- Speaker #0
L'hypermétropie est un trouble de la vision où l'on voit mal de près mais bien de loin parce que l'œil a du mal à faire la mise au point sur les objets proches. Ce podcast émerge dans un monde où la plupart des gens ont une vision hypermétrope, pas forcément du point de vue médical. mais plus du point de vue conceptuel. Ce podcast s'inscrit dans un objectif de mettre en avant une vision des choses parfois bonnes, parfois mauvaises, mais surtout qui permet de voir comment on peut réfléchir différemment et comprendre le point de vue de chacun d'entre nous. en fonction de ce qu'il a vécu. Aujourd'hui, j'ai l'immense, immense, immense honneur d'accueillir ma mère spirituelle, celle qui m'a recueilli des sentiers battus, qui m'a sorti de la rue.
- Speaker #1
Oh le mytho !
- Speaker #0
Plus sérieusement, une femme qui me ressemble en tout point, pratiquement, malgré la différence d'âge qui nous sépare, un ou deux ans maximum.
- Speaker #1
40 !
- Speaker #0
Son fort caractère cache son immense grand cœur. Elle a très rapidement pris une place dans mon cœur et dans ma vie très importante. Elle me conseille, m'épaule, m'aide et je suis le plus reconnaissant de l'avoir rencontrée. Mesdames et messieurs, et tout ce qu'il y a au milieu, j'ai le plaisir d'avoir pour invité de cet épisode la seule et l'unique Madame Latifa. Bonsoir, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonsoir Romaru, ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va. Tu prends aussi une voix mielleuse, ce que tu m'as reproché de faire au début de l'épisode. Est-ce que tu es honorée de cette présentation déjà ? Au revoir.
- Speaker #1
Oh là là, les mots m'échappent.
- Speaker #0
Non, sérieusement. Alors, pour que nos auditeurs apprennent un peu mieux à te connaître, on va faire un petit jeu de présentation, si ça te va. Si tu étais une émotion, tu serais laquelle ?
- Speaker #1
C'est quoi une émotion, déjà ?
- Speaker #0
C'est triste, heureux, colère.
- Speaker #1
Empathique, ce n'est pas une émotion.
- Speaker #0
Non. Je pense pas que c'est une émotion. C'est plus un trait de caractère. Drôle.
- Speaker #1
Joyeuse, drôle, ouais. Ouais,
- Speaker #0
joyeuse.
- Speaker #1
Drôle.
- Speaker #0
Joyeuse, rigolote. Ok. Un mot qui représente ta vie actuellement.
- Speaker #1
Maudo.
- Speaker #0
traduction ça va ça va et une musique qui te définit une musique qui me définit ouais qu'est
- Speaker #1
ce que je pourrais dire aznavour les deux guitares je connais pas
- Speaker #0
Je connais Aznavour, mais pas les deux guitares. Ça parle de quoi ?
- Speaker #1
De deux guitares.
- Speaker #0
Aussi rapide qu'efficace. Et dernière question. Si ta vie était un film ou une série, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Une série ?
- Speaker #0
Oui, ou un film.
- Speaker #1
Désespérate, je ne sais pas le dire.
- Speaker #0
Housewives ?
- Speaker #1
Voilà. Ok,
- Speaker #0
je n'ai pas vu non plus. Ok, et pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que ma génération, avant, on nous prenait... On nous emmenait dans la majorité, on nous emmenait aux blettes pour nous marier. On nous a vendu le mariage comme si c'était je ne sais quoi. La porte ouverte sur le paradis. Le problème c'est que ce n'est pas du tout ça. Et que plusieurs mariages, plusieurs divorces.
- Speaker #0
En ce moment, dans Hypermétropie, j'essaye de nouveaux formats. Alors, ça ne veut pas dire que l'ancien format avec les questions que je qualifierais de plus sociétales va disparaître, mais que nous sommes toujours au début de ce podcast et j'espère qu'il lui restera encore de longues et longues années. Donc, je me laisse encore la liberté de tester plein de choses avant de trouver la stabilité qui me convient. Le thème que nous allons aborder aujourd'hui est intéressant et important. Premièrement, car je n'ai que très peu de temps, vu de sujets de podcast similaires, mais surtout qu'il est d'utilité publique de montrer à chacun et chacune la réalité de l'autre. Donc, dans cet épisode, nous allons parler avec Latifa, avoir un enfant en situation d'handicap. Je t'explique comment ça va se passer. Première grande partie, tu me parles de toi, de comment tu as grandi ou tu as grandi, etc. Je te pose des questions. Ton mariage, etc. Deuxième grande partie.
- Speaker #1
Lequel de mariage ? Le 1, le 2...
- Speaker #0
le 3 ou le 4 tu me dira et après on va parler dans une deuxième grande partie de quand tu as eu des enfants etc et dernière partie je te poserai une ou deux questions un peu plus profondes ça te va ?
- Speaker #1
ça va vas-y.
- Speaker #0
Donc première partie on parle de toi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux me dire où tu as grandi, comment tu as grandi s'il te plaît ?
- Speaker #1
J'ai grandi dans le 13e arrondissement de Paris.
- Speaker #0
T'es une bobo ?
- Speaker #1
Je sais pas si je suis une bobo. J'ai grandi en tant que fille unique.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ma mère travaillait donc je fréquentais le couvent qui était à côté de chez moi. Chez nous, à la rue Chevaleret, dans le 13e, bien sûr. Et c'était des sœurs polonaises. Elles nous emmenaient à l'école, elles venaient nous chercher, on faisait des devoirs. Et le soir, je rentrais chez moi.
- Speaker #0
Ok. Et le cadre familial, il était comment ?
- Speaker #1
Le cadre familial, ben, mon père et ma mère, voilà.
- Speaker #0
Est-ce que t'as voulu avoir des frères et sœurs ?
- Speaker #1
Je m'en suis inventée beaucoup.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Les gens qui me connaissaient pas, ouais.
- Speaker #0
Parce que t'avais ce besoin ?
- Speaker #1
J'avais ce besoin.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et un jour... Un jour, je rangeais, je ne sais pas, je fouillais, je ne rangeais pas. Je n'avais pas la tête à ranger, tu as vu, en tant que fille unique. Je rangeais, puis je découvre un papier qu'un certain monsieur autorisait ma mère à m'emmener en Algérie. Et c'est là que j'ai découvert qu'en fait, ce n'étaient pas mes vrais parents, mais mes parents adoptifs. Mais il n'y avait pas de papier, tu as vu.
- Speaker #0
Comment ça ?
- Speaker #1
En fait, c'était sa nièce qui lui avait dit, tiens, je suis enceinte, toi t'as pas d'enfant, je t'en donne une. Et ça d'a...
- Speaker #0
Ça d'a qu'à l'enfant.
- Speaker #1
Donc du coup, je me retrouve avec des frères et des sœurs.
- Speaker #0
et soeurs mais j'ai rien dit tu as vu tu as vu le papier et tu as rien dit ? non ils ne savaient pas que tu savais ?
- Speaker #1
non jusqu'à parce que moi à mon époque avant d'entrer en sixième on nous faisait passer le certificat d'études donc l'équivalent Et c'est à mon entrée au collège où la directrice a convoqué mes parents et leur a dit qu'on était obligés de l'inscrire avec son vrai nom de famille. Ça veut dire qu'avant de m'appeler Latifa... J'ai grandi sous le prénom de Natacha.
- Speaker #0
Arrête.
- Speaker #1
Si, j'ai mon carnet de vaccination encore.
- Speaker #0
Jusqu'à quel âge ?
- Speaker #1
Jusqu'à l'âge de... jusqu'à la fin de ma scolarité, puisque les élèves, enfin mes camarades... qui était avec moi dans la classe, toujours connue sous le nom de Natacha. Donc voilà, ça a continué.
- Speaker #0
Ça veut dire que tes parents adoptés, ils t'ont adopté en France ou en Algérie ?
- Speaker #1
Mais ils ne m'ont pas adoptée, elle m'a donnée.
- Speaker #0
Oui, mais quand elle t'a donnée... prix en france ou en algérie non je suis né en france ok tu es le biais de préciser dans zéro est ok c'est en france et ses parents ils ont pris ton appel et natacha non ils m'ont appelé la Ausha ok mais
- Speaker #1
mes parents adoptifs ma mère elle aimait une je sais pas c'était un mannequin Et elle m'avait donné ce prénom.
- Speaker #0
Ok. Ok. Et toi, tu... Du coup, là, maintenant, tu... tu fais la distinction, les parents avec qui tu as grandi, pour toi, c'est tes parents adoptifs ou c'est juste tes parents ?
- Speaker #1
Mes parents adoptifs sont mes parents.
- Speaker #0
OK, donc il n'y a pas de différence ?
- Speaker #1
Non, les autres, je ne les connais pas.
- Speaker #0
Et tu n'as jamais cherché ?
- Speaker #1
Ce n'est pas que je ne les connais pas, si, j'ai vécu chez eux. Donc, à l'âge de 12 ans, pour une histoire de CAF... Elle est venue me récupérer. Donc j'ai sauté en enfer direct.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais. J'ai encore le souvenir de ma mère avec sa robe de chambre et moi qui m'agrippais à elle et je pleurais enfin. Bon bref. Et donc je me retrouve esclave. On ne m'appelait jamais par mon prénom. Je n'étais pas tellement la bienvenue.
- Speaker #0
Pourquoi il t'appelait comment ?
- Speaker #1
L'autre. Appel l'autre. Ok. Ouais. Et donc il y avait deux frères. soeurs alors j'ai été scolarisé et comme hiver pendant deux ans j'ai porté la même tenue je ne mangeais qu'une fois par jour tu veux vraiment que je te raconte mon histoire oui je t'en passe passe, je te fais le cours. J'ai été frappée, j'avais le droit de rien, on se moquait de moi, j'avais même pas le droit de dire, en parlant de ma mère adoptive, j'avais pas le droit de dire le mot maman. Donc voilà, puis du coup je me suis enfermée sur moi-même et je parlais pas. Sauf quand on me posait des questions.
- Speaker #0
T'es allée là-bas à tes 12 ans, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et t'es restée combien de temps ? Deux ans. Jusqu'à 14 ans ?
- Speaker #1
Non. Oui, fin des 14, un truc comme ça. comme ça. Et en fait, un jour, mon frère le plus grand est rentré dans la chambre puis il voyait le manège parce qu'elle m'avait ouvert le front, elle m'a ouvert ici le... enfin bon bref. Et il m'a posé des questions puis j'ai répondu. Et donc vu que c'est lui qui commandait parce que mon géniteur, ben il était inexistant. Mais je pense que Tout le monde était atteint de bipolarité chez eux. Et donc il lui a dit elle retourne chez sa mère. C'était la délivrance. Entre temps j'ai fugué, ça me revient. J'ai fugué mais elle m'a toujours ramené donc. Mais bon c'était pas grave.
- Speaker #0
Du coup après t'es repartie chez tes parents ?
- Speaker #1
Voilà. Et puis après, ça a été un manège comme ça. On la reprend, enfin bon, bref. Et ils ont décrété un jour qu'il fallait qu'ils m'emmènent en Algérie. J'allais avoir 18 ans, oui. Non, pas mes parents adoptés. Oui,
- Speaker #0
tu as génitricé.
- Speaker #1
Parce que mon père adoptif était parti en Algérie où il est resté 8 ans coincé pour s'occuper de sa mère.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc j'étais seule avec ma mère adoptive. Ok. Et donc bon, réunion, je ne sais pas ce qui s'est passé, ils ont décrété qu'ils m'emmèneraient en Algérie.
- Speaker #0
Tu avais quel âge ?
- Speaker #1
J'avais 17 ans.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ok, mon frère m'a dit à l'aéroport de Lyon, il m'a dit si tu veux tu peux t'échapper, je te donne des sous. J'ai dit non, j'en ai marre. Au moins tu as vu, je vais à demi-midi de kilomètre et je ne vois plus sa tête à la sorcière. Donc on me pose chez mon grand-père. Et au début ça allait, elle part. Bien sûr, les quelques jours qu'elle reste là-bas, je ne parlais pas. Je n'étais pas la femme que je suis aujourd'hui. Ou la mamie que je suis aujourd'hui. Quand je parlais, on n'entendait pas ma voix. Je ne répondais pas. Moi, j'ai pris de l'assurance depuis.
- Speaker #0
Beaucoup.
- Speaker #1
Oui, beaucoup même. Un peu trop. Et donc, voilà, je suis devenue un peu l'esclave de la famille là-bas. Mais au moins, je n'avais plus cette boule dans le ventre. Qu'est-ce qu'elle va me dire ? Si je n'ai pas rangé le linge, elle va me démonter. Enfin, parce qu'évidemment, pendant deux ans, j'ai eu la prise du poste, le balai, les tabourets. Au Yonnas, c'était la capitale du plastique. Donc, tout était... Et donc, peu importe ce qu'il y avait sous sa main. Mes soeurs se servaient de moi. La plus grande, on se voyait, mais on ne se parlait pas. La plus petite, j'étais obligée d'être à ses ordres. Puisque c'était la chouchoute de sa mère. Donc, si j'étais bien avec elle, on me foutait la paix.
- Speaker #0
Et du coup, on t'emmène en Algérie.
- Speaker #1
Du coup, on m'emmène en Algérie, puis elle part. Merci. Et puis, son père est pire qu'elle. Donc, mon grand-père. Il faut que je te dise, c'est des berbères. Ils ne s'aiment qu'entre eux. Parce que, soit disant, mon père, après, je n'ai pas fait de test ADN, c'est un arabe. Et eux n'aiment pas les arabes. Donc, on nous appelait, moi, ils m'appelaient la race des punaises. J'avais changé de prénom. Tu as vu, je passais de Natacha à l'autre, Ah, un rase de... de punaise, tu vois. C'est noble quand même. En arabe, c'était... Je pense qu'il y avait un peu d'humanité chez lui, mais vraiment un peu très léger, mieux qu'elle. Elle, jusqu'à présent, aujourd'hui, elle est née en 42, donc je ne sais même pas quel âge elle a. Sur ses 5 enfants, il n'y en a pas un qui lui donne un verre d'eau depuis des années déjà. Personne ne lui tourne autour pour te dire à quel point ça m'échancetait. Même ceux qu'elle a élevés. Et je pense que moi, puisqu'elle ne m'a pas élevée et qu'elle ne m'aimait pas. pas. Elle ne m'a pas fait autant de mal qu'à ses enfants.
- Speaker #0
Je croyais que c'était vraiment que toi. Non,
- Speaker #1
non, non. Elle les a détruits les uns derrière les autres. Et moi, au contraire, j'ai eu une enfance pleine d'amour. Une adolescence peut entrecouper, mais pleine d'amour aussi. Quand ils m'ont emmenée en Algérie, quand ma mère a été à la retraite, ils m'ont suivie. Enfin, voilà.
- Speaker #0
Ok, et arriver en Algérie c'était pour te marier ?
- Speaker #1
Alors oui, alors premier mariage j'y ai tombé à l'eau Ce qui est drôle parce que Alors mon pseudo fiancé, son frère Au lieu d'égorger le mouton il a égorgé sa femme Donc ils ont, je ne sais pas s'ils ont eu peur pour moi Je ne sais pas, ils ont annulé ce mariage Après mes parents sont rentrés en Algérie Oui, mes parents adoptent. Attends,
- Speaker #0
attends, attends. Tu te rends compte que tu dis des trucs de ouf avec une légèreté ?
- Speaker #1
Ben, tu veux que je te dise comment ? J'ai toujours été comme ça.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est chaud quand même. Donc, il a égorgé sa femme ? Oui, il a égorgé.
- Speaker #1
Littéralement ?
- Speaker #0
Hein ? Littéralement, genre. Il a pris un couteau, il lui a...
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'était dans les années... Allez, en 83, 84. Puisque moi, je me suis mariée la première fois en 85.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et que je me suis libérée.
- Speaker #0
Donc, premier mariage, il se fait pas par rapport à ça.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et t'étais pas effrayée ?
- Speaker #1
Franchement, non, j'étais... Hé, j'avais un peu plus de 18 ans, s'il te plaît.
- Speaker #0
Ouais, mais quand même. Bah, encore plus. 18 ans, j'ai jamais eu de grâces. Mais non,
- Speaker #1
mais j'avais connu l'enfer. Donc... En plus, il était moche, mais alors laisse tomber. Pour moi, c'était le prince charmant.
- Speaker #0
Au pouvoir.
- Speaker #1
De quoi ?
- Speaker #0
Mais il était horrible. Oui.
- Speaker #1
Mais pour moi, peu importe, n'importe quel tocard, tu as vu, je me marie, ce n'est pas grave.
- Speaker #0
En fait, je voulais juste l'appeler.
- Speaker #1
Et du coup... Du coup, toute ma vie, je ne tombais que sur des toccards. Bon, à part le père de mes enfants.
- Speaker #0
On y arrive. Donc, premier mariage, je tombe à l'eau. Deuxième mariage ?
- Speaker #1
Il ne tombe pas à l'eau, je me marie. Super mariage parce que c'est mes parents adoptifs qui ont tout... Ah,
- Speaker #0
t'as... Ouais. T'avais quel âge ?
- Speaker #1
J'avais 20 ans.
- Speaker #0
Et t'es revenue en France ?
- Speaker #1
Je suis revenue en France en 90.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, 87, juillet 87, je perds mon fils. Oui, parce que je me suis mariée et je suis tombée enceinte tout de suite. Et tout ça,
- Speaker #0
c'était en Algérie ? C'était tes parents adoptifs qui ont... Oui, c'était eux.
- Speaker #1
Alors moi, à mon époque, j'avais 47 valises, un cortège, mes deux fous. Mon père était très connu en Algérie. Donc il était chanteur, compositeur, interprète.
- Speaker #0
Ton père adoptif ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mariage, d'amour et de jouvence ?
- Speaker #1
Pas du tout. je te raconte comment mon premier mari, je l'ai connu je vais au hamam avec ma mère en Algérie bien sûr et le mec il nous suit et puis à chaque fois que je sortais il me posait des cadeaux en bas du bâtiment t'as vu j'allais les chercher ça
- Speaker #0
fait peur,
- Speaker #1
ça fait psychopathe d'ouvre mais c'était pas libre avant en Algérie si tu parlais avec un mec il t'embarquait la police
- Speaker #0
Arrête
- Speaker #1
alors aujourd'hui tu me vois quand même à 62 ans je t'explique un truc où je m'habille, ça vient peut-être de là je ne suis pas comme toutes les femmes de mon quartier, tu as vu, voilées avec le filet le lundi le mercredi, le vendredi, qui vont au marché pourquoi ? parce que j'ai longtemps porté le ksab comment on dit ? le haïk avec l'ajar alors c'était pas un voile intégral moi c'était Et c'était... une espèce de drap en soie. Et tu as vu, on se le...
- Speaker #0
Brodé en...
- Speaker #1
Et on portait, tu as vu, un truc. Comme un masque, mais c'était brodé.
- Speaker #0
C'était un mariage.
- Speaker #1
Ça faisait un string, mais sur le lit. On en était où, là ?
- Speaker #0
Pourquoi c'était pas un... Du coup, c'était un mariage joyeux ou pas ?
- Speaker #1
Oui, c'était un mariage joyeux parce que au final, c'était quelqu'un d'aisé qui m'a sorti de la merde.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ils étaient 11, donc 11 enfants, tu comptes le père et la mère, et moi je débarquais là-dedans. Mais j'ai su faire ma place.
- Speaker #0
Ah trop bien.
- Speaker #1
Ouais, j'ai su faire ma place. et d'ailleurs même après avoir divorcé et pourtant ça a été un grand scandale parce qu'à mon époque ça ne se faisait pas parce qu'il faut savoir que mon premier mari donc celui-là le jour de mon mariage il me trompait il est parti voir sa maîtresse Mais ça, je ne le savais pas encore. Je pense qu'avec tout ce que j'ai vécu, et je ne peux pas tout raconter comme ça, tout ce que j'ai vécu, eh bien, j'avais cette envie d'œil pour œil et dents pour dents. Moi, il m'a trompée avec des gens que je ne connaissais pas. Je l'ai trompé. Non, son frère était trop moche. Je ne pouvais pas. Avec son cousin, ils ont été élevés, tu as vu, comme des frères. Et ça a fait scandale.
- Speaker #0
C'est trop fort. C'est trop fort. Avant qu'on arrive au divorce, qui, je pense, a un rapport avec la trinité.
- Speaker #1
Et aussi folklorique que mon mariage.
- Speaker #0
Tu m'as parlé d'une fausse couche.
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas une fausse couche. Mon fils est né... mais il est décédé quelques instants après.
- Speaker #0
Tu sais pourquoi ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors oui, j'ai un col... On va parler de mon anatomie. En fait, j'ai un col étroit et haut placé, et il faisait 4,7 kg. Et donc, j'avais perdu la poche des os, et il paraît qu'il ne fallait pas créer. crié, que c'était honteux, que je restais enfermée dans ma chambre. Tu as vu, ils m'ont emmenée à l'hôpital, on m'a dit non, c'est pas encore, madame. Donc je suis retournée chez moi alors qu'il aurait fallu me faire une césarienne de suite. Et donc, voilà. Il a passé. a survécu. C'était juillet 87.
- Speaker #0
Et tu l'as vécu comment, cette perte de ton enfant ?
- Speaker #1
Je me suis retrouvée bien seule. Mes parents n'étaient pas là, ils étaient retournés en France. Où j'ai ma belle-mère, que Dieu ait son âme, et je lui pardonne, c'est pas grave. Elle m'a dit, ouais, mais tu te rends compte si c'est toi qui étais morte samedi prochain, on l'aurait remariée. Je l'ai regardée, je lui ai dit ça, j'en doute pas.
- Speaker #0
Elle est horrible,
- Speaker #1
c'est horrible de dire ça. Donc je l'ai très mal vécu, mais vu que j'ai toujours très mal vécu tout ce qui m'arrivait, je suis passée d'une enfance insouciante et heureuse à une... comment on dit, préadolescence, où il fallait que je survive. Genre Koh Lanta, mais en pire, tu as vu, que j'ai mangé dans la poubelle.
- Speaker #0
Je comprends pourquoi tu ne racontes pas en détail, en fait.
- Speaker #1
Je ne peux pas te raconter, tu te rends compte que 50 ans de vie...
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des événements quand tu as vécu là-bas qui t'ont marqué, mais aujourd'hui, à ton âge, 25 ans, tu as ? À peu près ?
- Speaker #1
62.
- Speaker #0
62.
- Speaker #1
tu y repenses tellement ça t'a marqué tu vois ou pas est-ce que disons les termes il y a des traumatismes bah oui parce que moi à une époque quand mon grand-père ne voulait plus de moi parce que ma mère enfin ma mère oula la celle qui m'a mis au monde ne voulait pas ne lui envoyait plus d'argent donc il m'a viré c'est mon oncle qui m'a recueilli et ma grand-mère me manquait même si c'était une connasse comme les autres mais tu vois elle avait un peu de... et donc j'y vais il m'a couru derrière avec un couteau comme si j'étais une criminelle ça ouais ça quand j'y repense t'as vu ça me mais bon après honnêtement tout ce qui s'est passé dans ma vie antérieure là parce qu'on en reparle mais une fois que j'ai eu mes enfants j'ai donné un coup de pied dans le monde mais alors laisse tomber ouais je m'en doute mais même depuis tout à l'heure en fait je me dis ouais avec
- Speaker #0
tout ce que j'ai vécu, quand il m'arrivait ça, je me disais, dans tous les cas, tu relativisais beaucoup au vu de tout ce que tu avais vécu avant. Et en fait, je me dis, je ne sais pas si c'est mieux ou c'est pire. Tu as atteint un stade où c'était tellement grave que maintenant, quand tu vis l'enfer, ça ne te fait rien. Je ne sais pas si c'est mieux ou c'est pire.
- Speaker #1
Une petite anecdote, il y a ma fille à côté. Une fois, ma fille m'a dit que j'avais une vie de merde. Je lui ai dit Jasmine Ma vie de merde d'aujourd'hui J'ai tellement vécu la vie de merde Que ma vie de merde d'aujourd'hui Pour moi c'est le paradis Je suis heureuse dans ma vie de merde
- Speaker #0
La vie que tu as actuellement
- Speaker #1
La vie que j'ai actuellement On revient à
- Speaker #0
C'était ton premier Deuxième mariage
- Speaker #1
Non c'était mon premier mariage Vu que l'autre avait été annulé
- Speaker #0
Donc premier mariage, pourquoi il y a eu divorce ?
- Speaker #1
Parce que, alors, quand on était en Algérie, écoute, il y avait de l'argent à gogo, c'était un travailleur, zéro problème. On vient en France, on débarque à Vitrolles chez sa sœur et c'est là que commence l'enfer, l'alcool, les blondes de Marseille, les coups. J'ai été longtemps une femme battue. Dans ce premier mariage-là ? Dans ce premier mariage-là. Tout ce que je n'avais pas vécu avec lui en Algérie, je l'ai payé ici. Et puis, un jour... Je me suis dit, mais je fais quoi ici ? Il partait pas, malgré que c'était moi qui payais le loyer. Donc on avait trouvé un appartement ici sur Aix. Et mes parents adoptifs étaient venus habiter sur Saint-Vic. J'avais... Je sais plus si c'était en francs ou en euros. 20 euros ou 20 francs, je sais plus. Je lui ai donné et je lui ai dit, va m'acheter un poulet. On avait des invités le soir. Et donc il part. Je savais qu'il allait pas revenir.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Je l'envoie à Marseille avec 20 francs. Donc j'appelle ma collègue et je prends ma télé, mes cours, parce que j'ai fait psycho. C'est tout ce que j'ai pris. Deux, trois habits. Mes papiers, voilà. C'est tout. Je suis partie. Entre temps, j'avais rencontré une personne, donc je suis partie vivre avec elle. Je suis restée 7 jours, t'inquiète pas, c'était encore pire. C'est pour ça que je te dis, toutes mes relations, je sais pas, mais je faisais de très mauvais choix.
- Speaker #0
Je sais pas si tu faisais des mauvais choix ou t'as rencontré que des mauvaises personnes.
- Speaker #1
Ça revient au même.
- Speaker #0
Bah non, t'as pas eu vraiment très le choix en fait. C'est un truc.
- Speaker #1
Mais à l'époque, ça ne me gênait pas parce que je n'avais pas d'enfant. Donc c'était facile pour moi de prendre mon bagage, sauf que j'ai appelé mon père qui est venu me chercher. Puisqu'on peut me reprocher un tas de choses, mais même si je ne suis pas un exemple dans la religion, je n'ai jamais voulu vivre avec quelqu'un sans avoir au moins minimum un mariage religieux.
- Speaker #0
Fin du premier mariage ?
- Speaker #1
Fin du premier mariage.
- Speaker #0
Deuxième mariage, c'est le...
- Speaker #1
Début du deuxième, mais qui a duré 15 jours. Je me suis barrée.
- Speaker #0
Oui. Pour les mêmes raisons, il n'était pas...
- Speaker #1
Ben, lui, il travaillait dans un cabaret.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, c'était... Oui. Bref, c'était compliqué.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, et ensuite, je fais quoi ? Je rencontre une femme avec qui j'avais travaillé sur ex. Une femme au grand cœur. Elle connaissait ma situation, tout ça. Et il fallait que je sois indépendante de mes parents parce que... Il commençait à être âgé. Elle part vider son compte, elle me prend un studio, elle me trouve du travail. Elle sort 22 000 francs, c'était des francs, c'est maintenant que je me souviens. Elle m'a fait confiance. En moins d'un an, je l'ai remboursé.
- Speaker #0
Arrête.
- Speaker #1
Ouais, parce que, entre-temps, je rencontre le père de mes enfants, que Dieu et son âme... Pour avoir connu toutes ces galères, quand j'ai connu le père de mes enfants, j'ai dit, c'est le prince charmant. Bon, il n'avait pas de fortune, mais c'était le prince charme.
- Speaker #0
Mais tu l'as connu où ?
- Speaker #1
C'est la première fois que mes enfants m'ont demandé où c'est que je l'avais connu. J'ai dit, je distribue à manger chez Coluche.
- Speaker #0
Donc, on rentre dans le sujet.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
T'as combien d'enfants là actuellement ?
- Speaker #1
Trois.
- Speaker #0
Trois enfants. Biologique.
- Speaker #1
Eh oui, je ne parle pas des autres, dont toi.
- Speaker #0
Voilà, j'allais me vexer. Ton premier garçon, ton premier enfant, est-ce que tu peux me raconter un peu ta grossesse ?
- Speaker #1
Qui s'est merveilleusement... bien passé. Je faisais des échographies, on me surveillait. C'est là que je découvre que je suis diabétique. Avec tout ce que j'avais vécu, tu as vu, c'était un minimum. Et donc, non, ma grossesse s'est très bien passée. Donc là, ils savent que je ne peux pas accoucher par voix basse et que c'est césarienne directe. Et à la naissance, on me dit, il y a un petit souci, il a des petits pieds. Moi, insouciante, je dis, si je ne chance pas du 42, ce n'est pas grave. Sauf que ce n'était pas que des petits pieds.
- Speaker #0
C'était quoi d'autre ?
- Speaker #1
Alors, cela s'appelle une agénésie lambeau sacré avec hypoplapsie des membres inférieurs.
- Speaker #0
Traduction.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il n'a pas de petit bassin. Ses vertèbres s'arrêtent. Il lui manque cinq vertèbres. Une de plus et c'était un légume. Alors, il y a le premier cas au Canada. Il s'appelle Kenny. Oh, il doit avoir, mon fils a 29 ans. Il doit bien avoir 50 ou 55 ans, le petit, là. Le premier cas comme Ryan. Ok. au Canada. Et donc, il est né avec les jambes collées, petites, enfin... Bref. Et il se... Vu que la colonne vertébrale n'était pas fixe, donc il se tordait dans les deux sens.
- Speaker #0
Quand tu l'as vu et quand t'as appris ça, toi, c'était quoi ta réaction ? Comment tu...
- Speaker #1
Je vais être honnête ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je me suis dit, qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? Pourquoi moi ?
- Speaker #0
Et ce qui est compréhensible.
- Speaker #1
Sauf que... Deux jours après, la pédiatre, je ne me rappelle plus de son nom, vient m'annoncer qu'à Marseille, à la Timone, il y a un professeur qui a fait une thèse là-dessus, que c'est le seul, qu'il est en contact avec des chirurgiens orthopédiques en Amérique, enfin bon, bref. Et qui a de l'évolution depuis... Et il y avait un autre petit aussi en Italie, qui lui a refusé toutes les opérations. Et donc nous voilà partis pour la Timone. Donc les examens, tout ça. Et il subit les premières opérations, il avait 10 jours. Et quand je suis arrivée à la Timone, que j'ai vu tous ses enfants, ceux du cinquième qui étaient à la Timone, atteint de leucémie, des petits bébés mais sans parents, t'as vu, qui étaient abandonnés, qui étaient handicapés. Et je me suis dit, mais t'as vu, j'ai demandé pardon à Dieu et j'ai dit, hamdoulilah, si Dieu me l'a donné, c'est parce qu'il savait que j'allais m'en occuper. Donc du coup, je me suis retrouvée avec un autre petit bébé dans la chambre de Rayan. Il s'appelait Sohian, il venait d'Avignon et ses parents avaient honte. Et il le laissait à l'hôpital, alors je ne sais pas ce qu'il devait subir, des opérations aussi. Alors lui, il avait plein de malformations, mais il était entier, tu as vu. Donc j'avais Ryan d'un côté et Sofiane de l'autre.
- Speaker #0
Dans les bras ?
- Speaker #1
Ouais, et toute la nuit, tu as vu, je chantais. Alors, une chanson douce que je ne connais pas du tout les paroles, et j'inventais. Enfin bon, voilà, ça a débuté comme ça.
- Speaker #0
Ils lui ont fait des opérations ?
- Speaker #1
Alors, ils lui ont enlevé les... Les peaux qui retenaient ses jambes, tu as vu, mais c'est des petites jambes, donc voilà. Et même les pansements, on est resté presque deux mois à l'hôpital. Et donc c'était toutes les semaines, il avait des pansements sous anesthésie. Il a eu énormément d'anesthésie. Bébé, ça va. Plus grand,
- Speaker #0
c'est plus compliqué.
- Speaker #1
Et en grandissant, c'est plus compliqué. C'est le seul de mes enfants qui est allé à la crèche. On était tellement collés l'un à l'autre, tu vois.
- Speaker #0
Donc c'est le seul que tu avais à la crèche ?
- Speaker #1
Les bons les parlaient assez longtemps, parce que moi je ne supportais pas.
- Speaker #0
Et qu'il est passé à la crèche ?
- Speaker #1
Et c'était une époque où c'était compliqué pour les parents qui avaient un enfant handicapé. Moi, je n'ai jamais eu de complications. C'est-à-dire que pour sa scolarité, il a toujours eu une AVS, alors que sur le côté, il y avait des enfants qui étaient autistes ou trisomiques ou quoi. Et que leurs parents, ils galéraient parce qu'ils n'avaient pas la rentrée en même temps que les autres.
- Speaker #0
Tu penses que c'est parce qu'il avait un handicap physique et pas mental que c'était plus simple pour eux ?
- Speaker #1
Alors d'abord, on ne savait pas si c'était pas mental. Mais bon, il n'avait pas l'air. Non, c'était compliqué pour lui parce qu'il avait une coquille sur une chaise roulante.
- Speaker #0
Avant de parler en détail de comment ça s'est passé à la scolarité, j'avais juste une question. Comment il a réagi le père de Ryan, du coup ?
- Speaker #1
Il était heureux, comme s'il n'avait pas d'enfant, parce qu'il avait déjà trois enfants. Pour lui, l'handicap n'existait pas. Il se promenait avec lui, il a mieux réagi que moi.
- Speaker #0
Il a mieux réagi que toi. En fait, est-ce qu'il n'a juste pas ignoré la chose, tu vois ?
- Speaker #1
Non, non, non, je... Sa fille, elle peut te le dire.
- Speaker #0
Il était conscient qu'il y avait...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok, mais juste pour lui, ça... Pour lui, ça... C'était comme s'il était né...
- Speaker #1
Oui, voilà. Comme s'il avait 10 jambes.
- Speaker #0
Trop bien, en vrai.
- Speaker #1
Oui, il avait une mentalité... C'était pas grave.
- Speaker #0
Trop bien. Et du coup, je préviens qu'il a été très présent avec toi, pour toi.
- Speaker #1
Même malgré divorcé, jusqu'à sa mort. Je l'ai un peu forcé, tu as vu, je ne lui laissais pas le choix. Mais il a toujours été présent dans ma vie et dans la vie de mes enfants.
- Speaker #0
Comment du coup c'était son enfance à Rayanne pour l'école, la scolarité, que ce soit en primaire, après peut-être collège, lycée ?
- Speaker #1
Déjà maternelle.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Oui, maternelle, très bien. Il avait une AVS qui au jour d'aujourd'hui est devenue sa marraine.
- Speaker #0
Arrête.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
Elle était tellement attachée à Ryan qu'elle est devenue sa marraine. Et d'ailleurs, c'est la marraine de Jasmine et de Riyad aussi.
- Speaker #0
Trop, trop bien.
- Speaker #1
Pour te dire, en CP ou au CE1, je ne sais plus, quand ils commencent l'interview à écrire, le sujet de la rédaction, c'était connaissez-vous quelqu'un de différent autour de vous ? Tout le monde a répondu non. Ils ne voyaient pas Ryan comme handicapé. Et Ryan, en primaire, c'était les premiers... Il avait deux amoureuses. Collège. À l'époque de Ryan, il y avait aussi Alex, qui est son meilleur ami, et lui qui est atteint de la maladie des os de verre. Et donc, ça faisait des courses poursuites dans les couloirs du Jazz du Bouffon. Et une fois, la directrice... Elle m'avait dit si je ne pouvais avoir que des Ryan dans mon collège.
- Speaker #0
C'est tellement gratifiant quand on parle de ton enfant. Oui, oui, oui. Et en tant qu'élève, il était comment ? Plutôt bon élève, plutôt bavard ?
- Speaker #1
Il était... C'est simple, il n'a jamais fait ses devoirs. Il posait son cartable le vendredi, il a récupéré l'NG devant la porte. Et après, il a fait son BTS.
- Speaker #0
Après, t'as eu d'autres enfants ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu Jasmine. Enfin, entre eux, j'ai perdu un enfant, mais bon...
- Speaker #0
Ok, pourquoi ?
- Speaker #1
Interruption de grossesse.
- Speaker #0
Volontaire ou pas volontaire ?
- Speaker #1
Non, c'était pas volontaire.
- Speaker #0
Pas volontaire ?
- Speaker #1
Moi, je fais jamais les choses simples, parce qu'on me fait un curtage et on me laisse des morceaux de plein. Vincenta, mon Dieu, tu sais que je me tapais. Alors moi, il me disait, oui, vous allez avoir un peu mal. Je mangeais les murs. Et il me dit, mais vous n'avez pas de chance.
- Speaker #0
Après, Jasmine.
- Speaker #1
Jasmine.
- Speaker #0
Combien de temps après ?
- Speaker #1
Ils ont 22 mois d'écart.
- Speaker #0
Brian et Jasmine ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et quand tu as appris que tu étais enceinte de Jasmine, etc., est-ce que, ou même avant, quand tu disais je vais avoir d'autres enfants, est-ce que dans ta tête, tu t'es posé la question, est-ce que tu avais peur ? J'avais peur, oui,
- Speaker #1
j'avais peur. J'avais peur qu'il y ait un autre handicap.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais le jour où j'ai su que j'étais enceinte de Jasmine, Je me revois marcher presque que je volais tellement je...
- Speaker #0
j'étais heureuse c'est trop bien ouais la grossesse ça s'est bien passé ?
- Speaker #1
pas du tout pourquoi ? à trois mois et demi t'es laïde évidemment et maniaque d'ailleurs je crois que depuis je suis plus maniaque j'ai nettoyé j'ai poussé j'ai fin de journée elle est plein de sang Le père de mes enfants m'emmène à l'hôpital, je dis ça y est j'ai perdu le bébé. Le pire dans tout ça c'est pas de perdre le bébé, c'est quand on te fait l'échographie et on te dit c'est un décollement du placenta mais le bébé il est vivant. Comment on fait ? Là ouais j'ai flippé ma race.
- Speaker #0
Est-ce que tu as dû rester alité pendant...
- Speaker #1
J'ai dû rester alité pendant 15 jours. Le truc, c'est que j'étais en face de Notre-Dame de la Garde.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu la vois porter son bébé. Et je lui avais fait une promesse. messes. Alors pas en tant que, tu as vu, parce que j'entends déjà les musulmans, tu as vu. J'avais dit que mon rêve, ça serait de tenir, tu as vu, parce qu'on m'avait dit que c'était une fille, normalement constituée, là ils l'ont vue de suite, que je l'appellerais comme elle.
- Speaker #0
Elle s'appelait comment ?
- Speaker #1
Marie. Donc Jasmine s'appelle Marie.
- Speaker #0
Son premier prénom ou deuxième ?
- Speaker #1
Jasmine Marie Orkia.
- Speaker #0
Trop forte.
- Speaker #1
Ouais. Orkia pour la première femme de son grand-père. Merci.
- Speaker #0
deuxième enfant, grossesse un peu compliquée mais t'as accouché, tout se passe bien comment elle est la relation entre Ryan et Jasmine au début je les ai élevés comme des jumeaux ils avaient que 22 mois donc Ryan s'occupait de sa soeur,
- Speaker #1
il lui mettait la tétine ils ont fait les pires conneries ensemble d'ailleurs il m'appelait Super Gigo pourquoi Super Gigo ?
- Speaker #0
parce que j'étais grosse ok t'as dit 3 enfants, ça fait 2 Merci.
- Speaker #1
donc il y a un troisième dans l'équation qui est il faut divorcer d'abord ok donc c'est pas le même papa t'as divorcé tu peux me permettre de demander pourquoi compliqué c'était un papa aimant j'ai peut-être pas été patiente c'était quelqu'un d'insouciant t'as vu moi je me préoccupe je suis une stressée de la vie je me préoccupe beaucoup de leur avenir j'ai toujours peur j'imagine des choses c'était pas possible et après c'est très personnel il est décédé donc oui je comprends mais c'était quelqu'un de bien déjà ce que tu me dis comment il était que ces enfants ouais tu
- Speaker #0
as la garde des enfants oui la question ne s'est même pas posée ok bon vu et puisque il venait donc oui non il n'y avait pas de way ouais ouais comment du coup toi tu as a fait face à ce divorce. c'est comment t'as fait pour t'occuper de Ryan et de Jasmine et est-ce qu'il y avait des besoins différents et en plus je présume que Ryan au fur et à mesure qu'il grandissait, il y avait des besoins différents donc comment toi t'as pu faire face à ça parce que quand vous vous êtes séparés, vous avez quel âge ?
- Speaker #1
je devais avoir 6 ou 7 ans et Ryan 9 ans un truc comme ça mais il était toujours présent donc c'est comme si on avait divorcé sur les papiers vous habitez encore ensemble ? Au début, oui. Après, il a trouvé un studio. Mais il n'était jamais loin.
- Speaker #0
En vrai, trop bien.
- Speaker #1
Ils n'ont pas grandi en manque de leur père.
- Speaker #0
Trop bien. Du coup, divorce.
- Speaker #1
Divorce.
- Speaker #0
Remariage.
- Speaker #1
Oui, mais avec un autre tocard du bled.
- Speaker #0
Ok. Mais comment ça s'est fait, ça ? C'est de toi ou on te l'a imposé ?
- Speaker #1
Non, on ne me l'a pas imposé. C'est moi qui l'ai choisi. Même si on ne me l'impose pas, tu as vu, moi, je choisis un tocard. C'était un pervers. narcissique dont j'étais follement amoureuse mais je pense que moi si je m'analyse toute seule pour quitter quelqu'un il me faut un autre quelqu'un ah ouais ?
- Speaker #0
t'as besoin de rencontrer quelqu'un ?
- Speaker #1
ben écoute au jour d'aujourd'hui qu'est ce que j'aimerais vivre seule ? je pense que c'est trop tard ouais c'est trop tard mais à l'époque je ne me voyais pas vivre t'as vu Que moi, mes enfants.
- Speaker #0
Ce mariage-là, il a duré, il n'a pas duré ?
- Speaker #1
Il a duré deux ans, mais c'était... Tu as vu, je partais au bled. C'est quelqu'un qui ne voulait pas venir en France. Et il me manipulait, donc... Et puis, pour m'en débarrasser, j'ai rencontré le père de Riyad.
- Speaker #0
OK, Riyad, qui est ton troisième enfant.
- Speaker #1
Voilà. Le père de Riyad était avec quelqu'un depuis sept ans, je crois. Pour rigoler, j'ai dit, si tu veux, je te fais les papiers. Mais quelle connerie j'ai fait. Pourquoi j'ai rigolé à ce moment-là ?
- Speaker #0
Pourquoi ? Tu regrettes ?
- Speaker #1
Non, je ne regrette pas. Ma foi, j'ai riade, tu plaisantes.
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça.
- Speaker #1
Oui, non. Nous voilà partis. Je tombe enceinte.
- Speaker #0
Quel âge ?
- Speaker #1
45.
- Speaker #0
Pourquoi c'est ça, risque ?
- Speaker #1
Octobre... J'allais dire octobre 45, je suis folle, moi.
- Speaker #0
Oula.
- Speaker #1
Octobre 2009. Moi, je croyais que c'était la ménopause, ça y est. Je vais chez le médecin, il me fait une ordonnance, il me dit quand même... Non, je fais le test. Je fais un test positif. C'est pas possible. Première personne à qui je le dis, c'est Ryan. Trop content. Il m'a dit, je pourrais choisir le prénom. Je lui ai dit, c'est quoi que tu veux ? Il me dit Riyad. Et donc, je tombe enceinte. Et puis, quand je lui annonce, ça lui a fait un choc.
- Speaker #0
Au père de Riyad ?
- Speaker #1
Ouais. On s'est séparés. On a tout fait à l'envers. On s'est séparés. On s'est remis ensemble, on est passé à la mairie, j'ai accouché, on a fait le flingue.
- Speaker #0
Quand t'as appris que t'étais enceinte, à cet âge-là, est-ce que dans ta tête c'était une évidence que t'allais garder le bébé ou pas du tout ? Ah mais ça m'a même pas traversé l'esprit de l'enlever. Ah ouais ? Si Dieu me l'a donné, je le garde. Et on m'a hospitalisée à l'étoile,
- Speaker #1
où c'est pas un hôpital en fait adapté pour moi. On me transfère à l'hôpital Nord où j'étais enceinte de 4 mois, 4-5 mois. Et donc je reste environ 3 mois à l'hôpital allongé. Grossesse à très haut risque. D'ailleurs au dernier étage, l'hôpital Nord. On m'appelait la diabétique. Tu as vu avant de rentrer dans la chambre, ils parlent entre eux. Donc moi, mon nom, c'était la diabétique. Ça me changeait un peu, ça me ramenait en enfance.
- Speaker #0
C'est horrible.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
On ne t'a jamais appelé par ton prénom, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Sérieux. Et puis, un jour, on me fait une consultation ophtalmo, et il y avait mes enfants avec leur père. Donc, consultation ophtalmique, où on m'annonce que je risque d'être aveugle. J'avais un liquide qui s'était formé, ça m'avait décollé la rétine. Je ne veux rien dire. Et tu as le père de mes enfants qui me dit « Alors, il t'a dit quoi ? » Non, rien après. Je ne voulais pas parler devant mes enfants. J'étais détruite à l'intérieur. J'ai dit « Mais je vais entendre, je vais entendre. Je ne vais faire que l'entendre, je ne vais pas le voir mon bébé. » Tu te rends compte ce que c'est que pour une merde ? Tu as une infirmière qui te dit « Ce n'est pas grave, vous pourrez l'entendre, vous pourrez le toucher. » Tu faillais l'insulter, mais bon. Et puis j'avais une sciatique, donc on me fait des séances de laser et tout. On a même pensé à une maladie méditerranéenne. Ils m'ont fait des prélèvements. Je n'avais rien de tout ça. C'est simplement la grossesse qui me faisait ça. Une fois que j'ai accouché avec les séances de laser. J'avais une sciatique paralysante. J'ai toujours eu des sciatiques pour toutes mes grossesses. J'avais le roi Codoliprane. Quand il venait mon mari, le père du bébé, Il allait voir les infirmières pour avoir un Doliprane pour ma femme. Et quand mon ex-mari venait, je lui disais tu veux pas aller me chercher un Doliprane ? Au lieu de dire mon ex-femme, il disait ma femme lui aussi. Et une fois la sage-femme elle est venue, elle m'a dit je peux vous poser une question ? J'ai dit oui. Elle me dit vous avez combien de maris ?
- Speaker #0
Donc, on revient un peu au thème principal. Oui, au thème principal de Ryan.
- Speaker #1
Ryan. Ryan qui a subi première intervention du dos. Il avait, je ne sais pas quel âge. Donc, il reste 12 heures au bloc. Je te prie d'imaginer c'est quoi 12 heures au bloc. Ils lui ont mis des broches, tout ça. Et puis après, il faisait beaucoup d'infections urinaires, parce qu'il n'a pas les reins formés comme nous. Sa vessie était trop petite, elle ne se vidait pas complètement. Donc ils ont pris un bout d'intestin, ils l'ont reconstitué, ils ont fait un petit trou en fait, donc il est sondé. Quand même avec tout ça, toutes ces épreuves, il a voulu faire du cheval, il a fait du cheval. Il a voulu jouer au foot, il a joué au foot en fauteuil.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Nager, il nage très bien. Et tu l'as vu conduire la voiture.
- Speaker #0
Trop bien. On est trop trop bien. Et du coup, ça revient à la fin de ce podcast. Même si on n'a pas été beaucoup dans le thème. Oui. C'était intéressant quand même, parce qu'on a vu un peu toute ta vie. il y avait des choses à dire mais si on revient actuellement sur le thème comment aujourd'hui elle est la vie de Ryan aujourd'hui, à son âge, quel âge il a comment il vit,
- Speaker #1
etc il a 28 ans ils sont très proches entre frères et soeurs Ils font des choses ensemble. Ça reste jusqu'à 4h du matin, jusqu'à la play. Il est très intelligent. C'est quelqu'un qui ne devait jamais s'asseoir, qui ne devait jamais rien faire. En gros, on me l'a présenté, moi, quel âge il avait. Alors, comme il était de petite taille, je n'ai pas... On m'a dit qu'il ne pourrait pas s'asseoir, il ne pourrait pas se soulever. OK, d'accord. Moi, j'ai acheté une petite chaise en plastique. Je l'ai posée sur le milieu du tapis toute la journée, la fin de la journée. on est monté dessus. C'est quelqu'un qui est très fort avec ses bras. Il a toujours refusé les fauteuils roulants électriques. Il a un fauteuil roulant manuel. Là, jeudi, on a rendez-vous pour un nouveau fauteuil, beaucoup plus léger, plus adapté à sa morphologie, afin qu'il puisse être plus autonome avec sa voiture. Parce qu'au jour d'aujourd'hui, il a toujours besoin de quelqu'un pour plier le fauteuil. Sinon, Ryan a beaucoup voyagé. En fait, son handicap... ça ne le freine pas voilà et c'est quelqu'un qui endure la souffrance il ne s'est jamais plaint, il n'y a pas si longtemps je reviens du centre aéré je le retrouve et le vente comme ça c'était avril de l'année dernière où il a été hospitalisé il a fait une grosse infection c'était après le décès de son père il s'est percé la vessie il a dû aller fort ça lui a fait une grosse infection il est sorti du bloc opératoire il a vu son neveu Parce qu'entre temps, il y a ma fille adoptive. Il a vu son petit neveu qui était encore bébé. Il souriait. J'ai dit mais il sort du bloc lui.
- Speaker #0
Trop bien. Alors, on passe à la dernière partie. Et je ne vais te poser qu'une question. Parce qu'en fait, on a fait à peu près le tour. Mais c'est juste pour avoir ton avis.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Aujourd'hui, avec l'avancée de la médecine, Dès la grossesse, on peut savoir si le bébé va avoir une... une quelconque complication, handicap, etc. Je voulais te demander, qu'est-ce que t'en penses des parents qui, à l'annonce que leur enfant va avoir un handicap, ils décident d'interrompre la grossesse ? Qu'est-ce que t'en penses, toi ?
- Speaker #1
C'est compliqué. Moi... Pour rien au monde, je ne me serais fait avorter. Alors moi je te parle d'il y a 28 ans de ça. Moi quand ils ont fait les échographies et tout ça, ils me disaient qu'il était assis en siège. Il aurait peut-être fallu mesurer le fémur. me connaissant, je ne me serais pas fait avorter. Puisqu'il y avait énormément de risques pour Riyad, que j'ai flippé pour Jasmine, et que je les ai quand même gardés.
- Speaker #0
Mais que pense-t-on des parents qui avortent ?
- Speaker #1
On ne peut pas se mettre à la place des parents. Il y en a, ils sont forts. D'autres, non.
- Speaker #0
Je trouve que c'est fort aussi d'avorter. Il faut avoir une force pour avorter.
- Speaker #1
Après, tout dépend de l'handicap. Je ne sais pas dans quoi elle est avancée. Tu as vu quand ça atteint le cerveau, tout ça et tout, c'est compliqué. Qu'ils finissent en institut, tout dépend de l'âge des parents.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de comptes.
- Speaker #1
des souvenirs où je me disais quand je parlais avec le père de Ryan, j'y disais mais il y a de grandes chances que ce soit moi qui pars la première et il me disait mais non qu'est-ce que t'en sais, peut-être que c'est moi qui pars j'ai dit ben non moi je suis malade, je suis diabétique, je suis d'hypertension j'ai plus de thyroïde, enfin j'ai la panoplie quoi et du coup il est parti avant moi Merci. C'était un peu, tu as vu, tu vois, je pensais être forte avec le père de... de Ryan je me disais t'as vu même si je pars il y a son père mais du coup Dieu il fait bien les choses parce que le père de Ryan il est fort même trop bien
- Speaker #0
Alors, merci Latifa. De rien,
- Speaker #1
je t'en prie.
- Speaker #0
Avant de conclure, j'aimerais prendre un moment pour revenir sur ce qu'on s'est dit aujourd'hui. Alors, avec un peu de recul, qu'est-ce que... cet échange t'a fait réaliser ou re-réaliser ?
- Speaker #1
Je suis contente parce que ma fille est présente et peut-être qu'il y a des choses qu'elle ne connaissait pas sur moi.
- Speaker #0
C'est le cas.
- Speaker #1
Et pourtant, je n'ai pas tout dit. L'échange, ça m'a fait revivre des choses qui étaient enterrées.
- Speaker #0
Ce que tu retiens le plus aujourd'hui, c'est ?
- Speaker #1
Ce que je retiens aujourd'hui le plus, c'est que les moustiques sont en train de me niquer ma race.
- Speaker #0
Ce que je retiens le plus,
- Speaker #1
c'est qu'à 62 ans, j'ai eu une chance et inouïe...
- Speaker #0
Pourquoi j'ai parlé comme une blé d'arbre ?
- Speaker #1
D'avoir rencontré des... des gens tels que toi, Rosa, Edson, enfin tous les gens du centre aéré. Et pas que, parce que j'en ai autant chez moi qui viennent, qui fassent partie de la vie de ma fille, de mes enfants. Là où je travaille, dans l'école, même des bourgeois, des enfants d'avocats, d'architectes, de tout et n'importe quoi. C'est Tata Latifa, Maman Latifa, et mon cœur est assez grand pour aimer tout le monde.
- Speaker #0
Par contre,
- Speaker #1
les gens que je déteste, ils le savent aussi. Oui, oui, je confirme, ça je confirme. Et dernier,
- Speaker #0
et on finit sur ça. Encore dernier,
- Speaker #1
tu m'as dit dernier tout à l'heure.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une chose que tu aurais aimé entendre plus tôt dans ta vie ?
- Speaker #1
Ouais, que ma mère, elle meurt, mais elle est toujours vivante.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. Je vous rappelle qu'il y a un épisode qui sort tous les mois, le premier du mois. Je vous invite à me suivre sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, Umaru Alexis U. Je comprends que ça fait deux épisodes qui sont... très dur à écouter et qui parle de sujets très profonds. Ne vous inquiétez pas, l'épisode du mois prochain va être d'une légèreté un peu plus facile à écouter. Et n'oubliez pas, on vit dans un monde où personne n'est innocent et on se doit au moins d'essayer.