- Speaker #0
La femme, elle est complexe, oui, mais c'est pas parce qu'elle n'est pas calquée sur le modèle masculin que c'est problématique.
- Speaker #1
Bouger en trouvant quelque chose qui convient à notre corps, il y a énormément de choses à faire.
- Speaker #0
Même si le sport, c'est pilates et zumba, c'est ok.
- Speaker #1
Les femmes abandonnent moins facilement que les hommes.
- Speaker #0
On est en capacité de faire des choses extraordinaires avec nos corps de femmes. On parlait des héros, mais il y a des héroïnes du quotidien.
- Speaker #1
plus conscience dans mon corps quand je suis allée à la rencontre d'une sage-femme.
- Speaker #0
Les femmes, elles ont beaucoup de problèmes cardiaques qui sont complètement invisibilisés. Ce qui m'intéresse dans ce sport-là, c'est de trouver mon équilibre.
- Speaker #1
Intimiste.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans mon podcast Intimis. Alix, tu vas bien ? Ça va super,
- Speaker #1
je suis trop contente d'être là avec toi et je sais qu'on va passer un très bon moment.
- Speaker #0
L'idée de ce podcast, ça a toujours été de parler de l'intime, de ne pas le rendre tabou. Mais là, je crois qu'on va aller au... Au plus profond de notre intimité, on va se livrer. Est-ce que tu es OK avec ça ?
- Speaker #1
Tout à fait OK. Je pense qu'il faut un peu libérer la parole sur énormément de sujets. Et si on n'en parle pas, on ne pourra jamais mettre le doigt dessus. Donc je pense que c'est une belle occasion aussi de le faire.
- Speaker #0
Tout à fait. Donc pas plus de suspense. On va expliquer quand même aux auditeurs qu'on va parler de nos histoires, avec nos règles pendant le sport, pendant l'activité physique au sens large, mais plutôt pendant les courses qui durent un petit peu longtemps. Comment on gère ? Parce qu'on sait que... C'est un obstacle à la pratique du sport chez les femmes. Et moi et toi, je sais qu'on en avait déjà parlé en off. Donc là, c'est bien de pouvoir le faire au micro avec le soutien institutionnel de Bayer. C'est vraiment nos histoires. Si les gens veulent en savoir un petit peu plus sur la normalité des règles, les liens seront en légende de ce podcast pour aller voir le tout premier épisode. Et moi, j'aimerais, si c'est possible, que tu te présentes parce que tu es très, très connue, mais peut-être que certains ne te connaissent pas.
- Speaker #1
Je suis peut-être très très connue dans le monde du trail, mais non, au-delà de ça, je suis initialement coach sportif. Puis par la suite, ma médiatisation a fait que je suis devenue créateur de contenu. J'ai ouvert une porte, plus dans le domaine du sport, de la motivation. Et aujourd'hui, j'aime passer du temps dehors, je suis passionnée par le trail, mais par tout ce qui fait bouger aussi. donc tu peux me voir sur toute forme de distance, sur toutes sortes de disciplines. Je n'ai pas envie d'être enfermée dans une case, et c'est aussi ça ma particularité. Aujourd'hui, je partage ça sur mes réseaux sociaux à plein temps.
- Speaker #0
On a la même passion du coup du mouvement, puisque moi en étant kinésithérapeute et ostéopathe, c'est quelque chose qui m'anime aussi, d'autant plus de faire bouger les gens qui ne bougent pas du tout. Et dans la case de ceux qui ne bougent pas du tout, c'est vrai que je retrouve souvent les femmes qui ont beaucoup de limites à se mettre... Pas un mouvement simple, mais plutôt un mouvement, on va dire, sur de l'endurance et sur l'ultra-endurance en fait. Et je ne sais pas à quel moment on parle d'endurance, mais moi je sais que j'ai toujours voulu courir. J'ai eu du mal à m'y mettre. Et quand j'ai commencé, il y a vraiment 4 ans, le premier dossard que j'ai pris sur le papier, il était petit puisque c'était 17 km et 1000 de D+. Sauf qu'avec mon niveau, c'était parti pour 5 heures d'effort. Et j'ai beau être experte dans le domaine de la santé de la femme, j'ai beau ne pas avoir de tabou. Le truc qui m'obsédait, c'est que j'étais censée avoir les règles au moment de la course, et je ne savais pas comment le gérer. Je me rappelle que là, tu as été quand même de bon soutien, tu m'as dit, on va faire ça, ça, ça. J'ai la chance d'avoir une communauté incroyable qui me rend ce que je leur partage, donc en fait, je leur avais dit, mais les filles, comment on fait ? Et c'est vrai que moi, ça m'avait marquée de me dire que, alors que je n'ai pas de problème avec cette question-là, je n'avais pas les solutions, en fait. Je ne savais pas comment faire, parce que mon obsession, c'était quand même l'hygiène. de ne pas me choper un choc toxique pour une course qui est censée être pour ma santé. Et c'est vrai que depuis, on en parle beaucoup, toi et moi, de ce sujet-là. Donc toi, c'est quoi un peu ton histoire, en fait ? Comment tu gères ça ? Est-ce que ça a toujours été un sujet ? Est-ce que c'est tabou ? Ou est-ce qu'à l'inverse, ça n'a jamais été un sujet ?
- Speaker #1
Au début, je n'en parlais pas vraiment ouvertement. Et tu vois, hier, quand on me demandait si ça allait, je disais oui, je suis en plein SPM. Il y a encore des gens qui te regardent en mode, mais qu'est-ce que c'est ? C'est une maladie incurable ? Non, c'est là que tu fais un petit peu aussi... L'éducation. Voilà, tu partages un petit peu ce que c'est. Effectivement, on s'est ouvert, mais je dirais que ça s'est fait ces deux dernières années. Ça fait cinq ans que je suis dans cet univers, on va dire, du trail. Quatre ans que je cours sur toutes sortes de distances. Plus l'ultra, parce qu'effectivement, ça me plaît plus de passer beaucoup, beaucoup de temps dehors. Maintenant, pour remettre juste... Effectivement le curseur, l'endurance c'est propre à chacun. Tu disais effectivement sur le papier la distance avait l'air courte, mais ça dépend du temps que tu vas passer aussi dehors. Et ça, quand on a justement cette appréhension, il faut adapter l'effort. Il faut adapter l'effort et là on voit que cette année sur l'UTMB, il y a des choses mises en place pour les femmes, des kits d'hygiène, etc. Mais c'est tout nouveau. Moi j'ai encore vécu une course où on m'a dit que je ne pouvais pas me rincer les mains et que je venais de changer ma protection hygiénique. Je me suis rincée avec mes flasques pleines de sucre parce qu'on m'a refusé l'accès à l'eau. Voilà, c'est encore un peu timide. On a des avancées. Maintenant effectivement, on a plein phare sur le sujet en ce moment. La santé des femmes dans le sport, on va en parler plus tard. Mais c'est encore... Moi j'attends de voir la suite, tu vois. Ça va être une vague, est-ce qu'on va en parler encore dans le temps ? Ou est-ce que c'est juste un peu le truc que ça y est, il faut mettre le doigt dessus et après on s'arrête ? Non, il faut justement, et c'est pour ça aussi que c'est important de prendre la parole. Maintenant concernant moi mon expérience personnelle, en fait j'adapte avec les armes que j'ai le jour J. Moi mon cycle, je t'avoue que le jour 1... Je suis libérée parce que j'ai souvent des gros SPM. Maintenant, ça va mieux parce que je gère beaucoup mon alimentation sur pré-phase. À partir de l'ovulation, je suis madame tisane, tisane en tous genres, tisane de framboisier, tisane d'hibiscus et compagnie, et j'en passe. Maintenant, ça va mieux, mais c'est vrai qu'il y a des fois, selon la charge que j'ai, le stress, etc., j'ai une semaine d'avant-règle qui est compliquée, avec des symptômes pour les détailler, du style douleur mammaire. donc quand tu cours
- Speaker #0
terrible je prends quasiment deux bonnets 1 oui donc c'est quand même intense des douleurs abdominales ou en bas ou plutôt bas ventre chez patiente diable dominale en général on dit abdominale mais bas ventre effectivement en douleur pelvienne on va dire en tout cas un
- Speaker #1
gros tu sens le bas du ventre bien lourd à la chute ballonné un chargé voilà donc même difficulté de me sentir à l'aise dans mes vêtements donc donc déjà cette semaine est compliqué puis le jour 1 1 est libérale. libérateur pour moi. J'ai des petites douleurs mais qui sont ok et puis j'ai besoin de bouger ce jour-là justement pour diminuer mes douleurs parce que moi j'ai la chance que le mouvement me fait du bien. Je sais qu'aujourd'hui je suis consciente qu'il y a des femmes qui ne peuvent pas tellement ça leur fait mal et effectivement bah t'es bien placée pour en parler, il faut consulter un professionnel de santé qui est à l'écoute, c'est hyper important.
- Speaker #0
Et qui a des réponses thérapeutiques réelles.
- Speaker #1
Mais voilà moi je suis beaucoup dans l'adaptation. L'adaptation au niveau logistique, j'ai mon petit kit dans mon petit pochon. Je me souviens de mes règles, par exemple, au marathon des sables, j'avais mon kit, mais là, tu vois, par exemple, à la maxi race, je n'avais pas mon kit, j'avais oublié mon gel hydro. Bon, là, j'étais dans une tambouille pas possible. Mais oui, en fait, c'est une adaptation. J'adapte mon effort, en fait, en fonction de ça. Je ne me mets pas à feu à sang parce que, quand bien même pour moi, c'est une libération, le jour 1, C'est sûr, j'ai envie de me donner, mais mon corps, physiquement, il vit quand même, mais physiologiquement, il vit quand même un truc intense. Donc, j'adapte mon effort et puis je pars à la guerre avec les armes que j'ai. Oui,
- Speaker #0
je comprends. Après, moi, c'est vrai que du coup, j'ai des douleurs de règles qui ne sont pas constantes en plus. Donc, j'ai beau bien bien connaître le sujet, aider les patientes au mieux, il y a quand même une réalité, c'est que des fois, on a pas mal pareil. Ça génère du stress. Donc effectivement, autant quand je n'ai rien de prévu, je laisse venir. Je vois si la chaleur, le repos, si je peux gérer différemment. Si j'ai un dossard, j'anticipe et je prends le médicament un peu avant. Surtout que sur la notion de douleur, on sait très bien que ça ne sert à rien de laisser monter la douleur parce qu'elle sera encore plus dure à faire partir. Donc je l'ai fait monter, j'évite qu'elle monte, voire je l'anticipe sur les courses où j'ai des dossards. Et ça, gérer la douleur... Pour le sport, ça n'a jamais trop été un sujet. Par contre, ce qui était vraiment le sujet chez moi, c'est gérer l'intendance. Tu vois, tu dis que tu as ton petit kit, mais moi, les premières questions que je me suis posées, c'est OK. Est-ce que je mets une culotte de règle ? En fait, une culotte de règle, moi, j'ai plutôt un flux relativement abondant. Quatre ou cinq heures, la culotte allait s'alourdir, ça n'allait pas être confortable, etc. Est-ce que je mets une serviette sur la culotte de règle ? Mais du coup, il y a des frottements. Est-ce que je mets un tampon ? Mais normalement, c'est 4 heures un tampon. Sinon, il y a des chocs. Du coup, je me suis dit, comment je fais ? J'avais pensé, en termes d'hygiène, en plus on a les mains sales. Donc enlever un tampon ou enlever une cup, remettre ça. J'avais trouvé la technique de prendre des gants. Comme ça, tu enlèves le tampon, tu le poses par terre, tu remets un tampon. Et puis après, tu mets tout dans ton petit gant. Tu fermes parce qu'on se retrouve ça dans le gilet d'hydratation. Évidemment qu'on ne va pas le laisser. Encore quand on fait ça au ravito, qu'il y a des poubelles, on peut s'en sortir. Mais il y a tout ça à gérer, en fait, toutes ces tendances. Et c'est vrai que ce qui, moi, me rendait un peu folle, c'est-à-dire que, comme souvent, on prend le modèle masculin et on le calque aux femmes... En fait, ça, ils n'y avaient pas pensé, ils ne se posaient pas la question. Les femmes, on s'est adapté à en faire pas trop de bruit, à pas trop gêner, donc on ne le disait pas. En plus, en fonction de la culture, ça peut être tabou, ça peut même être considéré comme sale. Et en termes d'hygiène, évidemment que ce n'est pas la meilleure des choses que de changer de protection au milieu du désert ou au milieu de la forêt. Et c'est vrai que moi, j'ai quand même l'impression qu'au moins dans le train, il y a quand même un côté où les hommes ne m'ont pas l'air misogyne. ont vraiment l'air de respecter l'humain dans la montagne, parce qu'on est quand même sur tout le trail, on est face aux éléments et face à la montagne. Donc en fait, je les trouve quand même assez à l'écoute. Par contre, comme tu disais, c'est que là, c'est mis en lumière. Est-ce que ça va perdurer ? Est-ce qu'il va y avoir des solutions pérennes ? Mais je crois que c'est aussi nous, les femmes, à s'en saisir, à dire les choses, à ne pas avoir... À dire, aujourd'hui, j'ai les règles, en fait, et je n'arrive pas à avancer, ou ça m'a porté souci. Surtout si en plus c'est les têtes de course qui en parlent. Parce qu'elles ont en plus la question du chrono. Donc potentiellement ça peut les ralentir, etc. Et puis pour celles qui sont au fond du peloton, comme moi j'y suis souvent, c'est que c'est long en fait. C'est-à-dire que quand on te dit que la course moyenne elle fait 2 heures, pour moi elle fait déjà 4 heures. Et quand c'est des courses moyennes à 8 ou 12 heures, elles font forcément encore plus long. Donc c'est sûr que ce constat de m'être retrouvée démunie au début m'a vraiment gênée en fait. De me dire qu'il a fallu que je demande un peu en secret aux copines, que je demande à mes abonnés. Ça m'a vraiment gênée. Et puis par contre j'ai vu l'évolution chez moi en tout cas. C'est-à-dire que c'était un sujet et c'était une contrainte et c'était une charge mentale. Et potentiellement je n'aurais pas eu le retour des gens qui courent. J'aurais peut-être pas pris le départ, vraiment. Ça aurait été un obstacle à la prise de départ en disant « je suis DNS » parce qu'aujourd'hui, je ne sais pas savoir gérer ça en plus de mon niveau de tout le reste. Et finalement, j'ai préparé un marathon des sables qui était un très gros objectif. Et la chance de pouvoir faire ce genre d'événement fait que je ne me suis pas posé la question de partir ou de ne pas partir. Et je vis les règles au marathon des sables. Et là... Il n'y a pas de douche. C'était le HMDS, donc c'était 80 kilomètres, mais c'était quand même 4 jours.
- Speaker #1
Il ne faut pas banaliser.
- Speaker #0
Il ne faut pas banaliser. C'est juste que quand on dit marathon des sables, les gens s'entendent au grand.
- Speaker #1
Oui, j'ai déjà un dame.
- Speaker #0
Qui est 10 ou 12 jours, mais les problématiques sont les mêmes. C'est-à-dire qu'on n'a pas de quoi se doucher. Ça fait partie de l'aventure. Et ce que j'ai vraiment beaucoup apprécié, c'est qu'en fait, c'est une expérience où il y a beaucoup de femmes. Et j'avais préparé mon sac avec pas mal de serviettes, pas mal de tampons. avec mes culottes de règles d'échange parce que si j'utilisais des culottes de règles, au bout d'un moment, je ne vais pas pouvoir les laver. Qu'est-ce que je fais ? J'ai pris des vieilles culottes de règles pour potentiellement les jeter. Au moment où j'ai préparé mon sac, déjà, je me suis fait engueuler parce qu'il était trop lourd. Parce qu'en tant que première expérience, j'avais trop de choses lourdes et j'avais minimisé le poids. Et un copain qui m'aide à préparer le sac, il me dit « mais c'est quoi ça ? Pourquoi tu en prends autant ? » En fait, je vais en avoir besoin et comme je ne sais pas ce que je vais avoir besoin, j'en prends pas mal. Et quand je suis arrivée, on a un brief au Marathon des Sables, et là, le directeur de course, on dit, bon, les filles des gens, on va désamorcer un truc, vous prenez pas vos tampons, vos serviettes dans le sac. Vous allez pas vous aller... Il y en a partout. Il y en a sur tous les ravitaux, il y en a sur le camp de vie, il y en a dans toutes les toilettes. Je dis, ok, bon, ils en parlent pour faire manière. Et non. Pendant quatre jours, il y avait sur tous les ravitaux, des tampons, des serviettes. On est quand même dans des conditions spartiates, c'est-à-dire que pour ceux qui... qui n'ont pas vu, alors ceux qui veulent en savoir un petit peu plus, je vous ai filmé ça dans mon vlog, mais les toilettes, c'est un support en plastique dans lequel on met un sachet, et on fait nos besoins dans un sachet, donc il n'y a pas d'eau dans les toilettes. Donc c'est quand même des conditions un peu particulières comme ça quand on le dit, et en fait ça s'est hyper bien passé, moi j'avais juste prévu des lingettes quand même, parce que j'avais envie d'un minimum d'hygiène, donc des lingettes et un peu de gel hydroalcoolique, et c'est vrai que ça a été finalement... Je ne dirais pas un non-sujet, parce que ça a rajouté la fatigue par-dessus cette expérience qui était pour moi très extrême. Mais au moins, le fait d'être considérée à notre juste valeur en tant que femme, de ne pas nous alourdir le sac ou nous prendre de la place dans le sac avec cette contrainte supplémentaire et garder une équité avec les hommes, j'ai trouvé ça tellement... Et puis d'être acceptée dans notre entièreté, parce qu'en fait, on a toujours l'impression que les règles, ce n'est pas normal tellement, c'est tabou. Alors qu'il y a des choses qui ne sont pas normales dans les règles, les douleurs, l'abondance, etc. Mais par contre, avoir ces règles, c'est normal. C'est une bonne chose pour une femme d'avoir ses règles.
- Speaker #1
Intimiste. Je suis tout à fait d'accord avec toi, c'est un bon signe. Tout à l'heure, tu parlais des élites, mais aujourd'hui, chez les élites, il y a un grand nombre de femmes qui sont aménorées.
- Speaker #0
Donc qui n'ont pas leurs règles, pour ceux qui ne savent pas ce que ça veut dire aménorée.
- Speaker #1
Voilà. Et ça, c'est tabou aussi. Donc il faut bien comprendre qu'avoir ses règles, ce n'est pas une mauvaise chose, c'est un premier signe de bonne santé, surtout pour les coureuses d'endurance.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. C'est hyper important ce que tu dis. Et je pense que c'est venu nourrir l'effet tabou. Parce qu'en fait, comme la sportive d'endurance, alors les sportifs en général, mais la sportive d'endurance, parce qu'elles ont moins de matière grasse, elles ont un cycle qui est un peu perturbé et parfois pas les règles. En fait, ce n'était pas une question qu'elles se posaient. Donc ce n'est pas une question qu'elles ont mis en lumière. Effectivement, elles ne se sont pas posées la question. Mais il faut quand même rappeler que de ne pas avoir ces règles quand on est une femme, ce n'est quand même pas un signe de bonne santé. C'est déjà un marqueur qu'il y a quelque chose qui pose problème et c'est un autre sujet, mais en tout cas, ne pas normaliser le fait de ne pas avoir les règles comme ne pas normaliser le fait d'avoir des règles douloureuses ou d'avoir des règles abondantes. Et le principal, c'est de consulter et de trouver une solution quand on a des règles qui nous dérangent. Parce que j'ai quand même l'impression que beaucoup de femmes se disent « mais moi, je ne peux pas avec mes règles » . Et en fait, une fois qu'on a essayé de régler le problème des règles qui posent problème, on peut faire du sport avec les règles. C'est ça aussi qui est bien d'entendre, parce que pendant longtemps, les femmes se sont interdites plein de choses. La semaine des règles, elles ne sortaient presque pas de chez elles, elles n'allaient pas au cours collectif, ne serait-ce que pour la question des tâches, la question au-delà des douleurs.
- Speaker #1
Mais ça, c'est un peu dans la culture. Moi, je me souviens quand j'étais, je ne sais pas si le culture, c'est le bon mot, mais quand j'étais au lycée et au collège, toutes les jeunes filles qui avaient leurs règles, elles se faisaient une dispense pour l'EPS.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
Maintenant, il faut vraiment adapter, faire du... Certes, il faut faire la différence entre l'activité physique et le sport, mais bouger en trouvant quelque chose qui convient à notre corps, il y a énormément de choses à faire. Juste, moi, je suis persuadée que le mouvement, dans cette phase, en fonction du cycle qu'on a, ça peut faire du bien, même pour la tête. Tu vois, t'es dans une phase où c'est un peu compliqué pour chacune et juste aller peut-être marcher, sortir, aller s'exposer au soleil quand il y en a. Mais s'adapter, tu vois, par exemple, moi, en phase pré-règle, j'aime beaucoup les sports portés.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et surtout la natation. J'aime bien cet effet de « je flotte en fait » . Je comprends. Je sens pas mon corps en fait. Et parce que je fais aussi parmi tout ce que... Ça m'apporte tout ça, mais je fais aussi beaucoup de rétention d'eau, et je me sens gonflée et inflammée en fait, et puis tu sais, ça joue un peu dans la tête. Et le fait là de faire quelque chose, tu glisses la sensation de l'eau et tout ça, et j'aime beaucoup ça. Et même quand j'ai mes règles. Même quand j'ai mes règles maintenant, effectivement, il y a plein de solutions pour aller à la natation avec ces règles, et ça me fait un bien fou. Mais voilà, c'est toute une question d'adaptation.
- Speaker #0
C'est ça. Et vraiment... tu parles de natation et ce qui est hyper intéressant c'est que maintenant il y a des supports il y a des maillots de bain de règle pour toutes celles qui ne peuvent pas mettre de protection à l'interne parce qu'elles ont des douleurs ou parce qu'elles ne se le gèrent pas ou parce qu'elles n'ont pas envie de passer par ce système là et c'est vrai que ça, ça libère énormément parce que pour aller à l'eau en général on n'avait pas beaucoup de solutions c'est ça et moi parmi les solutions que j'ai essayé,
- Speaker #1
alors moi je n'ai pas encore essayé la cup on m'en parle beaucoup Merci. Je crois que mon corps, en vieillissant, il n'accepte plus trop les tampons. Ou est-ce que c'est moi aussi qui n'accepte plus trop les tampons ? Je pars plus sur des culottes mensuelles. Et effectivement, j'ai le maillot avec lequel j'ai eu aucun souci. Après, effectivement, j'ai un flux normal, voire, je ne sais pas si c'est léger, mais normal, un flux normal. Maintenant, c'est vrai qu'il y a beaucoup de filles qui ont peur. d'aller à la piscine, de tester ce maillot. Mais moi, j'aime beaucoup. C'est ma solution.
- Speaker #0
Par rapport au flux normal, etc., la notion, c'est que les protections, on doit les garder à peu près 4 heures parce qu'elles ne doivent pas déborder. Même certaines fois, on peut les garder un petit peu plus si elles ne sont pas à l'interne. Dès qu'il faut changer toutes les 2 heures, il y a quand même quelque chose qui est de l'ordre des règles abondantes et il faut quand même essayer de se renseigner. Après sur les tampons c'est pareil pour celles qui ont besoin d'essayer en fait il y a les tampons sans applicateur. Ceux-là moi je les trouve un petit peu techniques quand même. Les tampons avec applicateur c'est beaucoup plus confortable, c'est beaucoup plus facile à manier. Les cups, il y a 10 formes différentes. Il y en a qui sont un peu allongées, il y en a qui sont un peu plates, il y en a qui sont très souples, il y en a qui sont un peu plus courtes, il y en a qui se plient, il y en a qui ne se plient pas. Vraiment, la cup, c'est un truc... Il y en a pour toutes les formes de vagin, toutes les formes de corps. L'idée, c'est d'essayer de comprendre son corps et c'est là où il faut parfois se faire accompagner. Les sages-femmes sont vraiment un bon soutien. On n'y pense pas assez en tant que femme. à avoir ce réflexe d'aller voir une sage-femme, puisque c'est censé être elle qui nous accompagne tout au long de notre physiologie de cycle menstruel.
- Speaker #1
Moi, il faut savoir que j'ai un peu libéré la parole et j'ai été plus consciente dans mon corps quand je suis allée à la rencontre d'une sage-femme. Parce que, alors je blâme pas les gynécologues, mais j'ai pas eu des expériences très... Très cool. J'ai un kyste dans la paro-utérine. Oui. Dans le muscle. Et c'est vrai qu'avec mes antécédents, ma grand-mère, tout ça, qui a eu un cancer de l'utérus, on était inquiètes avec ma maman. Et quand le professionnel de santé a ouvert le dossier, a rigolé, a dit « Oh, c'est commun. » Ok, je suis partie. déjà je je Je n'ai même pas eu cinq minutes de consultation. Je suis partie, je ne me sentais pas. Et pareil, à l'époque, ma première expérience gynécologique, elle n'a pas été... Elle était un peu traumatisante. Mais voilà, là, quand on te met... Tu es toute jeune à peine, on te met un spéculum.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Voilà, et on ne te dit rien. Déjà, tu te mets à nu. On ne t'explique pas pourquoi. On ne t'explique pas ce qu'on va faire. On te met le spéculum, on te regarde. Oui, tout va bien. Et... Un jour, je me suis dit, et puis même je ne savais pas, mais les sages-femmes, et dis-moi si je me trompe, peuvent prescrire un système de...
- Speaker #0
De contraception, c'est ça ?
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Elles peuvent prescrire la contraception.
- Speaker #1
Elles peuvent prescrire la contraception. Donc, tout ça, c'était assez récent pour moi. Et finalement, en fait, puis en plus de ça, j'ai choisi quelqu'un que je connaissais.
- Speaker #0
Donc, c'était plus simple.
- Speaker #1
C'était plus simple aussi. Puis j'ai posé toutes les questions et j'ai fait ma première autopalpation. J'avais 30 ans. 30 ans. Je suis là, OK. Et là, maintenant, je découvre que j'ai… C'est bizarre, quand j'ai mon cycle, j'ai une boule dans un oeil, mais c'est normal. Est-ce que c'est une boule cool ou une boule pas cool ? Mais maintenant, je connais mon corps par cœur. Et grâce à l'autopalpation, je sais quand mes règles vont arriver, je connais mon corps par cœur par rapport à la glaire cervicale aussi. Je voyais que ma glaire cervicale évoluait pendant mon cycle. Mais pareil.
- Speaker #0
On ne l'avait pas expliqué.
- Speaker #1
On ne l'avait pas expliqué. Et je trouve que moi, d'aller voir une sage-femme, c'était la meilleure chose que j'ai fait parce que je me sentais plus cool. Alors, je ne blâme pas les gynécos, mais en tout cas, pour mon expérience, celle qui a vraiment été à l'écoute, qui m'a expliqué comment on faisait, etc., c'était une sage-femme. Et puis là, pour d'autres choses un peu plus poussées, je suis allée revoir une gynécologue. Et pareil, là, je suis tombée sur une... une gynécologue qui est spécialiste dans la fertilité, et très à l'écoute aussi. Ça y est, j'ai un peu renoué avec ça. Je ne reste pas sur une note négative. J'ai un peu renoué avec ça, très à l'écoute. Elle a répondu à toutes mes questions. Elle m'a réappris encore, au niveau de la palpation, des petits trucs encore plus poussés. Non, franchement, il faut juste parfois trouver le bon professionnel, qui vous convient, qui est... J'insiste pour le à l'écoute, parce que des fois on entend dire « ouais, vous jeûnez un peu, pour tout n'importe quoi » . Non, non, pas du tout. C'est hyper important de se sentir à l'écoute vis-à-vis de cette forme d'intimité, parce qu'on ne nous apprend pas à l'école à reconnaître les signes. Moi, je ne l'ai pas appris.
- Speaker #0
Non, bien sûr que non. Je ne me souviens pas. Ce ne sont pas des choses qu'on voit du tout à l'école. Voilà,
- Speaker #1
sur tous les sujets.
- Speaker #0
C'est hyper important ce que tu dis, parce que souvent, moi je dis consulter, consulter, consulter, parce que c'est le réflexe que j'ai en tant que pro de santé, et que dans tous les contenus que je crée, je ne peux pas aller assez loin pour que ça soit personnalisé. Et souvent, le retour que j'ai, c'est « ouais, mais qui ? » . Oui, j'ai consulté, mais ça ne s'est pas bien passé, comme tu dis. donc déjà ce qu'il faut savoir c'est que chez les gynécologues il y a trois spécialités différentes il y a les gynécologues obstétriciens donc ça c'est ceux qui mettent les bébés au monde et qui font le suivi de grossesse il y a les chires Donc eux, ils vont opérer, ils vont opérer soit des cancers du sein, soit des prolapsus, des descentes d'organes, soit tous les troubles de la vulve, du vagin, de ce qu'on appelle de la statique pelvienne. soit les gynécomèdes qui sont des médecins qui sont pas chirurgiens du coup qui vont gérer plutôt le trouble hormonal etc donc déjà dans cette spécialité là on a deux qui sont chirurgicales et inquiet médical donc ils n'ont pas le même abord ils ont souvent été formés un gynécologue chirurgien souvent il va avoir des réponses médicales qui vont passer par la chirurgie donc il va devoir apprendre déconstruire de je suis un chirurgien jopère a passé par mon écoute et prioritaire vis-à-vis de mes techniques que j'ai appris pendant 10 15 ans. et qu'il en ait envie aussi. Donc tout ça, c'est hyper important de le comprendre, parce que des fois, on va prendre rendez-vous chez un gynécologue ou on va se dire chez un obstétricien, alors que la demande n'est pas du tout obstétrique, parce qu'une femme n'est pas là que pour faire des enfants. Et elle existe avant de faire des enfants, elle existe après de faire des enfants. Et c'est vrai que depuis que les sages-femmes ont l'autorisation de faire le suivi génico, parce qu'avant, elles n'avaient pas l'autorisation, maintenant, elles ont toute la physiologie de la femme. On met en avant que... En fait, la femme, elle est complexe, oui, d'accord, mais ce n'est pas parce qu'elle n'est pas calquée sur le modèle masculin et qu'elle a un cycle et que c'est cyclique et qu'il y a des complexités dans la femme que c'est problématique. C'est juste qu'il faut nous apprendre comment ça fonctionne. Et c'est vrai qu'on ne le sait pas assez, mais les sages-femmes, c'est assimilé à suivi de grossesse et postpartum. Alors que vraiment, s'il y a un réflexe à avoir chez les jeunes filles, chez les jeunes sportives, c'est d'être à l'écoute des sages-femmes pour tout ce qui est physiologie de la femme. de plus en plus j'ai des consoeurs qui naît du périnée comme moi qui se renseignent mais ça fait pas partie de notre domaine de compétence de faire un suivi gynécologique donc c'est à nous aussi de savoir travailler en équipe de rediriger autant sur la rééducation du périnée notamment le périnée à l'effort au sport et tout je pense qu'on a une valeur ajoutée versus sage-femme autant suivi gynécologique et physiologie du cycle elles sont quand même vraiment plus dans leur domaine de compétence Et je crois que tout ce que tu as dit, c'est quand même hyper important, c'est-à-dire que quand on parle d'éducation à la santé sexuelle des jeunes, c'est hyper tabou. Tout de suite, on a l'impression qu'on va leur parler de sexualité, on a l'impression qu'on va leur parler de sujets qui touchent trop à l'intimité, et du coup, on élude complètement les règles. Alors que pourtant, des gamines de 9-10 ans, moi je vois mon fils, il a un CME, ils ont eu le cours, mais c'était compliqué parce que la maturité fait qu'ils ont 9-10 ans. Mais par contre, il y a des gamines qui vont avoir les règles cette année, voire l'année prochaine, donc c'est M2, sixième, et c'est quand même important. Au-delà de comprendre qu'elles peuvent tomber enceintes, c'est juste important qu'elles comprennent que le jour où elles vont s'y nier, en fait, c'est pas grave. Que si elles ont mal aux premières règles, c'est pas normal, et qu'il n'y ait aussi pas de moqueries des camarades, parce que ça peut arriver, on sait très bien que ça arrive n'importe quand. et autant... Nous, on parle de nos corps parce qu'on les connaît bien. Je crois que le fait d'être sportive, c'est quand même une valeur ajoutée pour bien écouter son corps. Parce qu'on connaît, on comprend. Mais moi, ça m'est aussi arrivé assez rarement parce que comme j'ai quelques douleurs, je sens aussi que ça arrive. Mais ça m'est arrivé en prenant des tisanes et tout, d'être bien équilibrée et de ne pas sentir mes règles arriver. Je ne connaissais pas ça, moi, de te retrouver avec la tâche et tu te dis, ah, OK, j'ai rien, je n'ai pas de protection. Je suis toute pleine de sang, super, la journée a terminé. Et déjà quand t'es adulte, dans le monde du travail, trouver un plan B c'est pas facile. Mais alors quand t'es une gamine en CM2, en 6ème début collège, tu te mets à saigner. Si en plus on t'a jamais expliqué. Et que tu découvres que tu saignes comme ça, c'est quand même une violence. Donc l'idée c'est qu'au-delà des règles du sport qui sont limites à la pratique sportive, C'est vraiment normaliser les règles dans le quotidien en fait pour tout le monde. Je sais vraiment que le fait d'avoir été obligée de considérer les règles dans ma pratique sportive, tant sur les protections, tant sur la gestion de l'entraînement, d'avoir rencontré des coachs qui ont mis mon cycle dans la prépa, ben en fait ça m'a permis de dire dans mon quotidien, ouais ben là j'ai les règles en fait, voilà. Là, je saigne, j'ai mal, je n'ai pas envie. Mon humeur change aussi et c'est OK. On a des variations hormonales qui peuvent implémenter l'humeur, mais c'est OK. On a aussi parfois besoin de plus manger parce qu'on a besoin de plus de calories à ce moment-là. Et de mieux manger, ça permet aussi de gérer mieux l'humeur. Mais vraiment, ça m'a aidée dans mon quotidien de dire qu'aujourd'hui, ce n'est pas un jour... Tu vois comment on fait la météo émotionnelle avec les petits ? Moi, j'ai beaucoup fait ça avec mon petit... commenter aujourd'hui ces soleils, ces pluies, ces orages. Moi, je fais ma météo émotionnelle, et d'un moment météo émotionnel, de savoir qu'aujourd'hui, j'ai les règles, que je suis un SPM et que ce n'est pas OK. Et c'est vrai que j'ai quand même l'impression que des fois, ça aide aussi l'entourage. De se dire que c'est pas leur faute, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Et puis, même dans mon couple, tu vois, moi, je vois la communication. Moi, je vois que ça, encore, des fois, ça le gêne encore un peu. Mais parce que, voilà, la parole, elle a été, je pense, aussi dans une sphère où c'était pas très libéré, la parole à ce niveau-là. Ça le touche un peu. Mais depuis que j'en parle, maintenant, c'est, tu vois... Juste d'ouvrir la communication avec. Maintenant, il sait, il comprend. Parce que c'est sûr que si on ne communique pas avec l'autre, on ne va pas rappeler que la base de notre couple, c'est la communication. Mais en l'occurrence, sur ce sujet-là, moi, ça m'a effectivement beaucoup aidée. Des fois, tu vois, il tombait sur des posts Instagram qui disaient justement que des comptes Instagram tenus par des professionnels de santé, j'insiste, où justement, il disait que dans ce post, de... L'ESPM aussi, pour vous provoquer des troubles de l'humeur. Ils me l'ont envoyé en me disant « Ah, je comprends mieux maintenant » . Mais tu vois, c'est des petites choses comme ça en fait aussi, c'est s'auto-s'éduquer. C'est pour ça que j'invite aussi les hommes à les fouiller. Aujourd'hui, on a l'accès à l'information. Après, c'est sûr qu'il faut savoir trier, mais il y a l'accès à l'information. Et puis, s'ils ont des questions à ce niveau-là, il faut vraiment les poser. Il ne faut pas être timide.
- Speaker #0
Oui, et puis je pense que majoritairement, les gens qui auront... Eux ont envie de cliquer et d'écouter ce podcast, ça sera des femmes, mais envoyez-les aux hommes de votre entourage. Parce qu'en vrai, il y a une certaine pudeur aussi, parce qu'on parle de notre intimité et qu'il ne faut pas rentrer dans une certaine violence verbale leur imposant quelque chose qu'ils n'ont pas envie d'entendre, bien évidemment. Mais moi, je remarque qu'en fonction des milieux, et dans le milieu du sport, les hommes ont envie de savoir, les hommes ont envie de comprendre. Les coachs sportifs, de plus en plus de coachs sportifs, viennent me voir en me disant, ... Moi, je veux vraiment savoir l'impact du cycle sur l'entraînement. Je veux vraiment comprendre les coachs qui m'ont accompagnée. Alors certains, c'était des femmes, mais des femmes très sportives qui n'avaient pas forcément leurs règles. Donc forcément, elles ne savaient pas quoi me répondre, en tout cas. Et d'autres coachs sportifs qui sont des hommes, qui finalement étaient assez intéressés, tu vois, qui géraient mon entraînement. Là, j'ai mes règles, en fait, je n'y arrive pas. Et qui m'ont du coup posé des questions en me disant « Mais pourquoi tu n'y arrives pas ? » Moi, je suis douloureuse, mais les femmes, elles ont ça, elles ont ça, elles ont ça. Et de plus en plus, il existe même des formations pour que les coachs sportifs sachent entraîner une femme. Et moi, ce qui m'avait marquée, c'est un coach sportif homme qui m'a répondu « Mais c'est normal, et puis ce n'est pas si compliqué, parce que de toute façon, on fait des blocs de trois semaines et il y a une semaine de récup. » Donc en fait, on voit quelle est la période la plus compliquée pour la femme. Est-ce que c'est l'ovulation ? Est-ce que c'est le SPM ? Est-ce que c'est les règles ? Et on met la récup sur la phase la plus compliquée pour la femme. Donc en soi, ce n'est pas plus compliqué que ça. On sait qu'il y a des moments où c'est plus facile de faire du renfaut, de lever lourd. Eh bien, on s'adapte. On sait qu'il y a des moments où c'est plus facile d'aller chercher de l'endurance, du calme. Voilà, on va mettre de l'EF. des choses faciles sur le moment où la femme c'est plus compliqué pour elle et on va mettre des choses difficiles ou elle est plus en forme en fait et quand ils l'ont compris tous ces coachs sportifs hommes ou femmes et qu'ils l'intègrent en fait dans la prépa physique ça devient naturel et pour tous ceux qui peuvent pas être accompagnés par un coach en fait d'accepter que ça soit pas tabou et que même si le sport c'est pilates et zumba c'est ok que des semaines ça soit plus facile de faire du pilates que d'autres parce que quand elles vont te gonfler écraser tes abdos, c'est pas fou, qu'il y a des moments où à la Zumba, tu te sens lourde et que t'es pas en vie, et de pas se dire que c'est pas normal, surtout. Que d'avoir un cycle en moyenne 28 jours, donc entre 3 semaines et demie, et 4 semaines et demie, 5 semaines, c'est OK, en fait, et qu'on est faite comme ça, et qu'on a grandi, on a évolué dans une société qui est ce qu'elle est, qui nous a quand même un peu mis sous cloche, un peu éteinte. Et spécifiquement par rapport aux règles, ce truc de « elle est chiante, elle a les règles » . Oui, elle est chiante, elle a les règles. Oui, voilà, c'est acté. Toi, des fois, t'as faim, t'es chiant, c'est OK, tu vois. Quelqu'un qui a faim et qui est grognon parce qu'il a faim, ça pose problème à personne. Oui, non, c'est vrai, c'est vrai. Tu vois ? Mais une femme qui a ses règles et qui est grognon, genre, il faut qu'elle le cache. Oui. Ben non, je suis pas OK avec ça. Rien que déjà de l'accepter en tant que femme, de déconstruire le fait que oui, on peut avoir des hormones qui varient et que c'est OK. Et après... Ça va devenir une normalité, en fait. Il suffit de faire bouger le curseur de la norme dans la société. Et c'est vrai que c'est quand même très, très bizarre qu'un truc normal, humain, qui nous arrive tous les mois et qui est indispensable au cycle de la vie, soit rendu aussi peu normal.
- Speaker #1
Après, on est encore... C'est encore, comme on disait tout à l'heure, c'est encore très récent. Tu vois, là, je le vois au niveau des études. Il n'y a pas beaucoup d'études qui ont été faites sur les femmes sportives. Sur les femmes tout court ? Oui, sur les femmes tout court, sur les femmes sportives. Je ne sais plus quel scientifique américain disait que justement, on n'était pas des petits hommes, et qu'elle poussait justement au développement de ses études sur les femmes. Et effectivement, c'est important d'en parler. Je le vois bien, tu vois, moi j'ai le chouinage facile. Je me rappelle, je regarde mon application, je sais quelle journée j'ai, c'est peut-être pour ça aussi que j'ai le chouinage facile. pour le bonheur, pour la tristesse, je peux écouter de la musique, je vais m'appleurer, mais c'est vrai que c'est parce que je veux avoir mes règles. Mais ouais, effectivement, c'est dommage, mais c'est à nous aussi de faire bouger les choses.
- Speaker #0
Et par contre, à trop vouloir normaliser des choses, je pense quand même à un truc important, c'est que c'est ok d'avoir des fluctuations de l'humeur en fonction du cycle, c'est ok de les considérer que ça soit pas tabou, ce qui est pas ok c'est un trop fort SPM où on n'est vraiment pas bien. Voir d'être complètement dans une grosse dépression et d'avoir des envies suicidaires. Donc quand même, j'aimerais qu'on sache qu'on peut aussi aller consulter. Dans ce cas-là, c'est absolument pas un gynécologue, c'est un psychiatre. Vraiment, ça c'est important. Normaliser le fait qu'on ait une humeur fluctuante en fonction du cycle, c'est ok. Mais normaliser le fait que... Je ne veux pas normaliser le fait que quand ça va trop loin, il ne faille pas consulter. Et c'est vrai que ça peut avoir un impact aussi. Dans les sports qu'on fait, le mental est quand même ultra important au quotidien. Mais dans les sports d'endurance, j'ai quand même l'impression que c'est 50-50. Si tu as une fracture du mental, le corps peut te porter, mais c'est quand même plus compliqué de repartir. Et du coup, comprendre aussi que les règles, elles influent peut-être aussi un petit peu sur ça.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, je suis d'accord avec toi. Moi, je fais beaucoup les choses... Cette année, j'ai fait beaucoup les choses à la tête, au mental, parce que justement, j'ai un petit peu enchaîné. Et je remercie aussi mon corps d'avoir tenu, parce que je touche du bois, mais je ne suis pas blessée, parce que je fais tout aussi à côté pour ne pas l'être.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Mais pour bien récupérer de tout ce que je m'impose. mais j'ai fait beaucoup de courses au mental cette année et effectivement si la tête suit pas surtout sur ultra tu vas pas bien loin mais on reste tu vois je regardais un petit peu les stats et les femmes abandonnent moins facilement que les hommes donc on a la tête plus dure maintenant pour ce qui est des courses d'ultra après chacun avec ses spécificités mais effectivement la tête peut emmener loin on va peut-être pas plus vite mais en tout cas on va tout le temps aller à la finish line souvent sur la tête. Après, il peut y avoir... C'est comme dans la vie, il y a aussi des fluctuations. Moi, l'ultra, c'est une vie, en fait. Tu as plein d'introspections, tu peux avoir des moments down, des moments up. Et tu vois, dans ces moments-là, je me rappelle toujours que la position de mon corps aussi parle à ma tête. Je me force à sourire, par exemple. J'ai des petits tips, je me force à sourire quand vraiment ça ne va pas bien. Rien que de sourire déjà, avoir un port de tête un peu plus... Fier, etc. Tu envoies des meilleures ondes à ton corps. Et j'ai une phrase aussi qui me porte beaucoup, c'est quand tu es en enfer, continue d'avancer pour en sortir. Ça fait en sorte que je ne m'arrête pas du coup. Quitte à ralentir la cadence, quitte à faire des plus petits pas, je ne m'arrête pas. Comme ça, c'est toujours un pas de plus. Et on peut en rigoler comme ça, en disant un pas sur 60 kilomètres. Oui, mais un pas plus un pas plus un pas. Et j'ai fini. Toi, hier, j'avais eu un moment... intense où je me suis dit comment et là je suis restée dans une boucle comme ça pendant une demi-heure comment j'ai fait pour faire des ultras de 115 bornes et là je suis en Qatar sur 60 km je regarde un peu ce que j'ai fait cette année là je me suis dit ah oui c'est peut-être pour ça aussi j'arrive là sur 60 km je suis pas entraînée je savais que je suis pas un miracle sorti de de l'ultra-endurance là, je suis madame tout le monde, donc je savais que ça allait être dur, mais c'est moment.
- Speaker #0
C'est relative sur madame tout le monde.
- Speaker #1
Ouais, oui, oui, pardon, je banalise beaucoup parce que mon cercle est fait d'athlètes élites, donc c'est vrai que je banalise. Mais j'arrive sur un 60 km sans entraînement. Je pouvais pas me dire... Oui, tout va super bien se passer. Mais ça a été un joli combat. Et c'est fait aussi à peine d'armes. Donc à la tête.
- Speaker #0
Moi, c'est hyper fort ce que tu dis. J'ai pas ton entraînement, j'ai pas ton corps, j'ai pas ton passif d'entraînement. Moi, le corps, il arrive souvent à la limite avant la tête. Par contre, je suis quelqu'un d'assez têtu et d'obstiné. Et ça m'était beaucoup reproché. Calme-toi. C'est bon. Allez, lâche. Et sur les trails que j'ai faits, et notamment sur le marathon des sables, de toute façon, il y a un moment où tu vas t'ennuyer, il y a un moment où tu vas avoir du mal, il y a un moment où tu te demandes bien ce que tu fous là et pourquoi tu as pris la décision d'être là. Et cette notion de... En fait, la persévérance, c'est quelque chose d'important. Qu'il faut avancer un pas après l'autre, etc. Ça m'a vachement servi dans la vie, en fait. Et le fait que, de toute façon, j'y étais. J'avais choisi d'y être. qu'il n'y avait pas de solution pour en sortir. Déjà, ça m'a aidée aussi à gérer les règles ce jour-là, parce que, alors que ça peut être un sujet que des fois ça fait mal, vraiment, les conditions de mon marathon des sables, c'était que de l'intendance, que de l'hygiène, mais en fait, la douleur n'était pas... Mon cerveau, il avait bloqué. Moi, de toute façon, je vais avoir mal tellement ailleurs et partout qu'un peu plus, un peu moins, ce n'est pas grave, parce qu'on sait qu'on a mal sur ces courses-là. Et ça a vraiment été un outil d'empowerment, cet ultra-marathon, plus qu'on dit comme ça. Et je l'ai aussi beaucoup minimisé, parce que le travail m'amène à croiser des gens comme toi, et à croiser des gens qui sont des élites. Sauf que ma communauté me ramène à la réalité, et mes amis me ramènent à la réalité. Et encore il y a un mois, j'ai croisé des amis que je n'avais pas vus depuis longtemps. qui étaient là, mais Sabrina elle fait des trucs de faux des trucs de malade, moi jamais je ferais ça et tout et de voir la fierté dans leur regard j'ai pu réaliser que j'avais vraiment fait quelque chose de malade et je vais piocher de la force dans cet élément là pour mon quotidien je le garde en souvenir je sais pas si j'en referai un jour et de réfléchir au passé des fois et de réfléchir à ce que j'ai réalisé m'a beaucoup apporté tant ou dans le mental forcément que dans mon corps et c'est ce que j'aimerais que les femmes elles retiennent en ayant écouté ce podcast c'est qu'en fait on nous a appris dans cette société que notre corps il était limité que notre corps il avait des contraintes et en fait ces contraintes elles sont pas elles sont pas si importantes que ça en fait à partir du moment où on lâche où on s'y met, où on fait parce que comme toute Comme toute génération d'anxiété, c'est beaucoup dans le cerveau. Mais une fois qu'on se met à en faire, on trouve des solutions. Et chacun à son niveau. Je ne dis pas aux gens de faire de l'ultra-adurance, parce que c'est quand même un concept qui n'est pas forcément en accord avec mes valeurs de santé. Mais par contre, c'est des défis que des fois, si on a envie de se les lancer, c'est d'y aller. On sait que sur les stats, il y a des courses où il y a beaucoup moins de femmes que d'hommes. Et si vraiment les règles, c'est la gestion des règles dans l'entraînement et dans la course, c'est un obstacle, j'ai envie qu'elles attendent que ça ne doit pas l'être, en fait. C'est ok de ralentir, c'est ok de les considérer, mais c'est ok aussi de se dire que notre corps de femme, il fonctionne super bien avec des règles et que c'est ok de faire des trucs extraordinaires avec des règles.
- Speaker #1
Et extraordinaires à son niveau. Moi je l'étais déjà depuis le début, toi t'es de plus en plus dans ce milieu-là, de plus en plus entourée de sportifs. On a tendance à banaliser ce qu'on fait. Je dis moi j'ai fait le petit 60 kilomètres. 60 kilomètres.
- Speaker #0
6 fois 10 kilomètres.
- Speaker #1
En montagne, sous la flotte.
- Speaker #0
Vous avez quand même tendance, les ultra-trailers, à oublier le dénivelé.
- Speaker #1
Aussi le dénivelé. Non mais tout à fait. Qui est quand même super intense. Tout à fait.
- Speaker #0
Et qui change tout.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis moi, de par mon entourage aussi.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
je veux dire mon conjoint il est trailer professionnel c'est son métier donc c'est vrai que j'ai l'impression d'en faire moins que lui mais quand je regarde mon année j'ai quand même enchaîné le GR20 en 5 jours celui 10 jours après d'un Ironman juste avant ça j'avais fait la maxi race et j'ai dit en fait c'est bon quoi c'est là que je m'aperçois que mon corps est fort et tu vois je dis toujours je ne cours pas mais Si, en fait, quand tu regardes ce que j'ai fait, oui, je suis une coureuse. Mais effectivement, il ne faut pas se laisser avoir par rapport à son entourage, à cette culture du toujours plus. Moi, j'insiste chez les femmes, il faut arrêter avec le no pain, no gain.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Moi, j'ai vu beaucoup ça dans le crossfit quand j'étais coach. Des gens qui faisaient 9h-18h se mettre des cartouches sur le workout du jour, l'entraînement du jour et ça tous les jours et après être pétés en fait finir parce qu'il n'y avait pas de progressivité. Les femmes aussi et en disant après ouais c'est le CrossFit qui m'a tué et non pas du tout. Mais effectivement de l'adaptation dans son entraînement, trouver ce qui nous convient c'est pas parce que tu fais pas de l'ultra endurance que tu peux pas faire la course à pied C'est pas parce que tu fais pas de l'ultra-endurance, tu peux pas faire une sortie de 20 minutes alternée marche-course, en fait. Première chose, t'es même pas obligé de faire ta première sortie, parce que souvent j'entends ça aussi. Ça y est, je me mets à course à pied, je dis, qu'est-ce que tu vas faire ? Je vais courir une heure. Une heure. Ce que t'imposes à ton corps, jamais tu tiendras. Je regarde, je dis, tu te mets à course à pied, tu vas faire deux séances, à la rigueur. Pas 15, c'est sûr, tu pourras pas tenir tes... cette routine, c'est sûr que tu ne pourras pas la tenir. C'est 20 minutes marche-course à la rigueur, et 20 minutes c'est déjà le bout du monde. Les impacts que ça impose à son corps, 20 minutes de course à pied c'est terrible. Alterner marche-course c'est bien, mais voilà, c'est pas parce que... Puis en plus avec les réseaux sociaux c'est encore plus, on s'engraine les uns les autres.
- Speaker #0
C'est exactement sur ça que j'allais t'enchaîner, sur la culture de l'image. Déjà socialement, sans réseaux sociaux, on dit plutôt toujours ce qui va bien que ce qui va pas bien.
- Speaker #1
Oui !
- Speaker #0
Voilà. Et en plus sur les réseaux sociaux on en revit. particulièrement de montrer ce qui va bien parce qu'on a envie de se montrer sur son meilleur jour et en fait on foire et il y a des courses qu'on finit pas, il y a des courses qu'on prend pas le départ il y a des jours où en fait même si le message c'est de dire que on est en capacité de faire des choses extraordinaires avec nos corps de femmes et de pas se limiter, c'est aussi ok de s'écouter et de pas aller faire du sport ce jour là parce qu'en fait on est trop fatigué et que le sport En tout cas pour moi ça doit toujours être un moyen de santé, santé physique et santé mentale, une forme d'empowerment féminin et avoir des exemples et des exemples comme toi c'est hyper important mais se rappeler que des exemples qui sont pas forcément dans l'optique de les atteindre de les égaler de les copier juste de dire si elle elle le fait en fait peut-être que moi aussi je peux le faire mais à mon niveau oui c'est pour ça aussi je partage
- Speaker #1
Ah oui, certes, j'ai fait et je fais des trucs de dingue. Je m'en aperçois, mais je le vois, la culture du toujours plus. Ça grandit. Je pense que les gens sont encore dans ce truc. Je vais buzzer sur les réseaux sociaux parce que je fais plus que les autres, etc. Mais tu peux très bien buzzer sur des réseaux sociaux, sur des courses que tu penses avoir foirées. Je vais prendre l'exemple même de mon Ironman. J'ai fait de septembre à juin de préparation. J'ai fait mon Ironman sous... gros gros spm je venais de faire le gr 20 en cinq jours dix jours avant donc autant dire que dix jours quand tu as fait un gr 20 en cinq jours la récup il n'y a pas de récupe t'es pro inflammatoire à fond voilà je vais faire mon ironman je suis pas déçue de moi juste un peu j'aurais voulu vivre mieux ma course à pied donc j'ai partagé ce que je pensais avoir vécu comme un échec je crois que c'est un un des contenus que j'ai partagé qui a le plus fonctionné Parce que les gens se sont retrouvés genre en fait, t'es Iron humain en fait.
- Speaker #0
Iron human.
- Speaker #1
C'est ça. Et c'est ce que j'essaye de communiquer aussi avec Mathieu, mon conjoint. C'est que, parce que des fois, effectivement lui aussi il est dans ses moments de doute quand il réussit pas quelque chose. Et je lui dis mais t'imagines même pas à quel point ça va faire plaisir aux gens de voir que Mathieu Blanchard il est humain en fait.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Voilà. Et effectivement, ça marche autant. C'est bien les super-héros, mais chacun sa kryptonite.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et c'est bien aussi de le montrer, de le mettre en lumière, je pense. Tu vois, par exemple, je vais souvent au Canada et en Amérique du Nord, la culture, même si tu fais échec sur échec sur échec, les gens vont te pousser, ils vont te poser, ils vont te poser. Au bout d'un moment, échec sur échec sur échec, il faut se poser les bonnes questions aussi. Voilà, il faut arrêter de s'enfoncer, s'enfoncer, s'enfoncer. Il faudrait peut-être faire une grosse... pose, te remettre en santé, et puis après repartir. Bon, ça, ils ont un peu du bal. Donc je suis pas non plus dans la culture de ça. Je suis pas non plus dans... Tu vois, quand je vois les réseaux sociaux en ce moment, et je vois les finishers des courses qui arrivent démolis. Alors certes, ça montre la force mentale, mais là, on n'est plus du tout à côté. Tu me parlais de ça, on n'est plus du tout à côté du sport santé,
- Speaker #0
là.
- Speaker #1
Là, j'ai vu une femme arriver... pliée en quinze sur la ligne d'arrivée de la TDS, je suis désolée, mais je suis ouverte au débat et à la discussion, ça ne m'inspire pas. Parce que les gens qui ne bougent pas, qui vont voir ça... On dirait que le trail ça fait ça. C'est pour ça que j'essaye. Alors que moi je serre les dents pendant mes courses, là j'ai partagé un réel où on me voit bien serrer les dents pendant la course. Je finis avec le sourire sur mes deux pattes, aujourd'hui je suis là. Il faut au bout d'un moment mettre aussi l'ego à sa place. Moi j'aime pas finir mes courses totalement démolies parce que je trouve que ça donne aussi une information à mon corps qui est pas bonne. Là je viens de lui dire, t'as vu tu peux survivre à 60 km.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Non mais c'est hyper important et moi ça a été aussi un marqueur de comprendre mon corps, de comprendre ce qu'il était capable de faire, de comprendre où c'est qu'il pouvait aller, où c'est qu'il ne pouvait pas aller non plus, de vraiment m'écouter en fait. Tout ce que je fais depuis 4 ans dans la course à pied, dans le trail, c'est vraiment une notion de m'écouter. Je sais que de base, je n'aurai jamais le niveau des gens qui m'entourent parce que je ne pars pas du même niveau et puis je n'ai pas envie de l'entendre. Donc vraiment de s'écouter.
- Speaker #1
Intimiste.
- Speaker #0
C'est hyper fort parce que les femmes, elles ne s'écoutent pas au quotidien. Elle passe toujours aux autres, elle passe aux conjoints, elle passe aux enfants, elle passe au travail, elles se font vraiment passer en seconde position. Une des principales raisons pour lesquelles elles ne font pas de sport, pas de sport d'endurance, qui prend du temps en prépa, etc., c'est qu'elles disent qu'elles n'ont pas le temps, elles ont toujours autre chose à faire. Donc on parlait des héros, mais il y a des héroïnes du quotidien, et vraiment, moi, ce qui m'importe beaucoup, c'est qu'elles comprennent que, en fait, quand on parle de sport, de course à pied, on parle de cardio. Et pourquoi on parle de cardio ? Pour entraîner le cœur. Et les femmes, elles ont beaucoup de problèmes cardiaques qui sont complètement invisibilisés parce que dans la tête des gens, un problème cardiaque, c'est un problème d'homme. Et en fait, il faut qu'elles se mettent à une activité physique cardiovasculaire qui leur fait plaisir. Mais ce n'est pas parce qu'elles feront toujours plus, toujours plus, toujours plus qu'elles seront en meilleure santé. Et je te rejoins sur le fait que moi, ce qui m'intéresse dans ce sport-là, c'est de trouver mon équilibre. de comprendre que je peux aller plus loin que ce que je me suis jamais fixé comme limite, mais que par contre, quand je vais trop loin, je ne reste pas dans un curseur qui me convient, et de redescendre le curseur en fait. Si tu avais un dernier mot, un dernier conseil à donner à quelqu'un qui a des limites pour pratiquer une activité physique, quelle qu'elle soit, ici on va parler d'endurance et d'ultra-endurance, mais tu es coach, tu as parlé du crossfit, tu as parlé de la natation, tu as parlé... du triathlon parce que tu es une athlète multiple et complète.
- Speaker #1
Couteau suisse.
- Speaker #0
Couteau suisse. Donc, tu as une casquette de coach, évidemment. Donc, si vraiment tu avais un truc à dire aux femmes qui ne savent pas comment commencer, qui se mettent des limites par leur corps de femme et tout, qu'est-ce que ça serait ?
- Speaker #1
J'ai envie de parler de légitimité. Parce qu'aujourd'hui, je vois beaucoup ça aussi sur le départ des courses. Il y en a beaucoup qui ne prennent pas le départ, quel que soit le format, parce qu'elles ne se sentent pas légitimes. Et je pense qu'il ne faut pas attendre la légitimité de qui que ce soit pour se lancer, peu importe votre objectif. Demain, tu me dis, je ne fais pas de course à pied, mais j'aimerais bien faire les 10 kilomètres de je ne sais pas quoi, ou même un goal encore plus gros. Je te dirais, vas-y, fonce, prends le temps par contre, parce qu'on ne peut pas griller des étapes non plus. Mais fixe-toi cet objectif dans le temps et n'attends pas la légitimité. Parce que si tu attends, tu ne le feras jamais. Prends ta plus belle feuille de papier, tu traces une ligne, tu mets ton objectif au bout et tu vois combien de temps ça va te prendre. Et si ça te met 6 mois, ça met 1 an, 2 ans, mais au moins je suis sûre que tu atteindras ton objectif. Surtout sans attendre la légitimité que peut-être personne jamais te donnera. Mais toi par contre, je pense que tu auras fait un chemin qui ne peut que te faire grandir.
- Speaker #0
Merci. Et surtout de ne pas avoir peur du regard des autres.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Parce que quand on est entouré de gens qui ne bougent pas, ils ont toujours un truc à dire. Mais quand on est entouré de gens qui bougent, il y a quand même un moment donné, la courbe de la progression, je la connais, je l'ai vécue. Je n'ai pas pris le départ de certaines courses parce que c'était trop tôt pour moi et que je n'étais pas préparée. Mais par contre, j'ai toujours vu dans le regard des athlètes qui m'entourent l'exploit que j'avais fait à ma hauteur. Et jamais un athlète ne l'a minimisé. Et même les élites qui m'entourent m'ont toujours félicité de ce que je faisais, alors que c'est rien pour eux. Mais ils ont pleinement conscience de l'énormité de ce que c'est pour moi. Et vraiment, ceux qui critiquent souvent, c'est ceux qui ne font pas.
- Speaker #1
Oui, c'est de ce pour ça.
- Speaker #0
Donc, croyez en vous. Ne vous mettez pas de limites. Et puis, soyez bien entourés, surtout. Oui, surtout. Pour celles qui veulent plus d'infos sur les règles, qu'est-ce qui est la norme, qu'est-ce qui n'est pas la norme, plus de conseils pratiques, la légende de ce podcast, il y aura notre premier podcast qui était une conférence filmée, on s'est un petit peu moins livré, on est allé plus sur le côté pratique et sur le côté technique des règles. Et merci d'avoir partagé ça avec moi. J'espère que ça permettra aux femmes qui nous ont écoutées de passer le cap des limites qu'elles se posent avec leur corps et que go, elles vont faire des trucs génialissimes à leur niveau.
- Speaker #1
Oui, et puis on est dans l'attente aussi de vos retours. N'hésitez pas à réagir, à poser vos questions. Nous, ça nous permet aussi de faire évoluer les choses et les faire bouger.
- Speaker #0
Pour celles qui t'ont découvert dans mon podcast, qu'on mettra le lien, c'est Alix Nobla. La grande Alix Nobla. Qui est très inspirante, vraiment. Merci.
- Speaker #1
Je te retourne le compliment, ça m'a fait plaisir d'être là.
- Speaker #0
Merci à toi. Merci chers auditeurs pour votre écoute. On se retrouve très prochainement dans Intimiste, l'équipe de l'intime à votre service.