- Speaker #0
J'ai eu recours à des chirurgies réparatrices, je n'en ai pas parlé autour de moi.
- Speaker #1
On a sexualisé la beauté féminine, se rééduquer au sens de la beauté, c'est-à-dire qu'est-ce qui pour moi en fait est beau. Plus en plus on voit des dérives arriver, c'est le côté très très pervers des réseaux sociaux.
- Speaker #0
J'aime bien ce sujet de la femme autour de la ménopause parce que ça amène vraiment une autre image de la beauté de la femme. Autour de la notion de médecine esthétique, etc., c'est que la personne se trouve belle à ses yeux. Bonjour et bienvenue dans mon podcast Intimiste. Vous savez qu'ici, on parle de sujets tabous et intimes. Et aujourd'hui, on va parler d'esthétique, de beauté, plus exactement de médecine esthétique. En 2026, à l'heure où on peut choisir sa propre beauté, où on peut modifier son corps, modifier son visage via des injections, via des lasers. Est-ce que c'est une vraie bonne résolution de 2026 de devenir plus beau ? Puis finalement, c'est quoi la beauté ? Alors, ce n'est pas moi qui vais répondre. Mais c'est un expert du sujet. Valentin Chaby, bonjour.
- Speaker #1
Salut, Savorina.
- Speaker #0
Tu es médecin esthétique, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement. Médecin esthétique, un sujet qui est à la mode, un métier qui n'est pas très bien défini. Je pense qu'on aura l'occasion d'en parler. Et je fais ça avec passion depuis sept ans maintenant.
- Speaker #0
Alors, j'ai une question directe. Je mets les pieds dans le plat tout de suite. Qu'est-ce qui a fait ? Qu'est-ce qui a basculé pour que tu aies fait ? Ta P1, ta P2, ta médecine, je suppose que si tu voulais être médecin, tu voulais changer le monde, sauver des gens. Et finalement, tu fais des injections.
- Speaker #1
Alors, ça, c'est une excellente question. Je pense qu'on me la pose au moins une fois par mois. Alors, j'ai fait médecine pas pour sauver le monde ou sauver des gens, mais pour apporter mon aide aux gens. Parce qu'on sauve rarement des gens, mais en tout cas, on peut les soigner, les aider à aller mieux. Et en médecine, tu connais un petit peu le cursus. C'est très général quand on commence. La première année, c'est que du théorie. Et puis... de la théorie, et puis après, on a 6 ans de tronc commun. Et en fait, on fait plein, plein, plein de stages. On passe en cardiologie, en dermatologie, en chirurgie, on fait plein de choses. Au fil des années, au début, j'ai commencé, je voulais être neurologue. Après, je me suis dit, ça ne me plaît pas tant que ça. La chirurgie thoracique m'a passionné pendant longtemps. Et après, je me suis aperçu que finalement, je n'aimais pas juste un sujet en médecine, mais plein de choses. Donc, j'étais un peu perdu finalement au bout de mes 6 premières années. Après, il y en a encore eu de nombreuses derrière. Et je me suis posé beaucoup de questions et je me suis aperçu que ce que j'aimais, c'était la psychologie, la psychiatrie, les actes techniques, le côté manuel des choses et surtout écouter les gens. Et je suis tombé par hasard sur une médecin qui faisait de la médecine esthétique. C'était encore un peu underground à l'époque. Et je me suis intéressé à ça et je me suis aperçu que ça réunissait tous les domaines qui me plaisaient en médecine.
- Speaker #0
Donc finalement, pour toi, la médecine esthétique, ça reste du soin ?
- Speaker #1
Absolument, c'est du soin. Les gens arrivent avec une problématique, ou pas forcément d'ailleurs, une demande de conseil en tout cas. Avec la démarche médicale que tu connais très bien, on doit réfléchir à la stratégie qu'on va mettre en place pour leur permettre de se sentir mieux en faisant un acte ou justement en ne faisant rien. Parfois, c'est ce qui leur est le plus utile.
- Speaker #0
Ça, c'est hyper important ce que tu dis parce qu'il y a cette notion que la plainte de la patiente ou du patient, elle est toujours légitime. Bien sûr. On a ça dans la douleur physique, psychique. qu'il y ait une lésion réelle ou pas, la douleur, la plainte, elle est présente. Donc nous, il faut savoir si on y répond, si on a les outils pour y répondre et savoir si notre réponse, elle va améliorer les choses. Et j'aime bien le fait que tu précises que des fois, tu ne réponds pas à la demande du patient parce que finalement, sa problématique, ce n'est pas en mettant un peu d'injection dans les lèvres que ça va passer.
- Speaker #1
Absolument. Moi, j'aime bien toujours rappeler la définition de la bonne santé, qui n'est pas la mienne, mais celle de l'OMS. C'est un état de bien-être physique, psychologique et social. Et dans le côté social, c'est la place de l'individu dans la société, comment il se sent, comment il est perçu par les autres. Et l'esthétique, la beauté, fait partie de cette place sociale. Et donc, pour savoir si ton patient est en bonne santé d'un point de vue esthétique, c'est comment il perçoit son image, est-ce que son image est en phase avec lui-même. Et c'est là-dessus que nous, on vient travailler.
- Speaker #0
Hyper intéressant. Et du coup, tu dis, il faut que la beauté, elle soit équilibrée dans l'espace social pour être en complet bien-être et donc en santé. Comment on définit la beauté ? Il y a des normes de beauté. On sait qu'on a essayé de chiffrer des mesures de visage, mais ça me semble être très subjectif pourtant.
- Speaker #1
C'est super subjectif. Et en venant là dans le train, justement, je me suis dit, il faut que je paraisse intelligent pour Sabrina. Il faut que je trouve une... bonne définition, tu vois, de la beauté de ça, et je n'ai pas trouvé. Et du coup, je me suis dit, tiens, je vais tricher, je vais regarder sur Internet, si tu permets. J'ai trouvé donc la définition du Larousse. Tu me diras si tu es d'accord. Donc, Larousse définit la beauté comme une qualité de quelqu'un ou de quelque chose qui est beau, conforme à un idéal esthétique.
- Speaker #0
Très bien. Il y a quand même cet idéal ou cette norme dans la société, quand même.
- Speaker #1
Moi, je trouve cette définition atroce.
- Speaker #0
On est bien d'accord.
- Speaker #1
C'est horrible. Ça veut dire que si tu ne fais pas partie d'un idéal, tu ne peux pas être beau. Mais avec cette définition, personne ne peut être beau. Parce que l'idéal, il est défini par ta culture, l'endroit où tu vis, ta famille, ta perception. Donc, en fait, tu ne peux jamais être beau. Moi, tu vois, la beauté, je la définis plutôt autrement. c'est comme l'ensemble des éléments qui gravitent autour d'un individu, qui lui permettent d'être intéressant, attrayant. Et ça, cette définition, elle ne prend pas forcément en compte la notion de perfection, de ligne, de courbe ou de standard, justement. Je pense que la beauté, elle est avant tout individuelle. C'est quelque chose de vivant et ce n'est pas quelque chose de normé, justement.
- Speaker #0
Pour avoir beaucoup parlé de la notion de body positive sur mes réseaux sociaux depuis le début. J'y suis arrivée à essayer de réfléchir autour de la beauté, autour de la norme sociétale, autour de la beauté. Et un jour, une abonnée m'a dit vraiment la beauté, c'est surtout la beauté d'âme qui transparaît. Et moi, je trouve que ça, c'est finalement, à mon sens, autour de la notion de body positive, autour de la notion de médecine esthétique, etc. C'est que la personne se trouve belle à ses yeux.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Et ça, c'est des fois le plus compliqué. Et je pense que toi, en tant que médecin esthétique, tu dois être confronté en permanence. à des plaintes qui ne sont pas celles vraiment du patient. Je ne correspond pas au standard de mon mari, de ma mère, de ma sœur. Changez-moi ça, ça, ça pour plaire à l'autre. Mais finalement, peut-être que ça n'améliorera pas les choses en plus.
- Speaker #1
Complètement. Et c'est ce qui me passionne vraiment dans mon métier, c'est que les trois quarts des patients qui viennent au cabinet, dans nos cabinets de médecine stétique, qui viennent avec une plainte, effectivement, on sent qu'il y a toujours cette espèce de norme sociale qui pèse un petit peu. Moi, ce que j'aime toujours, c'est commencer par qu'est-ce que vous, vous aimez dans votre visage ? Parce qu'en fait, c'est un peu l'histoire du verre à moitié vide, à moitié plein. On peut apprécier son esthétique par le côté un peu négatif des choses, corriger cet aspect négatif, ou alors mettre en valeur ce qu'on a de beau sur son visage. Et je trouve que c'est beaucoup plus gratifiant. Et moi, ce que j'aime, c'est même si on ne fait rien, si ça n'engage à aucun soin ou autre, c'est que les gens repartent avec un petit peu une estime d'eux bien meilleure. Et ça, c'est passionnant.
- Speaker #0
Moi, je trouve qu'effectivement, des fois, ça vaut toutes les séances de psy du monde parce qu'on peut aller travailler l'estime de soi à l'intérieur de soi-même, mais on est des animaux sociaux, on vit avec les autres. Et je te rejoins sur aussi le fait de dézoomer. Parce que comme ça dépend de l'entourage, si tu es entouré, j'ai l'impression, de gens qui sont habitués à faire des injections. Si tu es la seule personne du groupe à ne pas en faire, au niveau des lèvres, par exemple, je vais passer surtout... des plus jeunes, je parle pas des injections quand tu commences à perdre un peu de matière au niveau de la lèvre parce que tu vieillis et que tu veux te retrouver. Je parle de la petite jeune fille, l'adolescente ou la jeune femme qui est dans un monde où en fait tout le monde le fait. Elle a aussi peut-être envie de le faire pour des normes sociales et des fois changer de groupe, changer de référentiel, ça te fait changer aussi la norme de beauté du groupe et donc de te dire que toi finalement t'es pas si mal quoi.
- Speaker #1
Je suis complètement d'accord avec toi mais malheureusement c'est Merci. plus de la théorie qu'on pratique parce qu'à l'heure des réseaux sociaux, tu vois, tout est défini par l'algorithme. Et malheureusement, si une jeune femme ou un jeune homme commence à s'intéresser aux injections de lèvres sur Instagram, son feed, ça va être que ça, quoi. Et c'est vrai que sortir, justement, dézoomer, comme tu le dis, essayer d'avoir une vision plus globale et en fait, se rééduquer au sens de la beauté, c'est-à-dire qu'est-ce qui, pour moi, en fait, est beau ? Qu'est-ce que ça veut dire, la beauté ? Est-ce que c'est me normer ? Est-ce que c'est ressembler à quelqu'un, à un espèce de générique ? Ou est-ce que c'est vraiment Merci. mettre en place des stratégies pour m'assumer tel que je suis et me plaire chaque matin dans le miroir. Mais ça, c'est un travail de rééducation qu'on doit faire sur soi. Et ce n'est vraiment pas facile.
- Speaker #0
Moi, je trouve aussi qu'il y a un mélange de plusieurs notions qui sont subtiles, mais qui ne sont pas les mêmes. C'est-à-dire que la beauté, ce n'est pas non plus en rapport avec l'attirance qu'on peut avoir pour quelqu'un.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
Je ne sais pas, peut-être que tu auras une vision différente, mais tu peux ressentir de l'attirance ou du désir pour quelqu'un. que tu ne trouves pas particulièrement beau, et tu peux trouver quelqu'un de particulièrement beau sans avoir d'attirance ou de désir. Et ça, souvent, c'est quand même mélangé, en tout cas pour nous, les femmes.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
On sous-entend qu'une femme belle est attirante et qu'une femme moins belle n'est pas attirante. Et il y a un switch entre ces deux notions, alors qu'en fait, elles ne sont pas forcément corrélées.
- Speaker #1
Alors là, on se rejoint totalement. Moi, j'adore parler de la beauté féminine, en tout cas de l'esthétique féminine, parce que c'est beaucoup plus complexe. Les hommes, on leur laisse beaucoup plus. beaucoup plus le choix de faire ce qu'ils veulent faire. C'est une réalité. C'est vrai que... La beauté de la femme a été relativement kidnappée en fait sur ces dernières décennies, au sens où tout passe par la communication, tu vois, tout ce qu'on a dans notre imaginaire. Quand tu regardes une pub de parfum, c'est toujours des nanas qui sont une plastique soi-disant parfaite. Tu regardes des couvertures de magazines, elles ont toutes un peu le même physique. La problématique, c'est qu'on a sexualisé la beauté féminine. La beauté, c'est bien au-delà de ça. Bien sûr, il y a une beauté sexuelle, une beauté sensuelle, une beauté sociale. Je pense que c'est bien plus complexe que ça. Le problème, c'est qu'énormément de femmes cherchent à être belles, pas sexuelles, mais à être belles, se sentir belles, et qu'elles se le refusent parce qu'automatiquement, dès qu'elles cherchent à s'assumer, c'est capté, rapté, pour que ça se transforme en quelque chose de sexuel. Et ça, c'est vraiment... Quelque chose qui est très ancré dans la société, c'est ce qui fait aussi beaucoup souffrir nos patientes, en tout cas les femmes qui viennent nous voir en général, parce qu'on ne leur laisse pas de marge de manœuvre. Et ça, c'est dommage.
- Speaker #0
Je te rejoins complètement. Effectivement, il y a cette notion que... Moi, je travaille beaucoup avec des techniques de kiné esthétique, et c'est vrai que les plaintes, elles vont arriver aux alentours de la ménopause, avec cette notion de vouloir soit maintenir... une certaine... adoucir la pente pour le vieillissement. Alors, rajeunir avec les techniques que j'ai, ce n'est pas possible. Donc, elles ne viennent pas chez moi quand vraiment elles veulent faire marche arrière. Mais ce truc de ne pas descendre trop vite vers la vieillesse, mais pour les mêmes raisons finalement, pour exister dans la société parce qu'on sait très bien qu'au bout d'un moment, ces dernières années, on essaye de faire de la place à la femme autour de la ménopause et après, qu'elle ne disparaisse pas. Mais j'ose espérer que ça fait une dizaine d'années qu'il y a eu MeToo, donc les choses vont avancer pas à pas. Là, malheureusement, je trouve que cette dernière année, on fait un petit peu marche arrière. Mais est-ce que c'est un pas en arrière pour mieux avancer ? Après, j'ose espérer que oui. Mais il y a quand même cette notion qu'effectivement, c'est soit belle et tais-toi.
- Speaker #1
Exactement. C'est complètement ça. Et surtout le sujet autour de la femme ménopausée, parce que c'est très culturel. C'est vraiment la place de la femme ménopausée. en Occident n'est pas du tout la même que, par exemple, au Maghreb, où la femme ménopausée devient un peu la matriarche. Elle a un poids, une place qui est complètement différente. Ça me passionne, c'était mon sujet de thèse, en fait. C'est vrai ? Oui, la place de la femme ménopausée dans la société. Effectivement, en France, en tout cas, et ça avec la santé, ça tu connais très bien, c'est que toute la communication, énormément de communication médicale pour la femme est calée sur la partie féconde de la vie d'une femme. Sauf qu'en fait, on vit de plus en plus longtemps. Et quand tu regardes le ratio période féconde versus ménopause et période avant la puberté, la femme passe plus de temps non féconde que féconde. Or, la communication de la ménopause, c'est très très récent finalement. La parole se libère ou on commence à en parler un petit peu dans les médias. Moi, j'ai passé ma thèse il y a huit ans maintenant. Avant, il y a neuf ans, on n'en parlait quasiment pas en fait.
- Speaker #0
C'est encore difficile au niveau du milieu médical. Moi, j'ai l'occasion, par la création de contenus, de me tenir à la pointe des informations, d'aller dans quelques congrès, etc. Donc, je suis au courant de ce qui se fait en médecine autour de la ménopause. Ce n'est pas que la médecine esthétique. On parle de la supplémentation à normone pour la ménopause. Quand il s'agit dans la réalité, quand je dis à mes patientes « Trouvez un médecin parce que ça vous accompagnerait, vous avez des troubles autour du périnée qui pourraient être améliorés par ça. » vous plaignez peut-être d'un affaissement du visage, ça pourrait être aussi amélioré par une supplémentation hormonale. On sait qu'il n'y a pas de risque, etc. Quand il s'agit de trouver un génicomètre qui puisse faire la prescription, on est quand même très, très loin des données scientifiques. Il faut que ça se mette en marche. Et ça, c'est hyper compliqué d'avoir la praticité de terrain.
- Speaker #1
Bien sûr. Alors maintenant, il y a, notamment moi, je bosse à Lille, j'ai vu qu'il y a certains centres plus de regroupements médicaux, paramédicaux qui se rejoignent et se centrer justement autour de cette santé, autour de la ménopause, avec des bilans. Donc ça commence à se faire, alors qu'avant ça n'existait pas. Donc petit à petit, ça devrait arriver, et j'espère le plus vite possible en tout cas.
- Speaker #0
J'aime bien ce sujet de la femme autour de la ménopause parce que ça amène vraiment pour le coup une autre image de la beauté de la femme. Moi j'ai l'impression que même sur les réseaux sociaux, mais aussi dans la rue, quand la beauté est Merci. justement moins normées à la ménopause. Elles se permettent plus d'être elles-mêmes. Alors peut-être que dans ton cabinet, tu ne le ressens peut-être pas de la même manière. Mais moi, je trouve qu'elles se permettent plus de s'habiller comme elles veulent, de se coiffer comme elles veulent, d'être belles comme elles ont envie d'être belles ou des fois de ne pas valoriser leur beauté mais de valoriser leur confort, de valoriser le pratique. Enfin vraiment... qu'il y a un truc qui se déconstruit autour de « Sois belle, tais-toi, sois féconde, mais ça y est, maintenant j'ai un rôle à moi d'ingérer, je peux être enfin moi. »
- Speaker #1
Ça, c'est très positif. Je n'ai pas l'impression d'avoir perçu dans mes consultations, parce que les patientes qui viennent me voir dans cette période-là, c'est une période un peu compliquée pour la femme, parce que si je dresse un portrait, si j'ai une patiente en tête, la femme autour de la ménopause autour de 50 ans donc retraité dans 15 20 ans c'est pas ça on verra elle a une place différente dans la boîte elle a monté gravir les échelons puis à la petite jeune qui débarque se sent menacé et là commence à se poser beaucoup de questions et souvent on les voit arriver à ce moment là dans nos cabinets justement le côté de réassurance le rôle qu'on qu'on doit jouer pour leur... permettre de se sentir bien en dehors de tout soin bien sûr il est essentiel pour qu'elle se réapproprie ce moment lors cette histoire de leur vie dans la société au travail etc et moi je le vois plus avec mes patients en tout cas d'un comme un événement un peu douloureux un
- Speaker #0
moment il faut les aider à passer cette étape tu vois c'est rigolo comment ils ont complètement différente on n'a pas tout à fait les mêmes patients est ce que tu vois des dérives Est-ce que tu vois des patientes arriver avec des dérives ou des patientes qui ont des demandes incessantes, qui viennent le lundi pour une demande, le mardi pour une autre, le lundi d'après pour une autre ?
- Speaker #1
Alors, déjà, moi, je vois les médecins esthétiques comme les médecins de famille de la beauté des patients. Donc, je n'ai pas une vision, j'ai horreur de l'aspect commercial des choses qui, parfois, prédominent sur le marché de l'esthétique. Je n'ai pas ce type de patiente, en tout cas, dans mon cabinet. Parce que déjà, j'ai de l'attente. Je fais attendre les gens parce que j'ai besoin qu'ils réfléchissent avant de venir me voir. Donc ça déjà, c'est important. Et j'aime bien promouvoir une prise en charge sur le long terme, un suivi. C'est comme toi, tu ne peux pas avoir des bons résultats ou bien conseiller les gens si tu les vois une fois et qu'ils ne reviennent pas. Donc en fait, en leur expliquant ce qu'on va faire, en les faisant attendre, en leur permettant de leur donner les bons outils, l'information claire, loyale, adaptée pour qu'ils puissent réfléchir à ce qu'ils vont faire. normalement ça se passe bien. Alors malheureusement, de plus en plus, on voit des dérives arriver, autant médicales que non médicales, parce que malheureusement, la médecine esthétique n'est pas reconnue encore par les instances. Ce n'est pas une discipline en tant que telle. Donc, les formations sont assez hétérogènes, avec des bonnes formations, des formations un peu moins bonnes. Mais globalement, les médecins esthétiques bossent très très bien en France. Le problème, c'est toute la partie commerciale avec les faux injecteurs, qui ne sont ni médecins, ni quoi que ce soit. qui injectent dans des Airbnbs. Et là, on récupère de plus en plus des complications, justement, dans nos cabinets.
- Speaker #0
Après, j'ai quand même l'impression que quand on te donne rendez-vous dans un Airbnb, déjà, on pourrait envisager qu'il faut se méfier. Mais tu vois des gens qui vont jusqu'au bout de l'injection. C'est quoi un fake injecteur, déjà ? Qui sait qui a le droit d'injecter en France ? Moi, je suis kiné, je sais que je n'ai pas le droit de niquer.
- Speaker #1
En France, seuls ceux qui ont un doctorat de médecine ont le droit d'injecter. Donc, médecins, chirurgiens, en gros.
- Speaker #0
Et les infirmières du coup ?
- Speaker #1
Non, doctorat de médecine.
- Speaker #0
Donc elles peuvent faire des piqûres, parce que c'est leur métier de faire des piqûres, mais elles ne peuvent pas injecter en médecine esthétique. Elles ne peuvent pas injecter de produits d'acide hyaluronique, de Botox et tous les produits d'antanam. Ok.
- Speaker #1
Ce n'est pas possible. Parce qu'en fait, au-delà de la simple injection, apprendre à injecter, très sincèrement, n'importe qui pourrait apprendre. Mais c'est bien plus complexe que ça. C'est qu'est-ce que je mets en place autour du patient pour pouvoir faire un soin et être capable de gérer d'éventuelles complications possibles et que ça se passe bien. c'est ça la problématique donc la pire des complications qui fait toujours un peu le buzz sur les réseaux sociaux c'est avec de l'acide hyaluronique si je pique dans une artère, ça la bouche le risque c'est la nécrose donc cicatrice, chirurgie plastique, reconstructrice etc. Quand tu te fais injecter par une fake injectrice donc quelqu'un qui n'a pas de doctorat de médecine, comment derrière la personne va prendre en charge ces complications ? Et ça va même plus loin on parlait T'exposer juste avant ma vision du médecin, du médecin de famille, de la beauté. La réflexion, discuter avec les gens, te permettre déjà de les examiner en discutant avec eux. Et ça, ça permet de savoir qui ils sont, où est-ce qu'ils veulent aller, est-ce qu'ils sont bien dans leur tête, est-ce qu'ils sont en phase avec ce qu'ils vont faire. Le problème, c'est que les fake injectors, comme on les appelle, c'est des rendez-vous immédiats. Quelqu'un qui est un peu le vulnérable, il a un événement de vie, il ne se sent pas en phase avec son image, ou il veut répondre à une norme, etc. Il va prendre rendez-vous, ça va être « Allonge-toi, vas-y, je te le fais, et puis vas-y, va-t'en. » Donc le conseil, il n'est pas là, la sécurité, elle n'est pas là, et il est complice d'exercice illégal de la médecine. Donc c'est la double peine.
- Speaker #0
Tout à fait. Et du coup, ce que tu disais tout à l'heure par rapport au consentement libre et éclairé de nos patients, est-ce qu'en médecine esthétique, il y a un délai ? Parce qu'en chirurgie, il me semble qu'il y a un délai de 15 jours.
- Speaker #1
Alors, ouais. En fait, le délai va être défini par le montant du devis. Donc, nous, quand on voit un patient, une fois qu'on s'est dit, voilà, le plan de traitement que j'imagine, c'est ça, est-ce que vous êtes d'accord ? Je vous donne les fiches d'information correspondant à la technique qu'on va faire, que ce soit de l'épilation ou autre, peu importe, et vous prenez le temps de réfléchir. En France, en dessous de 300 euros pour un devis de 300 euros, il n'y a pas besoin de délai de réflexion. tout le monde laisse un délai de réflexion, on dit globalement que la nuit porte conseil. Donc au moins un jour, en pratique c'est facile 15 jours, 3 semaines.
- Speaker #0
Oui parce que l'emploi du temps en fait il y a un moment donné, on a rarement. C'est comme partout, les bons coiffeurs, les bons médecins, les bons restaurants, ils ont rarement de la disponibilité de l'amener en tout de suite ou en deux heures. Et la réalité elle est là, quel que soit le métier en fait, c'est que sauf une annulation de dernière minute, les emplois du temps sont pleins quand les gens sont là.
- Speaker #1
Bien sûr. Et même tous mes confrères, en tout cas avec qui j'échange souvent, même une annulation de dernière minute, jamais on va mettre une patiente qu'on n'a jamais vue pour l'injecter direct.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
On va appeler une qu'on connaît ou tant pis, on ne voit personne, ce n'est pas grave en fait.
- Speaker #0
Ok. Donc pour l'instant, on est sûr. On oublie les fake injectors et on les reconnaît parce qu'en général, ils n'ont pas de cabinet, ils sont dans des cabinets mobiles. Et puis, on essaie de demander le diplôme.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Pourquoi il est affiché, un diplôme de médecine ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
soit on se renseigne parce que normalement, on est censé tous être inscrit au tableau de l'ordre quand on est professionnel de santé. Et si on n'est pas inscrit au tableau de l'ordre, c'est qu'il y a un problème. Un warning. On n'a pas le droit de travailler en tant que professionnel de santé sans être inscrit au tableau de l'ordre.
- Speaker #1
Oui. Et encore plus simple, parce que c'est vrai que peut-être pour les gens, ça peut paraître compliqué de se renseigner sur le site du conseil ou autre, c'est qu'on n'a pas le droit en tant que médecin de faire de la médecine nomade. C'est-à-dire qu'en fait, on est rattaché à un cabinet et on n'a pas le droit de bouger de ce cabinet. sauf de temps en temps pour aller utiliser un plateau technique, un laser ou autre. Donc, ce n'est pas possible d'avoir, attention, publicité, j'arrive à Paris, telle date, full injection, et puis après, ce sera Marseille ou autre. Ça, ce n'est pas possible pour un médecin.
- Speaker #0
C'est ça. Ce n'est pas possible pour un kiné non plus. On doit pouvoir assurer la sécurité de nos patients. C'est-à-dire que même si on travaille dans plusieurs cabinets, il faut que ça soit déclaré à l'ordre, il faut qu'on puisse nous retrouver. Et en fait, il faut que quand on fasse un soin, Si il y a une plainte X ou Y, que ce soit une assurance au conseil de l'ordre, il faut que les personnes qui ont reçu la plainte, ou même la police, pourquoi pas, soient capables de retrouver le professionnel de santé pour qu'il réponde de ses actes.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Ça, c'est vraiment la base. Après, le délai de réflexion. Légalement, au-dessus de 300 euros, il faut un délai de réflexion. En dessous, il n'en faut pas. Mais en général, ce n'est pas premier rendez-vous, on vous injecte, on vous pose des questions. Là, on parle de médecine esthétique. Pour les gens qui nous écoutent et qui ne verraient pas trop la différence, médecine esthétique, c'est les injections d'acide hyaluronique, c'est peut-être les filtanceurs, c'est la toxine botulique, le Botox. Qu'est-ce qu'il va y avoir d'autre ?
- Speaker #1
Tous les actes lasers, l'épilation laser, les lasers vasculaires pour traiter les vaisseaux, la cryolipolyse, des peelings plus ou moins profonds. En fait, c'est très, très large. La greffe capillaire, il y a plein de choses. En gros, c'est tout ce qu'on peut faire. Laser CE2 aussi, pour resurfacer la peau. Tout ce qu'on peut faire en dehors d'un bloc opératoire.
- Speaker #0
La médecine esthétique, on la voit beaucoup chez les dermatologues, mais il y a de plus en plus de médecins qui font de la médecine esthétique. Et à côté, il y a la chirurgie. La chirurgie, c'est différent. C'est-à-dire que là, évidemment, on ne va pas vous opérer tout de suite parce qu'en général, ils n'ont pas le cabinet dans les cliniques. Et même quand ils ont le cabinet dans les cliniques, ce n'est pas le même acte que de vous consulter et que de vous opérer. Et là, il y a en plus une consultation d'anesthésie. Il y a en général des examens beaucoup plus poussés parce qu'on est sur une chirurgie. Mais c'est vrai que la médecine esthétique paraît accessible. C'est plus accessible, bien sûr. Facile à faire déjà. Et a pu l'huiler énormément de gens qui ont fait des choses illégales, qui ont pu communiquer avec aisance sur les réseaux sociaux. Parce qu'il faut quand même rappeler que quand on est professionnel de santé, on ne peut pas communiquer comme on veut.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Il y a des règles. et que pour protéger les gens, il y a des règles aussi médicales, mais il y a des règles par rapport à l'influence. Il y a des lois d'influence. On ne peut pas faire la promotion de la médecine esthétique. de la chirurgie esthétique. Là, on en parle en tant que conseil, en tant qu'expert, pour parler de notre vision de la beauté et pour que les gens puissent réfléchir à leur propre vision et s'ils ont envie de faire la démarche, qu'ils la fassent de manière sécure. À aucun cas, on vous dit qu'il faut faire de la médecine esthétique, ce n'est pas le propos.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais des choses à rajouter par rapport aux gens ? qui auraient envie de se renseigner déjà, avant même de passer à l'acte, est-ce qu'il y a d'autres choses à vérifier ?
- Speaker #1
Ce que j'aime bien aussi préciser en consultation, c'est que quand on va voir un professionnel de santé, ça reste un rapport humain. Ce n'est pas parce qu'on a un doctorat de médecine, qu'on a fait assez de diplômes de kiné ou autre, qu'on est différent des patients, et que la relation de confiance est essentielle dans les soins. Sans relation de confiance, les suivis ne seront pas bien assurés, et s'il y a une complication, ça ne va pas bien se passer. Je conseille toujours aux gens de prendre le temps. Il n'y a jamais d'urgence en médecine esthétique, sauf si on a été voir un fake injector, c'est que c'est la catastrophe, bien sûr, mais il y a rarement d'urgence. L'idée, c'est toujours de prendre le temps, de faire une consultation, voir si le professionnel avec qui on a pris rendez-vous, ça matche, est-ce qu'il nous correspond, est-ce que les informations qu'il m'a données me conviennent. Si ça ne convient pas, je vais voir un autre professionnel, je refais une consultation pour trouver la bonne chaussure à son pied. Moi, avec certains patients, ça passe très bien. Avec d'autres, pas du tout, mais ce n'est pas grave. C'est comme ça, c'est des rapports humains. L'idée, c'est vraiment d'être en confiance. Et ça, c'est le plus important. Il ne faut pas avoir peur de poser des questions. Si ça ne va pas, on va voir ailleurs. Ce n'est pas un problème.
- Speaker #0
Tout à fait. Cette notion, elle est importante de prendre le temps, parce que même pour soi, de dire, tiens, aujourd'hui, j'ai décidé que je voulais me faire des grosses lèvres, comme j'ai décidé que j'avais envie d'un gâteau au chocolat ou d'une tarte à la fraise. Peut-être... Se dire que cette envie-là, elle n'est pas saine non plus. Si elle pop comme ça et qu'en plus, on a envie que ça soit là maintenant, tout de suite, un peu comme un enfant qui taperaient du pied. Voilà. Avec soi-même, de se dire qu'est-ce qui m'embête à l'heure actuelle pour que j'ai vraiment envie de ça. Et si je trouve ça joli et si j'ai envie de faire ça, je réfléchis, je me renseigne et je fais une démarche construite pour accéder à ça. En plus, il y a quand même un certain prix dans la médecine esthétique. Évidemment, il n'y a pas de prise en charge. À l'inverse de certaines chirurgies réparatrices qui peuvent avoir une prise en charge sécu, on est d'accord qu'à la médecine esthétique, il n'y a jamais de prise en charge ?
- Speaker #1
Alors, il y a quelques prises en charge quand même. Tout à l'heure, je parlais d'épilation laser pour les patientes qui souffrent de SOPK, des syndromes des ovaires polycystiques, et qui ont un irsutisme, donc une pilosité importante et gênante. Là, il y a des prises en charge. Une partie de l'épilation laser peut être prise en charge par la sécu. Il y a ce cas de figure-là. Il y a aussi les patients en cours de transition de genre. Là aussi, il y a une prise en charge par la sécu. Et après, il y a des... Donc, pas par les médecins généralistes comme moi, esthétiques, mais certains chirurgiens, par exemple, pour le bruxisme, peuvent faire des injections, prises en charge par la sécu. Le traitement des paralysies faciales aussi. Et ça,
- Speaker #0
c'est la toxine botulique à visée de soins ? Mais plutôt fait par les chirurgiens maxillofaciaux, faciales.
- Speaker #1
Les chirurgiens maxillofaciaux et les chirurgiens plastiques aussi, principalement. Certains neurologues aussi font ça, selon leur formation en fait.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il faut savoir que la toxine botulique, ça sert à plein de trucs. Souvent, on dit le Botox antiride, mais en fait, on en met dans le masseter pour le bruxisme. On en met dans la vessie pour l'hyperactivité visicale. On en met dans les muscles du périnée pour les douleurs pelviennes. On en met dans... plein d'endroits.
- Speaker #1
On s'en sert même pour lutter contre la transpiration excessive.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est assez magique.
- Speaker #0
C'est l'injection magique, mais il faut quand même savoir où la faire, comment la faire, et en bonne quantité aussi, quand même, parce qu'on n'oublie pas que ça paralyse des muscles, donc il faut que la dose soit millimétrée.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Bien entendu. Moi, j'ai eu recours à des chirurgies réparatrices. Ma démarche, elle a toujours été la même, c'est-à-dire que je n'en ai pas parlé autour de moi. Il y a des choses que j'ai faites, certains l'ont découvert deux ans, trois ans après. Alors le nez, oui, j'en ai même fait une vidéo, parce qu'effectivement, je me doutais bien que ça allait se voir. Mais il y a d'autres prochaines chirurgies réparatrices qui sont en réflexion dans ma tête. Mais vraiment, pour que ça soit de moi avec moi-même, je choisis de ne pas en parler. Parce qu'à une époque où j'avais un conjoint, un ex-mari, en fait, il y avait beaucoup de stress pour lui de si ça se passe mal, si c'est raté, si pour de l'esthétique, il m'arrive quelque chose de grave. Potentiellement, si je deviens plus jolie, est-ce que je vais me barrer ? Tu vois ? Il y avait ses propres craintes, etc. Pour les copines, il y a aussi de... Moi, je ne passe pas le cap, donc est-ce que j'accepte que ma copine passe le cap ? Et au début du podcast, on disait l'inverse. En fait, je passe le cap pour les autres. Donc, c'est vrai que d'expérience, je me suis toujours sentie à l'aise avec le fait de garder ça pour moi. Mais est-ce que tes patientes, elles font pareil ? Est-ce que tu crois qu'elles gardent ça pour elles ?
- Speaker #1
Oui, là, je crois que tu as screené tous les profils de patientes.
- Speaker #0
C'est vrai que je suis à moi-même le profil complet des patients. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. Non, non, mais alors ça, je m'étais amusé l'année dernière à poser la question à toutes mes patientes. Est-ce que là, pendant que je faisais les injections, vous en avez parlé à votre entourage ? Juste pour savoir. Et il y avait 70 à 80 % de mes patientes qui n'en parlaient même pas à leur conjoint. Et du coup, je me suis dit, tiens, c'est étonnant. Et en fait... effectivement ce qui revenait à chaque fois c'était oui mais il va pas comprendre ou alors il a peur pour moi il me trouve très joli comme je suis et si ça se passe pas bien pour un acte d'esthétique qu'est-ce qui va se passer et effectivement si je suis plus belle sa place dans le couple et lui sa propre esthétique, comment il va le vivre et donc c'est là que tu vois que la dimension justement la bonne santé et la dimension sociale justement de l'esthétique est super importante Merci. Et énormément de patientes, 70-80% en tout cas dans mon cabinet, n'en parlent pas à leur entourage, de peur de cette pression sociale. Et donc, c'est là aussi que j'adore mon métier, et c'est vraiment, je crois, quasiment ce qui me fait le plus kiffer, c'est que j'ai vraiment l'impression d'être dans les backstage de leur vie. Je suis là, je suis en régie, je suis en train de faire des petites choses, il ne faut pas que ça se voit, il ne faut pas qu'il y ait de bleu, on discute, c'est la safe place dans le cabinet. Et comme ça, elles peuvent parler. de leur complexe. Et le nombre de patientes, justement, qui, une fois qu'on a abordé ce sujet du tabou, sont complètement effondrées en pleurs dans le cabinet parce qu'elles n'avaient jamais osé en parler, c'est loin d'être rare.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant. Tu vois, moi, je pensais que j'étais une exception, mais a priori, pas tant que ça. Ça me fait marrer parce qu'il y a effectivement beaucoup de médecins et de chirurgiens esthétiques sur les réseaux sociaux. Et en fait, souvent, j'ai vu la traîne de vous me demander de montrer des avant-après. On rappelle que déjà, ce n'est pas particulièrement autorisé. C'est même complètement interdit, des avant-après. Mais vous me demandez de montrer des avant-après, vous me demandez de montrer les résultats sur mes patientes. En fait, mes patientes, elles disent qu'elles ne viennent pas. Elles ont dit qu'elles s'étaient bien reposées. Elles ont dit qu'elles avaient mis la nouvelle crème à la mode. Elles ont dit que c'était les vacances qui avaient fait du bien. Donc, effectivement, c'est un peu difficile de vous montrer les visages. Ça vient corroborer ce que tu dis, qu'en fait, elles ne le disent pas. Mais ce qui est important comme information, c'est que si elles ne le disent pas à leur entourage, ça veut dire que dans la rue, dans votre entourage, il y en a combien qui l'ont fait et que vous pensez belle ou naturelle, alors qu'en fait, elles ont eu recours à la médecine esthétique, elles ont eu un petit coup de pouce.
- Speaker #1
J'aimerais bien avoir les chiffres. Il n'y a pas de stats.
- Speaker #0
Il n'y a pas de stats.
- Speaker #1
C'est complètement officieux.
- Speaker #0
Je crois que c'est... Bien plus que ce qu'on pourrait penser, surtout en France, parce que je crois qu'on a cette French touch. On a la musique et on a l'esthétique. Il y a des pays du monde où l'esthétique est un rapport milieu social. Il faut que ça se voit.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Parce qu'il faut qu'on montre qu'on est en capacité de payer de l'esthétique comme un joli sac à main.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et qu'en France, on est au contre-pied de ça. Il ne faut surtout pas que ça se voit. Donc, on le fait vraiment pour soi. Et du coup, finalement, on a dû croiser des gens qui avaient fait de la médecine esthétique sans qu'on le sache.
- Speaker #1
Évidemment. Et c'est très rigolo parce que j'ai deux, trois patientes américaines qui viennent de temps en temps en France et qui passent me voir. Et je me souviens que les premières fois où je les ai injectées, elles sont revenues en me disant « Vous n'avez rien fait, docteur. » Et en fait, il y a vraiment ce côté place sociale là-bas. En tout cas, aux États-Unis, il y a des grands buildings, des grosses bagnoles et des fronts figés. Il faut que ça se voit parce que c'est un cynic star de richesse. Alors qu'en France, non. C'est la beauté minimaliste. Il ne faut pas que ça se voit. Il ne faut pas trop attirer le regard. Moi, c'est ce que j'aime, en tout cas.
- Speaker #0
C'est des choix. Et c'est vrai que la médecine esthétique poussée à son paroxysme, que ce soit dans les Émirats Arabes Unis ou dans l'Amérique du Nord, peut faire peur aussi.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
En tout cas, ce n'est pas une des réalités en France.
- Speaker #1
Ce n'est pas le standard, en tout cas.
- Speaker #0
OK. On est plutôt sur un standard naturel.
- Speaker #1
Plutôt un standard naturel. Après, ça dépend des régions, en fait. C'est vrai ? Oui. À Paris et dans le sud de la France, ça s'américanise beaucoup plus quand même. D'accord. Les demandes, tu vois, à Nice, j'ai un ami, un chirurgien-presticien à Nice, les demandes d'injection, il faut que ça se voit. Dans le nord de la France, c'est vraiment très soft.
- Speaker #0
Le sud et le sud, parce que moi, à Toulouse, on est quand même encore sur du nature-pain-de-cœur. D'ailleurs, la réalité est qu'il n'y a pas une offre de soins esthétiques très importante à Toulouse. Parce que ça ne fait pas partie... Je pense qu'effectivement, si je me baladais sur la Côte d'Azur, la demande n'est pas la même, donc l'offre de soins n'est pas la même.
- Speaker #1
La Côte d'Azur, c'est un des endroits au monde... où il y a le plus de médecins esthétiques et de chirurgiens plasticiens au monde.
- Speaker #0
Il y en a plus qu'aux Etats-Unis. Bon, du coup, en résumé, c'est chacun sa réalité, en fait. C'est chacun sa demande, chacun sa réalité. Et tout est possible. Ça peut se voir, ça peut ne pas se voir. Et encore une fois, c'est très personnel.
- Speaker #1
Bien sûr. Et même moi, ma réalité, parce que j'entends que certaines peuvent, ou certains peuvent avoir envie de résultats très visibles. Et moi, je n'aime pas ça. Donc, je dis non, tout simplement.
- Speaker #0
Ok. Toi, tu ne fais pas forcément ce que les gens veulent. Tu fais ce qui te paraît être un accord avec ta vision de l'esthétique, mais tu les accompagnes au mieux, mais tu ne fais pas un truc qui, finalement, ne représenterait pas ton travail.
- Speaker #1
Non, je n'aime pas ça. Parce que pour avoir discuté avec des patientes, je me souviens, j'en ai une en tête, c'était une patiente qui devait avoir la soixantaine, elle a fait des injections de lèvres toute sa vie, et elle vient me voir et elle dit « je veux continuer à les faire » . Elle a des lèvres énormes, mais vraiment. énorme. Et au début, je prends un peu le jeu, je me dis, bon, tu sais quoi, je vais quand même changer mes habitudes, accepter, et petit à petit, au fil des mois, des années, essayer de la raisonner, lui faire comprendre que c'est pas forcément la bonne chose. Donc j'ai réussi, tout doucement. Il y a eu un dialogue qui s'est créé, et un jour, elle était un peu stressée, dans sa vie, il y avait des soucis, tout ça, puis elle revient me voir en disant, docteur, là, je veux beaucoup plus. Et je dis, bah, non, là, c'est bon, je pensais avoir gagné un peu le combat, ça a pas fonctionné. En discutant avec elle, elle s'effondre et elle me dit « Je ne me suis jamais trouvée belle. La seule chose que j'ai toujours aimée chez moi, c'était mes lèvres. Donc, je veux les gonfler le plus possible pour qu'on ne voit que ça et pas ce qu'il y a derrière. » C'est terrible, hein ?
- Speaker #0
Ça fait mal. Ça fait mal. Même moi, de l'entendre… Tu me le rends compte, ça me fait mal, tu vois.
- Speaker #1
C'est pour ça que je n'aime pas les demandes disproportionnées, parce qu'il y a souvent des traumatismes derrière. Et nous, on est là pour améliorer la santé des gens. et si je vais dans cette démarche, dans cette demande, je la renforce dans sa mauvaise santé esthétique. Et ce n'est pas si rare, ça. Donc c'est pour ça que ce type de demande, maintenant, je refuse.
- Speaker #0
Ça me paraît effectivement sain qu'au bout d'un moment, on se questionne pourquoi on fait toujours plus, en fait. Pourquoi on veut de l'immédiateté ? Pourquoi on fait toujours plus ? Qu'est-ce qu'il y a derrière ? Et pour le coup, tu es très à l'écoute de tes patientes et de tes patientes, de ce que tu dis, mais tu n'es pas psychologue. que tu n'es pas psychiatre. Et derrière, la réponse, elle va être amenée par un professionnel de la santé mentale aussi.
- Speaker #1
Bien sûr. C'est pour ça que je n'ai aucune crainte. Alors, il faut le faire avec de la diplomatie, mais à conseiller à des patientes ou des patients de voir un professionnel, un psychologue, un psychiatre, parce qu'il y a d'autres choses à faire avant de faire des injections.
- Speaker #0
J'ai une question bête. Mais à force d'en mettre du produit, ça ne peut pas être... exploser. Ça s'étire jusqu'où les tissus quand même ?
- Speaker #1
Regarde le ventre d'une femme enceinte.
- Speaker #0
Oui, on est d'accord, mais là, c'est... Je ne sais pas.
- Speaker #1
Franchement, il y a des possibilités assez incroyables.
- Speaker #0
Faire confiance à son corps.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais le problème, en fait, c'est que plus t'en mets, plus le produit va bouger, en fait. Plus il va s'accumuler. Oui,
- Speaker #0
quand ça part sur les côtés, on a l'impression qu'elles ont des petites moustaches d'acide hyaluronique.
- Speaker #1
Trop. Trop, pas le bon produit, fait de manière trop répétée. Avant, quand j'ai commencé, comme tout le monde, je disais à mes patientes, les injections de lèvres, c'est tous les six mois. C'est la durée que le labo te dit, une injection de lèvres, que le moment, c'est ça. Aujourd'hui, je ne dis plus du tout ça. C'est on fait l'injection, on se revoit dans six mois et on réfléchit. Il y a des patientes qui vont garder les injections de lèvres trois ans, quatre ans, dix ans, une fois j'ai vu. D'autres qui vont le garder deux mois. La génétique, le statut immunitaire, inflammatoire des patients, fait qu'il y a une variabilité. C'est ça qu'il faut prendre en compte pour avoir des résultats toujours naturels.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est qu'en fait, il faut aussi en mettre un petit peu au début, quitte à en rajouter, adapter, voir combien de temps ça tient chez la patiente. C'est une réponse personnalisée. C'est pas du tout normé.
- Speaker #1
C'est sur mesure. Comme tous les soins qu'on fait en santé, on a des guidelines, on a des normes. Et ça, ça nous guide dans une prise en charge. Mais après, on s'aperçoit, une fois qu'on est installé dans nos cabinets, qu'il y a peut-être des complexités, des choses à affiner en fonction des patients, leur psychologie, etc.
- Speaker #0
J'ai une autre question, du coup. Moi, je le remarque, donc je crée du contenu. Je suis souvent avec le téléphone face à moi. Il y a un filtre déjà naturel sur le téléphone, il faut le savoir. On ne ressent pas tout à fait à ça. On peut jouer avec les filtres et c'est somme toute assez facile et un peu trop facile de switcher à droite. pour avoir un petit film qui nous met un peu de blush, une meilleure couleur, etc. Et c'est vrai que des fois, quand je me vois avec l'autre côté du téléphone ou avec une caméra comme celle-là, je me dis... parce que c'est moi, tu vois. Et je réalise que j'ai parfois une vision un peu biaisée de ce que je suis en réalité, tu vois. Donc, je fais une détox de certaines images, je vois, etc. Mais la question, c'est, est-ce que tu as des demandes de gens qui arrivent avec des photos filtrées et qui veulent le filtre, du coup ?
- Speaker #1
Ça arrive de plus en plus.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Ça, il ne faut surtout pas les injecter. Il faut les raisonner et les remettre dans le droit chemin de la réalité. Mais ces gens-là, en fait, ils ne cherchent pas à faire des injections en réalité. Ils cherchent à se rassurer. Ils viennent voir un professionnel de l'esthétique et ils montrent, voilà, en gros, moi, je trouve ça beau, docteur, comment vous me trouvez là ? C'est quoi l'état des lieux, en fait ? Et ces gens-là, ils ont besoin de réassurance. Ils n'ont pas besoin d'injection, en fait. Mais c'est le côté très, très pervers des réseaux sociaux. Et malheureusement, les jeunes sont beaucoup plus exposés que les plus vieux à ça. et il faut réussir à beaucoup communiquer sur les réseaux justement pour les informer parce que ça va faire des dégâts sinon.
- Speaker #0
La réalité, c'est qu'il y a encore des endroits dans le monde, mais c'est beaucoup plus rare. Mais en tout cas, il y a encore 50 ans en arrière, si on se voyait le matin dans le miroir pour se laver le visage, c'était déjà pas mal. Et après, on ne se voyait jamais. Donc finalement, l'échange social avec l'autre, il était toujours dans l'échange. dans ce qu'on se disait, dans le regard, dans le moment partagé, et d'avoir l'impression de se trouver beau ou non dans le regard de l'autre. Et on se satisfaisait de quelque chose de différent, de juste l'image qu'on renvoie. Alors que maintenant, avec les téléphones, en fait, ne serait-ce que les visios, je ne parle même pas des réseaux sociaux, mais voilà. Est-ce que tu as vu des différences depuis, on va dire le Covid, parce qu'il y a eu beaucoup plus de visios depuis ce moment-là ? J'avais entendu dire qu'effectivement, le fait de faire des visios dans les entreprises, il y a eu une majoration des gestes esthétiques post-Covid parce que les gens se voyaient en visio.
- Speaker #1
Alors, effectivement, après le Covid, il y a eu un changement, mais je pense très personnellement pour deux raisons. Un, les gens ont changé un peu leur consommation et ils ont eu envie de prendre soin d'eux. Tu as des moments de plaisir. Donc, l'esthétique en général, les massages, le bien-être, etc. et son apparence, du coup, a pris le pas. Et aussi, effectivement, on a vu les demandes d'injection du bas du visage exploser. Les demandes, pas pour autant qu'on en a fait plus, mais parce que c'est des contre-plongées. Forcément, tu vois, l'œil humain, c'est ça comme focal. Et puis, le smartphone, c'est pas la même vision des choses. Donc, il y a une vision qui déforme un petit peu. Donc, on a fait beaucoup plus d'injections de lèvres après le Covid. Et aussi, pour une raison, parce que les lèvres, quand on les injecte, ça gonfle un petit peu. Et que c'était beaucoup plus simple de se balader avec le masque et des lèvres gonflées en dessous sans qu'on pose de questions. Ça, ça a aidé.
- Speaker #0
Ok, donc c'était juste la valeur ajoutée du masque. Ouais, c'est ça. Bon, c'était hyper intéressant. Ce qu'on peut résumer finalement, c'est que la beauté, ça reste toujours extrêmement subjectif. Il faut se questionner déjà quand on a une demande esthétique envers soi. Est-ce qu'elle est pour répondre à notre propre demande ou est-ce qu'elle est pour répondre à ce qu'on croit de la demande des autres ? Déjà. Et qu'est-ce que ça va améliorer ? Qu'est-ce qu'on pense que ça va améliorer ? Et c'est là où le médecin, il doit avoir sa place de conseil parce que s'il cible que la demande, elle n'est pas adaptée avec le geste de médecine esthétique, il se doit de rediriger finalement.
- Speaker #1
Bien sûr. Donc, je suis complètement d'accord avec toi. La beauté, c'est quelque chose de vivant. Ce n'est pas une photo, ce n'est pas un magazine, ce n'est pas de la symétrie parfaite. C'est l'harmonie et c'est... ce qui vous rend différent. Petite imperfection, c'est peut-être le truc qui va vous rendre magnifique et ne pas chercher à ressembler à des standards. Oui,
- Speaker #0
puis au-delà de la beauté, il y a le charme.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et ça, c'est inexplicable.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Il n'y a aucune injection qui va donner du charme à quelqu'un, finalement. On peut essayer de quantifier la beauté, on peut essayer d'évaluer des normes de beauté, mais elles sont très factices, elles sont surtout... très normées dans le microcosme sociétal dans lequel on est. Elles ne seront pas les mêmes dans un autre pays. Mais le charme, ça par contre...
- Speaker #1
L'assurance, l'élégance, la façon de s'exprimer, tout ça fait partie de la beauté. C'est pour ça que malheureusement, on dévie trop sur le côté uniquement plastique. Mais ça, c'est bien pour la photo. La vraie vie, c'est dynamique. Ça ne se limite pas à ça.
- Speaker #0
Super. Merci beaucoup pour tous ces conseils.
- Speaker #1
Merci pour ton invitation.
- Speaker #0
Des conseils d'experts, de médecins esthétiques. qui ne pousse pas à la consommation, qui vous donnera un vrai bon conseil en tant que bon médecin de famille de l'esthétique, qui vous accompagnera. Et c'est ça qu'il faut essayer de trouver quand on a des questions sur le sujet. Et encore moins que sur le reste des autres sujets, évitez de chercher sur Internet les réponses.
- Speaker #1
Ah oui, Internet. Toujours se renseigner auprès des professionnels. Et en tout cas, je te remercie de m'avoir invité dans ton podcast. C'était un vrai plaisir.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Merci beaucoup. On se retrouve très vite dans un prochain épisode de mon podcast intimiste. Si ce sujet vous a plu, n'hésitez pas à le dire en commentaire, à mettre des étoiles sur les plateformes d'écoute et surtout à le partager à quelqu'un qui pourrait se... poser des questions sur le sujet de la médecine esthétique. On se retrouve sur YouTube et sur toutes les plateformes d'écoute le premier lundi de chaque mois. A très vite et bonne année 2026.
- Speaker #1
Merci chers auditeurs pour votre écoute. On se retrouve très prochainement dans Intimiste, l'équipe de l'intime à votre service.