- Speaker #0
Jukebox, l'émission qui fait bavarder la musique.
- Speaker #1
Jukebox ! Je vais rayer.
- Speaker #0
et chanteur, une amie de Plata de son nom, Ricardo Baleardo, et Guitari. Ils sont cousins. José accompagne l'amie de Plata et pèlerinage au Saint-Marie-de-la-Mer, où on le remarque en mai 1955. Les Reyes et les Baleardos sont issus de familles ayant fui la Catalogne pour rejoindre Marseille pendant la guerre civile espagnole. Dans les années 70, José Reyes, ses fils et son beau-fils, Chico Bouchiqui, qui est épousé de Marta Reyes, ont un groupe nommé Los Reyes, les Rois. Et en 1977, ils sortent leur premier album, Gitan Poète. A la mort de José Reyes, ils ont envie de donner un coup de jeûne à leur musique. Leur cousin Balliardo les reçoit, ils renomment le groupe les Gypsy Kings, les Rois Gitans, dont le succès sera planétaire. Chico Bushiki est co-auteur et co-compositeur de morceaux comme Bamboléo ou Jobijoba. A priori, aucun lien avec le Mossad. Les Jeux Olympiques n'ont jamais été très favorables à l'Allemagne. En mai 1912, à Stockholm, à l'occasion des Jeux Olympiques d'été, le Comité international olympique désigne la ville de Berlin pour l'organisation des Jeux de 1916. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, les préparatifs se poursuivent normalement parce que, de l'avis général, la guerre sera de courte durée. Les Jeux de Berlin de 1916 seront finalement annulés.
- Speaker #2
En 1931,
- Speaker #0
le comité olympique attribue à nouveau à la capitale allemande le soin d'organiser les Jeux olympiques en 1936. Lorsqu'Hitler est nommé chancelier en 1933, Plusieurs pays demandent le boycott des Jeux et organisent des Jeux alternatifs à Barcelone. Appelés les Olympiades populaires, ils sont conçus comme des Jeux antifascistes, mais seront interrompus par le soulèvement militaire du général Franco du 18 juillet 1936, lequel marque le début de la guerre d'Espagne. Le 26 août 1972, S'ouvrent à Munich les Jeux Olympiques d'été. L'Allemagne veut effacer dans la mémoire du public le souvenir des Jeux de 1936, lesquels avaient servi de propagande au régime nazi. Les membres du service de sécurité seront discrets. Pas d'uniforme, pas d'arme. Le 5 septembre à 4h30 du matin, huit hommes en survêtement s'introduisent dans le village olympique, grâce à l'aide de sportifs canadiens qui les prenant. Pour des athlètes, leur feront la courte échelle. Les huit terroristes lourdement armés se rendent sans hésitation vers l'immeuble où est logée la délégation israélienne. Ils prennent en otage onze athlètes israéliens. Les preneurs d'otages sont palestiniens, membres de l'organisation Septembre Noir. Ils demandent la libération par l'État d'Israël de 238 détenus palestiniens sous peine d'abattre un otage israélien toutes les heures. Goldameir, la première ministre en poste à l'époque, refuse de négocier. Le maire du village olympique entre dans l'appartement où sont détenus les otages pour parlementer avec les palestiniens et ne compte que cinq terroristes. À 22h30, un assaut est donné par les forces de l'ordre allemande dans un aéroport militaire où otages et ravisseurs ont été déposés en hélicoptère pour satisfaire leur nouvelle revendication sans voler vers l'Égypte. L'assaut tourne au fiasco. Les policiers allemands à bord de l'avion, habillés en personnel de bord qui auraient dû neutraliser deux des terroristes envoyés pour inspecter l'avion, votent pour l'abandon de leur mission sans consulter leur commandement. Il ne reste alors que les cinq tireurs d'élite en position pour neutraliser un groupe de huit terroristes plus nombreux et plus lourdement armés qu'estimés. Les forces de l'ordre allemande sont dépassées. L'échange de coups de feu dure plus d'une heure et quelques minutes après minuit, le 6 septembre. L'un des terroristes saute du premier hélicoptère, se retourne, tire sur les otages, puis dégoupille une grenade et la jette dans la cabine de l'appareil où elle explose. Alors que le premier hélicoptère est en feu, un autre terroriste exécute à bout portant cinq des otages dans le deuxième hélicoptère. Aucun athlète israélien n'en sort vivant. Quelques années après la Shoah, des Juifs sont à nouveau assassinés en Allemagne. Voilà de quoi raviver les plaies et les traumatismes. Golda Meir, première ministre d'Israël, choisira de répondre à la violence par la violence. Elle donne l'ordre d'organiser la riposte. Cette opération prendra le nom de « Colère de Dieu » et elle va se poursuivre jusqu'en 2010. Une liste de 35 Palestiniens à abattre est établie. C'est la liste Golda et elle ne se contente pas de l'inscrire les membres de Septembre Noir. Pour elle, Septembre Noir n'est qu'une façade. La liste est élargie aux membres de l'OLP. de Yasser Arafat, qui, elle en est persuadée,
- Speaker #3
ont commandité la prise d'otage. Olympique, brasse-bandes, et les Yahoudis qui sont morts en Allemagne. Et la monde n'a rien à voir.
- Speaker #0
Pour décapiter l'OLP de ses principaux dirigeants, elle charge le Mossad de l'opération, et plus particulièrement l'unité qui s'occupe des assassinats ciblés. L'opération Colère de Dieu a plusieurs objectifs. Dissuader par la terreur les attaques du genre de celles de Munich et faire parvenir aux candidats terroristes l'info qu'ils l'épairont de leur vie. Venger la mort des athlètes tués est donner au monde entier une image forte d'Israël, capable de protéger les siens, capable de s'attaquer à ceux qui veulent en découdre. Dès qu'une cible de la liste Golda est localisée, le feu vert est donné par un comité de trois ministres, dont Golda Meir, sans doute pour diluer la responsabilité, comme les Allemands l'ont fait eux aussi pendant la Seconde Guerre mondiale. Un mois après la prise d'otage de Munich, les agents du Mossad sont envoyés aux quatre coins du monde avec une bonne couverture et des passeports étrangers. Les appartements secrets et sécurisés sont à leur disposition. Israël leur envoie par la valise diplomatique ce qu'il aurait nécessaire pour mener à bien leurs opérations. Armes à feu, explosifs, poisons, faux documents. Ce sont les agents sur place qui décident du timing et du scénario. Ils vont ainsi piéger des téléphones, des voitures, des lits. Il y aura des morts à Paris, à Rome, à Beyrouth, sans aucune réaction des autorités qui tolèrent ces assassinats, sans protester. La cible principale de la liste Golda est Ali Hassan Salameh, encore appelé le Prince Rouge. C'est le cerveau de Septembre Noir. Il est responsable de la prise d'otages de Munich et proche du leader palestinien Yasser Arafat. Ali Hassan Salameh est le fils d'un leader palestinien tué au cours de la guerre israélo-arabe en 1948. Yasser Arafat, par égard pour les actions menées par son père, a pris soin personnellement de son éducation et a subvenu à ses besoins. En juillet 1973, le Mossad file un Algérien, Kamal Ben Amman. Identifié comme un messager de septembre noir, ce dernier se rend de Genève à l'île Hammer, une petite ville de Norvège, et l'agence israélienne est persuadée qu'il va discrètement rencontrer Salamé. Une quinzaine d'agents du Mossad sont dépêchés sur place, dont six seront en charge du scénario opérationnel. Le 20 juillet 1973, ils sont certains d'avoir identifié Salamé, lorsque l'Algérien qu'ils filent engage la conversation avec un homme Manifestement de type arabe et à l'île Hammer, ils ne sont pas nombreux. Le Mossad met en route son assassinat. Le lendemain soir, l'homme identifié comme étant salamé et son épouse rentrent d'une séance de cinéma. Une voiture conduite par des agents israéliens s'arrête à leur hauteur à proximité de leur domicile. Deux agents l'abattent d'une dizaine de balles devant sa femme enceinte. Les agents quittent immédiatement la scène du crime à bord de leur véhicule. Lorsque la police norvégienne arrive, l'homme est déjà mort. Tout concordait, l'âge, le type, la stature. Mais cet homme-là n'est pas Ali Hassan Salameh. Il s'appelle Ahmed Bouchiki. Il est serveur. Ahmed Bouchiki est le frère aîné de Tchiko Bouchiki, des Gypsy Kings. Il a 30 ans, il est d'origine marocaine et algérienne. Ahmed a offert à Tchiko sa première guitare. Il vit à l'île Hammer depuis plusieurs années. Il est marié à une Norvégienne, Toril Larsen, qui attend leur enfant. Il n'avait aucun lien avec les mouvements palestiniens. Le Mossad a juste commis une énorme bavure, abusée par une vague ressemblance entre Ahmed Bouchiki et Ali Hassan Salameh. Ce meurtre met en émoi les habitants de l'île Hammer. C'est le premier crime de sang commis dans la ville depuis la guerre. Les Israéliens apprennent leur erreur le lendemain lorsque les médias s'emparent de l'affaire. Deux des agents du Mossad sont arrêtés à l'aéroport de Sloe alors qu'ils restituent une voiture louée. Après un interrogatoire, l'un des deux agents, claustrophobe, rescapé de la Shoah, ne supporte pas l'exiguïté de la cellule dans laquelle on l'enferme. Il va balancer l'adresse de la maison où se trouvent les quatre autres agents. Ils seront tous arrêtés, traduits en justice et condamnés à huis clos pour espionnage et complicité d'assassinat. Mais cinq d'entre eux seront libérés après quelques mois. Ce fiasco de Lillehammer a eu un impact sur l'ensemble des opérations du Mossad en Europe. En effet, les agents israéliens ont non seulement tué le mauvais homme, mais ils ont également été arrêtés par la police norvégienne qui a découvert et rendu public des informations cruciales sur les hommes, les planques, les agissements du Mossad sur le continent et leur travail de mafieux.
- Speaker #4
Nous réglerons nos comptes avec tous ceux qui nous font du mal, qui contenu nos enfants, qui contenu nos concitoyens, qui contenu à notre pays, aura sa tête mise à prix.
- Speaker #0
Le vrai Salamé est finalement assassiné en janvier 1979 à Beyrouth. C'est une femme qui le piègera, Erika Chambers. D'origine britannique, elle évolue sous la couverture d'une travailleuse humanitaire venant en aide aux réfugiés palestiniens du Liban. Ceci lui permettra de s'approcher des membres de l'OLP. Au bout de quelques mois, elle sait tout des habitudes de Salamé et elle va exploiter une faille dans sa sécurité. Il emprunte tous les jours, en voiture, le même trajet entre sa planque et le QG de l'OLP, escorté de ses quatre gardes du corps. Le 22 janvier 1979, une voiture piégée l'attend sur son parcours. L'attentat tuera Salamé, ses quatre gardes du corps et quatre passants, deux nouvelles victimes innocentes de l'opération Colère de Dieu, sans que cette vengeance ne mette fin au terrorisme puisqu'il n'y a pas d'homme irremplaçable. En 1996, soit 23 ans après l'assassinat d'Ahmed Bouchiki, le gouvernement israélien dédommagera sa femme et sa fille posthume, mais sans aucune excuse et sans reconnaître le crime. Longtemps après l'assassinat de son frère, quand il aura pardonné, Chico va s'engager pour la paix au Proche-Orient. Il sera décoré de la Légion d'honneur par François Hollande pour cet engagement. En 1991, il sera évincé des Gypsy Kings pour avoir déposé en tant que marque que le nom du groupe a son nom. Il créera alors le groupe Chico and the Gypsies. Et en 1994, ils seront invités à jouer en Norvège, devant les autorités palestiniennes et israéliennes pour marquer le premier anniversaire des accords d'Oslo, des accords de paix aux effets bien fugaces. Vous n'écouterez plus jamais ces chansons de la même manière à présent. Likez, partagez, commentez, abonnez-vous. Likez, partagez, commentez, abonnez-vous. Je vous embrasse très très fort. Et à tout bientôt pour un nouvel épisode de Tchouk Pops !
- Speaker #5
Et que je me fais de mon âme et du rôle de l'écrivain. Tchouk Pops !