Speaker #0Le mental, tout le monde en parle, mais qui prend vraiment le temps de le travailler ? Bienvenue dans Jeux Intérieurs, le podcast des compétiteurs de tennis et de golf qui veulent accélérer leur performance. Ici, on parle de ce qui fait vraiment la différence. La tête, les émotions, les sensations, les perceptions, tout ce qui influence ton jeu. Je suis Sylvie Delgado, préparatrice mentale et sophrologue spécialisée en tennis et golf, et ma mission est de t'aider à devenir l'athlète de tes rêves. Alors, prêt à prendre l'avantage là où tout se joue ? Le match intérieur commence maintenant ! Allez, aujourd'hui on va parler de plaisir et je voulais te demander, est-ce que ça t'est déjà arrivé, après un match ou une compétition, de vouloir tout arrêter ? De dire c'est fini, là moi j'arrête le tennis ou j'arrête le golf, c'est impossible de supporter ce niveau de jeu, ça fait plusieurs fois que je sens rien, mes résultats sont pas à la hauteur de mes attentes. Et du coup, est-ce que ça, quand ça t'arrive ou si ça t'est déjà arrivé ? Tu te dis, mais qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce que je peux faire quand je vois mes résultats avec tous les efforts que je fais, tous ces entraînements que je fais ? Et là, tu ressens petit à petit le plaisir qui disparaît. Ça te démotive de t'inscrire à nouveau à des compétitions, à aller t'entraîner à nouveau. Tout ça parce qu'en fait, les résultats attendus, que tu espères que ce soit au niveau peut-être des scores, des coûts, Ils ne sont pas à la hauteur. Moi, ce que j'ai envie de te dire par rapport à ça, c'est que finalement, ton plaisir, il ne disparaît jamais. Il est juste étouffé par des attentes. Laisse-moi te raconter ce qui s'est passé pour moi en match par équipe. Tu sais, ces matchs par équipe ou ces interclubs où tu joues le dimanche, c'est tôt le matin, peut-être aussi ça peut être l'hiver, donc les conditions ne sont pas super motivantes. Donc tu te lèves tôt, c'est ton jour de repos. Tu te dis, OK, je vais passer toute la journée au club en attendant mon tour de jouer. Ou bien, dès que tu as fini, tu vas aller suivre tes partenaires. Et qu'est-ce qui se passe ce jour-là ? C'est que, OK, tu as envie d'aller jouer. Donc, tu prends toute la journée pour ce moment. Et au moment où c'est ton tour, tu sens comme déjà une petite pression dans le ventre. Ou comme tu vois, c'est un équipe, il faut que je sois à la hauteur. Je n'ai pas le droit de jouer moyen. Déjà, tu t'infliges un certain niveau d'attente. Et puis quand tu commences, déjà, ça ne commence pas comme tu veux. Tu commences un peu à faire quelques fautes. Des fautes un peu faciles, que d'habitude tu ne rates pas. Ça te demande un peu plus de concentration. Ça te demande un peu plus d'effort quand tu es sur le cours ou sur le parcours. Là, tu commences un peu à rater. Tu forces un petit peu. Ton mouvement n'est pas fluide. Et là, ça commence un peu à te monter. Tu t'énerves. Et là ça y est, le plaisir s'en va, et c'est toute une nouvelle partie qui commence. Dans ta tête ça commence aussi à s'assombrir, et là tu te dis mais qu'est-ce que je fais là ? Un dimanche, à batailler, à jouer, à essayer de jouer mon niveau, alors que là c'est pas du tout le cas. Tu commences à te juger, tu t'en veux également retrouver dans cette situation, et c'est la galère, toute la journée qui continue. Moi j'ai envie juste de te demander, est-ce que ça, ça t'est déjà arrivé ? Est-ce que toi tu as déjà ressenti ? Et qu'est-ce qui prend tant de place et qui rend ce moment si démoralisant ? Qu'est-ce qui t'empêche de ressentir la joie, la liberté, le plaisir de tes débuts ? Peut-être le résultat, tu vas me répondre. Le fait que tu ne gagnes pas, que tu ne joues pas bien, que tu n'es pas à la hauteur de tes attentes. Mais si on va plus loin, peut-être ce que tu mets derrière le résultat, c'est peut-être ta valeur, le fait que si tu ne joues pas bien, tu vas peut-être être moins considéré par tes partenaires, peut-être ne plus être sélectionné, avoir moins de relations sociales au niveau du club. Tu as peut-être aussi la peur de décevoir, la peur de décevoir tes partenaires, la peur de décevoir tes entraîneurs, tes coachs. Et peut-être aussi que derrière ces résultats, il y a ton état émotionnel dans lequel ça te met, le fait que ça t'énerve, que tu vas passer un mauvais moment. Et là, à ce moment-là... Je te demande où est la place du plaisir. Pour que tu comprennes encore un peu mieux, laisse-moi t'expliquer, te raconter plutôt, je dirais, la séance que j'ai faite avec une joueuse de golf que j'accompagne à la Wales. Elle s'appelle Romane. Et j'ai fait une séance avec elle la veille. Les championnats de France U16 de cette année. Donc on se retrouve, elle venait de finir sa reconnaissance. Donc on est le soir à la veille du début des championnats de France. On commence à échanger, là on commence à travailler les objectifs pour les championnats de France. Ok, les objectifs de résultats, les objectifs de moyens. C'est assez clair pour elle. Franchement, elle valide sa capacité, son niveau à obtenir, à atteindre ses objectifs. de résultats et les objectifs de moyens. Tout se passe super bien pendant la première partie de la séance. Elle est confiante, elle est heureuse, on parle plaisir. Pour elle, elle est heureuse quand elle sourit, elle se sent sereine. Quand elle est sereine, elle est relâchée, son esprit a moins de pensée. Elle a plutôt une musique en tête. Elle se sent déterminée. Quand elle est déterminée, elle a une marche dynamique. Pour elle, être en confiance au nouveau, c'est quand son swing est relâché. Surtout au niveau de ses bras et son esprit est vide. Ok, donc là, jusque là, tout va bien dans la séance. Jusqu'au moment où, aux trois quarts de la séance, une fois avoir fait tout ce travail, tout est validé, tous les feux sont ouverts, elle me dit, oui, mais si je ne joue pas bien, je ne vais pas pouvoir prendre de plaisir. Je lui dis, ok, on n'a pas fini le travail. Au revoir. un peu plus loin. Donc pour elle, même si tous ses objectifs sont clairs dans sa tête, elle a cette croyance que si elle ne joue pas bien, elle ne peut pas prendre de plaisir. Pour un peu la sortir de ces championnats de France, je lui dis, qu'est-ce qui t'a déjà rendu heureuse ? Quand est-ce que tu te fais plaisir ? On parle d'un exemple, quand elle a revu une copine, ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vue. Donc on travaille sur ça, et là ça lui a fait ce moment-là énormément plaisir. Et du coup, C'est une copine qu'elle ne voit pas tout le temps. Et elle s'est rendue compte que dans sa vie, cette copine est très contente de la voir. Mais que quand elle ne la voit pas, elle n'est pas hyper triste. Elle est quand même heureuse. Il y a d'autres choses dans sa vie qui la rendent heureuse. Et donc on a fait un parallèle avec le golf. Et je lui ai dit, ok, comme quand tu ne vois pas ta copine tout le temps, donc au golf ça serait... Ben, il y a le résultat qui est important pour toi, c'est quand tu joues bien. Mais à part le résultat, qu'est-ce qu'il y a d'autre qui te fait plaisir au golf ? Comme dans ta vie, qu'est-ce qu'il y a d'autre qui te fait plaisir quand tu ne vois pas ta copine ? Et là, on a travaillé sur ça. Et finalement, elle s'est rendue compte que quand elle est heureuse au golf, c'est quand elle prend conscience de l'environnement dans lequel elle est. C'est-à-dire que le paysage... Dans le golf où elle est, elle peut l'observer. Et en plus, non seulement elle observe, mais en plus, elle l'apprécie énormément. Elle est heureuse aussi quand elle s'habille hyper bien, qu'elle met une tenue qui lui plaît, dans laquelle elle est confortable, dans laquelle elle se sent élégante. Elle est heureuse quand il fait super beau. Alors ça, tu vas me dire, oui, et quand il fait mauvais, tu peux ne pas être heureuse. Mais OK, mais s'il fait beau, déjà, c'est déjà l'apprécier. Et ça t'amène du plaisir. Et quand elle est sur le parcours et qu'elle aperçoit les copines, elle peut faire un petit coucou, tout ça, c'est des choses qui la rendent heureuse. Et finalement, le fait d'avoir évoqué autre chose que son niveau de jeu, qui à la base, elle était persuadée que c'est ça qui la rendait heureuse ou malheureuse, finalement, elle s'est rendue compte qu'il y avait d'autres choses sur lesquelles elle s'est focalisée pendant ces quatre jours des championnats de France et elle est restée focus sur ça. Pour se détacher complètement de son résultat, de son niveau de jeu. Et donc, elle était dans un état d'esprit joyeuse, hyper relâchée. Et juste être là dans le présent, et juste être là pour profiter du moment, en fait. Elle m'a dit que, franchement, bon déjà, elle m'a remerciée à la fin du championnat de France. Parce qu'il faut que je te dise, du coup, qu'est-ce qui s'est passé ? Elle a gagné, donc elle a été championne de France U16. Bravo à elle parce que je ne vais pas dire que c'est grâce à cette séance, parce que tout le travail qui a été fait avant, depuis des semaines, des mois, des années, avec ses coachs, on va dire technique, golf et physique, toute son équipe à la Wales, elle est super bien entourée. Ils font un super travail. Je n'ai pas la prétention de dire que cette séance, c'est ça qui a fait qu'elle a été championne de France. Mais par contre, ce que je peux te dire... Et ce qu'elle peut dire aussi, qu'elle me l'a dit, et la coach qui l'a suivie sur place aussi, Lucie, m'a dit, c'est que ça l'a vraiment aidée, ça l'a permis de se détacher du résultat et d'être dans cet état d'esprit, dans ces sensations complètement relâchées, être là pour le plaisir. Et ça, ça change tout quand tu joues comme ça, parce que, OK, tu acceptes mieux de rater, et quand tu rates, tu te rattaches à d'autres choses qui te font plaisir, et le résultat, il prend beaucoup moins de place dans ta tête, dans ton corps, dans ton jeu. et dans ton golf et dans ton résultat. Ok, donc j'espère que tout ça, ça t'aide. pour voir un petit peu comment gérer le plaisir et tes attentes. Et je dirais que, tu vois, par rapport à cet exemple de Romane, ok, sur un parcours de golf ou même au tennis, c'est difficile de faire un 100% de réussite. Automatiquement, tu sais que tu auras des ratés. C'est à toi de diriger ton attention là où tu veux. Soit tu restes sur tes ratés, ou soit tu restes sur ce qui te fait plaisir. C'est un peu l'idée du verre. à moitié plein ou à moitié vide, tu choisis l'état d'esprit que tu as envie d'avoir. Et par rapport à ça aussi, tiens, je voudrais te faire faire un petit exercice qui ne prend pas longtemps, mais qui est hyper intéressant. Donc là, je vais te proposer, déjà dans l'environnement dans lequel tu es, de regarder tous les objets qui ont la couleur bleue. Donc je te laisse prendre un petit temps pour faire le tour autour de toi. Maintenant, tu fermes les yeux. Et tu te remémores tous ces objets de couleur bleue dans ta tête. Et maintenant, toujours les yeux fermés, tu vas te mémorer les objets qui t'entourent de couleur jaune. Toujours les yeux fermés. Ok, là tu peux ouvrir les yeux. Et pose-toi la question, comment ça s'est passé pour toi cette expérience ? Est-ce que tu as pu retrouver ? les objets bleus, les objets jaunes. Et ce qui se passe souvent, c'est que les objets bleus, puisque tu les avais regardés, bien sûr, tu les arrives à les visualiser facilement. Mais comme les objets jaunes, tu n'avais pas prêté attention dessus, c'est compliqué pour toi de te les visualiser. À travers cet exercice, en fait, c'est pour te faire comprendre que si ton attention, elle est portée que sur les coups que tu rates, ben C'est normal que tu aies des émotions par rapport à ça. Et le fait de laisser la place qu'à ces objets bleus, on va dire, que tu as repérés et qui seraient peut-être les coups ratés, ça serait le négatif. Et ton esprit, ton corps, tes sensations, tes émotions, ton jeu, ton golf seront attirés vers le négatif. Et alors que si tu prêtes attention sur les objets jaunes qui pourraient être peut-être le plaisir, Si tu ne prêtes pas attention à eux, au plaisir, c'est normal qu'ils ne soient pas dans ta tête. Et si tu y prêtes attention, du coup, ça sera plus facile pour toi de te remplir de plaisir et dans ta tête et dans ton corps et dans tes sensations, dans tes émotions, dans ton jeu et automatiquement dans ton résultat. Je pense que cet exercice peut t'aider vraiment à comprendre un peu le processus, le fonctionnement de ton état d'esprit. Moi j'adore me servir de cet exercice dans mes séances, parce qu'il ne prend pas beaucoup de temps et il est hyper parlant. Tout ça pour dire que le plaisir existe en fonction de la place que tu lui laisses. Pour illustrer encore plus ça, je vais te parler de Roger Federer, ce super tennisman que tu dois connaître. Lui, il en parle vraiment simplement de cette notion de plaisir. Il explique sa longévité au fait de ne pas avoir eu un entraînement surhumain. mais plutôt au fait qu'il n'a jamais laissé ses attentes étouffer son plaisir. Il dit qu'à chaque fois que la pression montait, il revenait à quelque chose de super simple. C'était plutôt jouer pour explorer, pas pour prouver. Mais finalement, ça a un impact sur ton jeu et il retrouve de la fluidité. Et cette fluidité, c'est ce qu'on recherche tous. Tu sais, ce coup où... finalement, tu as l'impression de ne pas faire d'efforts, ça part tout seul, le contact est magnifique. Et évidemment, ta balle, elle a beaucoup plus de contrôle, d'efficacité. Et chez Federer, ce n'est pas le plaisir qui dépendait du bien joué. C'est l'inverse. Pour lui, c'est le plaisir qui faisait bien jouer. Et c'est souvent ça qu'on oublie, probablement. Ce n'est pas que le plaisir, il a disparu. C'est juste qu'il a été recouvert par nos attentes. Les résultats, les classements, le regard des autres, la peur de décevoir. Et lui, il avait cette capacité incroyable à revenir à l'essentiel, à se reconnecter à la joie brute d'être sur un cours de tennis. Et tu sais, quand je te parle de Roger Federer et sa capacité à protéger son plaisir, je le fais aussi pour te montrer que ce n'est pas évident, mais de se faire aider C'est essentiel, car moi, j'ai fait exactement l'inverse. Tu sais, moi, j'ai fait une carrière de tennis super courte. J'ai commencé, je me suis lancée à 17 ans sur le circuit, et j'ai arrêté à 20 ans pour blessure. Donc ça a été court, intense, et en même temps avec beaucoup de passion. Quand j'ai commencé, j'ai commencé à 11 ans, bien sûr, c'était le jeu qui m'animait. J'avais juste envie de m'éclater sur le terrain. Et petit à petit, mon objectif, ça a été d'aller me mesurer sur le circuit, de voir de quoi j'étais capable. Mais vu que j'ai commencé tard, je t'avoue que j'étais un peu en retard par rapport aux autres. Et j'ai été à la course, une course au résultat, une course à la preuve que j'étais capable, même le fait d'avoir commencé tard et d'être moins bonne à ce moment-là, une course à la performance. Et donc, pour arriver à atteindre tous ces objectifs, je travaillais dur, je m'entraînais énormément. toujours plus, toujours fort. En même temps, c'est ce qu'on me disait, plus tu vas t'entraîner et plus tu vas y arriver. C'est cette idée-là que j'avais. Si je faisais mieux, c'est sûr que j'allais gagner. Et qu'à ce moment-là, comme j'allais gagner, le plaisir allait revenir. Mais c'est à ce moment-là que je me suis perdue. Je jouais dans ma tête. J'avais ce besoin d'exister en tant que joueuse. Et cette pression à l'intérieur de moi, qui était du coup invisible pour l'extérieur, elle me disait, tu dois y arriver. Et quand tu tires longtemps sur la corde, finalement le corps finit par lâcher parce que quand trop c'est trop, les blessures ont commencé à arriver une par une et c'est comme si mon corps parlait là où ma tête refusait d'écouter. Et c'est comme ça que ma carrière s'est arrêtée à 20 ans. Et si finalement cette joie était le vrai moteur, le seul que j'ai mis des années à réapprendre. Et pour revenir à toi maintenant, j'ai envie de te poser ces questions. Toi, quels sont les moments où tu jouais et que tu ressentais un énorme plaisir ? Qu'est-ce qui était à ce moment-là le plus présent ? Essaye de voir si tu peux répondre à ces questions. Et peut-être que ça va t'aider à retrouver ces sensations qui sont essentielles, mais qui sont si simples à retrouver et à pratiquer surtout, je dirais. Ok, si je devais résumer tout ce qu'on vient de traverser ensemble, ce serait le plaisir ne disparaît jamais. C'est simplement nous qui nous en éloignons. Et tu le vois bien, parce qu'ici on ne parle pas de coup droit, de drive ou de technique. On parle vraiment de ce qui se passe en toi, dans cet espace invisible où toutes tes intentions, tes attentes, tes croyances se jouent. Parce que là, je vais te dire une chose très importante. Écoute bien. Parce que le plaisir n'est pas la conséquence du bon jeu. Il en est la source. Oui, parce que jouer mieux, ce n'est pas faire plus. C'est faire de la place. Désengorger ton intérieur. Alléger ce qui pèse. Laisser réapparaître ce qui était étouffé. Et là, tu verras que va émerger le plaisir. Ok, pour terminer, souviens-toi. Tu joues deux matchs. Celui que tout le monde voit est un deuxième match invisible, mais essentiel à l'intérieur de toi, qui décide du plaisir que tu mets dans ton premier match. Et le jeu intérieur, c'est ça. C'est cet espace où tout commence, où tout se débloque, où le plaisir respire. Je t'invite à mettre le podcast dans tes favoris, ou peut-être même le recommander à une personne que ça pourrait aider, à un ami, à un autre joueur. Et si tu souhaites, tu peux même m'envoyer un message avec ce que tu as pensé de cet épisode. C'était un épisode de Jeux Intérieurs, le podcast qui parle du mental en tennis et golf pour t'aider à révéler l'athlète qui est en toi.