Speaker #0Marilyn et John est le deuxième single du premier album de Vanessa Paradis, M&J. Cette chanson fait référence à la relation qu'entretenait Marilyn Monroe, star d'Hollywood des années 50, et John. John Kennedy, le 35e président des États-Unis. Marilyn sera retrouvée morte officiellement le 5 août 1962 d'un suicide probable. Mais avec une telle qualification, on n'a évidemment pas beaucoup enquêté. Marilyn, ou plutôt Norma Jean, c'est une enfant investie par personne. Un papa inconnu et une maman diagnostiquées schizophrènes paranoïaques et internées en institution psychiatrique. Elle sera empêchée d'élever sa fille, confiée alors à des dizaines de familles d'accueil et d'orphelinat. A chaque fois, un nouveau lit, de nouvelles règles, de nouveaux visages et parfois des mains qui la touchent là où personne n'aurait dû la toucher. John Lewis est un enfant investi par toute sa famille. Université de Harvard, cadeau d'un million de dollars pour son 21e anniversaire, il incarne le rêve de son père de voir l'un de ses fils à la Maison Blanche puisque lui-même n'y parviendra jamais. En février 1962, Marie-Lyne est invitée à un dîner organisé en l'honneur du président. Elle arrive avec une demi-heure de retard et quand elle entre dans la pièce où se tiennent les invités, elle capte l'attention générale et la lumière. Le temps suspend son vol pendant qu'elle traverse la pièce. C'est magique, elle est magique. La soirée ne reprend son cours qu'au moment où le président s'exclame « Finally Marilyn, you came ! » Finalement, tu es venue Marilyn. A la fin du dîner, avant que Marilyn ne s'éclipse, John lui demande son numéro de téléphone, que bien sûr, elle lui donne. Le lendemain, John l'appelle et lui propose de l'accompagner à Santa Monica, chez Peter Loford, un acteur comme Marilyn, mais qui se trouve être aussi le mari de Patricia Kennedy, la sœur du président. Il mentionne l'absence de sa femme, Jackie, et Marilyn, flattée de l'intérêt que lui porte le président, accepte de l'y rejoindre. Ce soir-là, ils boivent beaucoup, partagent de bons moments et la même chambre. John souffre de la maladie d'Addison. Une insuffisance surrénalienne chronique dont le traitement à base de corticoïdes exacerbe sa libido, alors les femmes y l'en consomment beaucoup. Son épouse Jackie ferme les yeux, son père était aussi un coureur de jupons. Le père de John, Joe Kennedy, collectionnait également les relations extra-conjugales avec la particularité qu'il les ramenait à la maison et que toute la famille, Rose Kennedy y compris, y croisait les élus. Pour John, Marilyn est une aventure parmi d'autres. Pour Marilyn, qui est dans un très mauvais espace professionnel, cette relation revêt peut-être un peu trop d'importance. On raconte qu'elle le rejoignait parfois sur un bateau, qu'elle voyageait sous un faux nom pour ne pas attirer l'attention des médias. On raconte aussi que John était bavard sur l'oreiller, trop bavard. Il partageait des informations classées secrets défense. On raconte encore que Marilyn se voyait déjà en première dame et pour John, elle se fait un peu trop pressante. John dépêche alors son frère Bobby, son ministre de la justice, auprès de Marilyn pour la convaincre d'arrêter de harceler la Maison Blanche de ses appels téléphoniques. et pour lui expliquer que jamais John ne divorcera de Jackie pour l'épouser. Mais la chair est faible et en même temps qu'il s'acquitte de la tâche que son frère lui a confiée, Bobby tombe dans le lit de Marilyn. Contrairement à John, Bobby est réellement touché par la sensibilité et la vulnérabilité de l'actrice. Il envoie des télégrammes codés à Marilyn pour organiser leurs rencontres fréquentes, utilisant des noms d'emprunts ou des messages à double sens, mais... Cette relation torride est aussi marquée par des tensions. Marilyn est déjà en proie à ses démons, dépression, barbiturique, amphétamines, alcool. L'actrice d'une grande dépendance affective voit en Bobby une bouée de sauvetage, un soutien émotionnel et une échappatoire à sa vie tumultueuse. Bobby, lui, est tiraillé entre sa famille, ses ambitions politiques et cette passion dévorante. La star est incontrôlable, les studios ont essayé sans y parvenir. Bobby perçoit le danger qu'elle représente pour sa carrière et celle de son frère. Il recule dans leur relation et à présent, c'est Bobby qu'elle presse de coups de fil incessants. Le 19 mai 1962, Marilyn est au Madison Square Garden pour chanter « Happy Birthday Mr. President » à John Kennedy. La robe couleur chair, moulante, incrustée de cristaux, cousue directement sur son corps, on la croirait nue. La voix susurrée, languissante, offerte. Le sourire de John au premier rang est plutôt gêné. 20 000 personnes dans la salle, des millions devant la télévision comprennent sans qu'un mot ne soit prononcé que quelque chose unit ces deux-là. Marilyn expose leurs relations. Jackie, elle est restée à la Maison Blanche pour s'occuper des enfants et assiste à cette démonstration humiliante. Cette soirée marque un tournant dans son mariage. Avec cette prestation, Marilyn devient radioactive. Les Kennedy prennent leur distance vis-à-vis de la star. Les portes se referment, le numéro de téléphone privé de la Maison Blanche que l'actrice possède ne répond plus. Peter Loford, l'intermédiaire, reçoit des consignes claires. Coupez les ponts ! Marilyn appelle et appelle encore, mais personne ne la rappellera jamais plus. Pour une femme dont toute l'existence est marquée par l'abandon, c'est une descente aux enfers qui s'amorce. Marilyn nage en eau trouble. Elle défie la Fox avec laquelle elle est sous contrat. Eux veulent se débarrasser d'elle. Ils ont perdu beaucoup d'argent lorsqu'elle a arrêté le tournage de Something's Got To Give. Marilyn ferait aussi beaucoup avec Frank Sinatra et Sam Giancana, le chef de la mafia de Chicago. Il est régulièrement présent aux soirées que Sinatra organise. Giancana, c'est l'homme à qui JFK doit sa victoire à l'élection présidentielle. Il lui a apporté les grands électeurs de l'Illinois. Ce qui a fait basculer l'élection en faveur de John. Marilyn rend aussi régulièrement visite à des amis artistes de gauche ayant fui le macartisme au Mexique. Elle est étroitement surveillée par le FBI et le puissant Edgar Hoover pour ce type de sympathie. Marilyn l'ignore mais sa maison est sur écoute. C'est ainsi que le FBI apprend les relations intimes que l'actrice entretient avec les deux frères Kennedy. Et qu'à cause des bavardages sur l'oreiller de John, Elle représente à présent une menace pour la sécurité nationale. En vérité, Marilyn Monroe donne du fil à retordre à beaucoup de monde et cerise sur le gâteau, elle tient un journal intime, un carnet rouge où elle consigne une foule de secrets embarrassants. Elle menace Bobby d'en déballer tous les détails lors d'une conférence de presse qu'elle tiendra le lundi 6 août prochain. La star refuse de lui remettre le carnet rouge ou de lui dire où elle le cache. Le week-end précédent son décès, Marilyn Monroe le passe au Calneva, un hôtel qui appartient à Sinatra. Le clan Sinatra est réuni, Giancana et Lofort sont présents. Ensemble, ils tentent de dissuader Marilyn de tenir cette fameuse conférence de presse prévue pour le lundi 6 août. Il y a quelque temps déjà que sur les conseils du Dr. Grinson, son psychanalyste psychiatre, Marie-Lyne a embauché une gouvernante infirmière, Eunice Meuret, et son gendre, Norman Jeffries. Lui est homme à tout faire. Le Dr. Grinson prescrit à la star des tonnes de nambutal, un barbiturique et de l'hydrate de chloral, un sédatif hypnotique puissant, pour traiter son anxiété et ses insomnies. La version officielle du décès de l'actrice confirme la venue du Dr. Grinson chez Marie-Lyne, dans l'après-midi du 4 août 1962. Il la quitte vers 19h et lorsqu'il s'en va, le docteur Grinson trouve Marilyn déprimée, mais pas en danger immédiat. Vers 19h30, Marilyn aurait téléphoné à Peter Loford, dont la loyauté est acquise au Kennedy. Il racontera que la voix de Marilyn était pâteuse, lointaine, qu'elle a prononcé des paroles d'adieu. « Dis au revoir au président pour moi. » Lorsqu'il raccroche, il est inquiet. Il tente de la rappeler, mais la ligne sonne occupée. Voilà le témoignage qui aidera à implanter la thèse du suicide. À 19h, Marilyn n'est pas en danger de la vie de son psychiatre. Et à 19h30, elle fait ses adieux au téléphone à Peter Loford. Cet appel n'a pas pu être confirmé. Les relevés téléphoniques de Marilyn ont mystérieusement disparu. La compagnie Général Téléphone a confirmé que les relevés avaient été saisis. Sans qu'il ne puisse préciser par qui. Mais reprenons la version officielle. Vers minuit, Miss Murray voit de la lumière sous la porte de la chambre de Marilyn. Elle frappe, n'obtient pas de réponse, mais ne s'inquiète pas. Vers 3h30 du matin, voyant la lumière toujours allumée, elle tente d'entrer dans la chambre, mais la porte est fermée à clé. Murray appelle alors le docteur Grinson, qui brise une vitre pour accéder à la chambre et trouve Marilyn allongée sur le lit, le téléphone décroché dans la main. Grinson déclare Marilyn morte. Le médecin personnel de Marilyn est appelé à son tour. C'est lui qui contacte la police à 4h25 du matin. Tout ce petit monde ne parle que de suicide aux premiers policiers qui arrivent sur place. Ils ne traitent pas cette maison comme une scène de crime, puisqu'il s'agit d'un suicide. Et personne n'enquêtera réellement sur les circonstances du décès. La gouvernante changera sa version des faits 4 ou 5 fois. Alors, que s'est-il vraiment passé ce jour-là ? Le samedi 4 août 1962, le jour de son décès, Marilyn Monroe passe la journée dans sa petite maison de Brentwood à Los Angeles, la seule maison qu'elle n'ait jamais possédée. Patricia Newcomb, son amie et attachée de presse, est arrivée la veille. Elle passe la journée avec l'actrice. La gouvernante et l'homme à tout faire sont également présents. Lui ne sera jamais interrogé, ni par la police, ni par les journalistes, avant 1998. Et voici ce qu'il racontera alors. Vers 15h30, Bobby Kennedy et Peter Loford arrivent chez Marilyn. Loford leur donne l'ordre de s'en aller et un peu d'argent pour qu'ils aillent faire du shopping. A leur retour, une heure plus tard, la voiture de Loford n'est plus là. Marilyn est hystérique, elle est en colère et terrifiée. Elle dit que Bobby Kennedy l'a menacée. Eunice Murray appelle le Dr. Grinson qui passe environ deux heures avec sa patiente pour la calmer. Ce qui se dit entre eux ce jour-là n'a jamais été rendu public. Grinson déclare être reparti vers 19h. Avant de partir, il demande à Eunice et Norman de veiller sur elle toute la nuit. Mais puisque la maison de Marilyn est sur écoute, les écoutes du FBI permettront de savoir qu'avant la crise et les menaces, Marilyn et Bobby ont eu une relation sexuelle cet après-midi-là. D'après l'homme à tout faire, Bobby Kennedy est revenu vers 22h, accompagné de Peter Loford et de deux hommes qu'il ne connaissait pas. Peut-être les deux hommes des services secrets affectés à la sécurité de Bobby. On leur a à nouveau demandé de quitter les lieux immédiatement. Sur les écoutes, Bobby dit chercher quelque chose qu'il faut absolument trouver pour protéger la famille. Et l'on entend que la pièce est fouillée. Des bruits de cintres dans l'armoire, des bruits de livres tombant au sol. On entend l'eau forte dire « Calme-toi, calme-toi ! » pendant que Marilyn leur hurle de sortir. Puis elle ne crie plus. Et le son sur les écoutes donne l'impression qu'on la couche. On entend encore Bobby et Loford convenir d'un appel téléphonique à passer à Marilyn, dès que Bobby aura quitté la zone. Plus tard, sur la bande, on entendra une sonnerie de téléphone. L'appel est décroché, mais plus rien. Selon les enregistrements, Marilyn n'a pas appelé, on l'a appelé, et elle n'a fait aucun adieu. Norman dira qu'à leur retour, ils ont trouvé Marilyn dans un état comateux, sur le lit de la chambre d'amis. Elle ne semblait plus respirer, sa peau était bleutée. Ils appellent alors de toute urgence une ambulance. On connaîtra le reste de l'histoire par les ambulanciers qui ont tenté de réanimer l'actrice étendue à même le sol. Le docteur Grinson, à son arrivée, donne l'instruction aux ambulanciers d'enlever le matériel de réanimation. Et malgré le bouche-à-bouche, Marilyn meurt sous leurs yeux. Il est 22h45, le 4 août 1962, Marilyn avait 36 ans. Un mythe vient de mourir. Les voisins de la star confirmeront la venue d'une ambulance cette nuit-là. Tout ceci diffère beaucoup de la version officielle. Et comme l'hypothèse du suicide est immédiatement avancée par tous, que ce n'est pas la première fois que Marilyn tente d'en finir, on en reste à cette version. Le dimanche 5 août, le docteur Thomas Noguchi débute l'autopsie de la victime. Ce rapport d'autopsie mentionne plus de... Plusieurs faits très très troublants. L'estomac de la victime est presque complètement vide, vincécé. Les capsules de nambutal sont jaunes et pourtant aucun résidu de pilule n'est trouvé. Un prélèvement du contenu gastrique et du duodénome est examiné au microscope polarisant. Il ne montre pas de cristaux réfringents que l'on observe généralement dans les cas d'intoxication au barbiturique par voie orale. Le colon présente une congestion marquée et une décoloration violacée que l'on ne constate que lorsque les barbituriques sont administrés par lavement directement dans l'intestin. Le médecin légiste effectue des prélèvements des reins, de l'estomac et de l'intestin. L'analyse des dosages dans ces tissus aurait permis de retracer précisément le trajet suivi par les médicaments et de confirmer la voie d'administration. Mais ces examens n'auront jamais lieu. Le toxicologue décidera de ne pas pousser plus loin les investigations et détruira les échantillons. Le médecin légiste ne relève aucune trace d'injection sur le corps de Marilyn. Le rapport de police, lui, ne mentionne aucune poire de lavement permettant une administration rectale, ni d'ailleurs aucun verre dans la chambre de Marilyn. Il mentionne 13 médicaments, dont 8 arriveront chez le médecin légiste et seuls 2 seront analysés, ceux prescrits par le docteur Grinson. En l'absence d'analyse, on ne peut pas exclure que d'autres substances aient été impliquées dans le décès de l'actrice. Sans surprise, l'autopsie conclura à une intoxication aiguë au nambutal et à l'hydrate de chloral. Mais le médecin légiste tardera 13 jours à communiquer les causes de la mort. Suicide probable, écrira-t-il. Les doses mesurées sont massives, mais rien ne permet d'affirmer que c'est bien Marilyn elle-même qui s'est administrée ces substances. La dose de barbiturique... que le médecin légiste constate dans le sang et le foie de Marilyn, représenterait l'absorption de 30 à 50 comprimés de nambutal. Si elle avait absorbé une telle quantité de comprimés, il y aurait forcément une trace dans son estomac et il y aurait un verre d'eau dans sa chambre. Patricia Newcomb fera partie du petit nombre de personnes que l'ex-mari de Marilyn, Jody Maggio, invitera aux obsèques. Elle y assistera et peu après, quittera les Etats-Unis pour un très long séjour à l'étranger. Patricia Newcomb ne parlera jamais. A son retour, elle participera à la campagne de Robert Kennedy en 1964 et sera même sa directrice de campagne en 1968. Si les Kennedy ou l'un des deux ont organisé la mort de Marilyn Monroe, le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne leur a pas porté chance puisque John sera abattu à Dallas l'année suivante et Bobby en 1968 à Los Angeles. Ce qui aura pour conséquence que le légiste Noguchi, qui a réalisé l'autopsie de Marilyn Monroe, pratiquera également l'autopsie de Robert Kennedy. En 2025, alors âgé de 98 ans, le docteur Noguchi déclarera au cours d'une interview qu'il avait senti des alarmes retentir dans sa tête lorsque le toxicologue en chef a refusé d'effectuer des tests supplémentaires. Il n'a jamais pu se libérer des doutes quant à ce qui est réellement arrivé à Marilyn Monroe. Pour ce qui concerne le Dr. Grinson, ses proches rapporteront que la culpabilité l'a rongé jusqu'à la fin de ses jours. Le carnet rouge dans lequel Marilyn Monroe consignait ses secrets n'a jamais été retrouvé. La vérité se cache dans les chansons, y'a qu'à chercher. Rejoignez-moi sur Facebook, mon profil porte mon nom, Maria Canel Ferrero. Si vous avez aimé, faites connaître Jukebox à un ami. Aujourd'hui, si vous n'avez pas aimé, partagez l'épisode avec un ennemi. Je vous embrasse et je vous dis à tout bientôt en musique pour une autre chanson sur Jukebox !