- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans un nouvel épisode de Tant qu'il y aura du wifi avec une invitée cette fois-ci. On m'a dit il n'y a pas de femmes qui sont invitées et tout. J'ai dit la première qu'il faut inviter, c'est Kayane. Ça va Kayou ?
- Speaker #1
Ça va très bien, j'espère que toi aussi.
- Speaker #0
Bah ouais, ça va bien.
- Speaker #1
Ça te va vraiment bien ce format.
- Speaker #0
C'est vrai, t'aimes bien ?
- Speaker #1
J'aime beaucoup, j'écoute et ça me fait plaisir et c'est ce que t'aurais dû faire depuis longtemps.
- Speaker #0
Peut-être, c'est vrai. Mais en tout cas voilà, c'est une nouvelle aventure sur YouTube. La communauté est très bienveillante et ils m'ont dit il faut que t'invites Kayane. Donc,
- Speaker #1
toute la team Game One.
- Speaker #0
Voilà, il y aura toute la team Game One qui va passer. Mais c'est vrai que toi, tu es un personnage quand même emblématique du jeu vidéo. Et j'aimerais discuter avec toi de ton origin story. Comment ça a commencé ? Comment tu as géré ta carrière par la suite ? Déjà, l'origin story de Kayane, c'est quoi ?
- Speaker #1
L'origin story, c'est que j'ai commencé les jeux vidéo à 4 ans, déjà avec des jeux fun comme Tetris. Ensuite, c'était les jeux de combat dès lors que j'avais 7 ans. Avec tes frères, c'est ça ? Avec mes frères. grands frères qui ont 7 ans et 11 ans de plus que moi. Donc eux, ils étaient tout le temps à fond sur Tekken. Et moi, j'étais un peu mis de côté, tu vois. Je les regardais s'amuser et je ne faisais pas partie du groupe de frères et sœurs. Et eux, ils étaient à fond Tekken. Et lorsqu'il y a eu la sortie de la Dreamcast, j'avais 7 ans, j'ai eu Soul Calibur 1. Et là, j'ai eu un gros crush dessus. Dès l'introduction, c'était juste incroyable. J'étais prise dans l'univers médiéval fantastique. Il y avait mon personnage qui s'appelle Glyonpha et je la trouvais trop mignonne. Elle fait du kung-fu avec une épée chinoise. Soul Calibur, c'est un jeu de combat avec des armes. Et j'aimais trop cet univers. Et c'est comme ça que je suis tombée dedans. Et mes frères qui étaient plus sur Tekken se disaient, bon, vas-y, on va jouer avec la petite sœur. Et en fait, ils ont kiffé le jeu aussi. Et c'est comme ça que mon amour des jeux de combat est arrivé. Ça, Soul Calibur et Dead or Alive 2. D'où mon pseudo Kayane, qui vient de Kasumi et Ayane, qui sont deux personnages féminins de Dewa.
- Speaker #0
D'accord. Donc là, tout de suite, tu t'insères dans ce milieu du versus fighting.
- Speaker #1
Oui, j'ai commencé.
- Speaker #0
Le sport électronique, à l'époque, c'est révolutionnaire parce que tu es une petite fille qui va dans des tournois, qui va affronter des adultes ou des ados, c'est ça ?
- Speaker #1
Mais grave.
- Speaker #0
Ils sont des hommes la plupart du temps.
- Speaker #1
Oui, j'ai commencé les tournois à 9 ans. Donc, dans un premier temps, mes frères, ils étaient vraiment à fond dans les tournois. Ils étaient champions sur Tekken, sur le 2, le 3 et Tekken Tag 1. Ils ont commencé les tournois avant moi. Et ils connaissaient cet univers, ils savaient comment y aller. Et ça fait qu'en fait, ils ont invité des copains dans un premier temps à jouer avec moi pour voir si la petite sœur de 7 à 9 ans arrive à les battre. J'ai battu les copains. Et là, ils se sont dit « Ok, en fait, on va l'emmener en tournoi et on va voir ce que ça donne. » Et c'est comme ça que je suis arrivée en tournoi avec des joueurs qui ont 20 ans, 30 ans. Et puis, en fait, je me rendais très vite compte que j'avais le niveau. Au début, ils me sous-estimaient. Il y en a qui disaient que je jouais avec un action replay, que je trichais. Les organisateurs, ils n'acceptaient pas de m'inscrire dans un premier temps. Donc j'ai vraiment dû insister pour m'inscrire et leur dire que je ne suis pas là par hasard. Et là, quand ils m'ont inscrit, j'ai joué contre mes adversaires qui m'ont tous un peu sous-estimée. J'ai continué à jouer, mais je m'attendais vraiment à ce que tout le monde m'accueille, les bras grands ouverts. Et en fait, les gens me considéraient vraiment pas très bien au début.
- Speaker #0
C'est vrai ? Ouais. Ils se disaient, ouais, bon, allez, la petite fille...
- Speaker #1
Vraiment, c'est quoi cette fille ? Qu'est-ce qu'elle fout là ? Elle devrait pas être là, c'est un monde de mecs, elle devrait jouer à la poupée, à la marée, des trucs de son âge, en fait. Et c'est comme ça que je me suis dit, OK, j'avais pas d'objectif, tu vois, dans la vie, mais là, je me suis dit, en fait, il faut que je les poutre, ces mecs-là. Il faut vraiment que je les défense.
- Speaker #0
À cette époque-là, t'as quel âge ?
- Speaker #1
Neuf ans.
- Speaker #0
Tu le ressens pas bien dans ta tête à ce moment là où tu y vas juste à 9 ans et t'es là pour kiffer et jouer aux jeux vidéo
- Speaker #1
Au début c'était un shoujo manga dans ma tête c'était un manga pour filles limite c'est comme le manga Sakura tu vois elle est trop contente elle regarde les fleurs de cerisier qui tombent elle va à l'école et tout se passe bien moi en fait dans ma tête aller dans un tournoi c'était comme ça mon premier tournoi j'y allais comme ça Vraiment le sourire, le pouvoir de l'amitié. J'ai rencontré plein de gens.
- Speaker #0
Le monde des bisounours.
- Speaker #1
Complètement bisounours. En fait, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. J'ai des adversaires, ils me voient, ils me regardent. Et puis, c'est qui cette gamine qui est là et qui a 9 ans, qui joue aux jeux de combat ? Il y en a un, il avait des lunettes de soleil en intérieur. Il avait sa vente de copains. Et puis, ses copains, ils se foutaient de ma gueule. Et puis, ils disaient, tu vas la laisser gagner parce que sinon, elle va pleurer et tout. Et lui il disait non mais t'inquiète, je te laisse mettre le premier coup. Et après je le défonçais le mec, je l'ai défoncé devant tous ses potes. Tous ses potes disaient mais non mais qu'est-ce que tu fais, tu peux pas perdre ton tour une gamine. Et lui il disait non mais elle triche forcément, c'est pas possible autrement. Il est parti, mais vraiment il se cachait et tout, il voulait pas qu'on regarde son visage. Et ensuite j'ai été comme ça jusqu'en finale. Et c'est qu'en finale que j'avais un adversaire qui me sous-estimait pas, qui m'a considéré comme un joueur à part entière et qui m'a juste serré la main avant le match. Et il m'a dit bonne chance, bon courage. Je me suis dit putain c'est la première fois qu'on me dit ça. Et il me défonce.
- Speaker #0
Ah il t'a battu ?
- Speaker #1
Il m'a défoncé, c'est pas juste battu, mais vraiment j'ai rien pu faire contre lui. Son pseudo c'était Ayabouza et il jouait ce personnage là aussi, Nandewa. Et puis après il est reparti comme un champion quoi. Il m'a serré la main, il m'a dit bien joué et il s'est cassé. Et c'est là que je me suis dit, en fait j'aurais aimé un traitement comme ça pendant tout le tournoi.
- Speaker #0
Oui, parce que derrière t'as le respect de l'adversaire et ça te donne aussi envie de te surpasser pour être à la hauteur de celui qui est en face de toi.
- Speaker #1
C'est là que je me suis dit, en fait, c'est juste un joueur respectueux. Il se comportait comme un joueur, comme un champion même. Et j'aimerais rencontrer ce type de joueur plus souvent. Donc, je n'ai pas été complètement dégoûtée de ma première expérience. C'est vrai que les premiers adversaires et l'organisation aussi qui ne voulaient pas m'inscrire, ça m'a choquée. Mais après, quand j'ai rencontré ce champion qui m'a juste considérée normalement, c'est là que je me suis dit, OK, écoute, j'ai envie de continuer.
- Speaker #0
Mais comment tu vis les choses justement ? Est-ce que c'est juste un petit loisir, tu t'amuses à faire des jeux de combat et à faire des tournois et tu fais tes études à côté ?
- Speaker #1
Oui, j'étais en école primaire.
- Speaker #0
Ouais ? Mais où c'est ton objectif de dire, à l'époque déjà tu te dis je vais essayer de vivre de ça ?
- Speaker #1
Ah non, je ne me dis pas ça, clairement pas. Surtout que dans les jeux vidéo, si tu voulais espérer un peu y jouer, enfin de vivre en jouant, j'imaginais un peu comme Elkie, tu sais. Elky, qui était joueur professionnel de Starcraft Braudoir. À l'époque, je regardais un reportage de lui sur M6. C'était incroyable. Français qui vit son rêve en Corée. Je me suis dit, c'est extrêmement rare. Je ne sais pas si ça peut arriver dans les jeux de combat. Et en plus, je jouais beaucoup à Starcraft. Donc, j'étais vraiment très fan d'Elky. Et ensuite, j'ai pu le rencontrer à Las Vegas aussi. Il vivait un temps là-bas et puis j'ai pu le rencontrer, faire des restos ensemble, avec sa femme aussi. Et j'ai pu voir la personne, l'humain qui était derrière Elkie. Et vraiment, il est trop sympa et tout. Et il s'est complètement reconverti. Il était champion de Starcraft, mais après, maintenant, il fait du poker.
- Speaker #0
Du poker, ouais. C'est un grand champion de poker.
- Speaker #1
Un grand champion. C'est un truc de fou. Et voilà, je me disais, s'il y avait moyen de vivre du jeu vidéo, ce serait peut-être en étant comme lui. Ou bien, tu sais, être dans une boîte de jeux vidéo.
- Speaker #0
Oui, parce qu'à l'époque, il n'y a pas les réseaux sociaux, il n'y a pas YouTube, il n'y a pas Twitch. Et c'est vrai que pour travailler dans le jeu vidéo, il n'y avait pas beaucoup de solutions différentes. C'est vrai qu'il y avait l'exemple de Elkie, mais c'était un exemple unique. Il n'y en avait pas beaucoup des joueurs comme ça dans le monde entier.
- Speaker #1
On ne pouvait pas découvrir ça autrement qu'à la télé ou bien dans des magazines, d'avoir des parcours pareils. Et dans les jeux de combat, je ne connaissais personne qui pouvait vivre de ça à l'époque.
- Speaker #0
Et du coup, à l'époque, tes parents, ils disent quoi ?
- Speaker #1
Mes parents, ils étaient déjà habitués par mes frères, parce qu'ils allaient en tournoi bien avant que j'y aille. Donc tant que mes frères m'accompagnaient, ça allait. Tant que j'y allais, que j'avais des bonnes notes, surtout à l'école, c'était OK. Mais ils ne s'intéressent pas du tout aux jeux vidéo, ils n'en ont rien à faire. Ils m'ont souvent dit d'ailleurs, vu que j'étais très investie dans les jeux de combat et que j'allais en tournoi, que je faisais des sessions d'entraînement avec les joueurs les week-ends. Il y a pas mal de fois où ils m'ont alerté en disant « Faut pas que tu penses à vivre du jeu vidéo. » Vraiment, ils m'ont dit « Ça doit rester une passion, ça sera jamais ton métier. » Et vraiment, mon père me l'a beaucoup dit.
- Speaker #0
Alors du coup, il t'a dit de faire des études, des choses comme ça, pour aller vers un métier classique au début ?
- Speaker #1
J'ai fait un bac ES, après j'ai fait un DUT technique de commercialisation, puis une école de commerce. Et après l'école de commerce, je me suis dit que je me laissais un an. à vivre de ma passion, voir où est-ce que ça me mène. Et j'étais sur Game One en même temps.
- Speaker #0
C'est Game One qui fait le déclic où tu te dis, là, je peux commencer à en vivre et tout ?
- Speaker #1
En vrai, oui, parce que j'ai commencé à être chez Game One quand j'avais 21, 22 ans. J'étais à l'école de commerce en même temps. Donc, quand il y avait les tournages Game One, des fois, je devais sécher un jour d'école pour pouvoir faire les tournages le mercredi. L'école ne comprenait pas trop. Ils ne se disaient pas que c'était possible de vivre du jeu vidéo. Et j'étais même auto-entrepreneur à l'époque. Et en fait... Je devais justifier mes absences en étant malade.
- Speaker #0
Ah là là !
- Speaker #1
Ouais, pour eux c'était leur métier quoi.
- Speaker #0
Sachant que l'émission c'était Game One Esport, dédiée aux compétitions de jeux vidéo.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Avec Genius à l'époque.
- Speaker #1
Et on était animateurs avec Genius et en fait ça suffisait pas pour l'école.
- Speaker #0
Mais à quel moment tu te dis, allez, ok, je vais pas aller vers un métier classique. Mon métier ça va être ça, c'est-à-dire cette passion. Parce que c'est une passion, on est d'accord. C'est un truc qui te fait vibrer. À quel moment il y a eu la bascule ? Où tu te dis, voilà, j'aurai pas une vie classique, j'aurai une vie de joueuse professionnelle de jeux vidéo.
- Speaker #1
Je pense que c'est venu quand j'ai fait mon stage chez Bandai Namco.
- Speaker #0
C'est quand ça ce stage ?
- Speaker #1
Je sais plus, j'étais en DUT ou un truc comme ça, et c'était un stage à la période de Soul Calibur V en plus. Oh là là ! Le combat préféré, etc. Et puis je me rendais compte qu'en fait... Mes collègues, ils n'étaient pas forcément à fond sur ces jeux-là. Il y avait beaucoup de gens... Pardon ?
- Speaker #0
À tes souhaits.
- Speaker #1
Il y avait beaucoup de gens qui sortaient d'écoles de journalisme, d'écoles de communication, qui n'en avaient rien à faire des jeux vidéo et qui travaillaient dans les boîtes de jeux vidéo. Et donc, eux, ils avaient juste hâte de sortir le jeu pour plus en entendre parler.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Si.
- Speaker #0
Mais non !
- Speaker #1
J'étais la seule passionnée, limite. à être à fond sur Soul Calibur à ce moment-là. Et je me suis dit, je ne me vois tellement pas travailler en entreprise si mes collègues s'en foutent du jeu auquel on joue.
- Speaker #0
Et ils étaient au courant qu'ils avaient recruté une championne de jeu ?
- Speaker #1
Oui, ils étaient au courant. Puis moi, j'étais trop contente. Je restais même des heures supplémentaires, évidemment, pour pouvoir jouer à mon jeu qui n'était pas encore sorti. Je faisais limite la bêta testeuse et c'était génial. Mais je voyais que j'avais des collègues qui n'avaient pas forcément ce même amour. pour les jeux de combat. Après, je peux comprendre parce qu'ils en entendent parler tout le temps. Il y a des NDA. Ils sont peut-être sous pression régulièrement.
- Speaker #0
On rappelle, les NDA, c'est les clauses de confidentialité. Et après, il faut rappeler aussi, dans le milieu du jeu vidéo, c'est comme dans tous les autres milieux, il y a des gens qui ont fait des formations. Ils ne sont peut-être pas forcément spécialistes d'un jeu, mais qui atterrissent dans une entreprise et demain ils vont aller travailler dans l'automobile, au marketing pour une marque de cuisine ou un truc comme ça. Mais c'est vrai que...
- Speaker #1
Ils sont peut-être en façon plus généraliste, ils se sont retrouvés dans une boîte de jeux vidéo, et puis voilà quoi, ils sont... Ça pourrait être un tout autre domaine que ce serait pareil.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et c'est là que moi je m'étais dit, moi je veux être entourée que de gens qui sont passionnés à 300% comme moi.
- Speaker #0
Et là si tu te dis, voilà, c'est ma passion, je veux être là-dedans. C'est un risque financier.
- Speaker #1
Complètement. Mon père, quand je lui ai dit que je voulais m'investir à 100% en indépendante, alors que lui il rêvait que je sois, je sais pas, chez A... Apple, Microsoft, Sony, PlayStation ou autres.
- Speaker #0
Parce qu'on rappelle tes deux frères, t'as deux grands frères, c'est ça ? Ouais. Ils sont ingénieurs en informatique à la base, c'est ça ? Ouais.
- Speaker #1
Ah, eux, ils ont complètement réussi leur vie, CDI, enfin la totale, tu vois.
- Speaker #0
C'était des bons joueurs de jeux de combat, de Tekken, c'est ça ? Oui.
- Speaker #1
Et eux, ils ont arrêté, tu vois, ils sont allés dans le chemin un peu écrit en avance par mes parents en se disant « Ok, les jeux vidéo, c'était pour s'amuser, maintenant c'est bon, on passe à la vie active, on travaille, on a une famille et tout ça. » Et ce qui est fou, c'est que moi, je suis la petite dernière et je suis peut-être celle qui prend le plus de risques. Mais en même temps, c'est peut-être parce que mes frères sont passés avant moi et ont réussi leur vie. Du coup, mes parents, ils sont à part. Ils te laissent. Vas-y, c'est bon. Les deux premiers, ils ont réussi. On peut laisser la petite dernière faire ce qu'elle veut. Et mon père m'a toujours dit que si jamais ça foire, j'ai toujours ma chambre d'adolescente à la maison.
- Speaker #0
Qui t'attend ?
- Speaker #1
Qui m'attend ? Parce qu'il y a un problème. C'est la merde. que je ne peux plus payer mon loyer, il y aura toujours un piétateur. Et mine de rien, même s'il a dit je ne crois pas en ton projet, mais tu as toujours la chambre d'ado à la maison, ça m'a donné beaucoup de courage.
- Speaker #0
On est d'accord que dans une discipline qui est le jeu de combat, les cash price, c'est-à-dire les prix qu'on gagne, l'argent qu'on gagne dans les tournois, ce n'est pas le plus gros tonne.
- Speaker #1
C'est assez ridicule. En 2019, il y a eu l'Evo sur mon jeu de combat préféré, sous le calibre 6, c'était à Las Vegas. C'est le plus gros tournoi au monde de jeux de combat. Chaque année, t'as 12 000 joueurs qui participent et répartis sur les 8 jeux qui font partie de la line-up principale. Sur Soul Calibur 6, j'ai fait 7ème du monde, j'ai gagné 60 dollars.
- Speaker #0
C'est pas vrai.
- Speaker #1
J'ai un chèque d'une centaine de dollars.
- Speaker #0
T'es sérieuse ?
- Speaker #1
Je te jure.
- Speaker #0
Pour Fortnite, qui gagne 1 million de dollars ?
- Speaker #1
Ouais, c'est des fois réparti sur le top 100, c'est incroyable.
- Speaker #0
60 dollars ? C'est-à-dire l'équivalent de 50 balles, 50 euros.
- Speaker #1
Oui, c'est même en moins d'euros.
- Speaker #0
Alors comment tu fais pour vivre quand les jeux de combat ne rapportent pas ? C'est-à-dire que tu as beau être une championne... Toi t'es extrêmement fort, tu vas faire les tournois, t'en gagnes plusieurs. Je crois même que t'es dans le recordman du monde.
- Speaker #1
Oui, je suis dans le Guinness World Records pour avoir fait 67 podiums. Un record pour une femme dans des tournois mixtes.
- Speaker #0
C'est énorme ! Tu vois, dans les trois premières places à chaque fois, t'arrives à te hisser. Comment tu gagnes ta vie ? Sachant qu'au plus grand tournoi de l'année, il n'y a que 60 balles à prendre.
- Speaker #1
C'est les sponsors. Principalement, mes sources de revenus, c'est mes sponsors.
- Speaker #0
Ça tu le savais quand t'as commencé ou c'est un truc que t'as découvert sur le tas ?
- Speaker #1
Ça s'est fait sur le tas. Pour payer mes études, puisque j'étais en école de commerce, il fallait payer 9 000 euros l'année sur trois ans. Un sacré budget. Je faisais beaucoup de conventions. Je faisais une quarantaine de conventions par an. C'est énorme. Le nombre de week-ends que je passe à voyager à travers la France pour jouer contre le public, heureusement, j'étais payée pour ça. Moi, j'avais des camarades de classe qui travaillaient parfois dans des fast-foods ou dans quelques magasins pour payer leur école. Moi, en fait, je jouais à des jeux de combat et je payais mon école comme ça.
- Speaker #0
Et en même temps, tu t'entraînais.
- Speaker #1
Et je m'entraînais en plus.
- Speaker #0
Voilà, ça permet de rencontrer des joueurs, de se mesurer un peu au public, même si la plupart du temps, moi, j'ai assisté à plusieurs affrontements. Le public, tu les enchaînes au fur et à mesure. J'enchaîne pas là. Ouais, t'es plutôt très fort.
- Speaker #1
J'ai une bonne endurance là-dessus.
- Speaker #0
Ils espèrent tous, à chaque fois, ils lèvent la main en disant « je vais la battre, je vais la battre » , mais malheureusement, à chaque fois, t'as le dessus.
- Speaker #1
Oui, sur la scène Game One, c'était génial. À la Game Week, c'était des événements de fous sur scène. C'est vrai, on se marrait bien. Il y avait de l'ambiance.
- Speaker #0
Pour info, moi, je faisais la même chose avec Street Fighter 2, mais sur Super Nintendo. Et j'ai encore un petit niveau. Du coup, moi, je trouve que quand j'analyse un peu les choses, moi, je t'ai vu évoluer au fur et à mesure. Des femmes dans le jeu vidéo, il n'y en avait pas eu beaucoup. Quand j'analyse les choses, moi, je lisais G.I.A., qui était sur Game One aussi à une époque, mais je la lisais dans Console Plus, et des femmes, il n'y en avait pas beaucoup. Toi, on va dire que tu es la première qui a transformé son image comme une marque finalement. Kayane, c'est devenu une marque. C'est un truc que tu as fait de façon volontaire en disant « Ok, j'ai un plan » ou c'est quelque chose qui s'est fait progressivement ?
- Speaker #1
Ça s'est fait progressivement. Je pense que j'étais juste focus à m'entraîner, performer, faire des tournois comme d'habitude, les week-ends. Mon frère, lui, comme il a une formation d'informaticien et tout, et qu'il était passionné par tout ce qui était Internet, etc. Il a appris très vite à faire des sites internet. Du coup, c'est lui qui a acheté le nom de domaine Kayone.fr, qui m'a fait un site internet, qui m'a créé mon blog. Et du coup, je partageais toutes mes performances en tournoi sur mon blog à l'époque. Je crois que c'était l'époque 2005. Donc j'écrivais tout et je faisais partie finalement des premières blogueuses jeux vidéo et surtout e-sport qui parlent de son parcours et qui parlent de tout. les voyages, les tournois, mes expériences vraiment personnelles, toujours liées aux jeux vidéo et à l'esport. Et en réalité, je pense que j'ai fait partie de ces premières « influenceuses » jeux vidéo et esport de cette période-là. Et ça a intéressé des sponsors, en se disant « on veut sponsoriser une fille dans le gaming, il n'y en a pas beaucoup » . Elle parle de son vécu à travers son blog, elle montre des photos. Justement, les photos prises à l'époque en appareil photo numérique.
- Speaker #0
Et oui, on rappelle, on est avant l'explosion des réseaux sociaux, des smartphones et tout. C'est 2007 que Facebook arrive et que l'iPhone sort. Mais avant 2007, on avait un monde où il n'y avait pas ça.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, je partageais tout sur mon blog, mon site. Et puis, je faisais des photos avec un appareil photo numérique qui a coûté super cher. Mais mes frères m'avaient offert ça. Et en fait, je faisais ça. mes petits reportages comme ça et puis s'intéresser des équipes comme Against All Authority l'équipe AA qui m'avait repéré déjà à 12 ans parce que c'était suite à une victoire où j'ai gagné 1500 euros de cash price à 12 ans pas mal sur un calibre 2 et après ça ils ont vu que je crois que j'ai continué j'ai fait des Gamers Assembly et je j'avais 14 ans à ma première Gamers Assembly en 2006 et j'animais le stand AA Et je jouais sur scène, dans la cérémonie d'introduction, j'étais là et je jouais contre le public sur la grande scène. Et donc j'étais sponsorisée à porter le t-shirt. Au début, j'étais défrayée pour participer au tournoi grâce à eux. Et c'est au moment où je me suis dit, la France, ça ne me suffit plus. Il faut que je parte à l'étranger, que j'aille à Las Vegas faire l'Evo, que j'aille au Japon pour m'entraîner, que je me suis tournée vers d'autres structures plus internationales. Ok,
- Speaker #0
pour essayer d'avoir de l'argent pour pouvoir aller rencontrer des joueurs plus élevés qui sont à l'étranger.
- Speaker #1
Oui, ça ne suffisait plus d'être parmi les meilleurs joueurs en France. Il fallait que je sois connue au niveau international. C'est vraiment un rêve.
- Speaker #0
Pour justement être à niveau, c'est quoi ? C'est inné chez toi ou c'est de l'entraînement ? Pendant des heures, des heures, des heures pour connaître le jeu à la perfection. Ou au final, t'as un don.
- Speaker #1
Non, y'a pas de don.
- Speaker #0
Y'a pas de don ?
- Speaker #1
Je pense pas qu'il y a un don, mais y'a une faculté d'apprentissage peut-être plus rapide que d'autres. Mais j'ai en même temps mes frères qui m'ont entraîné d'une certaine façon, dont mon frère aîné, Kero. Lui, il aimait bien un peu expérimenter ma façon d'apprendre. Même toute petite, il me faisait apprendre des calculs mentaux. Aujourd'hui, j'en ai... vraiment rien à faire, je ne veux pas du tout pratiquer ça, mais à l'époque parfois il me faisait réviser des calculs mentaux, des multiplications et divisions jusqu'à minuit et si j'en réussissais pas 20 fois d'affilée, je ne dormais pas quoi.
- Speaker #0
Aïe aïe aïe,
- Speaker #1
il s'est perdu hein ! L'enfer ! Et en fait dans les jeux de combat c'était pareil. Tu vois à l'époque le mode d'entraînement n'était pas aussi développé qu'aujourd'hui où tu peux tout faire toi-même. À l'époque, on devait s'entraîner à deux et tester des combos, tester des punitions, tester des trucs ensemble pour voir quoi faire contre les différents match-ups. Donc comment jouer avec ton perso contre tous les autres persos. Et avec mon frère, on étudiait ça énormément. Et parfois, il m'entraînait vraiment à la dure, genre « Ouais, tu sors pas tant qu'on n'a pas fait 50 matchs » .
- Speaker #0
Oh la vache !
- Speaker #1
Et vraiment, 50 matchs, et comme c'était un rageux en plus. S'ils ne gagnaient pas la dernière partie, on ne sortait jamais.
- Speaker #0
On sortait, on attendait, au bout du 51ème, c'est bon j'ai gagné, tu peux aller te coucher.
- Speaker #1
La dernière, elle vaut pour tout.
- Speaker #0
Je la connais celle-là, je la faisais souvent à mon frère. Du coup, là aujourd'hui, souvent on dit dans les compétitions de jeux vidéo, les joueurs professionnels, c'est quand on est jeune qu'on est meilleur. Il y en a souvent qui disent quand on est jeune, on est beaucoup plus réactif et tout. Est-ce que c'est toujours le cas ?
- Speaker #1
Je pense que quand on est jeune, on a des réflexes, on apprend plus vite. Et on a cette insouciance, cette fougue de la jeunesse à ne pas trop se soucier des frames dans le jeu. Et je pense que c'est important de tenter de prendre des risques. Et quand tu es trop adulte et que tu as beaucoup de recul sur le jeu, à chaque fois que tu te dis « Non, là, il ne va pas oser faire ça quand même. »
- Speaker #0
Tu réfléchis trop.
- Speaker #1
Tu réfléchis trop et après tu n'oses rien. Et les jeunes, justement, ils osent tout. Et dans le jeu, c'est assez perturbant d'affronter... Des joueurs très jeunes parce qu'il y a plein de moments que tu ne peux pas forcément anticiper. Parce qu'eux, ils jouent beaucoup à l'instinct. Alors que nous, on joue moins à l'instinct parce qu'on a peut-être plus de connaissances globales sur le jeu. Et on se dit là, il n'est pas censé faire ça. Un jeune, il va le faire parce qu'il n'en a rien à foutre. Il avait envie de faire ça à ce moment-là.
- Speaker #0
Et justement, moi, je te pose la question en tant que compétitrice. Est-ce que là, tu vas toujours t'entraîner pour faire des tournois et t'espères un jour gagner les Vos ? où au final, bah voilà, Kayane, elle a de la mienne de purité, maintenant elle va plus coacher les gens. Je sais que notamment tu as repéré une petite jeune qui est super forte, qui a fini avec Vitality. Est-ce que c'est ça l'avenir de Kayane dans les prochaines années ?
- Speaker #1
Ouais, je pense que quand j'avais la vingtaine, j'étais trop impatiente de découvrir le monde, de voyager dans plein de pays différents. Et maintenant j'ai la trentaine, j'ai, grâce aux jeux de combat, voyagé dans plus de 20 pays. C'est génial, j'ai fait plus de 10 fois le Japon, plus de 15 fois les États-Unis au moins, pour faire ces tournois-là. Et je pense qu'aujourd'hui, je suis moins à fond là-dedans, parce que j'ai tellement voyagé, qu'au bout d'un moment, parfois, faire des voyages à l'étranger 15 fois dans l'année, il y a un moment donné, tu as envie de rester plutôt à la maison.
- Speaker #0
Oh là là, tu imagines, il y en a qui nous regardent, ils ne partent même pas une seule fois à l'étranger de l'année.
- Speaker #1
Oui, je sais. Et c'est pour ça que je me dis que... OK, j'ai bien profité. Grâce aux jeux de combat, c'est ça que ça m'a apporté. On dit souvent que c'est un jeu niche, tu vois, les jeux de combat. Mais ça m'a apporté cette expérience, ces moyens-là de voyager autant. Donc, j'en suis déjà hyper reconnaissante. Mais là, j'avoue que j'ai tellement voyagé que j'ai plus envie de me poser. Et justement, je vois des pépites, des jeunes qui en sont au stade où moi j'étais il y a une quinzaine d'années, où ils ont envie de jouer à fond à Tekken ou Street Fighter. qui ont envie de prouver au monde leur niveau. Et moi, j'ai déjà fait tout ça. Et je vois leur fougue et je me dis, j'ai très envie de les aider. Et là, récemment, j'ai repéré une jeune fille du nom de Neya, qui a 16 ans. Mais quand je l'ai repérée, elle avait 15 ans. C'était l'année dernière. Et elle m'envoie un simple message sur Instagram en me disant, je suis une fille, je suis jeune, j'ai 15 ans, j'ai trop envie de participer, de faire partie de la vie active communautaire de Tekken. Mais je ne sais pas, du fait d'être une fille aussi jeune, est-ce que je peux ? Et je lui dis, vas-y, viens à la kainé session. C'est une session d'entraînement que je fais chez Vitality Hive, leur cybercafé à Paris. J'accueille une centaine de joueurs et j'organise ce genre de choses depuis que j'ai 17 ans. Ça fait longtemps là. Ça fait 17 ans. C'est mon âge que j'organise ça. C'est terrible de se dire ça d'ailleurs. Mais en tout cas, j'ai vraiment repéré cette jeune fille. Je l'ai convaincue à venir. Elle est venue. J'ai vu son niveau. Je dis, même quand j'étais jeune, je n'étais pas aussi forte. Je n'avais pas cette vision du jeu. Je n'avais pas de tel réflexe. Surtout qu'elle s'entraîne toute seule. Moi j'avais mes frères.
- Speaker #0
Oui c'est vrai.
- Speaker #1
Et même si certes elle a internet, elle joue en ligne beaucoup, en fait elle a vraiment pas...
- Speaker #0
Parce que t'avais pas toi à l'époque.
- Speaker #1
J'avais pas, j'avais mes frères. Et tu vois, elle est pas entourée de joueurs plus expérimentés pour l'aider sur les match-ups ou sur comment s'entraîner dans le jeu, pour être efficace et tout. Elle a rien eu de tout ça. Et elle a un niveau qui défie déjà les meilleurs joueurs du monde.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Je te jure, j'étais vraiment impressionnée. Donc je me suis dit, c'est peut-être parce qu'elle joue aussi mon personnage. Elle joue Lily en personnage principal, mais en secondaire, elle joue Xiaoyu, mon personnage en Tekken. Et je me suis dit, bon, est-ce que c'est parce qu'elle connaît bien mon personnage ou pas ? Et j'ai invité d'autres joueurs de la session qui étaient présents, qui sont super forts, et parmi les meilleurs joueurs français de Tekken. J'ai fait jouer contre elle. Pareil, elle arrivait à les battre, alors que c'est la première fois qu'elle les affronte. C'est-à-dire qu'elle arrive déjà à imposer son style de jeu. face à des joueurs expérimentés qui font déjà des tournois et qui voyagent aussi pour les tournois. Je me dis, c'est dingue. C'est dingue parce qu'elle est déjà super forte. Elle sait s'adapter et s'imposer si jeune. Et à ce moment-là, je me rappelle, il y avait Marie Palot qui était là. « Viens Marie, viens voir ! » Elle était là chez Vitality à ce moment-là. J'ai dit, Marie, là, il y a une pépite. Il faut que tu sois témoin de ça. Et du coup, après, elle envoyait des messages à Fabien de Vitality. Elle disait, Fabien...
- Speaker #0
Avec Néo, oui.
- Speaker #1
Avec Néo, elle disait, mais... Il y a cette pépite-là qu'on a repérée Vitality Live pour la première fois. C'est génial. Et donc, depuis ce jour-là, en fait, Neo, il regarde le parcours de Neya à chaque tournoi. Il suit de loin et on discute avec Neo pour faire de Neya une joueuse Vitality.
- Speaker #0
Alors, une joueuse Vitality, pourquoi ça serait une joueuse Vitality ? Même si j'adore Vitality, j'embrasse Fabien et Marc Paloc. Mais pourquoi pas une joueuse Kayane Team ? Mais pourquoi pas une équipe Cayenne ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Avec les plus grands espoirs du versus fighting ? Non, c'est pas bien ?
- Speaker #1
Flemme. T'as la flemme ? La flemme.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Parce que ça aurait été une marque de fabrique et tout, c'est trop dur.
- Speaker #1
C'est trop dur, il faut une structure, il faut des sponsors, il faut... Mais tu sais le faire pour toi,
- Speaker #0
tu pourrais le faire pour toute une armée de... Non,
- Speaker #1
c'est déjà difficile de le faire juste pour moi.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est dur, trouver des sponsors ?
- Speaker #1
Trouver des sponsors, c'est super dur dans ce milieu-là, parce que, tu vois, c'est un monde où... les marques sont partagées entre financer des influenceurs ou financer des joueurs e-sport. Et le truc, c'est que les joueurs e-sport, ce n'est pas des communicants la plupart du temps.
- Speaker #0
Ça dépend. Quand on s'appelle Kayane, on est plutôt bonne communicante.
- Speaker #1
Du coup, je suis plus dans le package influenceur pour les marques que joueuse. C'est un peu étrange à dire, mais vu que je stream, que j'ai des réseaux sociaux qui sont bien... Non, non, non,
- Speaker #0
tu es joueuse professionnelle, mais très populaire. Il y en a très peu des joueurs comme ça. On peut citer Gotaga. Gotaga chez les hommes.
- Speaker #1
Plus un streamer, joueur, que le joueur professionnel.
- Speaker #0
Oui, mais il est très connu. On sait que c'est un killer, le mec. C'est The Monster. Mais vous êtes des bons joueurs, excellents joueurs, mais qui sont très connus par les communautés parce que vous êtes très populaire et vous avez su aussi maîtriser votre image.
- Speaker #1
On a beaucoup maîtrisé notre image, je pense, et on a fait partie des premiers. C'est ça qui aide pour être un temporel un peu. C'est que même avec le temps, en fait, on ne peut pas nous remplacer. Et ce que je trouve un peu triste dans l'univers e-sport, c'est que tu peux avoir gagné des compétitions et on peut t'oublier l'année d'après.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Donc, comme la plupart des joueurs e-sport sont en recherche de performances constants, tu ne vas pas forcément prendre du temps à streamer. Et les marques, les éditeurs, ce qu'ils veulent, c'est des gens qui streament, qui soient présents, tu vois, leur visage, leur gameplay, tout en même temps, communiquer partout sur les réseaux.
- Speaker #0
C'est ça le conseil que tu donnerais à des gens qui nous regardent, qui disent « j'ai envie de devenir champion de jeu vidéo » , c'est de s'entraîner, mais à côté, de maîtriser la communication et de travailler la communication.
- Speaker #1
C'est dur de faire les deux. En vrai, il faudrait avoir quelqu'un qui s'occupe à 100% de cet aspect-là pour toi. Sauf que moi, je ne peux pas confier ça. Quand je joue pendant cinq heures en live, à Tekken par exemple, moi je sais, parce que c'est moi qui l'ai joué, quel moment... était intéressant à garder pour faire des best-of plus tard. Ça, je ne peux pas imposer à un monteur de regarder 5 heures de Kayane qui voit Tekken. Si lui n'est pas aussi connaisseur que moi, en fait, il va être paumé dans tout ça. Il ne sait pas ce qu'il faut garder. Et moi, je le sais.
- Speaker #0
Et du coup, c'est vachement dur de déléguer ce type de choses. Donc moi, je stream beaucoup. Mais en plus, derrière, je dois me taper mes best-of.
- Speaker #1
Ce qu'on peut recommander, c'est vraiment, voilà, il faut s'entraîner. Mais à côté, il ne faut pas oublier Instagram, les TikTok, les Twitch, les YouTube. En fait, il faut copier Kayane. C'est ça, un peu, copier Kayane.
- Speaker #0
Je pense que pour vivre de l'esport, il faut faire tout ça. Pour être plus pérenne. Quand tu es dans une structure comme Vitality, qui est vraiment très bien, moi, je ne veux pas être Vitality, je ne veux pas être Carmine, je ne veux pas être dans une structure parce que d'une année à l'autre, tu ne sais pas si tu es reconduit. Et moi, j'ai créé une relation avec mes sponsors depuis plusieurs années et ça, je ne veux pas le perdre.
- Speaker #1
C'est vrai que tu as toujours été indépendante finalement.
- Speaker #0
Oui. Ça,
- Speaker #1
c'est important d'avoir son indépendance ?
- Speaker #0
Complètement. C'est quoi ? C'est de la liberté ? C'est de la liberté. Tu travailles avec des marques que tu connais. La Neia qui signe Vitality, par exemple, elle n'a jamais rencontré les sponsors de Vitality. Elle connaît maintenant Fabien et les autres de Vita qui l'accompagnent, mais elle ne connaît pas les marques qu'elle représente. Et pour moi, c'est important de connaître les marques que je représente. Il y a des joueurs qui s'en foutent totalement parce qu'ils veulent juste la performance. Ils veulent une structure qui défraie tout et qui les paye. Et c'est tout, c'est tout ce qui les intéresse. Mais moi, je veux quand même faire attention à ce que je représente.
- Speaker #1
Sur cette carrière de joueuse professionnelle, moi je t'imaginais quand même jouer jusqu'à 95 ans. Je trouvais ça rigolo l'histoire de dire elle a commencé les tournois à 6 ans et à 95 ans, je l'imagine les vidéos en disant qu'il y a des 95 ans qui viennent de battre, ça pourrait être génial. L'histoire est très fantastique.
- Speaker #0
Je continuerai de jouer.
- Speaker #1
Ah ouais, parce que ça, ça peut être une belle histoire.
- Speaker #0
Les tournois pour seniors qui existent déjà sur Street Fighter VI, on en a organisé avec la Domitice Cup. Tu vois des joueuses comme Germaine, 94 ans, qui gagnent la Coupe des seniors. Moi je veux être ça plus tard, ne t'inquiète pas.
- Speaker #1
C'est sûr que dans les Ehpad, à mon avis, à un moment donné, on va faire des tournois. Est-ce que quand tu regardes tout ce que tu as fait en tant que joueuse professionnelle, tu regrettes ou pas ?
- Speaker #0
Je ne regrette pas du tout. Je pense que je suis contente de mon parcours. J'ai fait tous les tournois que je voulais, dans tous les pays que je voulais. J'ai rencontré énormément de joueurs et d'amis aussi. Tout mon entourage s'est formé grâce aux événements. Toutes les personnes avec qui je travaille aussi, je les ai rencontrées aux événements directement. Après j'ai vu qu'ils travaillaient bien, je me suis dit « bah en fait je travaille avec eux tout le temps » . Donc ça a vraiment forgé mon caractère, qui je suis, et ça m'a apporté tellement d'expérience. Je ne sais pas ce que je serais sans ça, sans les jeux de combat. les tournois que j'ai fait.
- Speaker #1
Et ça fait quoi d'avoir ouvert la voie, finalement, à plein de femmes qui, aujourd'hui, se lancent sur Twitch, sur YouTube, dans le jeu vidéo, que ce soit en compétition ou pas en compétition. Je pense à Dina, qui est championne de Just Dance. Je pense à Magla, qui, à un moment donné, s'est retrouvée à Twitcher et qui, aujourd'hui, fait Danse avec les Stars. Ça fait quoi d'avoir ouvert la voie à tout ça ?
- Speaker #0
Quand on joue comme moi, on ne se dit pas, on ouvre la voie aux autres. D'abord, on joue pour soi et puis on performe pour soi. Et du fait de ces performances-là, en fait, on inspire, malgré nous, des joueurs et joueuses à faire la même chose, à vivre de leur passion et à oser participer à ces événements-là. Parce que moi qui participe, je sais qu'il y a pas mal de filles qui se sont dit « Pourquoi pas moi ? » Kayane, elle a une carrière dans le jeu vidéo, dans l'e-sport, elle a des sponsors, elle arrive à vivre de ça. Pourquoi moi, je ne serais pas capable ? Et pourquoi... Je n'oserais pas, moi aussi, y aller. Il y a plein de filles qui m'envoient des messages, qui ne jouent pas forcément aux jeux de combat, mais qui jouent à League of Legends et autres, et qui me disent « j'ai osé grâce à toi » . Et moi, ça me fait super plaisir parce que, en fait, quand je joue, je partage plein de moments, des moments qui me font rigoler, des moments de hype, des matchs intenses. J'adore partager ce que je fais. Et je ne me dis jamais à travers ça, je vais motiver des gens à jouer. Donc le fait que ce soit finalement une conséquence, de tout ce que je fais, que ça permette de t'inspirer des filles à jouer, je me dis que c'est incroyable, c'est génial, je suis contente, parce qu'il y aura plein de petites Kayane, peut-être, qui vont émerger sur pas que les jeux de combat, mais les autres jeux. Et Neya m'a dit que je l'inspirais beaucoup à commencer à jouer et à venir en tournoi, et maintenant quand je vois le parcours, signé deux ans chez Vitality, tu vois, mais moi j'ai pas fait ça, tu vois, c'est incroyable, c'est génial.
- Speaker #1
T'as pas fait ça parce que tu voulais rester indépendante ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas qu'à 16 ans, j'aurais bien aimé.
- Speaker #1
À 16 ans, Vitality n'existait pas. Mais tu avais fait A.A.A. C'était la référence. Oui,
- Speaker #0
mais ils ne m'emmenaient pas dans le monde entier.
- Speaker #1
Non, malheureusement à l'époque.
- Speaker #0
Donc c'est ouf.
- Speaker #1
Ton avis... Alors moi, j'avais une question par rapport aux femmes dans le jeu vidéo. Parce que souvent... On dit que les femmes, elles sont mal accueillies par les hommes dans le jeu vidéo. Mais entre femmes, est-ce que vous êtes bienveillante ou au final, il y a des coups bas entre vous, entre influenceuses, jeux vidéo ? Est-ce que c'est une bonne entente ou pas ? Est-ce qu'il y a des clashs ?
- Speaker #0
En réalité, Julien, là où j'ai le plus de problèmes, c'était avec des femmes.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Oui, tristement, c'est...
- Speaker #1
Devriez-vous vous entraider dans un milieu qui est plus homme, on va dire ?
- Speaker #0
Disons que moi, oui, je suis complètement dans la sororité. Je me dis qu'il faut s'aider entre femmes.
- Speaker #1
Il y a peut-être de la jalousie ?
- Speaker #0
Parce que toi,
- Speaker #1
tu es la référence à la base.
- Speaker #0
Je pense que le fait d'être une minorité dans une communauté majoritairement masculine, ça fait que forcément, tu es là, tu es un peu l'exception. Et je pense qu'il y a des personnes, des filles qui se disent « moi, je veux être l'attention de tout » . Et j'ai eu plein de moments assez étranges, vraiment, où il y avait des joueuses qui voulaient absolument faire des défis contre moi sur la scène. Et en mode, ok, si t'es la championne du monde de Street Fighter, moi je te défie sur scène.
- Speaker #1
Pour te prendre la place.
- Speaker #0
Oui, en mode, comme ça c'est moi la championne.
- Speaker #1
Tu leur as réglé leur compte ou pas ?
- Speaker #0
Oui. Oui, mais je me dis, je suis trop contente qu'on ait des joueuses, des filles, qui soient là et en fait, se mettre une pression qui n'est pas normale. Tu vois, je dis, écoute, le tournoi il a un planning. Sur scène, il y a un planning. Ils s'en font. Je m'en fous de faire un défi contre toi. On peut le faire en off, qui ne dérange pas le planning des autres. On peut le faire sur une borne comme ça, qui est là. Vas-y, on fait ton défi premier à 10 matchs, si tu veux. Mais elles sont là. Non, je veux jouer sur scène. Je veux que tout le monde le voit.
- Speaker #1
J'ai l'impression que c'est Rocky. J'ai l'impression que c'est Club Erlang qui arrive pour défier Rocky. C'est incroyable. C'est Rocky 3.
- Speaker #0
C'est ouf. Ouais. J'ai eu des trucs comme ça. Et puis... Tu vois, il y a aussi des filles qui, pour la moindre occasion de se faire mousser en soirée, dès que tu leur donnes une info personnelle, vont le balancer à tout le monde.
- Speaker #1
C'est dommage. C'est dommage. Le conseil qu'on peut donner à tout le monde, c'est d'être bienveillant avec tout le monde. Parce que de toute façon, si tout le monde est bienveillant les uns avec les autres, on va tous s'entraider et à un moment donné, on va pouvoir monter tous ensemble et pas forcément un seul qui va essayer de dépasser les autres.
- Speaker #0
C'est ça qu'il faut dire. Je pense qu'il faut être bienveillante envers les autres. En fait, c'est parce que tu sais les difficultés qu'on a en tant que fille dans ce milieu-là. Donc, quand tu vois une autre fille, tu te dis, elle me comprend. Et en fait, je pense que c'est parce qu'elle te comprend qu'elle sait encore plus comment te faire souffrir. Et moi, je l'ai beaucoup vécu, malheureusement, dans la Seine depuis une vingtaine d'années. Celles qui m'ont fait le plus souffrir, c'est des femmes.
- Speaker #1
C'est un truc que j'apprends. Franchement, je ne m'attendais pas à cette réponse-là.
- Speaker #0
Ben, moi non plus. Moi non plus, j'aurais aimé te dire quelque chose de plus positif, mais ça n'empêchera pas que moi, je resterai hyper bienveillante envers les fards. Il le faut, il le faut.
- Speaker #1
C'est important. J'ai vu la vidéo de The Great Review, où il parle des jeux de combat, des compétitions de jeux de combat, un documentaire quand même hyper complet. Quel regard tu portes justement sur la scène compétitive, et même l'e-sport en général ? Comment il a évolué au fil des années ? Est-ce que tu trouves que... On a été dans la bonne dynamique, est-ce qu'en 2026 on arrive dans les clous que tu espérais ? Ou au final, l'e-sport, à chaque fois on dit ça va exploser l'année prochaine, et au final ça n'a pas assez explosé ? C'est quoi ta vision ?
- Speaker #0
Alors, la vidéo de The Great Review, elle est vraiment incroyable, parce qu'elle résume beaucoup de choses sur pourquoi on aime les jeux de combat, comment s'énervent les salles d'arcade aux Etats-Unis, au Japon, et l'émergence de Street Fighter, et de Tekken, et de tous ces jeux de combat. Il a vraiment bien expliqué les choses, et...
- Speaker #1
On te voit dedans.
- Speaker #0
On me voit, ouais. On me voit même à un moment où j'étais vraiment fâchée. Je pense que j'ai dû perdre à ce moment-là. Et il m'a mis cette séquence-là, il m'a mis d'autres séquences. Enfin, c'était marrant. Mais en tout cas, oui, je suis très étonnée de voir l'évolution. J'ai commencé dans les tournois où vraiment, c'était dans des salles, des colles d'ingénieurs, tu vois. On bricolait avec les chaises de l'école. On ramenait des télécathodiques. On ramenait les consoles des uns et des autres pour pouvoir faire nos propres tournois. Et aujourd'hui, avec les années, c'est les éditeurs qui organisent leurs propres tournois officiels maintenant. Mais avant ça, c'était vraiment communautaire. C'est la communauté qui a porté les jeux, qui a porté les joueurs, qui a vraiment fait en sorte de même faire des sortes de crowdfunding pour emmener le champion national au Japon ou aux États-Unis. On se débrouillait comme ça avant. Et depuis quelques années, oui, t'as la Capcom Cup, le tournoi officiel de Street Fighter, t'as le Tekken World Tour avec Tekken, t'as l'Arc System World Tour pour les jeux Guilty Gear, Granblue Fantasy. Tout le monde maintenant, chaque éditeur a son propre circuit mondial officiel. C'est mieux ? C'est mieux bien sûr parce que tu as plein de joueurs professionnels qui maintenant peuvent vivre vraiment de cette carrière-là. Si tu n'as pas de truc officiel, comme Nintendo ou Smash, tu vois, c'est plus compliqué d'être joueur professionnel de Smash parce que tu n'as pas de circuit officiel porté par l'éditeur. Nintendo n'a pas besoin d'eSport pour exister. Mais pour les autres jeux qui vendent des saisons, des season pass, des DLC et tout ça, ils ont besoin en fait que l'esport soit leur vitrine. Et quand tu vois le succès de Street Fighter VI aujourd'hui, qui a été porté par bon nombre de VTubers, des Youtubers, des streamers très populaires au Japon, tu as des tournois avec 8000 participants rien que sur Street Fighter VI.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
À faire jouer en un week-end à l'Evo. C'est juste dingue. Donc oui, aujourd'hui, ça a beaucoup changé. Les cash price, ce n'est pas non plus le truc le plus fou qui est arrivé sur ces dernières années, sauf à l'EWC, les Sports World Cup en Arabie Saoudite, qui permet d'avoir des cash price monstrueux sur plein de jeux de combat, donc Street Fighter VI, Tekken 8, Fatal Fury, pas tout ex-K.O. cette année, mais je pense que le jeu de combat de Riot, pareil. Avec Riot derrière, pour souvenir son jeu de combat, il y aura un modèle e-sportif intéressant à voir évoluer.
- Speaker #1
Mais tu trouves qu'avec les années, toi qui as vu l'évolution du sport électronique, est-ce qu'on est bien ou ça aurait pu exploser encore plus ? Ça mériterait d'exploser encore plus ?
- Speaker #0
Ça mériterait d'exploser encore plus, parce qu'actuellement, même s'il y a un circuit professionnel e-sport, C'est vachement dur pour des joueurs de jeux de combat d'être vus. Parce que dans un tournoi comme l'Evo, comme je te le disais tout à l'heure, il y a 12 000 participants en un week-end, avec sur un seul lieu tous ces joueurs à faire jouer. Tu ne peux pas faire passer tous les joueurs en stream. Donc tu as des structures comme Carmin Corp, Solary, Aegis en France, qui sponsorisaient des joueurs français, et qui avaient beaucoup de difficultés à suivre ces joueurs et à streamer ça. Parce que t'es là, déjà, il y a le décalage horaire sur les tournements américains, c'est compliqué. Mais ils sont là et ils sont en attente de voir leurs joueurs jouer. Et il y a des fois, ils attendent pour ne jamais voir ce joueur jouer, parce que c'est les organisateurs qui décident qui va jouer. Et souvent, ils vont mettre plus en avant les joueurs américains, plutôt que des joueurs français. Donc, t'as plein de structures qui se disent, ouais, il faut s'investir dans Street Fighter, Tekken. Ils le font un an, deux ans, puis après, ils arrêtent. Et c'est dommage parce qu'ils se disent « Oui, mais ce n'était pas rentable de vous envoyer à l'Evo pour 4000 balles de budget. On ne vous a pas vu jouer. » Tu ne peux rien dire à ça. Parce que l'Evo, c'est le plus gros tournoi. Après,
- Speaker #1
il faut percer, être dans le top 8, top 16.
- Speaker #0
Il faut avoir de la chance aussi de passer en stream. Ce n'est pas gagné. Ça ne dépend même pas de toi. Au moment où tu passes en stream, 10-15 minutes, il faut que tu gagnes. Parce que sinon, ce n'est pas ouf de perdre à ce moment-là. Et derrière, l'équipe a investi beaucoup d'argent sans pouvoir vraiment te voir. Donc, c'est très dur de suivre. C'est dur de faire des contenus autour de ça. C'est pour ça que moi, les sponsors, ils s'en fichent un peu limite de m'envoyer à l'Evo. Oui, après toi, tu communiques.
- Speaker #1
Ouais, toi, tu communiques quand même.
- Speaker #0
Mais ma communication intéresse plus que ma propre performance.
- Speaker #1
Voilà, ouais. Toi, c'est une communication. En plus, tu t'es transformée en média avec les réseaux sociaux. Tu peux te permettre de faire la communication.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Question par rapport à Game One.
- Speaker #0
Oui. Donc,
- Speaker #1
tu as travaillé à Game One. Déjà, tu as été invitée sur la Game Zone à l'époque où c'était présenté par Dominique et Julie. Après, tu as présenté Game One Esports. Et après, un jour, on te dit, tiens, est-ce que tu voudrais faire une émission qui s'appelle Team Game One ? Déjà, quand tu as présenté le concept, tu as pensé quoi ?
- Speaker #0
C'est génial parce que... Game One Esports, c'était avec Zvinius. Et puis, on voyait ton journal avec Anne qui passait. Le JT. Ouais, le JT. Le débat de Marcus aussi. Donc, j'ai pu participer en étant chroniqueuse d'Esport une fois par mois pour le débat de Marcus. Et je lui dis, c'est chouette que toutes ces émissions existent sur Game One. Mais d'avoir une team Game One qui réunisse tout le monde dans la même émission, j'étais trop impatiente de voir ce concept-là. C'est là que je me dis... C'est trop bien de pouvoir interagir avec vous chaque semaine parce qu'on tourne nos trucs de notre côté et puis on ne vous voit pas forcément beaucoup. Et partager sur l'actualité jeux vidéo, c'est aussi un challenge puisque Genius et moi, on était plus portés sur l'esport. Et puis là, on va parler de toutes les sorties jeux vidéo généralistes. de séries, d'animés, de plein de sujets différents. Et ça nous a vraiment fait trop de kiff, en fait. Trop plaisir. Même les défis.
- Speaker #1
Même les défis ?
- Speaker #0
Même les Legos. Je regrette de marcher sur des Legos.
- Speaker #1
Le défi où on vous a fait faire un blind test, mais pour buzzer, si vous aviez la bonne réponse, il fallait marcher sur des Legos.
- Speaker #0
C'était l'enfer.
- Speaker #1
C'était break me up before you Lego. C'était ce qu'on avait inventé.
- Speaker #0
C'est terrible.
- Speaker #1
Ça peut revenir un jour, attention.
- Speaker #0
J'espère bien. Ou il fallait mettre la main dans un truc où on croyait que c'était des araignées.
- Speaker #1
Ah oui, ça, c'était le défi de la peur. On vous a fait croire, en fait, qu'il y avait des araignées, qu'elle est arrivée avec un dresseur et on vous a bandé les yeux. Et au final, on vous a mis la main dans des araignées en plastique. Et là, vous avez vraiment flippé. Alors qu'au final, c'était des araignées en plastique. Ça, c'était marrant, j'avoue.
- Speaker #0
J'ai dit que c'était plus que moi.
- Speaker #1
T'avais peur aussi. Oui, j'avais peur aussi.
- Speaker #0
T'avais peur aussi.
- Speaker #1
C'est drôle. La plupart du temps, tu montres pas trop tes émotions, t'es plutôt poker face et tout. La dernière de Team Game One, tu nous as tous fait pleurer.
- Speaker #0
Oh, mais c'est toi qui m'as fait pleurer. T'es fou, c'est toi qui m'as fait pleurer.
- Speaker #1
Pas du tout, c'est moi qui ai pleuré parce que je t'ai vu pleurer. Raconte ce dernier jour, ça t'a fait vraiment de la peine, ça t'a touché ?
- Speaker #0
Oui, ça m'a beaucoup touché. En fait, au début, je me suis dit, comme Anne, tu vois, on discutait, on disait, est-ce qu'on va pleurer ? Je me suis dit, mais non, on va pas pleurer. On s'est dit on va faire la dernière émission avec notre bonne humeur habituelle, on va parler de tout comme toujours. Et puis en fait c'est au moment où toi tu regardes le best-of de Genius, tu vois t'as les bras croisés et tu regardes l'écran. Et puis il y a Anne qui me fait « Eh regarde Julien ! » Puis je te regarde, moi j'étais mort de rire sur les trucs de Genius en fait. Et puis je te vois... tu rigoles pas c'est bêtise. C'est rare. C'est très rare que tu rigoles pas c'est bêtise mais là on sent que on approche de la fin de l'émission la fin de Game One et c'est là que je me dis ah oui il se passe quelque chose là on est vraiment proche de la fin et ensuite je me suis dit bon ça commence à bouger ici et après quand on fait venir tout le monde au milieu du plateau, qu'il y a tous les techniciens, tous ceux qui travaillent chez Game One qui arrive, c'est là que tu dis ah ouais c'est le grand moment quoi, c'est maintenant que ça arrive. Moi j'y crois toujours pas à ce moment là parce que je me dis c'est 12-13 ans de ma vie avec vous et puis on a eu tellement d'émissions, les Game One Esports, les Game One Box, les débats de Marcus, Team Game One. Il y a eu tellement d'émissions et de moments ensemble que toi il y a un gros flashback qui se fait et là je te vois tu me dis oui on a connu Kayane toute petite.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #0
je me suis effondrée là. Quand tu as dit ça, je me retenais un petit peu. Dès que tu as dit ça, les gros sanglots sont tombés. Et de ta faute,
- Speaker #1
j'ai commencé à pleurer. Parce que moi, je n'allais pas pleurer à la base. Mais si, j'allais pleurer quoi qu'il arrive. Je pense que j'ai essayé d'occulter le moment, de ne pas y penser. C'est-à-dire que je n'avais jamais pensé à ce que j'allais dire à la fin de l'émission. Je me suis dit, on va profiter jusqu'au bout. Et moi, j'ai fait la dernière émission en me disant, on va profiter. Et c'est vrai qu'à ce moment où, en fait, c'était le rétro game one. spécial qu'on avait enregistré, qui était diffusé dans l'écran. Et là, je le regarde et bon, c'est pas être licencié ou père de mon travail qui me faisait de la peine. C'était Tim Game One, c'était un bébé que j'avais créé et j'étais trop content de cette émission qui était un concept incroyable où on se marrait, on était une famille. Et quand je dis on était une famille, c'était les animateurs, mais aussi les gens derrière, qui travaillaient la production et tout. Et je voyais mon bébé mourir un petit peu et ça me faisait de la peine ça. Je me disais dommage quoi. Mais on va essayer de le relancer.
- Speaker #0
J'espère. En tout cas, je sais que tu te bats à fond. Moi, tous.
- Speaker #1
Je ne suis pas le seul à me battre. Mais normalement, si tout va bien, on peut le dire. En fin février, début mars, on va faire des annonces. Et il y a peut-être quelque chose sur Twitch qui va arriver avec la team.
- Speaker #0
Et en plus, on a pas mal d'abonnés sur la team de Respawn. Mais oui.
- Speaker #1
Donc, peut-être que ce sera l'occasion d'activer ça. Marcus nous envoie des messages régulièrement en disant « Les gars, quand est-ce qu'on y va ? »
- Speaker #0
Il m'a envoyé un messager, Marcus. Voilà, voilà. Il m'a dit « Mais tu comptes à comment la personne chez Twitch ? »
- Speaker #1
Moi, je l'ai mis en spam. Moi, je l'ai mis en spam. Donc, comme ça, c'est simple. Mais à un moment donné, on va revenir, c'est sûr. Le jeu vidéo, tu ne joues pas que aux jeux de combat ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est quoi les jeux préférés de tous les temps, à part les jeux de combat ?
- Speaker #0
J'ai cru que tu allais dire à part Final Fantasy.
- Speaker #1
Non, à part les jeux de combat. Je sais qu'il y a Final Fantasy.
- Speaker #0
Oui, oui. En fait, j'adore les RPG japonais. Et depuis toute petite, c'est ça qui a bercé mon enfance. C'était et les jeux de combat, et Starcraft, et les RPG comme Final Fantasy. A commencer par le 7, le 8, 9, 10. Il y avait des jeux comme Valkyrie Profile et Xenogears, que j'ai découvert grâce au clip de Game One.
- Speaker #1
Claire Obscure, tu l'as fait ou pas ? C'est un RPG pas japonais, mais est-ce que tu as aimé ?
- Speaker #0
J'ai adoré. Pour moi, c'était le jeu de l'année 2025.
- Speaker #1
Pour beaucoup de monde, c'était le jeu de l'année.
- Speaker #0
C'était le jeu de l'année. Et Laurien Testard, qui fait la composition de la musique, il est devenu dans mon top 5 de mes compositeurs de jeux vidéo préférés. C'est fou. Et je l'ai croisé en plus à la Japan Expo. Et tu vois, il est à peu près à mon âge. Il est même plus jeune, je crois qu'il a 33 ans. Et je me dis, attends, c'est fou quand même de se dire qu'on a des producteurs, des compositeurs sur un jeu aussi incroyable. qui en fait sont de ma génération.
- Speaker #1
Mais oui, maintenant oui. C'était pas le cas auparavant. Mais maintenant c'est le cas. Le jeu de combat parfait de tes rêves, ça serait quoi ?
- Speaker #0
De mes rêves ? Alors, quand j'étais petite, j'étais fan d'un animé, manga, de Clamp, qui s'appelle Angelic Layer. C'est vraiment un truc qui m'a passionnée de petite et j'aimerais trop voir ça arriver un jour. Je pense qu'avec les progrès technologiques, il y a moyen. En fait, tu as des poupées de combat. Tu vois, vraiment, tu achètes une poupée en magasin. C'est une sorte de figurine.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Articulée, mignonne, tu vois, vraiment très typée manga.
- Speaker #1
C'est une poupée ?
- Speaker #0
Ouais, une sorte de poupée, quoi.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
T'es là, tu la customises comme tu veux, tu lui fais sa coupe de cheveux, tu l'habilles comme tu veux. Et ensuite... T'es en réalité augmentée, t'as un casque de réalité augmentée.
- Speaker #1
Ça c'est dans le manga ?
- Speaker #0
Ouais c'est dans le manga.
- Speaker #1
Ah ok.
- Speaker #0
Et en fait t'as la petite jeune fille qui s'appelle Misaki, qui découvre cet univers-là, et puis se dit ok je vais commencer à jouer à ce jeu, Angelic Layer. Donc elle achète sa poupée, elle customise, elle l'appelle Kikalu, et puis elle se dit ok on va tester ça. Et en fait tu balances la poupée ensuite dans une arène en réalité augmentée. Toi avec ton casque... tu peux la contrôler par la pensée. Et ça, c'est incroyable. Tu mets les statistiques que tu veux, comme dans un MMORPG ou un RPG classique. Tu as ton personnage, tu as un certain nombre de points et tu répartis en agilité, dextérité, magie, force et tout ça. Et elle, elle en fait un personnage très agile et rapide qui se bat avec les points. Moi, je kiffe ça, tu vois, je combats et tout. Et en fait, elle fait des tournois comme ça jusqu'à rencontrer sa propre mère qu'elle n'a jamais connue. qui est la championne de ce jeu-là.
- Speaker #1
Ah, il y a une histoire de fou. Et donc,
- Speaker #0
il y a une histoire de fou derrière, parce que tu as la championne qui est là avec son personnage, qui a l'air invincible, et toi, tu suis les aventures de la petite qui commence avec un personnage qui a l'air trop faible, parce que rapide, agile, mais ne fait pas de dégâts. Mais en fait, grâce à l'intelligence de Misaki, sa capacité d'adaptation à analyser les mouvements de ses adversaires, elle va, grâce à sa pensée... contrôler le personnage et contrer les coups des adversaires qui ont une arme ou de la magie et tout. En fait, elle arrive à toujours trouver une solution. Et moi, j'étais à fond dans ce manga, c'était incroyable. Donc moi, je rêvais un jour de jouer à ce type de jeu.
- Speaker #1
Rappelle le nom ?
- Speaker #0
Angelic Layer.
- Speaker #1
Moi, je ne connais pas du tout, mais le pitch, franchement, ça pourrait faire un beau jeu vidéo.
- Speaker #0
Je kifferais trop voir ça. Il y a pas mal de fois où les gens commencent à parler de réalité augmentée, de jeux de combat avec ça. Tu dois utiliser tes propres mouvements pour que ce soit à l'écran, mais là, c'est par la pensée. Un jour, si on peut arriver à faire ça, ce serait génial.
- Speaker #1
Je ne m'attendais pas à cette réponse-là. Je m'attendais à un truc genre les graphistes de Tekken avec le gameplay de Sleuthalibur. Je m'attendais à un truc plus... Mais pourquoi pas, ça marche.
- Speaker #0
J'aimerais bien jouer comme ça. Ce serait original. Et je pense que les jeux de combat de nos jours, à part une amélioration graphique, je trouve que ça ne se renouvelle pas tant que ça. Donc ça, ce serait une vraie révolution.
- Speaker #1
On arrive à la fin. Quel est ton rêve ou ton prochain projet ? Il y en a qui disent que c'est des rêves, il y en a qui disent que c'est des projets. C'est quoi ?
- Speaker #0
Jusqu'à juin 2025, je ne m'imaginais pas être un peu mentor de jeunes joueurs. Là, je commence avec Neya et on a travaillé ensemble pour la faire signer chez Vitality. Moi, arriver à contribuer à faire... de jeunes joueurs des champions. Je trouve que c'est le genre de projet qui me plaît bien. J'aime bien accompagner les jeunes. Et aux événements que j'organise, les K-Innexessions, je vois des petits jeunes de 7 ans, 10 ans, qui sont déjà vigas forts. Qui me font peur, déjà. C'est vrai ? Oui. Et à chaque fois qu'ils viennent aux événements, ils n'ont plus le même niveau qu'avant. Et je leur donne des conseils, ils les appliquent, ils reviennent plus tard, ils sont déjà trop forts. Moi, j'aime bien voir cette évolution, ça me fait même plus plaisir que moi qui progresse dans le même jeu.
- Speaker #1
Parce qu'il y a du partage.
- Speaker #0
Il y a du partage, tu te sens écoutée, tu vois que tu inspires un peu et que...
- Speaker #1
Que tu donnes ton expérience aussi.
- Speaker #0
Oui, mon expérience est utile aussi. Et en fait, je me dis que j'ai fait tout ça. Au début, c'était pour moi, mais là, je le partage aux autres et ça leur sert dans leur propre vie. Donc, je me dis que oui, ces prochains mois, prochaines années, je vais pas mal travailler là-dessus, aider des jeunes à vivre de leur passion pour l'esport.
- Speaker #1
Génial. Merci Kayane. Franchement, c'est la fin de ce podcast, mais c'est passé trop vite, comme d'habitude.
- Speaker #0
C'est passé trop vite, comme d'hab.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'être venue. On va se retrouver bientôt. J'espère. Normalement, fin février, début mars, vous allez avoir des nouvelles. On va se retrouver avec toute l'équipe. Et de toute façon, on peut te retrouver sur tes réseaux sociaux, ta chaîne YouTube, où on peut voir tes vidéos.
- Speaker #0
Kayane partout. Voilà, Kayane partout.
- Speaker #1
Elle fait un petit react de The Grid Review et tout ça, où ça parle de vous, de combat et tout. Je suis moi aussi, tu crois quoi ? Merci à tous d'avoir suivi ce podcast. N'hésitez pas à vous abonner, à booster la vidéo, de mettre un commentaire pour savoir quel autre invité. vous aimeriez voir ici dans Tant qu'il y aura du Woufi et on vous fait des bisous,
- Speaker #0
bisous Caillou Bisous, ciao ciao Ah c'est trop cool, c'est passé trop vite