Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
La beauté par la science. La peau est un organe fragile, constamment exposé, et l'état général assure la peau une influence extrême. C'est pourquoi j'ai créé une consultation médicale de beauté pour apporter une réponse ciblée à chaque problématique de peau. Quand elle ouvre sa boutique Rue de la Paix en 1936, Ella Baché invente un nouveau rapport à la peau. Ici, on ne vient pas seulement chercher un soin ou une crème, on apprend à se connaître. Dans la préface de son premier guide de beauté, publié la même année sous le nom de Béa Davis, elle explique cette consultation médicale de beauté ne promet ni miracle, ni mystérieuse résurrection. Elles s'efforcent tout simplement d'être modernes, d'offrir à chacune le bénéfice des plus récentes découvertes de la dermatologie en les appliquant à l'entretien quotidien de la peau. Il est rare que la peau d'un même visage ne présente pas des caractères entièrement différents. Il est donc indispensable de combiner les traitements et produits selon les exigences de l'épiderme. Diagnostics personnalisés, ordonnances de soins sur mesure, protocoles adaptés, tout part d'une conviction ancrée dans sa formation de pharmacienne. Cette exigence de rigueur s'accompagne chez Ella Baché d'un profond désir de transmission. Dans ce tout premier guide, elle imagine une relation directe, presque épistolaire, avec ses clientes. Il suffit d'écrire à la maison du 8, rue de la Paix, pour recevoir, par retour de courrier, un conseil, une indication de traitement, un geste d'attention. À une époque où la beauté se dit surtout en vitrine, elle choisit la voie du lien, de l'écoute, de la clarté. Convaincue que le soin doit rester accessible, elle instaure des tarifs étudiés, propose des abonnements souples et conçoit même des échantillons. Ella Baché prend le temps de détailler l'ensemble de sa carte de soins. Non pas pour étaler son expertise, mais pour accompagner les femmes, leur transmettre des savoirs concrets et leur donner les clés de leur autonomie. Peeling, désincrustation, diathermie, traitement de la coupe rose, de l'acné ou de la chute des cheveux. Tout est pensé avec une précision presque clinique. s'appuyant sur les données les plus récentes de la dermatologie et de la chimie biologique. Cette volonté d'autonomiser les femmes traverse toute son œuvre. Elle milite aux côtés des suffragettes pour l'obtention du droit de vote dès son arrivée à Paris et transpose cet idéal d'émancipation dans sa vision du soin. Je suis venue au bon moment. J'ai eu la chance de commencer mon métier dans une époque en pleine évolution. Il suffisait alors de s'intéresser aux travaux réalisés en chimie. d'hermatologie et technique, et de surveiller tout ce qui paraissait, confie-t-elle. Pas de promesses vaines, pas de poudre aux yeux. Ce n'était pas possible de faire du bluff dans ma propre maison. J'ai toujours voulu offrir quelque chose de bien et durable, affirme-t-elle. Grâce à son frère médecin, elle accède aux bibliothèques de l'hôpital de Vienne, nourrissant sa soif d'apprendre. Puis la guerre éclate. Mais elle n'arrête pas les intuitions. Au contraire, elle les aiguise. Contrainte à l'exil temporaire, Ella Baché rejoint son frère à New York. Ce professeur de médecine l'emmène chaque samedi matin à l'hôpital, lui ouvrant les portes des archives médicales. Polyglotte comme il est d'usage en Hongrie, elle dévore les publications en anglais, allemand et français. J'ai lu toute la littérature ayant un rapport avec mon travail. C'est ainsi qu'elle découvre les recherches sur l'huile de foie de flétan, utilisée depuis les années 1930. pour soigner les brûlures des soldats. En suivant les recherches allemandes et américaines en dermatologie, j'avais appris que l'on traitait les brûlures et les blessures de guerre des soldats américains avec une pommade à base d'huile de flétan, raconte-t-elle. Cette matière première marine aux propriétés exceptionnelles offre le grand intérêt d'absorber les cellules mortes comme un papier buvard et de les dissoudre à la longue. Elle a bâché, y voit immédiatement un potentiel cosmétique. Pas une illusion marketing. une réalité biochimique. Elle comprend que par la prolifération accélérée des nouvelles cellules, les blessures se referment sans cicatrices. Elle tranche avec sa détermination habituelle. L'huile de flétan est un actif cosmétique. En 1941, elle crée sa crème Intex, premier soin cicatrisant et fait pansement, à base de lanoline, d'huile végétale, de thym et surtout d'huile de flétan qu'elle fait venir de Norvège sans jamais changer de fournisseur. Le nom est pensé comme une formule intérieur-extérieur. Elle renouvelle les cellules de l'intérieur IN, et cicatrise les impuretés, EX, explique-t-elle. La crème Intex devient rapidement un incontournable de la marque, souvent comparée, à raison, à la crème de la mer avant l'heure. Elle soigne les démangeaisons, les plaques sèches, les zones rugueuses. Pragmatique, elle a bâché la déclin même en deux versions, une pour les peaux très sèches, une autre pour les peaux grasses, toujours à base d'huile de flétan. Cette huile n'obstruit pas les pores, elle digère leur contenu. Comme souvent chez Ella Baché, l'intuition rejoint la preuve, la tradition rencontre la science. Chez Ella Baché, rien n'est laissé au hasard et surtout pas les promesses. Les effets cosmétiques sans fondement n'ont pas leur place dans son vocabulaire. Ce qu'elle vise, c'est la transformation visible, l'amélioration concrète de la peau, éprouvée par l'expérience et validée par la science. Sa fidélité à la vérité biologique, nourrie par sa formation en pharmacie, lui permet de poser les bases d'une cosmétique active, fondée sur l'observation du vivant. Ces formules ne répondent pas à des tendances, elles naissent de situations concrètes, de cas observés, d'une pratique ancrée dans le réel, comme sa crème Batex, devenue ensuite crème de lait nourrissante, développée dans les années 50. J'ai mis au point ce produit pour protéger tous les épidermes du froid et du vent, en été comme en hiver. Malgré sa texture très onctueuse et nourrissante, elle ne tâche pas les vêtements. explique-t-elle. Une innovation née d'un besoin pratique. Ses clientes lui racontaient utiliser ce produit en enfilant leurs bas pour les faire glisser sur les jambes sans les filer. Les bas en soi étaient très chers et rares à l'époque, précise-t-elle. Cette approche pragmatique transparaît dans sa méthode de formulation. En concevant mes formules, je me sers le moins possible d'émulsionnants tout préparés. J'essaie d'équilibrer mes émulsions en utilisant de la lanoline, des huiles, de la lécitine et de les garder aussi neutres que possible. Sa philosophie reste constante. Je n'aime pas les compositions sophistiquées. J'estime qu'un produit dont la substance principale est active et de toute première qualité réussit mieux à la peau et à moindre risque. Pour se faire connaître, elle ne recule devant rien. Je n'avais pas assez de moyens pour faire de la publicité. Elle se tourne alors vers les écoles dans l'espoir que ses produits soient relayés dans les journaux édités par les étudiants. Elle va même jusqu'à écrire aux présidentes de Bernard College et Hunter College pour proposer des cours d'hygiène et de soins de la peau. Cette démarche lui vaut son premier contrat américain, l'écriture d'un livret pour les femmes de l'armée américaine. J'étais très fière, c'était mon premier cachet américain. Sa soif de transparence la pousse. dès les années 1940 à développer les premières étiquettes de composition dans un objectif de transparence pour les consommatrices. Dès 1941, j'ai pris soin de dire exactement ce que contenait chaque produit en énonçant les ingrédients un à un, le résultat que l'on pouvait espérer. Aucune réglementation ne l'y oblige encore. Mais pour elle, c'est une question d'honnêteté fondamentale. Je considère les consommatrices comme des adultes à qui je peux dire « Voici ce que je vous offre » plutôt que « Voilà, une crème miracle, hyper ceci, super cela, ultra merveilleuse » . Dès son arrivée aux Etats-Unis, elle découvre un monde cosmétique en pleine effervescence. C'est l'époque du cake make-up, ces fonds de teint couvrant qui plâtrent le visage dans un style Hollywood. Tous les défauts étaient camouflés, mais le maquillage fondait et tournait dans le climat chaud de l'été, observe-t-elle. Elle rencontre des fabricants de produits de beauté dans le but de se faire connaître et l'un d'eux la challenge sur une lotion autobronzante pour remplacer les bas. « Ces formules n'étaient en les pas difficiles à faire. J'avais besoin de me faire une place, mais j'ai refusé de faire ces produits en expliquant qu'ils bouchaient les pores et étaient un nocif pour la peau » , raconte-t-elle. Pas question de sacrifier l'efficacité et la sécurité pour un quelconque appât du gain. À la place, elle met au point un fond de teint liquide fin comme de la soie. qui couvre mais ne pénètre pas, presque transparent.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
La beauté par la science. La peau est un organe fragile, constamment exposé, et l'état général assure la peau une influence extrême. C'est pourquoi j'ai créé une consultation médicale de beauté pour apporter une réponse ciblée à chaque problématique de peau. Quand elle ouvre sa boutique Rue de la Paix en 1936, Ella Baché invente un nouveau rapport à la peau. Ici, on ne vient pas seulement chercher un soin ou une crème, on apprend à se connaître. Dans la préface de son premier guide de beauté, publié la même année sous le nom de Béa Davis, elle explique cette consultation médicale de beauté ne promet ni miracle, ni mystérieuse résurrection. Elles s'efforcent tout simplement d'être modernes, d'offrir à chacune le bénéfice des plus récentes découvertes de la dermatologie en les appliquant à l'entretien quotidien de la peau. Il est rare que la peau d'un même visage ne présente pas des caractères entièrement différents. Il est donc indispensable de combiner les traitements et produits selon les exigences de l'épiderme. Diagnostics personnalisés, ordonnances de soins sur mesure, protocoles adaptés, tout part d'une conviction ancrée dans sa formation de pharmacienne. Cette exigence de rigueur s'accompagne chez Ella Baché d'un profond désir de transmission. Dans ce tout premier guide, elle imagine une relation directe, presque épistolaire, avec ses clientes. Il suffit d'écrire à la maison du 8, rue de la Paix, pour recevoir, par retour de courrier, un conseil, une indication de traitement, un geste d'attention. À une époque où la beauté se dit surtout en vitrine, elle choisit la voie du lien, de l'écoute, de la clarté. Convaincue que le soin doit rester accessible, elle instaure des tarifs étudiés, propose des abonnements souples et conçoit même des échantillons. Ella Baché prend le temps de détailler l'ensemble de sa carte de soins. Non pas pour étaler son expertise, mais pour accompagner les femmes, leur transmettre des savoirs concrets et leur donner les clés de leur autonomie. Peeling, désincrustation, diathermie, traitement de la coupe rose, de l'acné ou de la chute des cheveux. Tout est pensé avec une précision presque clinique. s'appuyant sur les données les plus récentes de la dermatologie et de la chimie biologique. Cette volonté d'autonomiser les femmes traverse toute son œuvre. Elle milite aux côtés des suffragettes pour l'obtention du droit de vote dès son arrivée à Paris et transpose cet idéal d'émancipation dans sa vision du soin. Je suis venue au bon moment. J'ai eu la chance de commencer mon métier dans une époque en pleine évolution. Il suffisait alors de s'intéresser aux travaux réalisés en chimie. d'hermatologie et technique, et de surveiller tout ce qui paraissait, confie-t-elle. Pas de promesses vaines, pas de poudre aux yeux. Ce n'était pas possible de faire du bluff dans ma propre maison. J'ai toujours voulu offrir quelque chose de bien et durable, affirme-t-elle. Grâce à son frère médecin, elle accède aux bibliothèques de l'hôpital de Vienne, nourrissant sa soif d'apprendre. Puis la guerre éclate. Mais elle n'arrête pas les intuitions. Au contraire, elle les aiguise. Contrainte à l'exil temporaire, Ella Baché rejoint son frère à New York. Ce professeur de médecine l'emmène chaque samedi matin à l'hôpital, lui ouvrant les portes des archives médicales. Polyglotte comme il est d'usage en Hongrie, elle dévore les publications en anglais, allemand et français. J'ai lu toute la littérature ayant un rapport avec mon travail. C'est ainsi qu'elle découvre les recherches sur l'huile de foie de flétan, utilisée depuis les années 1930. pour soigner les brûlures des soldats. En suivant les recherches allemandes et américaines en dermatologie, j'avais appris que l'on traitait les brûlures et les blessures de guerre des soldats américains avec une pommade à base d'huile de flétan, raconte-t-elle. Cette matière première marine aux propriétés exceptionnelles offre le grand intérêt d'absorber les cellules mortes comme un papier buvard et de les dissoudre à la longue. Elle a bâché, y voit immédiatement un potentiel cosmétique. Pas une illusion marketing. une réalité biochimique. Elle comprend que par la prolifération accélérée des nouvelles cellules, les blessures se referment sans cicatrices. Elle tranche avec sa détermination habituelle. L'huile de flétan est un actif cosmétique. En 1941, elle crée sa crème Intex, premier soin cicatrisant et fait pansement, à base de lanoline, d'huile végétale, de thym et surtout d'huile de flétan qu'elle fait venir de Norvège sans jamais changer de fournisseur. Le nom est pensé comme une formule intérieur-extérieur. Elle renouvelle les cellules de l'intérieur IN, et cicatrise les impuretés, EX, explique-t-elle. La crème Intex devient rapidement un incontournable de la marque, souvent comparée, à raison, à la crème de la mer avant l'heure. Elle soigne les démangeaisons, les plaques sèches, les zones rugueuses. Pragmatique, elle a bâché la déclin même en deux versions, une pour les peaux très sèches, une autre pour les peaux grasses, toujours à base d'huile de flétan. Cette huile n'obstruit pas les pores, elle digère leur contenu. Comme souvent chez Ella Baché, l'intuition rejoint la preuve, la tradition rencontre la science. Chez Ella Baché, rien n'est laissé au hasard et surtout pas les promesses. Les effets cosmétiques sans fondement n'ont pas leur place dans son vocabulaire. Ce qu'elle vise, c'est la transformation visible, l'amélioration concrète de la peau, éprouvée par l'expérience et validée par la science. Sa fidélité à la vérité biologique, nourrie par sa formation en pharmacie, lui permet de poser les bases d'une cosmétique active, fondée sur l'observation du vivant. Ces formules ne répondent pas à des tendances, elles naissent de situations concrètes, de cas observés, d'une pratique ancrée dans le réel, comme sa crème Batex, devenue ensuite crème de lait nourrissante, développée dans les années 50. J'ai mis au point ce produit pour protéger tous les épidermes du froid et du vent, en été comme en hiver. Malgré sa texture très onctueuse et nourrissante, elle ne tâche pas les vêtements. explique-t-elle. Une innovation née d'un besoin pratique. Ses clientes lui racontaient utiliser ce produit en enfilant leurs bas pour les faire glisser sur les jambes sans les filer. Les bas en soi étaient très chers et rares à l'époque, précise-t-elle. Cette approche pragmatique transparaît dans sa méthode de formulation. En concevant mes formules, je me sers le moins possible d'émulsionnants tout préparés. J'essaie d'équilibrer mes émulsions en utilisant de la lanoline, des huiles, de la lécitine et de les garder aussi neutres que possible. Sa philosophie reste constante. Je n'aime pas les compositions sophistiquées. J'estime qu'un produit dont la substance principale est active et de toute première qualité réussit mieux à la peau et à moindre risque. Pour se faire connaître, elle ne recule devant rien. Je n'avais pas assez de moyens pour faire de la publicité. Elle se tourne alors vers les écoles dans l'espoir que ses produits soient relayés dans les journaux édités par les étudiants. Elle va même jusqu'à écrire aux présidentes de Bernard College et Hunter College pour proposer des cours d'hygiène et de soins de la peau. Cette démarche lui vaut son premier contrat américain, l'écriture d'un livret pour les femmes de l'armée américaine. J'étais très fière, c'était mon premier cachet américain. Sa soif de transparence la pousse. dès les années 1940 à développer les premières étiquettes de composition dans un objectif de transparence pour les consommatrices. Dès 1941, j'ai pris soin de dire exactement ce que contenait chaque produit en énonçant les ingrédients un à un, le résultat que l'on pouvait espérer. Aucune réglementation ne l'y oblige encore. Mais pour elle, c'est une question d'honnêteté fondamentale. Je considère les consommatrices comme des adultes à qui je peux dire « Voici ce que je vous offre » plutôt que « Voilà, une crème miracle, hyper ceci, super cela, ultra merveilleuse » . Dès son arrivée aux Etats-Unis, elle découvre un monde cosmétique en pleine effervescence. C'est l'époque du cake make-up, ces fonds de teint couvrant qui plâtrent le visage dans un style Hollywood. Tous les défauts étaient camouflés, mais le maquillage fondait et tournait dans le climat chaud de l'été, observe-t-elle. Elle rencontre des fabricants de produits de beauté dans le but de se faire connaître et l'un d'eux la challenge sur une lotion autobronzante pour remplacer les bas. « Ces formules n'étaient en les pas difficiles à faire. J'avais besoin de me faire une place, mais j'ai refusé de faire ces produits en expliquant qu'ils bouchaient les pores et étaient un nocif pour la peau » , raconte-t-elle. Pas question de sacrifier l'efficacité et la sécurité pour un quelconque appât du gain. À la place, elle met au point un fond de teint liquide fin comme de la soie. qui couvre mais ne pénètre pas, presque transparent.
Share
Embed
You may also like
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
La beauté par la science. La peau est un organe fragile, constamment exposé, et l'état général assure la peau une influence extrême. C'est pourquoi j'ai créé une consultation médicale de beauté pour apporter une réponse ciblée à chaque problématique de peau. Quand elle ouvre sa boutique Rue de la Paix en 1936, Ella Baché invente un nouveau rapport à la peau. Ici, on ne vient pas seulement chercher un soin ou une crème, on apprend à se connaître. Dans la préface de son premier guide de beauté, publié la même année sous le nom de Béa Davis, elle explique cette consultation médicale de beauté ne promet ni miracle, ni mystérieuse résurrection. Elles s'efforcent tout simplement d'être modernes, d'offrir à chacune le bénéfice des plus récentes découvertes de la dermatologie en les appliquant à l'entretien quotidien de la peau. Il est rare que la peau d'un même visage ne présente pas des caractères entièrement différents. Il est donc indispensable de combiner les traitements et produits selon les exigences de l'épiderme. Diagnostics personnalisés, ordonnances de soins sur mesure, protocoles adaptés, tout part d'une conviction ancrée dans sa formation de pharmacienne. Cette exigence de rigueur s'accompagne chez Ella Baché d'un profond désir de transmission. Dans ce tout premier guide, elle imagine une relation directe, presque épistolaire, avec ses clientes. Il suffit d'écrire à la maison du 8, rue de la Paix, pour recevoir, par retour de courrier, un conseil, une indication de traitement, un geste d'attention. À une époque où la beauté se dit surtout en vitrine, elle choisit la voie du lien, de l'écoute, de la clarté. Convaincue que le soin doit rester accessible, elle instaure des tarifs étudiés, propose des abonnements souples et conçoit même des échantillons. Ella Baché prend le temps de détailler l'ensemble de sa carte de soins. Non pas pour étaler son expertise, mais pour accompagner les femmes, leur transmettre des savoirs concrets et leur donner les clés de leur autonomie. Peeling, désincrustation, diathermie, traitement de la coupe rose, de l'acné ou de la chute des cheveux. Tout est pensé avec une précision presque clinique. s'appuyant sur les données les plus récentes de la dermatologie et de la chimie biologique. Cette volonté d'autonomiser les femmes traverse toute son œuvre. Elle milite aux côtés des suffragettes pour l'obtention du droit de vote dès son arrivée à Paris et transpose cet idéal d'émancipation dans sa vision du soin. Je suis venue au bon moment. J'ai eu la chance de commencer mon métier dans une époque en pleine évolution. Il suffisait alors de s'intéresser aux travaux réalisés en chimie. d'hermatologie et technique, et de surveiller tout ce qui paraissait, confie-t-elle. Pas de promesses vaines, pas de poudre aux yeux. Ce n'était pas possible de faire du bluff dans ma propre maison. J'ai toujours voulu offrir quelque chose de bien et durable, affirme-t-elle. Grâce à son frère médecin, elle accède aux bibliothèques de l'hôpital de Vienne, nourrissant sa soif d'apprendre. Puis la guerre éclate. Mais elle n'arrête pas les intuitions. Au contraire, elle les aiguise. Contrainte à l'exil temporaire, Ella Baché rejoint son frère à New York. Ce professeur de médecine l'emmène chaque samedi matin à l'hôpital, lui ouvrant les portes des archives médicales. Polyglotte comme il est d'usage en Hongrie, elle dévore les publications en anglais, allemand et français. J'ai lu toute la littérature ayant un rapport avec mon travail. C'est ainsi qu'elle découvre les recherches sur l'huile de foie de flétan, utilisée depuis les années 1930. pour soigner les brûlures des soldats. En suivant les recherches allemandes et américaines en dermatologie, j'avais appris que l'on traitait les brûlures et les blessures de guerre des soldats américains avec une pommade à base d'huile de flétan, raconte-t-elle. Cette matière première marine aux propriétés exceptionnelles offre le grand intérêt d'absorber les cellules mortes comme un papier buvard et de les dissoudre à la longue. Elle a bâché, y voit immédiatement un potentiel cosmétique. Pas une illusion marketing. une réalité biochimique. Elle comprend que par la prolifération accélérée des nouvelles cellules, les blessures se referment sans cicatrices. Elle tranche avec sa détermination habituelle. L'huile de flétan est un actif cosmétique. En 1941, elle crée sa crème Intex, premier soin cicatrisant et fait pansement, à base de lanoline, d'huile végétale, de thym et surtout d'huile de flétan qu'elle fait venir de Norvège sans jamais changer de fournisseur. Le nom est pensé comme une formule intérieur-extérieur. Elle renouvelle les cellules de l'intérieur IN, et cicatrise les impuretés, EX, explique-t-elle. La crème Intex devient rapidement un incontournable de la marque, souvent comparée, à raison, à la crème de la mer avant l'heure. Elle soigne les démangeaisons, les plaques sèches, les zones rugueuses. Pragmatique, elle a bâché la déclin même en deux versions, une pour les peaux très sèches, une autre pour les peaux grasses, toujours à base d'huile de flétan. Cette huile n'obstruit pas les pores, elle digère leur contenu. Comme souvent chez Ella Baché, l'intuition rejoint la preuve, la tradition rencontre la science. Chez Ella Baché, rien n'est laissé au hasard et surtout pas les promesses. Les effets cosmétiques sans fondement n'ont pas leur place dans son vocabulaire. Ce qu'elle vise, c'est la transformation visible, l'amélioration concrète de la peau, éprouvée par l'expérience et validée par la science. Sa fidélité à la vérité biologique, nourrie par sa formation en pharmacie, lui permet de poser les bases d'une cosmétique active, fondée sur l'observation du vivant. Ces formules ne répondent pas à des tendances, elles naissent de situations concrètes, de cas observés, d'une pratique ancrée dans le réel, comme sa crème Batex, devenue ensuite crème de lait nourrissante, développée dans les années 50. J'ai mis au point ce produit pour protéger tous les épidermes du froid et du vent, en été comme en hiver. Malgré sa texture très onctueuse et nourrissante, elle ne tâche pas les vêtements. explique-t-elle. Une innovation née d'un besoin pratique. Ses clientes lui racontaient utiliser ce produit en enfilant leurs bas pour les faire glisser sur les jambes sans les filer. Les bas en soi étaient très chers et rares à l'époque, précise-t-elle. Cette approche pragmatique transparaît dans sa méthode de formulation. En concevant mes formules, je me sers le moins possible d'émulsionnants tout préparés. J'essaie d'équilibrer mes émulsions en utilisant de la lanoline, des huiles, de la lécitine et de les garder aussi neutres que possible. Sa philosophie reste constante. Je n'aime pas les compositions sophistiquées. J'estime qu'un produit dont la substance principale est active et de toute première qualité réussit mieux à la peau et à moindre risque. Pour se faire connaître, elle ne recule devant rien. Je n'avais pas assez de moyens pour faire de la publicité. Elle se tourne alors vers les écoles dans l'espoir que ses produits soient relayés dans les journaux édités par les étudiants. Elle va même jusqu'à écrire aux présidentes de Bernard College et Hunter College pour proposer des cours d'hygiène et de soins de la peau. Cette démarche lui vaut son premier contrat américain, l'écriture d'un livret pour les femmes de l'armée américaine. J'étais très fière, c'était mon premier cachet américain. Sa soif de transparence la pousse. dès les années 1940 à développer les premières étiquettes de composition dans un objectif de transparence pour les consommatrices. Dès 1941, j'ai pris soin de dire exactement ce que contenait chaque produit en énonçant les ingrédients un à un, le résultat que l'on pouvait espérer. Aucune réglementation ne l'y oblige encore. Mais pour elle, c'est une question d'honnêteté fondamentale. Je considère les consommatrices comme des adultes à qui je peux dire « Voici ce que je vous offre » plutôt que « Voilà, une crème miracle, hyper ceci, super cela, ultra merveilleuse » . Dès son arrivée aux Etats-Unis, elle découvre un monde cosmétique en pleine effervescence. C'est l'époque du cake make-up, ces fonds de teint couvrant qui plâtrent le visage dans un style Hollywood. Tous les défauts étaient camouflés, mais le maquillage fondait et tournait dans le climat chaud de l'été, observe-t-elle. Elle rencontre des fabricants de produits de beauté dans le but de se faire connaître et l'un d'eux la challenge sur une lotion autobronzante pour remplacer les bas. « Ces formules n'étaient en les pas difficiles à faire. J'avais besoin de me faire une place, mais j'ai refusé de faire ces produits en expliquant qu'ils bouchaient les pores et étaient un nocif pour la peau » , raconte-t-elle. Pas question de sacrifier l'efficacité et la sécurité pour un quelconque appât du gain. À la place, elle met au point un fond de teint liquide fin comme de la soie. qui couvre mais ne pénètre pas, presque transparent.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
La beauté par la science. La peau est un organe fragile, constamment exposé, et l'état général assure la peau une influence extrême. C'est pourquoi j'ai créé une consultation médicale de beauté pour apporter une réponse ciblée à chaque problématique de peau. Quand elle ouvre sa boutique Rue de la Paix en 1936, Ella Baché invente un nouveau rapport à la peau. Ici, on ne vient pas seulement chercher un soin ou une crème, on apprend à se connaître. Dans la préface de son premier guide de beauté, publié la même année sous le nom de Béa Davis, elle explique cette consultation médicale de beauté ne promet ni miracle, ni mystérieuse résurrection. Elles s'efforcent tout simplement d'être modernes, d'offrir à chacune le bénéfice des plus récentes découvertes de la dermatologie en les appliquant à l'entretien quotidien de la peau. Il est rare que la peau d'un même visage ne présente pas des caractères entièrement différents. Il est donc indispensable de combiner les traitements et produits selon les exigences de l'épiderme. Diagnostics personnalisés, ordonnances de soins sur mesure, protocoles adaptés, tout part d'une conviction ancrée dans sa formation de pharmacienne. Cette exigence de rigueur s'accompagne chez Ella Baché d'un profond désir de transmission. Dans ce tout premier guide, elle imagine une relation directe, presque épistolaire, avec ses clientes. Il suffit d'écrire à la maison du 8, rue de la Paix, pour recevoir, par retour de courrier, un conseil, une indication de traitement, un geste d'attention. À une époque où la beauté se dit surtout en vitrine, elle choisit la voie du lien, de l'écoute, de la clarté. Convaincue que le soin doit rester accessible, elle instaure des tarifs étudiés, propose des abonnements souples et conçoit même des échantillons. Ella Baché prend le temps de détailler l'ensemble de sa carte de soins. Non pas pour étaler son expertise, mais pour accompagner les femmes, leur transmettre des savoirs concrets et leur donner les clés de leur autonomie. Peeling, désincrustation, diathermie, traitement de la coupe rose, de l'acné ou de la chute des cheveux. Tout est pensé avec une précision presque clinique. s'appuyant sur les données les plus récentes de la dermatologie et de la chimie biologique. Cette volonté d'autonomiser les femmes traverse toute son œuvre. Elle milite aux côtés des suffragettes pour l'obtention du droit de vote dès son arrivée à Paris et transpose cet idéal d'émancipation dans sa vision du soin. Je suis venue au bon moment. J'ai eu la chance de commencer mon métier dans une époque en pleine évolution. Il suffisait alors de s'intéresser aux travaux réalisés en chimie. d'hermatologie et technique, et de surveiller tout ce qui paraissait, confie-t-elle. Pas de promesses vaines, pas de poudre aux yeux. Ce n'était pas possible de faire du bluff dans ma propre maison. J'ai toujours voulu offrir quelque chose de bien et durable, affirme-t-elle. Grâce à son frère médecin, elle accède aux bibliothèques de l'hôpital de Vienne, nourrissant sa soif d'apprendre. Puis la guerre éclate. Mais elle n'arrête pas les intuitions. Au contraire, elle les aiguise. Contrainte à l'exil temporaire, Ella Baché rejoint son frère à New York. Ce professeur de médecine l'emmène chaque samedi matin à l'hôpital, lui ouvrant les portes des archives médicales. Polyglotte comme il est d'usage en Hongrie, elle dévore les publications en anglais, allemand et français. J'ai lu toute la littérature ayant un rapport avec mon travail. C'est ainsi qu'elle découvre les recherches sur l'huile de foie de flétan, utilisée depuis les années 1930. pour soigner les brûlures des soldats. En suivant les recherches allemandes et américaines en dermatologie, j'avais appris que l'on traitait les brûlures et les blessures de guerre des soldats américains avec une pommade à base d'huile de flétan, raconte-t-elle. Cette matière première marine aux propriétés exceptionnelles offre le grand intérêt d'absorber les cellules mortes comme un papier buvard et de les dissoudre à la longue. Elle a bâché, y voit immédiatement un potentiel cosmétique. Pas une illusion marketing. une réalité biochimique. Elle comprend que par la prolifération accélérée des nouvelles cellules, les blessures se referment sans cicatrices. Elle tranche avec sa détermination habituelle. L'huile de flétan est un actif cosmétique. En 1941, elle crée sa crème Intex, premier soin cicatrisant et fait pansement, à base de lanoline, d'huile végétale, de thym et surtout d'huile de flétan qu'elle fait venir de Norvège sans jamais changer de fournisseur. Le nom est pensé comme une formule intérieur-extérieur. Elle renouvelle les cellules de l'intérieur IN, et cicatrise les impuretés, EX, explique-t-elle. La crème Intex devient rapidement un incontournable de la marque, souvent comparée, à raison, à la crème de la mer avant l'heure. Elle soigne les démangeaisons, les plaques sèches, les zones rugueuses. Pragmatique, elle a bâché la déclin même en deux versions, une pour les peaux très sèches, une autre pour les peaux grasses, toujours à base d'huile de flétan. Cette huile n'obstruit pas les pores, elle digère leur contenu. Comme souvent chez Ella Baché, l'intuition rejoint la preuve, la tradition rencontre la science. Chez Ella Baché, rien n'est laissé au hasard et surtout pas les promesses. Les effets cosmétiques sans fondement n'ont pas leur place dans son vocabulaire. Ce qu'elle vise, c'est la transformation visible, l'amélioration concrète de la peau, éprouvée par l'expérience et validée par la science. Sa fidélité à la vérité biologique, nourrie par sa formation en pharmacie, lui permet de poser les bases d'une cosmétique active, fondée sur l'observation du vivant. Ces formules ne répondent pas à des tendances, elles naissent de situations concrètes, de cas observés, d'une pratique ancrée dans le réel, comme sa crème Batex, devenue ensuite crème de lait nourrissante, développée dans les années 50. J'ai mis au point ce produit pour protéger tous les épidermes du froid et du vent, en été comme en hiver. Malgré sa texture très onctueuse et nourrissante, elle ne tâche pas les vêtements. explique-t-elle. Une innovation née d'un besoin pratique. Ses clientes lui racontaient utiliser ce produit en enfilant leurs bas pour les faire glisser sur les jambes sans les filer. Les bas en soi étaient très chers et rares à l'époque, précise-t-elle. Cette approche pragmatique transparaît dans sa méthode de formulation. En concevant mes formules, je me sers le moins possible d'émulsionnants tout préparés. J'essaie d'équilibrer mes émulsions en utilisant de la lanoline, des huiles, de la lécitine et de les garder aussi neutres que possible. Sa philosophie reste constante. Je n'aime pas les compositions sophistiquées. J'estime qu'un produit dont la substance principale est active et de toute première qualité réussit mieux à la peau et à moindre risque. Pour se faire connaître, elle ne recule devant rien. Je n'avais pas assez de moyens pour faire de la publicité. Elle se tourne alors vers les écoles dans l'espoir que ses produits soient relayés dans les journaux édités par les étudiants. Elle va même jusqu'à écrire aux présidentes de Bernard College et Hunter College pour proposer des cours d'hygiène et de soins de la peau. Cette démarche lui vaut son premier contrat américain, l'écriture d'un livret pour les femmes de l'armée américaine. J'étais très fière, c'était mon premier cachet américain. Sa soif de transparence la pousse. dès les années 1940 à développer les premières étiquettes de composition dans un objectif de transparence pour les consommatrices. Dès 1941, j'ai pris soin de dire exactement ce que contenait chaque produit en énonçant les ingrédients un à un, le résultat que l'on pouvait espérer. Aucune réglementation ne l'y oblige encore. Mais pour elle, c'est une question d'honnêteté fondamentale. Je considère les consommatrices comme des adultes à qui je peux dire « Voici ce que je vous offre » plutôt que « Voilà, une crème miracle, hyper ceci, super cela, ultra merveilleuse » . Dès son arrivée aux Etats-Unis, elle découvre un monde cosmétique en pleine effervescence. C'est l'époque du cake make-up, ces fonds de teint couvrant qui plâtrent le visage dans un style Hollywood. Tous les défauts étaient camouflés, mais le maquillage fondait et tournait dans le climat chaud de l'été, observe-t-elle. Elle rencontre des fabricants de produits de beauté dans le but de se faire connaître et l'un d'eux la challenge sur une lotion autobronzante pour remplacer les bas. « Ces formules n'étaient en les pas difficiles à faire. J'avais besoin de me faire une place, mais j'ai refusé de faire ces produits en expliquant qu'ils bouchaient les pores et étaient un nocif pour la peau » , raconte-t-elle. Pas question de sacrifier l'efficacité et la sécurité pour un quelconque appât du gain. À la place, elle met au point un fond de teint liquide fin comme de la soie. qui couvre mais ne pénètre pas, presque transparent.
Share
Embed
You may also like