Speaker #0Ok les amis, bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans cet épisode d'Investia de... Je sais pas quand je le tourne en avance, je ne sais pas quand il sort, de toute façon on s'en fout. J'espère que vous allez bien. Bon, pour vous donner un peu de contexte, je sais pas quand sort ce podcast. mais je le tourne le lendemain de ce bon vieux France-Espagne ce drame national ce 14 juillet mémorable dans le mauvais sens du terme putain j'ai le seum à ce moment je sais pas si vous l'avez après moi je prends le sport peut-être un peu trop au sérieux un peu trop à coeur mais quand j'ai des équipes ou des sportifs que je supporte T'as le soir souvent où t'as la défaite et la désillusion. Donc le soir t'as le seum, tu rentres et tout. Tu vas au lit. Et le matin quand tu te réveilles, t'as le moment où... Bah quand tu dormais, c'est sorti de ta tête et tu te réveilles genre... Ah putain c'est vrai. Et ce moment il est dur. Moi en général il me faut un ou deux jours max pour me remettre. Mais genre là aujourd'hui, j'ai le seum énorme putain. coupe du monde, tu te dis là il faudrait attendre 4 ans alors qu'on a genre l'une des meilleures générations de l'histoire, peut-être qu'on verra plus jamais ça de toute notre vie c'est terrible c'est très difficile de se satisfaire de la demi-finale et tout en plus on a été habitué au final, enfin bref ça fait chier mais bon, y'a rien à dire, l'Espagne était plus forte que nous, c'était très dur, je suis allé voir le match dans une fanzone dans ma ville Et genre, du coup, il y avait les feux d'artifice après. L'ambiance était macabre, macabre. C'était très dur. Donc voilà, vous avez le contexte. Vous allez voir pourquoi dans ce podcast, j'ai un peu plus la voix tendue que d'habitude. Mais on va quand même essayer de passer un bon moment parce qu'on n'est pas des enfants et qu'on peut mettre ça de côté. C'est faux, je n'arrive pas à mettre ça de côté. Voilà, je vous le dis très honnêtement, je prends trop ça à cœur. Je suis supporter de l'Olympique Lyonnais. Comment vous dire qu'il y a beaucoup de journées... Je ne le dis pas tout le temps parce que sinon c'est chiant. Ou je me réveille et j'ai le seum permanent. Bref, allons-y pour ce podcast. C'est parti, si vous êtes en train de courir, de faire à manger, d'être en voiture, je vous souhaite 30 bonnes minutes en compagnie de ce petit podcast. C'est parti. Il me semble que c'était en 2025 et je vous disais, on a encore 10 ans devant nous pour investir. Bon, ça dépend évidemment de où vous en êtes, mais si je prends mon cas par exemple, j'espère même avoir encore 30 ans, 40 ans devant moi. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que je suis obligé, et je dis bien obligé, d'avoir une vision long terme, une vision très long terme. Tiens, on va tester un truc sur YouTube, j'ai vu qu'il y avait la possibilité de faire des quiz dans les vidéos. Donc je vois un petit quiz là, qui doit s'afficher quelque part dans l'écran, juste en dessous. Dites-moi combien de fois par jour, par semaine ou par mois vous regardez votre portefeuille. C'est anonyme, ne vous inquiétez pas. En fait, et je vois trop souvent, que ce soit dans les accompagnements que je peux faire ou dans mon entourage de personnes qui investissent, des gens qui regardent leur portefeuille tous les jours, plusieurs fois par jour même. Regarder son portefeuille tous les jours, ce n'est pas un mouvement qui est neutre, c'est même documenté scientifiquement que c'est une erreur. En 1995, il y a deux chercheurs, je vais défoncer leur nom, désolé, Shlomo Benartzi, ah non ça va, et Richard Thaler, qui publient une étude dans le Quarterly Journal of Economics. Ils étudient ce qu'ils appellent l'aversion aux pertes myopiques. L'idée, c'est que plus vous regardez votre portefeuille fréquemment, plus vous observez de pertes à court terme. Et comme on l'a déjà vu, une perte fait deux fois plus mal qu'un gain équivalent ne fait du bien. Si je gagne 100 euros, mais que j'en perds 100, j'aurai deux fois plus mal que le gain que j'ai ressenti. Donc, plus on regarde son portefeuille, plus on a de la chance de souffrir, plus on a de chances de souffrir. Et plus on souffre, plus on prend de mauvaises décisions. Il y a une expérience qui a été faite avec deux groupes d'investisseurs qui avaient exactement les mêmes actifs et la même stratégie. Il y a un groupe qui regardait ses résultats tous les mois. L'autre groupe regardait ses résultats une fois par an. A votre avis ? C'est quoi le résultat ? Le groupe qui regardait annuellement a alloué significativement plus en actions et aurait obtenu des rendements long terme bien supérieurs. Même stratégie, même portefeuille, tout pareil. Le seul truc qui changeait, c'était la fréquence de consultation qui était différente, et les résultats, donc, étaient aussi vachement différents. Parce qu'en fait, celui qui regarde tous les jours voit du bruit, il voit des fluctuations, il voit des moins 3%, des moins 8%, et son cerveau réagit de la même façon que quand on lui envoie des signaux de douleur. Alors que c'est juste de la volatilité normale, ce n'est pas un signal. Et dans le pire des cas, ça peut donner envie d'agir, de vendre au mauvais moment, de changer de stratégie et même de paniquer. Celui qui regarde une fois par an, bon une fois par an c'est peut-être extrême, on pourra en discuter après, il voit juste une tendance, il voit la direction et il reste dans sa stratégie. Une manière simple d'arrêter de regarder tous les jours, c'est de se dire ok, je suis propriétaire de mon appartement ou de ma maison, peu importe, est-ce que vraiment je regarde le prix de revente de mon appart ou de ma maison tous les jours ? Bien sûr que non, personne ne fait ça. C'est bizarre. L'investissement financier, il faut le voir un petit peu de la même façon. Et si on dézoome sur les 98 dernières années, le S&P a eu des résultats négatifs sur 26% des années individuelles, donc une année sur quatre environ. À votre avis, sur des périodes de 10 ans, 94% des périodes de 10 ans ont été positives. 94%. On fait un exercice encore un peu plus parlant, si vous voulez. Un investisseur qui a mis 10 000 dollars chaque année pendant 20 ans sur le S&P, en choisissant à chaque fois le pire jour de l'année pour investir, le plus mauvais timing possible, genre systématiquement pendant 20 ans, il a en moyenne 12% de rendement annualisé moyen. Ces 200 000 dollars investis sur 20 ans deviennent 800 000 dollars. Avec le... pire timing possible. Genre, tous les ans, le mec prend la pire journée. Genre, le pire timing possible. Parce qu'en fait, il y a une réalité, c'est que le temps dans le marché bat toujours le timing du marché. Toujours. Donc, si on revient à la question du début, combien de fois par jour vous regardez votre portefeuille ? Si la réponse c'est plusieurs fois par jour, posez-vous juste une question, c'est est-ce que ça vous aide à prendre de meilleures décisions ? Ou est-ce que ça vous donne juste plus d'occasion de prendre... de mauvaise décision. Parce que votre maison, vous regardez pas son prix tous les jours. Vous savez ce qu'elle vaut. Que dans 10 ans, 20 ans, elle vaudra probablement plus si la tendance se poursuit. Et vous vivez dedans sans stress. Un portefeuille long terme, ça se gère de la même façon. On le construit, on le laisse travailler, on ajuste quand c'est nécessaire. Pas quand on a peur. Et je trouve que c'est vraiment très important. Je fais une petite parenthèse, j'ai vu des commentaires sur le fait que, bon ça arrive de temps en temps, que les contenus se répètent un peu. c'est quelqu'un qui regarde la chaîne principale et le podcast et dit qu'il y a des similarités. Et c'est vrai, il y a des similarités. Et je trouve que ça fait écho aussi à ce que je disais là, c'est que, évidemment, il y a des similarités. Et heureusement, dans le sens où ce qu'on fait, par exemple, dans ce podcast sur le côté investissement, c'est prendre des notions assez précises dans un ensemble et les affiner. Là, cette notion de vision long terme, on en a déjà parlé plusieurs fois, et là, on le prend sur un spectre différent. Parce que la répétition, la répétition, et la répétition est importante pour l'apprentissage. Et surtout, en fait, on a normalisé le fait qu'il y avait des créateurs de contenu qui publiaient une vidéo par jour d'investissement. Donc tu es investisseur, tu te dis, ok, il faut que je suive mes investissements, tu vas commencer à regarder ces vidéos tous les jours, parce que tu te dis, c'est la meilleure façon, au moins je regarde. Et sur ce podcast, je ne vais pas commencer à me dire, il faut que je... propose des trucs toujours différents parce que c'est la meilleure façon de parler d'action, puis de crypto, puis d'or et de suivre les trains qui sont déjà en route comme ça, juste pour vous divertir entre guillemets, on n'est pas là pour ça on est là pour affiner des choses et oui il y a un côté chiant, il y a un côté répétitif à ce qu'on fait mais je préfère faire ça que vous tracez des droites de tendance et vous donnez des Fibonacci tous les jours pour vous expliquer où on est le marché alors que excusez-moi du terme, on en a absolument rien à foutre parce qu'on est là pour longtemps et les cryptos sont la classe d'actifs qui nous fait le plus perdre cette vision long terme Bitcoin est très jeune, toutes les cryptos dans lesquelles on investit sont très jeunes mais en même temps il y a eu des gros gains qui ont été possibles donc on est venu et du coup on est un peu dans le flou non, reprenons du recul par rapport à cette situation et réussissons à nous créer une vision long terme avec des actifs qu'on est capable de monitorer pour du long terme, ou en tout cas une partie de ces actifs-là. Et si on a des actifs plus court terme, les altcoins, c'est des allocations un peu plus court terme, c'est un fait. Il ne faut pas les traiter sur 10 ans, sur 20 ans. Mais par contre, il faut comprendre l'objectif de ce type d'allocation. Parce que si on les traite de la mauvaise façon, à savoir comme de l'or par exemple, on va faire des énormes erreurs. Donc vraiment, et j'insiste sur ça, cette vision long terme est très importante, et surtout dans le marché crypto, où je vois beaucoup de gens qui sont un peu bloqués dans leur portefeuille parce qu'ils ont investi dans des low cap, et du coup ils ne savent pas quoi faire, en plus il y a le cycle de 4 ans et tout. Demandez-vous... pourquoi vous détenez des altcoins ? Demandez-vous si vous en avez. Pourquoi vous détenez du Tau ? Pourquoi vous détenez du Solana ? Peu importe. Quel est l'objectif derrière ça ? Mon objectif personnel, c'est d'avoir un bon point d'entrée, d'avoir un bon point de sortie, de faire un profit. Ce n'est pas un objectif à très long terme, sur 10 ans, 20 ans, 30 ans. Il y a d'autres actifs qui permettent ça. Mais vraiment, c'est très très très important. La sélection d'actifs. Et ! derrière la capacité de voir la vision de son portefeuille à long terme. Et désolé pour ceux qui trouvent que c'est répétitif, peut-être que vous n'êtes pas sur le bon type de contenu. Il y a des camions qui passent à côté, vous devez les entendre là, parce que mes bureaux sont dans une zone industrielle. Bref, du coup, il y a des camions à côté parce que la fenêtre est ouverte, parce que sinon, en fait, je brûle, donc désolé. Alors, d'habitude, je fais un point finance, ensuite je fais un point actus, ensuite je fais un point un peu plus histoire. Je me rends compte que le point actus me fait un peu chier. Dites-moi dans les commentaires ce que vous en pensez du point actus. Je vous ai parlé de plein d'actus, je les ai plus en tête. Est-ce que je les ai au-dessus, quelque part ? Je sais plus. Mais je sais pas, à chaque fois je me dis, ah, c'est le seul qui m'excite pas. Donc on va le sauter dans ce podcast et vous me dites comment vous le voyez, ok ? Let's go ! En 2009... Paul Graham, qui est le cofondateur de Y Combinator, qui est l'un des incubateurs de startups les plus influents au monde, il a publié un essai qui était très court, de deux pages. Mais l'idée dedans est l'une des idées les plus utiles que j'ai lues sur l'organisation du travail. Il dit qu'en fait, il existe deux types de personnes et deux types de rapports au temps. Et vous êtes forcément, peu importe le métier que vous faites, vous êtes forcément dans l'un des deux. Le premier type de personne, c'est le manager. Le manager, il va découper sa journée en tranches de 30 minutes, 15 minutes, 1 heure, réunion à 9 heures, call à 10 heures, déjeuner à midi, telle tâche à 14 heures. Et ce mode de fonctionnement, il est parfait pour venir coordonner, décider, déléguer. 1 heure, c'est suffisant pour une conversation, pour prendre une décision, pour avancer sur 10 sujets différents. Chaque tranche a sa valeur propre. Le deuxième type de personne, c'est le maker. Désolé pour l'anglicisme, le manager, il n'y a pas de mot français, et le maker, c'est le faiseur, le créateur. Donc le maker, lui, c'est le développeur, l'écrivain, le créateur, le chercheur. C'est celui qui fonctionne complètement différemment. En fait, pour lui, le temps ne se découpe pas en heures, il se découpe en demi-journées minimum. Parce qu'il a besoin d'entrer dans un état de concentration vraiment profonde. pour accomplir la tâche qu'il veut. Et il ne peut pas le faire sur une période de 30 minutes, une heure. Il faut du temps pour démarrer, pour rentrer dans le problème, pour atteindre le moment où le travail devient vraiment bon. Et une fois qu'il est dans cet état, hop, il est performant. Et surtout, une interruption ne coûte pas juste le temps d'une interruption. Elle coûte tout le temps nécessaire pour y revenir. Et le problème de tout ça, c'est quand les deux se rencontrent, j'ai raté mes doigts, quand les deux se rencontrent de la mauvaise façon. Paul Graham, il dit qu'une seule réunion peut faire exploser une après-midi entière. Pas parce qu'elle dure longtemps la réunion, parce qu'elle coupe le temps en deux morceaux trop petits pour faire quoi que ce soit d'intéressant. Ça m'est arrivé tellement de fois d'avoir une réunion à 15h en plein milieu de l'après-midi. Dans ce cas-là, mon après-midi de 13h à 15h, elle n'est déjà plus trop dispo parce que mentalement, c'est un peu compliqué. Je sais que je vais être interrompu. Tu as la réunion, je ne sais pas, de 15h à 16h. Et après, il faut se remettre dedans, ce qui est très dur. Du coup, c'est ultra dur. de commencer quelque chose de sérieux ou de complexe. Et Paul Graham, lui, il sait que, par exemple, si son après-midi va être découpé, il est moins prêt à démarrer quelque chose d'ambitieux le matin, parce que les projets ambitieux, par définition, ils sont à la limite de notre capacité. Et une petite baisse de morale, par exemple, ça casse la dynamique. Et c'est un concept que je trouve vraiment hyper intéressant, sans vraiment vouloir identifier quel rôle on a absolument. Ça dépend aussi des métiers, ça dépend des jours, parce qu'il y a des métiers qui sont un peu mixtes. mais plutôt pour bien identifier dans quel rôle on se met à tel moment de la journée. Quand je prépare ce podcast par exemple, quand j'écris, quand je fais du deep work, je suis en mode maker. Et les jours où j'ai des calls qui sont dispersés dans la journée, je le ressens directement. C'est pour ça que tous mes calls par exemple c'est le mercredi. J'essaie de vraiment pas en faire le lundi, mardi, jeudi, vendredi. Parce que je produis moins, parce que ce que je produis est moins bon, parce que le mode de fonctionnement est incompatible. Et pour vous donner par exemple mon ressenti à moi, moi j'ai un peu ces doubles casquettes, dans le sens où je suis créateur, donc je dois créer, écrire des scripts, faire mes recherches d'investissement, et tourner les vidéos, qui est une sorte de deep work quand même, et je dois aussi gérer mon équipe. Parce que c'est moi qui crée l'entreprise, c'est moi qui gère l'équipe. Donc il y a un job de maker, il y a un job de manager. et je le sens dans les moments où déjà je ne connaissais pas ce type de notion plutôt avant et dans les périodes où je vais faire un peu les deux, je vais être performant dans aucun des deux c'est à dire que je vais être en train de faire ma tâche je suis en train d'écrire un script, ok de 9h à 11h j'écris mon script, après à 11h il y a quelqu'un qui m'appelle et je prends 30 minutes pour lui parler sauf que je ne suis pas vraiment disponible pour lui parce que je suis encore à la tête dans mon script mais je ne suis pas efficace pour mon script à la fin de l'appel je ne suis pas performant non plus C'est compliqué. Et je sais qu'il y a beaucoup de jobs comme ça où, que ça soit par non-connaissance de ce type de fonctionnement ou par non-choix, tu vois, les gens qui travaillent dans les open space, c'est très dur. C'est très dur de se mettre soit dans l'un, soit dans l'autre. Et je vous encourage vraiment, si vous pouvez, à réfléchir à comment vous mettre dans soit le mode maker, soit le mode manager. Je sais que c'est pas possible pour tous et je sais que c'est très différent en fonction de ce que vous faites dans votre vie. Mais dites-vous, ok, ce matin, j'ai un job, une tâche qui est quand même vachement demandante en termes intellectuels. Ok, cool. Comment est-ce que je fais pour être le moins dispersé possible et le moins dissipé et dérangé possible pour accomplir cette tâche-là ? Si vous faites du télétravail, par exemple, peut-être réserver cette tâche au télétravail. Voilà. Mais c'est très, très, très important. Et surtout, c'est aussi... Moi, j'ai vraiment remarqué ça, c'est que je vous encourage vraiment à lire le livre Deep Work de Carl Newton, qui est incroyable et surtout, c'est une amélioration qui peut avoir un changement positif drastique dans notre vie, en fait. Pourquoi ? Bon, encore une fois, moi, je suis un connard d'entrepreneur et je fais mes horaires comme je veux. Je sais qu'il y a des gens qui ont des horaires fixes. Imaginons, vous vous adaptez comme vous voulez, si vous le pouvez. Un travail que tu fais, par exemple, en 4 heures, on est énormément à ne pas être à la pointe du deep work parce qu'on est dans un monde où tout le monde est dissipé. Donc, un travail qu'on fait, par exemple, en 4 heures, la plupart du temps, si on était à 100%, sans aucune interruption, avec vraiment une préparation, des ondes gamma dans les écouteurs, et boum, on y va, c'est un truc qu'on peut faire en 1h30, 2h. Genre... Ça sort pas de n'importe où, c'est prouvé. Et donc, imaginez si on pouvait tous les jours gagner 2-3 heures de notre temps et de notre journée d'organisation. C'est l'équivalent de finir à 16h au lieu de 18-19. Le temps disponible après pour vivre, pour faire du sport, pour se reposer, il est fou. Donc, c'est important. Est-ce que j'ai d'autres choses à dire sur ça ? Ah oui, la solution que Paul... gramme à trouver du coup, c'est de regrouper tous ses rendez-vous en fin de journée. Genre une seule zone, manager, tout le reste, maker. Du coup, c'est un truc que j'ai appliqué, c'est quand j'ai des appels, je les mets le plus tard possible. Imaginons que je finisse ma journée à 19h. Ah, tu veux faire un appel ? Ok, bah vas-y, on le fait à 18h30. Et du coup, un mec qui me repropose un appel, bah ce sera à 18h. Du coup, j'aurai juste un appel à 18h, 18h30. Par contre, j'aurai rien avant. Et de les mettre vraiment le plus possible à la fin. Et maintenant, vraiment important d'identifier mes zones manager et maker, ce qui est très très très important pour garder un niveau de productivité vraiment intéressant, et aussi pour éviter d'avoir des dizaines de boucles ouvertes tout le temps, comme on a déjà vu, parce que ça fatigue notre système nerveux, et ce n'est pas à négliger. Je le sais, j'ai eu des douleurs au genou pendant 6 mois à cause d'une surcharge du système nerveux. Ce à quoi je n'adhérais pas forcément, enfin j'étais neutre, je ne me rendais pas compte à quel point c'était quelque chose. d'important et quelque chose de puissant. Ok. On enchaîne avec le sujet histoire. Vous savez ce qui me remplit de joie ? C'est qu'on est le 15 juillet, que oui, on a perdu contre l'Espagne, mais il y a le film Odyssée de Christopher Nolan qui sort, et je vais le voir ce soir. Et ça, ça, ça me remplit de joie. Ok, allons-y. Pour le côté histoire, on va en Inde. les amis, nous sommes en 1959 dans un petit village indien qui s'appelle Gellor. Dans ce village, dites-vous que il n'y a pas de route, il n'y a pas de médecin, il n'y a pas d'électricité. C'est une communauté entière qui vit ici, qui vit coupée du reste du monde par une crête rocheuse qui longe le sud du village. Pour aller chercher des soins médicaux, les gens de Gellor doivent contourner cette montagne à pied et devinez combien de kilomètres ce détour fait ? 70 kilomètres ! dans un état parmi les plus pauvres d'Inde. Et il y a un homme qui s'appelle Dashrath Manji, qui lui est un ouvrier agricole. Il est né en 1934 dans la caste des Musaar, la caste la plus basse de toute la société indienne, celle qu'on appelle littéralement les mangeurs de rats. Il a travaillé des années dans les mines de charbon de Danbad, il est rentré au village, il s'est marié avec Falguni Devi, sa conjointe, il a une famille et il gagne environ 1$ par jour. C'est une vie très dure, mais c'est sa vie. Et un beau jour de 1959, Falguni, sa conjointe, lui apporte à manger sur son lieu de travail, donc au sud de la crête rocheuse. Elle emprunte le seul chemin qui passe par la montagne, un sentier étroit taillé dans la roche. Elle glisse et elle tombe. Quand Dashrat arrive, elle est grièvement blessée. Et le médecin le plus proche, il a 70 km, donc il ne peut pas l'y emmener à temps. Et malheureusement, sa conjointe décède de cet accident. Dajrat, il reste là avec sa douleur et avec cette montagne en face de lui. Il aurait pu, comme la plupart des gens, enterrer sa femme et continuer à vivre avec cette injustice, mais non, il le fait pas. Il prend un marteau et un ciseau et il commence à frapper la roche. Ses voisins se disent qu'il est complètement fou, qu'il a perdu la tête. Son propre père lui dit que, écoute, tu as des devoirs envers ta famille, envers ta communauté. La montagne, c'est la montagne et... Un homme pauvre ne peut pas déplacer une montagne. Dashrath répond une seule chose. Il dit que quand j'ai commencé à frapper, les gens m'ont traité de fou, mais ça n'a fait que renforcer ma détermination. Alors il continue. La journée, il travaille dans les champs pour manger. Il vend ses chèvres pour acheter des outils. La nuit, il retourne frapper la roche. Il brûle du bois sur la surface rocheuse. Il arrose la pierre chauffée à l'eau froide pour la faire craquer. Et il creuse. Un centimètre à la fois. Et il y a une année qui passe. Deux, cinq, dix ans. Il fait ça tous les jours. Sans exception pendant 22 ans. Sa famille finit par quitter le village pendant une sécheresse. Et Dashrat reste seul avec son marteau et son ciseau. Et en 1982, 22 ans plus tard, il pose ses outils. La route est terminée. 110 mètres de long, 9 mètres de large jusqu'à 7 mètres de profondeur. Il y a un homme seul qui a creusé un passage à travers une crête vieille de plusieurs milliards d'années avec un marteau et des ciseaux. Et ce passage, il réduit le trajet entre Guélor et la ville voisine de 70 km à 1 km. Pas de 70 à 50, de 70 à 1. Le gouvernement du Bilar finit par venir le voir, et Dashrat Manji demande une école, un hôpital et une route pour son village. Il obtient une reconnaissance officielle. Le gouvernement propose son nom pour le Padmashri, qui est l'une des plus hautes distinctions civiles de l'Inde. Et en 2007, il décède d'un cancer de la vésicule biliaire à New Delhi, à l'âge de 73 ans. Le gouvernement du Bilar lui offre des funérailles d'état, et dites-vous que... La route officielle sur le tracé qu'il a creusé a été construite après sa mort, parce que pendant qu'il était en vie, personne n'avait trouvé utile de le faire. C'est 22 ans de pur labeur, dans sûrement le chagrin le plus total, pour enfin offrir à son village une route qui aura sûrement permis... d'éviter des catastrophes, d'éviter des accidents. Pendant 22 ans, le gars a littéralement sacrifié toute sa vie pour une route. Il n'avait pas de ressources, il n'avait pas de soutien, il n'avait pas de technologie, il n'avait pas de réseau, il avait une cause et il s'est rendu compte qu'il n'y avait personne d'autre qui allait le faire si ce n'était pas lui. Du coup, il l'a fait. Et le pire dans tout ça... désolé cette histoire ne finit pas très bien c'est que sa belle-fille qui s'appelle Basanti Devi est décédée en 2014 parce qu'elle ne pouvait pas payer ses soins médicaux C'est cruel, la famille de l'homme qui a consacré 22 ans de sa vie à permettre aux autres d'accéder aux soins n'avait pas les moyens d'y accéder elle-même. Mais ça la reste une histoire incroyable, qui n'est pas une histoire entrepreneuriale, qui n'est pas une histoire de réussite conventionnelle, mais qui est une histoire d'un homme qui a réussi à avoir un impact massif sur sa communauté. Et je pense, je ne suis pas un expert de la culture indienne, mais que c'est... C'est un modèle de réussite pour la plupart de ce type de profil. Voilà, c'est une histoire que je trouve très cool. Et on enchaîne avec le dernier sujet de ce podcast, le sujet science. Il y a toujours un sujet finance, actu qu'on a sauté, développement personnel, histoire, science. Je suis tombé sur une étude assez intéressante il n'y a pas longtemps sur le placebo dans le sport. On a tous une image un peu précise de ce qu'est le placebo. C'est un médecin qui te donne une petite pilule de sucre, qui te dit que c'est un médicament puissant, et là, waouh, le patient va mieux. C'est de la psychologie, c'est pas de la chimie, mais c'est un fait, ça marche. Il n'y a aucun doute là-dessus. Genre, le placebo marche, ce qui est d'ailleurs hyper intéressant. Ce qu'on sait moins, c'est que ça marche exactement pareil dans le sport, et en vrai, les chiffres sont assez surprenants. Il y a une étude qui a été publiée dans l'International Journal of Sport, sport physiologien de performance, qui a donné à des participants une pilule, présentée comme de la caféine. Sauf que dans les faits, la pilule ne contenait rien. Et à votre avis, est-ce que vous avez une idée du résultat ? Les participants ont soulevé plus lourd pendant un exercice de leg extension, pas à 70 kg de plus, mais quelques pourcentages. Pas grâce à un produit, grâce à la croyance qui s'en avait pris un. Il y a une autre étude qui a été faite sur des cyclistes cette fois, qui leur a fait croire qu'ils respiraient de l'air enrichi en oxygène, ce qu'on appelle de l'air hypoxique. En fait, c'était de l'air normal. Et leur performance a augmenté de 8%. Même puissance, même effort ressenti, juste une croyance différente sur ce qui entrait dans leur poumon. Et dans tout ça, la caféine en particulier, c'est très intéressant. Des couins de demi-fonds qui croyaient avoir pris de la caféine, mais qui avaient en fait eu un placebo, ont amélioré leur temps sur 1000 mètres avec un effet parfois comparable à la vraie caféine. Ok, c'est hyper intéressant. Ça veut dire que le cerveau s'est trompé. Enfin, on a trompé le cerveau, littéralement. J'ai une anecdote sur ça que je vous raconterai peut-être tout à l'heure si j'y pense. Mais concrètement, comment ça marche ? En fait, le cerveau crée des attentes quand il pense recevoir quelque chose. Ces attentes, elles déclenchent des mécanismes neurobiologiques réels, comme la libération de dopamine, de certaines hormones, la modification de la perception de l'effort, le changement de l'état d'éveil, etc. Le corps ne fait pas la différence entre une substance active et la conviction d'en avoir pris une. Il va juste réagir à l'information que le cerveau lui donne. Ce qui est complètement fou. Ce qui est encore plus intéressant, c'est l'effet inverse. C'est l'effet nocebo. C'est la version négative du placebo. Une étude a montré que des participants à qui on avait dit qu'un supplément réduirait leur performance ont vu leur amplitude de mouvement chuter. Pareil avec le rep maximal, etc. Ils n'ont eu aucune substance active, juste des mots négatifs avant l'effort. Donc ça marche dans les deux sens. Et les chiffres varient selon les études, mais certaines... montre que le simple fait de croire qu'on a reçu une substance qui améliore les performances peut augmenter la force, l'endurance ou la vitesse de plusieurs pourcents. Et au contraire, croire qu'un produit va nous pénaliser, ça peut produire l'effet inverse. Et je pense qu'une grosse partie de la performance, bon, c'est une partie, un pourcentage en tout cas de la performance, c'est mental, que ce soit dans le sport ou dans d'autres domaines. Mais pas au sens vague, au sens un peu... spirituelle même du terme, au sens vraiment neurobiologique. La croyance modifie la physiologie. Et ça pose une question sérieuse sur absolument tous les rituels, toutes les routines, tous les discours de vestiaire. Ça montre qu'ils ne sont pas du tout inutiles. Ils font partie du mécanisme et de l'ensemble de l'entraînement. D'ailleurs, c'est aussi prouvé, j'ai lu un livre sur du tennis qui s'appelle... Je ne sais plus comment ça s'appelle. Oui, The Beautiful Game of Tennis, un truc comme ça. qui expliquait justement qu'il y a plusieurs approches dans la façon d'approcher un match de tennis, où que tu sois Carlos Alcaraz, ou que tu sois un piètre joueur comme moi, tu vas rater des coups, énormément de coups. Et les mecs au tennis, je sais pas, si vous faites du tennis vous le savez, les joueurs de tennis pètent les plombs. Ce sport est très très dur, parce qu'ils te confrontent en permanence à l'échec. Et donc dans ce type de sport vraiment, la... le côté mental et la réaction qu'on va avoir face à une erreur, face à du momentum, face à des moments un peu difficiles, va être hyper hyper importante, parce que ça va conditionner l'ensemble de certaines réactions neurobiologiques, du niveau de stress, qui a un effet dans le temps de réaction, dans le relâchement, etc. C'est vraiment, ça part de là pour arriver dans le corps, et je trouve ça fascinant. Il y a un monde parallèle où je suis chercheur en... à l'INSEP, vous savez, chercheur dans le sport, je trouve ça exceptionnellement intéressant. On parle très peu de la psychologie dans le sport, même si ça vient de plus en plus, et de tout le travail mental, surtout à haut niveau, mais c'est un sujet qui est hyper intéressant, hyper important, et pas que dans le sport, tu vois. La performance, c'est une connotation qui est très orientée autour de la réussite financière, de gagner. Mais c'est pas simplement ça, tu vois, ça peut être une quête d'une vie agréable, d'une vie confortable, ça peut être la performance dans le couple aussi, réussir à avoir une relation qui est bonne, et ça passe par ce fameux effet placebo, et aussi ce self-talk qu'on se donne tous, qu'on se parle tous énormément à nous-mêmes, et ce qu'on va se dire. va conditionner l'ensemble de la vie qu'on va avoir, ce qui est très très très important. Voilà les amis, c'est la fin de ce podcast, n'oubliez pas de vous abonner si ce n'est pas déjà fait, j'espère que vous avez passé un bon moment, malgré mon énergie de défaite de cette coupe du monde, qui va prendre une petite journée, et après qui va me permettre de faire le devis d'avancer. Je vous souhaite une bonne semaine, on se voit la semaine prochaine, prenez soin de vous, et comme d'habitude, si vous avez envie de me dire dans les commentaires les sujets qui vous parlent le plus, juste de... me donner vos retours, j'aime beaucoup vous lire, j'aime beaucoup voir le côté interactif. Donc n'hésitez surtout pas, et si vous avez aussi des informations, que vous êtes expert de certains domaines dont on parle, c'est toujours un plaisir de pouvoir compléter tout ça.