- Speaker #0
Des femmes qui ont de l'hypédème, il y en a partout. On est quand même, à l'heure actuelle, sur une patiente sur dix. Et encore, on sait que c'est sous-diagnostiqué, donc ça touche énormément de femmes.
- Speaker #1
Même si c'est douloureux, des fois c'est un peu un sujet touchy.
- Speaker #0
Cette graisse malade, tu es arrivé à trouver une technique qui permettrait de la déstocker. Il y a des solutions qui existent. Cette pathologie n'est pas forcément une fatalité, même si elle est difficile à vivre au quotidien.
- Speaker #1
Intimiste.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans mon podcast Intimiste. Je suis Sab, santé. Kinésithérapeute et ostéopathe de la femme, et aujourd'hui on va parler d'une pathologie spécifiquement féminine, le lipodème. Cette pathologie de la graisse dont j'ai déjà parlé sur mes réseaux sociaux. Vous avez les liens en légende pour voir exactement qu'est-ce que le lipodème, comment ça s'exprime. Mais aujourd'hui, on va aller un petit peu plus loin dans la spécificité. J'ai avec moi Ophélie Vivetalbo, kinésithérapeute spécialisée en dermatofonctionnel. Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour à tous.
- Speaker #0
Et on va parler de la place de la kinésithérapie dans la prise en charge de ces patientes atteintes de l'hypédème. Qu'est-ce que tu peux nous raconter, Ophélie ?
- Speaker #1
Alors moi, le l'hypédème, je l'ai connu pendant mes études dans mes cours d'angiologie. Donc c'est vrai que dans mes études, le prof nous disait qu'on ne pouvait pas faire grand-chose. Mais dans la pratique, j'ai trouvé que c'était totalement autre chose parce que j'ai été face à des patientes qui... Donc le l'hypédème, c'est une maladie inflammatoire chronique qui peut être dégénérative quand ce n'est pas bien pris en charge. Et ces patientes-là, elles ont des signes, on va les rencontrer avec des grosses douleurs, avec des jambes lourdes, avec parfois une grosse perte de mobilité. En tout cas, au niveau de la kiné, c'est les signes principaux qui vont nous intéresser. Et nous, on peut, en tant que kiné, même si on n'est pas spécialisé dedans, agir dessus.
- Speaker #0
Déjà, tu as eu une chance inouïe d'en entendre parler pendant tes études, parce que moi, je ne suis pas tout à fait de ta génération, mais je n'en avais vraiment jamais entendu parler. Et pour le coup, c'est les réseaux sociaux. L'échange avec des consoeurs, d'autres kinésithérapeutes, des patientes atteintes de cette pathologie qui m'ont fait prendre conscience de la réalité et surtout du nombre de patientes touchées. Parce qu'on est quand même à l'heure actuelle sur une patiente sur dix et encore on sait que c'est sous-diagnostiqué, donc ça touche énormément de femmes.
- Speaker #1
Bien sûr, il suffit de voir dans la rue les jambes de tout le monde, alors il faut être un peu curieux, mais on peut vite se rendre compte que c'est un peu plus qu'une femme sur dix.
- Speaker #0
Alors nous, on a une déformation professionnelle. En tant que kiné, on aime bien regarder les gens. On aime bien analyser. Ne faites pas ça chez vous. Sinon, vous allez avoir des problèmes. Si vous n'avez pas l'œil aguerri pour regarder les corps des autres. Mais c'est vrai que moi, je fais ça aussi. En vrai, quand je regarde le corps des femmes, maintenant, je me dis, ah, mais c'est fou. Mais c'est fou. Et c'est aussi un peu difficile parce que, évidemment que je ne leur dis rien, parce qu'on ne dit pas aux... Au croisement d'une rue à quelqu'un, je pense que tu as fortement du lipodème. Et en même temps, j'ai tellement envie de leur dire, surtout les jeunes filles, ne te rends pas malade à faire des milliers de régimes pour perdre cette graisse qui ne partira pas. Ne fais pas des heures et des heures de sport et ce n'est pas ta faute. Et surtout, ce n'est pas ta faute parce que, en fait, pour faire un rappel bref du lipodème, c'est une graisse pathologique qui ne se déstocke pas à l'effort, qui ne se déstocke pas au déficit calorique. Et donc du coup, ça met les patientes dans un échec constant. À l'heure actuelle, la société les culpabilise en leur disant que c'est leur faute, qu'elles ne font pas assez d'efforts. Et donc du coup, si un jour vous avez des doutes, il y a les jambes lourdes, il y a la perte de mobilité, tu l'as dit, mais si vous rentrez dans un parcours de perte de poids choisi, désiré, que vous faites les choses bien en augmentant votre activité physique, en faisant attention à ce que vous mangez, et qu'en trois à six mois, rien ne bouge, surtout consultez. mais consulter des médecins qui vous donneront une réponse thérapeutique. Parce que si vous ne perdez pas de poids en faisant les choses bien, ce n'est pas de votre faute.
- Speaker #1
Mais c'est ça, aujourd'hui, c'est un peu compliqué de trouver des professionnels de santé qui connaissent le lipodème et qui connaissent bien. Moi, souvent, je peux avoir des discussions avec des professionnels qui me disent « Ah oui, oui, le lymphodème. » Mais en fait, non, non, t'as pas compris. Désolée, mais bon. La différence, du coup, entre le lipodème et le lymphodème, c'est que le lymphodème, ça peut être asymétrique. Enfin, c'est souvent asymétrique. Ça touche aussi les extrémités, donc pied et main. Le lipodème, pas du tout. Comme tu l'as dit, c'est de la graisse qui ne bouge pas malheureusement et qui peut aussi évoluer avec du lymphodème, avec des stades plus avancés. Parce qu'en effet, si on vulgarise un petit peu, cette graisse, elle est fibreuse et puis elle va un peu appuyer sur la tuyauterie du corps. Donc forcément, la circulation, elle est un peu entravée. Moi, j'aime bien expliquer ça à mes patientes. Donc c'est important de faire de la prévention aussi et d'être bien pris en charge.
- Speaker #0
Intimiste. Du coup, qu'est-ce que tu conseilles à tes patientes quand elles viennent te voir ? Puisque toi, pour le coup, tu as des techniques pour accompagner tes patientes à atteindre de l'hypnodème. Et vraisemblablement, ça fonctionne. Tu améliores leur confort de vie. Donc, qu'est-ce que tu leur dis ? Qu'est-ce que tu leur donnes ?
- Speaker #1
Alors, tout dépend déjà du stade dans lequel elles se trouvent, c'est sûr. Mais moi, j'ai un peu... À chaque fois, une déformation professionnelle par mon autre diplôme d'ergothérapeute où on va faire du sur-mesure et j'adore faire aussi tout ce que je peux adapter à la situation de la personne. Donc par exemple, moi je vais pouvoir aujourd'hui catégoriser en trois prises en charge, donc le pré-opératoire, quelqu'un qui veut se faire opérer, le conservateur, donc quelqu'un qui ne veut pas se faire opérer, qui vient consulter simplement, et le post-opératoire. Ici, on va parler peut-être d'abord dans un premier temps du conservateur avant de parler d'opération. Pour le conservateur, tout dépend. Moi, ce que j'aime bien faire, déjà, c'est voir s'il y a un lymphodème. S'il y a un lymphodème, on va pouvoir drainer. Alors, les techniques de drainage vont être différentes. On peut avoir la presso, on peut avoir le manuel ou on peut avoir l'appareillage. Donc, le drainage mécanique, par exemple. Moi, j'utilise LPG parce que je trouve que c'est une technique vraiment complète qui permet aussi de, j'en suis rendue compte en l'utilisant sur mes patientes, de venir assouplir le tissu adipeux qui est fibreux. Et aussi, avec des angiologues, on s'est rendu compte qu'on perdait en masse graisseuse avec le temps. Et les patientes, elles se sentent beaucoup plus mobiles parce que c'est vrai que ça draine, oui, mais ça travaille au niveau cutané. Et si ça travaille au niveau cutané, ça fait un peu la poussière dans le corps, on va dire. Et du coup, on est plus souple et plus mobile. Donc ça, c'est vraiment, on va dire, ce pourquoi les gens me consultent, parce qu'ils n'arrivent pas à trouver ça ailleurs. Après, moi, je vais faire tout ce qui est éducation thérapeutique avec elles. C'est-à-dire que je vais pouvoir conseiller une reprise d'activité physique si elles n'en font pas, ou l'adapter, parce que c'est vrai qu'il y a des choses qu'il faut éviter. Par exemple, les sports avec impact, ce n'est vraiment pas l'idéal. Par contre, il y a des techniques qu'on peut faire chez soi aussi, faire des exercices. Moi, j'aime bien dire la gym lymphatique. Typiquement, par exemple, faire revenir les pieds comme ça, ça active la chasse lymphatique. Donc, ça permet de stimuler la circulation. On peut l'adapter aussi, on peut l'utiliser à la salle de sport. Faire du vélo, c'est hyper bon. Faire de la... tout ce qui est sport aquatique, pareil, avec l'eau, ça fait une pression positive, donc c'est vrai que ça aide à drainer encore mieux. Il y a plein de petites choses qu'on peut faire, et puis c'est surtout, écouter le patient, je pense qu'aujourd'hui, c'est ce qui est le plus important, enfin, moi, à mon sens, et c'est comme ça qu'on pourra l'aider au mieux.
- Speaker #0
Intimiste. Alors, je vais revenir sur une chose qui me paraît primordiale. Jusque-là, cette graisse malade qui ne se déstockait pas, dont je l'ai parlé au début, On disait qu'il n'y avait qu'une seule façon de s'en libérer, c'était l'opération. Donc une chirurgie qui est plutôt réparatrice qu'esthétique, une liposuction qui est une liposuction particulière avec de l'eau injectée, maintenant avec potentiellement des lasers en bout de canule. Donc ça, on en avait parlé avec Charlotte, qui est kinésithérapeute dans l'association LipoFrance. Donc en légende de cette vidéo, vous avez toutes les infos. pour retrouver ce premier podcast et pour aller voir cette association qui est riche d'informations, que vous soyez professionnel de santé ou que vous soyez patient et patiente. Mais là, ce que tu viens de dire, c'est quand même une notion hyper importante, c'est-à-dire que c'est objectivé via Ecodopler, donc via des techniques qui permettent de calculer l'épaisseur de graisse qu'il y a en sous-cutanée, que les traitements que tu mets en place diminuent cette épaisseur de graisse. Une graisse qui, de base, est très fibrosée, douloureuse et surtout pas déstockable, vraisemblablement. Tu es arrivé à trouver une technique qui permettrait de la déstocker, quelque part. Alors, pas toute entière, bien évidemment, mais suffisamment pour amener un confort de vie à celle qui ne pourrait pas avoir accès à l'opération. Parce qu'il faut quand même rappeler que c'est une pathologie qui est en cours de reconnaissance en France, qui n'est pas reconnue. Pourtant, la première fois où elle a été décrite, c'était dans les années 50. Mais la santé de la femme dans le monde patriarcal, tout ça, on ne va pas développer parce qu'on pourrait y passer des heures. Mais la santé des femmes, on sait très bien qu'elle n'est pas prise en charge. Et comme c'est une pathologie féminine, évidemment, c'est quelque chose qui n'a pas été du tout pris à sa juste valeur. Et donc, malheureusement, les femmes qui veulent se soigner, elles ont une très mauvaise prise en charge. Et celles qui veulent se faire opérer, elles doivent sortir beaucoup de sous de leur poche. Donc, elles n'ont pas tout accès. Donc finalement, c'est quand même un espoir que tu donnes de pouvoir redonner du confort de vie. On ne va pas avoir de la cuisse toute fine et toute lisse. Non,
- Speaker #1
ce n'est pas magique.
- Speaker #0
Ce n'est pas magique. Et surtout, ça donne un espoir aux autres kinésithérapeutes qui ne connaissent pas bien cette pathologie parce qu'on ne leur a pas appris à l'école, mais qui sont potentiellement équipés, qui savent faire du drainage lymphatique. On est beaucoup de confrères à savoir faire du drainage lymphatique. Ce que tu appelles la gym lymphatique, c'est toute gym qui va amener une meilleure circulation, globalement.
- Speaker #1
C'est très simple.
- Speaker #0
Voilà. Tout à fait, mais c'est bien de le conceptualiser et de l'informer. Et tu as parlé en fait d'un appareil dont mes auditeurs connaissent bien l'existence, puisque je leur en parle souvent.
- Speaker #1
Notre troisième main.
- Speaker #0
Voilà, notre troisième main, le Cellu M6 de LPG. On n'en parle pas. Alors moi, je suis ambassadrice évidemment de la marque, mais toi, ce n'est pas le cas. Donc, nombreux sont les confrères kinésithérapeutes qui sont équipés et qui sont, qui promeuvent cette technologie parce qu'en fait, ils sont... tellement satisfaits des résultats patients qu'ils ont envie que tout le monde le sache. Et donc là, ce que tu touches du doigt et qui me paraît important, c'est que du coup, tous ceux qui sont équipés avec un Cellulium 6, ils ont entre les mains déjà la technologie pour accompagner les patientes.
- Speaker #1
Ils ont une des clés, oui. Parce que pour moi, à mon sens, on peut tous les aider. Déjà, rien que de connaître le lipodème, quand on va faire un bilan, par exemple, d'ortho classique, si en face de nous, on a quelqu'un qui... s'est fait opérer du genou, imaginons, mais où on repère un lipodème ? Déjà, rien que d'en parler à la patiente, lui demander, voilà, qu'est-ce que vous pensez de vos jambes ? Sans spécialement dire, excuse-moi, mais toi, je pense que tu as un lipodème. Et que du coup, la patiente, elle sort toute chamboulée, elle ne sait pas ce que c'est, elle va aller sur les réseaux, elle va être un peu perdue.
- Speaker #0
On ne peut pas poser le diagnostic.
- Speaker #1
En plus, on ne peut pas non plus. Donc bon, mais déjà, lui parler de lipodème. Est-ce que dans la famille, vous avez des personnes qui ont aussi... des jambes dites poteaux, etc. Amener le sujet en douceur et après, pour rediriger vers des personnes qualifiées pour diagnostiquer.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut avoir un impact sur la vie de chaque personne ? C'est quoi le tableau clinique classique pour qu'un kiné ou que même les auditrices qui nous écoutent et qui ne sont pas kinésithérapeutes puissent se dire, attends, j'ai des doutes. Là, qu'est-ce qui va m'amener sur la voie de me dire, tiens, j'ai du lipodème ?
- Speaker #1
Alors déjà, tu t'en as parlé, le fait d'avoir de la graisse qui ne parte pas. Donc ça, c'est déjà... Très signifiant, ça parle de soi. Ensuite, c'est une graisse qui est symétrique, qui ne touche pas les extrémités, et c'est une graisse qui est fibreuse. Et c'est une graisse douloureuse. On a souvent des échymoses aussi, des bleus, au niveau des zones d'atteinte. Donc on va dire que ça, c'est vraiment les signes cliniques classiques. Puis après, on a une lourdeur. On peut avoir, comme je l'ai dit tout à l'heure, une perte de mobilité aussi. Mais c'est vraiment une répartition de graisse anormale. Par exemple, on peut avoir le cas typique des mollets qui sont... un peu de la même largeur des cuisses et le haut du corps très fin. Ça, c'est le cliché, on va dire, du lipodème.
- Speaker #0
On rappelle que le lipodème, ça ne touche pas que les femmes obèses.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
vraiment. Cette graisse dysfonctionnelle, elle peut arriver chez des femmes qui font du 36.
- Speaker #1
Bien sûr. Moi, j'ai même ma collègue angiologue qui avait une femme anorexique en face d'elle et qui avait du lipodème. Donc, comme quoi...
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Même dans l'état extrême, on peut en avoir.
- Speaker #0
Tout à fait. Donc, vraiment, si vous avez des doutes, n'hésitez pas à consulter. effectivement, le kinésithérapeute peut être un professionnel de recours pour la qualité de vie, peut être un professionnel de recours pour vous accompagner vers un possible diagnostic. Il peut avoir l'œil professionnel de vous dire peut-être que ça vaut le coup d'aller consulter. Et on rappelle que c'est donc un angiologue qui pose le diagnostic. Ce n'est pas un médecin lambda, c'est un angiologue avec un échodoplaire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Intimiste. On a parlé des femmes qui souhaitaient un traitement conservateur ou qui ne pouvaient à l'heure actuelle que se diriger vers un traitement conservateur. On voit qu'il y a plein de choses à faire pour améliorer leur qualité de vie. Mais il y a quand même toutes celles qui décident de se faire opérer. Et donc, qu'est-ce que tu fais du coup en préopératoire ?
- Speaker #1
Alors déjà, je n'ai pas précisé, mais dans le conservateur, on a aussi les bandages multicouches et des techniques myofaciales. Donc là, les techniques myofaciales, elles sont accessibles à tous les kinés de venir avec ses doigts et essayer de détendre un peu la fibrose. alors c'est un peu moins fun pour le patient, mais ça marche aussi, ça assouplit au niveau des articulations, venir faire une sorte de massage un peu tonique pour venir détendre dessous. C'est déjà, moi je sais que avant d'être équipée, j'avais pu tester ça en recours un peu, en essayant et au final ça marche quand même aussi, donc on peut agir.
- Speaker #0
Pour les kinés qui nous écoutent, ça paraît une évidence, c'est-à-dire à partir du moment où il y a une fibrose tissulaire et que les tissus ne glissent pas les uns par rapport aux autres, ça pose problème. Donc,
- Speaker #1
même si c'est douloureux, des fois, c'est un peu un sujet touchy. On se dit, est-ce que j'y vais, est-ce que j'y vais pas ? Parce que c'est vrai que dans certaines pathologies, on nous a toujours appris à travailler en dessous du seuil de la douleur. Mais là, c'est une douleur. Alors, il faut que ce soit supportable. Il ne faut pas martyriser les personnes non plus. Mais c'est venir travailler en dehors de la zone de confort, mais pour être plus confortable après.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis, c'est tout notre métier de kinésithérapeute, de faire de l'éducation thérapeutique à la douleur, d'expliquer ce qui est une douleur supportable, de ce qui est une douleur non supportable. Après, c'est des patientes qui sont quand même algiques au quotidien. C'est OK qu'elles ne supportent pas ce traitement-là aussi. On les accompagne pas à pas. Tu as parlé des bandages multicouches. Il y a aussi les collants de compression qui sont indispensables pour pouvoir mobiliser les tissus. Donc ça, c'est vraiment le traitement conservateur complet qui va les accompagner. Et puis du coup, en préopératoire, que fait-on ?
- Speaker #1
Alors, en préopératoire, c'est vrai qu'on va utiliser... toutes ces guidelines un peu du traitement conservateur, puisque c'est efficace. On va dire que quelques temps, un petit mois avant l'opération, on va aussi éduquer la patiente à ce qui va se passer après. Donc on va lui expliquer qu'il faut bien porter sa contention, parce que c'est vrai qu'on est venu décoller, entre guillemets, je vais vulgariser, mais décoller la peau, et donc il faut qu'avec la gravité, elle ne tombe pas. Donc la contention, elle va permettre de drainer, mais elle va permettre aussi de recoller un petit peu, on va dire, la peau aux tissus qui sont sous-jacents. Ensuite, nous, on s'est rendu compte avec des chirurgiens qu'en fait, d'utiliser encore une fois une technique d'endermologie, lorsque la patiente est allée au bloc opératoire, les tissus sont plus souples. Et du coup, c'est plus facile pour lui de travailler parce que si vous allez voir sur Internet, on a le gras sain qui va être comme un peu une couenne de jambon et le gras lipodème qui lui va être très fibreux. Donc en fait, nous, en kiné, on va venir faire un petit assouplir tout ça. Et lorsque le chirurgien va ouvrir, ça sera plus doux. Et le post-op sera plus simple et plus agréable.
- Speaker #0
même si ça reste pas une partie du plaisir c'est que la chirurgie quand même ils y vont pas avec le dos de la cuillère c'est pas c'est pas des papouilles non clairement pas et cette graisse pathologique les chirurgiens ils se retrouvent embutés donc c'est une liposuction c'est une canule qui passe entre la peau et les muscles pour aller chercher la graisse et la vraie problématique c'est que cette graisse qui est fibrosée qui fait des nodules etc elle passe pas dans la canule donc déjà ils ont trouvé une technique particulière qui était d'injecter de l'eau pour liquéfier la graisse mais si le travail a été fait en amont par le kinésithérapeute pour justement déjà préparer les tissus les chirurgiens ça n'était déjà aperçu pour d'autres opérations pour des lipoaspirations classique sans pathologie de la graisse mais là toi tu t'es aperçu avec l'accompagnement des patientes que tu as et les chirurgiens te font en retour que leur travail est plus facile et que le résultat est est probablement meilleur, finalement. Donc, le traitement conservateur est finalement aussi le traitement préopératoire, qui est opération ou qui n'est pas opération. Ce qui serait dommage, c'est surtout que les chirurgiens qui nous écoutent, s'il y en a qui nous écoutent, les kinés qui voient des patientes qui ont du lipodème et qui entendent qu'elles vont se faire opérer, ou les patientes qui ont choisi de se faire opérer, qu'elles se disent « bon, je paye déjà cher mon opération » . Je ne vais pas faire des traitements en plus parce que je n'ai pas le budget, parce que je n'ai pas envie d'investir de l'argent dans cette prise en charge. Alors que factuellement, de dépenser un tout petit peu plus pour avoir une prise en charge de kinésithérapie les trois mois avant l'opération, le mois avant l'opération, ça va pérenniser les résultats, ça va avoir des résultats meilleurs en post-op. Un confort aussi plus agréable, parce que si la chirurgie est moins traumatisante, ça fait moins mal après. Donc tout ça mis bout à bout fait qu'en fait, elles ont tout à gagner à faire un traitement conservateur avant l'opération.
- Speaker #1
Complètement. En plus, on va drainer et donc on sait tous que le drainage, ça booste un peu l'immunité. Faire des drainages lymphatiques, on va booster son capital lymphatique. Donc le corps, il va être plus performant. Et c'est vrai que pour l'opération, c'est génial d'être préparé à 100%. C'est un peu comme se préparer à un marathon en fin de compte. Sauf que là, les patientes, elles choisissent entre le voyage aux Maldives ou l'opération. Mais bon, l'opération qui change une vie.
- Speaker #0
Tout à fait. Intimiste. On aimerait que le travail soit fait pour que cette pathologie soit reconnue. J'ai parlé tout à l'heure de l'association Lipro France. Ils sont très investis. Ils ont fait une saisine pour pouvoir faire des recommandations au niveau de l'HAS, qui est la haute autorité de santé, qui nous drive sur ce qu'on doit faire, sur ce qu'on peut faire. Et pourquoi pas, croisons les doigts, peut-être un jour une prise en charge sécu, mais on ne peut pas mener tous les combats. Et ce combat-là, il est déjà de donner des informations aux femmes pour qu'elles choisissent leur parcours de santé en pleine conscience et qu'elles soient sensibilisées. Et puis qu'elles ne tombent pas dans les méandres de professionnels qui seraient peu scrupuleux. Vraiment, l'idée, c'est de se dire qu'il y a des solutions qui existent. et que cette pathologie n'est pas forcément une fatalité, même si elle est difficile à vivre au quotidien.
- Speaker #1
Je pense qu'aujourd'hui, ce n'est pas pris en charge, malheureusement, parce qu'on n'a pas la cause réelle. Il y a des théories avec les oestrogènes, mais comme on ne peut pas objectiver entre une personne et l'autre qu'une a du lipodème et l'autre n'en a pas, par exemple avec une biopsie, une prise de sang, l'écho, ça en fait partie, mais ce n'est pas suffisant pour diagnostiquer d'une personne lambda à l'autre. parce que Par exemple, on peut prendre une personne... d'une soixantaine d'années, qui n'a jamais fait de sport, qui a une tendance à avoir un tissu très fibreux, qui peut ne pas avoir du lipodème. Et au final, à l'écho, si on tombe sur un médecin qui pense que c'est du lipodème, il peut la diagnostiquer de lipodème, alors que pas du tout.
- Speaker #0
C'est toutes ces pathologies qui sont multiples, mais les femmes, on a beaucoup ce genre de pathologies qui sont un ensemble de symptômes qui amènent à la pathologie. On a la même chose pour l'endométriose. Pendant longtemps... On a eu du mal à reconnaître cette pathologie-là parce que les symptomatologies sont complexes. Maintenant, on arrive à se dire qu'il y a endométriose suspectée. Donc, on prend en charge les patientes même si on n'est pas sûr du diagnostic parce que le principal, c'est le confort de vie. On a la même chose avec le SOPK qui est un syndrome. Donc, en fait, la médecine n'aime pas les syndromes parce que ce n'est pas petit a, petit b, petit c. Il y a peut-être ça, il y a peut-être ça, il y a peut-être ça. On ne sait pas trop quoi faire. Il va falloir trouver des solutions et bidouiller. La médecine déteste ça. Et sur le lipodème, on est, la femme se plaint, la femme a mal et elle l'agresse. Mais en fait, le raccourci qui est horrible, mais que tout le monde a et que l'État et la Sécurité sociale a aussi, c'est qu'elle veut se faire payer une liposition gratuite. C'est vraiment ça. En disant qu'elle va se plaindre pour pouvoir avoir sa liposition gratuite, c'est vraiment, il faut déconstruire ça. C'est-à-dire que ces femmes-là, elles sont amoindries dans leurs déplacements, elles ont mal. Ça touche à leur confort de vie, ça touche à leur santé mentale, parce que d'avoir mal en permanence, c'est quand même quelque chose de compliqué à vivre. Les femmes,
- Speaker #1
on se sait.
- Speaker #0
Voilà, les femmes, on se sait. Et vraiment, on est habitué à supporter une douleur d'ailleurs qu'on ne devrait pas supporter. Et quand la médecine en face, déjà, ne reconnaît pas la douleur, et en face, encore plus, dit « non, vous n'êtes pas malade, vous êtes juste grosse » . C'est d'une violence. C'est d'une violence. Donc, effectivement, s'écouter soi-même, se faire confiance, se dire, OK, tout ce que je vis, il y a peut-être d'autres femmes qui le vivent et il y a un écho, c'est déjà un peu de lumière au bout du couloir, quoi. Complètement. Et du coup, pour la prise en charge finale, on va dire, en post-opératoire, qu'est-ce que tu as comme spécificité à proposer aux patientes ?
- Speaker #1
Alors là, ça va être différent de tout ce dont on a parlé juste avant, puisque en post-op, elles ont de l'œdème qui, là, pour le coup, est liquidien. vu qu'il y a eu l'opération. Nous, ce qu'on va faire, c'est qu'on va utiliser des courants, de la radiofréquence qui permettent déjà de « ramollir » l'œdème et aussi de créer, de détendre l'inflammation, de calmer l'inflammation plutôt aussi. C'est vrai que quand on passe la radiofréquence, on touche avant et on touche après, on sent que c'est beaucoup plus liquidien, c'est beaucoup plus souple, même les patientes le sentent. Donc rien qu'on a passé le courant, on ne peut pas faire de l'endermologie tout de suite, ça va un peu de soi, mais bon, je préfère le préciser parce que J'ai déjà entendu des patientes ou des kinés sont venues faire de l'endermo direct après. Ce n'était pas une partie de plaisir. Et au contraire, venir stimuler la peau en aspiration négative, je pense que ce n'est pas une bonne idée tout de suite.
- Speaker #0
Elle a déjà été bien étirée, il faut la laisser se calmer un peu.
- Speaker #1
Voilà, chaque chose en son temps. Faire du drainage manuel doux, faire des bandages, bien mettre les collants. Forcément, on peut commencer de la gym active. Moi, je vais à la gym lymphatique ici. C'est le meilleur ami de la patiente en post-op. justement en pré-op, je leur explique tous ces petits exos qu'elles vont pouvoir faire déjà rien que dans le lit d'hôpital en post-op et elles voient vraiment la différence. Ensuite, commencer à bouger, les stimuler chez elles et parler un peu sur les cicatrices aussi. Bien évidemment. Je pense que déjà, c'est pas mal. Mettre du broie. Celles qui ont une presseau à domicile, elles peuvent utiliser la presseau donc voir avec elles comment l'utiliser.
- Speaker #0
Il y a des bottes de presseau qu'on peut rajouter un adjuvant qui est des Merci. des guêtres, des cuissardes de froid.
- Speaker #1
Oui, c'est pas mal, mais c'est quand même assez onéreux, honnêtement. Donc moi, c'est vrai que je leur dis, écoutez, il y a des packs de froid, vous en mettez avant, après déjà. Celles qui ont une presseau, c'est top. Celles qui n'en ont pas, elles mettent le froid. Il y a aussi des gels froids qui sont très bien. Les gels froids, il faut juste faire attention parce qu'il y a des plaies.
- Speaker #0
D'accord. Et la presseau-thérapie, c'est quand même un outil qu'on a beaucoup dans nos cabinets.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
quels que soient les kinésithérapeutes qui fassent kiné du sport, kiné drainage, c'est un outil facile qu'on a dans nos cabinets. Donc c'est aussi intéressant qu'elle aille une fois par jour, une fois tous les deux jours, sur du post-op immédiat, faire de la presothérapie chez son professionnel de santé. C'est tout à fait envisageable. Intimiste. Moi, ce que j'ai envie de transmettre comme information aux kinésithérapeutes qui nous écoutent, c'est que hum Il y a vraiment des femmes qui se font opérer partout. Potentiellement, elles peuvent aller loin de chez elles pour se faire opérer. Mais le traitement conservateur, le pré-op et le post-op, elles auront besoin que ça soit à côté de chez elles. Elles ne vont pas prendre deux mois de location pour pouvoir avoir tous ces soins à côté de là où elles se font opérer. Ce n'est pas quelque chose de réservé à une population parisienne, à une population très spécifique. Des femmes qui ont de l'hypédème, il y en a partout. Des femmes qui décident de prendre en charge cette pathologie, quel que soit le budget, qui font un prêt à la banque, qui font un prêt familial, il y en a partout. Et elles ont besoin de l'accompagnement des kinés. partout en France. Il ne faut pas se dire, ah non, mais moi, je ne le fais pas parce que je suis dans une région où faire payer des soins, accompagner des gens, c'est compliqué. Non, elles ont besoin de vous. Elles ont besoin de cette prise en charge. Et puis, c'est un parcours de vie long et compliqué parce qu'il n'y a pas qu'une seule opération. Ça, on ne l'a pas précisé.
- Speaker #1
On ne l'a pas précisé.
- Speaker #0
Mais il y a les mollets, il y a les cuisses. Des fois, il y a les cuisses en deux ou trois fois en fonction du volume de graisse. Il peut y avoir le ventre, il peut y avoir les bras. Donc, elles sont parties sur un parcours opératoire qui peut durer un à deux ans. au moins, et l'accompagnement que nous, kinésithérapeutes, on peut avoir, les mots qu'on sait donner à nos patients, le soutien émotionnel, le fait d'être là quand elles en ont marre, quand c'est difficile, c'est quelque chose qu'elles ont besoin aussi et que quelque part on leur doit. Je ne vois pas pourquoi on ne les accompagnerait pas sous couvercle, parce que la vraie problématique, c'est qu'il n'y a pas de prise en charge. Donc sous couvercle, c'est pas remboursé, entre guillemets. Ça serait dommage de ne pas leur... permettre d'avoir ces soins-là. Donc vraiment déconstruire et décorréler ce qui appartient aux soins remboursés, de ce qui appartient aux soins qu'on a en capacité de donner. Et écoutez encore une fois les femmes, si elles ont envie d'avoir ces soins-là, profitons-en pour leur donner. C'est clair. Est-ce que du coup tu as une autre approche ? Est-ce que tu rajoutes autre chose ? Ou c'est vraiment le conservateur comme tu as dit avec que... les bandages, les contentions, la gym, l'activité physique et puis toutes les techniques manuelles de drainage, de mobilisation des tissus qui s'extrapolent sur le préopératoire et puis le spécifique postopératoire.
- Speaker #1
Après, sur le long terme avec le post-op, forcément je réutilise ma troisième main, on va dire, pour homogénéiser le tout, parce que c'est vrai que ça permet de ramollir les derniers petits œdèmes qui restent et d'avoir ce travail putainé que nos mains ne sont pas capables de faire. Mais déjà, toutes les techniques que tu viens de donner, j'ai juste envie de rajouter que tous les kinés sont formés à ça. Donc, il ne faut pas avoir peur d'essayer. Parce que moi, à l'école, on m'avait juste dit, écoute, le lipodème, c'est ça. Ce n'est pas du lymphodème. On ne peut rien faire. Voilà. C'était la réponse pour l'examen. Et puis, c'est les patientes qui m'ont appris toutes ces techniques-là. C'est en essayant. C'est en essayant d'avoir un bon raisonnement clinique aussi et une vision globale. c'est-à-dire que Moi, le travail dans l'hermologie en pré-op, j'ai regardé sur les sites d'articles scientifiques et puis on a vu que c'était utilisé pour une liposuction classique. Alors je me suis dit, pourquoi pas pour le lipodème aussi, sachant que d'autres patientes, moi c'est une patiente qui m'avait supplié de faire du LPG en conservateur. Et moi j'avais aussi un peu cette idée, cette fausse idée de « Ah bah non, ça va faire mal, donc c'est pas une bonne idée, je vais lui faire des bleus. » C'est pas la bonne idée. au final elle m'a suppliée et avec une machine avec des bons réglages quand on l'utilise bien.
- Speaker #0
On fait de belles choses au final. Merci de m'avoir supplié.
- Speaker #1
Il faut écouter nos patientes. Elles ont la réponse. Vraiment, notre job de kiné, ce n'est pas de tout savoir, c'est de bien faire. Par contre, on se doit de donner le meilleur de nous-mêmes. Quand on est bien formé sur des techniques qu'on maîtrise, comme tu dis, en écoutant les femmes et en ayant un minimum de raisonnement clinique, on peut leur apporter du mieux-être. Et puis, l'idée, c'est que les choses vont aussi se structurer. Je vous espérais que de plus en plus, il y aura des formations, des topos, un parcours de soins pour les patientes. Et puis pour nous, professionnels de santé, des solutions pour avoir plus d'informations. Parce que je sais très bien qu'il y a des gens qui vont avoir regardé ce podcast, qui vont se dire, c'est bon, demain, je m'y mets. Et puis, il y en a des confrères qui vont se dire, en fait, ça ne me suffit pas. J'ai besoin quand même d'un petit cours avec un petit A, un petit B, un petit C, parce que j'ai besoin de... d'être sûre de moi quand je vais aller voir les patients. Donc, c'est un cours, c'est en réflexion. On mettra les informations à un légende de ce podcast quand elles seront sorties. Mais on va se structurer pour...
- Speaker #0
Et j'ai déjà ce confrère. Pour ceux qui veulent, j'avais mis en place... En fait, j'avais des patientes qui venaient en dehors de Paris, qui venaient de loin, d'Auvergne, de Marseille. Elles écouteront ce podcast, elles se reconnaîtront. Et qui étaient suivies aussi par un autre qui naît, du coup, chez elles. qui ne connaissaient pas trop ou étaient un peu frileux. Donc, j'avais fait au début des petites guidelines. Sauf que je me suis dit, pourquoi pas structurer un peu ça, faire un bilan avec les recommandations en fonction de la prise en charge, enfin du moment de prise en charge. Et il est disponible sur LinkedIn, accessible à tous,
- Speaker #1
pour ceux qui veulent en mettre le lien aussi en légende de ce podcast. Voilà,
- Speaker #0
c'est déjà un petit truc.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ces renseignements, pour ces informations qui sont extrêmement importantes. pour nous, professionnels de santé, bien évidemment, pour les patientes aussi. Mais elles ont besoin de nous. Et il faut avancer ensemble pour leur améliorer la vie du quotidien, le confort de vie, diminuer leurs douleurs et qu'elles voient un espoir. Donc, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté ce podcast jusqu'à la fin. N'hésitez pas à vous abonner pour ne rater aucun épisode. Si vous écoutez ce podcast sur les plateformes d'écoute, n'hésitez pas à mettre des étoiles, des avis vous savez que c'est ça qui fait vivre mon contenu et si vous regardez cette vidéo sur Youtube posez toutes vos questions en commentaire on y répondra avec plaisir avec Ophélie et je vous retrouve très vite dans mon prochain épisode d'Intimiste Merci chers auditeurs pour votre écoute on se retrouve très prochainement dans Intimiste l'équipe de l'intime à votre service
- Speaker #2
La santé de la femme dans le monde patriarcal, tout ça, on ne va pas développer. On rappelle que le lipédom, ça ne touche pas que les femmes obèses. Et ce combat-là, il est déjà de donner des informations aux femmes pour qu'elles choisissent leur parcours de santé en pleine conscience. Ne te rends pas malade à faire des milliers de régimes pour perdre cette graisse qui ne partira pas. Et ce n'est pas ta faute. La chirurgie, quand même, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère. Et en face, encore plus dit, vous n'êtes pas malade, vous êtes juste grosse. C'est d'une violence. C'est une pathologie qui est un cours de reconnaissance en France.
- Speaker #1
Des femmes qui ont de l'hypédème, il y en a partout. Tellement envie de leur dire, surtout les jeunes filles, ne te rends pas malade à faire des milliers de régimes pour perdre cette graisse qui ne partira pas. Ne fais pas des heures et des heures de sport. Et ce n'est pas ta faute. On est quand même, à l'heure actuelle, sur une patiente sur dix. Et encore, on sait que c'est sous-diagnostiqué. Donc, ça touche énormément de femmes. Cette graisse malade qui ne se déstockait pas, dont je l'ai parlé au début, on disait qu'il n'y avait qu'une seule façon de s'en libérer, c'était l'opération. tu es arrivé à trouver une technique qui permettrait de la déstocker. Il faut quand même rappeler que c'est une pathologie qui est en cours de reconnaissance en France, qui n'est pas reconnue. Pourtant, la première fois où elle a été décrite, c'était dans les années 50. Mais la santé de la femme dans le monde patriarcal, tout ça, on ne va pas développer parce qu'on pourrait y passer des heures. Mais la santé des femmes, on sait très bien qu'elle n'est pas prise en charge. Et comme c'est une pathologie féminine, évidemment, c'est quelque chose qui n'a pas été du tout... du tout pris à sa juste valeur.
- Speaker #0
Le fait d'avoir de la graisse qui ne parte pas, donc ça, c'est déjà très signifiant, ça parle de soi. Ensuite, c'est une graisse qui est symétrique, qui ne touche pas les extrémités, et c'est une graisse qui est fibreuse. Et c'est une graisse douloureuse. On a souvent des équimeuses aussi, des bleus.
- Speaker #1
C'est quoi le tableau clinique classique pour qu'un kiné, ou que même les auditrices qui nous écoutent et qui ne sont pas kinésithérapeutes, puissent se dire, attends, j'ai des doutes. Là, qu'est-ce qui va m'amener sur la voie de me dire, tiens, j'ai du lipodème.
- Speaker #0
Alors déjà, tu t'en as parlé.
- Speaker #1
On rappelle que le lipodème, ça ne touche pas que les femmes obèses.
- Speaker #0
Même si c'est douloureux, des fois, c'est un peu un sujet touchy. On se dit, est-ce que j'y vais, est-ce que j'y vais pas ? Parce que c'est vrai que dans certaines pathologies, on nous a toujours appris à travailler en dessous du seuil de la douleur. Mais là, c'est une douleur. Alors, il faut que ce soit supportable. Il ne faut pas martyriser les personnes non plus. Mais c'est venir travailler en dehors de la zone de confort, mais pour être plus confortable après.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis, c'est tout notre métier de kinésithérapeute, de faire de l'éducation thérapeutique à la douleur, d'expliquer ce qui est une douleur supportable de ce qui est une douleur non supportable. Après, c'est des patientes qui sont quand même algiques au quotidien et c'est OK qu'elles ne supportent pas ce traitement-là aussi. On les accompagne pas à pas. Tu as parlé des bandages multicouches. Il y a aussi les collants de compression qui sont indispensables pour pouvoir mobiliser les tissus. Donc ça, c'est vraiment le traitement conservateur complet. qui va les accompagner. Que la chirurgie quand même, comme on dit, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère. On ne peut pas mener tous les combats et ce combat-là, il est déjà de donner des informations aux femmes pour qu'elles choisissent leur parcours de santé en pleine conscience et qu'elles soient sensibilisées et puis qu'elles ne tombent pas dans les méandres de professionnels qui seraient peu scrupuleux. Vraiment, l'idée c'est de se dire qu'il y a des solutions qui existent et que cette... La pathologie n'est pas forcément une fatalité, même si elle est difficile à vivre au quotidien. Et en face, encore plus dit, vous n'êtes pas malade, vous êtes juste grosse. C'est d'une violence. Il faut avancer ensemble pour leur améliorer la vie du quotidien, le confort de vie, diminuer leur douleur et qu'elles voient un espoir. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci à toi.