- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Intramuros, une conversation au cœur du bureau des leaders de l'immobilier d'entreprise. J'ai l'immense chance aujourd'hui d'être aux côtés de Dominique Alba, directrice générale des ateliers Jean Nouvel. Bonjour Dominique. Bonjour. Avant de commencer, je voudrais débuter par un petit exercice. Nous avons la chance d'être dans une maison, les ateliers Jean Nouvel, qui inspire. Et pour te présenter, nous avons essayé de faire travailler l'intelligence artificielle. Et nous avons demandé à notre propre intelligence artificielle de faire ton portrait chinois. Je vais te lire quelques mots et tu vas me dire ce que tu en penses et te présenter pour nos auditeurs. Alors, si Dominique était un lieu, ce serait un belvédère surplombant Paris. Qu'en penses-tu ?
- Speaker #1
Peut-être pas surplombant, mais en tout cas, quelque chose qui permet de voir Paris, oui.
- Speaker #0
Si Dominique était une architecture, ce serait une passerelle connectant deux rives.
- Speaker #1
Pourquoi pas ?
- Speaker #0
Si Dominique était un geste, ce serait le trait qui relie la carte au territoire.
- Speaker #1
Admettons.
- Speaker #0
Si Dominique était un temps, ce serait le temps long, celui qui construit pour les générations futures.
- Speaker #1
Je dirais le temps long et l'action courte.
- Speaker #0
C'est effectivement un portrait chinois qui est fait par une intelligence artificielle qui n'est pas encore totalement reliée aux humains, mais qui donne des indices. En tout cas, c'est le début de notre fil. Est-ce que je puis me permettre de te demander, Dominique, de te présenter plus largement que ce que le portrait chinois nous a révélé de toi ?
- Speaker #1
Je vais ajouter avec plaisir et je vais ajouter que nous sommes dans l'année lunaire du cheval de feu qui arrive tous les 60 ans et qui se caractérise par... audace et passion et que nous avons fêté hier soir aux ateliers Jean Nouvel cette année-là, puisque nous travaillons effectivement beaucoup en Chine et que je crois que l'audace et la passion sont peut-être aussi des choses qui relient toutes les personnes qui sont dans cette maison que tu as aimablement décrite. Alors me présenter, c'est toujours très compliqué. Je suis née à la campagne. J'ai été élevée jusqu'à mes 16 ans à la campagne. Tout toute proche des Pyrénées, donc 100 kilomètres de Toulouse. J'étais donc pensionnaire. J'ai eu une petite interruption de campagne pendant deux ans où mon père étant pétrolier, nous sommes allés vivre à Lagos et à Port-Arcourt. Et nous avons été rapatriés à cause de la guerre du Biafra. Et je crois que ça m'a donné envie de la ville. Je suis arrivée à Paris. Nous sommes arrivés tous à Paris à 16 ans. J'avais 16 ans. Les parents nous ont demandé si nous voulions vivre à Paris ou à Versailles. Et nous avons dit les quatre enfants Paris, s'il vous plaît. Et donc, je suis arrivée dans Paris et j'ai passé un temps fou. Et tout le monde trouve ça drôle à sortir du métro comme une taupe et avoir les yeux écarquillés en regardant ce qui se passait au-dessus de ma tête. Et donc, ce goût pour cette ville et puis pour les villes en général ne m'a jamais quitté. Par ailleurs, j'aime beaucoup voyager. J'ai beaucoup aimé voyager à la condition que ce voyage soit lié à une activité. Je ne suis pas une touriste passive et donc j'ai pu, grâce à des hasards de la vie, puisque j'ai été lauréate d'un concours d'étudiants qui s'appelait Structures et concepts des villes de demain, j'ai eu droit à une bourse. Air France m'a aussi aidée, j'ai passé deux ans à visiter des mines à ciel ouvert en lien avec l'école des mines de Paris en Afrique et en Amérique latine. J'ai aussi passé un an à faire du développement rural entre Brazzaville et Bangui. Et avant de faire tout ça, en parallèle, parce que tout ça, ce sont les premières années, je dirais, d'une vie professionnelle, j'avais effectivement décidé le jour où j'ai eu mon diplôme que maintenant, il s'agissait de faire des choses qui aient du sens. Parce que quand on est étudiant en architecture, on fait un peu tout. J'ai fait beaucoup de fanfares, j'ai fait beaucoup de charrettes, comme on dit. Voilà, on a une vie tout à fait joyeuse. Et donc j'avais décidé que maintenant on passait aux choses sérieuses et donc je suis allée frapper à la porte des ateliers Jean Nouvel. Jean Nouvel venait de gagner l'Institut du Monde Arabe. Je ne les connaissais pas, j'avais juste envie de travailler. Je trouvais que cette personne disait des choses qui me parlaient et j'ai eu la chance d'être embauchée. Ils avaient beaucoup de travail à l'époque. J'ai fait le dossier d'intégration aussi du permis de construire de l'Institut du Monde Arabe avec des photomontages à la main. C'était une autre période. Et au bout de quelques mois, j'ai dit à Jean Nouvel que moi j'allais partir parce qu'il était trop puissant et que j'étais trop jeune pour rester à proximité de quelqu'un d'aussi puissant. Et c'est là que j'ai eu ces opportunités de voyage qui se sont avérées très heureuses. Et ensuite, c'est toujours des hasards, si vous voulez. J'ai travaillé beaucoup à Rennes. Rennes était un laboratoire. On a inventé tout. On faisait déjà les 25% de logements sociaux. On travaillait avec les habitants. Moi, j'ai fait des maquettes en Lego en expliquant la densité dans des containers. Tout ce qui parfois aujourd'hui semble quelque chose d'absolument incroyable, on le faisait et c'était il y a quand même plus de 30 ans. Et cette expérience renaise m'a valu un jour un coup de fil d'un monsieur qui aujourd'hui est malheureusement décédé, qui s'appelle François Gindre, qui était le maire des Rouville-Saint-Clair, qui avait été élu un des plus jeunes maires de France. Et qui nous faisait rêver comme étudiants parce qu'il s'était emparé réellement de sa ville qui est une ZUP, vraiment à côté de Caen, un endroit très difficile. Et grâce à l'architecture, il a réussi à lui donner du sens. Et un jour, Jean Nouvel m'avait appelé en disant, j'ai un projet avec des grosses difficultés chez François Jeindre. Est-ce que tu peux aller essayer de régler ce problème ? Moi, j'avais mon agence avec le père de mes enfants. J'ai dit, écoute, je vais essayer. Donc, je suis arrivée. François Gindre a été, comme tout maire, très énervé. Je pense que tous les interlocuteurs connaissent, absolument charmant. Donc, j'avais 24 heures pour régler ça. Nous avons réglé ça. Ça a créé une amitié. Et un jour, François Gindre m'appelle et me dit, écoute, j'ai quelqu'un qui a besoin d'être aidé sur l'urbanisme et l'architecture. Et c'était Bertrand Delannoy. Donc en 1997, j'ai rencontré Bertrand Delanoë en me disant que tout ça est tout à fait rigolo. On était huit, on travaillait, on n'était pas liés au PS, on travaillait avec chacun sa compétence. Et puis voilà, les choses se sont accélérées. J'ai choisi d'arrêter mon exercice libéral en décembre 2000, avec honnêteté, pour me consacrer à cette campagne. dans la mesure où Bertrand Delanoë souhaitait que je reste dans le dispositif. Il faut savoir qu'en 1997, il était plus qu'inconnu, et qu'en 2000, au début, il avait 2% des intentions de vote, donc ce n'était pas forcément quelque chose d'écrit. Et voilà, après les choses se sont écrites, et je me suis retrouvée à arrêter tout l'exercice libéral et à travailler au cabinet du maire de Paris. Et donc, avoir un tout petit bureau dans lequel je recevais des gens que j'aurais rêvé de rencontrer toute ma vie comme architecte, puisque toute ma vie, j'aurais rêvé de rencontrer les grands patrons de l'immobilier, ce que je n'avais aucune chance de rencontrer. Et là, en fait, ils venaient tous me demander rendez-vous. C'était absolument terrible. Et donc, j'ai passé quelques heures à me demander comment j'allais me sortir de cette situation. Et j'ai inventé une formule. en leur disant, écoutez, vous aimez tous Paris parce qu'elle est belle, donc est-ce que quand vous, vous intervenez, vous la rendez plus belle ? Si vous ne savez pas me répondre positivement, ça veut dire qu'il faut revoir votre copie. Et ça permettait à chacun d'exprimer ce qu'il a de mieux. Et le portrait chinois dit ça, je crois que faire grandir les gens, les projets, les situations, les villes, les choses qui sont devant nous. Ça me passionne toujours.
- Speaker #0
La passion se lit pas uniquement par ta voix, mais aussi par ton visage. Il y a eu aussi le pavillon de l'Arsenal, qui a été un grand moment de ta carrière.
- Speaker #1
Ça a été la suite. C'est que dans un cabinet, on devient un peu fou. J'avais aussi refait ma vie. J'avais quatre enfants à la maison qui étaient des collégiens. Tout ça était assez compliqué. Voilà, la personne qui dirigeait le pavillon de l'Arsenal, Anne-Josée Harlot, qui l'a créée, souhaitait partir au ministère de la Culture. Et donc, alors qu'on avait décidé de faire un appel d'offres, on a changé d'avis et en accord avec Jean-Pierre Café, l'adjoint à l'urbanisme, Anne Hidalgo, qui était déjà première adjointe, j'ai demandé à Bertrand Delanoë s'il me permettait de rejoindre cette structure. Et voilà, il a fini par dire oui. Et ensuite, les choses. Le pavillon de l'Arsenal, je l'ai ouvert. J'ai souhaité que tout le secteur privé de l'immobilier soit partie prenante de cette ambition architecturale et de cette réalité qu'était Paris dans sa diversité. La première exposition que j'ai faite au pavillon de l'Arsenal... Parce qu'il fallait aller très vite, c'est toujours pareil. Vous savez, quand vous changez, il faut faire une exposition, elle n'est pas programmée, on a quelques mois. C'était de présenter tous les projets qui étaient en cours à Paris, les derniers concours. Et donc, un de ces concours était celui d'un jardin qu'on appelle Jardin des Halles, qui est à côté de la gare de l'Est, qui est le résultat d'une mobilisation citoyenne importante qui a été réalisée par Michel Corajou. Et en parallèle, j'avais aussi montré le carreau du temple qui, lui, avait fait l'objet d'une concertation citoyenne. Et donc, il y avait 300 panneaux faits par les habitants. Et c'était un peu ma façon de présenter les choses, de dire, bien sûr que les professionnels ont le devoir de faire, mais on peut aussi écouter et donner la parole à tous les autres. Ça ne peut que nous nourrir. Et donc, les mettre ensemble dans ce lieu, ça permettait de donner ce que moi j'appelle un droit de cité. à différentes expressions. Je dirais la même chose sur par exemple la mauvaise herbe, où en 2001, la mauvaise herbe a eu droit de citer à Paris, beaucoup de gens ont oublié qu'en 2001, on a eu droit de s'asseoir sur les pelouses dans les jardins publics, et qu'il y avait peut-être là aussi quelque chose à réinventer, qui était la manière de faire les espaces verts et de regarder la nature dans la ville, et c'était les premières étapes. de ce rôle de la nature dans la ville. La première chose étant d'accepter qu'elle ne soit pas toujours uniquement dans un jardin et dessinée au cordeau.
- Speaker #0
Cette réappropriation de la ville, effectivement, on la sent aussi dans ton bureau. Et au sein des ateliers des gens nouvelles, il y a une énergie qu'on ressent depuis que nous sommes arrivés pour te rejoindre. C'est un lieu qui incarne la création architecturale. Ça se sent, ça se ressent. Est-ce que cet environnement est un lieu qui te ressemble aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, je sais que mes réponses sont trop longues. Je vais essayer d'être plus rapide. Je voudrais quand même parler de l'atelier parisien d'urbanisme qui a été un endroit entre les deux, puisqu'en fait, j'aurais consacré 20 ans de ma vie professionnelle à la collectivité parisienne. Et j'avais dit à Anne Hidalgo que je partirais au bout des 20 ans à la pure, que je ne finirais pas son mandat. Et à l'atelier parisien d'urbanisme, on a fait exploser les limites de Paris. Donc, on a créé des bases de données métropolitaines. On les a mises en... On a accès libre et gratuit pour que tous les élus de chacune des communes puissent disposer d'informations tout à fait justes et comparables. Et de façon à pouvoir aussi négocier avec le monde de l'immobilier, on a aussi montré tous les projets en disant que les promoteurs se moquent parfois de vous parce qu'ils se mettent sur plusieurs sites et vous ne le savez pas. Et vous vous retrouvez en fait les dindons de la farce. Et donc il vous faut une information, il faut que vous sachiez ce qui se passe dans la commune d'à côté. Parce qu'en fait... Le monde de l'immobilier, lui, joue sa carte. Et vous, vous devez pouvoir jouer la vôtre, mais vous n'avez pas l'information. Donc ça, c'était très important. Je crois que personne ne m'en a voulu, alors que ce n'était pas forcément toujours gentil. Et la deuxième chose, c'est qu'on a donné là aussi cette expression de droit de cité à tout ce que j'appelle les grands services urbains. En éditant en 2015, à l'occasion de la COP, le plan local d'énergie, carbone, climat de Paris et du Grand Paris, qui aura fait des petits, qui aura fait le PLU bioclimatique après, etc. et qui aura aussi mobilisé tous ces acteurs de l'invisible au service de cette ville. Voilà, la Pure, c'est un immense monde. On l'a aussi élargi et je suis ravie de voir qu'aujourd'hui, les partenariats que nous avions noués, avec en particulier la Société du Grand Paris, puisque nous avons fait l'observatoire des quartiers de gare, parce que le paradoxe français, c'est qu'on planifie tout, mais quand un réseau de transport arrive comme le réseau du Grand Paris Express, il n'est pas planifié. Donc, ça fait juste partie des... des aléas de la vie française. Voilà, donc je ferme cette parenthèse et c'est vrai que j'ai décidé de quitter la pure. J'avais 65 ans, c'était aussi un âge et je m'étais dit, il faut que j'ai 20 ans pour faire ma prochaine et dernière étape professionnelle. Mes belles-filles m'ont dit que j'aurais dit, voilà, je vais sans doute retravailler, je ne serai pas une bonne grand-mère, mais bon, voilà. Et Jean Nouvel m'a téléphoné en disant, ma CIO veut partir, il faut que tu viennes. Et je lui ai dit non, pas du tout, pas du tout. Et je connais très bien Frédéric Monjanel, qui dirigeait cette entreprise, qui est une amie, et nous avons discuté. J'ai dit, écoute, bon, OK, il faut que tu partes. On ne peut pas dire non à des personnes qui vous dépassent et qui produisent des choses uniques au monde. Et c'est la même chose avec Bertrand Delannoy, je pense que c'est la même chose avec des gens comme Anne Hidalgo. Malgré tout, ils ont des défauts et des qualités. Mais il y a des gens qui prennent en charge des choses et... Moi, je me vois très bien comme une transmetteuse, comme une accompagnante. Et donc, ici, dans les ateliers Jean Nouvel, c'est une autre aventure. C'est une aventure très difficile parce que le monde de l'immobilier en Europe est en pleine mutation. que le monde de l'architecture en Europe, à référicocher, est aussi en mutation. Et je dis mutation pour ne pas dire disparition du modèle des 30 dernières années. Mais je pense qu'il est un peu en disparition. Et ici, aux ateliers Jean Nouvel, on ne travaille quasiment pas en Europe. On travaille aujourd'hui en Suisse, on travaille en Allemagne. On transforme un bâtiment que Jean Nouvel a construit il y a 30 ans. On ne change pas les façades tellement elles sont bien faites. On ne change pas les ascenseurs. On garde la déco des ascenseurs. Donc, il y a quelque chose de très puissant quand on découvre cette œuvre et les gens qui l'ont créée. Parce que dans cette agence, il y a des gens qui sont là depuis 25-30 ans. Et la pyramide des âges, si je puis dire, on va de 30 à 65 ans. Voilà. Donc, espaces de création, oui, mais espaces exigeants. Parce qu'en fait, comme dans tous les endroits où vous vous approchez de gens puissants, tout le monde pense qu'il est un peu puissant. Donc, il faut arriver à gérer tout ça. Et là, on fait beaucoup, on travaille, on réfléchit. On réfléchit avant de s'exprimer, quel que soit le lieu d'expression. Des fois, on se trompe, mais voilà,
- Speaker #0
c'est beau. Est-ce que tu vois une... très grande différence entre toute ta carrière qui est très riche, qui a été aussi beaucoup dans la prise de décision et l'exécution de projets architecturaux et la responsabilité justement en tant que CEO des ateliers Jean Nouvel. Quelles sont peut-être les grandes modifications que tu as découvertes dans ce passage d'une expertise à une autre ?
- Speaker #1
Je dirais que le rôle il est le même au sens où on crée des conditions pour que des choses extraordinaire puisse se faire. Et moi, je sais créer ces conditions, je sais y contribuer, et ça me plaît. La grande différence entre les 20 ans consacrés à la collectivité parisienne et puis maintenant les 3 ans et demi, je dirais, consacrés aux ateliers Jean Nouvel, c'est que d'un côté on est quand même protégé parce que on est dans un monde... Je ne suis pas dans un secteur privé avec toute une concurrence, avec de l'irrationnel, etc. Je suis dans une machine politique qui était bien organisée, avec une collectivité assez puissante, des élus généreux et cette aventure grand parisienne. Donc voilà, les ateliers Jean Nouvel, c'est l'international. Aujourd'hui, nos grands projets sont en Chine et en Arabie saoudite. Il y a d'autres projets, mais les grands projets un peu phares. Et ils sont des projets gagnés suite à des concours, mais pour lesquels on attend ce qu'on appelle un landmark. Et là, vous avez une responsabilité terrible. Shenzhen, c'est le plus grand quartier culturel du monde. C'est quand même 300 000 m² qui réunissent un opéra, une salle philharmonique, un théâtre chinois et puis une sorte de zénith. Plus tous les systèmes qui vont avec. Donc, il faut imaginer ce que ça veut dire de piloter quelque chose comme ça, d'en garantir l'émotion, puisqu'après tout, il s'agit d'une émotion. Moi, j'ai beaucoup d'admiration pour les gens qui font ça, donc pour Jean Nouvel, mais aussi pour les équipes. Et donc, mon job, il est d'être là où ça manque. Donc, si ça manque de... Je ne sais pas, d'organisation de la production, c'est ça. Si c'est la relation avec le client qui est compliquée, c'est la relation avec le client. Si c'est avec Jean, ça peut être avec Jean. Il faut juste accepter ça. C'est-à-dire qu'on est à la fois nulle part et partout. Donc, certains appellent ça du micromanagement de manière assez négative. Moi, je ne suis pas dans le management hiérarchique. Ici, il y a ce duo, puisque Jean m'appelle sa maréchale. Vous voyez, ça nous fait bien vraiment rire. Mais Jean, il a cette responsabilité artistique, qu'on lui confie ça. En Arabie Saoudite, le charan, j'ai coutume de dire, c'est chambord. Il faut comprendre que c'est un concours gagné dont on attend qu'il soit l'expression de la culture contemporaine d'un pays et d'une autre manière de s'installer dans le désert. Quand on vous met ça dans la figure, ce n'est pas facile. Et en plus, c'est un monde anglo-saxon qui n'a pas du tout envie d'avoir les Français qui sont là. Pas du tout. Donc il faut aussi gérer ça. Et la relation aux politiques que j'ai eu la chance de fréquenter pendant 20 ans, de ce point de vue-là, est extrêmement riche, puisque je sais ce qui se passe de l'autre côté dans la tête de mes interlocuteurs. J'ai tellement vu le personnel politique, les élus, avoir des difficultés, ne pas comprendre l'investisseur. J'ai tellement vu tous les côtés que ça, c'est très, très aidant. Et que de ce côté-là, je peux, je dirais, compléter le projet architectural, c'est-à-dire l'écosystème qui permet de le réaliser.
- Speaker #0
As-tu la possibilité aussi de rentrer dans le côté artistique du projet ? Est-ce que tu as la possibilité de laisser libre cours à ton imagination, parfois ?
- Speaker #1
Comme j'ai toujours dit, si j'avais le talent d'un Jean Nouvel, j'aurais été Jean Nouvel. Donc voilà, je ne l'ai pas, j'en ai d'autres. Et j'ai eu la chance d'avoir peut-être des parents qui m'ont appris à ne pas avoir peur de regarder ce qu'on sait faire et pas faire. Et j'ai coutume de dire aux gens, surtout, sachez assez vite ce que vous ne savez pas faire. Parce que ce que vous savez faire, vous ne savez pas. Mais ce que vous ne savez pas faire, on sait tous à peu près. Et je crois que les femmes font aussi plus attention à ça que les hommes. C'est une caractéristique puisqu'elles ont toujours tendance à dire qu'elles ne savent pas faire. Et sur la création, je dirais que j'ai appris à regarder. Donc je sais quand je vois un projet, je peux dire peut-être là, tu pourrais... Et les discussions avec Jean sont tout à fait... Avec Jean et avec le directeur de projet et les équipes, c'est très... collégiales, on va dire. Il n'y a pas de problème. Jean n'est pas quelqu'un qui n'écoute pas. Au contraire, les clients le savent d'ailleurs. Parfois, ils sont impressionnés, mais ils ont droit de tout faire changer et on peut tout recommencer. On peut tout mettre à la poubelle. Sur une commande privée, il n'y a aucun problème. Si ça ne convient pas, on refait. Il n'y a pas ce côté, je suis l'architecte et je sais tout. Je vais prendre l'exemple d'un tout petit projet que nous faisons pour l'armée du salut à Paris. qui est une réhumanisation d'un endroit qui s'appelle le Palais du Peuple, qui est un endroit tout petit, ça fait 3000 mètres carrés. Il se trouve que dans cet endroit tout petit, il y a un bâtiment de Le Corbusier qui fait 300 mètres carrés. Donc l'armée du salut, très maligne, m'a dit « Allez, 100 ans après Le Corbusier, j'en nouvelle. » J'ai dit « Ok, belle punchline, donc nous le faisons pro bono, comme on dit. » Et là, effectivement, ma connaissance du système parisien fait que... C'est un projet sur lequel j'ai pris la main, sur restaurer l'intégrité des bâtiments, etc. Mais ensuite, une fois ce côté un peu fonctionnel, je dirais, c'est Jean qui dit, là, on va faire comme ça. Et je lui dis, mais tu as tellement raison. Et je lui dis, tu m'énerves, parce que moi, je connais par cœur le système parisien, mais toi, tu sais le dépasser.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'il n'y a aucune limite, ni à ta créativité, ni à ton... Ton audace, justement, et ta passion. As-tu un défi aujourd'hui ? Quel est ton principal défi ?
- Speaker #1
Alors, c'est compliqué. J'en ai plusieurs, mais je vais essayer d'être rapide. J'en ai un, bien sûr, qui est de répondre à la confiance qui m'est accordée par un monsieur qui représente quelque chose de très important pour l'architecture dans le monde. avec un marché immobilier qui est juste dévasté. Donc, c'est très compliqué, avec une concurrence féroce. Donc, il faut aussi réinventer cette agence d'architecture, il faut réinventer cet atelier, et ce à quoi nous travaillons avec Jean. On ne sait pas, mais on réfléchit à se réinventer. Voilà, ça reste l'une des quatre premières agences françaises. consacré exclusivement à l'architecture, contrairement à d'autres qui ont des métiers plus larges, que ce soit rêve, patriarche, voilà. Donc ça, c'est un challenge. Et puis porter l'architecture française dans le monde, parce que je trouve que quand même, j'aime beaucoup les Anglais, j'aime beaucoup le monde anglo-saxon, j'aime beaucoup les cultures aussi, toutes ces cultures différentes, mais je pense qu'on a aussi peut-être notre petite chose à jouer. Et la deuxième chose, qui est un défi, je ne dirais pas un défi, mais qui est Et quelque chose qui me concerne vraiment beaucoup, c'est la place des architectes en France. Parce qu'on voit disparaître... Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Le monde de l'immobilier finit par considérer qu'il sait faire tous les aspects de la création immobilière, financière, programmatique, etc. Alors que je pense qu'à l'inverse, les architectes... sont sans doute leurs meilleurs partenaires, mais ils sont réduits à la décoration en bout de chaîne. Et je trouve ça absolument dramatique. Je pense qu'il faut faire une vraie révolution et que la vraie révolution, ce n'est pas uniquement de dire qu'on va faire de la conception-réalisation à tout va pour faire simple. Peut-être, à ce moment-là, ça s'appelle un travail d'équipe où on met ensemble les gens autour de la table en début de chaîne et on se pose des questions. Comme je dis souvent, et je ne suis pas la seule à le dire, c'est toujours plus facile de modifier un programme que de déplacer un mur. Aujourd'hui, on est dans la révélation des potentiels des territoires, ce qui veut dire que le monde de l'immobilier doit accepter qu'il n'est pas leader. Et qu'en fait, la personne la plus adaptée pour révéler le potentiel d'un territoire, c'est l'architecte, c'est sa formation. Or, il n'est nulle part. Et donc, j'ai la chance d'avoir, d'une part, j'ai pu exprimer beaucoup de choses ces 20 dernières années. Je peux encore exprimer des choses aujourd'hui dans ma fonction actuelle. Je ne sais pas ce que seront les prochaines années. Mais pour moi, ça, c'est un défi énorme.
- Speaker #0
Comment fais-tu pour embarquer justement les jeunes architectes dans cette démarche, dans ce manifeste, justement de leur place et de leur position dans cet écosystème ?
- Speaker #1
Alors, je vais dire que pour moi, je ne vais pas m'occuper des architectes. Je vais m'occuper du monde de l'immobilier dans lequel j'ai la chance de pouvoir parler du fait de mon parcours et qui doit écouter et qui doit changer. je trouve qu'aujourd'hui, il essaie de changer, mais en préservant tous ses archétypes. Je vais essayer de le faire de ce côté-là, parce qu'il y a très peu d'architectes qui peuvent le faire de ce côté-là. Je me sens très libre, puisque comme on n'a pas de projet en France, je le regrette, et j'espère qu'on en aura. Mais on a quand même livré la Fondation Cartier, et SFL était un des deux maîtres d'ouvrage avec Cartier, qui est, je pense, une réussite exceptionnelle, à la fois d'un point de vue du musée et de ce cas. ouvre comme opportunité muséale, mais aussi du savoir-faire technique. Parce que quand on rentre dans son bâtiment et qu'on imagine que nous avons fait ce chantier dont nous avions la charge en milieu occupé, sans interruption des bureaux, on ne peut que à un moment être admiratif. Je sais qu'en France, quand la tête dépasse un peu trop, les gens n'aiment pas trop ça, mais pour autant, je crois qu'on en gagnerait tous à... Juste se mettre autour de la table et se parler d'une manière un peu plus généreuse. Et que le monde de l'immobilier doit accepter de changer, tout simplement. Et que le tableau Excel des valeurs, il doit intégrer des choses qui sont plus compliquées. Et ça, c'est des choses que je sais faire. Donc, si je peux y contribuer, je le ferai avec grand plaisir.
- Speaker #0
J'espère que cette tribune est un des petits maillons, justement, de cette chaîne de communication pour justement faire... Changer les choses chez JLL, c'est aussi ce que nous essayons justement de faire. C'est quand tout va bien, quand tout va mal, de réfléchir à demain et pour justement de la pérennité, du sens et une façon différente de voir justement nos métiers. Ton manifeste est passionnant. Tu nous parles de beaucoup de projets. Est-ce qu'il y en a un parmi tous les projets qui, à ce jour, ont été réalisés ou sur lesquels tu as mis ta patte ? sont ceux que... tu chéries ou auquel tu penses encore peut-être la nuit, en te réveillant,
- Speaker #1
en te demandant si tu livreras à temps ? Vous savez, la vie d'un architecte, elle a la chance d'être liée à des réalisations, plus ou moins. Et donc, je sais que toute ma vie, je me souviendrai de mon premier voile en béton, qui était à Épinay-sous-Sénard. Puisque j'ai adoré rénover des HLM. J'en ai fait beaucoup. J'ai adoré faire ça. Et j'étais enceinte de mon premier enfant. Et donc, j'ai vu mon premier voile béton qui était une extension sur un bâtiment. Et de temps en temps, je vais voir ce premier voile en béton. Voilà, donc ça, c'était, je dirais, une petite anecdote. Dans Paris, il y a des centaines de projets qu'on a accompagnés dans le Grand Paris. Je crois que d'arriver à dire que Paris peut absorber beaucoup de choses si elles sont faites avec sens, donc il ne faut pas se tromper. Ce n'est pas l'esthétique du projet qui est en cause, c'est ce que le projet raconte et ce qu'il porte. Et avec ça, on peut s'offrir plein de choses. Donc ça, c'est la deuxième chose. Et en ce qui relève des ateliers Jean Nouvel, je dirais que les projets Chéri, c'est toujours les derniers livrés. Mais j'avoue que... Le projet Charan, sur lequel au bout de deux ans, nous avons trouvé les bonnes solutions techniques. Pour respecter ce qu'on avait dit que nous respecterions dans le cadre du concours, il faut savoir que nous sommes contrôlés, c'est-à-dire que nous présentons régulièrement les documents « updated » comme on dit, pour vérifier que l'esthétique vendue au départ est bien l'esthétique à l'arrivée.
- Speaker #0
Et je pense que ça, c'est suite à beaucoup de déceptions, puisque beaucoup, vous connaissez ces histoires-là. Et le jour où le maître d'ouvrage m'a dit, ça y est Dominique, nous n'aurons plus de courrier difficile entre nous. J'étais contente et nous avons signé nos quatre ans de chantier, puisque les excavations ont commencé et qu'on est en train de livrer le témoin. Et c'est des...
- Speaker #1
C'est des petites victoires, mais ça compte. Ça compte énormément. Et je me permets même de partager une anecdote personnelle. Je pense que dans ma carrière et dans mes 30 ans de carrière à Paris, un projet a transformé ma vision du monde de l'immobilier, qui était le projet Horizon, de genre sur lequel je me suis approprié le projet. Mes enfants peuvent encore vous pitcher la tour Horizon avec ses trois grands univers. Et je pense que c'est un des sujets qui m'a le plus... apporter de plaisir, de compréhension et de lecture de la ville que je n'ai fait dans ma carrière. Donc tous ces petits jalons, effectivement, réveillent encore un peu la nuit, mais sont la construction de chacun d'entre nous.
- Speaker #0
C'est le que Jean appelle sa non-tour.
- Speaker #1
C'est exactement, c'est la non-tour. Tout à fait, tout à fait. Mais je peux encore vous raconter toute l'histoire parce que je l'ai complètement, avec encore l'ensemble des artisans qui l'ont fabriquée. C'est... La question n'est pas forcément évidente, mais le rythme d'une dirigeante, de façon un peu plus personnelle et souvent intense, as-tu une routine ou as-tu justement une discipline personnelle à nous partager qui pourrait nous permettre tous de grandir et de nous inspirer ?
- Speaker #0
Je ne suis pas très routine répétitive. D'abord parce que les rythmes personnels, familiaux et professionnels, l'interdisent quasiment. Donc, ce n'était pas facile. J'ai toujours fait du vélo. Ça fait 40 ans que je me déplace à bicyclette dans Paris. Donc, ça a toujours fait rire tout le monde. Mais je crois que ça permet d'être dehors. Et j'ai toujours passé énormément de temps dans les bistrots et à marcher. Donc, même quand je suis dans une ville, je prends le métro. J'essaie d'être dans l'atmosphère de la ville. Ça me fait du bien. Ça me permet de sentir le rythme des gens. Voilà. Et en vieillissant maintenant, je vais te faire rire. J'ai pris mon premier cours de yoga il y a quelques jours. J'ai fait rire tout le monde, y compris ici dans les bureaux. Voilà, donc je me dis parce qu'il paraît qu'à un moment, le yoga, c'est ce qu'il y a de mieux. Donc voilà. Bon, et après, il y a les saisons piscine, il y a les saisons footing. J'ai beaucoup fait de footing. Je ne peux plus courir, ça me donne des tendinites. Donc voilà. Mais quelque part, quand je réfléchis à ça, je me dis à chaque fois, c'est en fait de... d'être dans l'air, dans l'air de la ville, dans toutes ses composantes. Voilà, quel que soit l'endroit.
- Speaker #1
Tout à fait, et c'est encore le retour peut-être aussi à ton arrivée sur Paris où tu as envie d'être dehors. Au-delà de l'immobilier, quelle est la tendance de fonds sociétal ou technologique que tu surveilles avec le plus d'attention en ce moment ? Tu nous parlais de la place de l'architecte, mais est-ce qu'il y a autre chose autour justement de ces tendances qui aujourd'hui te... te font réfléchir ou du moins que tu surveilles ? Et que j'accompagne. Et que tu accompagnes. Parfois.
- Speaker #0
Oui, il y a... En fait, il y a deux sujets qui sont pour moi des facteurs dont aujourd'hui tout le monde parle et qui sont des choses délicates. C'est d'une part la démographie, donc ça fait un peu tarte à la crème, mais on va quand même se retrouver pour la première fois dans l'histoire des villes avec quatre générations, voire cinq générations dans la même ville, ce qui veut dire qu'on sera tous des aidants. Et on n'est absolument pas préparé à ça. Je ne parle pas de la question du logement, des espaces, etc. Mais il y a déjà cette situation tout à fait particulière. Ça, c'est une chose. Comment on donne de l'espace à ça ? Comment on organise ça ? Et la deuxième, c'est la disparition pour Paris des métiers classiques parisiens, avec l'IA, qui va en fait faire disparaître un certain nombre de métiers, de bureaux, pour faire simple. Et donc, il faut qu'on puisse laisser la place à d'autres économies. Et ces économies, elles ont moins de marge. Alors, on a tendance à les appeler économies sociales et solidaires. Je préférerais rajouter à ça toutes les économies du bâtiment, les makers, les artisans, etc. Toutes ces économies ont besoin de mètres carrés moins chers, de loyers de beaux commerciaux, si je puis dire, moins élevés. Et aujourd'hui, ça ne file pas, ça ne marche pas. Donc, c'est ce que dit le monde de l'immobilier. un actif qui est Il vaut tant quand il est loué et quand il n'est pas loué, il vaut 10% de sa valeur. Donc oui, mais une fois qu'on a dit ça, il va falloir un peu l'assumer. Et je travaille beaucoup avec tous ceux qui sont sur ces économies alternatives, donc surface plus utile, plateau urbain, Yes We Camp, tous ces acteurs que l'APUR a beaucoup soutenu pour leur donner, là aussi, les faire exister, donc les citer, les analyser, les étudier, les quantifier, etc. Et nous avons un petit collectif informel qui s'appelle Nouvelles Urbanités, qui est composé, il n'a rien d'autre que son nom, il est composé de tout. Et nous nous réunissons et nous essayons de travailler et surtout nous aidons en réseau, tout simplement, à faire en sorte que tel promoteur qui a besoin de se renouveler puisse rencontrer telle personne qui, elle, est dans un autre monde. Et je crois que là, c'est quelque chose que j'aime bien faire, c'est ces passerelles, c'est ces traits. Et c'est ça, je crois, qu'il faut absolument regarder aujourd'hui, c'est qu'il faut aller chercher ceux qui ne sont pas comme nous. Il faut ceux qui n'ont pas nos âges, ceux qui n'ont pas notre culture, ceux qui n'ont pas... qui viennent d'un... Je ne sais pas, toutes les catégories sociétales. Il faut absolument se nourrir de tout ça et permettre à tout ce monde-là de se retrouver. Donc, il faut réduire les marges. Il faut changer les modèles économiques. Mais ça devient très, très urgent. Très, très urgent. Et ça va être l'enjeu, je pense, du prochain mandat des prochaines élections. Et je ne dis pas ça en souriant. Je pense que c'est vraiment difficile. C'est un défi qui nous concerne absolument tous. Et moi, je parle avec les jeunes, ils ont des états d'âme sur l'écologie, etc. Ce ne sont pas des états d'âme parce que c'est péjoratif, mais ça les concerne. Et je leur dis, je te comprends, mais dans telle situation, il y a besoin de construire. Je veux dire, Shenzhen a besoin de ces équipements culturels, elle ne les a pas. Donc, on fait quoi ? On ne les fait pas, on les fait. Et si on les fait, on essaie de les faire bien. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Shenzhen Opéra, ce quartier culturel, ça a une grande toiture. Et les seuls espaces climatisés sont en fait les salles de concert. Tout le reste est ventilé naturellement, comme le Louvre à Abu Dhabi, dont la coupole permet une ventilation naturelle et que Jean s'est opposé au bureau d'études qui voulait climatiser et fermer. Et donc, on a cette manière d'être une forme de pragmatisme, mais un pragmatisme créatif. Et moi, je fais partie des gens, je veux voir les murs arriver. Je veux dire, j'ai fait faillite quand j'étais une jeune architecte. Voilà, c'était des circonstances différentes. Quand vous faites faillite une fois dans votre vie, que vous vous levez le matin et qu'il n'y a plus rien, et que vous avez un petit cartable et qu'il faut aller chercher quelque chose à faire parce que vous êtes une profession libérale, vous ne dites plus jamais et vous travaillez autrement.
- Speaker #1
Effectivement, on retrouve cette passerelle entre deux rives, on retrouve cette audace, cette passion qui te caractérise. Tout est très riche et je resterai bien toute la journée avec toi, mais je sais à quel point ton temps est précieux et les journées aussi des ateliers Jean Nouvel bien dansent. Je vais me permettre de te remercier pour le temps que tu nous as consacré et essayer un challenge que je pense être assez compliqué, puisque pour te remercier de ton temps, nous avons un petit rituel. Nous essayons de nous intéresser à nos invités et leur faire un cadeau en espérant justement que les gens que ça les touche. Mais ta bibliothèque est impressionnante. Je sais la relation que vous avez avec l'éditeur que nous avons choisi. Je ne suis pas tout à fait sûre que tu ne l'es pas. Si c'était le cas, ce serait un miracle. Donc Dominique, je me permets de t'offrir cet ouvrage pour te remercier de ce temps, de ta transparence. Tu peux l'ouvrir avec nous, tu peux nous dire si tu l'as en quatre exemplaires déjà ou pas.
- Speaker #0
Moi, je vous remercie beaucoup. D'abord parce que c'était suite à un échange que j'avais avec Jean-Christophe Remantin dans une situation improbable. C'est très important pour les architectes de pouvoir avoir des espaces de conversation libres avec le monde de l'immobilier, sans enjeux. Donc, il n'y en a pas beaucoup. Et moi, c'est une opportunité qui nous est donnée. Merci, parce que j'adore. moi je peux parler des heures je peux aussi beaucoup écouter on a fait beaucoup d'ateliers on a mis en place des méthodes de travail qui étaient quand même assez riches quand on était à la pure, quand on était au pavillon alors j'ai hâte d'ouvrir quelque chose très très bien emballé hop hop hop et bien je ne l'ai pas C'est absolument incroyable. Je ne l'ai pas. Merci beaucoup. Je ne l'ai pas. Je ne l'ai pas.
- Speaker #1
Alors, c'est un miracle, effectivement.
- Speaker #0
Je n'ai pas tous les livres sur Paris. Non, je ne l'ai pas. Merci.
- Speaker #1
Avec immense plaisir. Nous connaissons votre collaboration aussi entre Jean et les éditions Tachem. Absolument. Voilà, très jolie maison d'édition que nous adorons et avec laquelle nous essayons de collaborer pour trouver toujours l'ouvrage qui pourrait plaire à nos invités.
- Speaker #0
Et là, d'ailleurs, nous préparons une exposition monographique de Jean. en juillet 2026, qui sera pour la première fois dans un bâtiment réalisé par Jean, puisque ce sera le musée de Pudong à Shanghai, qui est un bâtiment livré il y a cinq ans, qui donc nous a appelés en disant à l'occasion de nos cinq ans, nous souhaitons avoir une exposition monographique. Donc ce sera à l'occasion de... Alors c'est toujours à la façon Jean Nouvel. Il suffit d'ouvrir le Tachène pour voir qu'on ne présente pas les choses de la même façon que tout le monde, mais ça va être... Voilà. Quelque chose d'important et ce sera l'occasion aussi pour nous de parler de nos 20 prochaines années des ateliers Jean Nouvel.
- Speaker #1
Nous souhaitons énormément de succès et de bonheur aux ateliers Jean Nouvel pour les 20 prochaines années et pour tout ce que vous avez réalisé. Merci beaucoup Dominique pour ton audace, ta passion, ton engagement et nous rêvons de t'avoir à nouveau sur nos ondes et dans notre tribune dans les prochains mois et les prochaines années. Merci beaucoup, Dominique.
- Speaker #0
Merci.