Speaker #1D'être dehors, en fait, ça développe des compétences naturellement,j'utilise ce terme exprès. D'être dehors, mais en fait, il y a plein de choses qui se passent qui ne sont pas forcément prévues ou programmées. Par exemple, le travail... coopératif, il est naturel dehors. Vous allez voir naturellement des enfants,il y a une rivière, il y a de l'eau, ils ont envie de construire un pont pour pouvoir aller de l'autre côté. Donc déjà, il y a un esprit créatif, il y a un esprit d'initiative, c'est-à-dire, il y a des choses qui vont se mettre en place en termes d'équipe, ils vont se répartir les tâches, ils vont aller chercher des grosses branches à plusieurs parce que tout seuls, ils ne peuvent pas réaliser ces tâches. Donc naturellement, ils vont demander de l'aide et chacun va avoir une place et ça, c'est hyper bien. Ils vont prendre des responsabilités, on va développer des compétences du coup cognitosociales en fait,c'est-à-dire à la fois le cerveau va se mettre en marche,le corps aussi. C'est pour cela qu'on a inventé cette association Là-Haut, c'est qu'on est adeptes des pédagogies actives et en fait c'est génial d'être dehors. Donc nous on a développé une activité spécifique qui est liée aux arbres mais même au-delà, même au sol en fait, naturellement on apprend en fait. On fait de la motricité en fait, il y a des embûches dehors, il y a des trous dans le sol. Il y a des herbes hautes, il y a des obstacles à franchir et on fait de la motricité. Alors que quand on est à l'intérieur dans une salle, on va installer des éléments en mousse, des choses. En fait, alors que dehors, on l'a déjà. On est sur une approche pédagogique qui est différente. C'est-à-dire qu'on n'est pas forcément sur quelque chose de descendant tout le temps. Il va y avoir des approches plutôt théoriques. Là, on a décidé de travailler, par exemple, sur le thème des insectes. On va procéder à une série d'ateliers d'observation, analyse, etc. sur les insectes,avec des clés d'identification par exemple. Mais il y a aussi plein de choses autour du jeu libre, autour de quand les enfants, les jeunes, les ados, ils sont dehors, ils vivent des choses en fait. Et il faut simplement essayer de les capter, de les observer et de revenir dessus avec eux. Ce qui est important, c'est simplement de séquencer tout ça, c'est-à-dire de revenir sur ce qui vient de se passer. Donc nous, c'est ce qu'on essaye de faire aussi régulièrement. Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconter des histoires sur différents thèmes, sur la confiance en soi, sur la coopération, sur les connaissances du vivant, sur la connexion au vivant. De vraiment, voilà, à un moment donné j'ai eu un vers de terre dans la main. Quelle émotion j'ai eue ? Quel rapport j'ai eu ? Comment je l'ai observé ? Quel regard j'ai maintenant sur lui ? Moi j'ai plein d'enfants, au début des processus, ils coupent les vers de terre en deux, ils se disent que ça va faire deux vers de terre. En revenant dessus, ça met des mots de vocabulaire et ça permet de conscientiser ce qui vient de se passer. Et ça vient d'eux, c'est ça qui est vraiment intéressant. Dans la sémantique, c'est important de bien considérer les différences entre éduquer, donc là pour le dire comme le dit la Ville de Rennes,à la nature, par la nature et dans la nature. Ce sont des approches qui peuvent être différentes mais qui finalement au cours d'une séquence se mélangent et s'entremêlent par la nature. C'est-à-dire qu'on peut l'utiliser d'un point de vue didactique si on veut travailler sur une discipline dite scolaire mais appliquée, on va dire, au dehors, dans la nature, parce qu'on est dehors, donc c'est différent d'être à l'intérieur, et dans la nature, donc à la nature, c'est-à-dire que l'idée aussi c'est d'apprendre, de mettre des mots de vocabulaire à ce qui nous entoure. On part d'ailleurs du principe que mieux on connaît la nature, le vivant, et plus on va en prendre soin et plus notre regard va changer sur les rapports que les humains ont avec les autres vivants. L'idée, c'est que ce soit en mouvement. Donc l'éducation au vivant, c'est aussi ça. C'est que les personnes qui participent à un projet d'éducation au vivant, que leur vision des choses évolue au fur et à mesure du projet. Qu'est-ce que c'est ? C'est toutes les actions éducatives dehors. Elles sont en milieu naturel et elles se passent sous la forme d'un processus d'animation, c'est-à-dire sous plusieurs séquences. Je pense qu'il y a la notion du temps qui est importante, ne serait-ce qu'au fil des saisons,le paysage va évoluer et c'est important que les participants le vivent, l'observent, l'analysent et le prennent en compte. Donc c'est toutes ces animations qui durent dans le temps, qui sont dehors et qui ont pour but de connecter les participants au vivant,à ce qui les entoure et de vivre des choses avec les autres êtres vivants de la biodiversité. On a besoin d'être éduqués au vivant parce qu'on a perdu beaucoup de choses essentielles de notre rapport au vivant. On essaye au sein de l'association Là-Haut de ne plus utiliser le terme d'éducation à la nature. On parle d'éducation au vivant dans l'idée d'impliquer l'humain au même titre que les autres êtres vivants, les plantes, les animaux, dans ce qu'on appelle le vivant, c'est-à-dire que ça nous incorpore dans la biodiversité et ça nous donne un autre rapport aux autres vivants.