- Speaker #0
Il n'y a pas de contre-indication à faire du sport et à allaiter.
- Speaker #1
J'ai pu reprendre le sport assez rapidement. J'ai repris doucement, j'ai repris à mon rythme.
- Speaker #0
On a même des fausses croyances autour de la qualité du lait.
- Speaker #1
C'est surtout pour l'Ironman, où là je me suis vraiment bien renseignée.
- Speaker #0
Tu as tiré ton lait pendant le vélo.
- Speaker #1
J'avais les poches remplies pour la nutrition et par contre là j'avais mon tire-lait.
- Speaker #0
Ça paraît important que chaque femme puisse aller de là où elle a envie d'aller avec son propre corps en fait.
- Speaker #1
Oui. Intimiste.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans mon podcast. intimiste. Je m'appelle Saab Santé, je suis kiné et ostéo spécialisée en santé de la femme. Aujourd'hui, on va parler d'une particularité, enfin une particularité, elle ne devrait pas l'être, mais l'allaitement et le sport. Est-ce que c'est possible ? Est-ce que vous, vous l'avez fait ? Est-ce que vous avez eu des freins à continuer votre allaitement pendant le sport ou à reprendre votre sport pendant l'allaitement ? On va mettre tout ça au clair avec mon invité Charlotte. Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Tu vas bien ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va super bien. Ce podcast, il a en collaboration avec Amy Pump de Physimed, qui est un outil pour faire du tir-aller, du tir-allaitement, mais qui est mobile. On vous en reparlera plus tard. En attendant, je propose à Charlotte de se présenter.
- Speaker #1
Alors bonjour.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Moi, je suis Charlotte. Je suis coach sportive spécialisée en sport d'endurance. Tournée triathlon, course à pied. Je suis maman de deux petits garçons de 3 ans et 1 an. Et donc je suis en allaitement depuis quasiment 13 mois avec le second.
- Speaker #0
Du coup, tu pratiques du sport, je suppose, parce que tu es coach sportif. Tu fais souffrir les autres, tu fais transpirer les autres.
- Speaker #1
Mais je transpire aussi.
- Speaker #0
Mais tu transpires aussi. Tu fais quoi comme sport ?
- Speaker #1
Triathlon. Ok, triathlon, longue distance, donc sur du plutôt L.
- Speaker #0
Rappel à mes auditeurs et surtout à mes auditrices, et même à moi, je dois avouer, le L, c'est quoi comme format ?
- Speaker #1
C'est 1,9 km de nage, 90 km de vélo et un semi-marathon, donc 21 km de course à pied.
- Speaker #0
Voilà, voilà. Rien que ça. Donc, il y a dans la notion des sports d'endurance, c'est vraiment du sport qui dure longtemps. Là, vous vous doutez que pour arriver à enchaîner cette natation, ce vélo et cette course... Ça dure quelques heures. On est sur combien de temps d'effort ?
- Speaker #1
Sur ça, on est entre, personnellement, entre 5 et 6 heures.
- Speaker #0
Tu es déjà rapide, du coup.
- Speaker #1
Un petit peu.
- Speaker #0
Un petit peu rapide, oui. OK. Et le triathlon, c'est complexe parce qu'il y a évidemment trois sports en un. Dans les sports d'endurance, on retrouve le trail. On retrouve la course à pied à partir du semi, on dit, ou du marathon, peut-être ?
- Speaker #1
Ça dépend. Ça dépend le temps. Mais oui, on va dire ça, oui.
- Speaker #0
Ça dépend le temps d'effort plus que la distance, en fait. C'est-à-dire que moi, je fais du très long, même sur un 10 km, en fait. OK, donc ça, c'est de la spécificité des sports. Mais l'idée, c'est que tu nous partages ton expérience de maman allaitante. C'est ça qu'on a envie de connaître et c'est ça qu'on a envie de savoir parce que dans ce podcast, j'ai aucunement envie de culpabiliser les mamans. On sait que l'allaitement, c'est complexe. On sait que c'est bon pour le bébé et on sait qu'il y a énormément de freins, on y reviendra. Mais le sport c'est bon pour les mamans, c'est bon pour les mères, surtout en post-partum. De vouloir reprendre son sport, revenir à un niveau intéressant de performance quand on est sportif, c'est bien. Même quand on n'est pas sportif, juste aller faire son cours de pilates et son cours de body pump, c'est cool aussi. Et souvent on se dit avec l'allaitement, je vais pas. pas y arriver. Je ne vais pas avoir le temps, je vais être fatiguée. On a même des fausses croyances autour de la qualité du lait. Donc toi, comment tu as fait pour arriver à l'allaitement et au sport ? Quelle barrière tu as reçue ? Quelle barrière tu avais ? Comment ça se passe dans ta vie de maman allaitante ?
- Speaker #1
Déjà, pour mon premier, la question de l'allaitement ne s'est pas vraiment posée dans le sens où je me suis dit on verra s'il veut, s'il ne veut pas. Pas de pression pour moi, pour lui. Du coup, il prenait, mais pas très bien. Donc, l'adressement a été plutôt compliqué avec lui. Mais pour autant, je n'avais pas envie que ce soit un frein pour moi. Donc, j'ai commencé un petit peu à me renseigner sur est-ce que je peux tirer mon lait ? Au bout de combien de temps déjà, je peux tirer mon lait ? Parce qu'on entend tout et son contraire aussi.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Il y en a qui disent au bout de six semaines, il y en a qui disent au bout de trois mois. Voilà, donc déjà...
- Speaker #0
Tu as tiré ton lait au bout de combien de temps ?
- Speaker #1
Alors pour lui, j'ai tiré mon lait au bout d'un mois.
- Speaker #0
Et pourquoi ? Parce que tu avais trouvé des informations ? Ou c'est un professionnel de santé qui t'a dit c'est un mois ?
- Speaker #1
Alors tout ce que je trouvais me disait plutôt d'attendre six semaines à peu près. Et une personne professionnelle, oui. justement, que j'ai contacté, m'avait dit qu'en fait, au bout d'un mois, c'était possible. Et ça faisait déjà un mois que je l'avais. En plus de ça, je n'ai pas eu trop le choix parce que j'ai fait une mastite. Du coup, je me suis faite opérer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, une mastite,
- Speaker #0
pour ceux qui nous écoutent, qui voudraient allaiter, c'est un petit blocage des glandes qui fait que le lait s'engorge, le lait est bloqué, ça s'enflamme. voire ça s'infecte, mais dans un premier temps, ça s'enflamme. Donc, on trouve des solutions pour faire en sorte que ça sorte naturellement. Et quand on ne trouve pas, on repasse au bloc pour libérer l'évacuation du lait. Voilà, les joyeusetés de l'allaitement. Il n'y a pas que le sport qui peut être une limite à l'allaitement. Mais c'est vrai que pour revenir sur le moment où on commence le tire-lait, ça va dépendre de chacune et ça va dépendre des tire-laits qu'on utilise. ça va dépendre de la façon de la taille des seins, de la taille des mamelons, de plein de choses. Et je crois que le mieux, c'est quand même se faire accompagner parce que c'est une science à proprement parler, mais une science pas vraiment exacte. Elle dépend de chaque femme, en fait. C'est ça. OK, donc tu as commencé à tirer ton lit un peu parce que tu avais écouté les informations, un peu parce que tu avais une mastite et qu'il fallait passer par là.
- Speaker #1
Pas eu le choix, on va dire. Donc, du coup, la question de est-ce que je peux, est-ce que je ne peux pas ? Voilà, a été vite réglée, voilà.
- Speaker #0
Optimiste.
- Speaker #1
C'est vrai que j'ai pu reprendre le sport assez rapidement parce que j'ai couru toute ma grossesse. J'ai fait du vélo jusqu'à la veille de ma césarienne. Donc, en fait, je suis allée voir la sage-femme qui m'a dit, bah, tout est nickel. Donc, j'ai repris assez rapidement. Donc, forcément, j'ai repris doucement. J'ai repris à mon rythme. Je ne suis pas partie y aller. courir un semi-marathon.
- Speaker #0
C'est un jangueton doucement, ne doit pas être le doucement de tout le monde.
- Speaker #1
Oui, mais j'ai fait progressivement marche, course, en alternance.
- Speaker #0
Tu as fait les choses progressivement et comme il faut les faire.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Pas de précipitation. Mais c'est vrai qu'on dit que quand ils sont au sein, ils têtent à la demande. Moi, c'est un petit glouton qui têtait tout le temps. Et on dit aussi que quand on tire son lait, on stimule, donc forcément, on a plus de lait. Donc, c'est vrai que j'avais un peu peur au début. Je me disais, mais déjà, il t'aide beaucoup. Si je commence à tirer mon lait pour quand je ne suis pas là, je vais encore avoir des montées de lait. Ça va être compliqué. C'est pour ça aussi que la professionnelle qui m'a accompagnée là-dessus m'a rassurée. Elle m'a dit qu'il n'y avait pas de soucis. Donc, ce que je faisais, c'est que quand je savais que j'allais m'entraîner, je tirais mon lait. Déjà pour que la personne qui le garde puisse lui donner le biberon s'il y a besoin. Et puis moi, pour me permettre de drainer un petit peu et de vider, parce que courir avec un simple ingoie là, ça fait mal. Pour autant, j'ai déjà fait et ça fait vraiment très mal.
- Speaker #0
Donc moi, ce que j'entends aussi dans ce que tu me dis là, c'est que... Alors certes, c'est ton métier, c'est ta passion de faire du sport, mais tu as continué longtemps pendant la grossesse. On sait maintenant qu'il n'y a vraiment aucune contre-indication quand la grossesse se passe bien. C'est vraiment, si on vous demande d'arrêter le sport, il faut que ça soit bien argumenté par le professionnel de santé. Et ce n'est pas juste de l'occasion, c'est parce qu'il y a une contre-indication médicale claire et précise de devoir arrêter l'activité physique. Et on sait que du coup, la reprise précoce est mieux tolérée. Et on sait aussi que c'est important pour les mamans qui aiment le sport d'avoir une activité physique régulière. Pour leur santé physique, oui, mais surtout pour leur santé mentale. Toi qui es sportif, si on t'avait dit que tu fais 6 mois, 9 mois sans sport, je pense que ça aurait été compliqué.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce qui a été aussi un argument sur, je veux reprendre le sport, mais je veux aussi trouver des solutions pour continuer l'allaitement. L'allaitement, c'était pour toi ? Ça te faisait plaisir de partager ça avec ton enfant ? Ou c'était pour lui ? Parce que tu sais qu'on dit que c'est mieux pour les bébés d'avoir un allaitement maternel ? Ou les deux ?
- Speaker #1
Au départ, c'était pour lui. C'était pour lui, mais j'y ai pris plaisir. En tout cas, avec le premier, ça a duré moins longtemps parce qu'il a eu des coliques, parce qu'il a mastite, tout ça, il ne prenait pas très bien. Ça s'arrêtait assez tôt, au bout de huit mois. Par contre, le second, il tête toujours. Et lui, c'est encore la nuit. Du coup, c'est les deux. C'est pour lui, parce que je sais que c'est... Ça leur fait du bien, même dans le lait, il y a beaucoup d'anticorps, il y a énormément de choses. Dès qu'ils sont malades, on le voit, la couleur du lait change. C'est fou.
- Speaker #0
C'est de l'usine au consommateur direct. C'est ça.
- Speaker #1
Donc bon, et maintenant, on continue tant qu'ils en ressentent le besoin, l'envie. Pour le premier, ça s'arrêtait tout seul, petit à petit. Là, je sais que la journée, quand il est à la mame, quand il est gardé, il ne prend pas de biberon. Donc voilà, les tétés, quand on n'est pas ensemble, c'est le matin et le soir. Quand on est ensemble, c'est un peu plus souvent. Mais je pense que quand il voudra arrêter, ça se fera naturellement.
- Speaker #0
Et du coup, quand tu tirais le lait pour que tes bébés puissent être nourris quand tu n'étais pas là, ils avaient des biberons.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, ils ont fait et allaitement et biberon sans aucun souci.
- Speaker #1
Aucun problème. Les deux prenaient très bien.
- Speaker #0
Moi, c'était il y a dix ans, mais mon fils a fait pareil. Donc, on peut rassurer les mamans. Ils ne se mélangent pas les pinceaux. Ils savent très bien que la tétée, il y a le câlin de maman. Le lait arrive toujours. C'est ça. Et que le biberon, quand on a faim, il faut bien y aller quand même. Un teamiste. Du coup, comment maintenant tu t'organises ? Puisqu'il a quel âge ? Il a 13 mois, c'est ça ?
- Speaker #1
Un peu plus, oui. Un peu plus de 13 mois.
- Speaker #0
Donc, ça y est, il a passé un an. Donc, toi, ça fait plusieurs mois que tu as repris le sport. Je crois que tu as fait un Ironman il n'y a pas si longtemps, il y a quelques semaines.
- Speaker #1
C'est ça. J'ai fait un half, six mois postpartum. Et j'ai fait un Ironman pour ça un an. Il a fait un an. Le lendemain, je faisais l'Ironman.
- Speaker #0
OK. Donc, pour ceux qui ne sont pas de ce milieu-là, en fait, il faut comprendre que l'effort physique est évidemment intense le jour de la compétition. Mais on ne peut pas... Je veux dire, il y a des efforts physiques, on peut se dire, allez, je n'y vais pas trop préparer, advienne que pourra, je vais passer un bon moment. Non, un Ironman, un Alpha Ironman, on n'y va pas pour passer un bon moment. Déjà, je crois que même préparé, on ne passe pas un bon moment. Mais ça sous-entend une préparation millimétrée. régulières, plusieurs fois par semaine. Donc, tu les as faits, et ça, c'est de bon augure pour toutes les mamans et les futures mamans qui nous écoutent. C'est qu'on peut continuer vraiment une activité physique intense quand on est bien préparé. Mais dans l'organisation, comment ça se passe en prépa et comment ça se passe le jour de la compétition ? C'est 5-6 heures où tu n'as pas de bébé sous la main ?
- Speaker #1
5-6 heures pour le HALF. Pour le HALF, l'Ironman, c'était 12 heures.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. 12 heures d'effort. Je savais bien qu'il y avait une petite information qui se perdait. Donc, 12 heures d'effort, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on tire son lait ? Est-ce qu'il y a des ravitaux où bébé nous attend ? Voilà. Sur la compétition en elle-même, moi, ça m'intrigue l'organisation. Ça m'épate même. C'est vrai que pour le half du mot, en fait, c'est, je pense, une semaine avant que je me suis réveillée en me disant « mais comment je vais faire ? » . Donc le half, c'est 5-6 heures. Je fais suivre pour ceux qui n'ont pas les termes.
- Speaker #1
C'est ça. Mais déjà, j'avais l'angoisse. Vu que j'ai fait une première mastite avec le premier, en fait, j'avais cette angoisse. Je ne voulais absolument pas refaire un engorgement ou quoi que ce soit. Donc du coup, là pour le half, je me suis dit, je dois trouver une solution. Parce que je sais très bien, je connais mon corps, je sais que je ne tiendrai pas les 6 heures. En sachant que ça dure... Un peu plus longtemps parce qu'en fait, avant de rentrer dans l'eau, on va dire, il y a un moment où on part dans le sas, où on attend. Donc, au final, la durée de non-allaitement est beaucoup plus longue. Donc, j'ai écrit directement à l'organisation Ironman. Surtout qu'eux, ils sont assez carrés au niveau de leur gars. C'est un peu particulier. Ça fait très peu de temps qu'ils considèrent un peu plus la femme dans le sport. Mais je leur ai écrit en leur expliquant la situation, en leur disant que j'allais être, que je ne tiendrais clairement pas à courir sur le semain avec les seins pleins. Ça me fera trop mal, ça ne sera pas possible. Donc, ils m'ont dit que je pouvais tirer mon lait, soit sur l'aire de transition, soit sur le vélo. Quand je leur ai proposé cette solution, c'est moi qui leur ai demandé si je pouvais. Ils m'ont dit que oui,
- Speaker #0
mais que je ne pouvais pas enlever un pédala.
- Speaker #1
Voilà, c'est ce que j'ai fait. Donc, en fait, j'ai préparé mon tire-lait. Et puis, le matin, je l'ai mis. On a un endroit pour mettre la nutrition sur le vélo. Enfin, voilà. Moi, j'ai mis mon tire-lait là. J'avais les poches remplies pour la nutrition. Et par contre, là, j'avais mon tire-lait. Et puis,
- Speaker #0
je me marre. Alors que celles et ceux qui ne voient pas du tout ce que c'est un Ironman, c'est vraiment... C'est beaucoup d'efforts, mais en fait, en plus de préparer l'effort, le vélo, les transitions, changer de chaussures, machin, tout ça, il faut manger parce qu'en fait, on ne va pas s'arrêter à un ravito pour aller manger un plat de pâtes. Donc, il y a beaucoup de barres, il y a beaucoup de gel, il y a beaucoup d'hydratation. Et ça, il faut l'avoir sur soi, en fait, parce que chaque athlète a ses marques préférées. La digestion fait partie du sport en soi. Et donc, du coup, je me marre un peu parce que j'imagine effectivement que ça devait déborder des poches puisque tu n'avais plus la place sur ton vélo.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, du coup, en fait, j'ai calculé à peu près à quel moment il fallait que je m'arrête pour le mettre forcément. Donc, je crois qu'au kilomètre 50, quelque chose comme ça, je me suis arrêtée sur le côté. Je déplaçais, puis je suis repartie. J'ai fait un, puis deux.
- Speaker #0
Et les gens qui t'ont croisé au moment où tu mettais ton tirelet, qu'est-ce qu'ils ont agi ?
- Speaker #1
Ils m'ont regardée. Ils sont passés. Ils passent vite quand même en vélo, mais ils sont passés.
- Speaker #0
80% d'hommes. Ouais, ouais, ouais. Sur des Ironman, c'est très, très masculin.
- Speaker #1
Ils ont dû se demander ce que je faisais.
- Speaker #0
OK. Pas de remarques désobligeantes.
- Speaker #1
Non. OK. Ça,
- Speaker #0
c'est plutôt cool. Des remarques positives ? Des retours genre, tu gères ? Ouais,
- Speaker #1
venant des femmes. Venant des femmes, plus. Parce que je pense que les hommes, ils se posaient un peu la question de ce que je faisais.
- Speaker #0
Je pense que les hommes, ils réalisent pas, en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Par contre, après coup... quand justement j'ai fait mon réel là-dessus, j'ai eu beaucoup d'hommes qui m'ont écrit en perso, qui m'ont envoyé des messages parce que justement leur femme n'osait pas faire trop de sport à cause de l'allaitement ou des choses comme ça.
- Speaker #0
Donc j'ai trouvé ça super. Intimiste. Moi, c'est par ce réel que je t'ai découvert il y a quelques mois. Et vraiment... Dans la suite logique, en fait, il y a Stéphanie Case, qui est une internationale d'ultra-trail, qui est vraiment, c'est son métier, du coup, l'ultra-trail, qui a fait le buzz parce que, pareil, elle était à six mois postpartum, elle a fait un ultra-trail, la Snowdonia, elle l'a gagnée. Et on la voit sur des images en train d'allaiter sa fille. Et vraiment, ça en fait un buzz monumental. Moi, je l'ai partagé en me disant, regardez, c'est génial. En fait, notre corps, il est fort. On peut faire plein de choses et tout. Et le retour que j'ai... eu de ma communauté, c'est « Oh mais elles sont hyper culpabilisantes ces femmes, c'est hyper dangereux, le lit va tourner, ça va faire mal à leur bébé, elles ne priorisent pas leur bébé, elles se priorisent. » Donc il y avait un mélange de « Arrêtez de nous faire culpabiliser, nous on n'y arrive pas, on n'a pas envie de voir les autres y arriver. » Alors que moi c'était vraiment regarder comme le corps des femmes est puissant, on nous a peut-être mis des barrières qu'on n'a pas à nous mettre. Et l'autre, c'était vraiment, on continue vers des fausses excuses et des fausses croyances pour ne pas s'y mettre. Et ça venait des femmes. Et j'avoue que ça m'a énormément questionnée et marquée à quel point la vision que moi j'avais, la vision que je voulais transmettre n'était pas du tout celle qui était reçue par 80% de ma communauté. Et dans la foulée, j'ai vu ton réel. Et je me suis dit, non mais en fait, en plus, il y a des filles normales. Alors, est-ce qu'une femme qui fait de l'Ironman est normale ? Non, ça reste quand même un exploit physique. Mais je veux dire, t'es pas sportive professionnelle, parce que Stéphanie Case, j'ai eu l'occasion de la voir en conférence, et elle, elle dit, en fait, il y a des femmes qui allaitent au travail tout le temps. partout dans le monde, qui ont leur bébé sur le dos et qui allaitent, les maris leur amènent les bébés quand elles ont repris le travail. Moi, c'est mon travail, et j'étais au travail, et j'allais tout au travail, crois-tu à ça ? Et donc, du coup, cette vision-là, je l'entends, mais elle n'est pas forcément porteuse pour le reste des femmes, parce que déjà, une ultra-traileuse qui gagne des ultra-trails, bon, en soi, c'est déjà pas la majorité. Mais ce que j'ai aimé dans ce que tu as partagé, et c'est pour ça que j'ai voulu t'inviter, c'est vraiment tu... te rapproches plus du commun des mortels, même si faire des Ironman, ce n'est pas du tout le commun des mortels. Mais en tout cas, tu as une expérience vraiment de sportive et de maman à l'état du quotidien. Et c'était ça que je trouvais fort à partager parce qu'on a quand même cette image que ce n'est pas possible. On se l'interdit probablement parce que la médecine, il y a probablement des fausses croyances, mais les études à l'heure actuelle disent qu'il n'y a pas de contre-indication à faire du sport et à allaiter. Ça ne fait pas... tourner le lait, il n'y a pas besoin de jeter le lait, il n'y a pas besoin de...
- Speaker #1
Il y a cette idée reçue aussi du lactate, qu'est-ce qui est mauvais, et que du coup... Et justement, c'est une question que je me suis posée, parce que le lactate, il augmente avec l'intensité, et forcément sur quelque chose comme ça, il y a de l'intensité. Et en fait, la personne, celle que j'ai contactée, qui m'a aiguillée sur l'allaitement, me disait qu'en fait, c'était pas... C'est juste que le lait changeait un peu de goût. Donc voilà, mais en fait, c'est tout. Il n'y a rien de mauvais dedans.
- Speaker #0
Oui, puis moi, les études que j'ai regardées, en fait, juste après l'activité physique, c'est un peu plus haut, mais ça redescend très vite.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, le lait s'adapte en direct live. Donc finalement, il n'y a pas de répercussions particulières. Intimiste. Et donc du coup, tu as tiré ton lait pendant le vélo.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
c'est ça. OK. Et t'en as fait quoi du lait ?
- Speaker #1
J'ai été obligée de le jeter par contre. On était mimés, il faisait chaud. Donc c'était pas possible de le garder en tous les cas.
- Speaker #0
C'est pour une question d'intendance, parce que t'arrêter de le mettre dans des poches, le congeler, c'était pas gérable.
- Speaker #1
Surtout qu'on peut pas avoir d'aide d'extérieur. Non, je pouvais à aucun moment le donner ou quoi que ce soit.
- Speaker #0
C'est pas comme un ultra trail où t'as droit au ravito. Iron Man, c'est toi et toi-même.
- Speaker #1
C'est ça. Il y a des ravitaux, on est obligé de se servir à ces ravitaux. Mais on ne peut pas...
- Speaker #0
Si quelqu'un de l'organisation nous voit se faire aider, c'est... Ok, donc en totale autonomie avec ton tire-lait. C'est ça. Donc là, tu l'as fait pour toi être confortable, pour pouvoir après courir et éviter d'avoir les seins pleins de lait et que ça ne te fasse mal. Ok. Et ça se passe comment ? Tu l'as bossé à l'entraînement ? Tu l'as improvisé le jour J ? Je l'ai testé.
- Speaker #1
Je l'ai testé, oui, quand même, avant, parce que je me suis dit, déjà, on utilise une trifonction pour le triathlon, et c'est quand même proche du corps. Ça sert, c'est magnifique. Voilà.
- Speaker #0
C'est allé au bois. Illégalement à tout le monde.
- Speaker #1
Mais du coup, je me suis dit, déjà que j'arrive, parce que les brassières, elles ne sont pas faites pour la déterrement. Voilà. Et en rajoutant plus le tire-lait, j'ai eu besoin de le tester. Et effectivement, quand je l'ai testé, ça passait. Par contre, sur les vélos triathlons, on a tendance à être penché en avant avec des prolongateurs et assez allongé à l'horizontale. Et en fait,
- Speaker #0
pour le Tour de France, ils ont la tête en bas pour essayer d'aller plus vite. Voilà.
- Speaker #1
Et là, en fait, le fait d'être à l'horizontale, j'avais le lait qui coulait un peu. Donc, ce n'était pas très pratique. Mais bon. de toute façon pas le choix.
- Speaker #0
Ça c'est le tirelet que tu avais choisi, sachant qu'il y a quand même une évolution. Moi j'ai allaité il y a dix ans, donc les tirelets portatifs n'existaient pas. On n'avait que des énormes tirelets branchés sur secteur. C'était le début des tirelets non branchés. Mais on avait quand même les téterelles, les bouteilles de lait sur les seins, vraiment le classique, la brassière, les bouteilles de lait qui sortent des seins et qui se remplissent en direct. Donc, c'était effectivement absolument pas envisageable il y a dix ans, en vrai. Et maintenant, est arrivé sur le marché des tirelets, ce qu'on appelle portatifs, qui se coincent dans le soutien-gorge, qui sont extrêmement pratiques pour continuer à faire des choses en même temps. Ça, c'est une vraie révolution pour la libération du corps de la femme, vraiment. Et donc, le premier que tu as essayé, tu disais, le lait coulait en même temps parce que tu étais très penchée vers l'avant et que ça n'avait pas été étudié pour ça.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et je crois que tu as eu l'occasion d'essayer les mi-pumps, du coup. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Et comment ça se passe, du coup, avec les mi-pumps ?
- Speaker #1
Rien à voir, au fait. Rien à voir. Même l'ancien que j'avais, même me baisser, par exemple, il fallait que je me baissais vraiment en position de squat bien droite. Voilà. Alors que là, en fait, je peux vraiment bouger sans avoir peur d'enverser.
- Speaker #0
Ça, c'est énorme. Vraiment, c'est... Je remercie. s'il n'y aurait jamais assez ces marques, souvent on se dit « t'en fais trop » . Oui, le podcast est en collaboration, effectivement. Mais en fait, ce qu'il faut voir, c'est que ces marques-là, Physimètre, c'est une marque française qui a été créée à la base pour une somme connectée pour la rééducation du Périnée, qui est portée par des kinés, mais qui est portée aussi par des entrepreneurs. Je veux dire, c'est pas des gens qui sont derrière leur bureau de 8h à 17h. et qui ne font pas grand-chose. Ce sont des gens qui portent une boîte, qui vont développer des produits. Développer des produits comme ça, ce n'est pas rien quand même. Il faut les créer, il faut les fabriquer, il faut trouver les usines, il faut faire des levées de fonds pour que ça soit viable, pour que ça soit rentable. Et moi, je les félicite vraiment d'avoir cette énergie-là pour nous, les femmes, et pour libérer les femmes. Alors évidemment, il y a beaucoup de femmes dans cette boîte-là. Je flisime, on se doute bien que. Des femmes qui ont allaité, etc. et qui n'ont pas trouvé le produit sur le marché, donc qui l'ont créé. Donc vraiment, souvent on voit les entrepreneurs comme des gens qui veulent vendre. Vraiment, chez Physimed et de plus en plus dans la tech française, c'est des boîtes en fait qui veulent libérer les gens, qui veulent répondre à un service, répondre à un manquement. Et je trouve ça important et j'avais aussi envie de le souligner parce que finalement, on est passé du tirelet branché sur secteur, énormissime au tirelet portable.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Il y avait encore des adaptations nécessaires. Et là, c'est quand même énorme. Tu peux faire un Ironman, tu peux bouger, courir, peut-être pas courir avec un tire-lait, et encore que, tu peux faire du vélo. Et puis, pour les femmes, les autres femmes, c'est aussi faire leur quotidien. C'est-à-dire ne pas rester immobile, assise en attendant de tirer le lait pendant 20 minutes.
- Speaker #1
Ah oui, surtout que des fois, moi, j'oublie de tirer. Et puis, c'est au bout d'un moment, il va falloir que je le fasse. Mais j'ai des choses à faire, en fait. Et du coup, je prends la glacière. Et puis, s'il faut que je parte, je le mets dans la voiture. Enfin, c'est vraiment... On peut bouger avec, le prendre. Et c'est ça qui est bien. Et ça a été très bien pensé. Et en plus, une chose aussi que j'ai trouvée très, très bien avec celui-là, c'est que dans la plupart qu'on achète, en fait, il y a une seule tétrelle. 30 et 24, voilà.
- Speaker #0
Qui est genre comme si on était toutes pareilles.
- Speaker #1
Voilà. Sauf que là, en fait, il y a plein de tétraines. Donc, en fait, il n'y a même pas besoin derrière de racheter ou quoi que ce soit. Ça a vraiment été pensé. Il y a tout.
- Speaker #0
Je crois que ça a été pensé par des femmes pour des fois. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. Il y a même la petite bretelle pour rajouter en plus sur le soutien-gorge d'allaitement.
- Speaker #0
Ah oui, parce que comme ça prend plus de place, si je ne peux pas fermer le soutien-gorge d'allaitement, C'est ça,
- Speaker #1
il y a même ça,
- Speaker #0
donc ça a été très bien pensé. Je découvre en même temps que vous, parce qu'en fait, moi, mal étant plus, évidemment, je n'ai pas testé le mécanisme, autant je suis très calée sur la sonde de rééducation, et j'ai pu la tester autant sur le tire-lait, évidemment, je n'ai pas pu tester. Donc, tu es ma testeuse, et franchement, je suis contente de ton retour. Moi, pour la petite histoire, j'avais vraiment, il y a dix ans maintenant, cherché le truc le plus high-tech du monde. Et j'avais trouvé une tétrelle déportée. Donc, en fait, j'avais la tétrelle sur le sang. Il y avait un tout petit tuyau qui amenait le lait dans le biberon qui était un peu plus loin, dans un support qui faisait la taille d'une brique de yoga, quand même, un truc un peu gros. Et j'avais pu le brancher en USB. Et comme j'avais une voiture assez moderne, je pouvais le brancher dans la voiture. Comme je travaillais une demi-heure de route de chez moi, je le faisais dans la voiture. Mais à chaque fois... Un coup sur deux, ça fuyait, j'avais dû les partout. Je me suis dit, si un jour on me fait arrêter par les flics et qu'ils me voient avec ce truc-là qui dépasse toute mon bouillie et tout, ça va être difficile à expliquer. Et finalement, j'avais dû leur envoyer un SAV parce que c'était tellement pas opérationnel et fait pour bouger que ça tenait pas sur la longueur. Il avait tenu à moi, le truc. Donc, je suis hyper contente que les femmes de maintenant puissent avoir des outils pour perdurer l'allaitement. Parce que la réalité, elle est qu'en fait, on sait que c'est bon pour le bébé. Ça y est, sur ça, il n'y a pas de débat. Par contre, en France, sur 4 qui essayent l'allaitement à la maternité, à qui on propose l'allaitement, au bout de 3 mois, il n'y en a plus qu'une sur deux qui allaite. Et au bout de 6 mois, il n'y en a plus qu'une sur trois. Donc, on voit que c'est dégressif. Alors, effectivement, il y a les mastites, il y a les douleurs d'enlêtement. Ça s'apprend à allaiter. Il y a ce truc fantasmé que parce qu'on est une femme, on va savoir accueillir un enfant. Parce qu'on est une femme, on va savoir allaiter. Non, tenir un bébé qui bouge, qui hurle parce qu'il a faim pour le bracher au sein, etc. Ce n'est pas du tout une évidence. Le premier allaitement, les premières façons quand il tire bien, c'est puissant quand même. Un bébé qui tête, c'est une puissance inégalée. C'est une découverte sur son corps et on peut comprendre que ça ne soit pas évident pour la suite. Quand on dit que ça ne doit jamais faire mal, c'est puissant. C'est intense, mais effectivement, ça ne doit pas faire mal. Il ne doit pas y avoir de crevasses et tout ça. Donc, faites-vous vraiment accompagner. Vraiment, ça, c'est hyper important. Mais cette reprise de tout, de la vie, en fait, à deux mois et demi, parce que toi, tu es comme moi, tu es libérale, en fait. Donc, tu adaptes tes horaires. Mais à un moment donné, même les libéraux qui ont des cabinets avec des horaires de boulot, les femmes qui reviennent au boulot à deux mois et demi, c'est complexe de maintenir un allaitement. Et toute une journée, en fait, là, on parle du sport, en fait, mais il y a quand même toute la journée à tenir sans pouvoir faire téter son bébé parce qu'il est chez la nounou. Et en fait, même s'il y a des salles qui peuvent être mises à disposition, tous les espaces de travail ne sont pas adaptés. D'avoir un tire-lait qui ne se voit pas, qui se lit dans le soutif, c'est quand même vachement pratique.
- Speaker #1
Qui est silencieux aussi.
- Speaker #0
C'est vrai. En plus, il est silencieux. On n'entend pas le « m » . Non.
- Speaker #1
D'un fois, je l'avais au téléphone. J'ai dit, si vous entendez des bruits, c'est normal, c'est mon tire-lait. Personne ne m'a dit que non, ils n'entendaient pas.
- Speaker #0
Ils sont de plus en plus discrets. Pour la petite blague, on est partis en vacances avec une amie à moi qui allaitait encore et qui a pris des tire-lait portatifs justement pour maintenir l'allaitement et puis pour pouvoir se vider les seins. Et donc, on était toutes ensemble en train de parler ou des fois dans l'avion. On n'entendait presque pas, effectivement, qu'elle était en train de se tirer les lécos. Vraiment. Moi, je trouve que c'est vraiment un outil de libération qui permet de faire perdurer l'allaitement. Je ne sais pas ce que toi, tu en penses ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Parce que c'est le fait d'allaiter et de tirer qui stimule. Donc, c'est l'offre et la demande. Donc, s'il n'y a pas beaucoup de demandes, il n'y aura pas beaucoup d'offres. Et c'est comme ça, je pense que pour beaucoup de femmes,
- Speaker #0
ça doit... décliné et que l'allaitement s'arrête. Et il y a un point important aussi que je voulais apporter avec toi parce que en tant que coach sportif mais surtout en tant qu'athlète d'endurance, tu as quelques bases autour de la nutrition et est-ce que tu adaptes ta nutrition au fait que tu allaites et tu fais du sport ? Parce qu'on sait que quand on fait du sport et notamment du sport d'endurance, la nutrition est un outil de performance, est un outil de sport. On ne peut pas faire du sport d'endurance sans manger et sans manger efficacement. Et quand on allaite, on a aussi des besoins augmentés pour la production du lait. Donc, comment tu gères ça, toi ?
- Speaker #1
J'augmente mes apports bien comme il faut.
- Speaker #0
Ok, donc augmenter ses apports pour celles qui ne sont pas particulièrement sportives ou qui ne maîtrisent pas le sujet, c'est-à-dire manger plus. Oui, c'est ça. Donc, il y a aussi cette notion dans l'allaitement, c'est que quand on veut perdre ses kilos de grossesse, on tente des fois de moins manger. Et du coup, ça a des répercussions sur l'allaitement. Et peut-être qu'il faudrait mieux manger, plus manger, avoir une activité physique et sportive pour la santé mentale, entre autres, et remodeler son corps à quelque chose qui nous convient, parce que ça fait aussi partie importante de la confiance en soi, d'avoir un corps qui nous convient. Je dis bien qu'il nous convient dans le sens où chacune a le droit d'être différente et on n'est pas forcément sur l'esthétique, on peut être sur la performance physique. Soit je pense que tu es allée chercher la performance physique au travers de ton corps en postpartum. Et ça paraît important que chaque femme puisse aller là où elle a envie d'aller avec son propre corps.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis, mine de rien, à l'été, ça demande énormément d'énergie. C'est un coût énergétique énorme. Donc, je pense que c'est important derrière de bien s'alimenter et de prendre ce qu'il faut. Parce que ce qu'on mange, bébé le mange aussi. Donc voilà, il faut aussi manger correctement. Donc oui, c'est surtout pour l'Ironman où là, je me suis vraiment bien renseignée puisque
- Speaker #0
12 heures de sport.
- Speaker #1
Donc là, j'ai déjà une formation dans la nutrition. Mais voilà, j'ai poussé un peu plus. J'ai demandé conseil à une diététicienne pour faire les choses correctement. Parce qu'après 180 kilomètres de vélo, j'ai allaité. Il fallait que je reparte sur le marathon.
- Speaker #0
Tu as allaité sur l'Ironman du coup ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, tu ne fais pas que tirer ton lait.
- Speaker #1
Non, j'ai allaité aussi.
- Speaker #0
Là, tu as allaité. Et comment ça s'est passé ? L'allaitement ou la... Tout. Tout ce que tu as envie de nous livrer, là, tu as redemandé aussi à l'organisation de pouvoir aller.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en plus, c'était à Barcelone. Donc, du coup, c'est espagnol. Donc, c'est encore différent. Donc, pareil, en fait, je les ai contactés. Et là, contrairement à quand j'ai posé la question en France, ils m'ont dit le jour de l'organisation, aller au bureau d'information. Et voilà. Bon, je me suis dit déjà. N'est-ce pas tout à fait pareil ? Voilà. Donc, en plus, c'était en Espagne. Donc, il fallait que j'arrive à me faire comprendre. C'est différent. Donc, le jour, la veille de l'Ironman, du coup, j'ai cherché le bureau d'information et j'ai trouvé quelqu'un. Donc, je lui montre le mail et elle me dit, je vais essayer de la trouver. Et la personne qui m'avait répondu était à côté, donc elle est venue me voir. Elle me dit, d'accord, le jour de l'Ironman, après le vélo, à la limite, on vous mettra une tente et vous pourrez l'éter. Puis, elle me laisse partir. Je ne dis pas, Ironman, c'est quand même vraiment réglementé. personne ne pourra m'amener mon bébé. Je le savais très bien. Et puis, je dis, bon, je repars. J'essaie dans ma tête de trouver une solution. Et en fait, j'entends quelqu'un qui m'appelle dix minutes après, en fait. Il devait me chercher. Et qui me dit, Charlotte, Charlotte. Je dis, oui. En fait, en espagnol, il me donne un bracelet en me disant, pour votre accompagnant et votre bébé, vous pouvez... Mais le mettre au poignet et puis comme ça, dès que vous n'avez pas le temps de le faire, vous pouvez aller sur les zones sécurisées. C'est ça. Trop bien. Donc, du coup, je savais que j'allais pouvoir. Donc, une fois que j'ai posé mon vélo après les 180 kilomètres, j'ai entendu Charlotte. Je me suis tournée et en fait, la tente était juste à côté. Je les ai vues et j'y suis allée. J'ai pu lui donner ça. Donc, je me suis arrêtée 20 minutes. Donc, j'y allais. Déjà, c'était mon premier Ironman sur cette distance-là.
- Speaker #0
J'y allais pas à l'envers de ta vie ? Oui. Tu es un iron man, un postpartum. C'est ça que je t'avoue. D'accord.
- Speaker #1
Intimiste.
- Speaker #0
En vrai, je rigole, mais je trouve que de plus en plus de femmes comprennent que la grossesse et le postpartum, ce n'est pas une phase qui nous affaiblit, c'est une phase qui nous renforce. physiquement mais surtout mentalement et pour faire un Ironman il faut surtout du mental en vrai et la force d'être devenue mère, de prendre confiance en sa capacité de s'occuper des autres, de s'occuper de soi pour pouvoir bien s'occuper des autres fait qu'on fait des choses assez extraordinaires et que finalement devenir mère c'est aussi un outil de puissance physique mais de puissance mentale, donc bravo ! pour cet Ironman à un an de ta deuxième grossesse, du coup. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Mais je n'y allais pas, en fait, dans une optique de performance. J'y allais dans une optique de découverte.
- Speaker #0
Oui, mais ça même. Ça, c'est le problème avec les gens qui font des sports d'ambiance, que ce soit le Trail Ultra, Trail Ironman. En fait, prendre le départ d'un Ironman, c'est déjà une performance. C'est sûr. Je veux dire, moi, je sais ce que c'est de partir et de partir pour arriver dernière. Mais je sais ce que c'est aussi d'accepter de... pas prendre le départ parce qu'en fait, la performance est trop importante, même en arrivant dernière. Moi, il y a plein de départs de course que je ne peux pas prendre parce que je ne serai pas dans les barrières horaires. Bon, la Ryan Monson n'a jamais tenté, mais il y a quand même cette notion d'accepter aussi que déjà prendre le départ, se dire qu'on va le finir dans les barrières horaires, même quand on est dernier, c'est déjà une performance. Même si on n'y va pas pour performer, pour être le... le meilleur ou pour le gagner. Donc, c'est déjà une performance. Et même si c'est ton métier, le coaching sportif et le sport, il y a plein de coachs sportifs qui ne sont pas capables de faire un Ironman. Les coachs sportifs, il y en a un éventail énorme. Il y a des gens qui travaillent dans le sport, moi je suis kiné, et qui ne sont pas capables de faire un Ironman. Donc, c'est vraiment une performance en soi, même si toi, tu y allais dans l'optique de te dépasser, mais pas de performer du coup. du coup, c'est ça.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et surtout, de découvrir ce format en horaire que je ne connaissais pas.
- Speaker #0
Moi, j'avais fait que du L, donc du distance. Du moins long.
- Speaker #1
Voilà, de la moitié. Voilà.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Mais voilà.
- Speaker #0
Et l'allaitement, du coup, dans cette petite tente blanche là où on t'a déposé ton bébé, ça s'est bien passé.
- Speaker #1
Ah oui, super.
- Speaker #0
Il n'a pas râlé du goût du lait ? Pas du tout. Il n'attendait que ça. Je crois qu'il n'attendait que ça.
- Speaker #1
Donc, non, du tout. En plus, Maintenant qu'il a 13 mois, en fait, passé un certain nombre de mois, l'allaitement se met vraiment en place. Et du coup, on n'a plus les grosses montées de lait comme au début. On n'a plus tout ça. Donc là, je savais que mon corps pouvait tenir plus de 6 heures sans l'allaiter. Et que quand je le verrais, en fait...
- Speaker #0
On a fait partie sans tirer lait sur cet aliment. Oui. OK. C'est ça. C'est une belle histoire. Si ça peut donner la confiance à toutes les femmes et à les tantes qu'elles sont capables de faire, qu'il faut oser pousser des portes, il faut oser demander. Alors l'Ironman veut nous en vouloir sur les prochains événements. Il y a 50 mamans en laitante, mais ça m'étonnerait parce que déjà, il n'y a pas beaucoup de femmes.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
très peu, oui. Voilà, et des femmes qui ont une grossesse et qui sont en phase d'allaitement et qui tiennent une activité permettant de faire un Ironman. Bon, l'entonnoir se réduit au fur et à mesure. Mais en tout cas, savoir que c'est dans le champ des possibles et surtout, le modèle que tu nous amènes, et je te remercie vraiment pour ça, de le faire et de le partager sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, si les gens veulent te retrouver en légende de ce podcast, il y aura tes réseaux sociaux. C'est de montrer que c'est possible et si toi tu arrives à faire des Ironman en allaitant, à faire des Half Ironman en tirant le lait, peut-être qu'on est capable de faire 5 ou 10 kilomètres le dimanche, de reprendre la Zumba et le Pilates et qu'on peut intégrer l'allaitement dans une activité du quotidien. Qu'il y a des outils maintenant qui nous permettent de rendre ça plus facile qu'il y a 10 ans. Donc il faut suivre les évolutions technologiques aussi. Intimiste. Et surtout qu'il faut se faire confiance et qu'il faut bien manger. Oui, bien manger. Bien manger, parce que ça, c'est vraiment une erreur que je vois chez les mamans en postpartum. C'est qu'elles sont assez focalisées sur le poids, parce qu'on les focalise aussi sur le poids. Clairement, le corps médical insiste beaucoup là-dessus. Ce n'est pas qu'une demande de leur part. Et du coup, mauvaise alimentation ou en tout cas, alimentation pas assez dense et assez riche, Déjà, une bonne partie des femmes ne mangent pas assez pour un quotidien classique. Beaucoup de femmes sont sous-alimentées et les sportives aussi sont sous-alimentées, surtout dans des sports d'endurance où aussi on fait croire que la perte de masse grasse et le poids léger permettra d'être plus endurant.
- Speaker #1
C'est ça, et c'est le souci d'ailleurs. En tout cas, je le vois parce que j'ai des sportives que je suis, que je coache. J'en ai qui sont enceintes. J'en ai qui ont accouché, qui sont en postpartum et qui allaitent. Et en fait, je le vois parce que moi, je le vois sur leur perf. Elles ont plus de mal à récupérer. Elles sont plus vite fatiguées et tout ça. Et en fait, quand on creuse un peu, parce que du coup, moi, je discute avec elles. Je vois qu'en fait, elles ne s'alimentent pas parce qu'elles veulent perdre du poids. Parce qu'elles veulent être moins... Perdre leur poids de grossesse ou en tout cas, retrouver les performances qu'elles avaient avant.
- Speaker #0
Et du coup, ça, je ne me suis pas penchée sur les études. Et en vrai, je ne sais même pas s'il y en a. Mais ce qui est délétère pour la société en général et pour les femmes en particulier, c'est cette notion autour du poids qui n'est pas très claire. On met tout dans le même sac. C'est-à-dire qu'on va mettre le surpoids, l'obésité de stade 1 et l'obésité morbide dans le même sac, quand on en parle. Et ce n'est absolument pas comparable. Il faut savoir que beaucoup de sportifs sont quand même dans la classe du surpoids. poids par rapport à l'IMC parce qu'elles sont musclées. Et qu'en fait, elles n'ont pas tant de masse grasse que ça. Et qu'effectivement, quand on fait mon poids, comme moi, qu'on est à la limite de l'obésité morbide, pour plein de facteurs de santé, c'est bien de perdre du poids. Et pour la performance, aussi, quand on perd 7 à 8 à 10 kilos de masse grasse pure, évidemment, c'est plus simple. Mais par contre, quand on se sous-alimente pour essayer d'avoir une performance sportive, il faut mieux garder un peu de gras. à choisir. Ce ne sont pas les 2-3 kilos de graisse qui vont tout changer. Si on ne s'alimente pas bien, on va être fatigué, on va perdre cet allaitement, on va perdre les performances sportives. Donc ça ne va pas être...
- Speaker #1
Ça joue sur les hormones, ça joue sur plein de choses et il y en a besoin.
- Speaker #0
Et en postpartum, je fais juste une petite parenthèse, on ne va pas le développer là, mais il y a quand même un syndrome extrêmement important chez les sportifs et les sportives, c'est le Red S Syndrome, donc c'est vraiment où il y a trop de sport et trop d'activité physique versus les apports caloriques et les apports alimentaires. Et un des signes majeurs chez les femmes, c'est la perte des règles. En postpartum, on n'est censé pas avoir les règles parce qu'on attend le retour de couche. Quand on allaite, ce retour de couche arrive plus tard. Donc, vraiment grosse alerte sur les sportives qui allaitent. Faites attention à votre alimentation et vraiment soyez suivis par... J'ai envie de dire, par un diététicien, du sport, vraiment, et de la femme. Alors si on peut avoir les deux, c'est encore mieux. Pour être accompagné, parce qu'en fait, vous ne verrez pas les signes comme les hommes ont beaucoup plus de mal à diagnostiquer un Red S syndrome parce qu'ils n'ont pas les règles comme marqueur de perte de la physiologie. Dans cette période-là, c'est encore plus difficile. Et moi, je commence à avoir des patientes et des patients de lambda. Pas des patientes sportives, c'est des patientes, elles courent deux, trois fois par semaine, une petite vingtaine de minutes, une petite demi-heure, mais elles ont pour le coup continué à allaiter ou elles sont passées au bib, mais elles ont voulu diminuer leur rapport calorique pour perdre du poids. Elles ont repris un peu plus de sport pour leur santé mentale, pour s'aérer la tête, pour perdre un peu plus de poids. Et quand elles sont en déficit, alors ça elles sont en déficit calorique, mais elles sont en déficit hormonal, en déficit de tout. Et elles s'arrivent extrêmement fatiguées et elles ne comprennent pas pourquoi elles ne récupèrent pas. Donc ça, c'était quand même la petite alerte. Mais il faut le prendre en considération quand on parle de sport et d'enlèvement. Il faut avoir l'éventail complet de ce qu'on fait. Ce n'est pas juste aller tirer votre lait et mettez-vous au sport. Le sport bien fait, ça nécessite quand même beaucoup de choses autour.
- Speaker #1
On dit qu'après, je ne connais pas les chiffres exacts, mais que... Un allaitement sur une journée, ça équivaut quasiment à 600 calories. C'est pas rien.
- Speaker #0
Les chiffres varient, effectivement. Mais je sais que je n'ai jamais eu aussi faim que quand j'allaitais. Les allaitements la nuit, t'es réveillée, t'es un peu plus... T'es en train d'essayer de rester réveillée, full adrénaline et tout. Moi, j'ai pris beaucoup de poids pendant l'allaitement parce que j'avais faim. Et je n'ai pas su adapter mon alimentation de la bonne manière à l'époque et on n'était pas très accompagnés sur ça. Donc oui, les femmes allaitantes le savent, allaiter ça donne faim pour de vrai. Intimiste. Écoute, je te remercie énormément pour ce partage d'expérience. Est-ce que tu as envie de nous dire quelque chose en plus ?
- Speaker #1
Surtout que le message en tout cas que je veux faire passer aussi, c'est qu'il ne faut pas se mettre la pression. Vraiment. Et écouter son corps, s'écouter. Et comme tu disais tout à l'heure, se faire accompagner si on a envie d'allaiter, de reprendre son sport pour éviter justement soit de tomber, comme tu disais, dans les raides S.
- Speaker #0
Voir la fatigue chronique avant d'arriver aux raides S.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ou de perdre son allaitement ou même se faire accompagner pour avoir les bons outils. pour le mettre en place. Merci pour ces sages paroles. J'espère que cet épisode vous a plu, qui vous a aidé à vous retrouver dans les méandres du sport, de l'allaitement, du post-partum, qui vous a donné aussi des clés pour faire, parce que l'idée vraiment, c'était de vous ouvrir le champ des possibles, de vous mettre sur la voie et que si vous avez envie de reprendre l'activité physique et de continuer votre allaitement, il n'y a aucune... contre-indication médicale, mais ça doit être bien fait. Et pour que ce soit bien fait, l'idée, c'est d'être accompagné. Donc, des conseillères en lactation, des nutritionnistes, des coachs sportifs, des kinés. Évidemment, on n'en a pas parlé dans cet épisode, mais votre périnée et vos abdos doivent être au top niveau pour pouvoir reprendre le sport. Et évidemment, si vous voulez vous faire coacher par Charlotte, je vous mets son Instagram, un lingeant de ce podcast et de cette vidéo. Elle sera à votre écoute si vous êtes une maman allaitante, promis, elle connaît le sujet. Et si vous n'êtes pas maman et pas allaitante aussi, elle connaît le sujet de l'accompagnement des femmes. Merci d'avoir écouté ce podcast jusqu'au bout. N'hésitez pas à mettre des commentaires, à mettre des étoiles si vous écoutez ce podcast sur les différentes plateformes d'écoute, à le partager à une maman, une future maman qui aurait besoin d'avoir ces informations pour ouvrir son champ des possibles. A très vite dans Intimiste. Merci chers auditeurs pour votre écoute. On se retrouve très prochainement dans Intimiste, l'équipe de l'intime à votre service.