- Speaker #0
Bienvenue dans un nouvel épisode de KOPS Keep Our Planet Safe, le podcast qui reconnecte. J'ai envie de commencer cet épisode aujourd'hui en vous posant une petite question. À quel moment de votre vie, dans une journée par exemple, est-ce que vous vous sentez le plus en paix ? Mettez en commentaire votre petite réponse et on se fera un plaisir de répondre avec mon invité du jour. Alors aujourd'hui, je suis très heureuse de te retrouver Caroline. pour le plus doux des podcasts, pour parler de paix intérieure, pour parler de philosophie de vie, de mindfulness, de méditation. Parce que le but du podcast, c'est d'aborder des sujets très profonds, comme on en parlait en backstage, et aussi d'apporter des outils pour toutes celles et ceux qui nous écoutent. Déjà, merci d'avoir pris le temps de venir.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Alors, ma première petite question, comment est-ce que tu vas ?
- Speaker #1
Comment est-ce que je vais ? Écoute, moi j'aime bien réfléchir à cette question en intégrant finalement toutes les parts de mon être. J'ai un ami avec qui j'anime des sessions de méditation qui parlent de nos êtres comme des espaces corps-cœur-esprit. Alors je vais te répondre avec les trois dimensions. Au niveau du cœur, je suis vraiment joyeuse à l'idée d'être ici avec toi et j'ai aussi en même temps mon cœur qui est plein de compassion. pour toutes les personnes en ce moment qui vivent des situations dramatiques. Au niveau du corps, j'ai des petites courbatures de mon cours de yoga d'hier. Et puis, j'ai quelques petites douleurs. Je vais chez l'ostéo tout à l'heure, ça va faire du bien. Et puis, au niveau de l'esprit, au niveau du mental, je suis pleine d'enthousiasme à l'idée de partager. Et merci pour ce cadeau. Et en même temps, je suis focus.
- Speaker #0
Merci beaucoup, remercie encore de tout le temps que tu prends et quelle belle réponse. Je vais ressortir ça quand quelqu'un va me demander comment tu vas. Je pose toujours aussi une autre question à mon invité. J'aimerais que tu te présentes sans citer ton nom, ton âge ni ton métier.
- Speaker #1
Ok. Alors. Comme je suis dans le domaine de la méditation, c'est un exercice, alors pas cet exercice en tant que tel, mais le fait de décoller les étiquettes, on va dire. C'est quelque chose qui me parle beaucoup. J'anime notamment un groupe de méditation avec des mères. Et c'est un espace qui s'appelle Maman Cercle. Et on dit toujours qu'on est là, mais justement, sans toutes les étiquettes. On n'est justement pas là en tant que mère. On n'est pas là parce qu'on ne sait même pas finalement qui fait quoi, quel est son métier, etc. Je trouve que c'est super comme manière. Du coup, je vais te répondre. Je crois que je suis une passionnée. Je dis souvent que je suis méditante, militante. On en parlera sans doute. Le sujet, ça va être la méditation. J'ai vraiment à cœur de tisser des liens. On a déjà parlé en backstage de plein de liens qu'on pouvait faire dans toutes nos aventures. Tisser des liens entre les projets qui font sens, aussi tisser des liens entre les humains que j'aime. qui se bouge pour rendre ce monde plus juste et plus vivable pour toutes et tous.
- Speaker #0
C'est exactement le but du podcast, c'est de se reconnecter à soi, aux autres vivants, donc de créer du lien et d'impacter positivement. Merci beaucoup. Si on va un peu plus dans le détail, tu es à l'origine de ce collectif qui s'appelle Maman Cercle. Tu es aussi à l'origine avec ton époux des journées émergences et du collectif émergences qui propose tout un tas de conférences, de services. Voilà, philosophique, méditatif, etc. aussi. Tu as fait sciences politiques.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu dis que tu es une infatigable militante à l'enthousiasme contagieux. On avait dit, je suis un petit peu malade, donc ne me fais pas trop rire, s'il te plaît. Et tu es aussi instructrice, je vais y arriver, en pleine conscience. J'ai fait une petite introduction sur la paix et j'aimerais... C'est un sujet que j'aimerais vraiment développer avec toi. Et donc, je voulais savoir, c'est quoi pour toi la paix intérieure ? Je vais t'avoir que sur des questions comme ça aujourd'hui. Non mais c'est super,
- Speaker #1
c'est super. J'essaie juste de ne pas tomber dans les clichés, tu vois. Parce qu'en plus, je trouve que de parler de paix intérieure aujourd'hui dans un monde qui est vraiment ravagé par les guerres, ça m'appelle aussi à la prudence. Parfois, dans la méditation, dans les clichés en tout cas sur la méditation, on pourrait croire que c'est faire le vide ou bien penser que tout va bien, etc. évacuer éventuellement les pensées négatives. Donc tout ça, ce n'est pas la méditation, en tout cas pas comme moi je l'envisage et comment je l'enseigne. Par contre, moi, la méditation, justement, puisque je m'identifie un peu à cette étiquette, même si j'enlève les étiquettes, que de méditante, militante, pour moi, la méditation, elle m'aide à trouver la paix face à toute cette colère, toute cette rage, toute cette énergie que j'ai envie de déployer pour justement lutter contre les injustices et les inégalités. Donc, ce n'est pas séparé. Justement, on parle de lien, on a beaucoup parlé déjà de lien. Et pour moi, la paix intérieure, c'est de pouvoir être OK avec un monde que je trouve souvent pas OK. Donc ça commence par un peu ce que j'ai fait tout à l'heure, de voir un peu comment ça va dans le cœur, comment ça va dans la tête, comment ça va dans le corps, c'est quoi mes sensations. Mais l'idée n'est pas d'effacer ce qui me dérange, c'est comment j'inclus tout dans mon expérience, comment je note ce qui est là et comment avec ça... peut aller vers un peu plus de détente.
- Speaker #0
Et justement, tu vois, dans ce monde qui s'effrite un petit peu, qui s'émiette de part et d'autre, même s'il y a du positif, évidemment, on ne va pas... Non,
- Speaker #1
mais c'est aussi tourner le regard, justement.
- Speaker #0
Mais elle vient d'où, ta paix intérieure ? Comment tu... D'où est-ce qu'elle vient ? Elle vient du plus profond de toi ou est-ce que tu la trouves ailleurs, dans les autres, ceux que tu aimes, dans le monde qui t'entoure ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Je pense qu'il y a fondamentalement quelque chose à l'intérieur. Je pense qu'on a toutes et tous, au fond, un endroit dans le corps, un endroit de paix, un endroit de sécurité. Par plein de circonstances de la vie, on s'en éloigne parfois. On n'ose parfois pas trop s'en approcher. Donc l'idée peut-être de la méditation, c'est aussi de trouver ce chemin, trouver ce chemin vers ce lieu en nous qui nous veut du bien. Donc moi, je pense qu'on a toutes et tous ce socle de sécurité, de paix. Et moi, la paix, je la trouve aussi beaucoup dans les liens. Donc, les liens avec les gens que j'aime et avec toutes les communautés. Tu as parlé de collectif en me présentant. Je suis vraiment une femme de tribu, de lien. Et donc, ça donne beaucoup de paix, de confiance.
- Speaker #0
On parlait tout à l'heure en backstage de Victoria Guillaumon, qui fait le podcast Nouvel Oeil, qui m'a beaucoup inspirée d'ailleurs pour faire mon podcast pour La Petite Aparté. Et une des grandes questions de son podcast, c'est quel est ton nom ? C'était quoi ? Qu'est-ce que la vie t'a appris jusqu'à aujourd'hui ? Moi, j'ai un peu transformé la question et je vais te demander quel est ton plus grand apprentissage de vie ou ton dernier en date ?
- Speaker #1
Ok, j'apprends tout le temps, mais indéniablement, je crois qu'un des plus grands apprentissages, ça a été de devenir maman. Et ça ne s'arrête jamais, donc ce n'était pas juste la phase où il y a bientôt 12 ans, j'ai donné naissance à notre fille, mais c'est vraiment un chemin de... Moi, j'aime beaucoup dire qu'élever un enfant, au fait... On entend parfois ce vocable-là, élever un enfant. Moi, je trouve que la maternité m'élève en tant qu'humaine, d'accompagner cet être qui a choisi de nous rejoindre dans la famille. C'est un miroir. C'est vraiment un miroir sur nos conditionnements, sur nos manières d'être. Et ça fait... Quand on saisit l'opportunité, et pour le coup, il faut être parfois un peu détendu, parce que c'est parfois... Moi, elle entre dans l'adolescence, donc c'est parfois confrontant. Elle ne loupe rien de nos petits manquements. Parfois, on est un peu incohérents comme tout le monde. Donc, elle le voit, ça aussi, notre fille. Mais ça fait vraiment grandir si on prend cette main-là avec légèreté, avec humour.
- Speaker #0
Comment est-ce que ça t'a fait grandir de devenir maman ?
- Speaker #1
Ça m'a fait grandir. Je pense que ça m'a donné un sentiment d'immense responsabilité. Et puis, ça m'a fait vraiment... tourner le regard. Je disais tout à l'heure quand tu disais, c'est vrai que j'avais plusieurs fois déjà dit que le monde n'allait pas bien, mais t'as bien fait de dire oui, mais il ne va pas bien. Et en même temps, il y a plein de belles choses. J'ai senti cette responsabilité de l'accompagner dans un monde justement pour qu'elle puisse voir la beauté, la magie, tout ce qui fonctionne bien. Et donc de continuer à moi, me développer pour être un... On sait bien que quand on est parent, on est les premiers humains de référence de notre enfant. Et donc, ça m'a beaucoup travaillé de voir comment est-ce que je pouvais incarner ces valeurs. Tu vois, il y a beaucoup de valeurs dans le travail que je mène, dans ma vie. Et donc, justement, comment essayer de marcher sur ce chemin de cohérence pour que justement, même si à l'adolescence, elle voit les petites incohérences, que globalement, je sois en cohérence avec mes valeurs.
- Speaker #0
Ça, ça apprend tellement de choses. Si tu devais te décrire en un seul mot, Tu choisirais lequel ? Et c'est une question évidemment qui n'est pas la même pour tous ceux qui nous écoutent.
- Speaker #1
Je laisse du temps pour que les auditeurs et auditrices puissent réfléchir. en joie.
- Speaker #0
Oh, j'aime beaucoup. Si on part du postulat qu'avant de vouloir changer le monde, il faut être en mesure de pouvoir se changer soi-même. Franchement, j'y travaille sur ce point-là. Changer le regard qu'on porte sur les choses, l'attitude qu'on a, les réactions. Qu'est-ce que tu proposerais en tant qu'instructrice en méditation et en pleine conscience ? à toutes celles et ceux qui nous écoutent. Est-ce que tu pourrais, par exemple, faire une petite séance méditative pour nous aider ?
- Speaker #1
Oui, je veux bien guider un petit temps de méditation. Mais avant, c'est vrai que j'ai quand même envie de préciser que le slogan d'Emergence, c'est « Se changer le monde » . Mais ce serait, enfin, c'est « Se changer, virgule, changer le monde » . On peut en fait mettre une proposition ou l'autre avant. Moi, je ne pense pas du tout que... qu'on doit d'abord se changer avant de changer le monde. Je crois vraiment que, en tout cas pour moi, pour nous, dans l'émergence, sinon ça peut être vraiment hyper culpabilisateur au fait. Je crois qu'il y a une dérive. Moi, je viens vraiment de milieux militants. J'ai connu aussi cette fatigue de la militante à vouloir tellement être intransigeante envers moi-même que justement, il n'y avait plus de place pour la joie et pour savourer aussi tout ce qui va bien dans le monde. Et donc, je pense que c'est les deux. Pour moi, il y a vraiment cette histoire de balance.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vraiment très intéressant ça.
- Speaker #1
Je crois que dans le monde, dans le secteur du bien-être, il y a parfois aussi beaucoup de dérives. Il y a vraiment cette hyper individualisation et hyper pression, en particulier chez les femmes, qui... On en reparlera peut-être. Mais voilà, j'ai beaucoup aimé le dernier livre de Mona Chollet qui s'appelle Sortir de la culpabilisation. Donc c'est pour ça que j'insiste, parce que trop souvent, Moi, je donne des cours de méditation, comme tu le sais. J'insiste toujours sur le fait qu'on a un périmètre où on peut agir, mais il y a tellement de choses qui dépendent de nous. C'est important de ne pas l'oublier, sinon on peut vraiment avoir ces petites voix dans nos têtes qui nous rendent vraiment malades.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai. Et c'est vrai que quand j'ai cité cette petite phrase que j'avais écrite pendant mes préparations, je me suis dit, mais ça veut dire que je dois faire tout ce travail sur moi. Oui, tu vois. Mais en même temps... Je suis en pleine responsabilité de mon être. Et donc je me dis, si je veux que quelque chose change, peut-être que je dois d'abord montrer une forme d'exemple. Donc je ne veux pas rentrer non plus dans cette forme de culpabilisation et de hyper-responsabilisation. Mais c'est vrai que j'essaye de... Tu vois, on entend souvent cette phrase de devenir la meilleure version de moi-même. Je suis des thérapies, de me soigner, de prendre soin de moi, et du coup de prendre soin de ce qui m'entoure. Mais c'est vrai que j'aime bien partir du fait de se changer soi-même avant d'essayer de changer le monde.
- Speaker #1
Je pense qu'en tout cas, moi, ce que je retiens dans cette phrase, indépendamment de tout ce que j'ai dit avant, c'est que justement aussi, Mona Chollet, dans ce livre que j'ai vraiment beaucoup aimé, je vous recommande de le lire, le dernier chapitre s'appelle « Nous sommes toutes des féministes en carton » . Et en fait, elle explique que, bon, il y a toute une histoire, vraiment, tous les chapitres sont passionnants. Mais moi, ce chapitre m'a vraiment tiltée parce qu'elle explique que, dans les milieux militants, il y a une dérive qui consiste en fait à tout le temps aller voir ce que font les autres et à critiquer, ou en tout cas se dire, mais quand même, elle prône ceci et en fait, elle a pris l'avion, ou elle fait ceci. Et au fait, le capitalisme, la société actuelle, nous pousse là-dedans. Et en fait, ce faisant, on a moins de force, parce qu'en fait, on se dissipe, on se divise. Alors qu'en fait, toutes les personnes qui sont engagées, qui ont envie de transformer, de peser positivement sur ce monde, mettons-nous ensemble. Et sachant qu'on fait chacun, chacune comme on peut, d'où on vient. Et donc, je pense que c'est super de ne pas oublier ça, de se dire oui, on se change, mais on a toutes et tous des trajectoires différentes. On sait si peu de ce qui compose finalement le quotidien, l'histoire, l'histoire familiale, l'histoire actuelle des personnes. Et donc, il y a vraiment beaucoup de jugements dans tous les milieux, mais y compris dans ces milieux militants. Moi, j'ai eu un moment de vie professionnel dans la coopération et le développement. Et c'est vrai qu'aucun secteur n'est épargné par ça. Et donc, c'est sûr qu'effectivement, quelqu'un qui a beaucoup de jugement sur elle-même va sans doute aussi avoir plus de jugement sur les autres. Donc, tout le travail qu'on fait soi-même va être bénéfique sur toutes les autres sphères de notre vie. Mais je pense qu'on a tout à gagner à être vraiment plus doux et plus douce et se concentrer finalement sur ce qu'on veut atteindre dans le monde.
- Speaker #0
Oui, mais tu sais, moi, c'est vraiment mon rêve. Enfin, pas mon rêve, mon objectif. c'est d'acquérir vraiment cette grande douceur envers moi.
- Speaker #1
C'est pas facile.
- Speaker #0
C'est vraiment pas simple. Surtout quand on est une perfectionniste qui a vraiment le souci du bien-faire, etc. Et ce que tu disais, ça me fait penser à... J'ai aussi eu des années un peu militantes, dans l'environnement notamment. Alors on va pas parler de militantisme environnemental aujourd'hui, du tout. Mais je voulais juste revenir au fait du jugement. C'est que je ressentais beaucoup ce devoir de pureté militante.
- Speaker #1
Et oui.
- Speaker #0
Et franchement, ça c'était compliqué. C'est pour ça que j'ai arrêté de côtoyer un petit peu. ce militantisme-là, parce que j'ai quand même l'impression de militer à mon échelle. Et oui, il y a plein de manières. Mais c'est vrai que, tu vois, j'adore... J'ai pas beaucoup voyagé depuis mon enfance, mais par contre maintenant je me prends vraiment d'amour pour ça. Donc ça implique le désir de prendre l'avion, notamment. Et là je me dis, oh là là, mais je peux pas prôner si... Et il y a des si tout le temps, et au final ça m'empêche de faire. Et du coup j'arrive pas vraiment à me trouver, donc ça me fait vraiment du bien ce que vous dites à l'échelle individuelle. Mais donc voilà, pour revenir à ce point de la méditation, est-ce qu'on pourrait proposer peut-être un petit instant ?
- Speaker #1
Avec plaisir !
- Speaker #0
Et c'est valable évidemment pour toute l'équipe de cette vidéo-là. Je vous invite à prendre un petit temps avec nous.
- Speaker #1
Par contre, il faut que je prenne une petite montre, sinon on va partir pour une demi-heure de méditation.
- Speaker #0
Je peux mettre mon téléphone.
- Speaker #1
Juste que je le vois comme ça, sinon ça va être...
- Speaker #0
Je vais mettre le chronomètre, si tu veux. Voilà.
- Speaker #1
Ok, super. Alors la proposition pour ce petit temps de... de recentrage, ça va être d'abord de prendre contact avec le corps. Donc, de voir, tiens, mais dans quelle position je suis. Alors, c'est marrant parce que Nina, quand on lui dit, mais prends contact avec le corps, directement, ça change de position. Et ce n'est pas un cas isolé, c'est que souvent, en fait, quand on parle de prendre une posture agréable pour la méditation, on va changer de position. Donc, la question, c'est, est-ce qu'on est dans des positions inconfortables tout le temps ? Non, je te taquine, mais c'est vrai que souvent, on fait ça. En tout cas, juste de sentir dans le corps comment je suis mise, comment je suis installée. Une question qu'on peut se poser, une attention vers laquelle on peut se tourner, c'est par exemple comment je suis en contact avec le sol. Les appuis, alors là on est assise, donc ça va être essentiellement les pieds. Poser les deux pieds sur le sol, je vais le faire aussi d'ailleurs. Et puis sentir aussi le bassin qui est posé dans nos chouettes fauteuils. Et puis en amenant finalement l'attention vers le bas du corps, on va descendre quelque part un peu notre centre de gravité attentionnelle. Parce que quand on est là dans un podcast, et en général dans nos vies, quand on est occupé à penser et à parler, on est comme des cerveaux sur un bâton. Donc là, on va essayer de se rappeler qu'on a un corps. Et on va être attentive aux sensations qui sont présentes dans notre corps et à notre lien au support. Donc les fesses dans le fauteuil, les pieds sur le sol. Et en nous ancrant un peu plus, en descendant l'attention dans ce qui nous soutient, ce qui nous permet d'être à notre place maintenant, on va pouvoir en même temps avoir... Ce double mouvement. Donc on a un mouvement où on peut imaginer qu'on a des racines qui sortent de nos chaussures. Donc nous sommes des vivants, des vivantes. On appartient à ce monde qui respire. On est entouré de frères et sœurs vivants, vivantes. Et donc d'imaginer peut-être qu'à chaque respiration qu'on prend, on a des racines qui s'enfoncent un peu plus profondément sous nos pieds, qui nous relient. qui nous relie à la terre, et puis elle expire. On peut aussi sentir ce mouvement qui nous porte vers le haut. Donc imaginez peut-être qu'il y a un petit oiseau qui tire un petit cheveu derrière notre crâne et qui nous élève. Donc cette double tension, ce n'est pas vraiment une tension, mais ce double mouvement ancré dans la terre et cette élévation, cette ouverture de l'avant du corps qui permet aussi une respiration plus ample. Et l'idée, ce n'est pas de modifier la respiration. Tout à l'heure, on a vu que peut-être on changeait notre position de corps parce qu'on disait simplement de venir dans notre corps. là, juste de constater comment ça respire et que peut-être si j'ai Voilà, le haut du corps un peu plus redressé, les épaules un peu plus ouvertes, je vais pouvoir avoir une respiration juste plus fluide, plus ample. Donc de laisser le va-et-vient du souffle peut-être un peu nous bercer, ou en tout cas nous guider. Puis la petite proposition que je vais vous faire, maintenant que vous êtes installé un peu dans une posture, c'est de vous rappeler, de laisser venir... à l'avant de votre conscience un lieu magique de votre enfance. Toutes les enfances ne sont pas magiques, on a parfois connu des choses difficiles, mais peut-être, sans doute, vous aviez un lieu refuge, peut-être un arbre dans lequel vous aimez bien grimper, un grenier, peut-être les bras d'une grand-mère. Donc essayez de ressentir... Comment c'était pour vous dans ce lieu magique ? Peut-être que vous vous rappelez de couleurs, d'odeurs, de personnes, peut-être des cousins, des cousines, un meilleur ami. Donc laissez tout ça faire partie de l'expérience et de se rappeler de ce qui rendait cette expérience magique. Peut-être qu'il y avait un ami imaginaire, peut-être que vous parliez avec les arbres de la forêt. Peut-être que là, au moment où je guide ça, il y a plein d'exemples qui vous reviennent. Peut-être qu'il n'y a rien qui revient, c'est ok. Et avant de revenir au présent, je vais vous inviter à emporter avec vous dans votre vie d'aujourd'hui. Un peu de cette magie, on en a bien besoin. Un peu de cette force aussi, parce que la magie c'est aussi cette force d'affronter le quotidien, de transformer aussi les situations difficiles en apprentissage, en opportunité. Quand on est enfant, on a beaucoup de courage, on a beaucoup d'entrain. La joie est vraiment à portée de main. Tout semble possible. Donc on va, dans quelques instants, revenir au présent. Gardez bien avec vous cette magie, ce lieu magique de l'enfance, que vous savez maintenant, présent en vous. Voilà.
- Speaker #0
Merci beaucoup. J'espère que vous vous sentez toutes et tous très très bien. Je vais couper mon petit chronomètre.
- Speaker #1
Tu as trouvé un lieu ? Tout de suite. C'était quoi ? Tu peux le dire ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors, moi, ça fait... Je te l'avais dit aussi tout à l'heure, c'est que je monte à cheval depuis à peu près 20 ans, un peu plus même. Et quand j'étais petite, je montais dans un club et le week-end, on allait tout le temps en forêt. Et donc, j'étais avec les chevaux et j'étais dans la forêt de Soigne, justement, près d'ici. Et c'était dans cette forêt, avec les chevaux que j'avais à l'époque. Voilà.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci à toi. Et toi, c'était quoi ?
- Speaker #1
Là, moi, j'ai guidé, donc je n'ai pas pensé.
- Speaker #0
Et si je te posais la question, tu aurais pensé à quoi ?
- Speaker #1
En fait, souvent, quand je fais l'exercice, parce que je le vis quand même de temps en temps, ce qui revient, c'est un magnolia, un arbre qui était dans le jardin de mon enfance.
- Speaker #0
La saison en plus.
- Speaker #1
Oui, et j'en ai justement planté un dans mon jardin. J'adore ces arbres. Je pense vraiment que ça me rappelle aussi... Et puis, la floraison des magnolias, elle est très courte, c'est vraiment maintenant. Et ça me rappelle aussi que le temps passe. j'ai une forme de de lien à la nostalgie, aussi en voyant ma fille grandir par exemple, et pendant longtemps j'avais un peu honte de cette nostalgie parce que parfois ça me rendait un petit peu triste de ce qui ne reviendra plus, et maintenant j'arrive aussi à être en paix avec la nostalgie parce qu'elle me dit que je suis attachée aux choses, que j'ai vécu des moments de paix de joie, qu'il y a des gens que j'aime qui sont partis et que je peux justement, en convoquant la nostalgie, me rappeler aussi de combien ces personnes elles sont précieuses pour moi, elles sont importantes, et ça m'aide aussi dans le futur et dans le présent à savourer puisque je sais que les choses ne durent pas.
- Speaker #0
Mais tu sais, ce que tu dis, j'avais pris une petite trame et tout, mais en fait, tout ce que tu dis me parle tellement et m'inspire tellement. Et là, je me dis, j'ai réfléchi il n'y a pas longtemps à ça et je me suis dit, par rapport à ce souvenir merveilleux que j'ai de cette image, alors je vis ça assez souvent parce que je cultive vraiment l'émerveillement, ça m'éprouve, j'ai une histoire, une natte, tout en émerveillé de tout. Oui, c'est très, très bien. Mais qu'est-ce qui différencie, selon toi, un beau souvenir ?
- Speaker #1
Ce qui différencie un beau souvenir d'un moins beau souvenir.
- Speaker #0
D'un souvenir auquel on ne fait pas attention, d'un souvenir pas.
- Speaker #1
Je crois que c'est la qualité de présence.
- Speaker #0
Exactement, la pleine conscience.
- Speaker #1
Oui, parce que par exemple, dans les accompagnements que je donne pour les futurs parents, avec une sage-femme que j'aime beaucoup, qui s'appelle Fauzia Ismaili, et qui était présente à la naissance de notre vie, elle explique souvent que quand on parle de... de post-partum, de ce qui se passe une fois que le bébé est là. Les expériences, elles sont soit noires d'encre, c'est affreux, on ne dort pas, bébé pleure tout le temps, ou bien c'est rose bonbon, c'est tellement beau, mon enfant fait ses nuits alors qu'il a deux jours, je caricature. Mais au fait, la vraie vie, ce n'est pas ça. Ce n'est jamais complètement noir d'encre, ce n'est jamais complètement merveilleux. Ce qu'il y a, c'est que les gens, selon leur caractère, vont plutôt raconter ce qui est difficile, ou plutôt, au contraire, ne pas se permettre, ne pas oser dire ce qui est difficile. Et la méditation, ce qu'elle nous permet, la qualité de présence, c'est d'être avec tout. Et donc ça veut dire que dans les moments magnifiques qui ne reviendront plus, ton enfant qui va dire son premier mot, qui va commencer à marcher, on est pleinement là et on va le garder comme un beau souvenir. Mais aussi dans les moments où ça pleure, ça pleure, ça pleure, il y a un accident, il y a un problème de santé, quoi que ce soit, en fait on est là aussi. On est pleinement là et donc on est vraiment outillé aussi. parce que si alors on n'est jamais vraiment absent. C'est aussi un peu une caricature de la méditation, revenir ici et maintenant. En fait, on est tous là. Sauf qu'on est là et parfois notre tête n'est pas là. On a peur, notamment avec un enfant, quand il se passe quelque chose. Parfois, je me rappelle, notre petite à même pas deux ans, elle s'était ouvert le crâne en courant après une petite voiture. Elle m'avait impressionnée. Elle était hyper zen. on était aux urgences de l'hôpital et moi je voyais que j'avais ma tête qui partait de ce qu'allait se passer et en fait je la regardais donc elle avait évidemment sur le coup du choc, elle avait pleuré et je sentais au fait comment mon attitude intérieure la contaminait on va pas dire contaminée mais l'influençait et je voyais à quel point être présente c'était être avec tout ça être avec mes inquiétudes partir de mes inquiétudes revenir la regarder évaluer, voilà, je suis dans un pays où il y a des hôpitaux, elle est prise en charge. Bon, c'était hyper apprenant. Mais c'était être là, être là avec tout ça. Ne pas dire, ah non, je ne peux pas être inquiète. C'est, ok, oui, il y a de l'inquiétude, c'est la première fois qu'il y a un gros bobo, donc c'est logique. Et ça fait grandir.
- Speaker #0
C'est incroyable. Il y a eu, il n'y a pas longtemps, avec Émergence, la conférence de Thomas d'Asembourg. Et il y a un truc qui m'a marquée. alors au-delà de tout ce qu'il disait qui m'avait complètement marqué, bien sûr, c'était cette notion de, une émotion positive relève une profonde acceptation du moment, par contre une émotion négative reflète plutôt une frustration. Comment est-ce que toi tu fais au quotidien pour cultiver cette présence et être ok avec toutes les émotions que tu reçois au quotidien ? Parce que j'imagine que même si tu disais qu'un mot te définissait c'était la présence de joie, l'enjoie. Tu n'es peut-être pas joyeuse tout le temps.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Alors, dis-moi comment tu fais.
- Speaker #1
Déjà, quand tu m'as demandé un mot qui caractérisait, forcément, c'était le mot du moment. En fait, on est tout le temps à traverser plein de choses. C'est vrai que là, je suis joyeuse et honnêtement, ces dernières années, la joie est vraiment revenue. C'est aussi un processus. On parlait d'épuisement militant. J'ai vraiment... pu renouer avec la joie. C'est plutôt lié aux dernières années. Je n'ai pas toujours été pleine de joie. Je ne me suis pas toujours autorisée la joie, au fait. Parce que tu vois, on parlait des contextes difficiles. Je me disais, mais dans un monde qui va si mal, comment puis-je me sentir en joie ? Et maintenant, je trouve que c'est tout à fait légitime. Et plus que ça, alors ce n'est pas que je force la joie, mais je la laisse rayonner. Je pense que j'ai eu un moment où je la... Je la retenais en me disant, mais en fait, on ne peut pas, ce n'est pas OK dans un monde où il y a tant de personnes qui souffrent. Donc ça, c'est la petite parenthèse pour le Anjoua. Pour répondre à ta question, la méditation, évidemment, que j'enseigne, mais que je pratique surtout, c'est surtout ça qui m'aide, parce que moi, c'est ce que je dis souvent, j'ai une pratique quotidienne qui n'est pas très longue, c'est quelques minutes que je cale en général le matin, comme un entraînement. Donc...
- Speaker #0
Moi, je crois que si on pratique la méditation au quotidien, en attendant que la séance de méditation nous rende tout d'un coup sereine, détendue, on va le faire une semaine et puis, à un moment, on va se mettre sur le coussin, on va avoir des ruminations, on va trop s'ennuyer. Et on va se dire, non, mais la méditation, ce n'est pas pour moi, au fait, parce que je suis trop sensible, je suis trop agitée, blablabla. Moi, je pense qu'elle n'est pas pour tout le monde, dans le sens où, quand on a eu des traumas, il y a toute une liste de contre-indications qu'on trouve partout. Mais globalement, moi, j'utilise la méditation vraiment comme un entraînement. Un entraînement qui va permettre aussi, quand la mère est plus agitée, d'avoir accès à ses ressources.
- Speaker #1
D'accord, donc tu vois ça plutôt comme un muscle.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vraiment complètement ça. Et après, je tiens à le dire aussi, moi je pratique le Kung-Fu et franchement, le Kung-Fu m'aide à fond. Parce qu'il y a vraiment le côté... introspective, de venir, comme on l'a fait tout à l'heure, dans le corps, de me rappeler au fait que j'ai un corps. Mais justement, le Kung-Fu, ou le sport en général, toi tu parlais du sport, c'est se rappeler aussi. Autrement qu'on a un corps. L'éprouver, sentir les limites. Donc voilà, c'est très très présent dans ma vie et ça me met vraiment en joie aussi grâce à mon enseignante, qui s'appelle Célia Thorens, qui est incroyable.
- Speaker #1
Enseignante en Kung-Fu ou en méditation ? Oui,
- Speaker #0
en Kung-Fu.
- Speaker #1
Méditation, poser, enfin on entend... Merci. Quand j'entends des gens qui me disent « Ah, tu médites, mais alors ça veut dire que tu es assis sur un tapis, etc. » Ben non, en fait, il y a des millions de formes de méditation. C'est quoi, la méditation ?
- Speaker #0
Il y a plein de définitions. Donc, moi, je peux te dire une définition que j'adore. Alors, j'en ai deux. Il y a une de mon amoureux. Je vais te dire les deux.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors, bon, disclaimer, je cite normalement tout le temps des femmes. Là, ça va être deux hommes. Donc, j'ai beau être féministe et travailler beaucoup sur le matrimoine, là, je... Je vais quand même citer deux définitions d'hommes que j'aime beaucoup. Le premier, c'est un psychiatre flamand qui s'appelle Edelmax. Et lui, il définit la méditation en trois mots. S'arrêter, observer, agir. Je trouve que ça a le mérite d'être clair. Il y a des définitions de la pleine conscience hyper élaborées que je ne pourrais même pas te citer de mémoire. Donc, on va éviter. Je suis quand même instructrice, ce serait gênant. Donc, celle-là, au moins, je la retiens. Je sais que je peux la sortir. Et je trouve qu'elle est très parlante parce qu'on comprend. S'arrêter, ça veut dire... qu'on soit assise, mais on peut le faire à tout moment en tendant sa voiture, en train de marcher on s'arrête, on observe ce qui se passe en nous, coeur-corps-esprit et puis agir, il faut le comprendre comme agir ou ne pas agir ça peut être par exemple avant une réunion où on sait qu'on va avoir une discussion difficile, ok, est-ce que je vais aller en mode warrior, je me défends j'argumente ou est-ce que je vais être dans une attitude plutôt Ok, je suis à 360 et j'intègre tout ce qui se passe. Et puis à la fin, peut-être, je vais intervenir de manière un peu plus posée. Mais à tout moment de nos vies, ce truc de s'arrêter, observer, agir, ça prend en vrai le temps de respiration. Moi, c'est aussi quelque chose que je dissous parfois, par rapport aux attentes de la méditation. Ce n'est pas une demi-heure sur son coussin tous les jours. Donc voilà, ça c'est une chose. L'autre définition que j'adore, c'est celle de mon amoureux. Ilia Skotsou, définition belge de la méditation. Si tu l'as un jour dans le podcast, peut-être qu'il te le ressortira.
- Speaker #1
On attend ce moment.
- Speaker #0
Lui, il dit que c'est avoir les fesses, le cœur et la tête au même endroit. Donc, c'est un peu ce qu'on a dit tout à l'heure. Finalement, cœur, corps, esprit, c'est ça. Lui, à part qu'il parle des fesses, parce qu'il trouve ça rigolo. Mais en vrai, c'est de se dire, mais tiens, où est-ce que je suis maintenant ? Donc, peut-être que je suis là dans ce lieu avec toi, mais que je pense déjà à ce que je vais devoir faire après, blablabla. On va le sentir, on ne sera plus vraiment accordé. Et puis, qu'est-ce qui se passe dans mon cœur, au fait ? Est-ce que je suis ouverte ou est-ce que je suis préoccupée ? Et tout ça, ça aura des répercussions. Et à nouveau, l'idée n'est pas de dire qu'on doit être quelque chose, mais c'est être proche de nos ressentis. Donc, c'est tourner vraiment ce regard de temps en temps. Et c'est vrai que moi, j'insiste beaucoup aussi sur un des bienfaits de la méditation. Moi, je l'utilise aussi beaucoup à côté de la petite séance quotidienne, comme des moments de transition à m'offrir dans la journée. Quand on est active, quand on est passionné par beaucoup de choses, on peut avoir les choses qui s'enchaînent et ça manque de respiration. Et je trouve que le fait d'avoir ce temps, comme je le disais, ça peut être de respiration, tout d'un coup, ça se réouvre au fait. Ce n'est plus la suite des trucs à faire. Il y a eu ce temps de « Ok, comment je suis ? Comment ça va ? » Et ça change au fait, peut-être pas tout, mais ça change beaucoup.
- Speaker #1
Est-ce que tu es épanouie ?
- Speaker #0
Oui ! C'est un beau, moi, je trouve, l'épanouissement.
- Speaker #1
Qui est parfois le bonheur.
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça que moi j'aime bien joie, par exemple. J'aime bien la joie. Je trouve que l'épanouissement, je trouve même le mot, il se développe comme ça. Et après, c'est un mot, je trouve, qui est parfois utilisé, récupéré. Moi, je parlais de cette industrie du bien-être, parfois, contre laquelle parfois je me bats, parce que je n'ai pas envie qu'on fasse commerce du mal-être des gens. Nous, chez Emergence, on est une asso, et on essaie vraiment, par exemple, que toutes nos propositions soient accessibles. Il y a des tarifs solidaires. En fait, à chaque fois, on peut choisir son tarif, sans devoir se justifier, sans devoir dire justement « je suis maman solo, blablabla » . Non, en fait, on n'est pas responsable de sa situation financière. Par exemple, nous, on ne veut pas faire commerce, on a aussi une application de méditation qui s'appelle Présence. Elle est solidaire. Donc, au fait, tout le contenu est accessible, qu'on paye ou pas. Donc, évidemment, c'est un risque qu'on prend parce que, voilà, qui va s'abonner sachant que tu t'abonnes ou pas, c'est le même contenu. je m'abonne parce que j'ai envie de soutenir. Du coup, je trouve parfois que le mot épanouissement, ça devient un peu comme un dû. On devrait être épanoui. Donc moi, ce n'est pas dans cette acception-là, mais je trouve que c'est un beau mot de réfléchir au fait comment ça respire à l'intérieur. Est-ce qu'il y a de la joie aussi ?
- Speaker #1
J'ai envie un petit peu de te poser cette question qui me taraude parce que l'enfance est décisive quant au devenir de l'adulte. Je voulais savoir, quel moment est-ce qu'il y en a eu un de ton parcours où tu t'es dit la méditation est nécessaire, la pleine conscience est nécessaire pour parler à tous mes mots, à un mental qui vacille parfois ?
- Speaker #0
Il y en a eu deux peut-être qui sont plus ou moins concomitants. Avant de rejoindre l'équipe d'émergence en tant que salariée, j'ai créé l'association en 2009 avec Ilios. Moi, à cette époque-là, je travaillais dans la coopération au développement. Donc j'étais, bien sûr, cheville ouvrière d'émergence, mais on va dire de manière bénévole. Donc l'association était beaucoup, beaucoup plus petite. L'action se centrait vraiment autour des journées, des journées d'émergence. Et au fait, j'étais vraiment dans une fatigue de la militante. Donc j'étais vraiment active dans tous ces projets d'accès aux soins de santé dans différents pays d'Afrique francophone. Et je ne me rendais pas compte sur le moment. Mais au fait, justement, c'est à ce moment-là que je ne m'autorisais plus la joie. J'étais tellement confrontée dans le quotidien. En fait, je n'étais pas basée dans un pays africain. Je vivais à Bruxelles et je faisais des allers-retours. Et je crois vraiment que c'était difficile pour moi d'être tout le temps confrontée à ces écarts de richesse, écarts de conditions de vie qui n'ont aucune justification. Rien ne justifie qu'on puisse, alors qu'on est séparé de quelques milliers de kilomètres, accéder à des soins de santé ou pas et tout ce qui va avec. Donc j'étais vraiment profondément indignée, j'étais vraiment très très en colère. Et là vraiment la méditation m'a fait du bien. C'est à ce moment-là en fait que j'ai découvert, puisque j'avais déjà créé le projet Emergence, mais on rigolait beaucoup avec Elios d'ailleurs dans le premier livre qu'on a écrit, qui s'appelle « Se changer, changer le monde » .
- Speaker #1
On mettra tout en description. Oui,
- Speaker #0
dans le premier chapitre, on parle de ces deux pôles qui sont parfois opposés et qu'on a vraiment réconcilié avec Emergence et que j'ai réconcilié en moi, le pôle militant et le pôle méditant. Et donc, à l'époque, c'était, on va dire... lui le méditant et moi la militante et je lui avais dit écoute toi t'es sur ton coussin c'est super moi je sauve le monde je caricature mais c'était vraiment ça et puis au fait je me suis rendu compte à quel point ça m'épuisait vraiment intérieurement donc je mettais beaucoup d'énergie dans la résolution pratique de ces situations dramatiques mais je prenais vraiment pas soin de moi et donc le fait de découvrir c'est à ce moment là que je me suis inscrite à un cours de méditation non pas que je n'étais pas convaincue mais j'avais pas le temps, j'avais autre chose à faire j'avais le monde à sauver très, très égotique par ailleurs. Et donc, ça m'a vraiment fait un chemin de revenir à moi, en fait. Pourquoi j'avais choisi de faire ce travail ? Pourquoi je partais prendre soin du monde et que je n'avais même pas encore commencé à regarder ce qui se passe à l'intérieur ? Donc ça, ça a été un moment décisif. Et l'autre moment qui était un peu plus... Ça n'a pas été beaucoup longtemps après. C'est que moi, j'ai attendu des jumeaux avant la naissance de notre fille et j'ai fait une fausse couche. Et c'est vrai que je trouvais que c'était très... Bon, c'est un processus difficile que beaucoup de femmes vivent. Il y a une grossesse sur trois environ qui se termine en fausse couche. Et par contre, il y a vraiment... Moi, j'ai trouvé beaucoup de maltraitance dans le corps médical. Bon, beaucoup de maltraitance, j'exagère, mais on va dire que je ne me suis pas sentie comprise et accueillie, en tout cas au premier endroit où je me suis rendue quand j'ai fait la fausse couche. Et là, je me suis dit... Je pense vraiment que ça pourrait vraiment être utile. Je n'avais pas encore d'enfants à l'époque, mais je me suis dit, tu vois, pour que... Les personnes qui font face à des difficultés comme celle à laquelle on faisait face, ne soient pas face à des robots, mais soient face à des humains. où en fait il y a une relation, où on se sent, voilà, il y a de l'empathie, il y a de la douceur, peut-être une main sur la cuisse, peut-être... Enfin voilà, juste, moi je me rappelle à l'époque, le gars, pareil, c'était un vendredi soir, je pense qu'il était fatigué, il y avait plein de raisons, mais il n'était vraiment aucune compréhension. La seule chose qu'il a demandé à la fin, c'était est-ce que Elios voulait avoir un petit tissu pour pas que je tâche la voiture, j'étais là, mais pardon, là on parle de... Enfin on parle pas de salir une voiture ou pas au fait. Donc il y avait vraiment un manque total de reliance à ce que je vivais. Et c'est là que je me suis dit, mais j'ai vraiment envie de pouvoir contribuer dans ces expériences-là difficiles, à pouvoir créer du lien, de l'amour, de l'attention. Parce que ce monde nous pousse, et de nouveau, moi j'ai une admiration sans borne pour le personnel médical. Donc c'est une petite anecdote, mais parce que directement j'ai dit, parce qu'il y a mille choses qui peuvent faire qu'on est aliéné à nous-mêmes. On est dans des pressions insupportables, multidépendantes. tâches, des obligations administratives. Donc vraiment, à nouveau, c'est vraiment pas du tout jeter la pierre à ces personnes qui sont tellement précieuses à la société et qui manquent tellement de légitimité et de conditions dignes de travail. C'est pas ça, c'est le système. Et donc je trouve que vraiment, et ça se fait de plus en plus, tu vois, de pouvoir former dans tous les secteurs, mais aussi le secteur de la santé, pour plus de compréhension, plus de liens entre humains. Donc voilà.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ce témoignage. À quel âge est-ce que tu as pris conscience que notre rapport au monde était problématique ? Il pouvait être problématique.
- Speaker #0
Je pense depuis toujours.
- Speaker #1
Depuis toujours ? Ça c'était dans ton éducation déjà ?
- Speaker #0
Ouais, je pense, ouais.
- Speaker #1
Pendant mes études, donc pour ceux qui ne savent pas, je préfère toujours mettre un contexte parce que je fais du podcast donc peut-être qu'on peut se demander pourquoi. Donc j'ai fait des études en biologie et puis en gestion de l'environnement. Et pendant mes études qui m'ont trop passionnée, j'ai été beaucoup amenée à lire sur les causes et les conséquences de la crise socio-écologique actuelle. Et il y a une des lectures de Baptiste Morisot et Estelle Zang, je ne sais pas si tu connais, ils sont tous les deux compagnons, qui ont écrit un article sur la crise de la sensibilité. Et en fait, ils décrivent une des causes, évidemment ils ont une pensée systémique, donc c'est beaucoup plus large que ça, mais une des causes de cette crise qu'on vit actuellement, comme une crise de la sensibilité. Donc en gros, un manque ou une absence d'émotion, de sensibilité. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #0
Je suis tout à fait d'accord. Il y a un des livres phares dans la pleine conscience qui s'appelle L'éveil des sens. Un livre de John Kabat-Zinn, qui est un peu le papa de la pleine conscience. En fait, il a formalisé, on va dire, l'apprentissage de la méditation en l'aïssisant, parce que la méditation, elle vient d'un contexte bouddhiste. Et il a fait ce travail, finalement, de l'occidentaliser. Et ça a permis au fait de pouvoir aussi la faire accepter dans pas mal de sphères de la société. Donc on lui doit beaucoup. Et je trouve ça intéressant parce que parler de l'éveil des sens, c'est ce qu'on dit en fait un peu depuis le début, c'est revenir aussi à nos sensations. En fait, on est l'outil, on est l'instrument par lequel on se connecte au monde. C'est notre corps. Donc si on n'est pas sensible et on vit dans un système qui nous aliène en fait, on n'est parfois plus vraiment dans notre corps. et donc le fait de pouvoir revenir à nos sens et avoir ça comme un atout parce que je trouve que c'est intéressant par exemple par rapport aux émotions on a souvent dit dans le contexte professionnel que ah non mais c'est pas on prend pas de décision avec les émotions on prend ça avec la
- Speaker #1
raison c'est très curieux comme exploitation il y a plein de secteurs,
- Speaker #0
moi j'ai refait récemment des études un master en études de genre et c'est intéressant parce qu'on a beaucoup parlé de la position située, ça veut dire que comme tu viens de le faire. Moi, j'ai étudié la bio, moi j'ai fait ça, ça. On parle de qui on est, au fait. Et qui on est, les études qu'on a faites, tout ce background, ça implique un certain regard sur le monde. Et donc le fait d'être consciente du regard qu'on porte sur le monde, ça nous fait voir aussi ce qu'on ne voit pas. Et donc je pense que c'est tellement précieux, je crois que c'est le meilleur antidote de revenir à nos sens, vraiment.
- Speaker #1
J'ai entendu un homme politique récemment pendant un discours qui disait que on vivait dans une démocratie. Et il était hyper critique par rapport à cette notion, il ne comprenait pas du tout. Et je me suis dit, alors ok, dans la sphère politique, je comprenais un peu son exemple, et je ne vais pas revenir du tout sur ça, on n'est pas du tout un podcast politique, quoique...
- Speaker #0
Si je pense, mais...
- Speaker #1
Oui. Mais je me disais, à quoi sert cette vie si elle n'est pas faite pour ressentir des émotions ? On fait tout pour ressentir des émotions. Même quelqu'un, par exemple, son rêve, c'est de devenir, admettons, millionnaire. Ben, il aime l'argent. Il ne le fait pas spécialement pour l'émotion, mais il le fait pour ressentir quelque chose. Il ne le fait pas pour l'appât de l'argent en tant que tel. Si on a des relations avec ses amis, avec ses collègues, avec sa famille, avec son conjoint, sa conjointe, c'est pour ressentir des émotions. C'est quelque part une manière de se sentir un peu plus vivant, de ressentir la vie nous traverser à travers ces émotions. Après, on va me dire, oui, mais je suis trop sensible. On me dit, tu es trop sensible. Tu devrais essayer d'être moins dans les émotions, etc. Mais en fait, je fais comment avec cette information ? Puisque l'essence même de la vie d'un être humain, c'est ça. C'est ressentir ses émotions. Comment est-ce que tu deals un petit peu avec ces propos-là ?
- Speaker #0
Moi, je pense justement que notre société, elle est construite sur le manque, sur la comparaison sociale, sur le fait qu'on devrait avoir plus. Ce qu'on va posséder va nous définir. Donc moi, je... Je le disais en entrée de jeu, pour moi la méditation, quand on parlait de paix intérieure, je disais que ce n'était pas l'idée de se dire que tout va bien, mais au contraire comment on équilibre finalement, comment on va faire avec un monde qui va avoir des valeurs qui ne sont pas forcément les nôtres. Et donc je pense que par rapport à ça, la méditation et toute cette question des émotions, donc la méditation qui nous connecte à nos émotions. c'est une résistance à ce monde qui voudrait qu'on ne sente pas la joie. Justement, des êtres humains qui vont bien, qui sont joyeux, qui sont en lien, qui s'entraident, ils ne vont pas consommer d'anxiolithique, ils ne vont pas consommer forcément de... Ils ne vont pas vouloir tout le temps acheter. Tu vois, ce consumérisme ou le capitalisme, il est basé sur le fait qu'en fait, on veut toujours plus une plus grande voiture, une plus grande maison, un plus grand studio de podcast. Non, mais je veux dire, c'est ça. Et quand tu parlais de l'épanouissement, moi, je crois vraiment que l'épanouissement, c'est se dire, OK... Est-ce que là, dans ma vie, par rapport aux valeurs qui sont les miennes, est-ce que j'ai l'impression de contribuer positivement au monde ? Est-ce que c'est équilibré entre ce que je vis dans ma vie privée, l'énergie que je mets dans mon travail ? Et parfois, justement, cette société, elle va nous pousser à quelque chose de très extrinsèque en dehors de nous. Et donc, moi, je crois vraiment que c'est la meilleure résistance qu'on peut... Enfin, résistance, c'est peut-être un mot étrange, mais voilà ce qu'on peut amener au monde. C'est vraiment de venir avec justement nos émotions, mais en les ayant décortiquées, en sachant en fait, en sachant ce qui est là, parce qu'effectivement, une personne qui est très sensible, mais qui va venir dans nos interactions, amener tout ce fardeau, ça peut être aussi déstabilisant. Quand on a, par exemple, des amis qui traversent une situation difficile, je pense que c'est toujours intéressant de voir, tiens, est-ce que l'autre, elle est OK de recevoir ce que je vais... partager. C'est une petite précaution mais qui est importante.
- Speaker #1
L'art de l'écoute.
- Speaker #0
Je pense que les émotions, c'est vraiment un cadeau. Mais à apprendre à apprivoiser. Vraiment, c'est le mot, je crois.
- Speaker #1
Je suis complètement d'accord. Dans mes études, avec mes nombreuses lectures, il y a un auteur, astrophysicien et aussi philosophe, Aurélien Barraud. Dans ses livres, il utilise la formule hyper incroyable. ça ne se dit pas mais c'est pas grave, qui est « habiter poétiquement le monde » . Comment est-ce qu'on habite poétiquement le monde ? Comment est-ce que tu as l'impression d'habiter poétiquement le monde ?
- Speaker #0
Je laisse résonner cette formule qui est très belle en effet. Merci à lui. Alors je pense que « habiter poétiquement le monde » , c'est peut-être en lien avec l'exercice que j'ai proposé tout à l'heure, de revenir aussi à cette magie. Cette magie et aussi cette envie de ne pas forcément faire les choses pour atteindre un but. Donc, en fait, bien sûr, on a des buts dans la vie. On a, comme on l'a dit, des valeurs. On a envie de contribuer pour la plupart d'entre nous. C'est ça qui nous donne un élan. Mais de s'autoriser aussi parfois les chemins de traverse. Tu as parlé tout à l'heure, quand je t'ai posé la question de ce qui t'était venu, c'était ces marches avec ton cheval, ces promenades en forêt. Et peut-être d'imaginer aussi ça, de s'octroyer des moments où là, on agit. On ne fonctionne pas, au fait. On agit, en fait, on se dépose dans le monde. Parce qu'à nouveau, je crois qu'on est dans une société où on nous pousse beaucoup au niveau du temps. Il faut absolument rationaliser, en tout cas, ce temps, il faut l'utiliser à profit, il ne faut pas perdre une minute. Maintenant, avec tous ces téléphones, on peut en même temps conduire, écouter des vocaux, on peut faire mille choses à la fois. Et c'est bien aussi, tu me parlais de ton... de ton questionnement par rapport à l'intelligence artificielle, ce monde dans lequel on arrive. Ça en fait partie. Donc voilà, l'idée n'est pas de se retirer du monde, mais comment on s'octroie aussi des moments où là, on va juste prendre le temps. Tu vois, là où on est dans ce podcast, on prend le temps, on n'a pas nos téléphones, le temps s'écoule. Donc parfois aussi, des parenthèses où on ne doit pas être productif. On ne doit pas faire ça pour quelque chose, correspondre à une étiquette ou à une image et tout. Donc je pense que, pour moi, la poésie du... Enfin, contribuer ou pouvoir peut-être même... c'est même pas contribuer, mais pouvoir me relier à la poésie du monde, c'est aussi justement se relier au vivant, donc aller justement dans ce monde vivant, comme je le disais, moi je suis praticienne en éco-psychologie aussi, et c'est pouvoir se relier au monde comme un espace qui est rempli d'autres êtres, on vit, tu le sais, t'es biologiste, on vit grâce aux autres, je suis parce que nous sommes, c'est vraiment ça, donc comment est-ce qu'on se relie, pas parce qu'on a un intérêt, mais parce qu'en fait, on est voisins, voisines du monde. Et donc, s'octroyer des temps où là, on agit juste pour être en reliance et pas pour faire. Être plutôt que faire.
- Speaker #1
C'est beau. Donc, s'octroyer des moments de pleine conscience. Agir au temps présent. Prendre du temps pour soi. Pour se reconnecter au vivant, au monde. Les outils, les amis, ne sont pas très compliqués. Avec Ilios, vous êtes à l'origine des journées émergences, du collectif émergence. Vous avez lancé votre podcast. tu as écrit ce super bouquin. On n'a pas encore eu l'occasion de faire la promo. Est-ce que tu voudrais avoir une petite carte blanche pour présenter un petit peu ce que tu fais ? Et après,
- Speaker #0
on finira avec ça. Oui, ok, avec plaisir, c'est adorable. Donc effectivement, depuis 2009, je coordonne l'association Émergence que j'ai créée avec Ilios Kotsou, mon amoureux dans la vraie vie. Donc effectivement, depuis 2009, il y a les journées émergences, qui est un peu l'événement signature qui se déroule chaque année, où on réunit des penseurs, des penseuses, des philosophes, des psys, des témoins autour de questions du moment, de questions existentielles. Le 12 et 13 septembre prochain, ce sera autour de l'amitié. Que serions-nous sans nos amis ? Et comment justement vivre un monde d'amitié ? D'amitié avec le vivant, d'amitié avec soi-même. On en parlait, la douceur envers soi. Et à côté de ça, au début, l'association, au moment où moi j'étais aussi active dans la coopération, ça se limitait vraiment aux journées d'émergence et à quelques cours de méditation. Et c'est vrai que les gens, tu parlais de ta communauté, les gens nous ont aussi réclamé « Mais qu'est-ce qu'on fait après ? Comment ? On ne va pas attendre un an jusqu'aux prochaines journées d'émergence ? » Donc maintenant, chaque mois, on a des ateliers et des conférences. Tu parlais de celle de Thomas Dansbourg, mais il y en a vraiment très régulièrement. Et puis moi, à côté de ça, dans mon engagement féministe, j'ai créé un podcast et un livre, Donc une aventure... au service du matrimoine. Donc le matrimoine, c'est tout cet héritage culturel au féminin qui est encore à découvrir pour la plupart d'entre nous. On manque de modèles et ça peut vraiment avoir des répercussions sur nos qualités d'être. Parce que parfois, le fait de ne pas avoir de repères au féminin, on peut se sentir moins légitime, être moins à l'aise à parler en public et plein d'autres choses. Et donc voilà, c'est aussi une de mes casquettes, c'est de parler du matrimoine. Et j'y contribue aussi dans l'émergence pour qu'il y ait plus de femmes aussi qui soient invitées sur la scène des journées. C'est un peu tout ce qu'on fait.
- Speaker #1
C'est un magnifique projet. Et puis, pour avoir assisté plusieurs fois aux journées d'émergence et aux conférences, je peux vous dire que le panel est exceptionnel. Et les thématiques sont juste essentielles aussi.
- Speaker #0
Oui, et puis l'idée d'émergence, c'est vraiment de faire le lien entre l'engagement au service d'un monde plus juste et la connaissance de soi. Et vraiment ce pont méditant, militant. Mais ce n'est pas que dans les mots, c'est vraiment de voir comment est-ce que finalement, aller bien dans un monde qui ne va pas bien, ce n'est pas très utile. Donc, comment est-ce qu'on fait aussi pour cultiver cette qualité de présence, pour se mettre au service de liens plus beaux ?
- Speaker #1
Merci beaucoup. Merci à toi. Merci pour le temps, le temps long, c'était génial. Moi, j'adore les discussions profondes comme ça. Comment finir ce podcast ?
- Speaker #0
On ne finit pas ?
- Speaker #1
Non, on ne finit pas, on continue dans deux heures.
- Speaker #0
Non, mais moi, je pense que tu vois, une des... Un des enseignements que j'ai reçu au terme d'un cours de méditation que je suivais avec une collègue qui s'appelle Sandrine Rotter, elle a terminé classiquement les séances de méditation, elles durent huit semaines. Et c'était un cours de méditation qu'on appelle interpersonnel. Donc comment on applique la méditation, c'est bien sur le coussin, mais comment on fait dans nos relations aux gens. Donc j'ai trouvé ce cours passionnant. Je suis sortie de là d'ailleurs, j'ai envoyé mon amoureux le suivre. Et je trouvais ça vraiment passionnant d'avoir aussi cet outil commun. Enfin bref, et c'est vrai qu'à la fin de cette séance, Sandrine nous a dit... Voilà, on a terminé. Mais ce n'est pas que le chemin est long, c'est que le chemin est sans fin. Et j'ai trouvé ça beau parce que tu vois, quand tu me parlais de donner des petits conseils, des trucs comme ça, je peux le faire. Mais au fait, moi, j'adore le fait de me dire qu'en fait, on est des êtres en chemin. Et voilà, on essaye de contribuer, de rayonner, de transmettre tout ce qu'on a reçu. J'ai cité quelques personnes, Mona Chollet, John Kabat-Zinn, Joanna Macy, qui a été mon enseignante dans l'éco-psychologie. Mais au fait, on redonne un peu de ce qu'on a reçu, mais c'est sans fin. Et donc, je trouve que c'est beau de se dire, pour terminer, en fait, il n'y a pas de fin. Donc là, on a partagé un petit temps de conversation. Mais voilà, ça va continuer. Toi, ton podcast continue. Tu vas avoir plein d'autres invités, super inspirants. Moi, je vais continuer ma route. Et donc, c'est un beau moment de reliance.
- Speaker #1
Belle manière de clore cet épisode incroyable. Merci pour ta douceur et pour tes mots.
- Speaker #0
Merci, Nina.
- Speaker #1
Merci à tous d'avoir écouté ce podcast jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura plu, qu'il vous aura donné l'envie d'impacter positivement le monde et prendre soin de vous. En attendant, je vous dis à bientôt pour un prochain épisode.
- Speaker #0
Ciao !