfiance de quand est-ce que tu vas me quitter ? Je peux-tu te traster ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas-tu... Tu vas-tu abuser de moi ? La méfiance que je vais développer avec les années va s'amplifier.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que tu as aussi fait des trucs ? Merci. pour aller te confirmer dans ton identité.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Pourquoi je précise ça, c'est que je veux faire un lien. Moi, je me suis... J'entends ma prof me parler, mais... Avec l'influence de certaines personnes, j'ai l'impression que je me suis développé seul. mes systèmes de croyances qui m'habitaient à l'époque. Donc,
- Speaker #0
avec quelques angles morts. Beaucoup d'angles morts. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup.
- Speaker #1
Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup.
- Speaker #0
Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup.
- Speaker #1
Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup C'était... Puis mon rapport à l'argent était déséquilibré. Ça fait que c'est ça. Deux faillites plus tard, finalement. Je l'ai faite une très tôt, puis l'autre avec peintre-désigne. Je vais quitter le milieu de... d'éducateurs en lien avec ça, pour partir ça.
- Speaker #0
Parce que t'as compris qu'on ne deviendra pas millionnaire ?
- Speaker #1
Ben non, ça ne va pas fonctionner.
- Speaker #0
En étant éducateur ?
- Speaker #1
Non, vraiment pas. On gagnait...
- Speaker #0
15 piastres.
- Speaker #1
Je pense que j'étais rendu à 17 piastres à l'époque pour l'autre foyer de bois. Oui,
- Speaker #0
c'est moins payant les foyers contractuels.
- Speaker #1
Oui, fait que là, c'est ça. Je passe tout en un membre actif de Narcotic Anonyme, puis je fais beaucoup de meetings, puis en réalité ma vie tourne autour de gens qui ne consomment plus. Ça va tenter beaucoup ma vie, énormément même. Puis d'une certaine façon... Je suis con. Tu es con. On me demanderait, y'a-t-il des choses que tu ne voudrais pas refaire ? Y'a rien que je ne voudrais pas refaire. Y'a rien que je ne voudrais pas vivre comme j'ai vécu. Même mes agressions. Même les agressions, puis même mes doutes d'identité sexuelle. Parce que ça, ça va envahir énormément ma vie pendant un sacré bout. Je vais beaucoup vivre d'anxiété, de stress. Quand je vais à l'université, en marketing, je me souviens, je vis des choses d'anxiété à l'intérieur de moi. Parce que là, je suis confronté à « je vois des gars qui sont en train de se faire un peu de la vie, beaux. Puis là, parce que je les trouve beaux physiquement, avec leur allure et tout ça, là je me dis, c'est ça être gay, Francis. On les trouve beaux, c'est comme ça que ça commence.
- Speaker #0
Il y avait quelques distorsions.
- Speaker #1
Il y avait beaucoup de distorsions, beaucoup de systèmes de croyances que j'ai achetés. Puis là...
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait une peur d'être homosexuel parce qu'il y avait une partie de toi qui avait aimé ça ? Non,
- Speaker #1
pas du tout. En réalité, moi, il n'y a pas... J'ai fait des expériences avec d'autres garçons, parce que c'est là où ça s'est passé pour moi. Parce que dans les abus sexuels, moi, il ne s'est pas passé grand-chose. Ça a été plus touche-pipi. Je vais rappeler ça de cette façon-là.
- Speaker #0
C'est pas passé grand-chose, mais c'est quand même... C'est majeur.
- Speaker #1
J'ai quand même été confronté à de la pornographie. visuelle parce que lui il mettait ça, il se déshabillait, il se masturbait devant nous, tu comprends ? Oui, j'étais confronté à ça. Mais il a voulu que je fasse des fellations, puis je ne faisais pas de fellation, ça ne m'attirait pas, tu comprends ? Mais tout ça a quand même perturbé ma sexualité. Mais pour revenir au gars quand je lui ai dit…
- Speaker #0
Merci. Des gars que tu trouvais beaux, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Puis là, à un moment donné, pour comprendre plus tard, parce que ça va aller plus loin, qu'est-ce que c'est l'identité sexuelle ? Tu sais, qu'est-ce qui anime cette pulsion-là à l'intérieur de nous d'aller vers l'autre ? Bien, je n'avais pas cette pulsion-là vers un homme. Ça s'arrêtait à... Il a une allure beau et tout ça, mais ça venait pas à l'intérieur de moi de le désirer, cet homme-là. Mais j'étais capable de faire la différence entre aujourd'hui. À l'époque, ça se passait pas de même dans ma tête. Parce que je le trouvais beau, ça devenait... Un monstre à l'intérieur de moi. Puis là, tu sais, je vous fais secours, mais dans ma vie, ça a duré de nombreuses années. C'est venu teinter énormément ma vie perturbée. perturbée. Puis, c'était pas calme. C'était pas doux. Puis, j'étais pas doux. Je peux pas...
- Speaker #0
Envers toi-même.
- Speaker #1
J'utiliserais pas de termes que j'ai déjà utilisés dans le passé pour des... Mais c'était vraiment violent à mon égard.
- Speaker #0
J'ai le goût de revenir à l'arrogance parce qu'en fait... Maintenant, j'ai assez de sagesse pour savoir que si tu étais autant arrogant avec les autres, c'est parce que tu étais violent avec toi-même, dans le fond. Généralement, c'est souvent un miroir de ce qui se passe. Ce qui se passe à l'extérieur, c'est souvent un miroir de ce qui se passe à l'intérieur.
- Speaker #1
C'est drôle que tu parles de l'arrogance, parce qu'à un moment donné, je suis sur un... Il y a des flashs, tu m'amènes là, mais je vais profiter de ce que tu me présentes là. Je suis avec un de mes employés sur un chantier, on est dans un échafaud, puis on parle d'arrogance. Toutes les deux. Puis, je disais, lui, il aimait beaucoup l'arrogance. Il aimait ça, oui. Mais c'est un jeune homme. À l'époque, je suis rendu 35, 38 ans, 24, 25 ans. Même pas taille de 23, je ne suis même plus sûr. Et il est bien là-dedans, il trouve ça. Puis moi, c'est les dernières années où je fais comme... Ça me tape ses narres là, regarde, avec... Moi-même, j'ai une dualité dans laquelle je suis confronté parce que je me rends compte que le cheminement que je suis en train de parcourir, mon chemin de vie, l'arrogance, c'est une forme de violence passive. Moi, c'est comme ça que je la norme. Moi,
- Speaker #0
je la trouve quand même assez active.
- Speaker #1
À ce moment-là, dans ma vie, c'est comme ça que je le perçois. Aujourd'hui, je peux te dire que c'est violent. Et ça, ça fait comme... Notre discussion, notre échange tourne autour de ça. Je partage mon expérience de comment moi je l'ai vécu.
- Speaker #0
Ça prend une place énorme dans ma vie. J'ai de la difficulté à me départir de ça. C'est un pattern qui rentre... Je rentre hyper facilement dans cette zone-là. C'est quelque chose que j'utilise pour me protéger. C'est quelque chose que je vais utiliser pour me vendre, me mettre de l'avant, à toutes les sauces. Mais je suis inconfortable. Et ça va plus loin aujourd'hui quand je suis capable de regarder ça. Je suis loin d'être dans la douceur et dans la bienveillance quand je me mets dans cette position-là pour moi. Je ne parle même pas de l'impact que ça a sur les autres. Je parle uniquement de l'impact que ça a pour moi. Là, je fais comme « Oh, OK » . Effectivement, l'arrogance, elle a pris place énormément dans ma vie. Mécanisme de survie, je vais dire. Fait que, ouais, c'est ça, l'arrogance.
- Speaker #1
Puis, j'ai le goût de faire un parallèle ici, parce qu'il y a des choses que tu fais encore à ce jour que tu aimerais ne plus faire.
- Speaker #0
Bien oui.
- Speaker #1
Puis, tu luttes un peu des fois, j'ai l'impression, contre ces choses-là. Qu'est-ce qui fait que... Qu'est-ce qui... Bien, en fait... Parce que l'arrogance, elle revient des fois quand on te pèse sur un piton et que tu vas rentrer dans... Puis avec des personnes en particulier, elle va revenir plus qu'avec d'autres. Mais en général, il n'est plus tant là, ce mécanisme. mécanisme-là. Il est là comme... Mettons qu'on vous demande des chiffres. Avant, il était là comme 70 % du temps. Maintenant, il est là peut-être juste 3-4 % du temps. C'est quand même une immense différence. Qu'est-ce qui fait que c'est encore difficile d'accepter que les choses que tu ne veux plus dans ta vie, c'est un processus ? Si on fait un parallèle entre les deux, comme là, on est capable de voir le grand cheminement qu'il y a eu par rapport à ça. Puis que là, il y a encore de la lutte. Tu sais, moi, je le vois un peu comme de la lutte, là. Tu sais, comme quand tu me parles de, admettons, admettons, faire vite, vite, vite toutes tes choses que tu as à faire dans ta journée pour pouvoir aller t'asseoir en avant d'un écran. Puis là, bien, pas être fière de toi parce que tu n'es pas en train de faire des choses qui te nourrissent, en fait. Mais ça aussi, être assise en avant d'un écran. Et je le fais moi-même, hein, parce qu'il n'y a aucun jugement ici, là. Ça aussi, c'est un mécanisme d'adaptation, peut-être, moins d'un mécanisme de... On est moins dans la survie, là, quand on s'assoit en avant d'un écran, mais il y a un mécanisme dans ça qui fait qu'on est dans la fuite de quelque chose, peut-être. On est en train d'anesthésier quelque chose aussi, peut-être. Mais qu'est-ce qui fait... Ma question, oui, qu'est-ce qui fait que... C'est encore difficile d'accepter que c'est un processus et que les choses vont arriver.
- Speaker #0
Là, il y a beaucoup de choses. Là où je suis rendu, et avec le parcours de ma vie aujourd'hui, et ça risque sûrement d'évoluer, j'ai le goût de te répondre une chose, c'est que je crois que... Parce que j'y touche de plus en plus, là, cet amour-là pour nous-mêmes. Puis, je n'ai pas la prétention d'avoir arrivé à nulle part, vraiment pas. Je vais à laisser tomber, à lâcher prise, à s'asseoir à l'intérieur de nous, à incarner le corps qu'on est, à incarner l'individu qu'on est. Je pense que je manque de mots pour préciser l'endroit où je peux toucher. Quelques secondes, quelques minutes par jour, à des moments dans ma vie où il y a quelque chose d'une magnificence, où j'arrive à toucher à l'intérieur de moi. Puis, de ramener ça à des mots, à réduire ça à des mots, je trouve que...
- Speaker #1
Il n'y a pas de mots à l'auteur.
- Speaker #0
Il n'y a pas de mots. Parce que... Mon chemin à moi, ma façon de le faire, ça serait réducteur pour quelqu'un d'autre que j'utilise ces mots-là, parce que ça ne se passera pas de la même façon.
- Speaker #1
Ça pourrait être réducteur.
- Speaker #0
Ça pourrait être réducteur. C'est-à-dire que je ne pense pas qu'il y ait une formule gagnante pour chacun. C'est-à-dire que...
- Speaker #1
En fait, chacun a sa propre formule gagnante. c'est ça,
- Speaker #0
pis t'as bien choisi le titre. C'est le parcours, c'est ton chemin. Fait que, marche ton chemin. chemin. Mais le chemin qui est à marcher, il n'est pas à l'extérieur. Il est à s'incarner à l'intérieur de nous, de s'asseoir. En tout cas, du moins, ça, c'est mon système de croyance dans lequel je suis présentement.
- Speaker #1
Que tu ne sais pas.
- Speaker #0
Effectivement, que je ne sais pas. Vous ne me voyez pas, mais j'ai les larmes aux yeux, j'ai les yeux pleins d'eau. Je pense que c'est ça jusqu'à maintenant, où est-ce que je suis, que j'arrive à me déposer. Et je n'ai pas la prétention de le faire non-stop dans ma journée. Et c'est ça,
- Speaker #1
quelques minutes par jour, pas tout le temps.
- Speaker #0
Pas tout le temps, pas tous les jours. Parce que je suis encore poignée avec le gambling, avec la pornographie, avec le fait de ne pas bouger et d'être assis devant un écran pendant... 10-12 heures par jour. Je fais ça encore en tant qu'être humain. Tu sais, fait que... Puis ça,
- Speaker #1
tu te tapes encore beaucoup dessus ?
- Speaker #0
De moins en moins ? De moins en moins. Sérieusement, de moins en moins. Je me vois quand j'arrive et que je me mets la culpabilité qui se présente à moi. C'est ça qui est magnifiant, c'est-à-dire que plus on marche notre vie et qu'on arrive à se regarder avec amour, douceur, bienveillance, on voit les chêmes de pensée se créer dans notre tête. Puis, arriver à, ok, ben oui, ok, je suis en train de ça. Puis, c'est quoi que je goûte présentement ? Ben oui, la culpabilité, là, à ce présent. Est-ce que je l'apprends ? Qu'est-ce que je fais avec ? Des fois, je la prends et je me flagelle un peu. Des fois, j'arrive à faire en sorte que je la laisse passer et elle continue son bonheur de chemin.
- Speaker #1
C'est beau. Comme une paix. En fait, je t'écoute parler et je repense à Guy Corneau qui disait qu'il y a un moment donné où il est passé proche de mourir et il a pris conscience qu'on prenait quelque chose comme 98 % de notre énergie à résister. Puis, ça s'est déposé comme une vérité à l'intérieur de moi, puis maintenant, ça m'a amenée à prendre conscience à quel point je résiste. Mais c'est la première étape, prendre conscience. qu'on n'est pas compétent dans quelque chose. C'est comme, OK, en ce moment, je prends conscience que je ne lâche pas prise, moi, dans la vie. Je résiste. Puis que je continue de me raconter une histoire. Puis que c'est la première étape. C'est comme si... Bien, je vais l'appeler l'ego, hein, mais on nous a bien vendu qu'on a la pensée magique, facilement. On cherche la pilule miracle. On cherche toujours la facilité, en fait. Bien, j'ai juste 41 ans d'expérience, mais ces 41 ans d'expérience m'ont quand même permis de réaliser que c'est simple, mais c'est pas facile. Donc, la solution, elle est simple. C'est simple, simple, simple. C'est comme... Ça, c'est une solution comme ultime. Mais fuck que c'est pas facile. Parce qu'il y a plein de résistance. C'est pas facile de faire tous ces liens de notre langue à prise. De « Hey, si je pense comme ça, si je fais ça, j'appartiendrai plus. Ouais, mais là, ma survie est menacée. » Puis la cassette part. Puis là, on peut pas prendre conscience d'absolument toute la cassette juste d'une shot. On crèverait.
- Speaker #0
En tout cas,
- Speaker #1
l'ego pense qu'il crèverait. Ça fait déjà 40 minutes, je ne sais pas si tu réalises, qu'on parle. Je vais faire un petit fast-forward. Je ne sais pas ce que j'ai le goût de faire, parce que j'ai le goût de comprendre vraiment le temps. On va conclure avec « Il y a eu un autre moment dans ta vie » et on va revenir, on va faire un autre épisode parce que tu t'en vas. Tu t'en vas, tu retournes dans l'Ouest canadien. Ah, il y a des mollets Je l'ai réalisé tantôt en t'écoutant. Qu'il nous reste peu de temps avant ton départ. Ouais, ok. C'est correct. Il n'y a aucune partie de moi qui a eu le goût de te retenir. C'est correct. C'est ton choix. Tu as un appel, puis tu y vas. Au contraire, en fait, je suis vraiment dans l'admiration que tu suives cet élan-là et tout ce que tu as mis en place. Mais ça, en soi, ça va être une autre entrevue. On va y revenir. Puis j'aimerais, pour conclure, si tu pouvais nous partager, parce qu'il y a eu un autre moment clé quand même, où tu as eu un autre éveil, où tu as pris conscience que... Tu l'as pris conscience autour de 25 ans que la vie que tu voulais vivre, ce n'était pas la consommation. Puis tu as eu un autre éveil comme une vingtaine d'années plus tard, où tu t'es aussi dit, ce n'est pas non plus la non-consommation. Je suis en train de passer à côté de ma vie, je suis en train de me conditionner d'une autre façon. Ce n'est pas ça non plus que j'ai le goût. En quelques minutes, tu voulais nous faire un... Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là pour toi ?
- Speaker #0
En réalité, moi, ça faisait 15 ans. quelques années que ça ne fonctionnait plus pour moi. Je n'arrivais pas à me nourrir.
- Speaker #1
Le limiting.
- Speaker #0
Il y a quelque chose au niveau... Je cherchais mon chemin. Donc, j'ai décidé d'aller faire une formation en émotivo-rationnel de deux ans. Et ça a changé beaucoup ma perception des choses. Et ça, ça ne guide pas aujourd'hui. Ça tente ma vision également. À travers ces années-là, j'étais quelqu'un qui méditait de façon sporadique des périodes de temps. et après ça, plus de temps. La méditation a quand même fait partie de ma vie pendant de nombreuses années. Après ma formation, je suis allé suivre une formation en méditation pleine conscience. Encore là, j'ai approfondi quelque chose qui m'aide encore aujourd'hui dans ma façon de voir les choses. On a renoué contact, toi et moi. Pour moi, c'est cet événement-là qui va basculer quelque chose majeur dans ma vie. Je ne savais pas si c'était ça que tu faisais référence, mais moi, c'est cette chose-là qui m'a vraiment joué.
- Speaker #1
En fait, non, ce n'est pas ça que je faisais référence, parce que ça allait commencer avant.
- Speaker #0
Oui, effectivement.
- Speaker #1
Je pense que la vie, parce que de part et d'autre, on y reviendra dans l'entrevue sur notre relation, mais je vais te laisser continuer un temps. Je voulais dire, oui, c'est ça, c'était une clé majeure peut-être dans ton deux.
- Speaker #0
processus, vas-y. Oui, parce que c'est sûr et certain que la minute que j'arrive plus à trouver mon petit bonheur ou des références qui me plaisent à évoluer, là, que je suis en démarche à faire plein d'autres choses, c'est clair que je suis éveillé, je suis éveillé, ça c'est un terme que j'aime pas trop, mais j'essaie de me nourrir à trouver des réponses et Merci. C'est correct. Je ne dénigre pas que les gens le font, mais j'essaie de trouver des réponses à l'extérieur. Je ne suis pas assis à l'intérieur de moi. Toutes les démarches que je fais, j'essaie de faire des démarches à l'extérieur. Les motifs rationnels, la méditation pleine conscience, tout ça, c'est correct. Mais aujourd'hui... je me positionne ailleurs, c'est correct, mon chemin est là où je veux arriver, c'est on va essayer toi et moi de faire un bout de chemin ensemble.
- Speaker #1
Avec mes peurs,
- Speaker #0
mes peurs qui sont vraiment de l'ordre de l'être humain, puis de l'intimité, de faire confiance à quelqu'un, puis tout ça. Puis moi, j'ai un malin, une tendance à vouloir plaire. Puis moi,
- Speaker #1
j'haïs ça,
- Speaker #0
les gens. Oui, c'est ça. Quand je me mets dans cette position-là, bien... Je ne me respectais pas. Ça fait que c'est ça.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. Quand je dis j'haïs ça, je ne voulais pas dire les gens, mais quand les gens font ça, parce que je le sens. que tu as un manque de respect, puis ça m'amène à te manquer de respect.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'est une boucle infinie, puis je ne suis pas bien. Puis c'est ça qui est excisant, mais on y reviendra. Vas-y.
- Speaker #0
Puis là, il va se passer quelque chose, parce que je suis... Au fil du temps, j'ai développé la capacité de me regarder, de me déposer, puis d'arrêter, puis d'observer. Et je suis chez moi, je me souviens du moment, du lieu, de tout ça. Puis ça fait un immense « oh putain » . Je viens de toucher à quelque chose de majeur, je me vois être envahi par les peurs. Mais je vais dire la peur avec un grand « P » . Et toutes ces dérivées qui se manifestent. Donc, je suis comme « tabarouette » . Je me rends compte que je me suis isolé, que j'ai des relations, mais des relations à distance, très peu entretenues.
- Speaker #1
Et en surface.
- Speaker #0
Et en surface. Je laisse rentrer des gens, mais... encore là je me mets en position d'écoute que je me confie pas beaucoup que je suis pas vulnérable et ainsi de suite fait que là je vois le com je me vois et je vois que ok wow Et je parle avec toi, j'en parle avec toi, puis je fais comme... Il y a une méchante prise de conscience. Je touche à quelque chose de fou, là, pour moi, majeur. Et toi ? Je sais pas pourquoi il y a quelque chose que tu vas vivre ou... Tu vas me partager quelque chose qui va changer... qui va devenir un point, ce point-là pour moi. Tu vas m'arriver un matin et tu vas me garacher ça. Ça n'a peut-être pas aussi d'incidence pour toi à ce moment-là. Ça va peut-être prendre plus de place pour toi plus tard, mais ça n'a pris une place majeure pour moi dans ma vie parce que je te l'ai partagé d'innombrables fois. Et tu me dis ce matin-là, et si on demeurait le cœur ouvert en permanence ? Est-ce que c'est textuellement ? Je ne sais pas. Et pour moi, cette phrase-là a pris tout son sens. Et il s'est passé quelque chose de gigantesque, parce que... J'ai vu le pouvoir de l'amour. Mais j'ai vu le pouvoir de mon amour. De l'endroit où on est allé, toi et moi, tantôt, où mes yeux sont devenus pleins d'eau, où j'essayais de ne pas donner de mots à quelque chose. Et c'est là que ça s'est passé pour moi. Il s'est passé quelque chose. Les gens vont donner un réveil, un éveil. Si vous voulez, je vous laisse trouver les mots qui sont juste pour vous, c'est correct. Pour moi, j'appelle ça un point tournant. Et ça va emmener à... On va partir réaliser des trucs.
- Speaker #1
Arrêter de remettre.
- Speaker #0
Oui, parce que j'ai remis beaucoup de choses par peur.
- Speaker #1
Oui, puis on va aussi mentionner que tu as eu 50 ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je pense que ça a aussi, genre, tu as fait comme, « Hé, attends une minute, là. »
- Speaker #0
Puis j'ai deux amis qui sont en train de mourir. Ça aussi, ça va jouer.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ils sont sur le bord de... de leur faim à eux. Et ça, ça joue énormément. Ça fait que tout ça a joué. Ça fait qu'effectivement, ce point-là, pour moi, est majeur. Et a fait en sorte que le désir profond de m'asseoir à l'intérieur de moi. Quand je vous dis ça, je me vois assis en position de méditation et il n'y a rien qui se passe. C'est-à-dire que... Je suis juste assis.
- Speaker #1
Mais il y a des pensées, il y a des choses qui vont se passer quand même. Oui, oui,
- Speaker #0
mais dans le sens...
- Speaker #1
Mais tu n'es pas en réaction.
- Speaker #0
Non, c'est ça. C'est ça, tu sais, je me dépose.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je me dépose à l'intérieur de moi, puis je... Je suis le flot. C'est-à-dire que je ne suis plus en conflit avec ce qui se passe. Il se passe ces événements-là, puis je berce cette vague-là.
- Speaker #1
Est-ce que tu te vois aussi être en train de faire plein de choses dans cet état-là ? Parce que là, tu as dit, je suis assise en méditation. Est-ce que tu penses aussi qu'on peut cultiver des relations, puis rester, demeurer dans cet espace-là ? C'est ce à quoi tu aspires ?
- Speaker #0
Les relations, pour moi,
- Speaker #1
me font de moins en moins peur. J'entretiens mes relations depuis quelques années.
- Speaker #0
J'ai fait un virage là-dessus. Je me suis amélioré. Mais le point de bascule, pour moi, a fait en sorte que c'est précieux, les liens. Puis en même temps... Je suis capable de vivre du détachement face à certaines relations, d'accepter que les gens ont le goût d'aller plus ailleurs, puis que... Tu te souviens de la sphère que je t'avais présentée ?
- Speaker #1
Oui, on peut le dire. Parce que j'en parle dans un épisode, je l'explique, la boule relationnelle. C'est toi qui m'as parlé de ça. On peut le mentionner.
- Speaker #0
La sphère relationnelle, pour moi, elle est mouvante. Elle a de la vie. C'est beau. C'est plein de sphères qui se collent l'une à l'autre. C'est comme ça que moi, je le vois. C'est du vivant, cette sphère-là. Ça bouge, les gens. viennent des fois s'éloigner, reviennent, et des nouveaux visages qui se présentent. C'est magnifique.
- Speaker #1
J'imagine que tu avais à passer par ce processus-là pour réussir à t'autoriser à toi-même de quitter. Parce que tu ne quittes pas les relations, mais tu quittes le Québec. Les relations s'entretiennent différemment quand on est à l'autre bout du pays. J'imagine que... Oh, Avant de repartir... Prends juste un petit moment pour laisser ça descendre. Vois ce que ça change en toi. S'il y a quelque chose qui a résonné, pense partager cet épisode à quelqu'un avec qui tu t'en reliers. Aussi, continue le chemin à ta façon, en restant relié à ce qui est vivant en toi. Et si tu en as envie, abonne-toi au balado. Comme ça, on va rester reliés ensemble. Ouais, j'imagine.
- Speaker #0
C'est sûr et certain qu'il y a un risque que je perde certaines relations, et puis c'est correct, it's ok. Et puis que j'en gagne d'autres. Ah oui,
- Speaker #1
ça j'imagine que si ça n'arrive pas,
- Speaker #0
c'est... Ça me fait prendre à créer des liens. C'est ça. Puis je me dirige vers ça pareil. Je vais me nourrir vers ça. C'est là que j'ai le goût d'habiter. Effectivement.
- Speaker #1
C'est la fin. C'est la fin de l'épisode. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi. C'est une belle expérience, une belle richesse de parler.
- Speaker #1
De s'ouvrir. C'est beau. Effectivement. Ça apporte un... Qu'est-ce que... Oui ? Qu'est-ce que ça...
- Speaker #0
Bien, pour moi... On a quelque chose en commun dans un de nos objectifs, c'est les cercles, les cercles de paroles. Puis, je ferai un parallèle à ça. Être capable de se nommer dans un endroit sécuritaire, accueillant, par quelqu'un qui nous met en confiance, qui est à l'écoute, qui est ouvert, qui est bienveillant. Un cercle de paroles, c'est ça aussi. Ça a des bienfaits que je crois de prendre parole à un niveau exceptionnel. Il y a toutes sortes de façons d'arriver à ça.
- Speaker #1
Je peux en témoigner. que j'ai participé à beaucoup de cercles de femmes, à beaucoup de cercles de paroles, et à travers mon balado, je peux en témoigner que, à chaque fois, c'est transformateur. Je suis sûre que c'est parti d'un groupe. En tout cas, c'est... Ouais, d'être entendue, de s'entendre aussi.
- Speaker #0
Hum-hum.
- Speaker #1
Ouais. Ouais. Ouais, cool. Merci. Je suis tellement en gratitude d'avoir fait ça avec toi.
- Speaker #0
Hum-hum. Merci encore.
- Speaker #1
Bye. Oh, oh, oh, oh, oh Avant de repartir, prends juste un petit moment pour laisser ça descendre. Vois ce que ça change en toi. S'il y a quelque chose qui a résonné, pense partager cet épisode à quelqu'un avec qui tu t'en reliers. Aussi, continue le chemin à ta façon, en restant relié à ce qui est vivant en toi. Et si tu en as envie, abonne-toi au balado. Comme ça, on va rester reliés ensemble.