- Speaker #0
Bienvenue dans cette exploration proposée par IG Conseils. Aujourd'hui, on plonge dans un sujet vraiment clé pour la profession comptable, devenir un cabinet data-driven.
- Speaker #1
Bonjour. Oui, un terme qu'on entend beaucoup. Et ce n'est pas juste une question de technologie.
- Speaker #0
Non, exactement. C'est plutôt un modèle augmenté, on pourrait dire. Éthique aussi, et stratégique.
- Speaker #1
C'est ça. L'idée, c'est de comprendre ensemble ce que ça implique vraiment.
- Speaker #0
Voilà. Comment ça transforme la posture du cabinet, la relation avec le client. Et puis toute la gestion des données derrière.
- Speaker #1
On est au cœur d'un vrai basculement.
- Speaker #0
Oui, c'est le mot. On passe en gros du rôle traditionnel de gardien de la conformité, si on veut.
- Speaker #1
La saisie, les bilans, les déclarations.
- Speaker #0
Le classique.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Un rôle de copilote stratégique. Le but, c'est de faire parler les données pour le client.
- Speaker #1
Exactement. Et ce n'est pas juste une mode. Il y a des moteurs très concrets derrière ce changement.
- Speaker #0
Ah oui, oui. Lesquels par exemple ?
- Speaker #1
Déjà, le client a de plus en plus accès à ces données. Souvent en temps ZL, ça change la donne.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis, il y a l'automatisation massive de certaines tâches. On gagne un temps fou.
- Speaker #0
Oui, j'ai entendu des chiffres. 60, 80% sur certaines tâches répétitives. L'OCR, les imports bancaires.
- Speaker #1
C'est ça. Du coup, la donnée elle-même devient l'actif principal du cabinet quelque part.
- Speaker #0
Et ça change aussi ce que les clients attendent de nous, des experts comptables. Ah oui,
- Speaker #1
fondamentalement. Ils ne veulent plus seulement regarder dans le rétroviseur.
- Speaker #0
Ils cherchent du sens, de l'anticipation. Des alertes peut-être ?
- Speaker #1
Tout à fait, pas juste les chiffres du passé. Et c'est là qu'on arrive à la définition du cabinet Data Driven.
- Speaker #0
Alors, c'est quoi exactement pour vous ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est avant tout un modèle d'organisation. Une organisation qui est vraiment centrée sur l'exploitation de la donnée.
- Speaker #0
Exploitation, c'est-à-dire ?
- Speaker #1
Ça couvre tout. La collecte, bien sûr, mais surtout la fiabilisation. Ça, c'est crucial. La structuration, l'analyse et enfin la restitution.
- Speaker #0
Le but final étant de ?
- Speaker #1
de transformer la donnée brute, qui peut être un peu indigeste, en information vraiment utile, actionnable pour le client.
- Speaker #0
D'accord. Et concrètement, au quotidien, ça se traduit comment dans un cabinet ?
- Speaker #1
Ça implique d'abord une culture de la donnée, partagée par toute équipe. Ensuite, oui, des processus automatisés, mais il faut qu'ils soient maîtrisés, compris.
- Speaker #0
Juste une boîte noire ?
- Speaker #1
Surtout pas. Puis des outils interconnectés, souvent dans le cloud, avec des capacités d'analyse type BI, pour un pilotage agile.
- Speaker #0
Et l'organisation elle-même... doit évoluer.
- Speaker #1
Oui, elle doit s'orienter via la valeur client. Parfois, on voit paraître des rôles plus spécialisés, quelqu'un en charge de la qualité de la donnée ou du conseil plus poussé.
- Speaker #0
Et les collaborateurs, leurs rôles changent aussi, j'imagine.
- Speaker #1
Énormément. Ils deviennent ce que j'appelle parfois des médiateurs de données.
- Speaker #0
Médiateurs de données, j'aime bien l'image. C'est plus que juste technicien.
- Speaker #1
Ah oui, ça veut dire qu'il faut non seulement maîtriser les outils, mais aussi savoir écouter le client, vulgariser l'information. Les fameuses soft skills deviennent essentielles.
- Speaker #0
C'est clair. Savoir traduire la donnée en conseils pertinents.
- Speaker #1
Exactement. C'est aussi important que la technique pure.
- Speaker #0
Et pourquoi ce virage est si important au fond ? Pourquoi maintenant ?
- Speaker #1
Premièrement, pour répondre à ces nouvelles attentes clients dont on parlait. Les tableaux de bord dynamiques, les prévisions, c'est devenu une demande forte.
- Speaker #0
D'accord. Se différencier aussi, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui, absolument. Face à la standardisation, à la pression sur les prix des tâches de base, le conseil proactif basé sur la donnée, ça justifie la valeur et les honoraires.
- Speaker #0
Ça permet aussi de fidéliser les clients, non ? Un accompagnement plus continu ?
- Speaker #1
Tout à fait. On passe d'interactions ponctuelles, souvent liées aux échéances fiscales, à un dialogue permanent. C'est beaucoup plus fort.
- Speaker #0
Et pour les équipes en interne, c'est plus motivant ?
- Speaker #1
Certainement. Analyser, conseiller, c'est quand même plus valorisant que de passer ses journées à saisir des factures. C'est un vrai atout pour attirer et retenir les talents.
- Speaker #0
Sans oublier l'aspect réglementaire.
- Speaker #1
Ah oui, la facture électronique qui arrive, l'e-reporting, tout ça pousse vers une gestion de données impeccable. Être data-driven, c'est aussi s'y préparer.
- Speaker #0
Et l'intelligence artificielle dans tout ça, donc. On en parle beaucoup, elle joue quel rôle ?
- Speaker #1
Alors l'IA, elle arrive en soutien. Elle peut aider énormément pour la catégorisation comptable, par exemple, ou pour détecter des anomalies, faire de l'analyse prédictive sur la trésorerie.
- Speaker #0
Mais c'est une aide ou ça risque de remplacer l'expert comptable ? C'est une crainte qu'on entend.
- Speaker #1
C'est une excellente question. La posture juste, je pense, c'est de voir l'IA comme un assistant, un copilote très performant.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Elle augmente les capacités de l'expert comptable, elle lui fait gagner du temps, elle lui fournit des analyses, mais elle ne remplace pas son jugement professionnel.
- Speaker #0
Ni sa connaissance du client, son éthique.
- Speaker #1
Il faut rester vigilant sur le fonctionnement des algorithmes, sur la responsabilité finale. L'expert est augmenté. Par remplacer, c'est une nuance clé.
- Speaker #0
Augmenter, ça nous mène à la question pratique. Pour un cabinet qui se dit « ok, je veux y aller » , comment on amorce cette transition ? Par où commencer ?
- Speaker #1
Surtout, ne pas vouloir tout faire d'un coup. C'est un processus progressif. Souvent, ça prend 18 mois, 2 ans, parfois 3 ans.
- Speaker #0
D'accord, première étape.
- Speaker #1
Déjà, accepter de repenser son modèle, ses offres, sa valeur ajoutée. Ensuite, faire un état des lieux. Quelles données on a déjà ? Où sont-elles ? Comment elles circulent ?
- Speaker #0
Cartographier l'existant en somme, les outils,
- Speaker #1
les flux. Exactement. Identifier les points de friction, les données sous-exploitées. Et puis, très important, embarquer les équipes, formation, communication. les impliquer dans le projet.
- Speaker #0
Mais on pourrait commencer petit, tester une offre simple.
- Speaker #1
C'est souvent la meilleure approche. Prototyper, par exemple, un tableau de bord de trésorerie simple mais commenté, voir comment ça fonctionne, comment c'est reçu par le client, et ajuster.
- Speaker #0
Cette démarche soulève aussi des questions éthiques, j'imagine.
- Speaker #1
Et de gouvernance.
- Speaker #0
Inévitablement. La responsabilité du cabinet s'accroît quand on manipule autant de données sensibles. Le devoir de loyauté envers le client est primordial.
- Speaker #1
Et le RJPD dans tout ça ?
- Speaker #0
C'est fondamental. La conformité RGPD, ce n'est pas juste cocher une case, c'est un pilier de la confiance. Il faut que ce soit intégré dès la conception des processus.
- Speaker #1
Les choix technologiques ont aussi un impact éthique.
- Speaker #0
Bien sûr. Où sont hébergées les données ? Est-ce qu'on assure une certaine souveraineté ? Quelle transparence pour le client sur ce qu'on fait de ces données ? L'interopérabilité des outils aussi pour ne pas enfermer le client. Ça demande une vraie gouvernance en interne.
- Speaker #1
Absolument. Définir qui a accès à quoi, comment on gère ses accès. documenter les processus, avoir un référent data, un DPO si nécessaire, bien gérer, l'éthique peut même devenir un avantage concurrentiel.
- Speaker #0
On comprend mieux. Donc ce data-driven, c'est finalement une étape vers autre chose de plus global.
- Speaker #1
Oui, on peut le voir comme ça. Une étape clé vers ce qu'on appelle parfois le cabinet augmenté.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Un cabinet qui combine la puissance des données, l'assistance de l'IA, mais aussi l'intelligence collective des équipes, et un conseil à très forte valeur ajoutée.
- Speaker #0
Quelles sont les tendances qu'on voit émerger dans ce sens ?
- Speaker #1
On voit plus de spécialisations, sectorielles ou fonctionnelles, l'émergence aussi de nouveaux profils, un peu hybrides, des data analysis dans les cabinets, des consultants sur les sujets ESG par exemple, et des outils toujours plus intégrés, plus ouverts.
- Speaker #0
Et la finalité de tout ça, c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est une revalorisation profonde du rôle de l'expert comptable. Il redevient cet interprète de confiance, ce garant, cet accompagnateur stratégique qui est indispensable à l'entreprise.
- Speaker #0
La donnée comme un vecteur de... Renaissance, presque ?
- Speaker #1
C'est une belle image, oui. Un formidable levier pour réaffirmer la valeur de la profession.
- Speaker #0
Eh bien, merci beaucoup pour cet éclairage très complet. Notre analyse touche à sa fin. Pour celles et ceux qui veulent approfondir, un article très détaillé est disponible sur le blog IG Conseil.
- Speaker #1
Oui, sur blog.ig-conseils.com
- Speaker #0
L'article s'intitule « Cabinet d'expertise comptable data-driven vers un modèle augmenté, éthique, et stratégiques. Cette exploration vous était proposée par IG Conseils dont la mission est de vous former aux meilleures pratiques en gestion, comptabilité, digitalisation et IA.
- Speaker #1
Et peut-être, pour finir, une petite question pour la route, pour réfléchir, comment cette dépendance croissante aux données et à l'IA pourrait remodeler la relation de confiance si fondamentale entre un conseiller et son client ?
- Speaker #0
Question très pertinente, merci encore.