- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur June Core, le podcast qui vous accompagne dans votre réflexion professionnelle et vous aide à construire une carrière qui vous ressemble. Je suis Florence Verdier, coach spécialisé en évolution et transition professionnelle. Dans chaque épisode, je partage avec vous des outils, des réflexions et des histoires inspirantes pour vous aider à clarifier vos aspirations et pour passer à l'action. Que vous soyez en quête d'idées, de motivation ou d'un nouveau départ, ce podcast est là pour vous accompagner, pour vous guider. Et si vous l'appréciez, pensez à lui donner un avis 5 étoiles et à laisser un joli commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est la meilleure façon de soutenir d'une co et de permettre à d'autres de les découvrir. Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour et je vous souhaite une très belle écoute. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le nouvel épisode de Duneco. Alors aujourd'hui, nous recevons Romane, entrepreneur basé à Rennes et fondatrice de la marque Les Cotons de Romane. En 2018, elle a lancé ce projet pour proposer des produits éco-responsables en tissu, alliant la fabrication locale et la lutte contre le casquillage. Depuis, sa marque a trouvé son public et c'est peu de le dire, elle connaît une croissance forte et une communauté importante sur les réseaux sociaux. Avant d'en arriver là, Romane, construit son entreprise pas après pas, d'abord en parallèle de son activité salariée, puis en se consacrant pleinement à son entreprise jusqu'à structurer une équipe et donc développer une très belle entreprise. Alors si vous pensiez que sa présentation s'arrêtait là, pas du tout, parce que Romane ne s'est pas arrêtée là. Elle a créé récemment une seconde entreprise qui s'appelle Casa Casti et donc en pleine crise économique, politique, nationale, internationale, on y va. Et donc Casa Casti est une marque de vêtements. imaginer au sein de son atelier à Rennes. Alors bien sûr, on va découvrir ensemble son parcours, la création et la vie de ces deux entreprises et comment elle pense et vit sa vie professionnelle au quotidien. Alors chez Junco, on parle souvent de mettre du mouvement dans sa vie professionnelle et je crois qu'on a aujourd'hui derrière le micro la bonne personne pour parler de tout ça. Bienvenue Romane, merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci à toi surtout de m'avoir invitée.
- Speaker #0
Alors, pour commencer, est-ce que tu peux présenter ce qu'est ta vie professionnelle aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, donc, ma vie professionnelle aujourd'hui, c'est la vie d'une ancienne infirmière puricultrice qui s'est donc reconvertie. Et aujourd'hui, je suis, j'ai du mal parfois à le dire, mais chef de deux entreprises. Donc, comme tu l'as dit, une entreprise d'éco-responsable et une entreprise de prêt-à-porter. Donc, c'est un mélange de beaucoup de communication, puisque c'est moi qui ai un peu l'image des deux marques, et de gestion d'entreprise, notamment sur... je suis à Zagatier où je suis toute seule. Donc voilà un peu à quoi ça ressemble ma vie professionnelle.
- Speaker #0
En dehors de cette vie de chef d'entreprise, de dirigeante, pour qu'on fasse un peu ta connaissance, comment tu te présentes ? Qui es-tu en dehors de cette vie d'entrepreneur ?
- Speaker #1
Alors j'ai 32 ans, je suis maman de deux enfants qui ont 4 et 6 ans. Je viens à la base de Laval en Mayenne, mais j'ai fait mes études ici à Rennes et du coup je suis restée dans la vie. Donc le travail a une énorme place forcément. Mais ma priorité, ça reste mes enfants, mes amis, mes proches. C'est vraiment le socle, on va dire, solide de ma vie.
- Speaker #0
Pour revenir un petit peu à ton histoire, toi, quand tu étais petite, comment tu voyais le travail ? C'était quoi ta vision d'une vie professionnelle d'adulte ?
- Speaker #1
Alors, ce qui est rigolo, c'est que je ne suis pas du tout née avec de l'ambition. Donc, en fait, moi, ma vision plus tard du travail, c'était pouponner. C'est pour ça que je suis devenue infirmière puricultrice. Je rêvais en gros de m'occuper d'enfants, mais d'être baby-sitter. Je suis allée jusqu'au diplôme de puricultrice parce que j'en avais les capacités, qu'on m'a poussé, etc. Mais moi, ce que je voulais en gros, c'était m'arrêter au CAP, travailler en crèche et pouponner. C'est aussi pour ça que j'ai eu mes enfants très jeunes, parce que c'était le rêve de ma vie. Et voilà, je n'avais pas du tout vocation ni à travailler beaucoup d'ailleurs, ni à gagner de l'argent. Enfin voilà, c'était juste m'occuper de petit et vraiment, c'est tout.
- Speaker #0
Tu as donc, avant cette belle aventure entrepreneuriale, tu disais, eu une première vie professionnelle d'infirmière. Comment ça s'est passé, la transition ? Comment s'est opéré le virage ?
- Speaker #1
Alors déjà, je n'ai pas été infirmière longtemps parce que j'ai été diplômée en 2016 du diplôme de PUER. J'ai démissionné de mon dernier travail en 2021. Donc, il y a eu six ans, mais ce n'est pas tant que ça pour une infirmière. Et en fait, sur ces six ans, j'ai passé trois ans, à peu près même quatre ans, à accumuler les deux, trois ans et demi, on va dire. Donc, très rapidement, en fait, j'ai eu une double activité que j'ai souhaité maintenir pendant autant d'années parce que je voulais acheter une maison, je voulais faire des enfants, avoir un congé maternité, on va dire financièrement, parce que dans les faits, le congé mater, je ne l'ai pas pris physiquement. Mais voilà, il y avait tout ça, en fait, tous ces avantages qu'on n'a pas en tant qu'entrepreneur. Et donc, du coup, j'ai fait une très longue transition. Et aussi parce que vu que ce n'était pas dans ma nature, je pense, à la base, d'être un leader. Enfin, en tout cas, c'est ce que je croyais. J'avais peur, en fait, de me reconvertir. En plus, j'étais en fonction publique pendant des années. Donc, en fait, c'est comme une prison dorée. On a énormément d'avantages. On est bien payé. Et j'avais très peur de quitter, en fait, cette activité-là.
- Speaker #0
Je reviens sur ce que tu dis. La leader que tu ne pensais pas être, même dans ta présentation, tu as dit, tu as encore du mal à le dire, du coup, d'être chef d'entreprise. Qu'est-ce qui fait que pour toi, Pour toi, du coup, c'était tellement pas envisageable, c'était tellement pas justement dans ta vision même de petite fille que du coup, c'est encore difficile, je ne sais pas quel est le bon mot, de te présenter comme ça.
- Speaker #1
En fait, je pense que c'est difficile de reconnaître, de se rendre compte de tout le travail qui a été accompli, surtout quand on n'a pas le diplôme qui va avec. Donc aujourd'hui, je suis quand même dans un état d'esprit où je me dis tout peut s'arrêter du jour au lendemain. Et moi, je n'ai pas. pas un master en commerce, je n'ai pas un master en communication, donc je n'ai aucune garantie que demain, si ça s'arrête, je vais trouver un travail dans cette branche-là. En fait, je n'ai que entre guillemets un travail, un diplôme de puricultrice. Et du coup, de la même façon, je pense que si j'avais eu un diplôme qui correspondait à ce que je faisais, j'aurais eu plus d'assises pour dire « Oui, je suis chef d'entreprise parce que j'ai fait des études pour gérer une entreprise, pour faire de la communication, du marketing, etc. » Alors qu'aujourd'hui, en fait, j'ai l'impression que j'ai appris au fil du temps, mais j'ai du mal à reconnaître. que les connaissances que j'ai apprises sont quand même solides, l'expérience, etc. Donc, j'ai du mal à réaliser que je suis chef d'entreprise. Moi, j'ai l'impression que je fais des trucs et que du coup, ça ressemble à ça. En fait, c'est un gros syndrome de l'imposteur, mais du fait que je n'ai pas ce parcours, que ce soit une reconversion, ce n'est pas mes études de base.
- Speaker #0
Ça t'a manqué à un moment donné d'avoir fait des études ? Dans tout ça, tu as ressenti un manque ?
- Speaker #1
En communication, pas trop, parce que je pense qu'on peut se former quand même si on est très en veille, curieux, etc. après je parle de communication sur les réseaux on me mettra en communication sur je sais pas moi, dans un domaine complètement différent, peut-être que je serai plus en difficulté ça me demanderait peut-être plus de formation etc. Par contre sur tout ce qui est gestion d'entreprise, management évidemment que j'ai été en difficulté plein de fois, que même encore aujourd'hui il y a plein de fois je le suis et notamment si Johan qui est le papa de mes enfants ne m'avait pas rejoint dans l'entreprise sur les cotons gourmands ça ne se serait pas développé à ce point et ce ne serait pas structuré à ce point en fait. parce que je pense que d'avoir quelqu'un qui a fait les études, qui a l'expérience pour, forcément, que c'est plus facilitant. Peut-être j'y serais arrivée, mais j'aurais encore plus galéré que là.
- Speaker #0
Et donc là, pour faire un état des lieux de tes deux entreprises, vous êtes combien ? Comment c'est structuré justement aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, donc pour les cotons, on est, si je ne dis pas de bêtises, que ça bouge souvent avec tout ce qu'alternant, etc. On est neuf salariés de l'entreprise et on a à peu près une quinzaine de couturières qui sont, elles, en freelance. C'est-à-dire qu'elles ont leur auto-entreprise et toutes les semaines, elles viennent chercher des pièces prédécoupées qu'elles assemblent chez elles à la machine à coudre. Ça représente à peu près, en gros, une vingtaine de temps plein. Et sur Caisse à Castille, on est quatre plus une freelance.
- Speaker #0
Et donc, Caisse à Castille, ça a commencé il y a à peu près un an, quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
Oui, c'était en début octobre 2024.
- Speaker #0
Donc, une belle croissance aussi déjà du monde. Comment tu vis le fait d'être responsable d'une équipe comme ça ?
- Speaker #1
Là, c'est la même chose. En fait, moi, dans ma façon de voir les choses, je n'ai pas l'impression d'être responsable d'eux, déjà parce que nos deux équipes, et c'est d'ailleurs là-dessus qu'on recrute, c'est des personnes qui sont hyper curieuses, hyper autonomes, qui savent très vite se gérer. Et ce n'est pas qu'on ne veut pas les accompagner, c'est qu'en fait, nous, notre vision du management, c'est donner le maximum d'autonomie possible, de liberté, parce qu'on pense tout simplement que l'épanouissement au travail, il passe par un meilleur équilibre vie pro-perso, en tout cas, que la vie pourrait être pro n'aura jamais plus d'importance que la vie perso. Et à partir de là, ça leur permet de gérer leur emploi du temps, de gérer leur façon de faire leurs tâches. Donc en fait, je n'ai pas l'impression d'être responsable d'elles, puisque tous nos employés font super bien leur travail. Ils n'ont pas besoin de nous, d'ailleurs. En fait, ça tourne. Si on n'est pas là, ça tourne très, très bien. On va dire, on chapote, on encourage, etc. Mais je n'ai pas de pression à être responsable d'elles, parce que dans notre façon de manager, on a instauré une forme d'autonomie. Et même sur des postes moins qualifiés, elles savent très bien ce qu'elles ont à faire. C'est ça qui est génial. Et surtout, on a pleinement confiance en nos équipes. Donc, en fait, ce n'est pas une charge pour moi.
- Speaker #0
C'est super précieux, ça.
- Speaker #1
Mais je pense aussi parce que j'ai été infirmière et que j'ai connu différents milieux où ce n'est pas toujours, on va se le dire, hyper bienveillant. En fait, malheureusement, dans ce secteur-là, il y a des choses qu'on n'a pas envie de reproduire non plus.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te définit le plus, toi, dans ta manière de vivre ta vie professionnelle ?
- Speaker #1
Je dirais que ce qui me définit le plus, c'est quelque chose que j'essaye de travailler, c'est la spontanéité. J'ai un cerveau, on va dire, qui est assez… J'ai une idée qui sort, je la mets en place, je n'attends pas. Donc, les organisations, elles changent souvent. Les projets, les directions, c'est des choses qui changent souvent. Donc, il faut avoir une grande capacité d'adaptation, je pense, pour travailler avec moi. Mais voilà, en gros, le truc qui me définit le plus, c'est que je crée au gré de ce que j'ai envie, de ce que je vois, de ce qui m'inspire. Et je ne suis pas dans un truc rigide, dans des cases ou avec des process, etc. C'est une façon de faire qui est beaucoup plus spontanée, qui peut paraître désorganisée d'extérieur, mais qui ne l'est pas tant que ça. Mais qui aujourd'hui, je trouve, paye dans notre développement, donc on continue. Mais voilà, c'est vraiment le truc majoritaire, mais sûrement aussi parce que je ne suis pas chef d'entreprise à la base. Donc, je fais comme je pense que ça doit se faire. Et tant que ça fonctionne, je continue. Mais voilà.
- Speaker #0
Et dans les cotons de Romane, la croissance s'est faite quand même rapidement. On était donc en pré-Covid, Covid derrière, etc. Qu'est-ce que tu retiens de cette première aventure entrepreneuriale sur les cotons de Romane ?
- Speaker #1
Clairement, ça m'a complètement forgé un caractère. J'étais quelqu'un de quand même très anxieux, etc. avant. très peureuse, très conforme aussi pour beaucoup de choses. Et ça m'a permis de voir qu'en fait, le diplôme, ce qu'on sait à un instant T ne va pas te définir. Ça ne t'empêche pas d'être quelqu'un d'autre, d'apprendre d'autres choses, d'aller vers d'autres projets, de changer aussi des traits de ta personnalité, ou de les mettre en avant, de les redécouvrir. Mais je pense que ça m'a donné vachement confiance en moi. Et ça m'a appris énormément d'autonomie. Parce que l'entrepreneuriat, c'est de la gestion de problèmes quotidiens. En fait, c'est beaucoup de galères. Il y a plein de trucs cools, etc. Mais en fait, c'est beaucoup de résolution de problèmes. Et je trouve que ça apprend à se démerder, à débrouillard, etc. Et ça te donne des clés après pour reproduire ça dans plein de choses de ta vie, perso ou pro. C'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Il y a eu des moments clés, des moments charnières, des moments où tu as eu des switches comme ça, des bons avant. Où ça a ouvert justement le champ des possibles.
- Speaker #1
Il y en a eu plusieurs. Le premier, ça a été le Covid. En fait, il y a eu l'histoire de la production des masques et soit il fallait prendre le coche, soit tu passais à côté. Et nous, on l'a pris un peu tard même, mais on l'a pris quand même. Mais ça a été une période de 6h, 23h non-stop où le chiffre a complètement explosé. Moi, je n'étais pas du tout habituée à ça. Donc, énormément de stress, etc. Mais après, ça nous a aidé dans la suite. Mais oui, il y a eu le Covid. le Covid, il y a eu nos déménagements aussi parce qu'on bossait depuis chez nous. Nos premiers employés bossaient chez nous. On a pris un premier local en location qui a duré six mois parce qu'en fait, la croissance s'explosait, c'était trop petit. Et après, on a acheté notre propre bâtiment qui fait quand même 700 mètres carrés. On a investi plus d'un million d'euros. Donc ça, ça a été une énorme étape parce qu'une énorme prise de risque aussi qui était nécessaire. Mais il y a eu plein d'événements comme ça qui me marqueront à tout jamais, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on se dit dans ces cas-là, justement, sur des prises de décisions très stratégiques comme ça, quand on n'a pas baigné là-dedans, qu'on ne vient pas du tout de ce milieu-là ? Quelles ressources tu as activées pour passer ces gaps ?
- Speaker #1
Ma principale ressource, quand même, c'est que j'ai Johan, qui a été mon partenaire dans la vie, qui est le papa de mes enfants et qui est le co-gérant de la première entreprise. Et à l'inverse de ma personnalité un peu plus, on va dire, désorganisée, lui, il a une personnalité beaucoup plus cadrée. donc là où moi j'apporte de la créativité lui il va apporter de la structure et il a toujours la tête froide donc en fait dès qu'il y a des grandes décisions à prendre évidemment on les prend à deux mais même pour Casa Castille je vais le consulter parce que je sais que les décisions elles vont être réfléchies je pense que la première ressource c'est de faire appel à d'autres mais même à mes parents on a toujours demandé conseil autour de nous on s'est toujours entouré parce que c'est des décisions qui sont très importantes, ce sont des prises de risques pour nos vies à nous, mais aussi pour nos salariés qui dépendent de cette activité. Et en fait, le premier truc le plus important, je trouve, c'est de demander conseil partout. Mais même des gens, enfin moi, mes parents ne sont pas du tout là-dedans, mais pour autant, ils sont les premiers à nous conseiller et nous appuyer parce qu'ils ont une forme de sagesse, d'expérience de la vie, etc. Et ça, c'est très important pour prendre ces décisions.
- Speaker #0
Et justement, ton entourage, ils ont eu quelle vision sur tout ce que tu as construit, les étapes par lesquelles tu es passée ?
- Speaker #1
Au début, ils avaient un peu peur, très honnêtement, parce que je pense que le métier d'infirmière est très rassurant. C'est un métier sous tension. C'est un métier qui est valorisant parce qu'on aide les autres. Il y a un côté un peu que les gens aiment bien. Souvent, on apprécie bien les infirmières. Donc au début, ils ont eu très peur. Et puis après, petit à petit, ils ont vu que ça fonctionnait, que c'était solide. Ils m'ont vu aussi évoluer, je pense, en termes d'épanouissement. Et aujourd'hui, ils ne me verraient pas faire autre chose. Elle me dit que c'est impressionnant la façon dont tu gères toutes ces choses avec autant de calme, etc. Alors que pourtant, quand j'étais infirmière, j'étais paniquée à l'idée d'injecter quoi que ce soit. À l'inverse, je n'avais pas du tout ce calme-là. Mais je pense que c'était le métier qui ne me correspondait pas. Pas surtout parce que je n'étais pas beaucoup à l'hôpital, mais je n'avais pas la même confiance et épanouissement perso et pro.
- Speaker #0
Et c'est quoi qui te met en énergie ? C'est quoi qui te fait kiffer ? où justement ça donne du carburant, de l'élan. pour avoir la vision d'après, l'idée ? C'est quoi les conditions pour la Romane dirigeante, la Romane qui va créer, qui va aller encore plus loin ?
- Speaker #1
Les conditions, je ne sais pas. En fait, je n'ai pas forcément volonté d'aller encore plus loin. En fait, moi, je ne rêve pas d'être riche ou d'avoir, par exemple, les entreprises au niveau où elles sont aujourd'hui, au niveau de chiffre d'affaires, de développement. Je n'ai pas forcément envie qu'il y ait beaucoup plus. Moi, ce qui me motive aujourd'hui, c'est qu'on garde ce cadre de travail. qui est serein pour tout le monde, qui est familial. Alors, je sais qu'il y en a qui n'aiment pas trop qu'on dise ça, qu'on est dans une ambiance familiale, mais clairement, c'est le cas. Voilà, c'est plus ça qui me motive. Par contre, rien qu'aujourd'hui, pour maintenir ce cadre-là, pour maintenir cette croissance ou au moins ne pas baisser, ça demande d'être toujours en veille, de toujours regarder tout ce qui est tendance, etc., de toujours s'intéresser à tout. Donc, il faut être vraiment très, très curieux, je trouve, si on ne veut pas se perdre, se remettre en question. Ça, c'est très difficile, mais en fait... C'est essentiel parce qu'on ne sait pas tout, que des fois, on est la tête butée dans un truc et le temps a déjà évolué. Ça bouge tellement vite, notamment quand on a des entreprises qui dépendent des réseaux sociaux. Il faut constamment se remettre en question, parfois déléguer, parce qu'il y a des gens qui font beaucoup mieux que nous certaines choses qu'on imaginait bien faire. Voilà la façon dont je procède pour continuer comme ça.
- Speaker #0
On en a parlé, tu as monté une deuxième entreprise, dans un contexte quand même... assez instable. Ça peut être vraiment des freins pour pas mal de gens finalement, tu vois, de se lancer, de se faire confiance et d'y aller. Comment ça s'est passé pour toi la naissance de cette deuxième entreprise ?
- Speaker #1
Alors, dès que ça a des réseaux sociaux, je pense que tout le monde a vu un peu comme une espèce de deuxième success story trop bien incroyable parce qu'en fait, ça a pris... Moi, j'avais des prévisions de chiffre d'affaires de 10 000 euros par mois au bout de trois mois. Donc, je n'avais pas des grosses prévisions et en fait, on a fait sur une... première année, on a fait 1,4 million. Donc, vraiment rien à voir avec ces prix énormes de claques. Mais en réalité, pour être honnête, la naissance de Kazakastie, ça a été une période où j'ai coulé complètement mentalement parce que je l'ai lancé justement presque sans réfléchir, pas sur un coup de tête parce que ça fait longtemps que ça me trottait, mais je savais que ce n'était pas le bon moment. Mais je me disais, vas-y, fais-le, tu es capable, pousse encore un peu, alors qu'en fait, j'étais déjà surmenée par l'autre activité. Donc, je l'ai lancé, ça a explosé. super, mais moi, en fait, j'ai coulé intérieurement de fatigue, de surmenage. En fait, il y a eu, aujourd'hui, je le dis, il y a eu un burn-out qui a duré plusieurs mois, donc ça m'a demandé beaucoup de remise en question, etc. Donc, ça reste un souvenir positif parce que ça a été incroyable, en fait, les mois qui sont passés. Mais à côté de ça, il faut aussi comprendre que, super, j'avais des centaines de commandes, mais par contre, je ne dormais plus la nuit. Enfin, j'étais en mode pas forcément stressée, parce que du coup, je n'étais pas stressée que ça ne marche pas, mais j'étais excitée, en fait, surstimulée par le nombre de sollicitations, de messages. En plus, j'étais toute seule. Même si j'ai des gens, des cotons qui vont me donner des coups de main, etc., je l'ai lancé sans filet de sécurité. Je ne me suis pas rendue compte du truc. Et après, il fallait assumer les conséquences. Et en fait, ça a été difficile. Aujourd'hui, c'est stabilisé. C'est une super expérience, mais ça m'apprendra qu'il ne faut pas le faire. De toute façon, il faut attendre, réfléchir un peu, prévoir tous les plans, si ça marche, si ça ne marche pas, comment on fait.
- Speaker #0
plus prévu éventuellement que ça marche tranquille que plutôt un succès ?
- Speaker #1
Je savais que ce ne serait pas un bide parce que j'avais, avant de lancer Kazakasi, je m'étais dit, il faut que je crée une communauté personnelle sur les réseaux sociaux, dans l'influence et dans la niche de la mode, parce que je me suis dit, comme ça, je ne partirais pas de zéro. J'aurais déjà des personnes qui me suivent pour comment je m'habille, tout ça. Mais je ne pensais pas, non, je suis sûre que je ne pensais pas du tout à ce point-là. Et en fait, ce que je n'ai pas mesuré, c'est que j'avais déjà, je pense, une image Merci. plus ou moins connu sur les réseaux sociaux du fait des cotons. Donc, ça facilite énormément. Et c'est pareil, j'avais déjà du réseau. En fait, j'avais déjà des contacts pour des ventes privées, etc. Donc, tout ça, je ne l'avais pas forcément pris en compte. Je ne m'étais pas dit que ça se ferait aussi facilement. Finalement, oui, ça a grandi vite.
- Speaker #0
Tu avais déjà la confiance. Les gens te connaissaient déjà, savaient comment tu travaillais, ce que tu proposais. Et oui, c'est ça, les gens ont confiance en toi, en ce que tu peux proposer. Maintenant, tu es bien installé, tu as communiqué sur des belles valeurs. Donc, effectivement, on ne se pose pas du tout de questions sur ta crédibilité. et ce que tu peux proposer, tes projets. Il y a quelque chose de sain, de très stable.
- Speaker #1
J'espère. En tout cas, c'est ce que j'essaye de transmettre.
- Speaker #0
Comment tu as traversé ces mois de balade ? Quelle stratégie tu as adoptée ? Est-ce que tu as pris soin de toi ? Tu as baissé le rythme ? Comment tu as géré ces deux pans assez paradoxales de ta vie professionnelle à ce moment-là, entre toi, où tu étais donc dure, et ton entreprise qui, paradoxalement, était autre ?
- Speaker #1
Comment je l'ai géré ? Je l'ai géré difficilement. Le premier truc, c'est que je suis entrée en thérapie, tout simplement. Aussi pour essayer de comprendre pourquoi. Il y avait toujours besoin parce qu'il y a eu l'entreprise des cotons. Quand ça s'est accalmé un peu, j'ai lancé l'influence qui m'a demandé encore du travail. Quand j'ai réussi à gérer les deux, j'ai lancé Casa Casti. Il y a toujours un peu volonté quand même d'être dans du lancement de projet, etc. Par contre, je vais jusqu'au bout, je ne les aborde pas du jour au lendemain, mais il y a toujours quand même volonté de faire toujours plus. Donc, il fallait aller chercher pourquoi, en fait, aussi pour pas que ça se reproduise. Et puis, tout simplement, je n'ai pas eu le choix. Alors, évidemment, je ne me suis pas mise en arrêt parce que ce n'est pas possible. Aujourd'hui, malheureusement, c'est impossible. Mais j'ai largement levé le pied. Je bossais 60 heures par semaine. Maintenant, j'en bosse 45. Et encore, même il y a des semaines où c'est moins, il y a des semaines où c'est un peu plus. Mais en moyenne, je bosse 45 heures. Donc, j'ai levé le pied. J'ai délégué. J'ai embauché beaucoup plus vite parce que les cotons, j'ai eu beaucoup de mal à déléguer. Ça a été un gros sujet entre Johan et moi. Parce que je ne voulais jamais rien déléguer. C'était vraiment mon angoisse. Alors que Casa Casti, au bout de quatre mois, j'ai pris quelqu'un en contrat à temps plein. Six mois après, une deuxième personne. En fait, je n'ai pas eu le choix. J'ai délégué beaucoup plus vite. Et ça s'est très, très bien passé. Et c'est ça aussi qui a permis de continuer la croissance et que moi, je remonte de mon côté tranquillement, que je fasse mon petit travail sur moi-même, etc.
- Speaker #0
Et ça a changé justement ton rapport au travail ?
- Speaker #1
Oui, complètement. En fait, je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup de choses que je faisais qui ne me permettaient pas de générer plus de chiffre d'affaires. Alors là, je n'ai pas d'exemple en tête là précisément, mais je pense que je faisais beaucoup de choses, beaucoup d'heures, alors que je peux être autant efficace en faisant moins d'heures, juste en améliorant l'organisation, en délégant. Évidemment, il faut faire un petit peu de chiffre d'affaires pour déléguer, mais je me suis rendue compte que je n'étais pas du tout indispensable pour plein de choses et qu'il n'y avait pas lieu que ce soit moi qui fasse tout ça. travail là ou qu'il soit toujours là, en fait, ça n'allait rien changer qu'on arrête certaines choses ou que ce ne soit plus moi qui le fasse, quoi.
- Speaker #0
C'est donc moins, mais mieux, quoi.
- Speaker #1
Ouais, complètement. Et puis que j'ai d'autres... Maintenant, j'ai d'autres priorités dans ma vie. Et je pense qu'il y a eu une saturation aussi parce que, du coup, comme je te disais, j'ai cumulé pendant trois ans les cotons et le travail de péricultrice. Donc, en fait, ça faisait des années que je bossais entre 50 et 60 heures. Donc, il y a eu une espèce de... Je pense que j'ai atteint mon point de non-retour. Et une fois qu'il est atteint, on n'arrive plus à y retourner. Là, par exemple, quand je sens qu'il y a trop de travail qui arrive, déjà, ça va me stresser. Je sens que je n'ai pas envie d'y retourner. Je n'ai pas envie de retourner dans ce truc d'angoisse, etc., de ne pas dormir, de machin. C'est déjà compliqué de s'en sortir. Donc, voilà. Du coup, beaucoup plus rapidement, je vais mettre des choses en place pour que le travail ne soit pas mon refuge, parce que ça a longtemps été ça. Alors, en fait, il y a plein de choses cool dans la vie qui peuvent t'occuper l'esprit et te faire du bien. Donc, oui, complètement. Bon,
- Speaker #0
du coup, tu es maman ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comment ça se passe, entrepreneurs, projets, maman, comment tout ça s'imbrique ?
- Speaker #1
Je dirais qu'aujourd'hui, en fait, on est extrêmement chanceux. Maintenant qu'on a trouvé l'équilibre, évidemment, parce que ça a été des années où on a trimé avant. Mais aujourd'hui, on a la chance d'avoir une vie sur mesure avec nos enfants. Donc, ils ont une maman qui est disponible, qui va les chercher tous les jours à 16h30, qui les emmène tous les matins à l'école. Ils ne sont jamais gardés. un peu pendant les vacances tout ça mais voilà ça reste à la marge et ils ont des parents qui sont là de 16h30 jusqu'au coucher dispo pour eux si on doit travailler on rebosse après mais je dirais qu'on a énormément de chance d'avoir pu adapter comme ça ce mode de vie s'ils sont malades on n'est pas stressé on se dit bon bah on va se débrouiller on peut les prendre et machin donc on a aujourd'hui cette chance après ça a été des années avant de travail et voilà j'ai déjà dit j'ai pris aucun congé mater enfin Il y a eu des périodes beaucoup plus sombres, en fait, dans ma façon d'être maman, dans la parentalité. Mais aujourd'hui, j'estime que ça s'imbrique. Ce n'est pas toujours facile, mais j'ai de la chance, oui.
- Speaker #0
Une chance que tu as construit petit à petit. Après quelques déboires, tu as pu trouver un équilibre. Et enfin, on peut dire pour le coup.
- Speaker #1
Ah bah oui, mais maintenant, il commence à être grand. Donc, je comprends un peu moins. Maintenant, je me dis, mes autres bébés, c'est mes entreprises. En fait, c'est sûr que voilà. Et puis même moi, en fait, je pensais qu'à mes enfants. Mais je pense que l'entrepreneuriat, ça m'a permis d'être autre chose que maman. D'avoir d'autres projets, d'autres ambitions. Et en fait, c'est important même pour eux. Je leur transmets ça, c'est très important.
- Speaker #0
Donc, cet équilibre-là que tu as créé, est-ce que maintenant, tu as identifié des indicateurs, tu vois, un peu des signaux d'alerte, justement, pour pouvoir maintenir cet équilibre que tu as réussi à construire ?
- Speaker #1
C'est toujours un peu compliqué parce qu'en fait, c'est toujours une histoire un peu de curseur. Concrètement, nous, par exemple, on essaye de… Tu parlais de mon équipe de personnel ou l'équipe de notre entreprise ?
- Speaker #0
Ton équilibre à toi en tant que femme entrepreneur et aussi ton entreprise. Mais tu vois à quel moment tu peux te dire, là, ça, c'est un indicateur qu'il faut que je fasse attention, que là, c'est peut-être too much. Il faut peut-être que je délègue, il faut que je réfléchisse à une autre organisation.
- Speaker #1
Concrètement, je pense que mon corps a la mémoire des signes du burn-out. Donc notamment, je peux le dire, des crises d'angoisse alors que je n'en ai jamais eu de ma vie. En fait, je ne savais même pas ce que c'était. Les premières que j'ai faites, je me suis dit, qu'est-ce qui se passe ? Je me suis dit, il y a peut-être un virus en gros. que pas du tout, c'était une crise d'angoisse. Maintenant, dès que je commence à sentir que ça me sert, des sensations comme ça qui sont désagréables dans le corps, je vais beaucoup plus écouter mon corps. Sommeil aussi, alors j'ai encore des troubles du sommeil, mais dès que je vois que je suis trop excitée pour dormir, parce que c'est vraiment pas un stress que ça marche pas, parce que si ça marche pas, j'aurai un stress différent encore. Mais c'est la surstimulation, en fait, de voir quand la croissance est trop rapide, quand les gens te sollicitent énormément. que ce soit ici ou sur les réseaux sociaux. C'est vraiment de la surstimulation. Dans ces cas-là, je coupe beaucoup plus facilement ce que je ne faisais pas avant. Je suis beaucoup moins sur mon tel, etc. Aussi, pour m'éviter ça, dès que je sens que ça commence à être trop, je coupe et je délègue. Et pareil, dès que je n'arrive pas à être concentrée sur le reste de ma vie. Si je me rends compte que mes enfants me parlent, qu'en fait, je n'écoute pas parce que je pense à des trucs qui me stressent, c'est qu'il y a un souci. Alors, ça m'arrive quand même. C'est très difficile de... peut-être toujours focus, etc. Mais c'est normal que je ne sois pas toujours concentrée sur... Enfin, voilà, aussi parce que c'est un travail où tu ne coupes pas à 100%. Tu n'es jamais vraiment un week-end, donc évidemment que je ne peux pas être 100% focus sur le reste. Mais dès que je sens que ça prend une place trop importante, qu'il ne me convient pas ou que mes enfants me le renvoient, ça, ça fait partie des signes, tu vois, où je me dis stop, tu te calmes. Oui,
- Speaker #0
donc c'est vraiment une sorte d'énergie qui est un peu trop haute et de place, quoi. prendre dans ta vie à toi. Ouais,
- Speaker #1
ouais, ouais.
- Speaker #0
C'est quoi que tu voudrais préserver coûte que coûte dans ta vie professionnelle ?
- Speaker #1
Franchement, c'est... Je pense qu'il y en a plein qui rêveraient de leur croissance, de machin. Moi, ce que je rêve, c'est qu'on puisse continuer à pouvoir payer toutes nos charges, parce qu'aujourd'hui, on a énormément de charges, tout en proposant la même qualité, on va dire, de travail pour nos salariés, parce que c'est ça que je trouve le plus important, en fait, c'est qu'on puisse... tous y trouver de l'épanouissement, que tout le monde soit content de venir travailler dans nos locaux, que tout le monde soit content de faire ses missions. Et si ce n'est pas le cas, on va être obligés de le remettre en question et de comprendre quels ajustements on doit faire. Mais voilà, moi, je n'ai pas d'ambition, comme je te disais, de surcroissance. Mon ambition, c'est que cet équilibre puisse durer pour tout le monde. Et ça, c'est vraiment le plus important, que tout le monde s'y retrouve.
- Speaker #0
Et comment tu fais pour préserver ça dans l'équipe ? C'est au quotidien ? Est-ce qu'il y a des temps forts ? Comment tu arrives à justement préserver ça et faire en sorte que ce soit le cas ?
- Speaker #1
Notre façon de manager, Yohann et moi, à la différence de ce qu'on a connu, c'est qu'il y a beaucoup moins cette hiérarchie de chef et employé. Les filles, je ne pense pas qu'elles se disent « Ah, ça, c'est ma patronne » . Voilà, c'est... Des fois, elle me dit ça en rigolant. En fait, c'est pour me tacler parce qu'évidemment qu'on n'a pas ce rapport-là. Donc, en fait, on est dans une liberté de parole déjà qui est, je pense, très différente de plein d'autres entreprises. Alors, peut-être parce qu'on est aussi une petite équipe. Sûrement que si on était 30, ce serait différent. Mais voilà, les filles, elles sont, je pense, en toute confiance pour amener des choses au travail. On ne leur dira jamais vos problèmes, ils doivent rester à la maison. Et puis, il y a aussi le fait qu'il y a une grande confiance. En fait, il n'y a pas de contrôle chez nous. On ne sait pas les heures qu'elles font. Elles choisissent leurs heures de travail, leurs jours de travail. Des fois, il y en a une qui part en télétravail. Personne ne nous demande notre avis sur...
- Speaker #0
Elles ont des tâches à faire. Je dis elles parce qu'on n'a que des filles. Mais elles ont des tâches à faire. Elles choisissent comment elles gèrent pour les faire en fonction de leurs priorités perso aussi, de leurs enfants, de leur convoi, de machin. Et ça, je trouve que c'est très important pour garder l'équilibre. Elles ont confiance en nous, mais elles savent qu'on a vraiment confiance en elles et qu'on n'a pas besoin de vérifier leurs compétences, de vérifier les heures qu'elles ont faites. Il n'y a pas de sujet là-dessus.
- Speaker #1
C'est vraiment une collaboration.
- Speaker #0
Oui, voilà. Et on estime qu'elle nous apporte que de toute façon, sans nos salariés, il ne se passerait rien du tout. On est très content qu'elles fassent aussi bien leur travail. Et on a aussi clairement remarqué que plus on leur donne de l'autonomie, de la liberté et de la confiance, et plus ils nous le rendent. Dès qu'il y a une période de rush, ce sont les premières à rester, à s'adapter, à essayer de modifier leur emploi du temps perso, etc. Donc, c'est super cool. cool que ça puisse fonctionner comme ça.
- Speaker #1
Pour revenir à Casa Casti, c'est une entreprise de mode. Comment tu choisis tes articles ? Quels sont tes critères pour choisir ce que tu vas vendre sur Casa Casti ?
- Speaker #0
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à la base, Casa Casti, mon ambition première, c'était que ce soit mes créations à moi. Quand ça s'est lancé, le premier jour du lancement, il n'y avait que mes créations.
- Speaker #1
C'est des gilets ? Oui, je me rappelle.
- Speaker #0
J'avais fait des gilets matelassés, des gilets bergers, des chouchous, mais là encore, je pensais faire quelques commandes. Je n'avais pas étayé ma gamme et je ne me rendais pas du tout compte. Mon objectif, c'était d'arriver au bout de deux ans à peu près à 50% de mes créations, 50% de revente. Ça voulait dire, si tu as 500 articles au bout de deux ans, 250 références de mes créations. Et puis, très honnêtement, je me suis fait complètement dépasser. vraiment dépassé par la demande. En plus, on n'avait pas encore notre machine de découpe, donc c'était moi qui faisais toute la découpe. Au début, j'avais cousu une grosse partie des modèles avec une autre couturière. C'était une énorme galère. Ce n'est pas que j'ai laissé tomber ce projet, c'est que je me suis dit, là, de toute façon, tu es trop tard. J'étais dans un espèce de tunnel. La priorité, ce n'était pas de faire un truc éthique ou quoi, c'était juste que je m'en sorte et que je ne me fasse pas complètement bouffer par mes... par mes exigences, que ce soit mes créations et machin. Donc en gros, je me suis dit, non, je vais accentuer la revente parce qu'il n'y a pas le choix. Je voulais reproduire le modèle des cotons de Roman, mais en fait, ce n'est pas du tout si simple de faire la même entreprise version vêtements. Ça demande beaucoup de savoir-faire, etc. Donc là-dessus, je me suis rendu compte de mes erreurs, on va dire. Donc on a commencé la revente, etc. Et j'ai rencontré plein de fournisseurs. Alors malheureusement, dans la mode, il y a, je dirais, 80-90% de fournisseurs. où ça vient d'Asie. Et il y a peut-être 10-20% de fournisseurs européens. Ça, c'est un constat que tu fais assez rapidement quand tu commences à chercher des revendeurs. Donc, je me suis dit tout de suite que soit en gros, ça allait être beaucoup plus compliqué, soit il allait falloir que je m'assoie sur certains de mes principes en tout cas que j'avais, ou que j'essaye en tout cas de les ajuster. Donc, on a cherché des fournisseurs qui étaient... OK, c'était fait en Asie, mais qui étaient audités, qui étaient dans des ateliers certifiés. Et tout en parallèle, le projet, c'était d'augmenter un maximum de références européennes, voire françaises. Donc aujourd'hui, on a, je ne sais pas c'est quoi le ratio. Dernièrement, il faudrait que je regarde les derniers chiffres, mais je pense qu'on a peut-être 30%, 20-30% de références européennes. Italie, Portugal, France, etc. Et peut-être 70% de références en Asie. J'espère que ça pourra augmenter sur le long terme. Mais voilà, c'est beaucoup. plus difficile d'aller vers quelque chose de production 100% éthique par rapport à d'autres secteurs d'activité, je pense.
- Speaker #1
Par rapport Ausha sur l'esthétique, tu fais en fonction de tes goûts, des tendances ?
- Speaker #0
En fait, le problème, c'est que j'ai reproduit la « m'erreur » , je ne sais pas si c'est une erreur que sur les cotons, mais c'est que Casa Castillo, pour l'instant, dépend quand même grandement de mon image, même si j'ai intégré d'autres visages. Je ne prends que des choses que je pourrais porter moi-même. parce que je pense aussi que les gens achètent que ça a eu ce succès-là parce que les gens suivaient déjà comment je m'habillais, etc. Donc logiquement, je ne vais pas aller référencer des trucs qui ne me plaisent pas. Et aussi parce que je suis convaincue que plus tu aimes quelque chose, plus tu es sincère dans ce que tu vends, mieux tu vas le vendre forcément. Je ne me serais pas mise à vendre des armes, des choses avec lesquelles je ne suis pas en accord. Pour les fringues, c'est pareil, je ne vais pas vendre des trucs que je ne porterai jamais. Donc voilà, j'essaye de proposer des pièces intemporelles dont je ne me lasserai pas. et que je pourrais porter plusieurs années
- Speaker #1
Donc là, projet plutôt de pérenniser tout ça, de garder cet équilibre que tu as construit, de profiter avec ton équipe. On a bien compris que tu étais super bien entourée et que ça faisait partie de ton équilibre et d'une sérénité de travail et qui correspondent, code du moment, à ce que recherchent aussi les gens maintenant, je pense, dans leur vision du travail, que ça puisse apporter effectivement le maximum d'épanouissement possible.
- Speaker #0
Et tant mieux que les gens maintenant aient des exigences et recherchent ça, parce que c'est ce qui était avant qui n'était pas normal.
- Speaker #1
De quoi tu es plus fière dans ton parcours depuis le début de ta vie professionnelle ? Quand tu regardes en arrière, de quoi tu es plus fière ?
- Speaker #0
Ce que je dirais d'être la plus fière, c'est que je ne me suis jamais déconnectée de ma réalité. On a quand même eu des entreprises qui ont poussé très vite. on ne s'est jamais non plus versé des salaires mirobolants au détriment des autres on s'est toujours dit qu'on garderait une vie normale avec malgré tout des plus... bien sûr qu'on a une meilleure vie que ce qu'on avait avant mais je me suis toujours dit que l'essentiel était quand même dans ce qu'on vivait à côté, au quotidien et on ne s'est jamais déconnecté de ça on n'aurait pas renié nos valeurs on n'aurait pas fait des choses qui ne nous conviennent pas pour gagner plus, pour faire plus de croissance, etc. J'ai jamais eu envie, en tout cas, de chercher l'alignement, en fait, puisque la richesse la réussit trop, ou je ne sais quoi, en fait. Je trouve que c'est cool parce que c'est très tentant et qu'on aurait pu, plein de fois, faire des choix qui ne seraient pas alignés avec nos valeurs, mais qui nous apporteraient plus sur d'autres aspects, mais on n'a jamais lâché là-dessus.
- Speaker #1
Oui, donc ça a été ton socle, quoi, pour garder une direction authentique.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
On parlait de la petite Romane au début de l'interview, qui voulait pouponner. Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire, si tu la voyais, de ce que va être sa vie d'adulte au travail ?
- Speaker #0
Je lui dirais, aie confiance. Aie confiance. Tu finiras par trouver ta personnalité, ta voix, et tu es capable. C'est ça qui est le plus difficile de se le dire. C'est qu'on est capable, on a des ressources. et voilà Le plus dur, c'est de s'en rendre compte et d'en avoir conscience.
- Speaker #1
Et pour terminer, aux personnes qui nous écoutent, qu'est-ce que tu aimerais transmettre de tes aventures professionnelles, des conseils qui te sont propres, qui restent ta réalité, mais quels conseils tu voudrais donner pour que les gens se sentent bien au travail, puissent avoir une vie professionnelle épanouie et alignée ?
- Speaker #0
Moi, ce que je dirais, c'est qu'il ne faut pas avoir peur du changement, de sortir de sa zone de confort, parce que finalement, Merci. ce qui est le plus difficile, ce n'est pas de sortir de sa zone de confort, c'est de rester dans quelque chose qui est inconfortable. Et moi, j'ai longtemps cru que ça me sécurisait et que la prise de risque allait être encore plus inconfortable, mais pas forcément parce que plus tu sors de ta zone de confort, plus tu vas passer des étapes qui vont te permettre en fait de prendre des risques, de prendre confiance en toi, etc. Si dans son travail, il y a une forme d'inconfort, c'est qu'il faut en sortir et que ce sera très inconfortable de mettre les choses en place pour en sortir, mais... Toujours moins inconfortable que rester toute sa vie dans cette situation.
- Speaker #1
Je trouve ça hyper intéressant ce que tu dis par rapport au fait que plus tu sors de ta zone de confort, et plus tu gagnes en confiance en toi finalement, et plus tu vas vers l'alignement.
- Speaker #0
Complètement. C'est important dans le travail, mais ce que les personnes acquièrent justement en sortant de leur zone de confort au travail, c'est des choses qui se reproduisent dans plein de domaines de la vie. Et moi, je vois, ça m'a vachement appris. mais même avec mes enfants, enfin, dans plein de choses, en fait, parce que c'est des espèces de, je ne sais plus comment on dit en anglais, là, mais des espèces de compétences de savoir-être, en fait, qui sont très, très importantes et qui aident vraiment, ouais, dans plein de choses. Donc, c'est top, il ne faut pas avoir peur, il faut essayer, quoi.
- Speaker #1
Il faut essayer.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, un grand merci pour ton partage, c'était hyper inspirant de voir par quelles étapes tu es passée, de voir que ce n'est pas toujours simple, qu'on peut réussir, que du coup, ce n'est pas linéaire aussi, une transition professionnelle, ce n'est pas linéaire une vie professionnelle, que tout passe aussi, qu'on est capable.
- Speaker #0
Tout passe, c'est sûr. Et que rien n'est figé, en fait.
- Speaker #1
Un grand merci, Romane. On te souhaite plein de bonheur d'être toujours aussi alignée, de réussir à maintenir ton équilibre professionnel. C'est chouette de voir ce que tu as pu construire. Et puis, je te le disais avant l'interview, mais du coup, de façon très saine et très simple et très lucide aussi. Un grand merci pour ton partage.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci d'avoir pris le temps d'écouter cet épisode de Junko. J'espère qu'il vous aura apporté des pistes pour avancer dans vos réflexions et dans vos projets professionnels. Pour en savoir plus sur mes accompagnements ou me poser vos questions, rendez-vous sur mon site internet où vous trouverez tous mes contacts ou sur mon compte Instagram. Les liens se trouvent dans le descriptif de l'épisode. Et n'oubliez pas, chaque petit pas compte. Oser explorer, questionner et agir, c'est déjà avancer sur le chemin d'une carrière alignée avec vous-même. Prenez soin de vous et de vos projets professionnels et rendez-vous. très bientôt pour un nouvel épisode de TuneCo.