Speaker #0Bonjour et bienvenue sur Duneco, le podcast qui vous accompagne dans votre réflexion professionnelle et vous aide à construire une carrière qui vous ressemble. Je suis Florence Verdier, coach spécialisé en évolution et transition professionnelle. Dans chaque épisode, je partage avec vous des outils, des réflexions et des histoires inspirantes pour vous aider à clarifier vos aspirations et pour passer à l'action. Que vous soyez en quête d'idées, de motivation ou d'un nouveau départ, ce podcast est là pour vous accompagner, pour vous guider. Et si vous l'appréciez... Pensez à lui donner un avis 5 étoiles et à laisser un joli commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est la meilleure façon de soutenir Duneco et de permettre à d'autres de les découvrir. Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour et je vous souhaite une très belle écoute. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le tout nouvel épisode de Duneco. Alors, la thématique du jour me touche particulièrement. Parce que c'est un sujet que je vois, que j'entends, que j'écoute, que je ressens beaucoup dans les séances de coaching, c'est la thématique de la suradaptation. La suradaptation dans sa vie professionnelle qui a rapidement des répercussions, des ricochets dans sa vie personnelle, où la suradaptation a souvent aussi un grand rôle dans la vie des femmes. Il arrive un moment où l'on ne sait plus très bien quand tout a commencé. On a fait ce qu'il fallait faire, on a répondu aux attentes, on a adopté les habitudes nécessaires. pour tenir, pour avancer, pour ne pas compliquer les choses. On a appris à s'adapter, parfois très tôt, parfois sans même en avoir conscience. S'adapter à un environnement, à une équipe, à une hiérarchie, à des contrats. S'adapter à ce qui est attendu, à ce qui est valorisé, à ce qui est toléré. S'adapter aussi à ce que la vie impose, parce qu'il faut travailler, gagner sa vie, assurer une forme de stabilité. Et souvent, on le fait bien, on le fait très bien même. Puis un jour, quelque chose se déplace à l'intérieur. Il ne s'agit pas d'un choc, ni d'une rupture nette, il s'agit plutôt d'une sensation. étrange et persistante, celle de ne plus vraiment reconnaître dans la personne que l'on est devenu au travail. On continue à faire ce qu'on sait faire, on continue à remplir ses journées, mais on ne se sent plus pleinement là. Dans cet épisode, je parle de la suradaptation comme d'un éloignement progressif, un éloignement de soi, lent et presque imperceptible. Il ne s'agit pas d'une erreur ni d'une faiblesse, il s'agit d'une réponse intelligente de base à un contexte qui, avec le temps, a fini par coûter plus cher qu'une protégée. Je pense à toutes ces femmes qui tiennent leur place, qu'elles soient salariées, indépendantes, en début de carrière ou après de longues années de travail, qu'elles aient des responsabilités visibles ou non. Ce sont des femmes qui font ce qu'on attend d'elles, qui s'ajustent, qui encaissent, qui organisent. Et à force de le faire, elles ont mis de côté une part d'elles-mêmes. On peut se sentir fatiguée sans être épuisée, on peut se sentir vide sans être en souffrance aiguë, on peut avoir un travail, un rythme, une sécurité, et pourtant ressentir ce décalage intérieur difficile à expliquer. Comme si quelque chose n'était plus à nous nier sans qu'on le sache précisément. À ce moment-là, la suradaptation ne ressemble plus à une qualité, elle devient une distance. Une distance entre ce que l'on fait et ce que l'on ressent, entre ce que l'on montre et ce que l'on vit. On devient très compétente pour fonctionner, mais de moins en moins capable de sentir ce qui est juste pour soi. Ce sentiment reste souvent silencieux. On n'en parle pas parce qu'on n'a pas les mots. On n'en parle pas parce qu'on n'a pas de raison évidente de se plaindre. On se dit que ce n'est pas si grave. qu'il y a pire ailleurs et qu'on devrait s'estimer chanceuse, alors on continue. On s'adapte et on se suradapte encore. Jusqu'à ce que cette question apparaît doucement mais avec insistance. À quel moment ai-je commencé à m'éloigner de moi pour pouvoir continuer à travailler comme je le fais aujourd'hui ? Il ne s'agit pas d'un régalement spectaculaire ni d'une remise en question brutale, il s'agit de petits renoncements répétés. Il s'agit de choix raisonnables, il s'agit d'ajustements permanents, il s'agit de faire passer ce qui est attendu avant ce qui nous rend vivant. Ce constat peut être profondément émouvant parce qu'il touche à quelque chose d'intime. Il ne s'agit pas forcément de changer de métier, de lui prouver quoi que ce soit. Il s'agit de reconnaître que l'on a peut-être cessé à un moment de se demander ce qui faisait sens pour soi. Reconnaître cela n'est pas un échec et ce n'est pas un reproche. C'est une prise de conscience, c'est une lucidité douce mais essentielle. Elle permet de voir que l'on a été forte, adaptable, courageuse et que cette force a été parfois exercée au détriment de sa propre... présence. Cet épisode n'apporte pas de solution toute faite et n'invite pas à des décisions radicales, il ouvre un espace. Il propose un temps pour se poser, pour écouter ce qui se passe à l'intérieur. pour admettre que l'on peut vouloir continuer à travailler, avancer, à évoluer, sans continuer de se mettre de côté. Peut-être que le mouvement à créer ne commence pas par un changement extérieur. Peut-être qu'il commence par une question simple. Qu'est-ce que je ne m'autorise plus à être dans ma vie professionnelle aujourd'hui ? Peut-être que se retrouver ne demande pas de revenir en arrière, mais d'avancer autrement, en étant plus présente à soi, en étant plus fidèle à ce qu'on le ressent, en étant plus proche de celle que l'on est devenu. La suradaptation, Ce n'est pas l'adaptation. L'adaptation, elle est plus vivante, plus ajustée, plus consciente. Elle permet de coopérer, d'apprendre, d'évoluer. La suradaptation, c'est un cran bien plus loin. Elle nous pousse à nous ajuster en permanence, parfois avant même que cela soit demandé. Elle nous conduit à anticiper les attentes, à lisser nos aspérités, à faire taire nos élans pour éviter de déranger, de décevoir ou de compliquer. Avant de vouloir en sortir, il est peut-être utile de lui rendre justice, demander ce qu'elle m'a permis, de quoi m'a-t-elle protégée à un moment de ma vie ou de ma carrière. Quelle sécurité m'a-t-elle offerte ? Quelle reconnaissance m'a-t-elle apportée ? Quelle place m'a-t-elle permis de tenir ? La suradaptation a souvent été à un moment donné une stratégie efficace. Elle a permis de réussir, d'être appréciée, d'éviter des conflits, de maintenir un équilibre. Elle a eu une fonction. La reconnaître, c'est déjà éviter de se juger. Puis une autre question peut émerger, un peu plus délicate. Qu'est-ce que cela me coûterait de continuer ainsi encore 5 ans, 10 ans ? Et à l'inverse, qu'est-ce que cela me coûterait ? permettrait de ne plus me suradapter en permanence ? Qu'est-ce que cela ouvrirait si je cessais d'anticiper sans cesse, si je laissais apparaître davantage mes désaccords, mes limites ? Ne plus se suradapter ne signifie pas devenir rigide ni refuser toute contrainte. Cela peut vouloir simplement dire et introduire de la conscience dans ses ajustements. Choisir quand je m'adapte, pourquoi je le fais et à quel prix. Accepter qu'il existe un écart entre être professionnel et s'effacer. Accepter aussi que des plaires ponctuellement ne remet pas en cause sa valeur. Se questionner sur sa suradaptation, c'est peut-être commencer à se réapproprier son espace intérieur, c'est redonner du poids à ce que l'on ressent, même lorsque le cela ne correspond pas immédiatement aux attentes extérieures. C'est apprendre à distinguer ce qui relève d'un choix et ce qui relève d'un réflexe. Il ne s'agit pas de tout changer du jour au lendemain, il s'agit peut-être simplement d'oser une première micro-désadaptation consciente. Dire non là où on aurait peut-être dit oui par automatisme, exprimer une nuance. nommer une limite testée, une manière d'être un peu plus fidèle à soi. Parce que le mouvement là dont il est question, il n'est pas spectaculaire, il est intérieur. Et il commence peut-être au moment précis où l'on décide que s'adapter ne doit plus signifier s'effacer. Se poser la question suffit parfois à rouvrir un espace intérieur. Qu'est-ce que je continue à faire par réflexe d'ajustement excessif et qu'est-ce que je pourrais choisir de faire autrement ? Il ne s'agit pas de cesser de s'adapter, mais de ne plus se suradapter. Et peut-être que ce prochain pas il consistera simplement à se rendre un peu plus de place. Si ces mots ont fait écho en vous, je vous invite à laisser la question ouverte encore un peu sans chercher à y répondre trop vite. Parfois, le simple fait de commencer à regarder les choses autrement change déjà la manière dont on se tient dans son train. Un grand merci à vous d'avoir écouté cet épisode. Je vous dis à très bientôt. Et en attendant, prenez soin de vous et de vos projets professionnels. Bye bye !