- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Inspiré. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Philippe Moreau. Salut Philippe.
- Speaker #1
Salut Fabien.
- Speaker #0
Tu es chef d'entreprise, tu es conférencier, tu es auteur, et aussi et surtout sportif de l'extrême. Tu es pas mal connu dans ton milieu par rapport à ça. J'aimerais revenir sur tous ces sujets. Tu es passionné de sport, d'endurance. On va voir que ton parcours n'a pas été un long fleuve tranquille. Mais j'aimerais parler d'abord de toi, enfant. Et avant tout ça, j'ai une question que je pose habituellement. Comment tu expliquerais ton métier de façon ludique, justement, à un enfant de 5 ans, si tu devais lui expliquer comment tu t'y prendrais ?
- Speaker #1
Comment j'explique mon métier à un enfant de 5 ans ? Le partage et la rencontre, c'est la plus belle richesse. Et mon métier, c'est ça.
- Speaker #0
OK. Et donc, justement, Philippe, quel gamin tu étais ?
- Speaker #1
J'étais un gamin comme tous les gamins, c'est-à-dire un peu feignant, voire beaucoup feignant. Dès que ça ne m'intéressait pas, j'étais feignant. Il y a ça et le ça. Turbulent, comme tous les gamins. Donc, j'ai fait les bêtises, comme tous les gamins. Et puis, j'étais très curieux, déjà. Déjà, petit, j'étais très curieux. Et je pense que c'est un de mes... une de mes notions fortes au niveau de mon caractère, cette curiosité qui m'amène à vouloir tout le temps découvrir des choses. Et ça, ça fait un petit moment que ça dure. Et puis j'avais une passion, c'était la pêche. Mon père a eu la très bonne idée de m'emmener au bord de la rivière pour m'éviter de faire des bêtises. Et c'était une très bonne idée, parce que ça m'a donné tout de suite un aperçu très positif du contact à la nature et du bienfait que ça peut apporter. J'ai vécu ça, j'ai eu la chance de vivre ça très tôt dans ma jeunesse. Ça m'a tenu très longtemps. Je pense que inconsciemment et consciemment, c'est quelque chose qui m'a beaucoup aidé à me construire.
- Speaker #0
La pêche t'apprend la patience aussi ?
- Speaker #1
La pêche apprend aussi la patience. Mais en fait, ce qui est rigolo, c'est que je suis un pêcheur, ce qu'on appelle un no-kill. C'est-à-dire que je rejette le poisson que je prends. Ce qui m'intéresse dans la pêche, c'est surtout le contact extérieur. d'entendre le bruit de l'eau, le bruit des feuilles, le vent, le visage, toutes ces choses-là. Et en fait, aller à la pêche, pour moi, c'est une zone de ressourcement. Et prendre du poisson, c'est une petite cerise sur le gâteau et je suis content, après je les remets à l'eau. Donc la patience, oui. Mais c'est plus l'apprentissage du... Comment on va dire ça ? Il y a des gens qui parlent d'ennui, moi je ne parle pas d'ennui parce que je trouve le mot très négatif.
- Speaker #0
De contemplation.
- Speaker #1
De contemplation, ça c'est sûr. et puis peut-être une petite approche de ce que j'appelle l'oisiveté. C'est quelque chose qui est compliqué pour moi, cette notion de l'oisiveté.
- Speaker #0
On va en parler. Tu viens d'une fratrie de quatre personnes dans une petite commune normande. Quel est le bien s'il y régnait justement ?
- Speaker #1
C'est l'avantage des petits villages. C'est un petit village qui avait 1400 et quelques habitants. Et donc, c'est un village où le soir, tu peux sortir, marcher tranquille. Aller au champ de foire. C'était très court. Tout le monde se connaît. Et moi, j'ai vécu beaucoup dehors. Beaucoup dehors. Parce que d'abord, c'était le début. Je suis un vieux maintenant. J'ai 63 ans. Donc, je suis un vieux. De toute façon de parler. Mais à l'époque, la télé n'avait que peu d'importance. Un truc que je ne ratais jamais, c'était juste Zorro. Parce que Don Diego de la Vega, c'est un truc que tu ne peux pas rater. Et c'est le seul. de contact que j'avais vraiment avec la télé et tout le reste du temps, j'étais plutôt dehors. Et le fait de vivre dans un village, c'est quelque chose d'assez sain, on va dire ça comme ça, parce que je n'avais aucun a priori à aller dehors et j'ai gardé cette sensation-là. Petit village et d'ailleurs, je vis toujours dans un petit village.
- Speaker #0
Et justement, on va parler de ton enfance et de ce moment particulier. Avec la rencontre du sport et la rencontre d'une personne en particulier, ton prof de sport ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. En fait, comme je te l'ai dit, moi j'étais plutôt feignant. J'étais un petit gros qui n'aimait pas trop se bouger parce que je n'avais pas trouvé d'intérêt à le faire. Et un jour, au collège, en sixième, j'ai un prof de sport qui est arrivé, qui s'appelait Florian. Et je ne sais pas ce qu'il a fait, Florian. S'il m'écoute, il sera content de l'entendre. Mais en tout cas, il a été pour moi d'un grand intérêt parce qu'il m'a donné l'envie de m'y mettre. Il m'a donné l'envie de me mettre au sport. J'en ai fait beaucoup, dès qu'il était là, je me suis mis à tout goûter, l'athlétisme, du judo, du tennis, du badminton, et puis du foot, enfin plein, j'ai fait plein plein plein de sports, pour terminer au niveau du handball, puisque lui-même était handballeur, et a pris en main l'équipe du village, et j'ai fait du handball avec lui pendant une vingtaine d'années. Pas un très gros niveau, j'ai dû atteindre le maximum. J'ai joué, c'est en Régional 1, juste avant la Nationale. Je n'avais pas le niveau pour aller au-dessus, mais ce sont vraiment de très bons souvenirs. Et c'est surtout ce qui m'a donné après l'envie de ne plus jamais arrêter le sport. Parce que chaque fois que tu y as goûté au sport, tu te rends compte que ça fait un bien fou, peut-être bâtarde d'enfer et que ton énergie a changé, etc. Donc, c'est grâce à lui. Comme quoi, déjà, tu vois les... les rencontres, il n'y a que ça qui compte, les rencontres dans la vie.
- Speaker #0
Exactement. Et à quel moment le sport est devenu pour toi plus qu'un simple loisir ?
- Speaker #1
En fait, il m'a tellement donné envie de faire du sport que j'ai voulu en faire mon métier. J'ai voulu être prof de sport. Pour ça, à l'époque, il fallait un bac, il fallait passer l'UREPS. J'ai fait tout ça, j'ai eu mon bac, j'ai passé l'UREPS. J'ai intégré l'UREPS, ce qu'on appelle les STAPS aujourd'hui. Et je voulais vraiment faire mon métier parce que je trouvais que c'était cool ce qu'ils faisaient. Donc je me suis dit, on ne va pas chercher plus loin. Je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. Je me suis dit, je vais faire ça comme métier, prof de sport, ça m'a l'air super. Et puis bon, pour des tas de raisons, je n'ai pas pu. Parce que je me suis physiquement trouvé abîmé très vite pendant la première année de mon école durette. Et puis je me suis déchiré un tendon, je me suis claqué une cuisse. En vrai, j'étais un peu abîmé. J'ai appris plus tard qu'à l'époque, c'est un peu comme ça qu'ils faisaient. Ils en éliminaient à peu près un tiers qui ne suivait pas le rythme. Malheureusement ou heureusement, parce qu'en fait, il ne faut jamais regretter ce qui se passe, je n'ai pas été retenu, donc je n'ai pas pu aller plus loin. Donc, de mon rêve d'être prof de sport, il fallait que je fasse d'autres rêves.
- Speaker #0
Tu as trouvé bien ton rêve, on va en parler juste après. Tu dis souvent que tu n'étais pas destiné au sport. Tu crois que... Les plus beaux parcours naissent aussi parfois contre pied ?
- Speaker #1
Moi, je suis archi convaincu, mais archi, archi convaincu qu'en fait, on est entouré d'opportunités. On est entouré d'opportunités et que malheureusement, aujourd'hui, le monde a perdu ce sens de la curiosité parce qu'en fait, les opportunités, elles passent devant nous en permanence et on n'est pas du tout attentif à ça. Et s'il y a un tout petit peu attentif, un tout petit peu curieux... un tout petit peu en éveil, tu t'aperçois que des opportunités, il y en a plein, et il suffit juste de tendre la main et de les choper. Moi, je passe ma vie à faire ça, c'est pour ça que je suis un amoureux des rencontres, parce que les opportunités sont beaucoup plus faciles quand tu vas vers l'autre et que tu vas rencontrer l'autre. Et tu as raison, il suffit juste d'ouvrir les yeux en grand et les oreilles en grand, et de tendre une main, et ça c'est facile à faire.
- Speaker #0
Tu es un homme de rencontre et d'humain, comme on aime le dire. Quels souvenirs tu gardes de tes premières compétitions, de tes premiers défis, justement ?
- Speaker #1
Mes premières compétitions, je n'en garde rien de très précis, hormis l'effervescence du lieu. En fait, quand tu te retrouves dans un stade pour faire un saut en longueur ou faire un 100 mètres ou je ne sais quoi, les souvenirs que j'en garde, c'est des souvenirs d'émotions fortes, un truc qui te prend un peu aux tripes. Tu te dis, je vis un moment. Même si c'était des petits moments ridicules. C'était les championnats académiques. Ce n'était pas grand-chose. Et je n'étais pas très bon en plus. Donc, je terminais rarement dans le trio peut-être. Mais c'était des moments importants. Tu disais, tiens, ce que je suis en train de vivre là, c'est un moment fort. Je me souviens de ces moments-là. C'était fort. Et puis, la rencontre de champions. Parce que dans mes petites compétitions, je me rappelle d'un champion. d'un champion, ça ne va peut-être plus parler à personne, il s'appelait Pogneva, et c'était un des rares Français qui faisait du 100 hauteurs en Fosbury. Pas en Fosbury, comment on appelle ça ? Je ne sais même plus comment ça s'appelle. Si, c'est ça, le Fosbury. Quand tu passes sur le ventre, c'est ça, c'est le Fosbury, je crois, de mémoire. C'était très vieux, et Pogneva, il s'appelait, il était champion de France, et dans mes championnats académiques, il participait pour se qualifier pour les nouveaux championnats français. Et donc, lui franchissait des barres complètement dingues. Et j'étais assez admiratif de ça. Alors peut-être qu'impensièrement, ça m'a donné envie aussi, moi, d'un jour, de pouvoir atteindre des choses qui me semblaient inatteignables. Beaucoup de choses nous semblent inatteignables. Et puis en fait, en s'y mettant, on s'aperçoit que tout est jouable. Pour répondre à ta question, mes souvenirs, c'est plus ça. C'est des moments de forte intensité et de sensation de vivre des moments hors du cadre.
- Speaker #0
Et au niveau des grains sportifs, puisque tu es passionné de l'Inde, on a reçu en première saison Jérôme Fernandez, que beaucoup connaissent et qui est une légende dans l'Inde. Donc on l'attendra.
- Speaker #1
dans un petit épisode comme ça Pépite à écouter là-dessus on a la chance quand même d'avoir des équipes d'or exceptionnelles complètement dingues et qui nous font vibrer et même si moi je ne pratique plus depuis presque 20 ans maintenant mais quand même je continue de suivre ce sport qui me fait vibrer d'une façon incroyable et on a la chance d'avoir des gars complètement dingues sur le terrain des gars des filles d'ailleurs les filles aussi sont magnifiques
- Speaker #0
Et qu'est-ce que Florian, ce prof de sport, a changé en toi ? Au-delà du sportif, qu'est-ce qu'il t'a apporté ?
- Speaker #1
La confiance. Il m'a apporté de la confiance en moi, surtout, et de l'estime de moi. Parce que quand t'es un petit gros qui sait pas trop quoi faire de sa vie, qui se marre bien, qui joue avec des potes, qui va à la pêche et qui fait des bêtises, comme tous les gosses, mais bon, concrètement... Je ne voyais pas bien ce que j'allais faire de ma vie. Et lui, quand il est arrivé, qui m'a mis au sport, sans violence, sans rien, il n'a pas cherché à me convaincre que le sport était la solution. Mais il m'a donné cette envie d'y aller. Et ça, ça a tout changé parce que je me suis rendu compte d'un seul coup que oui, j'étais capable de courir à 100 mètres, que oui, j'étais capable de faire du sport en longueur parce que c'était mes sports de prédilection. qu'ensuite j'étais capable de jouer au tennis, que j'étais capable de jouer aux ondes, ah tiens, mieux encore, la couronne, j'étais pas mauvais, voir que je devenais vite titulaire dans l'équipe, et bien tout ça, forcément, ça te montre que en fait, t'es quelqu'un de pas mal, en fait, tu vois. Donc, estime de soi, confiance en soi, et comme c'est ça dont tout le monde manque, tout le monde manque de confiance en soi et d'estime de soi, ça, je suis archi convaincu de ça aussi. c'est un sujet, quand tu le travailles, c'est bien. Parce que ça te permet d'un seul coup de t'envoler. Donc tu t'envoles.
- Speaker #0
C'est une question que j'aurais imaginée après, mais du coup, ça me permet de rebondir. Est-ce que tu fais une nuance entre la confiance en soi et l'estime de soi ?
- Speaker #1
Oui, l'estime de soi, c'est s'aimer. L'estime de soi, c'est s'aimer. C'est oser s'aimer. Et la confiance en soi, c'est tu t'aimes tellement que tu envisages que tu es capable de faire des choses. Donc, c'est complètement différent. Mais tu ne peux pas avoir confiance en toi si tu ne t'aimes pas déjà. Alors, les gens vont dire, ouais, le mec, il est égocentré, il ne pense qu'à lui, tout ça. Non, non, moi, je pars toujours d'un truc que je nomme, quand je fais mes conférences, j'en parle beaucoup, je parle d'égoïsme constructif. Et je donne toujours le même exemple. Je donne l'exemple de l'hôtesse de l'air. Une hôtesse de l'air, quand l'avion prend feu et qu'il y a de la fumée, plein de cockpits, elle ne se précipite pas sur les passagers pour leur donner leur masque. La première chose qu'une hôtesse de l'air fait quand il y a un incendie dans un cockpit, c'est de se protéger elle-même. Elle se protège elle-même pour ensuite pouvoir aller aider les autres. Et en fait, c'est pour ça que je prends toujours cet exemple, parce qu'il est frappant, parce qu'en se protégeant elle-même, elle est capable d'aller sauver tout le monde. Que si elle ne prend pas soin d'elle-même, elle va en sauver 10, 15, 20. Non, elle ne sauvera pas les 120 passagers. Donc en fait, c'est important de penser à soi d'abord, pour pouvoir ensuite s'occuper des autres et penser aux autres. C'est en ça que je dis qu'il faut s'aimer, il faut considérer qu'on est une belle personne, et on est tous des belles personnes, avec nos qualités et nos défauts. Évidemment que j'ai des défauts, évidemment, comme tout le monde. Mais ce n'est pas parce que j'ai des défauts que je ne dois pas m'aimer. Donc en fait, je pense que cette estime de soi est fondamentale. pour qu'ensuite on soit en capacité de transmettre, de partager et de communiquer, d'aider et tout ça sans filtre en étant vrai. Parce que la vraie difficulté, c'est d'être vrai. Et c'est pour ça que c'est deux choses différentes.
- Speaker #0
D'être vrai et d'être authentique. Et justement, Nego, est-ce que selon toi, c'est un avis mais je voulais avoir ton avis aussi, le mot ego... Il a une connotation péjorative vis-à-vis de certaines personnes, parce qu'on pense, comme tu dis, égocentré, penser qu'à soi, etc. Alors en fait, l'ego, c'est quelque chose qui nous porte, qui nous sert, et dont on a besoin.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. Oui, mais ce n'est pas l'ego le problème. Heureusement qu'on a tous un ego. Heureusement. On a une vraie connaissance de soi et puis plus on grandit, plus on monte en âge. Parce que je n'aime pas le mot vieillir. C'est un concept que je ne comprends pas bien.
- Speaker #0
On prend de l'expérience.
- Speaker #1
Je passe ma vie à grandir. Ça, c'est cool, mais vieillir, je ne vois pas bien le concept. Moi, j'ai arrêté il y a 13 ans de vieillir. J'ai décidé à 50 ans d'arrêter de vieillir. Je ne voyais pas l'intérêt du concept. C'est des choses qui ne m'intéressent pas du tout. Mais en fait, l'ego, c'est ça qui nous permet de nous construire. C'est le sur-ego, c'est de se penser en surdimensionnement qui est compliqué. Et c'est là où ça peut faire très mal, à toi d'ailleurs, à toi et aux autres, mais à toi déjà en premier lieu. Moi, ce que j'aime bien, c'est quand on parle d'ego, on change l'orthographe. L'ego, c'est juste l'ego. On est tous égaux. Je suis égaux avec toi. J'ai ma personnalité, j'ai ma façon d'être, j'ai ma façon d'agir, tu as ta façon d'être, ta façon d'agir, on est égaux là-dessus, il n'y a pas de problème. Et cet égo-là est intéressant, voire même captivant. Donc il ne faut pas confondre égaux et sur-égaux. Il y a des gens qui sont dotés d'un sur-égo, et ceux-là, ils sont assez pénibles, il faut être honnête. D'ailleurs, je les fuis un peu, ça.
- Speaker #0
Ah, mais ça prend de l'énergie.
- Speaker #1
Oui, je les fuis parce que... En fait, ces gens-là ne m'apportent rien de très concret, très positif. Même s'ils ont des parcours souvent quand même aussi assez forts. J'en ai côtoyé des gens comme ça. Ils ont des parcours assez forts. Mais en fait, tu t'aperçois que c'est vite fait de récupérer ce qu'ils ont envie de te transmettre. Parce qu'ils n'ont pas envie de te transmettre grand-chose. Ils te transmettent assez peu. pour pouvoir ensuite te parler vraiment beaucoup d'eux. Je suis mal placé pour dire ça, parce que là, je parle de moi, mais parce qu'on me sollicite pour en parler.
- Speaker #0
Tu peux rire, c'est moi qui t'ai demandé. C'est le but du podcast.
- Speaker #1
Pour être honnête, non seulement ça ne me gêne pas de parler de moi, mais j'aime ça parce que ça me permet effectivement d'aborder des thèmes, des sujets sur lesquels on peut partager des choses. Parce que moi, je pense que je suis un mec normal. Je suis un lambda, je suis un... Je suis comme toi, comme tout le monde. Je suis un monsieur de tout le monde. Je fais des choses que beaucoup de gens considèrent un peu hors cadre, extraordinaires, mais c'est simplement parce que j'ai eu envie de le faire. Et moi, le fait de parler de mes parcours, de mes parcours, parce que j'en ai plusieurs, et le fait de pouvoir en parler beaucoup, c'est pour ça que je fais maintenant un métier de conférencier et que j'interviens dans les entreprises pour ça, ça me permet de communiquer sur le fait que si moi, je suis capable de faire des choses. Mais c'est que toi aussi, tu es capable de faire des choses. Et toi aussi, et toi aussi, et toi aussi. C'est ça qui est important. C'est de comprendre que mon exemple, ce que je vais te raconter, va te mettre en évidence que toi-même, tu es chargé d'un potentiel incroyable. Et ça, c'est une certitude. C'est la chose que quand je romance mes confs, je dis toujours ça. Je dis que vous êtes tous et toutes des gens incroyables, exceptionnels. Et je ne suis pas sûr que vous le sachiez en fait. C'est dommage. Parce que c'est sûr et certain qu'on est tous chargés d'un potentiel de fou. Donc en fait... Parler de soi, ce n'est pas un problème. Si ça permet de déclencher chez l'autre sa propre capacité à grandir. Et ça, c'est un métier que je kiffe, mais alors je kiffe comme ça. C'est trop bien de faire ce métier-là, vraiment trop bien.
- Speaker #0
Justement, on va parler un peu de toi parce que je t'ai défini au début comme chef d'entreprise, coureur de l'extrême, conférencier, coach, écrivain aussi. Je suis auteur.
- Speaker #1
Je suis.
- Speaker #0
Pardon, pas coach, coach de toi-même, c'est déjà pas mal. Tu as vu le robot ? Je voulais aborder avec toi, déjà, la carrière de chef d'entreprise. Tu as commencé en 1998, pardon, j'ai inversé le 89. Donc, assez jeune au final. Et tu as fondé une entreprise qui est devenue ensuite un grand groupe leader sur le marché. Est-ce que tu peux m'expliquer un petit peu déjà ton parcours entrepreneuriat ?
- Speaker #1
En fait, le parcours entrepreneurial, il est assez simple, en fait. C'est que quand j'ai vu que je ne pouvais pas être prof de sport, donc il a fallu que je me réoriente. Donc j'ai fait plein de boulots, pas très passionnants. J'ai vendu des encyclopédies en porte-à-porte. J'ai été éboueur. Il n'y a pas de saut métier. J'ai été éboueur. Puis j'en ai fait plein d'autres. Et en fait, rien ne me plaisait, en fait. Rien ne me plaisait. et en fait je me suis rendu compte après analyse que ce qui ne me plaisait vraiment pas c'est de ne pas pouvoir diriger ce que j'avais envie de faire. Et donc, très vite, je me suis dit, en fait, la seule façon de pouvoir diriger, c'est d'être dirigeant. Et donc, j'ai dit, je vais être chef d'entreprise avec une particularité, c'est ce que je dis dans Intellix d'ailleurs, c'est que je n'ai pas de métier dans les mains puisque j'ai voulu être prof de sport et que ça a raté. Donc, je me retrouvais avec un deuil de géographie, donc si tu veux, avec un deuil de géographie, à part être dans l'enseignement ou être dans la recherche, je ne voyais pas bien comment monter une boîte. Donc, je n'avais pas de métier dans les mains. Beaucoup de gens m'ont dit que ça allait être un sacré handicap. Et moi, à l'inverse, comme tu vas te rendre compte au fil des discussions, je suis plutôt d'un naturel très positif et très optimiste. Je me suis dit que c'est une chance incroyable de ne pas avoir des métiers dans les mains. Parce que ça veut dire que maintenant, je suis open bar. On peut me proposer n'importe quoi. Je vais pouvoir m'y intéresser parce que de toute façon, je n'y connais rien. J'ai qu'une seule chose à faire, c'est d'apprendre. Et je cite souvent un auteur que j'aime beaucoup citer qui s'appelle Alvin Toffler, qui donne la définition des illettrés du XXIe siècle, dont j'ai le bon espoir de ne pas en faire partie. Et cette définition, elle est magique. Elle dit « Les illettrés du XXIe siècle ne sont pas ceux qui ne savent pas lire ou écrire, ce sont ceux qui ne savent pas apprendre des choses, puis les désapprendre pour réapprendre de nouvelles choses. » En fait, c'est celui qui m'a fait comprendre dans la vie que rien jamais serait gravé dans le marbre et que ma vie serait faite d'apprentissage permanent. Donc très tôt, quand j'ai décidé d'être entrepreneur avec zéro métier dans les mains, je me suis dit, ça, c'est rien du tout, il suffit juste que j'apprenne. Et comme à chaque fois, ma vie d'entrepreneur a démarré par une rencontre, parce que ma vie est jalonnée que de rencontres, parce que c'est la seule vraie richesse qu'on peut avoir, elle est gratuite en plus, cette richesse. C'est quand même dingue, on est 8 milliards sur Terre, il suffit de tendre une main et... Et d'un seul coup, ta vie peut basculer. Donc ça, c'est assez génial. Et moi, j'ai rencontré un pote qui était le copain d'un copain qui m'a orienté dans un métier où je n'y connaissais rien du tout. Et puis, je lui ai dit, écoute, comme je n'y connais rien et que toi, tu as l'air de t'y connaître, tu ne veux pas t'associer avec moi ? On s'est associés tous les deux. Et on a monté une petite société de misère où j'ai travaillé tout seul au départ avec mon associé. mais lui avait gardé son job. Et puis, au fil du temps, au fil des découvertes, au fil de la curiosité, on a monté un groupe qui est devenu le numéro un français dans notre cœur de métier. Et j'ai bossé avec cet ami pendant 30 ans. Et ça a été un pur bonheur, un pur bonheur de passer son temps à apprendre. Alors, tu es un entrepreneur, tu prends des claques dans la figure à longueur de temps. À longueur de temps, mais moi, je me situe comme un guerrier, on va dire ça comme ça. C'est-à-dire qu'en fait, les claques, je parle du principe que ça fait partie un peu de la vie normale et que ça pique. Moi, j'aime bien cette expression « ça pique » . Tout ce qu'on fait dans nos vies, c'est normal que ça pique un peu. Il faut arrêter de se plaindre, je ne veux pas que ça pique. C'est normal et même c'est une sacrée bonne nouvelle parce que quand ça pique, ça veut dire que tu as du ressenti et ça veut dire que tu es vivant et pleinement vivant. Moi, je vois ça comme ça. Je ne vois pas ça comme des contraintes. ou des catastrophes qui m'arrivent et il m'en est arrivé plein toi t'es entrepreneur, t'en as plein des catastrophes c'est l'entendu de Brisson ça marche jamais comme tu veux évidemment toi t'as prévu d'aller là et puis tu construis t'y vas pas parce qu'il y a un concurrent parce qu'il y a le marché qui s'effondre il y a plein plein de façons de vivre tout ça et moi j'ai décidé de le vivre en me disant c'est quoi la bonne nouvelle dans cette histoire chaque fois qu'il m'arrive un truc il n'y a qu'un truc qui m'intéresse c'est la bonne nouvelle Il n'y a que ça qui m'intéresse. Donc, ma vie d'entrepreneur, pendant 30 ans, ça n'a été que ça. J'ai monté 7-8 entreprises au total, que des PME, que des petites PME. Et je me suis bien marré. Franchement, je me suis bien marré, même dans tout ce bazar. Je me suis bien marré et j'ai vendu tout mon groupe il y a 8 ans parce que, justement, je ne me marrais plus, en fait. Je ne me marrais plus. Je passais mon temps à... à autre chose que l'entrepreneuriat, en fait. Je passais mon temps à gérer des problèmes de relations humaines, des problèmes de législation, des problèmes de réglementation, des problèmes fiscaux, des problèmes comptables. Et ça, franchement, bon, non, ça, c'est pas pour ça que j'ai signé, moi. Donc, à partir de là, ça m'a ennuyé. J'ai dit, je vends, voilà. Donc, j'ai vendu. Et comme j'avais déjà démarré mon métier de conférencier à côté, pour pour parler de mes histoires de défis sportifs, j'ai mis pied sous pied sur l'accélérateur à fond, sur ce nouveau métier, et depuis je me régale, c'est trop trop bien de faire ce métier de partage, tu entends plein de gens, et tu vois les yeux qui brillent, c'est top, j'adore.
- Speaker #0
Et tu as bien fait parce que ça n'a pas changé. C'est le pire empire. C'est le sujet que tu abordes et qui t'a fait quitter il y a 8 ans. Le groupe, ça représentait combien de personnes et quel volume de chiffres, peut-être, si tu veux en parler, à la fin ? Parce que tu étais parti de zéro.
- Speaker #1
On est parti de zéro. J'ai fini à 74 salariés. On faisait à peu près 6,5 millions de chiffres d'affaires en prestations de services industriels. Donc, c'était très sympa. Et je suis devenu numéro 1 français en 2000. Alors, sans chercher à l'être, parce que la place de numéro un ne m'intéressait pas spécialement. Mais en fait, comme moi, j'ai articulé toute ma démarche d'entrepreneur sur la différenciation. À chaque fois, je cherchais à être différent. Différent de ce que fait mon concurrent, différent de ce que souhaite le marché. Et cette différenciation m'a permis de faire beaucoup de choses en avant-premier. J'étais le premier souvent à faire des trucs. Et puis, à force d'être le premier à faire des trucs, tu termines numéro un. C'est la conséquence, en fait, de tout ça. Mais ce qui m'intéressait, ce n'était pas d'être numéro un. Ce qui m'intéressait, c'était d'être le premier à faire des choses. Ça, ça m'intéressait beaucoup. La découverte, prendre le, entre guillemets, risque, aller là où les autres ne veulent pas y aller parce qu'ils ont peur. Alors moi, j'aimais beaucoup faire ça parce que ça me faisait bien vibrer. Et puis souvent, en plus, on avait raison. d'y aller. Donc, j'ai fait des choses assez dingues. Voilà ce qui fait qu'on a fini numéro 1.
- Speaker #0
Ton côté permanent de défi et de nos limites, on va dire.
- Speaker #1
Ouais. En fait, c'est marrant de savoir où ils sont, de les chercher en permanence.
- Speaker #0
Et de les remettre en question ?
- Speaker #1
De les remettre en question, c'est... Je ne sais pas si tu vois... Enfin si, tu vois forcément. Qui c'est Jean-Louis Etienne ? Un de nos premiers aventuriers polaires. qui est un tout petit monsieur, mais qui est un grand bonhomme, et que j'ai eu la chance de rencontrer, avec qui j'ai pu discuter. Et lui dit, entre autres, on ne repousse pas ses limites, on ne fait que les découvrir. Et j'adore cette phrase, parce qu'en plus, il est bien placé pour en parler. Et voilà, on ne repousse pas nos limites, on ne fait que découvrir des nouvelles limites, parce qu'en fait, on s'aperçoit d'abord que le corps, c'est une machine incroyable, qui est capable de faire des trucs vraiment de fou. capacité de récupération dingue, et la tête, c'est encore pire, mais encore mieux. Et donc, effectivement, tu découvres, tu découvres, tu découvres en permanence, et comme tu découvres des limites nouvelles, tu les exploites, et puis tu te rends compte que là, tu es capable de faire des choses. C'est en ça que je vous disais qu'on est tous chargés d'un potentiel de dingue, et que ce potentiel, il ne demande qu'une seule chose, c'est d'être exploité. encore faut-il qu'on sache où est le bouton power.
- Speaker #0
Du coup, tu parlais de défis. L'un de tes plus gros défis, ça a été notamment le parcours de vie avec une hernie discale qui risquait de te paralyser la jambe. Est-ce que tu peux parler de cette période-là qui a été un peu charnière dans ton parcours au final ?
- Speaker #1
Oui, c'est une vraie charnière parce qu'en fait, c'est ça qui a tout déclenché. Comme quoi, toi, les... Il y a des opportunités dans tout ce qui t'arrive, y compris dans les trucs un peu pénibles. En fait, oui, j'avais une hernie discale depuis très très longtemps, mais je jouais au hand avec ça quand même, ça ne m'empêchait pas de jouer. Je terminais détruit, démoli, mais j'arrivais à jouer quand même. Et puis un jour, cette hernie s'est cassée. Alors, pour te dire à quel point c'est stupide, elle s'est cassée en faisant la vaisselle. Je faisais la vaisselle, je faisais du hand, du squash, du barfoot, je faisais des... que des sports un peu timbrés et tout allait bien. À part que j'avais mal après à froid. Et là, en faisant bêtement la vaisselle, en mettant une assiette à égoutter, j'ai senti une douleur et j'ai cassé l'ernie qui s'est coincée sur l'air sciatique. Et donc, effectivement, qui commençait à me paralyser une jambe. Et donc, il a fallu que je me fasse opérer très vite parce que mon pote kiné me dit que quand ça commence à paralyser les doigts de pied, ce n'est pas bon signe du tout. Et si tu laisses traîner, tu risques de perdre la sensibilité de tes doigts de pied, puis de ton pied, puis de ta jambe. Et donc, je me suis fait opérer. Et en fait, c'est suite à cette opération, où après j'ai fait de la rééducation, tout ça, je me suis retrouvé en fait dans un état... Comment on va dire ça ? Enfin, je n'étais pas bien, je ne me sentais pas bien. J'avais pris 10 kilos, je devenais con, gris, terne. Je ne devenais pas un mec agréable. Et puis, heureusement, je suis bien entouré. Donc, mes amis, mon épouse m'ont expliqué qu'il fallait que je change.
- Speaker #0
si je voulais conserver leur amitié et leur amour. Et donc, j'ai décidé de changer. Et la façon de changer pour moi, ça a été de me mettre à faire quelque chose que je trouvais insensé. Parce que j'aime bien le côté challenge. Et donc, mon copain kiné, qui me soignait, me pose un jour une question simple. Il me dit, écoute, qu'est-ce qui, pour toi, est impossible à faire ? Et moi, j'étais très sportif, mais par contre, il y a un truc qui m'ennuyait à mourir, c'était courir. Le courir, je trouvais ça pénible, mais pénible. Le handball, j'adorais tout ça, mais la course à pied, c'était pénible. Donc, je dis, voilà, courir, je n'aime pas. Et puis, en plus, mon chirurgien m'a dit qu'il ne fallait pas que je cours après l'opération. Je pouvais reprendre le sport, mais pas la course à pied. Donc, ça tombe bien, parce que je n'aime pas ça. Et mon kiné dit, voilà ce que tu vas faire. tu vas te mettre à courir parce que c'est un challenge pour toi et comme t'es un gars de challenge ben tu ça va te requinquer et tu vas repartir du bon pied alors on s'est pas mal bagarré sur le sujet parce que je te rappelle que je n'aimais pas ça du tout et puis je marche beaucoup à la confiance donc mon pote un jour il me dit écoute t'as confiance en moi alors tu te tais et tu fais ce que je te dis moi je te dis que tu peux te mettre à courir je suis ton killé je sais de quoi je parle allez cours je me mets donc à courir après il me repose une deuxième question Qu'est-ce qui, pour toi, dans la course à pied, est impossible à faire ? Et à l'époque, je disais, mais les mecs qui font des marathons, dans ma tête, c'était des givrets. Les mecs, ils font 42 kilomètres non-stop. C'est n'importe quoi. Et donc, il me dit, voilà ce que tu vas faire. Tu vas faire un marathon. Et il dit, ça, ça va vraiment te challenger. Donc, pareil, on se frite un peu. Ça se termine toujours de la même façon. tu fais confiance, oui, alors tu t'es, puis tu t'entraînes et tu fais un marathon. J'ai dit, OK, je vais faire ça. Je pensais sincèrement que je n'allais en faire qu'un dans ma vie. J'ai dit, si j'en fais un, il faut que j'en fasse un peu mythique. Je me suis inscrit à New York. Quitte à faire un marathon, autant en faire un beau. On va faire New York. Je suis parti faire New York et j'ai kiffé grave. C'était trop bien. C'était trop bien. Et depuis, j'ai 80 000 kilomètres au compteur parce que je n'ai jamais arrêté de courir. Et ma vie est devenue la course à pied, les défis sportifs un peu dingues en course à pied. Et voilà, ça a démarré comme ça. Ça a démarré en fait, ma carrière, ma carrière entre guillemets, il ne faut pas exagérer, sportive, est née en fait d'une problématique, d'un problème médical. Et en fait, de ça est née une sorte de résurrection. Et depuis, je kiffe grave tout ça, c'est trop bien.
- Speaker #1
Et puis, tu as aimé te challenger, puisque à un moment, on a pris le marathon de New York. Tu t'es dit, tiens, pourquoi pas rajouter du défi et aller faire un marathon au Pôle Nord ?
- Speaker #0
C'est toujours mon pote, Kiné, qui, pareil, un jour, voit que je suis un peu emballé maintenant par la course à pied. Et il m'invite à... Ça va faire plaisir aux gens, ça, parce que c'est une histoire vraie qui est simple. Mon pote m'invite à manger chez lui un soir. ce que font tous, on fait tous. Il me sert un apéro, ce que tout le monde fait. Il m'en sert deux, il m'en sert trois. Et à l'époque, je ne buvais pas beaucoup. Donc trois petits ponches, j'étais un petit peu gai. Et quand il a vu que les yeux brillaient, il m'a fait lire un article dans Jogging Magazine pour me montrer qu'il y avait un marathon qui existait au Pôle Nord, le marathon le plus froid du globe au Pôle Nord, au moins 40 degrés. Et il me dit, tu vois, regarde, il n'y a jamais aucun Français qui a participé à cette course. Et il m'en regarde. Il me dit, si les premiers Français, c'était nous. Et c'est parti comme ça, l'idée. À chaud, je ne prends jamais de décision, surtout quand j'ai de petits pouces dans le nez. Mais de façon, par principe, jamais de décision à chaud. Je prends toujours un peu de temps de réflexion quand même. Et le lendemain matin, on s'est inscrit sur le site et on a validé qu'on serait les premiers Français à faire le marathon de plus froid du globe. Et ma vie... d'aventurier a démarré vraiment là parce qu'une fois qu'on est parti faire ça et en plus on a bien fini, en plus on a fini quatrième de la course donc c'était plutôt pas mal on était 54 concurrents il y avait 12 nationalités et puis on a fait des choses un peu particulières pour s'entraîner, à l'époque on est passé sur toutes les chaînes télé parce que on s'entraînait dans les congélateurs industriels donc forcément ça a attiré la télé deux fous qui s'entraînent dans des congélos par moins 30 Il dit c'est quoi ces deux mecs ? Donc là, on a eu droit à une certaine médiatisation. Et c'est comme ça qu'en fait, tout s'est engrangé. Parce que quand tu commences à être un peu médiatisé, et puis qu'en plus, tu décides derrière d'aller en Antarctique. Parce que personne au monde n'avait fait le pôle Nord et le pôle Sud la même année. Donc on s'est dit, une première mondiale, ça va être nous. Donc voilà, on est partis là-dessus. Puis ça s'est enchaîné. Puis les partenariats sont arrivés quasiment tout seuls. Et puis après, on n'a jamais arrêté. Parce que ça nous a fait plaisir.
- Speaker #1
Et ce que tu ne dis pas, mais si je ne me trompe pas, tu as fait le marathon. Et le lendemain, tu as fait un 5 km.
- Speaker #0
Oui, ça c'était en Antarctique.
- Speaker #1
En Antarctique.
- Speaker #0
En Antarctique, c'était marathon et le lendemain, un sans-borne. Tu connais la phase de récup ? Non, mais moi, je récupère d'une façon particulière. Je ne fais jamais de récupération passive, en fait. Jamais. Je ne fais que de la récupération active. Donc, pour moi, ma façon de récupérer, c'est de faire du sport autrement. Par exemple, en allant nager, en faisant du vélo, en changeant de rythme, en étant moins dur. je fais travailler les fibres musculaires d'une autre manière, ça c'est ma façon de récupérer, alors c'est une façon que je suis quasiment dans l'obligation de faire puisque, je te l'ai dit tout à l'heure j'ai 63 ans, j'ai quand même fait plein de choses et je suis quand même un peu abîmé, j'ai des bobos un peu partout donc si je m'arrête si je fais de la récupération passive mon corps me redit tout de suite où j'ai mal donc ça devient une souffrance Et la reprise, après, elle est très, très dure à faire. Alors, je la fais, mais elle est très dure. Elle fait mal, quoi. Alors, à chaque fois que je suis blessé, je suis obligé de faire ça. Mais encore, même quand je suis blessé, je continue quand même un tout petit peu. Je vais marcher, je fais attention, mais je ne m'arrête jamais vraiment complètement parce que la reprise est trop difficile. Donc là, pour répondre à ta question, oui, voilà, la récupération, il n'y en avait pas. Et puis, ce qui était rigolo, c'est que moi, je n'avais jamais fait de 100 km de ma vie, en fait. Donc le premier 100 bornes de ma vie que j'ai fait, c'est en Antarctique, dans des conditions un peu ubuesques, et après avoir fini 3e la veille du marathon.
- Speaker #1
Et t'as fini 3e aussi, de 5 km la novembre.
- Speaker #0
Ouais, mais alors c'était pas très compliqué de terminer 3e, parce qu'on était pas très nombreux, je sais plus combien on était, je crois on était 17 je crois au départ, enfin voilà, on était pas très très nombreux.
- Speaker #1
Pour une récupération active, c'est pas mal.
- Speaker #0
C'est pas mal, c'est pas mal.
- Speaker #1
Finir 3e, et tu... tu t'es mis du coup à pas mal de challenges j'ai une question juste avant de de dérouler le reste combien de fois tu as détesté ton bot de kiné quand tu jamais quand tu courais ok jamais jamais alors moi je me suis non pas détesté mais quasiment sur chaque défi sportif je
- Speaker #0
me suis toujours dit à un moment donné mais qu'est-ce que je fais là mais qu'est-ce que je fais là mais pourquoi je fais ça quoi mais t'es un tarail c'est trop dur ce que tu fais ça à chaque fois à chaque fois il y a toujours eu un moment où je me suis auto-flagellé en me disant mais c'est n'importe quoi ce que tu fais. Bon, ça ne dure pas longtemps. Ça ne dure pas longtemps parce que très vite, je me rends compte de là où je suis. C'est-à-dire, quand tu es en Antarctique, tu as beau te flageller en te disant, pourquoi je me tape un sans-borne alors que hier, j'ai fait un marathon. Puis, tu regardes autour de toi, tu te dis, mais je suis en Antarctique. À quel moment dans ma vie, je peux être en Antarctique ? À quel moment, je peux aller au Pôle Nord ? À quel moment on peut vivre des moments pareils ? Donc, allez, arrête de t'autoflageller, vas-y. Mais pour répondre à ta question, mon pote, jamais je ne l'ai incriminé en quoi que ce soit. Au contraire, c'est quand même grâce à lui que j'ai vécu tout ça. Même si aujourd'hui, on ne se voit plus depuis 7-8 ans, parce que nos horizons ont changé. On n'est pas raché. Il y a juste nos horizons différés. On ne se voit plus. Mais à chaque fois, je le remercie. Parce que sans lui, jamais j'aurais vécu ça. Au même titre que lui, sans moi, il n'aurait jamais été au Pôle Nord.
- Speaker #1
Bonsoir. Et dans ces courses, ça a été quoi le plus difficile pour toi ? Est-ce que ça a été la douleur, la solitude, le mental ? C'est quoi le plus dur à gérer ?
- Speaker #0
Non, le plus dur à gérer, c'est le physique. C'est le physique. Le physique. Oui, parce que c'est toujours des conditions qui sont un peu extrêmes. Parce que c'est ça qui m'amuse, c'est d'aller chercher les extrêmes. Extrême froid, extrême chaud, extrême dénivelé, extrême longueur. Enfin, du moment qu'il y a un extrême quelque part, ça m'amuse et c'est là que je vais. Le plus dur à chaque fois, c'est le corps. Le corps, ça a beau être une machine de dingue, rapidement, il crie le corps. Il dit, t'es gentil, mais ça fait mal. Donc, pour être très honnête, j'ai été, ce que je dis souvent en conférence, j'ai été un bourrin moyen pendant très longtemps. C'est-à-dire que mon corps se plaignait, m'envoyait des messages, et moi, je lui disais de se taire. Et il dit, c'est moi qui commande, point barre. Ça a duré quelques années où ça l'a fait. Puis au bout d'un moment, le corps s'est rebellé. À la cinquantaine, quand j'ai eu 50 ans, le corps s'est rebellé. Et là, j'ai tout caché. tout, les ligaments, les muscles, tout pétait. J'étais devenu rien. Je ne pouvais plus arquer. Et là, je me suis rendu compte que ce n'était pas intelligent de faire ce que je faisais, c'est-à-dire de dire à mon corps de se taire alors qu'il me voit ici. Depuis, je fais tout l'inverse. Je l'écoute beaucoup, j'en prends soin, je le gère beaucoup mieux et j'écoute tous les signaux qu'il me voit, ce qui me permet à... à 63 ans aujourd'hui, de continuer de m'amuser à faire des trucs un peu barrés parce que le corps est toujours présent.
- Speaker #1
On va parler des trucs un peu barrés, mais avant tes 63 ans, tu en as fait quelques-uns. C'est-à-dire que deux ans après l'attraversée de l'Antarctique et de l'Arctique, tu y es, pourquoi pas tester le show. Je vais faire la course la plus dure au monde, en fait qui est réputée comme l'une des plus dures au monde au Nevada, avec plus de 50 degrés. On s'en plaît, Miguel. Justement. Voilà, à bas de votre heure. 46 heures de course seulement. Donc là, tu t'es mis en challenge en plus. Et puis là, tu t'es dit, tiens, maintenant, si je m'attaquais à des pays, donc je vais commencer par traverser la Méditerranée, la Arame, puis après, je vais faire la traversée de l'Alaska, la Namibie, l'Australie, et j'en passe. À quel moment tu t'es dit, l'extrême, ça y est, j'ai touché le bout ? Est-ce qu'à un moment, tu t'es dit, c'est bon, j'ai fait le truc le plus faux ou j'ai pas compte idée ?
- Speaker #0
Alors en fait, moi ce qui m'intéresse, c'est pas de faire plus haut, plus loin, plus fort. Même si mon parcours, il faudrait penser ça, mais c'est pas ça qui m'intéresse. Il y a plein de gens dans mon entourage qui, à chaque fois qu'ils me voient partir sur un défi un peu dingue, ils me disent, mais faut pas que tu ailles quoi. Ils disent ça avec beaucoup d'amour et beaucoup de bienveillance. Prends soin de toi, fais attention, ce que tu t'apprêtes à faire c'est complètement fou. Tu vas te faire mal, c'est dangereux, enfin bon bref, etc. Donc en fait, moi je ne supporte pas le danger en fait. Je ne supporte pas le danger pour deux raisons majeures. La première, c'est que je suis marié, j'ai des enfants. Ensuite, je suis patron d'entreprise, donc j'ai des salariés, j'ai des gens qui comptent sur moi pour faire tourner le business. Et donc, il faut que je rentre, il faut que je rentre. Donc, le danger ne fait pas partie du programme, jamais. Ça ne veut pas dire qu'il n'est pas présent. évidemment le danger est présent quand tu traverses la vallée de la mort aux états unis au mois de juillet qui fait 50 degrés que le sol à 90 degrés et que tu cours 217 km avec 4000 positifs dans ces conditions là évidemment que le danger est présent mais il ya façon d'appréhender le danger et moi je l'appréhende en analysant les risques en cherchant à les maîtriser au maximum donc par exemple revient sur la bad water là le show moi je sais pas ce que c'est 50 degrés, je ne connais pas moi. En Normandie, il ne fait jamais 50 degrés. Et donc, pour savoir comment mon corps va réagir par 50 degrés, j'ai fait l'inverse du pôle Nord où il faisait moins 40, où on s'était enfermé dans des congélateurs pour comprendre. Là, je me suis enfermé dans des saunas. J'ai mis les home trainers dans des saunas, je les réglais à 50 degrés et je m'entraînais dans les saunas. Parce que je veux absolument comprendre comment les choses fonctionnent pour justement maîtriser les choses et ne pas être en danger. Et c'est en ça que je dis que les gens sont tous des audacieux, parce que l'audace, c'est juste avoir connaissance des risques et chercher à les maîtriser au maximum. Et là, notre audace devient, elle ressort, parce qu'intrinsèquement, on est tous audacieux. Dans nos gènes, l'audace est là. On s'est tous, un jour, à 9 mois ou 11 mois ou 12 mois, on s'est tous mis sur nos deux pieds pour voir comment le monde marchait plus haut. Quand tu réfléchis bien, c'est... C'est une audace complètement d'un dos. On est bien, on est dans un petit cocon avec des coussins partout parce que papa et maman nous ont mis des coussins partout. Et nous, on ne pense qu'à une seule chose, c'est monter sur nos deux pieds pour voir un peu comment ça se passe là-haut. Donc en fait, la curiosité, elle est là, elle est intrinsèque, elle est chez nous. L'audace, le fait de passer à l'action, elle est là aussi puisqu'on l'a fait déjà. Donc en fait, il suffit juste de réveiller cette audace et d'arrêter d'avoir peur de tout. Et pour ne pas avoir peur de tout, il faut avoir connaissance des choses.
- Speaker #1
et donc c'est la compréhension et la connaissance qui fait que tu peux passer des gaps et que tu passes en dépassement j'aime bien ton analogie de l'enfance parce qu'on arrive à faire ça tout en ayant échoué plusieurs milliers de fois donc c'est génial de se rappeler de cette audace que l'on a tous su j'ai l'impression que toi au delà du défi sportif tu le dis c'est plus la compréhension du moment et la quête est-ce qu'on peut parler au delà du défi que pour toi c'est une sorte de spiritualité du mouvement, ou que tu as cherché vraiment toute autre chose ?
- Speaker #0
On peut en parler complètement, parce que c'est vrai. En fait, je passe mon temps à comprendre qui je suis, comment je fonctionne, avec qui je fonctionne et quelles sont mes capacités. Ça m'intéresse de savoir jusqu'où je peux pousser le bouchon. Alors, pour répondre à ta question de tout à l'heure, pas pour faire toujours plus fort et plus loin et plus beau. Je n'ai même pas répondu à ta question tout à l'heure, mais une fois que j'ai vu traverser un continent en courant, l'idée, ce n'est pas de dire, je vais en traverser un autre et puis encore un, puis faire… Au lieu de faire 100 km par jour, je vais faire 110. Ça n'a pas de sens. J'ai fait ma traversée du continent. Je suis content. J'ai appris des tas de choses sur moi. C'est ça qui est intéressant. Sur cette quête, quand j'ai traversé l'Australie, j'avais 55 ans. J'ai fait ça en 2018. J'avais 55 ballets. Franchement, je pensais bien me connaître. Vraiment, je commençais à bien saisir le bonhomme que j'étais avec mes capacités, mes forces et tout ça. Et là, sur cette traversée de l'Australie, comme tu dis, c'est une sorte de méditation, en fait, quand tu cours. Tu es tout seul, tu es dans le milieu du bush australien, les conditions sont un peu rock'n'roll, tu vois, parce qu'en Australie, tu as quand même toutes les saloperies du monde, elles sont là-bas. Les araignées venimeuses qui piquent tes morts en 48 heures, elles sont là-bas. Je crois que sur les 10 serpents les plus venimeux au monde, il y en a 8 qui sont en Australie. C'est un milieu assez inhospitalier. quand tu traverses le bouche aux frayens, il n'y a rien. Il n'y a rien, c'est le désert tout le temps, Et tu cours tout seul au milieu de tout ça. Tu as le temps d'être en une sorte de méditation. Et là, tu t'aperçois que tu es en fait différent encore de l'homme que tu crois être. Et tu découvres des choses. Entre autres, moi j'ai découvert des tas de choses. Mais la chose fondamentale que j'ai découvert en traversant l'Australie en courant, c'est mes états de faiblesse. J'ai découvert des états de faiblesse. mais à un degré que jamais j'aurais pensé les atteindre. Pour te donner un ordre d'idée, j'ai fait un TEDx là-dessus. Au 2997ème kilomètre, c'est très très précis, je me suis effombré. J'étais à terre, au sol, avec l'incapacité de me relever. L'incapacité de me relever. J'étais dans un état de faiblesse XXL. Tu me dis, j'aime bien tout ce qui est XXL, mais là, ça fait bizarre de te retrouver à terre en larmes, alors que moi, je ne pleure pas beaucoup quand même, parce que les guerriers, ça ne pleure pas, c'est des conneries qu'on apprend quand on est gamin. Et donc, moi, je ne pleure pas beaucoup et là, je suis en larmes, au sol et il me reste 740 kilomètres à faire et je ne vois pas comment je vais faire. Et ça, d'un seul coup, tu... Un, tu prends une grosse claque dans la figure. Et deux, quand tu te relèves, parce qu'évidemment, je me suis relevé, avec l'aide de l'autre, avec l'aide de mon équipe qui était là, qui m'a balancé de l'amour, mais incroyablement puissamment, incroyablement puissamment. Et ils n'arrêtaient pas de me dire que j'étais un mec incroyable, que j'étais un mec super. Ils m'en ont balancé, mais de dingue. Et cet amour-là qu'ils m'ont donné, ça a engendré une force supplémentaire. complètement folle, et je me suis relevé, et je me suis remis à pauvre. Et donc, quand tu découvres tout ça, quand tu découvres cette capacité que je ne connaissais pas, qui s'appelle l'émotion, c'est bête de dire ça, mais je n'avais pas compris encore à 55 ans que la partie émotionnelle qu'on a tous en nous, ça fait partie du triptyque gagnant, en fait. Et moi, avant, c'était corps et mental. Tout le monde disait que j'avais un mental de dingue, ce qui doit sûrement être vrai. Moi, je ne me rends pas compte, mais les autres disent que c'est vrai, donc ça doit sûrement être vrai. Et physiquement, effectivement, je suis capable d'enquiller des trucs un peu fous. Mais je n'avais pas compris que l'émotion faisait partie du triptyque gagnant. Il a fallu que je me cogne 2 997 kilomètres dans le bouche australien pour le comprendre. Donc oui, tu as raison, on est dans une sorte de spiritualité, sans que ce soit le côté divin de l'histoire. Spiritualité dans le sens, meilleure compréhension de soi, meilleur Oui, meilleure compréhension de soi. Moi, il faut que je me mette dans ces configurations-là pour le découvrir.
- Speaker #1
Et c'est ça qui te permet de transformer la douleur en moteur ?
- Speaker #0
Exactement. Ce qui est même incroyable, c'est que la douleur qui t'avait anantie quelques temps auparavant, qui t'avait mis au sol, avec un corps qui te dit « basta, c'est bon, t'arrêtes, il y en a marre » , cette douleur, c'est tout juste si tu la ressens derrière. C'est pour ça que c'est complètement fou. C'est pour ça que je dis que le corps et la tête, c'est complètement dingue de ce qu'on est capable de faire. Mais il a fallu que j'ai cette émotion-là. pour quasiment que la douleur soit mieux qu'acceptable. C'est-à-dire qu'elle fait partie du jeu. Moi, je suis comme tout le monde, je n'aime pas souffrir. Je ne suis pas un kamikaze, je ne suis pas un fou. J'ai horreur de souffrir. Par contre, depuis tout le temps, je te l'ai dit tout à l'heure, la notion de sa pique, c'est une notion que je trouve complètement normale. Quand je me suis relevé, après cet épisode émotionnel fort, j'ai retrouvé... Cette notion de « ça pique et c'est normal » . Donc, quand tu es en train de faire une traversée d'un continent, tu vas t'enquiller 4000 bornes au courant, c'est un peu normal que ça pique.
- Speaker #1
Tu dis souvent que les dépassements de soi, ça permet de donner du sens à sa vie. Est-ce que tu peux nous raconter ce que ça signifie pour toi ? Des exemples que tu as donnés là ?
- Speaker #0
Alors, en fait, comment je vais t'expliquer ça de façon simple ? Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que... Je cours pour me faire plaisir. Les aventures que je vis, la première chose pour laquelle je les vis, c'est pour me faire plaisir. Et c'est hyper important de le dire, parce qu'il ne faut pas déconner, la vie, elle est faite pour qu'on se fasse plaisir, qu'on prenne notre pied, quoi. Elle va passer très vite, cette vie. Tu vois, j'ai 63 balais, je n'ai rien vu passer, moi. Ça va vite, quand même. Et donc, il faut... Il faut être en capacité de prendre ce plaisir. Mais après, il faut être honnête, ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas de faire ça. Donc comme moi, j'ai la chance d'être un tout petit peu médiatisé, en moins maintenant, mais à une époque, j'étais un petit peu plus, je me suis dit, il faut que ça aide, que ma médiatisation ne serve pas à moi, parce que ça n'a aucun intérêt. Une fois que tu as fait le cacou devant la caméra, deux, trois fois, bon, tu t'aperçois que ça ne sert pas à grand-chose quand même. donc j'ai dit que cette médiatisation serve à quelque chose ou à quelqu'un Donc tous mes défis sportifs, mais tous sans exception, je les ai faits parce que ça me faisait marrer de les faire, mais c'était à chaque fois pour me soutenir à une cause quelconque. Alors une cause ça peut être, pendant très longtemps on a couru pour les enfants, on a été dans les écoles, on a beaucoup beaucoup intervenu dans les écoles, on a quasiment 3000 gamins qui nous ont suivis sur nos différents périodes sportives, à l'époque je courais avec Hervé, et puis après on a couru pour la mucoviscidose. Non pas que je sois atteint, je ne suis pas du tout atteint, heureusement, ni moi, ni ma famille, ni personne. Mais parce que je trouvais que c'était chargé de sens, pour rebondir sur ta question, je cherchais à y mettre du sens dans ce que je faisais. Et là, du souffle pour un souffle. Nous, on a besoin du souffle pour faire nos bêtises et se faire plaisir. Et les gamins atteints de mucoviscidose, ils ont besoin du souffle juste pour vivre. Juste pour vivre. Parce qu'en fait, ils meurent, parce qu'à un moment donné, ils ne peuvent plus respirer. parce qu'ils ont les poumons tellement pris, tellement encombrés, etc. Donc j'ai trouvé que courir pour cette cause-là, ça me donnait un sens incroyable à ce que je faisais. Et c'est là où c'est génial, parce qu'il y a toujours un effet boomerang dans tout ce qu'on fait. Quand tu fais pour l'autre, c'est pour ça que le mot altruisme, c'est un mot qui est compliqué à comprendre, parce que quand tu fais pour l'autre, normalement c'est gratuit, tu vois. L'altruisme, c'est je fais sans attendre un retour. Moi j'aimerais être altruiste, mais j'y suis jamais en fait, puisque j'ai toujours du retour. Parce que ce sens que tu donnes quand tu fais quelque chose pour quelqu'un, il te met une force démultipliée. Le nombre de fois où je me suis relevé dans mes défis sportifs, parce que je me disais, celui ou celle ou la cause pour qui je cours, attendent que je termine, attendent que je sois finisher. Donc vas-y, tu te relaies et tu y vas. Alors que des fois, moi je disais, basta, ça va, fatigué, mal, trop mal. Et à chaque fois, on se relève et on y va. Parce que j'ai mis du sens dans la... dans ce que je faisais.
- Speaker #1
Qui devait une cause plus grande que toi.
- Speaker #0
Qui devient quelque chose de plus fort que moi. Pas spécialement plus grand, mais plus fort en tout cas. Et ça me pousse, et comme ça me pousse, derrière, je me découvre. C'est pour ça que je te dis, il y a cet effet boomerang qui est incroyable. C'est que tu te découvres tout le temps, tu t'aperçois que t'as ça comme capacité en plus, tu es capable aussi de faire ça, t'es capable de générer ça. C'est dingue. Et donc, moi, j'ai toujours une cause qui travaille ce sens, justement, dans mes défis.
- Speaker #1
Ça permet de te révéler le sport, tu le dis très justement. Et d'ailleurs, parmi tes défis, il y en a un que tu as fait l'an dernier, moi, que j'ai trouvé assez dingue, pour parler des enjeux climatiques, puisque tu es associé à Time for the Planet, qui est de faire non pas un marathon, mais comme un marathon, c'est 42 kilomètres et quelques. c'est faire 42 marathons en 42 jours et en plus de ça le soir, récupération active des conférences de 42 minutes pour parler de ton parcours et des saisons de jeu climatique.
- Speaker #0
Eh bien oui. En fait, tu vois, je suis tellement branché sur mes t-shirts et tout ça. Ça s'appelle Team for the Planet maintenant. C'est Puitimes Team, l'équipe pour la planète. Et ça, c'est la nouvelle cause pour laquelle je cours. Ça fait quatre ans que je cours pour eux, quatre ans que j'invente des défis pour eux. Et en fait, effectivement, ce que j'ai fait l'année dernière, ce Tour de France, en courant, 42 marathons en 42 jours. En fait, ils n'avaient qu'un seul objectif, c'était d'attirer l'attention. Moi, ça me fait rire de faire ça, ça me fait marrer, c'est mon truc à moi, ça me fait rire de faire 42 marathons en 42 jours. Mais en fait, ce qui était intéressant, c'était de réunir les gens le soir, dans la conférence, pour parler de Team Faust de Planète, et inciter, non pas convaincre, parce que convaincre, ça ne sert à rien, ce qu'il faut, c'est donner envie. Et cette conférence cherchait à donner envie aux gens de nous rejoindre chez Team Fossil Planet parce que c'est une aventure entrepreneuriale hors norme XXL qui est géniale et sur laquelle on est dans le concret. Moi, j'ai eu la chance de rencontrer et de côtoyer les fondateurs. Je suis copain maintenant avec Arthur Obeuf qui est un des cofondateurs. Et rencontrer ce gars-là, je l'ai rencontré, il avait 25 ans. Quand ils ont créé ça, ils avaient 25 ans les Mekinson. 25 ans, des cerveaux qui tournaient à une vitesse de dingue, et ils ont décidé de monter cet écosystème complètement fou pour qu'on agisse, qu'on arrête de dire la planète part en vrille, c'est pas bien, c'est pas bien, c'est pas bien, ok, mais la question d'après, c'est qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ? Et eux, ils ont eu cette idée géniale de se dire puisque les gens ne savent pas quoi faire. Les gens, toi, moi, l'individu, lambda, le citoyen lambda. C'est vrai qu'on ne sait pas quoi faire. C'est vrai, on fait attention au tri de nos déchets, on mange moins de viande, on fait tout ça, c'est super. On fait attention à l'eau qu'on utilise. C'est super, d'ailleurs, on est 8 milliards. Si on était 8 milliards sur Terre à faire attention à ce qu'on fait, déjà, les choses iraient beaucoup mieux. Mais fédérer 8 milliards, c'est dur. Mais concrètement, des fois, là, mais moi le premier, on se dit, mais concrètement, ça sert à quoi tout ce que je fais ? Ça sert à quoi de couper l'eau du robinet quand je veux brosser les dents ? Alors, on a du mal à voir. Alors, ça sert, mais on a du mal à voir. Eux, ils nous disent, on va vous proposer un écosystème qui va vous permettre de vous rendre compte que ce que vous allez faire va porter ses fruits. Et donc, avec Team Faux de Planète, qui est une aventure de dingue, ils décident d'aller chercher des actionnaires dans le monde entier, pas d'aller quémander de l'argent, d'aller chercher des actionnaires qui vont payer des actions. Moi, j'ai acheté des actions chez Team Faux de Planète dès le début. À hauteur de mes moyens, tu mets ce que tu veux, tu mets 10 balles, 20 balles, 1000 balles, 1 million. Il y en a qui ont été jusqu'à mettre 5 millions d'euros quand même. 5 millions d'euros, c'est un truc énorme. Le plus petit actionnaire a dû mettre 1 euro, mais on s'en fout parce que ça accueille tout le monde. Et avec ces actions qu'on a achetées, aujourd'hui on est 130 000 aujourd'hui en France, 130 000 actionnaires. On a levé quasiment 40 millions d'euros. on a déjà créé 15 sociétés qui ont comme objectif le même que toutes les sociétés, c'est-à-dire de gagner de l'argent pour pouvoir continuer de se développer, mais elles n'ont qu'une seule mission, c'est de s'occuper des gaz à effet de serre pour essayer de régler le problème du dérèglement climatique. Parce qu'aujourd'hui, tout le monde est d'accord, il y a encore quelques-uns qui disent que c'est du pipo, il y a un gars qui s'appelle Donald, je crois, Trump, je crois qu'il a dit que c'était la plus belle...
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
qui est la plus belle escroquerie de tous les temps, et je pense que la plus belle escroquerie, c'est lui, mais à part un ou deux comme ça qui sont un peu bizarres Aujourd'hui, tu vois bien, il y a des tempêtes partout, ça part en vrille de partout. Donc le dérèglement climatique, il est clairement présent. Donc maintenant, c'est action. Et donc chez Team for the Planet, nous, on rentre en action, c'est-à-dire qu'on fait des choses pour s'occuper des gaz à effet de serre. Donc s'en occuper, c'est éviter d'en démaquer, les capter, les transformer. En tout cas, on s'en occupe dans un truc très concret qui s'appelle une entreprise. Donc on crée des entreprises. Et moi, l'argent que j'ai mis dans Team Flot de Planète, l'argent que tu vas mettre ou que tu as peut-être déjà mis, parce qu'au cas où ce n'est pas fait, je t'incite à nous rejoindre, évidemment. Et puis, vous tous qui nous écoutez, je vous incite à y aller parce que c'est une aventure incroyable. Et c'est une aventure qui, en plus, va vous mettre des étincelles dans les yeux. C'est une aventure qui va vous habiter. Et c'est une aventure pour laquelle vous allez vouloir faire encore plus que mettre 10 balles, 20 balles ou 100 000 balles. C'est une aventure qui va vous inciter à vous lever le matin en vous disant qu'est-ce que moi je peux faire pour aider cet écosystème. Et alors moi, ma façon de faire les choses, c'est que je sais courir, je sais faire des conférences. Bon, ben, il est nouveau. On va faire un tour de France, je vais courir, je vais faire des conférences. Et puis j'ai d'autres idées. J'ai une idée qui est en cours de réflexion là, où je vais faire un truc aussi encore pour eux l'année... Pas l'année prochaine, mais dans deux ans.
- Speaker #1
Écoute, on se tiendra debout dans deux ans.
- Speaker #0
On se verra à l'arrivée.
- Speaker #1
Exactement, tu parlais de ce lien entre le sport l'engagement et l'engagement au sens pluridisciplinaire puisque tu en parles avec Team for the Planet de façon très convaincante et convaincue est-ce que tu aurais un message à passer aux jeunes sportifs qui nous écoutent ou même à des personnes lambda qui ont ces moments de doute par lesquels tu es passé ou toi en forme plus jeune tu as dû faire face ?
- Speaker #0
j'ai un message pour tout le monde, sportif ou non sportif. En fait, ce message, il est simple. C'est que aujourd'hui, tout le monde fait ça. Ah mon Dieu, mon Dieu, pas la tête, pas la tête. Mon Dieu, la guerre en Ukraine. Mon Dieu, le Covid. Mon Dieu, la crise économique. Mon Dieu, la crise financière. Mon Dieu, mon Dieu, pas la tête, pas la tête. Qu'est-ce qui nous arrive encore ? Il faut arrêter ça. Il faut arrêter ça. Ce qu'il faut que les gens comprennent, c'est que oui, c'est vrai, aujourd'hui... Le monde est chaotique. C'est vrai. Il est même extrêmement chaotique. C'est vrai. C'est complètement vrai. Ce qu'il faut juste se rendre compte, c'est que le monde a toujours été chaotique. Toujours. Il y a jusqu'aujourd'hui, on a tous les outils de communication pour s'en rendre compte à une vitesse grand V. C'est-à-dire, aujourd'hui, tu as une mouche qui pète au Mexique et tu es au courant sur les réseaux deux heures plus tard. C'est ça. Aujourd'hui, on a une conscience accrue que le monde dans lequel on vit est un monde chaotique. Et c'est comme ça qu'il a évolué, le monde. Il a toujours évolué avec le chaos. On en parlait tout à l'heure avec mon propre parcours. Ma vie a été générée par un chaos physique qui a été cette fracture de mon hernie viscale qui aurait pu me paralyser une jambe. Et d'un seul coup, moi, ça avait fait au contraire un effet positif, de rebond positif pour que ma vie soit enthousiasmante et exaltante. Moi, j'adore ce que je fais et j'adore ma vie. Et pourtant, je vis dans le même monde que toi, dans ce monde chaotique. Donc en fait le message que j'ai à passer il est simple, c'est que oui le monde est chaotique et la question qu'on a à se poser c'est pas mon dieu mon dieu que faire pour plus qu'il soit chaotique, ça n'a aucun intérêt parce qu'il va être chaotique, il a toujours été chaotique. C'est comment je peux faire pour cheminer dans ce chaos. La seule question que vous devez vous poser si je peux me permettre, c'est comment je dois cheminer, comment je dois continuer d'avancer, me mettre en mouvement, me mettre en action dans ce monde qui est chaotique. Et je peux vous assurer que des chemins pour naviguer dans ce chaos, mais il y en a plein. Et par exemple, Tiff aux planètes fait partie de ces chemins qui nous permettent d'avancer dans ce monde soi-disant chaotique. Et quand les gens me disent, parce que c'est toujours ce qui vient derrière, « Ouais, mais t'es marrant Philippe, je ne sais pas par où aller moi. Est-ce que je vais par là, par là ou par là ? J'en s'éfléchis trop rien. Je n'ai pas de compétence particulière. » Je réponds aux gens, on... s'en fout. Là où tu veux aller, on s'en moque. Va. Va quelque part parce qu'à chaque fois que t'iras quelque part, à chaque fois que tu t'engageras quelque part, tu vas faire un truc de dingue, c'est que tu vas avoir la plus belle richesse au monde. Sur tous les chemins que tu peux emprunter, il y a du monde, il y a des gens. Tu vas rencontrer Pierre, Paul, Sandrine, Martine, Jacqueline, peu importe qui. Et ces gens-là, avec qui tu vas échanger, Parce que c'est tellement facile d'échanger. La preuve, c'est ce qu'on est en train de faire ensemble. On échange, c'est facile d'échanger. Ces gens-là vont peut-être allumer une lumière dans tes yeux, allumer une étincelle dans ton cerveau qui va te dire « Ah ouais ! Eh ben ouais ! » Mais bien sûr, c'est par là que je veux aller. Quand moi, je parle de Team Faust de Planète, je dis « Vous pouvez y aller, allez-y en confiance. Ce chemin-là, il est génial. Vous pouvez y aller les yeux fermés. Faites-moi confiance. » Moi, ça fait 4 ans que j'y suis. C'est trop bien. Et le chaos, je m'en fous, mais je m'en fous. Ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est d'aller là.
- Speaker #1
Et justement, dans le monde d'aujourd'hui, qu'est-ce que tu observes chez les gens lorsqu'ils sont face à leurs limites ?
- Speaker #0
Mais la peur ! Les gens ont peur ! Les gens ont peur de tout ! Mais ouais, c'est fou, c'est fou ! Alors qu'en fait, la peur, c'est un levier. C'est un moteur. Bien sûr que c'est un moteur. C'est normal d'avoir peur, on tombe bien. Moi aussi j'ai peur de plein de trucs, c'est normal.
- Speaker #1
C'est même rassurant, si on vient au sens premier du terme.
- Speaker #0
Tu sais, il y a... Je ne sais pas si tu connais... Alors j'ai oublié son nom, mais il y a un... Un grimpeur, j'ai oublié son nom, c'est un Américain qui grimpe des trucs à main nue sans être sécurisé. Il a fait par exemple avec le capitaine en solo, qui est une paroi très difficile à faire aux Etats-Unis, que les grimpeurs connaissent s'ils s'amusent à regarder ça avec le capitaine. Et lui il a fait ça comme ça, à main nue, et en fait à un moment donné il s'est inquiété parce qu'il n'avait pas peur. et il dit putain c'est pas normal que j'ai pas peur là parce que ce que je suis en train de faire je suis un être humain, je devrais avoir peur en fait il avait une atrophie à l'hippocampe donnez moi et donc ça lui avait annulé la peur donc il est obligé de conscientiser qu'à cet endroit là il devrait avoir peur mais il ne l'a pas donc il conscientise qu'il devrait avoir peur pour être hyper attentif à ses prises et tout ça tu vois c'est un sujet vachement intéressant la peur la peur fait partie de la vie, c'est normal qu'on ait peur La peur, c'est juste un indicateur qui a l'extrême gentillesse de nous avertir qu'il y a un sujet à traiter. C'est génial. Donc en fait, quand la peur arrive, il ne faut pas en avoir peur de la peur. Il faut lui dire merci. Merci de m'alerter. C'est un indicateur absolument génial qui m'alerte qu'il y a un sujet qu'il faut traiter pour passer quand même. Parce que le monde, on est envahi de... blocs qui nous gênent, c'est nos peurs. On passe notre temps à en avoir plein tout le temps. Mais merci de m'indiquer ça. Et puis qu'est-ce que je fais pour ? La réponse elle est souvent il y a 80% des réponses se gèrent par un truc. N'y va pas seul. T'as peur ? Va avec quelqu'un. Fais-toi accompagner. Ne reste pas seul. 80% de nos problèmes peuvent être gérés par le seul fait de ne pas rester seul. Ça ne veut pas dire que tu ne vas pas être dans l'action seul, mais par contre, tu vas la préparer avec un autre, avec une autre, avec d'autres, avec plein de gens. Moi, mes défis quand je cours, je cours tout seul, je suis tout seul sur la route, mais j'ai une équipe autour de moi qui m'attend tous les 6 kilomètres pour vérifier que je vais bien, me donner à boire, me donner à manger, s'occuper de ma logistique, etc. Mais quand je cours, je suis seul, mais je sais qu'ils ne sont pas loin. Ça annihile ma peur. Je te disais tout à l'heure avec Hervé, on est partis au pôle Nord tous les deux parce que sans Hervé j'y vais pas et Hervé sans moi il y va pas. Mais tous les deux on y va parce qu'en fait le fait d'être à deux ça annihile nos peurs. Jamais j'aurais imaginé traverser un continent en courant, l'Australie en plus, c'est un truc un peu hostile, mais jamais de ma vie j'aurais envisagé ça sans être accompagné et bien accompagné évidemment. Donc, ce qui est intéressant, c'est ça. Pour revenir sur ton sujet de la peur, c'est que la peur fait partie de la vie, c'est normal. Et qu'un des moyens le plus simple pour que la peur devienne ton allié, c'est de l'appréhender avec quelqu'un. De l'appréhender avec l'autre. Donc, ne jamais rester seul. C'est pour ça que la rencontre, c'est la plus belle des richesses.
- Speaker #1
Il me reste quelques questions pour terminer l'épisode que j'aurais aimé te poser plus personnellement.
- Speaker #0
Je suis balade, excuse-moi.
- Speaker #1
Ah non, on est là pour ça. Il n'y a aucun problème. Si tu pouvais parler à la version de toi-même au Philippe, jeune, on ne voit pas l'opération, qu'est-ce que tu lui dirais maintenant que tu as accompli tout ce chemin, que tu as grandi ?
- Speaker #0
Je lui dirais fais ce que tu as fait. Je m'explique. On parlait des peurs il y a 20 secondes. Quand j'étais gamin... J'avais des potes, comme tout le monde, avec qui on jouait un peu. Et eux avaient un ami parisien. Un ami parisien qui m'impressionnait. Parce que d'abord le mec était beau gosse. Il avait 3 ans de plus que moi et que mes amis. Donc 3 ans de plus quand t'as 10 ans, ça joue. T'as 10 ans, il en a 13, t'en as 13, il en a 16. Bon on vit pas les mêmes choses. Et il m'impressionnait par contre, je sentais... J'avais ce sentiment que le côtoyer pourrait m'aider à appréhender la vie d'une autre façon. Alors, quand j'étais gamin et que j'avais 10 ans, évidemment, je ne réfléchissais pas comme ça. Mais quand je fais l'histoire de loin comme ça, c'est ça qui me revient à l'idée. Et j'ai eu le courage. d'y aller, d'aller le rencontrer. Alors qu'il me faisait peur en fait. Il me faisait peur parce que je trouvais l'homme être vachement plus talentueux que moi, plus beau que moi, plus riche que moi. le mec il est pas qu'est-ce que je vais côtoyer ce mec là ce mec est beaucoup plus il est XXL par rapport à moi j'ai pris mon courage à demain j'ai dit je veux le rencontrer je vais aller discuter avec lui et c'est la première démarche de rencontre que j'ai faite dans ma vie et encore une fois avec Thierry on ne se voit plus depuis 20 ans peut-être même 25 encore une fois parce que nos horizons ont changé on n'est pas rachés si je le croise dans la rue j'irais lui dire bonjour problème, mais on ne se croise plus parce que nos horizons ne sont plus les mêmes. Mais ce mec-là, ça a été ma toute première vraie rencontre, celle qui a changé ma vie, qui m'a permis de me réorienter. Donc s'il fallait je reparle à ce petit garçon de 10 ans, j'ai dit surtout change rien, putain t'as bien fait de faire ça, parce que c'est ça qui t'a permis derrière d'avoir la vie que t'as eu derrière. Donc, bien vu.
- Speaker #1
Qu'est-ce que t'aimerais... Que l'on retienne de toi ou de tes interventions quand tu fais des TED, des conférences. Qu'est-ce que t'aimerais que l'on retienne s'il y avait une phrase, une pépite ?
- Speaker #0
Le truc que je veux à chaque fois que les gens retiennent, c'est qu'ils comprennent qu'ils sont exceptionnels. Je veux que les gens comprennent que ceux qui m'écoutent ou me lisent, puisque j'ai la chance d'écrire aussi des bouquins, comprennent qu'ils sont exceptionnels. Et c'est pour ça que je te disais tout à l'heure que mon métier est fabuleux, juste parce que tu as une posture, posture physique, posture mentale, la façon dont structure ta pensée, juste parce que tu as cette posture et que tu la partages aux autres, j'ai des retours. Ça fait dix ans que je fais ce métier maintenant, donc j'ai de plus en plus de retours de gens qui m'écrivent des petits mots en me disant six mois, deux ans, trois ans plus tard. Ils me citent, ils me citent. Il me dit, on t'a vu en conférence, t'as dit ça, t'as dit ça. Et moi, ça a fait un choc chez moi. Et je me suis pris en main et j'ai fait ça, Et donc c'est ça que je veux... C'est ça le seul message que je veux transmettre. C'est n'oubliez jamais que vous êtes des êtres exceptionnels, que vous avez un potentiel de dingue. Cherchez la personne qui va être le déclencheur. Alors si c'est moi, c'est super. Si c'est pas moi, ça n'a aucune importance. Il y en a forcément un quelque part dans votre fécosystème. Allez chercher ce déclencheur. ce que les gens appellent des fois des mentors, allez chercher votre mentor et vivez une vie XXL. C'est ça le message.
- Speaker #1
Justement, merci pour ces mots. Tu parlais de bouquins. Donc tu en as écrit plusieurs sur ton parcours, sur tes différentes aventures. Il y en a un qui vient de sortir sur les boosts du lundi sur comment se préparer pendant les 5 ans de la prochaine semaine. Est ce que tu peux nous en parler un peu plus ?
- Speaker #0
Ouais c'est un bouquin j'ai adoré ça. En fait je me suis rendu compte d'un truc c'est que même quand t'es très optimiste comme moi même quand tu as du boost de l'énergie à revendre et que tu n'as qu'une envie c'est d'envoyer la sauce grave et ben malgré tout le lundi matin tu sais quand tu viens de passer le week-end avec ta famille que tu as fait du sport, que t'as vu tes potes, que t'as vu des coups. et que tu as trouvé que la vie était vachement sympa quand même. Et puis que le lundi, tu as des rendez-vous pour le boulot, pour aller faire une conf, peu importe ce que c'est. Tu as des petits coups de mou. Je me suis dit, merde, c'est quand même ballot d'avoir un petit coup de mou alors que moi je suis plutôt d'un naturel optimiste. Alors qu'est-ce que ça doit être pour les gens qui n'ont pas cette énergie naturelle ou cet optimisme naturel ? Donc je me suis dit, je vais écrire un bouquin où chaque début de semaine, un truc qui va se lire très vite, trois pages, ça se lit en cinq minutes. Je vais aborder 52 thèmes, peu importe les thèmes, il y a plein de trucs à dire sur plein de thèmes différents. Je vais aborder 52 thèmes et sur ces 52 thèmes, je vais mettre un coup de boost et je veux que les gens lisent ça le lundi en prenant leur café avant d'aller au boulot et ils vont repartir avec une énergie de dingue. Et pour que cette énergie soit transformatrice, je les incite dans le bouquin, chaque lundi de chaque semaine, à s'engager eux-mêmes sur quelque chose. Mais des fois, c'est rien du tout. C'est d'aller tendre une main à quelqu'un, dire bonjour à un inconnu. C'est de chaque matin de cette semaine, je vais démarrer ma journée avec un énorme sourire. Même si j'ai des emmerdes, je vais démarrer ma journée avec un énorme sourire. Ça, c'est des engagements qui sont des fois presque ridicules. Certains peuvent être considérés comme farfelus, mais ça n'a aucune importance. Parce que ça veut dire que si on s'amuse à jouer le jeu, à la fin de l'année... mine de rien, on aura fait 52 modifications de posture. 52 choses qui ont fait que ta posture a commencé à changer. Et à la fin de l'année, tu t'apercevras que tu n'es plus tout à fait le même mec ou la même nana. et que d'un seul coup, tu es beaucoup plus énergisé, tu es beaucoup plus boostant, tu es beaucoup plus dynamisant, que tu donnes envie plus aux gens de te côtoyer. Et ça, ça va transformer ta vie. Et c'est pour ça que j'ai écrit ce bouquin que je l'ai appelé « Boost du lundi » . Parce que tous les lundis, il nous faut un petit coup de pied au cul pour qu'on puisse démarrer avec du...
- Speaker #1
Je suis hâte de pouvoir lire ce livre. D'ailleurs, on mettra le lien pour suivre tes aventures, tes expériences et le lien du bouquin sur...
- Speaker #0
pas description de tout mes bouquins sont accessibles uniquement sur mon site où il y a sur mon site il y a tout il y a les vidéos de mes défis sportifs il y a tout donc si tu mets ça voilà les gens ils vont voir dessus et puis on mettra le lien vous le retrouverez du coup en description de
- Speaker #1
cet épisode on arrive à la fin de cette interview Philippe est-ce qu'il y a un sujet que l'on n'a pas abordé que tu souhaiterais aborder ou on a fait le tour ?
- Speaker #0
non non j'ai déjà beaucoup parlé j'ai déjà beaucoup parlé Et... Dante ? Euh... En fait, moi je pense que la vie c'est que des projets. Euh... En tout cas la mienne elle est faite que de projets. Est-ce que j'aurais que les gens comprennent juste pour qu'on termine sur cette phrase là : "Même si les gens me prennent pour un extraterrestre, me prennent pour un cinglé, me prennent pour un fou, ça ne me pose aucun problème, juste quand je parle de tout ça, j'en parle pour paysager mes propos." et faire comprendre à chacun qu'on a tous des écosystèmes. On vit tous dans un écosystème particulier. On a tous des gens autour de nous. On a tous des appétences particulières. Et qu'il n'y a pas besoin de faire des trucs considérés comme dingos, comme moi je peux faire, pour vivre tout ça. Ce qui compte c'est de s'arrêter deux secondes, mais vraiment de s'arrêter deux secondes sur soi, et de comprendre mieux qui on est. Et il ne s'agit pas de faire du XXL, de faire de la démesure. Même si moi, c'est ce qui m'amuse. Mais pour d'autres, ça va être de se mettre à faire de la peinture, de se mettre à faire de la musique. Et tout ça dans une catégorie qui sera la leur. Il n'y a pas de jugement à avoir là-dessus. Je dis souvent aux gens qui me disent « je me suis mis à courir en tout ça, mais moi je ne fais que 10 bornes » . Je dis « mais chacun ses podiums, chacun ses podiums » . On a tous nos envies, on a tous nos envies d'extravagance et on a tous des extravagances différentes. on ne doit pas juger là-dessus. Surtout, ne vous bridez pas. Personne ne vous bridez pas. Allez là où ça vous fait plaisir. Allez là où vous allez sentir que ça va bien vous énergiser. Et vive la vie. Il faut y aller à fond.
- Speaker #1
Super. Merci pour ton message. Continuez à croire en vous, à écouter, à transmettre, à partager ce genre d'histoire. Merci à toi. Philippe pour ton dynamisme ta simplicité et ton accessibilité d'avoir partagé tous ces parcours de vie et de pouvoir s'apparenter à tout ça et se l'approprier je l'espère que ça pourra donner la petite étincelle qu'il faut à certains d'entre vous merci à toi merci à vous également d'avoir écouté cet épisode que vous pouvez retrouver sur Youtube en vidéo, sur LinkedIn ou sur Instagram et en version audio sur Spotify Deezer, Apple, Amazon Vous avez l'habitude. Merci encore et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode de D'Inspirer. Salut !