Speaker #0Le mental, tout le monde en parle, mais qui prend vraiment le temps de le travailler ? Bienvenue dans Jeux intérieurs, le podcast des compétiteurs de tennis et de golf qui veulent accélérer leur performance. Ici, on parle de ce qui fait vraiment la différence. La tête, les émotions, les sensations, les perceptions, tout ce qui influence ton jeu. Je suis Sylvie Delgado, préparatrice mentale et sophrologue spécialisée en tennis et golf et ma mission est de t'aider à devenir l'athlète de tes rêves. Alors, prêt à prendre l'avantage là où tout se joue ? Le match intérieur commence maintenant ! Pour commencer tout de suite dans le vif du sujet, j'ai envie de te demander qui est ton idole ? Tu sais, celui qui t'inspire, qui te motive, quand tu le regardes, tu peux passer des heures à le regarder, à l'observer, à détailler tous ses faits, ses gestes, toutes ses attitudes, celles que tu as envie d'imiter, de copier, de t'inspirer. Tout comme peut-être sa tenue aussi. Est-ce que ça t'est déjà arrivé d'aller acheter les mêmes tenues que ton idole, pour avoir le même look, le même style ? Quand tu le regardes, tu ressens énormément de... vibrations en toi, quand il fait des coups incroyables, toute cette joie qui t'amène, et là ça commence à te monter, et tu commences à être complètement excité, avec des frissons quand il sort des coups que personne d'autre ne sort à des moments improbables, et même peut-être que quand il gagne des tournois, tu ressens peut-être les yeux un peu plus humides, des larmes qui peuvent couler, tu sais un peu comme le cœur aussi qui s'accélère, Et là, tu commences à sauter, à crier de tous les côtés. En fait, ton idole, il peut aussi te transformer. Surtout quand il se dépasse et qu'il commence à faire des choses incroyables. Moi, c'est aussi ce que je ressens quand je regarde mon idole ou mes idoles. Je t'avoue que j'en ai plusieurs, que ce soit dans le golf ou dans le tennis. Mais je me souviens quand j'étais ado et que je jouais au tennis, j'avais un idole. à l'époque était numéro un mondial. Tu sais, c'est un peu comme si aujourd'hui, tu regardais Alcaraz jouer, faire des coups incroyables, ou bien Rory McIlroy également. Moi, je me souviens, je me plantais devant la télé lors des finales des tournois des Grands Chelems. Et là, je pouvais passer des heures, des heures à regarder cette télé devant mon idole. Et au fur et à mesure du temps, je me souviens, je me rapprochais de la télé comme si j'avais le nez collé. Et comme si j'étais sur le cours avec lui, ou même peut-être je m'imaginais même à sa place, j'étais complètement transcendée dans une autre dimension. Et je me sentais en tête à tête avec lui. Malgré toutes ces centaines, ces milliers de personnes autour, j'étais complètement absorbée. Dès qu'il faisait des coups incroyables, il gagnait des points, je sautais, je bougeais de tous les côtés. Et tout ça, ça m'a mené énormément de motivation à jouer comme lui. J'avais envie d'atteindre son niveau. Et qu'est-ce que je faisais ? À ce moment-là, je partais, et ça m'a motivée tellement que je partais faire un footing. J'avais comme si l'impression d'aller m'entraîner à ce moment-là, c'est comme si je jouais en même temps que lui, c'est comme si c'était ce moment-là où j'allais vraiment progresser. Bref, je sais que comme ça, ça peut paraître un peu fou de ressentir tout ça, mais je crois que le sport, c'est aussi ce qui... Ça amène à vivre des moments tellement forts que peut-être dans d'autres domaines de la vie, on ne peut pas retrouver. Tout ça pour te dire que d'avoir un idole, ça a ses avantages, ça motive et peut-être même ça peut t'aider dans ton état d'esprit à progresser. Mais derrière ton idole, j'aimerais quand même relever et te poser cette question. Quelle est la limite de t'inspirer de ton idole ? Tu sais, de le copier, d'avoir peut-être la même raquette, les mêmes clubs, jusqu'à la tenue, comme je disais tout à l'heure, ou même peut-être jusqu'à l'attitude, avoir la même attitude, la même démarche, les mêmes routines aussi. C'est sûr que ça apporte énormément, tu peux peut-être ressentir plus de force en toi, plus de confiance. Et vu que le golf et le tennis sont des sports individuels, tu peux aussi te sentir un peu moins seul dès que tu penses à ton idole. Ça te réchauffe de l'intérieur et tu peux retrouver un peu plus d'énergie, de confiance. C'est comme un soutien en même temps. Mais là, en fait, tout de suite, je pense à Nadal, à Raphaël Nadal, qui lui a ses routines très établies, notamment, tu sais, quand il est au filet pour le tirage au sort, dès que le tirage au sort est terminé, il fait des bonds incroyables pour activer son énergie et être prêt dès l'échauffement. Moi, ce que je me pose comme question, c'est... Est-ce que c'est bon ? de reproduire la même chose, ou bien aussi, tu sais, il a ses routines avec les bouteilles d'eau au changement de côté. Moi, je lui dis qu'il a peut-être mis des années à trouver ses routines pour savoir comment les faire, à quel moment les faire, à quel moment ce sera efficace pour lui, et est-ce que pour toi, ça a le même effet, le même impact pour améliorer ta performance ? Peut-être que toi, tu as besoin d'autre chose. Peut-être que toi, tu as besoin de la même chose, mais peut-être à un autre moment. En fait, l'idée, c'est d'apprendre à mieux te connaître et petit à petit d'avancer au fur et à mesure des mois, des années et de te rendre compte de ce qui te correspond le plus. Parce que le risque de copier ton idole, c'est peut-être de t'enfermer dans un schéma qui n'est pas le tien et qui ne va pas permettre à tes capacités d'être déployées au maximum. C'est un peu comme si, par exemple, tu adores les chaussures de ton père, mais tu n'as pas du tout la même pointure. Ton père, quand il marche avec ses chaussures, ça lui donne une jolie allure, une belle démarche, il a un joli style. Et toi, quand tu as envie d'essayer et d'emprunter les chaussures de ton père, qui sont trop grandes, ce qui peut se passer, c'est que, oui, tu peux avoir des jolies chaussures au pied, mais vu qu'elles ne sont pas adaptées à ta pointure, peut-être que ton allure ne sera pas la même que ton père. Tu vas peut-être trébucher avec. Ça ne donnera pas le même résultat. Et c'est ça que je veux t'expliquer par rapport au fait de copier ton idole. Est-ce que c'est vraiment adapté à toi ? Maintenant, pour parler plus de niveau de jeu, le piège de t'inspirer de ton idole, c'est de rêver d'être quelqu'un d'autre que toi. De croire que quand tu joues, tu n'as pas le droit de rater parce que toi, ton idole, c'est un champion. Il ne rate pas. Et finalement, toi, tu n'as peut-être pas le même niveau que lui. Et donc, quand tu rates, c'est comme si tu ne t'autorisais pas à rater. Et ça, ça t'amène beaucoup de frustration et d'incompréhension. Ce décalage entre ton idole qui réussit, tu as les mêmes clubs, les mêmes raquettes, la même tenue, les mêmes attitudes, les mêmes routines. Et ton jeu, on n'est pas le même. Lui, il a peut-être beaucoup plus d'expérience que toi, beaucoup plus d'entraînement. Et le fait que tu n'acceptes pas de rater... puisque tu as envie d'avoir le même niveau que ton idole, ça t'amène à un rapport à l'échec un peu particulier. Et du coup, c'est compliqué pour toi, peut-être sur le parcours ou sur le terrain. Peut-être que tu t'énerves, tu as des attitudes qui ne sont peut-être pas adaptées à la situation, à la réalité. Je voudrais quand même te donner un exemple de Rory McIlroy, de chiffre. Lui, il rate un green sur trois. Et pourtant... Il est dans les meilleurs joueurs du monde. Donc tu vois, même lui, il rate. Ce qui compte vraiment, ce n'est pas l'échec en lui-même, mais comment tu joues après l'échec. Tu sais, un champion, lui non plus, il ne réussit pas tout. Mais qu'est-ce qu'il fait de super bien, c'est que quand il rate, il continue. Il arrive à gérer ses moments où il se reprend pour derrière, à nouveau, faire un super coup. Après tout ce que je viens de te dire, J'ai envie de commencer à te faire voir les choses un peu différemment. Tu vois, de te questionner, peut-être pas, ai-je joué comme mon idole ? Mais plutôt te demander, qu'est-ce que j'ai appris de mon jeu aujourd'hui ? Tu sais, quand tu rates, essaye de réagir peut-être différemment et de te demander, qu'est-ce qu'un champion ou mon idole aurait fait face à ce raté ? Plutôt que de te dire, un champion ne rate jamais. Ça, comme je te l'ai dit tout à l'heure, ils ont tout autant que toi des ratés. Peut-être moins, mais pas zéro raté. Et pour essayer d'ancrer un peu plus cet état d'esprit, tu pourrais peut-être faire cet exercice de visualiser un souvenir où tu t'es senti libre, authentique, vraiment toi, avec cette force en toi qui était là plutôt que d'essayer d'imiter ton idole. Et tu vivais à ce moment-là un moment où, quelle que soit la situation, tu savais que tu pouvais t'en sortir. Essaye peut-être de faire cet exercice et petit à petit tu vas voir que tu vas te rapprocher de toi, de ta force, de tes points forts, arriver aussi à mieux te connaître et utiliser peut-être certains moments de ce souvenir qui peuvent te paraître importants, intéressants à réutiliser sur le terrain. Pour que tu comprennes encore mieux ce que ça peut avoir comme incidence, le fait d'avoir son idole, quels sont les avantages, quelles sont les limites, je te raconte l'accompagnement que j'ai effectué cette année avec un golfeur de 14 ans. Lui, son rêve, c'est de jouer sur le PGA Tour d'ici une dizaine d'années. Et en même temps, juste avant, il voudrait intégrer une université américaine d'ici 4 ans. Bon, lui, son monde, son repère, c'est le haut niveau. Il admire les champions, il adore tout ce haut niveau, tout ce qui va autour avec gagner, être fort, la réussite, tout l'aura que les champions ont. Le problème, c'est qu'il vit un peu dans ce monde et que son vrai monde à lui, c'est tout un autre monde. La réalité, c'est que c'est un ado de 14 ans qui est scolarisé, qui fait plusieurs sports, qui est 7 d'index. T'imagines la frustration qu'il peut ressentir sur le parcours, une sorte d'incompréhension entre ceux qui visent et tous les champions qu'il idole. Et lui, son jeu quand il est sur le parcours, avec 7 d'index, finalement pour lui c'est insuffisant, c'est pas légitime. Pour lui, au regard des autres, c'est pas assez bien, son niveau n'est pas assez fort. Bon, donc quand on a échangé sur tout ça, moi j'ai décidé de lui proposer de faire un travail sur qui il est vraiment. C'est-à-dire connaître ses capacités du jour, du moment, connaître ce qu'il est capable de faire, mais surtout ce qui dépend de lui. Donc on a travaillé sur des objectifs à court terme. C'est-à-dire qu'il s'est défini comme objectif à court terme d'être calme, grâce à la mise en place de la respiration lente et longue, d'être positif en incarnant une phrase positive. avant de jouer, par exemple, son coup, ou d'avoir une question interne qui lui permet de donner des repères un petit peu pour voir où il en est par rapport à cet état positif. Et ensuite, d'avoir une bonne intention sur le prochain coup. Par rapport à tous ces objectifs à court terme, on a aussi déterminé des critères d'évaluation, de progression. Qu'est-ce qui va lui permettre de voir s'il a atteint ses objectifs à un mois, à deux mois, à trois mois ? Qu'est-ce qui va lui permettre de dire « Ok, là j'ai progressé » . Par exemple, il avait dit son attitude, est-ce qu'il est toujours aussi énervé, comment il se sent au niveau de la frustration, est-ce qu'il est relâché dans son corps, comment est-ce qu'il se sent lui en fait. À la fin de cette séance de détermination des objectifs à court terme, je me souviens, il m'a dit « Mais j'y arriverai jamais » . Alors imagine dans quel état d'esprit il était. Il avait une vision sur dix ans et là, sur un mois, pour lui, c'était un monde, c'était impossible. Pour le rassurer, je lui ai conseillé de rester focus sur les objectifs qui s'étaient fixés à court terme. Je te partage ce que j'ai lu dernièrement. Usain Bolt, il a dit, ne pense pas aux limites des autres. Quand tu cours, cours ta course. Et tu vois ce que vit cet ado de 14 ans. C'est exactement ça. Il est plus focus sur les autres, sur qu'est-ce qu'ils peuvent faire et comment lui peut l'interpréter. Mais finalement, quand tu lui demandes de courir lui sa course, il est perdu. Et je pense que moi, pour arriver à performer, il faut vraiment, comme le dit Usain Bolt, c'est être focus sur ta course, sur ce que toi tu veux faire, sur ce que toi tu veux atteindre et surtout comment tu vas t'y prendre pour l'atteindre. Tout ce que je viens de te dire jusqu'à présent... Ça remet en question cette croyance que si je copie mon idole, je serai plus fort. Le fait de copier ton idole, c'est vrai que c'est une source d'inspiration, une source de motivation. Mais il ne faut pas oublier que ta vraie force, c'est vraiment ton style unique. Tes capacités qui sont en toi, tout ce qui est en toi. Pour que tu comprennes encore, encore mieux, je vais te raconter quand je jouais sur le circuit. Nous, les Françaises, on avait tout. On avait les contrats textiles, quelles que soient les marques, les contrats raquettes, on avait 4, 5 raquettes avec les grippes, on avait tout le matériel, le cordage, Les sponsors, un certain confort, les derniers équipements, les derniers sacs, on avait tout, vraiment, c'était incroyable. On ressemblait à des pros, pour tout te dire. Et à côté de ça, je me souviens, il y avait les jouesses des pays de l'Est. Et plus particulièrement, je me souviens de cette Bulgare avec qui j'avais partagé sur un tournoi ma chambre. Elle, quand tu la voyais... Elle avait un sac à dos avec deux raquettes et un petit sac à main. Tu te demandais vraiment si c'était une joueuse du tournoi. Dans son sac, elle avait deux, trois affaires de rechange, pas plus, pas de sponsor, pas de contrat, pas de confort, juste le minimum. Et pourtant, quand elle est entrée sur le court, je peux te dire que c'était une autre histoire. Elle avait le comportement d'une championne. Une détermination, une présence, un mental incroyable. Elle n'a pas seulement joué ses matchs. Elle a traversé tout le tableau. Quand tu la voyais, rien ne disait qu'elle avait tout d'une championne. Mais ce tout d'une championne, elle était dans son attitude, dans sa force intérieure. Ce que j'ai envie de te dire à travers tout ça, c'est que de jouer comme un champion, ce n'est pas avoir ce que le champion a. C'est que tu fasses avec ce que tu as, ce que seul le champion ose faire. Jouer à fond, accepter le risque, croire en toi. Et pour t'aider encore un peu plus, je te pose cette question. Toi, qu'est-ce qui fait que tu es un joueur unique ? Quelle imitation de ton idole tu es prêt à lâcher pour t'autoriser quelque chose à la place qui te ressemble vraiment ? Parce qu'au fond, le vrai jeu, ce n'est pas celui que tu copies à l'extérieur, avec la tenue, la raquette ou les attitudes. Le vrai jeu, c'est ton jeu intérieur, ta manière de gérer l'erreur, de réagir à la pression, de rester toi-même dans la tempête. Ton idole, certes, il peut t'inspirer, mais il ne peut pas jouer à ta place. Ton champion intérieur, lui, il est déjà là. Et à chaque fois que tu acceptes l'imperfection, chaque fois que tu avances malgré le doute, tu joues vraiment comme un champion. Souviens-toi ! Le champion que tu cherches est déjà en toi. Je t'invite à mettre le podcast dans tes favoris ou peut-être même le recommander à une personne que ça pourrait aider, à un ami, à un autre joueur. Et si tu souhaites, tu peux même envoyer un message avec ce que tu as pensé de cet épisode. C'était un épisode de Jeux Intérieurs, le podcast qui parle du mental en tennis et golf pour t'aider à révéler l'athlète qui est en toi.