- Speaker #0
Des fois, aimer quelqu'un, ça ressemble plus à tenir, puis d'autres fois, ça ressemble exactement au contraire. Bienvenue dans Humain humain en processus. On se retrouve pour une troisième et dernière fois avec Francis, à quelques jours de son départ pour l'autre bout du pays. Cet épisode, je ne l'ai pas préparé comme les autres. Il est arrivé comme il devait arriver, avec des émotions en fleurs de peau et une présence entre nous deux. qui dit beaucoup sans avoir besoin de tout nommer. On parle de ce que ça coûte et de ce que ça libère de choisir l'amour plutôt que la peur. Si tu as le cœur sensible aujourd'hui, installe-toi confortablement. Ça va peut-être faire du bien. Ou ça va peut-être permettre à quelque chose de remonter à la surface. Ce que Francis m'a appris dans notre relation et continue de m'apprendre, c'est ce que ça veut dire d'être accueilli pour vrai dans toutes mes facettes. sans qu'il essaie de me changer ou de me rassurer, juste à être là. Dans cet épisode, tu vas pouvoir sentir l'ouverture de cet humain exceptionnel qu'il est. Puis si tu as écouté les deux autres épisodes, tu vas aussi pouvoir sentir la résilience dont il fait preuve. Et moi, bien, j'ai appris quelque chose sur moi à travers lui, que je suis capable d'aimer quelqu'un au point de le laisser partir, parce que je sens que c'est ça qu'il y a à vivre. Alors voici une conversation entre deux amis. qui s'ouvre avec sincérité pendant qu'il y en est encore temps. Installe-toi, respire, et marchons ce dernier bout de chemin ensemble pour l'instant. Francis, nous revoilà pour la troisième partie, la partie que j'ai promise à de multiples reprises dans les deux premières parties, en disant qu'on va en refaire une autre sur notre relation. Puis avant d'enregistrer, je te disais que d'après moi, ça va être, mettons, dans mon top 3 des épisodes les plus émotifs.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Fait qu'histoire de laisser passer un peu cette émotion. Je vais faire le retour sur la dernière partie. On a parlé beaucoup de ta spiritualité dans cet épisode-là. Puis on a terminé avec... On a effleuré le fait que tu t'en allais. En fait, dans l'Ouest canadien, on va y revenir là-dessus pendant cet épisode-là. Plus en profondeur, en fait, on va approfondir ça. Puis on va aussi approfondir « Et si j'avais le cœur ouvert en permanence ? » Chose à la... chose sur laquelle nous travaillons de lâche-pied à tous les jours de notre vie. J'aime pas dire que c'est du travail, mais en même temps, c'est tellement pas facile que c'est un peu du travail. Mais mon amie Isabelle m'a amené une nouvelle façon de voir ça l'autre fois, puis je l'ai oubliée. Je lui ai demandé qu'elle me le répète. Mais bon, bref. Alors, nous revoici, nous revoilà. Puis là, bien... J'avais le goût, on avait le goût, en fait, on en a discuté ensemble un peu de notre plan de cet épisode, de partir de notre relation. En fait, on va parler de notre relation parce qu'il y en a beaucoup à dire. Puis d'abord et avant tout, moi, je le fais pour moi. Deuxièmement, je le fais pour nous. Puis après ça, si ça peut être bénéfique pour quelqu'un d'autre, bien tant mieux. Nos retrouvailles, quand on s'est retrouvés en janvier.
- Speaker #1
2025.
- Speaker #0
Oui. Dans le fond, on s'est retrouvés parce que je faisais des posts Facebook, dans le fond, sur ma page professionnelle. Puis, tu les commentais. Puis, je trouvais ça vraiment cool, tes commentaires. J'étais comme, OK, là, lui, il vit la même affaire que moi en ce moment. Et je n'avais pas des centaines de personnes avec qui je pouvais avoir ce type de conversation-là. Fait que je t'ai dit... « Hey, ça te tenterait-tu qu'on se voit et qu'on prenne un café pour avoir ce type de discussion-là ? » Finalement, tu es venue chez ma mère. Elle t'a dit oui, tu as accepté sans trop prier. Tu es venue chez ma mère. J'habitais chez ma mère à l'époque. Dans le fond, on a renoué là. Moi, il y a eu de quoi. C'était vraiment particulier la première fois qu'on s'est revus, parce que bien sûr, il y avait des relents de l'ancienne dynamique qui étaient présentes, qui me réactivaient vraiment beaucoup. Mais il y avait aussi vraiment quelque chose de très fort, vraiment comme... je ne sais pas si je... Je pouvais dire que c'était un amour, là, à ce moment-là. Je pense pas que j'aurais appelé ça de même, mais il y avait vraiment de quoi qui me donnait le goût de te revoir. Et voilà. T'as-tu le goût de dire quelque chose sur cette partie-là ?
- Speaker #1
Bien, quand je suis arrivé, je t'ai vu, puis ça a fait comme un boy, ça fait longtemps. Puis je savais pas à quoi m'attendre, vraiment, quand je t'ai vu, tu sais. Puis... C'est sûr certain que j'arrivais avec une attitude un peu cocky, de séduction maladroite. Et je voulais, très souvent, j'utilise les connaissances que j'ai en spiritualité pour vouloir charmer. Et c'est ça qui s'est passé. Mais ça, c'est aussi une capacité que j'ai du caméléon, qu'on va approfondir un peu. Moi, j'ai découvert avec Joliane, j'avais des doutes que... J'étais caméléon, c'est-à-dire que j'ajuste ma façon d'être pour plaire à l'autre. Et ça... Je l'ai vu après notre rupture. Parce que, bien entendu, on a... En fait,
- Speaker #0
on l'a vu après la rupture.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
on l'a vu. Et on l'a subi.
- Speaker #1
On l'a subi.
- Speaker #0
Tout au long de la... Parce que, bien, dans le fond, là, on a fait un fast-forward, là. Mais, fait que là, on s'est vus une couple de fois. Tu sais, on est allés manger au resto. On a fait une couple d'affaires, là. Je me souviens pas tout par cœur de ce qu'on a fait. Mais assez rapidement, comme, je te dirais, après 3-4... fois qu'on s'est vus, on revient d'un restaurant, on était assis dans l'auto et là, je te dis, on n'est pas un couple à ce moment-là.
- Speaker #1
Non, tu me dis quelque chose de fort. C'est déjà là que j'aurais pu partir immédiatement, ça aurait été correct.
- Speaker #0
En fait, aujourd'hui, je pense que tu partirais.
- Speaker #1
Oui, effectivement.
- Speaker #0
Qu'est-ce que je t'ai dit ? C'est-tu moi qui le dis ou c'est toi ?
- Speaker #1
Vas-y, vas-y.
- Speaker #0
Je t'ai dit. Je ne sais plus exactement comment j'ai enveloppé ça parce qu'à l'intérieur de moi, je ressentais quelque chose de fort. Je pense que je t'ai sûrement dit quelque chose du genre, je ressens quelque chose de fort et je n'ai pas d'attirance physique pour toi. Littéralement,
- Speaker #1
hein ? Ah, littéralement. Puis là, moi, je ne sais pas comment j'ai pu gérer ça, mais... J'ai... je suis resté.
- Speaker #0
Oui, mais en fait, tu as essayé de me convaincre.
- Speaker #1
De te convaincre, effectivement. Mais je pense que j'ai essayé de me convaincre également. Oui, oui, tu as essayé de nous convaincre.
- Speaker #0
Je ne me souviens plus exactement comment... Pour vrai, cette conversation-là, je me rappelle de cette phrase-là. Je ne me souviens pas vraiment de ta réaction. Je ne me souviens pas de ce que tu as dit. Puis, comment ça a fait qu'on a pu aboutir par être un couple ? Mais tu sais,
- Speaker #1
ce qu'on n'a pas eu le temps de mentionner, c'est que moi J'ai beaucoup de difficultés à me trouver beau, séduisant, tout ça. Et ça va beaucoup dans le regard de l'autre à ce moment-là. Là, toi, tu me dis ça. C'est comme si j'avais besoin de te convaincre que... Ben, attends un peu. C'est pas juste le physique qui va compter. Tu vas voir, je vais réussir à te charmer. C'est un peu... c'est un peu ça, tu sais. Puis, en dedans de moi, j'ai de la peine x1000. Ça crie à l'intérieur de moi, tu sais. Et... On a parlé du coeur ouvert en permanence, et qu'est-ce qui m'avait amené là ? La peur, la peur de l'autre, de l'être humain. Et ça, probablement que pour moi... C'est... t'es venu jouer dans une de mes blessures les plus profondes, tu sais, que l'autre, d'une certaine façon, me rejette. Parce que c'est un peu du rejet de ma personne, de qui je suis, le corps que je suis, tu sais. Fait que, à ce moment-là, je suis pas capable de tout comprendre ça, là. Fait que... et avec les moyens que j'ai et le niveau de cons... pas le niveau de conscience, mais... Où est-ce que je suis rendu à ce moment-là dans ma vie ?
- Speaker #0
On se l'est dit tantôt, les deux, on est entrés dans cette relation-là avec un angle mort majeur. On était inconscient parce que quand on ne voit pas l'angle mort,
- Speaker #1
on ne le voit pas. Et avec, il y a quelque chose qui est... Moi, j'ai de la difficulté à décrire, mais un amour et un respect profond de l'un et de l'autre. À travers tout ce qu'on vit, il y a quelque chose que... De l'ordre qui est un petit peu difficile à décrire, mais je vous le décris de cette façon-là, c'est que j'ai cette admiration-là pour toi. Je te regarde, puis j'ai ce regard-là admiratif de la capacité que tu es capable de... d'avancer, puis de te regarder, puis de cheminer à travers ça. Et je ressens la même chose quand tu me regardes. Puis là, c'est ça, il y a cette dichotomie-là, c'est-à-dire il y a cette différence-là entre les deux, de je viens de recevoir comme... Elle t'a un peu... elle me trouve pas séduisant, pis à son goût, tu sais.
- Speaker #0
Ah pis c'est important de dire que moi je t'ai dit, je te trouve pas... j'ai pas d'attirances physiques, et toi t'as entendu, tu es laid.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, exactement. Je m'en allais là, là, tu sais. Parce que ça on en a reparlé,
- Speaker #0
on en a reparlé plus tard, pis...
- Speaker #1
Moi c'est linké là.
- Speaker #0
Je trouve ça beau. Je trouve ça beau, excusez, on était en forêt, puis il y a un pic qui monte sur un arbre, je trouve ça magnifique, je me suis amoditrée un petit peu. De voir les filtres de perception, puis de... Les systèmes de croyance, oui. Tout ça, là, tu sais, ça l'a vraiment... ouais.
- Speaker #1
Et c'est là que... Va arriver pas longtemps après, dans la relation, cette prise de conscience-là à laquelle on a fait référence dans l'autre balado, le deuxième, qui était d'être confronté à mes peurs. Oui. Pendant ce processus-là, j'ai vu aller mes peurs. Et à quel point... Je n'allais pas vers l'autre, la femme, pour ne pas être blessé, pour ne pas vivre des situations comme ça. Et puis là, qu'est-ce que ça fait quand, pour moi, j'ai vu que je me privais parce que je ne voulais pas vivre de faire un des erreurs, de deux déplaire à l'autre. Et tout ça pensant que c'était ma responsabilité, parce que je n'étais pas adéquat. Et là, tout ça, bien, j'ai vu ces choses-là, et c'est le point d'ancrage qui a fait en sorte que j'ai vu. vu à quel point je vivais dans la peur. Et là, bien, c'est défilé. Mais ça, c'est après ? Non, c'est le pendant. On est dans le pendant. On était ensemble quand tu m'as emmené le fait.
- Speaker #0
C'est au tout début, le caroubère. Le caroubère. C'est vraiment permanent. C'est au tout début de la relation. Vraiment, vraiment au début.
- Speaker #1
C'est ça. Je t'ai parlé du truc que j'avais touché au niveau de mes peurs. Pas longtemps après. Ça n'empêche pas qu'on a vécu ce qu'on avait à vivre à travers ça.
- Speaker #0
Là, ce que j'ai le goût de... On va faire sûrement des back and forward. Ce que j'ai le goût de dire, c'est que dans ton histoire, tu as vécu du rejet. de ta mère, puis qu'il y avait quelque chose dans convaincre, puis là, je sais que je ne le dis jamais de la bonne façon, mais tu me corrigeras, de convaincre une femme, un peu comme essayer de convaincre ta mère de t'aimer,
- Speaker #1
c'est ça ? Oui, en réalité, c'est la recherche de l'attention.
- Speaker #0
Qui était à la racine de... Ta naissance, finalement.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui va emmener notre séparation, qui va emmener une énorme chicane à cette journée-là.
- Speaker #0
C'est la prise de conscience de ça, parce qu'on a décidé, on ne vivait pas assez de défis, fait qu'on a décidé de faire un parcours spirituel, d'entrer à l'intérieur de nous ensemble. C'était magnifique, c'était magnifique. Puis là, ce matin-là, on écoute une conférence sur les legs transgénérationnelles. Puis là, tu prends conscience que tout... de ta vie, tu as essayé de convaincre les femmes de t'aimer. Puis là, au même moment que tu dis ça, moi ça fait « Oh my God » Je suis prise dans une espèce de dynamique où quelqu'un essaie de me convaincre de l'aimer. Puis tout au long de notre relation, ça faisait « C'est pas juste. Je ne dois pas être dans cette relation-là et je ne peux pas en sortir. » Jusqu'à ce jour où... On va à la fond dans ça. On se chicane. J'ai aucune idée. Attends, je vais te dire. Je me chicane. Comment on peut dire ça ? Ce n'est pas nos chicanes, c'est mes chicanes. Parce que c'est important de préciser que moi, je tempête. Francis, il est stoïque. Et ça me fait encore plus pogner les nerfs. Mais il est d'un calme et d'une régulation, d'un refoulement, en fait, probablement.
- Speaker #1
Oui, je refoule. J'en tremble à l'intérieur. Mais ça, toi, tu ne le sais pas à ce moment-là.
- Speaker #0
Je le sens.
- Speaker #1
Tu le sens, mais...
- Speaker #0
Mais je ne le sais pas avec...
- Speaker #1
Imaginez-vous qu'on est dans le char et qu'on ne se parle pas pendant... une bonne heure et demie. Et on fait tout le magasinage. On mange un repas ensemble. Sans se parler. Sans se parler. Une énergie...
- Speaker #0
Lourde. Ça n'a pas de sens. C'est pas pas se parler parce qu'on est bien ensemble. Comme tantôt, on prenait une marche en forêt puis on était en silence puis c'était juste zen. C'était beau. C'était pas ça. Non.
- Speaker #1
C'était pas ça.
- Speaker #0
Puis là, on revient à la maison. Ça fait un bon heure et demie, deux heures que ça s'étire, tout ça. Puis là, je te dis, est-ce que tu as le goût de t'en aller. Puis là, tu me dis oui, mais on s'est engagé à ne pas s'en aller quand on est en chicane, quand on est en colère. Puis là, je te dis, bien, je pense que là, il n'y aura pas de possibilité qu'on puisse arriver à être plus en colère assez pour pouvoir parler. Parce que dans le passé, j'avais eu une chicane avec toi. Non, cette fois-là, on s'était chicanés ensemble, les deux, parce que tu étais parti en colère, un peu comme sur une couille, comme on dit. en pleine tempête de neige. Puis là, bien, j'avais vraiment pas aimé ça parce que, comme tu dis, on avait beaucoup d'amour et beaucoup de respect l'un pour l'autre. Fait que même quand on se chicanait, c'était pas parce qu'on s'aimait pas, là. C'était pas ça tout le temps. On arrivait juste pas à comprendre. On arrivait pas. Bien, c'est ça, on était pris dans un angle mort. Et j'avais paniqué. Fait que là, après ça, quand on s'était réconciliés, on s'était dit, plus jamais on se quitte quand on est en colère, tu sais. Fait que t'avais respecté l'engagement. Puis là, c'est moi qui ai fait comme non. Je pense qu'on va prendre un commun d'accord que tu peux t'en aller. On ne va pas réussir à régler ça aujourd'hui. Ça ne le fera pas.
- Speaker #1
Et après là, il s'est passé un silence complet entre nous pendant une période.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
trois semaines.
- Speaker #0
Non, moins que trois semaines, parce que tu m'as écrit pour me dire la journée que Mikey était supposé faire euthanasie. Tu m'as écrit pour me... Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Mais, puis, arrivé à ce que trois semaines, un mois plus tard, on se donne rendez-vous chez moi pour parler. Et moi, pendant ce temps-là, je suis en colère.
- Speaker #0
Oui, pendant les trois semaines, toi,
- Speaker #1
tu bouilles. Moi, je bouille, je suis en colère, frustration totale, je ne suis pas capable de régler quoi que ce soit. Donc, j'allais y en aller.
- Speaker #0
Moi, je ne sais pas. Moi, je ne sais pas que c'est ça que tu vis. Pas du tout, parce que moi, de mon côté, j'ai réussi à faire le détachement de... Ce n'est pas juste que je sois dans cette relation-là, mais je ne peux pas en sortir. Là, je pouvais. Quand tu as fait la prise de conscience, ce fameux matin-là, j'essaye de convaincre, toute ma vie, j'essaye de convaincre les femmes de m'aimer. J'ai compris que je t'ai pris encore dans cette boucle-là. Puis là, j'ai pu en sortir. Il y avait une force plus grande que moi le kiki. Moi, je suis sortie de la relation la journée où on a dit, tu veux-tu t'en aller ? Moi, je suis sortie de la relation à ce moment-là. J'ai fait mon processus de mon côté. Je me suis remise au centre de ma vie. J'ai vraiment fait dans tous les... Je suis allée dans toutes les directions, tous les sens. J'ai fait mon deuil. J'ai vu tout ce qu'elle avait fait de pas correct. De pas pas correct, mais qui aurait pu te blesser, en fait. Et quand je suis arrivée chez vous, j'ai reconnu tout ça. Quand tu m'as accueillie, on a eu un petit... Ça, j'haïs ça, by the way. Je déteste quand tu sais que tu vas avoir une conversation qui va être difficile, mais que tu arrives, puis là, tu fais semblant de parler de la pluie et du beau temps. Je pense que c'est nécessaire.
- Speaker #1
Je pense que oui. Mais je l'haïs beaucoup. Ça met la table.
- Speaker #0
On fait comme semblant, puis à un moment donné, bon, OK, on y va. Là, on y va, puis je te raconte, je te dis toutes mes affaires. Moi, je suis zen, je t'en paie. Je suis vraiment une belle place, mais pas toi.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui s'est passé pour toi à ce moment-là ?
- Speaker #1
Tout ce que tu me dis, je renchéris, je réplique, j'argumente.
- Speaker #0
Tu n'étais vraiment pas doux, Joliane Non. Comme je le sais, Francis, je viens de le reconnaître.
- Speaker #1
Et là, ça va monter en escalade.
- Speaker #0
Oui, et il y a plusieurs reprises. Moi, je reste calme. C'est la première fois, en fait. que c'est toi qui montes en escalade, puis moi, je rescale. C'est des rôles inversés. Oui, absolument. Puis à au moins deux ou trois reprises, je te dis, je le sais, Francis, je viens de te reconnaître. Pourquoi tu as besoin de me dire tout ça ? Puis tu me dis des choses qui sont très blessantes. Genre, moi, je ne veux pas être ton amie. Je ne te veux plus dans ma vie. Des affaires comme vraiment... Genre, tu as touché à peu près à toutes mes blessures. Genre, tu as fait un grand tour d'horizon. Mais moi, je suis arrivée, j'étais vraiment régulée, j'étais vraiment dans une belle place, puis je suis restée là. Je comprenais, je voyais que tu souffrais. Et je voyais aussi que je ne pouvais pas te forcer à être ouvert et à entendre ce que j'avais à dire, que c'était ton processus, tu sais. À un moment donné... Oui,
- Speaker #1
mais il s'est passé quelque chose par là.
- Speaker #0
Après trois reprises, je te dis, écoute, s'il n'y a pas moyen qu'on communique, je vais juste m'en aller. Puis là, je ramasse toutes mes affaires. Tu te lèves, tu t'en vas en arrière de l'îlot.
- Speaker #1
Oui, et je te dis... Puis là,
- Speaker #0
tu craques.
- Speaker #1
Je te dis, wow, deux secondes.
- Speaker #0
En fait, avant... Tu dis, c'est ça, il n'y a pas moyen de communiquer avec toi. Tu t'en vas tout le temps. Je fais comme, Francis, ça fait trois fois que je te dis. Puis là, la possibilité, en fait, le... Bref, je n'ai aucune idée. Vas-y, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
En réalité, je te dis, attends un peu. Ça ne peut pas se finir comme ça. Je pense que... Je suis devenu hyper calme. J'ai baissé mon ton de voix. J'ai ouvert la possibilité de parler. Y'a-tu moyen qu'on règle ça différemment ? À ce niveau-là, à ce ton-là à peu près. Mais je pleurais. J'avais les larmes aux yeux. Puis, t'es venu te rasseoir. En fait,
- Speaker #0
t'as dit « qu'est-ce que je peux faire ? »
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #0
Puis tu venais de le faire. Fait que là, je me suis rassie, mais j'ai gardé mon manteau.
- Speaker #1
Oui, tu étais légèrement...
- Speaker #0
J'étais prête à partir, mais j'ai dit, OK, je vais te laisser une chance. Puis là, tu as tiré une chaise, tu es venue t'asseoir en avant de moi. Puis là, tu pleurais, puis tu as dit, de peine et misère, je suis blessée, Joliane. Puis là, c'est là, je te dirais, à cet instant, pour moi, à cet instant précis-là, que notre relation est devenue ce qu'elle est aujourd'hui. On a osé se montrer en vulnérabilité pour de vrai.
- Speaker #1
Oui, parce que tu sais, le concept, c'est bien beau, le concept ouvert, le cœur ouvert en permanence, mais appliqué dans des moments où c'est douloureux, où on vit quelque chose, on souffre. Je souffrais à ce moment-là, et par incompréhension, par... Tous mes systèmes de croyances, parce que c'est ça en réalité ce qui se passe à l'intérieur. Je suis accablé par mes systèmes de croyances qui font en sorte que je vois les choses et bien ma vision des choses est erronée. À partir de là, bien il s'est passé du temps.
- Speaker #0
Oui, tu as eu besoin de... Qu'est-ce que moi j'avais fait pendant les trois semaines ? On continuait quand même de garder contact, mais on ne s'est pas vu pendant un bon trois, quatre mois.
- Speaker #1
Oui, puis à un moment donné, je t'ai dit, je peux être ton ami. Oui,
- Speaker #0
parce que tu étais vraiment déterminé à ne pas être mon ami.
- Speaker #1
En réalité, c'est que là, ce que moi j'avais beaucoup de difficultés à voir et à comprendre, c'est que comment je peux arriver à être... amie avec une fille que j'ai du désir, que je l'aime profondément. Ça a fait comme tabarnak un peu. Je me fais du violence. Jusqu'à temps que j'arrive à faire un deuil. À faire le deuil de « Non, ça ne sera pas possible avec Joliane. » Puis d'accepter ça. Et parallèlement à ça, je prends la décision aussi Merci. de partir,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Oui, dans ce... C'est un même moment-là.
- Speaker #0
Avant qu'on se revoie, d'après moi.
- Speaker #1
Oui, effectivement.
- Speaker #0
C'est dans l'été. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Dans l'été, je prends cette décision-là. Puis, ça fait que... Ça fait longtemps que moi, je veux partir dans l'Ouest canadien. Ça fait que là, bien... Ça implique beaucoup de choses. Oui. On a vécu ça tantôt, nous autres. Parce que, tu sais, moi et Joliane, est-ce que je vais parler pour moi ? Moi, Joliane, je l'aime profondément. Je t'aime profondément. Puis, Je te trouve belle dans ce que tu es, dans tout ce que tu es. Dans tes mauvais, tes côtés plus sombres, tes côtés les plus givrés. Puis ta beauté, ta façon aussi d'être capable de te ramener. Et puis je décide de partir pareil. Fait que tantôt, avant qu'on vous parle, ça a été très difficile d'arriver à vous parler. Il a fallu qu'on mette des choses au clair. Euh... Fait que... C'est ça.
- Speaker #0
En fait... Aujourd'hui, c'est comme... Une journée de concours de circonstances, parce que t'étais pas supposé, t'étais supposé de partir. C'est une journée de, une série de concours de circonstances, parce que tu venais m'aider ce matin, puis après ça, on faisait l'entrevue, puis tu devais quitter pour aller... Là, quand j'y repense, finalement, je trouve que c'était vraiment un mauvais plan. Mais la vie nous a aidés parce que tu ne filais pas parce qu'hier, tu as fait enlever une dent de sagesse. Puis là, tu avais mal à la tête, mal à la dent. Puis là, tu as parlé à ton amie et elle a dit, ce n'est pas grave, on se reprendra. Ça fait que tu es encore ici. On est allé prendre soin de toi, en fait. Puis là, dans l'entrefait, on a eu la discussion de toi et moi, on s'aime profondément. On a été comme un autre. niveau, dans notre relation aussi, une autre profondeur. Je dirais que je n'ai jamais vécu ça avec aucun autre homme dans ma vie, de me sentir autant en sécurité que je peux être tout ce que je suis, comme tu viens de décrire, puis que je me sens aimée, accueillie, respectée en tout temps. En toutes circonstances. Puis des fois, je vais valider encore. C'est comme, hey, ce que je viens de te dire là, ça t'a-tu... Puis t'es comme, mais vraiment pas. Genre comme, maintenant, je te connais assez, Joliane, pour faire la part des choses. Puis on est aussi très soucieux de ne pas peser sur les boutons de l'autre. Je trouve qu'on a un grand respect de ça, de ne pas faire exprès. Je ne ferais pas exprès de... « Paiser sur tes boutons » Puis là, je dis ça, puis là, je suis comme... Il y a... Il n'y a comme pas de boutons qui me viennent. Alors, je ne saurais pas qu'est-ce que je pourrais faire ou dire qui pourrait te blesser. Je ne suis comme plus là du tout, comme on est vraiment dans... Ouais, en tout cas, dans un bel espace. Puis là, bien, de se dire, en fait, c'est ça, toi, tu t'en vas parce que c'est ça ta quête personnelle. Et il n'y a eu, en aucun moment, aucune partie de moi a voulu te retenir. Parce que j'ai un amour profond et que je sens que tu as cet appel-là qui est fort et que c'est ça qui doit être, tu sais. Même si tu ne sais pas exactement. Pourquoi ? Puis qu'est-ce que tu t'en vas vivre ? Je ne suis pas en train de me dire, voyons donc. Non, non, au contraire, je me dis, il faut qu'il vive. Parce que ça t'habite depuis 98.
- Speaker #1
20 ans. 28.
- Speaker #0
28 ans.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Quand je l'ai vécu, je n'ai peut-être pas immédiatement voulu retourner. Mais quelques années plus tard, effectivement, quand je suis revenu... Ça fait au minimum une vingtaine d'années que moi je vais retourner dans le West-Canadien. Oui.
- Speaker #0
Fait que... Fait que... Pis là, dans les concours de circonstances, tantôt ce que j'ai soulevé, c'est... Parce qu'on a eu la fameuse conversation, ben toi pis moi on s'aime profondément, on se sent en sécurité, on se fait confiance, on se respecte, et on sait qu'en ce moment, on n'est pas dû pour être un couple.
- Speaker #1
Non, effectivement.
- Speaker #0
Parce que c'est pas ça, c'est pas... Pis on peut pas prédire qu'est-ce qui va se passer après. Puis j'ai été très claire que moi, je ne vais pas t'attendre parce que moi, j'ai le goût de partager ma vie. Puis j'ai le goût de partager ma vie avec quelqu'un qui est ici au Québec en ce moment. Pas avec quelqu'un que je ne sais pas trop quand est-ce qu'il va revenir. Puis je ne sais pas trop quand est-ce que je vais le revoir. Puis on a fait le parallèle avec un couple qui pourrait, mettons, un veut un enfant puis l'autre ne veut pas l'enfant. Puis là, bien, tu as dit, oh, ça, ça doit être vraiment dur. Bien, pas plus que nous, dans le fond. Pas plus que nous, de faire le choix de ne pas vivre une relation pour pouvoir laisser l'autre être absolument tout ce qu'il veut être et les élans qu'il appelle. Je pense que je comprends et je saisis. Quelqu'un un jour m'a dit, aimer c'est aussi laisser partir. Je pense que pour la première fois de ma vie, j'aime et je laisse partir parce que je sais que c'est ça. qu'il faut que je fasse, je le sens au plus profond de moi, tu sais. Ouais.
- Speaker #1
Mais tu sais, c'est ça, quand j'ai pris ma décision il y a un an, j'avais choisi aussi de ne plus laisser rentrer personne dans ma vie, parce que je ne voulais pas. En réalité, c'est mon voyage. C'est ça que je t'ai dit. C'est mon voyage. C'est pas le voyage de personne d'autre. Puis, ça va paraître égoïste, mais je voulais pas me soucier de quelqu'un d'autre dans mon voyage. J'avais pas le goût de me soucier du besoin de l'autre. Fait que c'est pour ça que ça faisait un an que je mettais une distance, tu sais. Puis, je t'ai pas parlé de ça, tu sais, mais j'ai vu aussi que je suis revenu sur un pattern un peu. Quand on s'est séparés et que j'ai pris une distance pour réfléchir, j'ai vu que je suis tombé dans un système de protection qui était de l'ordre de « ok, c'est sûr et certain que je ne retourne pas là, je ne veux pas me blesser » . À nouveau. Et le temps a fait son temps. Jusqu'à temps que je comprenne que, bien oui, Francis, c'est correct. Aimer quelqu'un, puis être blessé. C'est correct. Puis c'est pas un red flag, là.
- Speaker #0
C'est moi, en fait, qui est revenue en janvier pour ta fête. On a passé une journée ensemble, en fait. On ne t'allait pas... Excusez, ça va paraître personne âgée, là, mais... J'ai vraiment trippé. On est allé prendre une marche au centre d'achat. Parce qu'on ne magasinait pas partout. On a juste marché pendant comme deux heures dans le centre d'achat. Puis, il faisait quelque chose comme moins 25 dehors. J'ai trouvé que c'était une idée de génie de marcher dans le centre d'achat en plein mois de janvier. Puis, on avait eu une super belle conversation, une super belle connexion. Puis, après ça, on avait été souper avec tous tes amis pour tes 50 ans. qui est... J'avais trouvé ça tellement beau comment tu prenais soin de moi. En fait, je pense que quand on était en couple, on n'avait jamais vu de tes amis. On était toujours avec mes amis, ma famille. Et j'ai vu comment les gens t'aimaient. Ça m'a amené un nouveau regard, en fait. Puis là, j'ai senti mon cœur prendre une expansion quand on parlait en fin de soirée. Puis là, je suis revenue. C'est drôle parce que cette journée-là, tu m'avais dit quelque chose comme « Moi, je ne reviens pas avec mes ex. » Puis, tu étais dans ce discours-là.
- Speaker #1
Mais ça, c'était de la protection. Voilà. Je suis capable de te le dire.
- Speaker #0
Tu n'avais pas encore cheminé jusqu'à...
- Speaker #1
Un bout de chemin de fait, mais les élans de protection de 20, 30 ans de « Je m'encabane puis que je reste dans la peur parce que l'être humain peut être blessant. » Et si on ne vit rien, puis on... On vive des choses avec les gens, pour moi, jusqu'à maintenant, c'est là que je me rends compte, puis c'est un peu mon voyage aussi. Ça se passe pas tout le temps comme on veut. Ça se passe jamais comme on veut ? Exactement. Mais c'est jamais, je sais pas, mais des fois ça se passe comme on veut. Non,
- Speaker #0
mais on n'a pas de contrôle sur les autres.
- Speaker #1
Effectivement. Puis c'est ça. Puis, tu sais, c'est une pratique d'avoir le cœur ouvert en permanence. J'ai pas un guide, j'ai pas un livre, là. C'est chaotique. C'est ça que je suis en train de découvrir dans la dernière année. De cette pratique-là. Puis, c'est merveilleux, c'est beau, c'est rempli d'apprentissage. Fait qu'effectivement, je suis tombé dans... Non, non, non, tu ne me blesseras pas, toi-là. Puis là, je suis devenu craintif. Puis, avec du temps, du recul, ça a fait comme... Calme-toi. L'être humain que tu as devant toi n'avait pas de blessés. C'est ça qui est merveilleux, qui est grand dans ce qu'on a vécu.
- Speaker #0
Puis il y a eu un moment où... Je me suis... ça a duré 24, 48 heures peut-être, où je me suis imaginé tout laisser puis partir avec toi. Puis, bien, rapidement, ça a été, bien non, parce que c'est pas notre voyage, c'est ton voyage. Puis moi, bien, c'est ici que je suis en train de construire quelque chose, tu sais, puis que... Il y a deux ans, je suis sortie de ma grotte, puis j'ai commencé à faire des rencontres, puis... Là, je te dirais que je suis au bout de le fun. Je suis dans des relations sécurisantes avec des gens avec qui j'ai des relations profondes, des discussions profondes comme j'aime, comme ce que je veux construire. Je suis comme, mais non, je ne vais pas mettre la hache là-dedans pour partir. Ce n'était pas mon plan. Après, j'ai juste accueilli ce qui était là. Continuer d'approfondir la relation en me disant, en sachant que tu allais quitter éminemment et tout en accueillant que bien sûr que j'ai de la peine.
- Speaker #1
Deux émotions contradictoires peuvent s'habiter en même temps. Avoir de la joie pour l'autre et avoir de la peine en même temps. Et ça, je commence à... Ça fait pas tellement longtemps que je commence à comprendre que c'est possible.
- Speaker #0
Ah, puis il peut y en avoir d'autres,
- Speaker #1
là. Ah, bien, tu peux en avoir une multitude, là. Il peut y en avoir plus que deux, là. Oui, effectivement. Oui, fait que...
- Speaker #0
Oui. Fait que... Oui. Fait que c'est ça, grosso modo. Fait que là, nous voici, nous voilà à... Tu sais, il s'est passé plein de choses, là. Ça s'est, en fait... approfondie, solidifiée, dans la confiance, dans la vulnérabilité, on a enlevé nos masques, en fait. C'est ça qui s'est passé.
- Speaker #1
On s'est vu, j'ai l'impression qu'on s'est vu nus, toutes les deux. C'est-à-dire que...
- Speaker #0
Au sens propre comme au sens figuré.
- Speaker #1
Effectivement, oui. Puis ça... Une maturité affective, je pourrais dire. Puis, tu sais, je ne sens plus le besoin de t'impressionner.
- Speaker #0
Et j'apprécie, parce que, je ne sais pas si je l'ai mentionné plus tôt, mais moi, j'haïssais ça.
- Speaker #1
Oui, tu l'as mentionné.
- Speaker #0
Ah, c'était lourd.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Genre comme, eh, où ton authenticité ? Je sais que ce n'est pas possible que ce soit... Ça me faisait encore plus pogner les nerfs. Oui. tu en as un peu parlé de ta quête, de ton voyage. Là,
- Speaker #1
on est rendu à six jours.
- Speaker #0
Je veux juste dire que je ne trouve pas ça égoïste. Parce que toute ta vie, tu as tout fait pour essayer de te faire aimer, donc rendre les autres heureux. J'ai l'impression que pour la première fois de ta vie, tu te mets toi au centre.
- Speaker #1
Mais ça va beaucoup avec le cœur ouvert en permanence.
- Speaker #0
Faire confiance.
- Speaker #1
C'est ça. J'ai eu peur de beaucoup de choses dans ma vie. Je n'ai pas voyagé parce que j'avais peur de ce qui pouvait arriver. Je n'ai pas été vers les gens parce qu'ils peuvent me blesser, ils peuvent me quitter, ils peuvent plein de choses. J'ai eu peur d'être contredit et ainsi de suite. une multitude de peurs. Hum... Pour me rendre compte que, ben... Pendant ce temps-là, je ne vis pas.
- Speaker #0
Hum.
- Speaker #1
Je vis une vie... artificielle, morte. Hum. Et là, ben... Je me lance dans le vide. Je me lance dans l'inconnu. Et c'est effrayant, là. Ça fait un an que je me dépouille.
- Speaker #0
Hum.
- Speaker #1
de mes biens.
- Speaker #0
Absolument tout.
- Speaker #1
Oui, oui. C'est complètement fou, tu sais, puis tout en... ça s'est fait bien, dans le sens, ça s'est fait comme tranquillement, pas vite, en accélérant les derniers temps, mais avec tout l'apprentissage qui vient avec, tu sais.
- Speaker #0
Le détachement, il y avait...
- Speaker #1
Ah oui, c'est fou. Je t'ai partagé souvent des moments de doute, de crainte, puis en te disant que c'était correct. Oui. Je te disais que, bien oui, j'ai peur, chien que j'ai peur. Moi, je te disais,
- Speaker #0
accueille mon ami, pleure mon ami.
- Speaker #1
Dernièrement, je t'avais repartagé un rêve, tout ça. La peur de ne pas trouver du travail, la peur financière, tout ça, je ne pars pas avec une énorme bourse devant moi, je n'ai pas énormément de sous, puis je pars pareil. C'est toutes ces choses-là. Vous avez entendu tantôt Juliane, mais il m'est arrivé la dernière semaine.
- Speaker #0
pour tester voir si tu voulais vraiment partir. Oui, mes dents.
- Speaker #1
J'ai eu des problèmes avec mes dents la dernière semaine. Ça m'a coûté une petite fortune. Dans mon cas, moi, c'est une petite fortune, quasiment 2000 $. C'est une petite fortune dans mon budget. Ça fait que là, ça a fait comme... OK. Puis finalement, je vais partir pareil. Puis c'est ça, c'est toute l'organisation qui vient avec ça. C'est... Mais... C'est aussi d'accueillir ce qui se passe à l'intérieur de moi dans ça. Et c'est ça, en réalité, mon voyage a commencé il y a un an. Le jour où j'ai pris ma décision. Et il va se poursuivre dans les prochains mois, années, peu importe, je ne sais pas combien de temps ça va être. L'objectif, j'ai plusieurs objectifs là-dedans, mais l'anglais pour moi est un objectif parmi tant d'autres. Il y a aussi un désir sincère de... briser certains patterns qui sont chez moi, dont la télévision, dont les écrans. Puis ça, c'est un défi personnel. que ça fait plusieurs années que j'espère à changer. Il y a aussi la méditation que je veux cultiver, à mettre à mon quotidien, de façon plus présente dans ma vie. Puis tu sais, dernièrement, je sais que tu m'as fait un petit clin d'œil de me rappeler qu'essaye de ne pas faire la même chose que tu fais ici. Oui,
- Speaker #0
j'étais un peu brusque quand je te l'ai dit.
- Speaker #1
Puis en même temps, ben tu sais, oui... En réalité, tu l'as sorti, tu sais, puis je l'ai pris au vol parce que ça a fait comme, ben non, mon objectif, c'est pas nécessairement ça. Mon objectif, c'est… Puis je me voyais parce que là, c'est la sécurité financière qui m'inquiète. Fait que là, si la sécurité financière m'inquiète… Je peux rentrer dans ces chaussures-là de « je vais revivre la même affaire que je vis au Québec » . Finalement, ce n'est pas ça que je veux. Moi, je veux m'ouvrir aux autres, je veux rencontrer des gens, je veux approfondir. Dans le domaine que je suis, c'est l'humain, mon domaine. C'est à la rencontre des gens. C'est d'être capable d'écouter et d'entendre les gens dans leur vérité. Et c'est ça. Fait que je vais vers ça. Puis à travers ce désir-là, de cheminer à travers les gens est important pour moi. On peut faire le chemin en partie seul, on va arriver à un résultat. Mais dans ma croyance, où est-ce que je suis rendu aujourd'hui, je crois que c'est à travers les gens. C'est à travers les discussions, les échanges, la capacité qu'on peut avoir à se mettre vulnérable. Et c'est ça que j'ai le goût de pratiquer. Aller à ma rencontre, autrement dit, et incarner de plus en plus l'homme que je suis en train de devenir.
- Speaker #0
Wow C'est beau Ben, Jude, quand je dis c'est beau, qu'est-ce que tu dis ? Toi, tu trouves que c'est beau, mais c'est ça qui est ça. Fait que...
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
C'est-tu ça qui est ça ?
- Speaker #1
C'est ça qui est ça, oui.
- Speaker #0
Y'a-tu d'autres choses que tu veux ajouter ?
- Speaker #1
Non. C'est... Tu sais... Je vais finir peut-être avec quelque chose qui... que ça fait plusieurs fois que je partage, puis... Le plus beau cadeau que je me suis offert dans la dernière année, un an et demi, je pense que c'est un peu... Toi, mais en même temps, tout le chemin que j'ai fait, je pense aussi. Je ne savais pas à quel point s'aimer était important. Et on a parlé un peu de l'aspect physique. J'ai eu beaucoup de difficultés, et je suis encore en beaucoup de difficultés, à m'accorder la juste valeur de Francis. Et ne pas voir le surplus de poids, les trucs qui ne font pas mon affaire sur mon corps. Et surtout de me voir avec mes vraies lunettes. Parce que j'ai... J'ai eu tendance à me dénigrer jusqu'à ces toutes dernières années, à voir ce qui ne faisait pas mon affaire et à être violent dans ces paroles, dans ces mots-là.
- Speaker #0
À ton égard ?
- Speaker #1
Oui, tu sais, de me trouver laid, de mettre l'emphase sur... ma grosseur, les seins que j'ai, puis peu importe. Puis ça, ça a eu une incidence, tu sais, puis où je veux en venir. Et je m'aperçois que mon seul... remède que je connais jusqu'à maintenant, c'est l'amour.
- Speaker #0
Pas ça.
- Speaker #1
C'est parce que quand je suis là-dedans, et que j'ai cette tendance-là à me dénigrer, à ne pas être juste, je me rends compte que l'amour est apaisant. Et ma réponse. Et c'est mon incarnation, autrement dit aussi.
- Speaker #0
Et en fait, j'amenais aussi. Et je n'ai pas la réponse encore parce que je suis en train de faire le chemin à ce niveau-là moi-même. Mais tu sais, comme admettons, j'ai une partie de mon corps que je n'aime pas beaucoup et que je mets toute mon attention sur cette partie-là. Et curieusement, c'est cette partie-là que quand je prends du poids, elle prend du poids. Fait que je t'avais amené la réflexion ici. On acceptait et on aimait et on accueillait l'entièreté de qui on est, comment on est dans cette enveloppe. Est-ce que ça ne pourrait pas avoir une incidence sur comment cette enveloppe-là se présente ? Mais je n'ai pas la réponse encore, mais j'ai tendance à croire que oui, en fait. Parce que dans la dernière année, à toutes les fois que je n'ai pas bien été et que j'ai mis l'emphase sur la partie de mon corps que je n'aime pas, elle s'est transformée pour me contrarier. Fait que, mais est-ce que je l'ai tu créé ? Je ne pense pas parce que c'est là, très récemment que j'ai fait comme « Hey, on dirait vraiment que c'est ça qui s'est passé dans la dernière année. » Fait que j'ai amené ça à ta conscience, puis c'était un début de réflexion que les deux, on est en train de faire. En fait, c'est ça qui est beau, je trouve, dans le chemin à deux, parce que je suis assez d'accord avec ce que tu dis, mais en fait... Ça s'est dit dans plusieurs épisodes, là, qu'on est tout seul chez nous, on n'est pas confronté à grand-chose, puis que tout va bien, on est le meilleur, on est... Et, bien, on est aussi un peu comme dans une salle d'attente, hein ? On attend la mort. On n'est pas en train de vivre.
- Speaker #1
On est les spectateurs de notre vie.
- Speaker #0
On est les spectateurs de notre vie. Ça, c'est notre opinion à toi et moi, sur laquelle on est assez d'accord. Donc, ça implique de se mettre... Mais en danger, on peut dire ça ?
- Speaker #1
En réalité, en danger, c'est parce que c'est ça.
- Speaker #0
Notre égo pense ça. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est parce que c'est le symbole de l'inconnu. On dit que l'inconnu,
- Speaker #0
c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est le dangereux. C'est le danger. C'est tout ça qui est dans nos langues apprises.
- Speaker #0
Ah oui. Puis, dans les deux dernières années... À travers les autres. Tu sais, j'ai aussi souvent répété dans les autres épisodes, « Ah, bien, ça parle d'elle. » Tu sais, « Ça parle de la personne. » Pourquoi je peux répéter ça ? Bien, parce que quand je suis contrariée par ce que quelqu'un est ou fait, je sais que ça parle de moi. Puis, je prends tout le temps, ou presque le temps, quand je suis réactivée par quelque chose, d'aller voir à l'intérieur de moi. Qu'est-ce que ça me dit de moi ? Puis, souvent, c'est comme... Bien, c'est pas tout le temps une évidence, là. Mais souvent, la vie, elle me présente plusieurs situations semblables, assez rapprochées, pour me permettre de faire une prise de conscience puis passer au prochain niveau.
- Speaker #1
C'est sûr que t'as commencé à de moins en moins réagir. C'est ça qui est... C'est une grosse transformation.
- Speaker #0
Absolument, parce que j'ai compris, puis je ne prétends pas l'incarner à 100%, et j'ai quand même compris beaucoup mieux qu'est-ce que ça veut dire se réguler. Puis moi, je suis quelqu'un qui est vraiment sensible, vraiment très, très, très, très, très, très sensible. Je pense qu'on est tous très sensibles. Donc, j'avais une tendance à prendre, j'ai encore tendance à faire ça. La seule affaire, c'est que maintenant, je ne me l'approprie plus. Quand quelqu'un refoule ses émotions, moi, je le sens. Avant, ça me chamboulait. Maintenant, je fais juste observer, cette personne-là refoule ses émotions. Ça ne m'appartient pas. Je n'ai pas besoin de vivre ses émotions à sa place. Cette personne-là est encore là. OK, cette personne-là est encore là. Qu'est-ce que ça me fait vivre en dedans de moi ? Il y a plein de choses qui sont en train de se passer à l'intérieur de moi. OK. Est-ce que je peux laisser ça passer, traverser ? Oui. Qu'est-ce que je pourrais faire maintenant pour laisser ça traverser ? Comme je t'ai expliqué, je t'ai donné une situation où je ne vais pas entrer trop dans les détails, mais je vais quand même dire qu'il y a une personne qui m'a un peu fermé la porte au nez. Puis je me suis tournée, je suis allée dans l'autre pièce, pas vraiment, mettons, j'ai fait cinq pas, j'étais rendue dans l'autre pièce, puis j'ai comme crié en silence, en contactant tout mon corps, puis en faisant comme le geste de pitcher. de l'énergie du bout de mes doigts, genre comme... Mais en silence. Puis là, ça a comme... Puis j'ai laissé l'émotion me traverser qui ne m'appartenait pas. Ça ne m'appartenait pas. Moi, je n'étais pas en colère à ce moment-là. J'étais très affectée parce que l'autre personne vivait, par contre, très, très affectée. Mais à quel point je veux faire un cancer des émotions des autres, tu sais ? Je ne veux pas, en fait. Fait que voilà. Mais tout ça, ça demande de la présence. Ça demande de... de ralentir, de... Ça pratique. Puis je te dirais que là, j'ai été capable de faire ça parce que je suis dans un moment de ma vie où il y a de l'espace. Fait que si je me remplis mon espace de trop de choses, de trop de monde, de trop d'activités, de... J'ai plus la présence. Je peux plus... Des fois que je suis plus disponible à le faire, puis d'autres fois moins, mais voilà. Fait que oui, les autres, je veux dire... Après, j'étais vraiment fière d'avoir fait comme, hey, j'étais capable de voir que j'étais chamboulée. Puis pendant que j'étais chamboulée, j'essayais de faire de la co-régulation avec la personne, puis je n'y arrivais pas. Je n'ai vraiment pas réussi. Je ne suis pas sûre que j'avais le lien requis non plus pour faire ça. Je l'ai laissé vivre son affaire. Je sais quand même que ça a eu un impact positif. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais je sais que... J'ai fait de mon mieux, l'autre a fait de son mieux, tout est parfait. C'est juste pour confirmer que définitivement, je n'aurais pas pu évoluer dans cette situation-là si je n'étais pas sortie de chez nous. Pour aller à la rencontre de toutes ces personnes merveilleuses que je rencontre. C'est ça que tu t'apprêtes à vivre. Puis toi, tu as senti le besoin de te sortir de ton quotidien. De le faire comme... On arrache un bind-aid, genre « schlaouk » pour...
- Speaker #1
La façon dont tu m'en parles souvent, c'est que tu trouves ça exceptionnel. Puis moi, je regarde ça, je fais comme « ben, il n'y a rien d'exceptionnel là » .
- Speaker #0
Pourquoi je trouve ça exceptionnel, c'est parce que j'ai essayé de faire la même chose, puis j'ai choqué à deux reprises. Parce que pour moi, c'était... Je dirais... Ça vient de me popper là, mais la grosse différence, c'est que moi ici, j'ai une carrière que j'aime quand même. Chose que toi, t'as pas trouvée. Ça fait que ça fait une grosse différence de se dire, ici, j'ai quelque chose qui me permet de, je mets des gros guillemets ici, gagner ma vie, qui me permet de jouer le jeu du capitalisme, que j'ai pas le choix de jouer, parce que si je veux vivre en ce moment, ça me prend de l'argent. Donc, en tout cas, on peut débattre. de ce sujet-là pendant longtemps, mais ce n'est pas le point ici. C'est ce que j'ai fait comme choix. Présentement, je fais le choix de travailler, de gagner de l'argent. Fait que pour moi, c'est exceptionnel parce que moi, j'ai pas réussi à le faire. Fait que je t'admire beaucoup. Fait que tantôt, tu parlais comment tu m'admirais, mais moi, je t'admire beaucoup dans... Jamais j'ai senti que tu flanchais, hein ? Si t'as flanché à un moment donné ou un autre, tu m'en as pas parlé.
- Speaker #1
Il est pas flanché.
- Speaker #0
Fait que t'as pris cette décision-là, tu t'es dépouillé de ton matériel. Il y a eu des moments où ça se tagnait, mais t'as pas dit « je pars pas » . Tu as juste comme stagné, puis là, accepté comme, OK, en ce moment, mon processus, c'est interne, c'est plus dans l'action de vendre des choses, ça stagnait. Tu sais, c'est vraiment... Écoute, autant moi que toi, quand je nous regarde, je nous revois en janvier 2025, puis je nous vois assis ici.
- Speaker #1
Écoute,
- Speaker #0
on est à plusieurs bons quantiques. C'est vraiment assez... Et grâce à la présence l'un de l'autre dans nos vies, en partie, grâce à nous-mêmes, grâce à... C'est ça, encore plus de taper sur le fait qu'on a besoin des autres, parce que c'est dans cette relation sécurisante-là qu'on a pu se permettre d'aller à des places qu'on n'avait jamais pu aller. Oui. Donc, pour conclure, comment on conclut ça ?
- Speaker #1
Bien moi, depuis tantôt, ce qui m'a honte beaucoup, beaucoup, c'est la pratique. Une pratique qui est simple, Puis je ne sais pas si vous pouvez l'appliquer pour vous, mais en tout cas, moi, ça, c'est la mienne. C'est doux, Francis. Oui. Doux, Francis. Et ça change complètement ma vie. J'aurais aimé ça qu'on m'apprenne ça, jeune, enfant, que le plus important, c'est de prendre soin de nous.
- Speaker #0
Je dis ça souvent dernièrement parce que moi, je dis que je me remets au centre de ma vie, au centre de ma boule, au centre de ma vie. Puis je dis, je suis la seule et unique personne qui va faire tout le chemin de ma vie avec moi-même.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Comme, oui, aimons-nous, aimons-soi, aime-moi, je m'aime, en tout cas. Et soyons doux. Oui, absolument.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Merci, mon ami.
- Speaker #1
Merci, mon ami.
- Speaker #0
Bon voyage. Oui. Oh, Avant de repartir, prends juste un petit moment pour laisser ça descendre. Vois ce que ça change en toi. S'il y a quelque chose qui a résonné, pense partager cet épisode à quelqu'un avec qui tu t'en reliers. Aussi, continue le chemin à ta façon, en restant relié à ce qui est vivant en toi. Et si tu en as envie, abonne-toi au balado. Comme ça, on va rester reliés ensemble.