- Speaker #0
Ça bouge, ça y est.
- Speaker #1
Attends, redis-moi où c'est.
- Speaker #0
C'est... Yale Street.
- Speaker #1
Ah oui, je l'ai retrouvé. Et donc là, le thème, donc mon podcast, il s'appelle Impala, pour The Industry of Music Between Paris and Los Angeles, mais plus généralement, ça parle des industries créatives entre Paris et Los Angeles.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc le thème, c'est d'explorer la création, l'art, à travers des gens qui habitent soit à Paris, soit à Los Angeles, mais surtout... qui ont bougé. Oui. Et donc voilà, le cœur du podcast, c'est de parler des industries créatives entre Paris et Los Angeles et d'essayer de montrer un peu les différences culturelles entre Paris et Los Angeles. Donc là, on revient du Jackson. qui est à Culver City, j'en ai déjà parlé dans mon podcast, qui est un super endroit.
- Speaker #0
Énorme.
- Speaker #1
Donc toi Athème, t'es à Los Angeles depuis quand ?
- Speaker #0
Bah moi je suis à Los Angeles depuis 2001, et ça a été assez épique, ultra intéressant, une des expériences de ma vie les plus riches. Surtout que je venais de Paris, donc je suis arrivé en 2001, Merci. J'ai vécu une expérience, une deuxième vie, on va dire, à Los Angeles. Et ça a été une expérience philosophique, spirituelle, créative, humaine, d'un autre genre. Je me demande si, bon, il y a les particularités, les aspects de Los Angeles qui sont super cool, intéressants, et un peu parfois déstabilisants quand tu viens de France, mais... Je pense que la nécessité du voyage, j'aurais pu être au Tibet, j'aurais vécu d'autres choses, mais pour moi il y a plus de différences entre l'Amérique et la France qu'il y en a peut-être entre la France et la Tunisie par exemple.
- Speaker #1
Toi tu avais décidé de partir de Paris ou tu étais destiné à rester à Paris ?
- Speaker #0
En fait j'ai un énorme attachement pour la France et sa culture, je suis vraiment français, voire franchouillard. J'ai vraiment un attachement charnel avec la France et sa culture, son héritage limite patriote. Donc j'ai eu cette opportunité parce qu'à l'époque, quelqu'un m'avait recommandé pour cette boîte aux Etats-Unis, à Santa Monica. Et donc on m'a offert cette expérience pendant un an d'y aller. Je savais qu'il fallait y aller, il fallait oser, mais j'ai traîné des pieds, donc j'ai accepté d'y aller, en pensant que je n'allais rester qu'une année.
- Speaker #1
Et tu es resté ?
- Speaker #0
Je suis resté depuis 2001 jusqu'à 2026.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
25 ans.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses, parce que maintenant tu es ici, je te propose qu'on se refasse une interview un autre jour, un peu plus longue, où on rentrera dans le cœur de ce que tu fais ici ?
- Speaker #0
Ça va.
- Speaker #1
Mais est-ce que tu penses que tu aurais pu avoir le même développement et épanouissement créatif à Paris ? Parce que c'est une vraie question qu'on se pose dans Impala et c'est le cœur du sujet. Est-ce qu'en France, on peut mêler créativité et business, par exemple ? Est-ce que toi, tu te serais autant épanoui en tant que créatif ?
- Speaker #0
Alors la question est de savoir est-ce que je me serais épanoui en tant que créatif ou est-ce que le mariage business et créativité est possible en France ?
- Speaker #1
Les deux, parce que moi je pense sincèrement que peut-être la clé de l'épanouissement créatif passe aussi par une part de business.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant ce que tu dis, parce que moi je commence à découvrir d'autres aspects, que les créativités modernes doivent aussi intégrer les dimensions marketing et distribution.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Donc, je ne pense pas... Alors, comment dire ? J'avais déjà un très haut niveau artistique en France, grâce à ma sensibilité et à... aux enseignements français, et aussi culturellement en France, on a quand même une appréciation de certaines choses d'ordre raffiné, esthétique. Et donc j'ai... Mais quelque chose d'étrange est arrivé aux Etats-Unis, c'est que culturellement les Etats-Unis ont un... En une sorte de vitalité qu'on a peut-être perdu en France, il y a quelque chose de rock'n'roll. En France, on est dans la quête de rencontrer d'autres artistes qui seraient aussi talentueux. Aux Etats-Unis, il y a un côté culturel de soutenir, d'inspirer, de motiver. Toutes les velléités. Donc aux Etats-Unis, tu es un créatif, tu es un businessman, tu es un sculpteur, tu es un financier, tout est accepté. Ce qui compte, c'est la quête individuelle qui est encensée, promue. Donc il n'y a pas de jalousie, pas probablement parlé aux Etats-Unis, c'est-à-dire que les gens se disent, tiens... Maxime ou Athème, il veut faire ça, il a l'air d'avoir la cagne, donc ça inspire. L'américain se dit, il a pigé un truc, donc je peux m'inspirer de sa vitalité, de son énergie pour moi aussi réussir dans d'autres domaines. Donc l'artiste est perçu comme une autre personne qui a d'autres velléités, d'autres impulsions, d'autres désirs. Et aux Etats-Unis, la réussite est quelque chose de... de vue comme faisant partie de la vie, comme une opportunité d'exister et de déployer ses ailes. Alors que je pense qu'en France, il y a quelque chose de culturel, où il y a des mélanges, on fait vachement gaffe, on a beaucoup de... Tout indicateur de richesse ou de réussite en France peut être un risque. Donc oui, les Etats-Unis pour moi, j'ai vraiment senti... Je venais de France avec un système, j'allais dire presque légiféré, mais régulé, où t'es artiste, où tu ne l'es pas, tu ne peux pas te prétendre être artiste. T'as presque l'impression qu'en France, tu peux être reconnu artiste après ta mort presque. Alors qu'aux Etats-Unis, il y a un côté, tu es ce que tu veux, tu le fais quand tu veux. Et ce qui compte, c'est tes vélités, ton énergie, ta vitalité. Et tu vas être soutenu par tout le monde, si tu es honnête sur ton chemin. Et ça, ça m'a permis de pouvoir me libérer et donc d'expérimenter de manière artistique encore plus fort. C'est comme si j'avais la chance d'avoir grandi dans un terreau français qui promeut l'excellence, le raffinement. Et d'arriver aux Etats-Unis, on te dit, bon bah maintenant vas-y, t'inquiète, t'as le droit d'échouer, de te planter. Alors que moi je sentais qu'en France, j'avais pas le droit de... que si je me plantais, c'était mort. Et alors que là, aux Etats-Unis, il y a un côté, bon bah, tu peux te refaire et te refaire, et ça m'a permis de me libérer artistiquement, et d'aller très loin dans mon développement artistique. Et je pense pas que j'aurais fait autant de... de... de distance en France.
- Speaker #1
Il y a un truc qui est très bizarre aussi que je ressens ici, c'est que les gens partagent facilement les contacts et c'est toujours très étrange quand toi tu es français parce qu'à Paris il y a ce truc un peu de mes contacts je les garde pour moi, c'est un peu la guerre. Ici ce qui est très étrange c'est que tu vas rencontrer un manager qui est brillant et qui ne va pas hésiter à te mettre en relation avec d'autres managers, ce qui est un peu contre intuitif.
- Speaker #0
Ah ça c'est totalement culturel.
- Speaker #1
Mais genre quand tu es français tu ne comprends pas ce truc-là. Tu te dis pourquoi ce mec que je viens chercher pour son talent… me parle d'autres mecs qui ont du talent aussi et n'a aucune peur de t'en parler. Non. Très étrange ça. Toi, tu as l'explication par rapport à ça ? Pourquoi ils n'ont pas peur et nous, on a peur ?
- Speaker #0
Nous, on a peur parce que culturellement... Il y a une culture française qui est de se dire la réussite c'est un gâteau qui se partage. Donc je vais faire attention à qui je le partage. Donc il y a un côté quantitatif, si je donne mes contacts qui sont le résultat de mes efforts, l'autre il n'a rien fait et il reçoit des contacts gratuits. Donc il y a ça, mais aussi je pense que c'est lié à l'histoire française où la société est fragmentée, hiérarchisée avec une forme d'élite ou d'aristocratie. Les groupes socio-culturels ne se fréquentent pas. C'est très rare d'aller à un dîner et de rencontrer Tartampion, qui est un producteur exécutif de malades, millionnaire, parmi d'autres qui sont plutôt artistes. Moi, quand je suis arrivé aux Etats-Unis, j'avais des barbecues, et tu te retrouves à côté d'un mec en tongs qui est millionnaire. Donc il n'y a pas cette hiérarchie qu'on a en France, où chacun reste dans son camp. Donc l'échange d'informations... Aux Etats-Unis, la culture américaine fait que quand tu donnes des infos à l'autre et que tu le soutiens, tu ne crées pas de la compétition, tu crées un allié. Parce qu'aux Etats-Unis, quand quelqu'un t'aide ou quand tu es quelqu'un, il se le rappelle. Alors qu'en France, il y a quand même un côté sans juger la culture française, mais je pense que ça a l'air d'être beaucoup plus dur et donc un contact, ça peut être... C'est presque donner de l'argent à quelqu'un, tu vois. C'est pas... Donc, une bonne partie des systèmes de réussite américains sont basés sur le fait de demander de l'aide aux autres.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Et puis moi, je crois qu'il y a un truc aussi de la dimension de... La réussite apporte de la joie quand elle est partagée.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Alors qu'en France, il y a peut-être un truc de... La réussite est remarquable quand on est le seul à l'avoir goûtée, quoi.
- Speaker #0
Ouais, exactement. C'est aussi culturellement le fait que... on voit bien qu'en France, ce qui réussit, c'est... C'est un footballeur, un musicien, un artiste, et après le reste c'est de la... Alors qu'aux Etats-Unis il y a quelque chose de lié à la culture américaine et aussi au rapport au christianisme, de faire le bien. Il y a vraiment un truc assumé avec le christianisme aux États-Unis que peut-être en France est devenu peut-être limité, tabou. Donc il y a vraiment l'idée de tuer de l'eau, d'en réussir. Il y a une joie qui se crée chez celui qui t'aide. Vraiment. Je ne sais pas pourquoi en France... Moi je pense qu'on aide, mais... Mais c'est presque à toi de dire, tiens, tu peux me passer ton contact, machin, et ça devient compliqué. Alors que les Américains vont dire, putain, mais je connais Carlos, il fait exactement ce que tu fais, tu devrais l'appeler.
- Speaker #1
Ouais, ça c'est assez dingue. Et c'est un des premiers trucs qu'ils font d'ailleurs. Même en même temps qu'ils se mettent en avant, ils mettent en avant les autres.
- Speaker #0
Non, c'est clair. Moi j'ai eu des trucs qui auraient été impensables en France. Et l'Amérique, on dirait un film. Il y a 20 ans, je bossais avec un... Un américain, et c'était pour l'une de ses premières boîtes, et on a fait quelques années, il m'aimait beaucoup, on est devenus amis. Je sais que c'est un mec qui vient d'une famille extrêmement riche, où tout le monde a réussi, sa sœur, c'est un agent sportif de renom qui représentait, comment il s'appelle, Michael Jordan.
- Speaker #1
Ok, wow.
- Speaker #0
Et donc elle pèse des millions et des millions. Et on est resté en contact, il a beaucoup aimé ma philosophie, ma culture française. Et puis il y a quelques années, on s'est retrouvés, on a parlé et tout, et il me dit « tu t'aimes, je t'aime beaucoup et tout, il faut absolument que je te présente un ami d'enfance » . Et après il m'explique son ami d'enfance, il me donne le nom, et en fait c'est un des mecs les plus hauts noms de producteur, de réalisateur de pub aux Etats-Unis. Il a fondé la plus grande compagnie, l'une des plus grandes compagnies de réalisation de pubs avec les plus grands noms de réalisateurs. La compagnie s'appelle Supply and Demand. Et donc il m'a dit envoie-lui ton travail et tout. Et donc ça a été chaud parce que le mec il est toujours occupé. Donc on a échangé un petit peu, il était un peu sec. Et je lui ai envoyé un email, il m'a dit écoute envoie ton boulot et si jamais c'est bon... On parlera. J'envoie mon truc en me disant tranquillou. Et une semaine après, je reçois une réponse. Il me dit, ouais, effectivement, t'as du talent et tout. Voilà, qu'est-ce que tu fais et tout. Donc, il m'a proposé de... Mais tout ça, je l'ai eu parce que j'ai donné mon maximum pour ce boss il y a 20 ans. Et les fruits ne sont arrivés que maintenant, tu vois. Je me retrouve... Il y a quelque chose, en tout cas, qui est chelou aux Etats-Unis. C'est presque la quête de la réussite. C'est un mélange entre... Quête spirituelle où il faut avoir la foi et faire abnégation de tout, de tout donner pour l'autre. Et ça te revient réellement, c'est pas des blagues. Il y a vraiment un retour sur investissement j'allais dire.
- Speaker #1
Ouais c'est assez dingue parce que des fois on les pense un peu superficiels et ingrats. Moi je me bats pour montrer qu'ils ne le sont pas et notamment dans leur façon d'être friendly. Certains français pensent à tort qu'ils sont faux cul. Moi je crois que justement il y a déjà de l'amour qui est réel entre eux. Même dans le business, le fait d'être friendly, c'est plutôt d'avoir décidé, je pense, au niveau cosmique, qu'il valait mieux être bienveillant les uns envers les autres que l'inverse. Et ensuite, comme tu dis, il y a ce truc à très long terme, difficile à expliquer. Si tu donnes de toi de manière honnête, il y a un truc qui va te revenir dessus, peut-être longtemps après. Et c'est en ça qu'on ne peut pas dire qu'ils sont superficiels et dans le court terme, parce qu'il y a un truc à long terme aussi qui existe.
- Speaker #0
Non, alors il y a une forte... comment dire... Merci. Pas du tout une superficialité, parce qu'en France, on m'a conditionné à me dire que les Américains, on les a associés à une sorte de médiocrité culturelle et à malgalmer avec leur gestion géopolitique.
- Speaker #1
J'en parle dans un épisode précédent où j'expliquais que depuis petit, j'ai été baigné dans un anti-américanisme. Et que c'est en venant ici que j'ai pu réparer mon anti-américanisme, alors que j'ai toujours eu de l'amour pour les États-Unis. Mais venant d'un petit village proche de Lyon, tout mon entourage me disait que l'Amérique c'était les armes, la violence, responsable des conflits géopolitiques, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, c'est... Je pense qu'il faut commencer à être mature et adulte pour comprendre que l'Amérique a été un empire et qu'il y a beaucoup de ces décisions horribles géopolitiques qui sont... Même pas forcément... Ils ont même pas forcément le choix. Il y a un truc quand t'es un empire et que... Tout repose sur ta monnaie, que tu enclenches des guerres à la con, et je soupçonne que s'ils le font, c'est parce que c'est presque de moins en moins idéologique, et plus par nécessité d'éviter que leur économie s'effondre. C'est triste, mais je crois que quand tu commences à devenir le Titanic, tu peux crier dessus en disant « il faut que tu freines » , il ne freinera pas le Titanic. Oui,
- Speaker #1
c'est clair.
- Speaker #0
Mais les Américains sont d'une gentillesse. Par contre, le rapport est différent. Les Américains, des fois, expliquent ça par rapport à la culture française. Ils disent que le français est comme un fruit avec une coquille dure. Donc le français, tu galères pour percer la coquille, mais à l'intérieur, c'est doux et soft, donc tu te fais un truc. Et l'américain, c'est l'inverse. D'ailleurs, c'est doux à l'extérieur et à l'intérieur... Ça devient plus dur.
- Speaker #1
Le noyau est impénétrable.
- Speaker #0
Mais quand tu es à l'aise avec toi-même, quand tu as fait le travail personnel d'être un mec intégré, authentique, alors il s'ouvre à toi. Mais tu dois presque faire le travail. Si on s'assoit entre Français, on discute, tu vas t'ouvrir à moi naturellement. L'Américain, il faut lui poser des questions. Il faut lui dire, tiens, n'aie pas peur, dis-moi ce que tu traverses.
- Speaker #1
C'est très contre-intuitif pour nous les Français de faire ça.
- Speaker #0
En fait, l'Américain, il a une forme de pudeur, il n'a pas envie de faire chier avec ses souffrances, ses lacunes, ses insuffisances. Alors que nous, en France, on a plus le temps de les partager pour se dire, tiens, t'inquiète pas, moi, je suis humain.
- Speaker #1
Oui, mais c'est ça, je pense, qui nous déstabilise totalement, nous, animaux français et européens. C'est que comme ils sont extrêmement friendly au début, et notamment, il y a le fameux, tu sais, hug. Nous, on peut arriver en faisant une poignée de mains très froide. Eux, comme ils te prennent dans leurs bras, tu as tout de suite l'impression de créer une intimité, sauf que derrière ça, il n'y a pas d'intimité. C'est ça qui me désarçonne le plus.
- Speaker #0
Il y a quelque chose qui est... Il y en a une, mais pas de l'ordre de l'été, bien sûr. Mais par contre, comment dire ? Je pense que le problème, il est lié au partage. Nous, on est beaucoup plus à l'aise à dire ce qu'on ressent. Mais ils vont ressentir des choses, ils vont t'apprécier. Des fois, tu ne vas pas avoir de nouvelles pendant dix ans. Et tu les contactes et tu leur dis tiens, tu te rappelles de moi, est-ce que tu peux m'aider ? Ils vont t'aider. Donc c'est un peu... J'avoue que je suis quand même plus proche de la culture française où quand tu kiffes quelqu'un, tu peux le serrer dans tes bras, lui faire la bise et il y a quelque chose de... Ça va plus vite presque.
- Speaker #1
On va bientôt arriver chez toi, je te propose qu'on reprenne l'interview un peu plus tard.
- Speaker #0
À fond quand tu veux, c'est toi le maître de cérémonie.
- Speaker #1
C'était hyper intéressant comme discussion et pour finir, si tu devais citer pour toi un truc que tu as appris ici qui est de l'ordre de l'agilité que tu peux avoir et qui peut t'aider à réussir des rendez-vous, c'est quoi ? C'est-à-dire un truc en tant que français qu'on peut changer en nous profondément, parce que je fais une mini parenthèse mais moi j'ai fini par comprendre qu'au-delà du business et de l'apprentissage de la langue il y a un truc profond à changer en nous si on veut s'insérer dans la culture américaine et réussir. Et pour toi, c'est quoi le truc qu'on doit le plus modifier en nous pour nous aider justement à conquérir les Etats-Unis et la Californie et réussir à créer cette fameuse précieuse connexion avec eux ?
- Speaker #0
Je pense qu'il faut être en vitalité. Alors, comment dire, il y a quelque chose de très important, c'est que les Américains ont envie de réussir. Donc ils vont te donner de la joie, de te soutenir et tout. Ce qu'ils attendent en retour, c'est que toi tu fasses ta part de réussite, que tu leur donnes d'une certaine manière. Ils vont t'aider si tu joues le jeu d'accomplir ce que tu dois accomplir et il faut que tu leur donnes. En fait, dans les interactions, ils veulent réussir. Tout ce qu'ils entreprennent, il y a un truc, une réussite. Donc, si toi, tu es un peu déprimé, que le mec te dit, écoute, je connais quelqu'un, et que toi, tu ne dis pas, putain, mais c'est génial, merci. Ils ont envie même de réussir dans leur aide. Donc, toi, il faut que tu te présentes, même quand c'est la merde, même quand tu sens que tu as peu de chances de réussir cet entretien, tout ça, d'arriver en lumière, en joie, comme si tu avais déjà réussi le truc. Parce qu'en fait, le rapport à la famille et au business sont interconnectés. Donc quand tu apparaît que tu dois interagir avec un produceur ou avec un américain, il t'accorde du temps. Donc pour lui, c'est du temps pris sur la famille. Donc il faut que tu sois presque, que tu lui donnes une expérience humaine belle, joyeuse, parce que peut-être qu'il n'a pas beaucoup de temps pour voir sa famille. Donc toi, tu fais partie de l'expérience de sa famille. Donc tu fais partie de son écosystème maintenant. Donc c'est vaut mieux. et ils ont besoin de se sentir en réussite et ce qui est marrant c'est que quand toi tu leur fais plaisir en étant en réussite ça crée un effet boule de neige parce qu'ils se disent en France on est beaucoup plus exigeant, on a besoin d'avoir des gens compétents et à la limite c'est un peu relou, bon c'est pas grave mais aux Etats-Unis la compétence est peut-être 30% 40%, ce qui est vraiment important c'est que tu sois un problème solver que tu sois un fluidificateur si tu saoules si tu envoies un email et que Tu le réponds au bout de deux jours, tu crées de la friction. Si tu as besoin de répondre dans trois jours, tu réponds les mains, tu dis écoute j'ai bien reçu ton email, je te réponds plus tard. Il y a tout un truc qu'il faut qu'au-delà de la compétence, c'est d'être ultra professionnel, pas pour être professionnel, mais pour montrer que tu fais partie de leur armée, de leur famille, de leur écosystème. C'est des mecs qui fonctionnent vachement de manière instinctive. Si ils te font une offre ou si tu dois leur envoyer un email, si ça prend plus de 4 heures pour recevoir une réponse, ils se disent « bon, le mec il me cache quelque chose, je... » Parce qu'il y a une forme de parole américaine, malgré les histoires d'horreur qu'on peut entendre. Globalement, tu n'as presque pas besoin de contrat. Quand tu dis un truc, on se parle de ça, on dit « ok » et tout.
- Speaker #1
Oui, ils sont assez honnêtes.
- Speaker #0
Oui, exactement. Mais ça, c'est un truc qui se protège. en disant voilà t'inquiète pas je biens sur l'info dis-moi si on peut en parler ou pas il y a un effort de communication alors que moi en France quand je suis aux Etats-Unis et que j'envoie des emails les mecs ils me répondent pas en me disant on répondra à thème quand il sera en France donc il y a tout un truc alors que l'américain dès que tu lui donnes pas ses éléments de réussite il se dit en tourloupe derrière donc ça crée une inquiétude donc voilà en gros Il faut être en joie, en lumière, je sais que ça paraît un peu trop californien, ridicule, et puis d'être à l'aise avec soi-même, quitte à faire semblant. Si tu es en gêne avec toi-même parce que tu n'es pas à l'aise, parce que moi je sais que venant de France, j'avais de gros problèmes de confiance en moi, et je me disais, ce n'est pas grave, mon talent va remplacer tout le bazar. Et non, il faut être... Dernièrement, je suis en train de réussir de plus en plus, plus parce que j'ai développé mon charisme. Et donc, il y a quelque chose qu'il faut travailler le plus vite possible, c'est le leadership. Donc, voilà, je me suis égaré, mais...
- Speaker #1
Non, non, c'est hyper intéressant. Chez Impala, il y a une phrase que je répète souvent, que j'ai appris... Malgré moi depuis longtemps, enfin de plus en plus, c'est la rassurance bat le talent. Et c'est ce que je dis souvent à mes compositeurs avec qui je bosse quand ils me disent mais comment ça se fait que lui il est moins talentueux que moi, il réussit et moi je pense être talentueux, créatif et je réussis pas. Je dis tu sais le client, alors là c'est très américain ce que je raconte mais ça s'importe aussi en France, c'est les clients ils veulent être rassurés et c'est exactement ce que tu dis et le talent c'est 30%. Et donc cette phrase, la rassurance bat le talent, j'y crois beaucoup. Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Et puis il y a un autre aspect que les Américains ont compris de par leur méfiance, c'est que ça ne sert à rien d'avoir un mec hyper talentueux et qui n'a pas confiance en lui, parce qu'ils sont conscients qu'il y a quelque chose d'imprévisible maintenant chez cette personne et qu'elle peut avoir tout le talent du monde. Si le jour de la livraison, cette personne a une dépression, tu n'auras pas ce qui était prévu. donc ils sont Mais il y a un autre truc aussi que je comprends, c'est peut-être lié à la Californie, parce que les États américains sont vraiment différents. Certains sont beaucoup plus européens que le reste des États-Unis. Mais en Californie, c'est presque s'il fallait séduire en permanence. Séduire d'un point de vue vitalité, pas d'un point de vue romantique ou sexuel. C'est-à-dire séduire le chien, la grand-mère, le producteur, et lui faire croire que quand vous avez bossé ensemble... Vous allez prendre des cafés, il va y avoir des souvenirs qui vont être créés, ça va être qu'en gros, il n'y aura que des solutions. Et bizarrement, ça marche. Parce que nous, en France, on est quand même sérieux. On veut vraiment être dans le réel. Mais là, j'ai l'impression qu'ils peuvent se créer un univers fantastique, et comme par hasard, ça fonctionne. C'est un truc de dingue.
- Speaker #1
Ouais, c'est un truc que je me rappelle beaucoup. Bizarrement, ça marche. Écoute, merci beaucoup. Je te remercie. On va prendre cette discussion dans quelques jours.
- Speaker #0
Ça marche, Maxime. À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.