- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Ramuros, une conversation au cœur du bureau des leaders de l'immobilier d'entreprise. J'ai la chance aujourd'hui d'être aux côtés de Nordin Achini, président directeur général de Kaufmann Road. Bonjour Nordin.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Avant de commencer, je voudrais débuter par un petit exercice. Pour te présenter, j'ai demandé à notre IA de faire ton portrait chinois. Je vais te lire quelques mots et tu vas me dire ce que tu en penses et te présenter pour nos auditeurs. La première proposition de Lya dans ce portrait chinois est « Si Nordine était un lieu, ce serait un quartier qui prend vie là où les plans deviennent un foyer. »
- Speaker #1
C'est joli. J'aimerais bien que ce soit le cas, mais effectivement, c'est une belle image.
- Speaker #0
Je pense qu'effectivement, ça fait partie aussi de ta volonté de transformer la ville et ce que tu fais depuis déjà des années.
- Speaker #1
C'est un peu le rôle d'une entreprise comme Kaufmann & Braun, effectivement, d'apporter, pas simplement de construire des logements, mais de construire un environnement dans lequel nos clients, que ce soit des particuliers, que ce soit des investisseurs, aient accès à un endroit où ils ont envie de vivre, et pas simplement d'habiter.
- Speaker #0
Je suis tout à fait d'accord. Si Nordine était un élément, ce serait le rock au cœur de la tempête.
- Speaker #1
Ça va me faire rougir, parce que je trouve que c'est très flatteur aussi. Je pense que c'est un peu le rôle des dirigeants que de rassurer. C'est peut-être un peu has-been de dire ça, mais je pense que c'est aussi le rôle d'un dirigeant d'entreprise que de protéger son entreprise et pas simplement de suivre les phénomènes de mode. Il y a une responsabilité qui consiste à dire qu'on nous confie les clés d'une entreprise. On y travaille un certain temps et on doit rendre l'entreprise au moins en aussi bon état, si ce n'est en meilleur état, qu'au moment où on la confie.
- Speaker #0
Et dans un contexte, effectivement, qui n'est pas évident justement à suivre quand on veut faire du bien à son entreprise.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Alors, s'il était une architecture, ce serait la poutre maîtresse qui garantit la solidité de l'édifice.
- Speaker #1
C'est toujours très flatteur. C'est un peu proche. Il est biaisé, l'IA, je pense que ça doit être la formule payante. Je crois que quand on paye, il est beaucoup plus sympa que quand c'est la version gratuite. En tout cas, c'est une sorte de répétition de ce qui était dit avant. Encore une fois, je pense que c'est le rôle d'un dirigeant et pas simplement de se laisser embarquer par les éléments, mais de piloter l'entreprise à travers les éléments.
- Speaker #0
Allô ? Alors, pour être totalement objectif, c'est une IA qui appartient à JLL, qui s'appelle JLL-JPT, donc qui n'est pas justement biaisé, mais ça doit être l'ensemble des éléments, effectivement.
- Speaker #1
Vous pouvez l'encher comme commercial, il est très bien votre IA.
- Speaker #0
On prend, alors merci. S'il était un geste, ce serait le maintien du cap par gros temps avec la conviction du bâtisseur. On est à peu près sur, effectivement, les mêmes éléments. Ça revient, en tout cas, l'IA considère que c'est un élément fondateur. Encrage et parcours, pour commencer, nous sommes dans ton bureau. Est-ce que ce lieu te ressemble ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais personnalisé mes bureaux. Là autour, il y a juste une photo, et encore c'est récent. C'est la photo du motard sur l'Arlée Davidson, ancienne, qui est très ancienne d'ailleurs. C'est le seul élément personnel qu'il y a dans le bureau.
- Speaker #0
C'est le film de moto ?
- Speaker #1
Je suis fan de moto et de bateau, de grandes passions.
- Speaker #0
J'étais à l'endurance du Touquet ce week-end. Ah oui ? Ça, c'est quelque chose. C'est quelque chose, effectivement. Pour les amoureux de la moto, ça fait vibrer. Tu as aussi des œuvres d'art dans ton bureau.
- Speaker #1
Oui, mais elles sont là. Je les aime bien, mais on ne peut pas dire que ce soit... Ce n'est pas moi qui les ai choisies. Mais après, je les aime bien. J'aime bien l'œuvre.
- Speaker #0
C'est très élégant, en tout cas. C'est très agréable. Si nous remontons à tes débuts chez Bouygues Construction, y a-t-il une rencontre qui a été déterminante dans ton parcours ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu un patron qui était le PDG de Bouygues Travaux Publics, Michel Cotte. Donc moi, je faisais des grands projets d'infrastructures à l'international où il y avait beaucoup de risques. Il fallait à la fois prendre beaucoup de risques, les gérer et développer puisque c'était quand même, moi j'étais directeur du développement à l'époque. Et il m'a énormément appris justement sur cet équilibre entre gestion des risques, la posture à avoir tout en étant ambitieux sur le développement. Et en fait, on va faire des parallèles avec le bateau, la voile, avec l'idée d'être toujours manœuvrant. C'est-à-dire qu'on peut prendre à être ambitieux sur les projets. Il y a beaucoup de variables, beaucoup d'incertitudes. et le plus important. C'est de gérer cela avec les partenaires, les clients en toute transparence pour pouvoir être justement mobile et aboutir sur le projet. Donc, il m'a beaucoup inspiré.
- Speaker #0
Donc, ça, c'est une leçon qui te sert aujourd'hui au quotidien ?
- Speaker #1
Tout le reste de ma carrière, oui, je l'ai rencontré. Je devais avoir 28-29 ans à l'époque. Et il m'avait confié beaucoup de responsabilités sur des très gros projets. J'ai fait des autoroutes en Afrique du Sud, tunnels en Allemagne. Donc... en étant toujours très loin des bases, donc ça demandait une certaine autonomie et il était très inspirant.
- Speaker #0
Tu es à la tête de Kaufmann & Broad depuis 2014. Si tu devais décrire l'évolution de ta propre vision du métier, quel serait le plus grand changement ?
- Speaker #1
Kaufmann & Broad, qui est un promoteur qui a pratiquement 60 ans maintenant, donc un promoteur très solide, quand je suis arrivé, c'était un promoteur qui était quand même assez orienté sur le logement. sur des opérations qui étaient d'une taille relativement limitée. Il n'y avait pas nécessairement cette culture du projet. Peut-être pas nécessairement une culture technique très forte, alors qu'elle existait dans l'entreprise, mais elle n'était pas nécessairement mise en avant. Et donc les deux grands changements, ça a été d'abord, ma première décision, c'était de mettre les responsables techniques dans les comités. Ça m'avait surpris de ne pas les voir. Alors qu'on est, avant d'être promoteur, on est d'abord des constructeurs, à mes yeux. Ce que nos clients achètent, ce n'est pas un acte de promotion, mais c'est un immeuble, une plateforme logistique, des logements construits, bâtis, de qualité. Donc c'était de remettre la technique au cœur du dispositif. Et puis aussi de dire, on a des talents, je ne vois pas pourquoi on n'utiliserait pas ces talents pour faire des projets de plus grande envergure. se développer dans l'aménagement, dans l'immobilier entreprise, et tout ça avec les équipes qui étaient en place. Les talents étaient là, ils ne demandaient qu'à ce qu'on leur donne une chance de s'épanouir.
- Speaker #0
C'est la définition du leader que tu indiquais, la responsabilité aussi de faire faire aux collaborateurs ce qu'ils aiment et ce qu'ils savent faire très bien.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Bravo. Quel serait le projet dont tu es aujourd'hui le plus fier chez Kaufmann & Brode, en regardant en arrière ou en avant ?
- Speaker #1
Alors, la réponse naturelle, parce que c'est un projet très structurant pour l'entreprise, ce serait de dire bien évidemment notre projet de la gare d'Austerlitz, qui est un projet qui a marqué une part importante de l'évolution de l'entreprise, qui est donc un projet tertiaire, où on a aussi l'infrastructure de parking, on construit aussi en CPI des commerces. Mais il y a aussi un autre projet qui marque une vraie différence. C'est le projet de Reims, où on aménage un peu plus de 60 000 m2. On est vraiment aménageur, donc on construit entièrement un quartier, y compris le système de chauffage par géothermie, qui est très innovant. On permet l'implantation d'une école, qui est l'école de commerce Neoma. On va construire des logements, des commerces. Et ça, c'est une vraie rupture, une vraie évolution plutôt de l'entreprise, comme je le disais tout à l'heure. où on construit un quartier complet. Et puis on a d'autres projets maintenant du même type et je pense que ce sont des projets qui sont passionnants. Mais après, il ne faut pas perdre de vue que chaque projet est un projet d'une vie pour nos clients et le studio qu'on va construire à Courbevoie ne doit pas avoir autant d'attention que Gardeau Sterlitz. qui est un projet à plus d'un milliard d'euros. Donc ça, il ne faut pas le perdre de vue non plus.
- Speaker #0
L'immobilier bas carbone est un enjeu majeur. On parlait tout à l'heure du système de chauffage et du novant. Est-ce que cette transition est pour un promoteur aujourd'hui une véritable opportunité de se réinventer ?
- Speaker #1
Oui et non. Oui, parce que ça impose de se poser des questions, de trouver des réponses. Non, parce qu'en France, ça s'est tout de suite traduit par un empilement de règlements qui a un petit peu cassé la créativité. Et les règlements, par définition, sont toujours à côté de la plaque parce qu'ils veulent trouver une réponse unique à un problème qui, par essence multiple, on ne traite pas le bas carbone dans le sud de la France de la même manière qu'on va le traiter dans les Vosges ou au nord de la France. Dans un cas, ça va être un sujet, un problème d'isolation thermique. dans l'autre au contraire ça va être un problème de... de maintien de température acceptable quand on a des grands épisodes de chaleur. Et le règlement, il est basique, il tient en quelques lignes, ou en quelques milliers de lignes souvent, et il donne une réponse qui est toujours à côté de la plaque. Donc c'est une opportunité, c'est passionnant si on avait plus de liberté pour pouvoir y apporter des réponses.
- Speaker #0
Alors je me permets de te poser une question peut-être un petit peu délicate, mais si tu avais le ministre du Logement en face de toi, quelle serait la mesure urgente à prendre pour débloquer la situation de façon générale ?
- Speaker #1
Alors j'ai déjà répondu publiquement à cette question, ce serait de supprimer le ministère du Logement, je pense que ce serait la première bonne décision. Alors pourquoi je dis ça ? Ce n'est pas que de la provocation, même si c'en est un peu. C'est qu'on se donne, et on voit bien d'ailleurs, gouvernement après gouvernement, on nomme un ministre du logement, puis on dit, voilà, vous avez votre ministre, on a fait le boulot, c'est un ministre qui n'a pas de pouvoir, ce n'est pas le ministre du logement qui délivre les permis de construire, ce n'est pas le ministre du logement qui a un budget pour améliorer le financement de quoi que ce soit, et donc on pense avoir répondu. Alors le ministre du logement, comme il ne sait pas, c'est humain, la nature est hors du vide, ils vont s'occuper. Alors de temps en temps ils s'occupent dans une bonne direction En discutant avec les professionnels Mais très vite ils sont bloqués Parce que c'est Bercy qui a le pouvoir, le ministère de l'économie et des finances Ou alors ils se mettent à faire, comme on a eu certains ministres Ils se mettent à faire des plans d'appartements Pendant que nous on fait des projets sur 10 ou 15 ans On a des ministres qui font des plans d'appartements de 2 pièces, 3 pièces En expliquant qu'ils doivent être traversants En plus qu'ils sont à côté de la plaque Merci. Donc c'est souvent... Et puis ils font des règlements. Parce que ça, ça ne coûte rien, c'est du papier. Et donc c'est souvent contre-productif. Le problème du logement, c'est d'abord un problème local, qui se traite avec les élus locaux. C'est eux qui ont des livres et permis de construire. C'est les maires, les premiers bâtisseurs de France. Après, c'est un problème économique et d'aménagement du territoire, qui pourrait être le rôle de l'État, de discuter avec les régions sur les grands programmes. d'aménagement et des besoins, définir les besoins de logement. Mais en aucun cas, il y a besoin d'un ministère du logement au niveau national.
- Speaker #0
Les primo-accédants sont les grands exclus du marché. Tu parlais justement des plans des appartements et parfois des réglementations qui marchaient un peu sur la tête. Pour qui construisez-vous aujourd'hui chez Kaufmann & Brode et pour qui imaginez-vous construire demain ?
- Speaker #1
L'essentiel de nos clients aujourd'hui, il y a d'une part, bien sûr, les institutionnels. présente encore une part de 40-50% de nos ventes. Et puis, nous avons le retour des primo-accédants qui se fait parce qu'on arrive à maintenir des coûts raisonnables, sachant que moi, j'ai toujours été contre les dispositifs du type Pinel qui sont inflationnistes. Et puis, d'un point de vue purement égoïste, je me disais toujours à quoi ça sert d'avoir des équipes d'architectes comme on a en interne. des équipes, des showrooms qui permettent de faire des choix très poussés de personnalisation des appartements si à la fin on vend un produit d'assurance-vie. Donc nous, notre vocation, ce n'est pas de vendre un produit financier. Ces dispositifs ont eu tendance à créer de l'inflation sur les prix de terrain. Le fait que ces dispositifs disparaissent fait qu'on arrive à retrouver des prix de terrain qui sont plus raisonnables et donc à construire des logements qui permettent aux accédants, primo, secondo, aux accédants. de revenir sur le marché.
- Speaker #0
On parle aujourd'hui des primo-accédants. Demain, la société évolue beaucoup. Est-ce que tu considères que justement, les logements vont devoir aussi prendre en compte une modification de la société, de la cellule familiale ? Est-ce qu'aujourd'hui, justement, il y a des tendances qui sont regardées par Coffman et Brot sur ces éléments ?
- Speaker #1
Alors, ils sont déjà bien ancrés, ces changements. On a beaucoup de familles monoparentales, Donc il y a un fort besoin de... de logements de typologie 2-3 pièces maximum, puisque l'essentiel du parc, on travaille nous sur un tout petit, à la marge sur le parc existant, l'essentiel du parc immobilier en France était construit après-guerre, et à l'époque où on constituait des familles qui duraient jusqu'à la mort, et donc il y a une offre assez importante d'appartements de grande taille. qui ne correspond plus aux besoins actuels. Après, ce n'est pas des changements radicaux. J'ai pu voir à un moment donné, après le Covid, on entendait « maintenant, il faut faire des appartements qui vont permettre de travailler à la maison » . D'accord, mais qui va payer les 10 mètres carrés de plus ? Personne, donc ça a fait flop. Donc, il faut faire attention à ces phénomènes de mode. Le logement, c'est du temps long, qui s'appuie sur des besoins essentiels. C'est pour ça, d'ailleurs, que je dis toujours qu'il n'y a aucune raison qu'il soit cyclique, ce marché-là. Il n'y a pas un jour où on a besoin de logement, le lendemain on n'en a plus besoin, on a besoin de se loger, tout comme on a besoin de boire et de respirer, c'est vraiment des besoins essentiels avec des évolutions qui sont lentes. Les besoins sont clairement identifiés depuis de nombreuses années. C'est donc une typologie d'appartement plus petit que le parc existant. Et nous, notre devoir, c'est de construire pour adapter le parc à l'évolution, aux évolutions sociologiques.
- Speaker #0
Parfait. Un bon projet, c'est un projet qui trouve son public. Comment fais-tu avec tes équipes pour anticiper les désirs des habitants dans cinq ans ? Tu nous as déjà un petit peu exprimé justement ce temps long. Est-ce que malgré tout, dans les... dans l'ensemble des éléments dont on parle, sur le co-living, sur des communautés qui pourraient se créer au sein de certains logements ? Est-ce que ce sont aussi des tendances que vous observez et que vous suivez ? Ou aujourd'hui, vous travaillez sur un temps long, basé plutôt sur la cellule familiale, comme tu nous l'expliques ?
- Speaker #1
Alors, il y a toujours des cas particuliers, on y répond, on fait des opérations en co-living, dans des endroits bien spécifiques, mais là aussi, on a vu... puisqu'il y a beaucoup d'opérations qui sont à l'arrêt, on est très sollicité pour voir si on peut les reprendre. Il n'y a pas très longtemps, je ne dirai pas où, ni auprès de qui, mais on nous a fait voir une opération de co-living au milieu de la campagne. Ce n'est pas des endroits où vous faites du co-living. Le co-living, il faut être en hypersante, ça s'adresse à une population précise, avec un profil de revenu très précis, et surtout dans un milieu très urbain. On va avoir beaucoup de services autour qui fait qu'on peut vivre dans des logements ultra compacts. Mais quand vous êtes à la campagne et qu'il n'y a aucun commerce autour, vous ne faites pas de co-living. Donc il faut faire attention encore une fois à ces phénomènes de mode. Donc on fait tous les produits, comme je le disais tout à l'heure, que ce soit autour du logement, on fait des hôtels, on fait de la logistique, on fait de l'aménagement, on fait des résidences gérées. On va s'adapter, mais on va toujours regarder quel est le besoin du marché. Toujours pareil, sur des thèmes très basiques, c'est un positionnement de prix de logement dans un environnement spécifique.
- Speaker #0
Et en tant que leader, en tant que manager justement de grandes équipes, est-ce que tu as un conseil à donner pour justement permettre à tes collaborateurs d'anticiper potentiellement des tendances ou de travailler dans un pragmatisme qui doit gérer ce temps long ?
- Speaker #1
Ils me connaissent, mais j'ai un certain nombre de tocs, donc ils les connaissent tous. Mais peut-être celui qui a le plus marqué, c'est que je leur ai expliqué en arrivant chez Kaufmann que je pensais qu'il y avait que le meilleur moyen de gérer le risque, c'était d'aller vite. Parce que quand on prend des décisions, on connaît l'environnement du moment, on ne sait pas comment il va évoluer demain, et donc que le temps était un ennemi. Donc il fallait aller vite et que ça tombait bien, parce qu'en général, c'est ce qui intéressait aussi nos clients. Donc je leur disais, je change d'image, mais il y en a une qui avait dû marquer, je pense, c'est quand je disais, c'est comme marcher sur des braises, on court, ça brûlera moins les pieds. J'en fais l'hypothèse, en tout cas, je n'ai jamais essayé. Mais ce qui est certain, c'est qu'on n'a pas envie de rester sur des braises debout, sans bouger. Et donc, non, notre vraie culture, c'est l'agilité et la rapidité.
- Speaker #0
C'est ce qu'on constate vraiment quand on a la chance de travailler avec tes équipes. Effectivement, les projets ne traînent pas et ce rythme est extrêmement important, surtout dans un marché très mouvant où il faut poser un moment et un instant pour prendre des décisions. Donc, on le constate vraiment. Merci.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Au-delà de l'immobilier, quelle est la tendance de fonds sociétal ou technologique que tu surveilles avec le plus d'attention ?
- Speaker #1
Il y a deux choses. il y a... Côté interne, on utilise beaucoup l'IA, on expérimente beaucoup l'IA, parce qu'il y a un chiffre tout bête, on a à peu près 20 à 30% de nos permis qui sont attaqués, ça veut dire qu'ils sont attaquables, et quand on y pense, c'est assez absurde. Pourquoi ils sont attaqués ? C'est parce qu'il y a tellement de règlements, qu'une manière exhaustive. Il nous arrive, même à nos avocats, et Dieu sait qu'on est très équipés, très soutenus, soit d'avoir un problème d'interprétation, soit de passer à côté de quelque chose. Je fais l'hypothèse que l'IA devrait nous aider, en tout cas, à avoir plus de contrôle sur ces permis. Et puis, un certain nombre d'outils qu'on développe en interne, bien que ce ne soit pas encore révolutionnaire. Donc ça, c'est un sujet important dans nos métiers où on déplace beaucoup de documents et on collecte beaucoup d'informations. Et typiquement, c'est le genre d'outil qui est assez utile. Et puis aussi pour accompagner des changements de génération qui peuvent mettre à disposition leur expertise pour les générations à venir en interne. Et puis l'autre sujet qui est très important pour nous, pour nos clients, c'est tous les thèmes autour de la mobilité. parce que, je vais vous faire peut-être sourire, mais quelque chose comme le vélo électrique, ça a complètement changé la version, la vue de la mobilité à certains endroits qui paraissaient totalement isolés, qu'ils ne deviennent plus du tout, parce que c'est un moyen de transport nouveau, mais il n'y a pas que ça, il y a aussi l'évolution au niveau des villes, de leur offre de transport, et je pense que ça, c'est un point très important pour... pour le choix de nos projets.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses justement que la ville des 20 minutes, qu'on a beaucoup vu se développer sur les dernières années, surtout en région, est une utopie ou peut potentiellement aussi devenir une réalité pour les habitants et pour leur créer un environnement autour de leur logement ?
- Speaker #1
Non, ça peut être une réalité si on ne laisse pas détruire les commerces et qu'on n'exclue pas les commerçants qui sont essentiels à tout point de vue. D'ailleurs, que ce soit... en termes d'apport, en termes de qualité de vie, que ce soit en termes même de sécurité. On a démontré que quand on a des commerçants dans les rues, on a des comportements qui sont plus civiques. Et ça, c'est un véritable enjeu. Je pense que ça, c'est largement sous-estimé. C'est l'accompagnement des commerçants. Parce que si vous n'avez pas de commerçants, vous n'avez pas de vie de quartier, la ville des 20 minutes, malheureusement, c'est 20 minutes entre quoi et quoi.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Ça a été effectivement, et on va le voir peut-être dans les élections municipales cette année, un délai de motif des villes et des maires pour justement essayer de dynamiser leur cœur de ville, ce qui est encore un grand sujet que nous verrons dans les prochains mois. Diriger une entreprise demande une énergie constante. As-tu développé des habitudes ou des rituels qui te permettraient de maintenir cet équilibre et cette performance ? Est-ce que tu as un secret ?
- Speaker #1
Non, à part mes 6-7 cafés le matin. Je n'ai jamais essayé sans, mais je ne sais pas si ça aide. Mais non, non, c'est pas... Après, il ne faut pas non plus... Il y a des métiers plus durs que ça quand même.
- Speaker #0
Et un rituel sur l'actualité, peut-être ? Comment perçois-tu l'actualité ? Comment la gères-tu au quotidien ?
- Speaker #1
Alors ça, par contre, je suis assez obsessif avec ça. Je lis un nombre de journaux assez important. Non, je suis assez obsédé par l'actualité.
- Speaker #0
Nationaux ou internationaux ?
- Speaker #1
Les deux. Les deux, je lis l'Economiste principalement, et puis après la presse française.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu as un conseil à donner aux jeunes générations, justement, qui ont peut-être un peu abandonné l'écrit pour d'autres types de médias ? Est-ce que, justement, tu leur donnerais un conseil sur la gestion de la compréhension de l'actualité ?
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a pas de secret. Si on ne lit pas, on est incapable de se forger notre propre opinion. Parce que quand on lit, on a le temps de réfléchir. On a le temps d'avoir une vue critique, un regard critique sur l'information qui nous est donnée. Et malheureusement, je crois que, en tout cas c'est ce que je dis à mes enfants, je n'ai pas nécessairement réussi à 100% l'objectif. Mais je pense que c'est essentiel de reprendre le goût de la lecture. et la rigueur d'analyse et d'avoir l'esprit critique sur tout le danger.
- Speaker #0
Comment fais-tu justement avec un agenda si chargé pour gérer justement ce temps ? Est-ce que tu te donnes des temps ? Est-ce que tu te laisses faire ?
- Speaker #1
Oui, je lis cette presse, je ne me rends pas compte de ce que ça présente comme temps, mais ce n'est pas si long que ça, ça ne prend pas un temps non plus délirant. je pense qu'en une heure par jour, on doit avoir le temps d'avoir quand même beaucoup d'informations. Puis après, tout ne se lit pas non plus intégralement. Il y a des économistes qui n'ont pas plus de temps, mais c'est un hebdomadaire. Il y a aussi le week-end.
- Speaker #0
Tu parlais justement des événements de la technologie et aussi du besoin sans doute d'un regard critique puisque pour avancer, je pense que ça correspond aussi à ta personnalité. Le regard critique est essentiel. Un dernier conseil pour les jeunes générations, justement, entre la lecture, le temps long et cette gestion critique par rapport à la technologie, peut-être ?
- Speaker #1
Oui, essentiellement d'avoir l'esprit critique. Je pense que ça, à mes yeux, c'est le plus important. C'est ne surtout pas, surtout avec l'arrivée d'outils comme l'IA. L'IA se trompe beaucoup. Des fois, c'est même drôle, d'ailleurs. Donc c'est vraiment avoir l'esprit critique par rapport à toute l'information qui nous inonde.
- Speaker #0
Alors, comme le temps est très précieux et le tient encore plus que d'autres, et que nous savons effectivement que la lecture est importante pour toi, nous voulions te faire un cadeau pour te remercier pour le temps que tu nous as consacré aujourd'hui. Et donc, nous avons essayé. Alors, on aurait su aimer autant la moto, peut-être qu'on aurait choisi autre chose. Et on espère ne pas tomber trop trop loin des passions qui t'animent.
- Speaker #1
Nouveau maintenant ?
- Speaker #0
Avec grand plaisir !
- Speaker #1
Vous n'embêtez pas si je déchire ?
- Speaker #0
Au contraire, c'est du piste. C'est même plus animé.
- Speaker #1
C'est magnifique. Merci beaucoup. Dans les espaces extérieurs, en plus. Voilà. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci Nardine. Effectivement, on a voulu ouvrir vers le logement, le logement durable, le logement en extérieur et les nouvelles façons de construire. Tu es un bâtisseur. On se dit que ça ne te donnera pas forcément d'idées, mais peut-être un petit peu d'exotisme. Donc, mille merci pour ton temps aujourd'hui, Nardine, et merci pour la qualité de notre échange.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci, à bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.