- Speaker #0
Qui a dit que ce métier n'était pas pour toi ? Cosémixité, le podcast qui révèle les talents d'aujourd'hui. Un podcast de la cité des métiers.
- Speaker #1
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans ce nouvel épisode de Cosémixité. Aujourd'hui, on met à l'honneur la bienveillance, la technique et l'engagement humain. On va parler du métier d'aide à la personne, aide-soignant, un métier de cœur, un métier d'engagement. Et pour en parler, on reçoit Tanaël Brabant. Salut Tanaël. Salut,
- Speaker #0
ça va ? Bien et toi ?
- Speaker #1
Premier podcast ?
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Premier podcast, content de te recevoir. Tanaël, on va dire que tu es un homme passionné, rigoureux, mais surtout, mesdames et messieurs, on a en face de nous le champion de France WorldSkills 2023 dans la catégorie aide à la personne.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Félicitations, monsieur.
- Speaker #0
Merci, merci.
- Speaker #1
Tu vas nous parler de ce championnat, de ce concours, comment ça s'est passé, puisque aujourd'hui même, tu es jury.
- Speaker #0
C'est ça, je suis jury pour la compétition WorldSkills 2025.
- Speaker #1
On va parler de tout ça ensemble. Comment tu es passé de champion aujourd'hui à jury ? Mais surtout, on est là dans ce podcast pour parler un peu de la place. Donc, tu es un homme et aide à la personne. Est-ce que c'est un métier où tu te sens, comment dire, représenté par... Tu es représenté ou pas du tout ?
- Speaker #0
Oui, il y a quand même des hommes dans ce métier, oui. Et je me sens bien dans ce métier. C'est un métier, c'est vrai, on aurait pu dire dès le départ pourquoi un homme ferait un métier dans cette branche-là. Moi, je trouve que c'est un métier qui est fait pour tout le monde, où je trouve vraiment ma place pour aider les autres et faire du bien. C'est le but de ce métier aussi. Et oui, on est quand même en minorité, mais il y a quand même des hommes.
- Speaker #1
On va en parler parce qu'on va parler de ton parcours. Donc, parcours déjà au niveau de la formation. Comment ça s'est passé ? Tu as suivi quelques cursus ?
- Speaker #0
Moi, pour commencer, dès le lycée, je me suis orienté dans cette voie, dans cette voie sociale. J'ai fait un bac ST2S, sanitaire et social, au lycée Roland-Garros. Et par la suite, j'ai directement enchaîné sur l'école d'aide-soignants au port. On était une petite promo, on était 15, on était 5 garçons. Et quand même, on était bien représentés. Et voilà. Et après, j'ai enchaîné. Pendant cette formation d'aide-soignants, j'ai découvert les WorldSkids. Ce qui m'a emmené à gagner ce titre.
- Speaker #1
plus tard. Quelle a été la réaction de tes parents au départ quand tu leur as dit je m'engage dans cette voie pour faire cette formation, pour faire ce métier ?
- Speaker #0
Ils m'ont toujours poussé. Ils n'ont pas eu de jugement, honnêtement. Ils ont accepté. Ils voyaient que c'était ce que je voulais faire. J'ai toujours parlé autour de moi de vouloir travailler dans cette branche, que ce soit la santé, le social. Et ça a été... Je peux dire une évidence pour eux que je m'engage dans cette voie. Il n'y a pas eu de jugement particulier, ni de critique ou de remarque.
- Speaker #1
Tu dirais que tu as, depuis petit, eu une prédisposition ? Tu te sentais à l'aise ? Tu avais cette chose-là en toi qui s'est, je pense, révélée plus tard ? C'était quoi le déclic, en fait ?
- Speaker #0
Je ne pourrais pas dire quand exactement j'ai eu ce déclic, mais j'ai toujours été... amener vers ces métiers du social. Je ne sais pas pourquoi, mais peut-être de part, je pense, par l'éducation aussi que j'ai eu. Toujours à vouloir faire du bien, aider l'autre, mais je ne me prête pas d'un déclic particulier. Mais voilà, je sais que depuis le collège, j'ai voulu travailler dans la santé et le social.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, tu es aide-soignant.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
En quoi ça consiste un petit peu ce métier d'aide-soignant ?
- Speaker #0
Être soignant, aide et aider les soignants. On va aider que ce soit les infirmiers. Moi, je travaille à la clinique d'état marin. Je vais prendre un exemple type de journée. C'est-à-dire, on va aider les patients dans les actes de la vie quotidienne. On va, par exemple, s'ils ont besoin d'aide pour manger le matin, on va les aider à prendre leur petit déjeuner, que ce soit le matin ou l'après-midi ou le soir. On va les aider aussi au niveau des toilettes. Si on a des difficultés à se doucher, etc., on va les aider. Et voilà. En fait, les aider dans les actes de la vie quotidienne. Et être auprès d'eux et accompagnés. Et voilà.
- Speaker #1
Ok. Donc, tu accompagnes des patients qui, par exemple, ont eu des troubles graves au niveau santé. Donc, je pense, par exemple, à des AVC.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ou d'autres qui ont eu peut-être des accidents, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est ça. C'est ça. Moi, c'est le but de... du SSR, du Centre de soins de rééducation et de réadaptation, c'est ça, c'est accueillir un public qui... ont eu un AVC, un accident de la route. Et voilà, on va les aider à retrouver leur autonomie et s'aider à retrouver les gestes de la vie quotidienne.
- Speaker #1
Il y a un lien qui se crée aussi par le fait que tu les accompagnes. Au tout début, ils ne te connaissent pas. À demain, ils commencent à faire des premiers progrès dans les tâches de la vie de tous les jours. Comment ça s'est passé, le rapport entre patients et toi et tes collègues hommes, justement ?
- Speaker #0
Je n'ai pas eu de remarques particulières. C'est que les soignants acceptent bien. acceptent bien les patients acceptent bien ça qu'on soit des hommes après ça arrive honnêtement qu'il y a des patientes qui qui qui ne veulent pas que ce soit un homme qui leur penche qui fasse leur soin et là dans ce cas là on passe la main dans la mesure du possible ok d'accord je
- Speaker #1
fais un petit aparté Tanael puisque à côté de ça tu as participé à un championnat oui ça s'appelle les World Skills donc déjà tu les as remportés, bravo dans ta catégorie donc aide-soignant est-ce que tu peux nous parler un peu de ce concours ça consiste en quoi ?
- Speaker #0
alors déjà c'est une sélection régionale j'ai passé la sélection régionale en 2022 à la Réunion au lycée Léon Lopervenche et j'ai remporté le titre de champion de la Réunion d'abord dans le métier d'aide à la personne et après ça avec toujours les... coach, on est coaché, on a un coaching déjà régulier, je me rappelle c'est tout le mercredi, après tous les jours quand j'avais pas cours, c'est vraiment un investissement personnel et c'est il faut se donner à fond et il faut donner de la personne et voilà on a un coaching pour préparer le national et après on part en métropole avec la délégation réunionnaise, c'est à dire qu'il y avait d'autres métiers également qui étaient représentés Dans mes souvenirs, il y avait carrosserie, automobile, peinture et d'autres métiers. Il y avait encore d'autres, j'en oublie quelques-uns. Mais voilà, après, on prépare tout ça avec l'équipe régionale. On se rencontre pour préparer déjà le cri de guerre, pour se rencontrer, pour venir une famille au final. Oui, créer un lien. Créer un lien, voilà, c'est ça. Créer un lien. Et après, on part au national. dans mon métier. il y avait du coup il y avait 5 épreuves presque comme au régional 5 épreuves et sur 3 jours et après on enchaîne les épreuves c'est intensif ? intensif ouais intensif surtout qu'on n'avait pas le droit de sortir du hall c'est qu'on venait le matin même si on n'avait pas épreuve on devait rester dans le hall dans être prêt être prêt c'est ça et rester là et voilà il fallait gérer aussi ce facteur là en plus du stress et de Merci.
- Speaker #1
des attentes comme une compétition mais sauf que là on est dans une configuration d'aide à la personne pour qu'on puisse se projeter un petit peu il y a quoi il y a des lits il y a des situations de la vie de tous les jours comme si tu étais un patient avec des vrais ou des faux patients enfin des des acteurs des acteurs donc c'est des vraies personnes c'est ça qui sont là et tu
- Speaker #0
reçois quoi un scénario tu as c'est ça c'est comme original qu'on fait actuellement c'est à dire que on a des acteurs il y avait 5 que... cinq scènes, cinq scénarios. C'est-à-dire, le premier, par exemple, je prends un exemple, c'était une personne qui était dans sa chambre. On devait faire son transfert du lit au fauteuil. C'était vraiment les mêmes conditions de la vie réelle. Vraiment, le même lit, le même fauteuil, voilà. C'est rien de nouveau. Juste, on a un public en face qu'on n'a pas habituellement à la maison. Qui sont là à applaudir. C'est ça. Et des gens qui te regardent de près.
- Speaker #1
Et là, c'est silence absolu.
- Speaker #0
Mais il y a quand même du bruit. Parce qu'à côté de ça, c'était à Lyon. C'est les grands gymnases. Il y a d'autres épreuves à côté. Il y a d'autres épreuves. Il y a du bruit. Il faut savoir rester dans sa bulle. Et voilà, c'est ça. Il y a différentes épreuves. C'est vraiment comme si on était à domicile et tu aides la personne dans les actes de la vie quotidienne. Dès le début, tu as une feuille de transmission où tu as... Tu arrives chez telle personne, tu dois faire ça, ça, ça, ça, ça. Et tu as jusqu'à telle heure pour terminer. Et voilà. Tu dois gérer ton temps après, faire tes transmissions, c'est-à-dire écrire dans le cahier, j'ai fait ça avec la personne, je l'ai accompagné à faire ça, et ainsi de suite. Et voilà.
- Speaker #1
Il y a un jury qui note, qui regarde les moyens de faits et gestes, parce que c'est technique, c'est aussi de la précision. Et est-ce qu'il y a un compte-rendu, j'imagine, de l'acteur qui va donner son ressenti par rapport au fait qu'il a été bien pris en charge ou pas ?
- Speaker #0
Je pense, parce que je voyais qu'après, l'acteur discutait avec... Des briefs. Moi, en tout cas, en tant que jury actuellement sur la compétition, je fais ça, honnêtement. Je prends quand même l'avis de l'acteur. Je pense que c'est lui le patient.
- Speaker #1
Il est le premier...
- Speaker #0
Voilà, le premier concerné. Si déjà, la personne concernée ne se sent pas en sécurité ou... on n'est pas bien,
- Speaker #1
ça... Ça doit jouer.
- Speaker #0
Ça doit jouer, voilà. Ça va jouer. Mais je pense, oui, oui, c'est pris en compte.
- Speaker #1
D'accord. Donc là, tu pars sur ces jours intensifs, tu es immergé dedans, avec toi et aussi nos compatriotes.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et arrive ce moment où, c'est le dénouement, on est à la fin. Comment ça se passe, toi, concrètement ? Tu le vis comment ? Et tu peux nous en parler un peu.
- Speaker #0
Alors, c'était un samedi soir. J'en reviens toujours. Ça, c'était le samedi soir. Déjà, dans la journée, il y avait différents titres. Il y avait différents... Dans la journée, il y avait aussi, dans le métier d'aide à la personne, le prix de SST, le prix de santé et sécurité au travail. Ça, j'avais déjà... On avait déjà le résultat dans la journée même. Du coup, je l'ai remporté, ce titre également. Et je savais que j'avais gagné. Ça, c'était déjà une première fierté, une première victoire. Je me suis dit, bon, si... j'ai pas le titre de champion de France j'ai déjà ça je suis content le déplacement est rentabilisé t'es venu pour la moisson voilà du coup c'est ça j'avais déjà ce titre là je suis content franchement et le soir on part à la remise des diplômes des titres ouais c'est ça et et voilà je suis dans la scène avec la délégation ennénèse il y a une ambiance de fou il y a du bruit partout franchement et dans En fait, on fait un défilé avant de rentrer dans la salle. Et une ambiance de fou derrière. Ambiance sportive. Exactement. C'est vraiment incroyable. Et voilà, je vois mon... En fait, on annonce... Déjà, il y a l'écran pour voir les gens du podium, qui est sur le podium. Il y a un écran, on voit les régions. Et là, les camarades... On arrive au moment du métier d'aide à la personne. Et là, les camarades voient Île-de-la-Réunion. Bien le drapeau. Il y a juste Île-de-la-Réunion.
- Speaker #1
Donc là, c'est sûr ? Je suis sur le podium. On est sur le podium.
- Speaker #0
On est sur le podium. Île-de-la-Réunion, les gars, ils disent « Tannay, t'es sur le podium, tout ça. » Je monte sur le podium et là, il y a les deux métiers qui sont annoncés aussi en même temps. On passe le tour. Là, j'attends, j'attends sur le podium. Sur la grande scène, il y a tout le monde. J'attends, j'attends, j'attends. et là ils reviennent vers nous et là ils commencent à annoncer le troisième ils s'annoncent la troisième personne c'était une fille et deux garçons Et la troisième personne qui a gagné, c'était la fille. La fille a annoncé. Et voilà, je lui ai dit, bon, je suis soit premier ou premier. C'est pas mal quand même, je suis toujours content. Et là, ils annoncent le premier, le premier. Et bam, c'est Daniel Brabant. Et là, champion. Là, je me rappelle, il y a encore les photos.
- Speaker #1
Oui, on voit sur les photos.
- Speaker #0
Quand elle criait, franchement, c'est... Et là, c'est vrai, c'est que du bonheur. J'ai du mal à y croire.
- Speaker #1
c'est ça là je fais le petit réunionnais il sort de la réunion il vient rapporter la médaille il y a eu le coaching c'est parce qu'il y a un engagement il y a les étapes parce que tu passes d'abord en phase locale régionale ici et après tu pars au national et c'est vraiment c'est une expérience incroyable pour
- Speaker #0
une petite anecdote le dernier entraînement que j'ai eu avant de partir en métropole j'étais complètement foiré et là je me demandais est-ce que est-ce que je suis au niveau est-ce que je pourrais ça met le doute parce que t'es pas tout seul j'ai deux coachs derrière moi j'ai la famille qui est là aussi t'as la délégation réunionnaise c'est pas rien il y a un poids qui s'installe en plus que tu pars en métropole t'as cette chance de partir en métropole aussi c'est ce que je mérite vraiment si
- Speaker #1
on pouvait imaginer tu aurais pu aller au niveau Exactement.
- Speaker #0
international. Du coup, c'est ça. Il y a la sélection régionale, nationale et internationale. Le métier d'aide à la personne, malheureusement, n'est pas représenté à l'international. Mais il faut savoir que les autres métiers, carrosserie, automobile, peinture, etc., sont représentés à l'international. Et les soins infirmiers, également, sont représentés à l'international. D'accord.
- Speaker #1
Et ce qui nous amène aujourd'hui, après cette victoire, tu occupes le poste de jury sur cette édition en 2025. C'est ça. Et là, tu es en ce moment même en train d'examiner, de scruter aussi les moines faisais-gestes des différents candidats qui, à leur tour, passent des examens et des épreuves. Et là, tu es passé de l'autre côté de la table. De l'autre côté,
- Speaker #0
oui. C'est différent.
- Speaker #1
Alors ? Parle-nous un petit peu. Non,
- Speaker #0
je ne pense pas. Non, je suis juste. C'est un rôle qui n'est pas facile quand même de trouver le petit truc en plus. qu'est-ce qui va faire que cette personne pourrait remporter. Ce n'est pas facile de se mettre dans cette posture. sachant que t'as vécu ça c'est ça et après je me mets à la place j'essaye de rassurer comme je peux de dire que voilà j'étais là j'étais vraiment stressé aussi il y a le stress qu'il faut il y a plein de facteurs exactement et de rassurer mais voilà de dire que derrière on sélectionne quelqu'un qui représentera la région ok c'est pas rien quand même et voilà on a envie que tout ce que cette personne qu'on sélectionne soit la bonne et qu'il remporte le national aussi encore ouais Merci. et mettre la rayon en l'air. C'est ça le but. Oui,
- Speaker #1
d'accord. Et là, tu dirais qu'on est bonne cuvée parce que c'est des participants, mais c'est aussi à l'image de tout un secteur, de toute une ribambelle de personnes. On a une bonne cuvée cette année ? Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Après, si je suis arrivé à ce niveau-là, c'est que déjà, s'ils se présentent, c'est qu'il y a un niveau, il y a... Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Comment ça se passe d'ailleurs le casting ? Est-ce qu'on postule ou on se fait appeler ?
- Speaker #0
On postule. sur le dossier j'imagine c'est ça en fait je vais parler de mon parcours je pense que c'était la même chose pour eux c'est moi c'était ma prof qui m'avait parlé des WorldSkids et après voilà on a des entraînements et voilà ça fait faire mesure pour se présenter au régional d'accord donc
- Speaker #1
un champion mais je te vois avant tout aussi quelqu'un qui a le coeur d'aider ton métier justement donc dans ta formation tu me disais que t'étais vieux. Vous étiez cinq garçons sur une promo de 15. Est-ce que tu peux nous parler un peu de tes premières expériences dans le monde pro ? Quel a été l'accueil des collègues d'une part et des patients ?
- Speaker #0
Toujours très bon accueil. C'est vrai qu'on est dans un métier où il y a plus de filles que de garçons. Et on est toujours bien accueillis, honnêtement, en tant que garçon. Parce que ce n'est pas habituel de voir un garçon dans ce milieu. On est toujours bien accueillis. Il n'y a pas vraiment de préjugés. On fait notre métier comme tout le monde. Une bonne accueil. Mes premiers souvenirs, c'était ça. Une bonne accueil, une bonne ambiance au travail.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a le stéréotype de parce que tu es un garçon, tu as les gros bras et c'est toi qui vas devoir porter les... Un peu. Ah, c'est vrai.
- Speaker #0
Un peu, oui. En fait, pas forcément les gros bras, mais en fait, on va plus... Par exemple, où je travaille, il y a beaucoup de transferts.
- Speaker #1
Oui. Une chaise, un lit, dans la douche ou partout.
- Speaker #0
Exactement. Et après, souvent, on va nous demander de bien faire les transferts. On ne doit pas dire porter. On ne va pas porter les personnes. On se fait du mal à nous. On peut faire mal à la personne. Mais voilà, on n'a plus tendance. Il y a un effort à faire. On n'a plus tendance à être demandé. D'autant plus que les filles savent très bien le faire aussi. On ne peut pas dire ça. Mais voilà. plus souvent sollicité sur certains transferts.
- Speaker #1
Ça s'est peut-être déjà arrivé qu'il y ait un ou une patiente qui ne voulait pas se faire soigner parce que tu étais peut-être un garçon. Ça t'est déjà arrivé ?
- Speaker #0
Oui, ça s'est déjà arrivé, ça. Que des patientes ne veulent pas que ce soit un homme qui fasse sa toilette, par exemple, pour aider à la douche. Là, je passe la main.
- Speaker #1
Il y a toujours une solution.
- Speaker #0
On est formé pour. Il n'y a pas de problème. Je peux... je peux totalement l'entendre et c'est tout à fait normal. Et on passe la main. Il y a toujours une solution, qu'il y ait une collègue qui soit là et on passe la main.
- Speaker #1
Il y a un truc qu'il faut quand même noter, c'est que les patients que tu accompagnes, il y a comme une relation de confiance qu'il faut créer, qui est nécessaire, qui peut peut-être parfois prendre du temps, mais qui est nécessaire pour accompagner au mieux le patient jusqu'à sa sortie. Et toi, comment tu t'y prends justement pour créer cette relation ?
- Speaker #0
Naturellement, franchement, ce que j'aime bien, où je travaille, c'est à la clinique des Tamarins Sud, au centre de rééducation, c'est que vraiment, on va être dans un accompagnement, les patients vont rester pour une période assez longue, on va dire. On a des patients qui seront restés là pendant un ou deux ans. Ah oui, quand même. Sur des grandes rééducations. En moyenne,
- Speaker #1
c'est plus ou moins ça, un petit peu plus ou moins ?
- Speaker #0
Là, c'est vraiment les patients qui restent un peu vraiment... Ok. Ouais, un peu longtemps, mais sinon... Par exemple, on a des patients qui viennent pour des prothèses de genoux ou de hanches. Tu as une sortie à un ou deux mois.
- Speaker #1
Avec toute la phase de rééducation, j'imagine.
- Speaker #0
Et après, les patients qui sont atteints et qui ont fait des AVC, là, c'est vraiment en fonction des patients. À peu près six mois.
- Speaker #1
Chaque état.
- Speaker #0
C'est ça. Ça dépend pour chaque patient.
- Speaker #1
Des progrès qu'ils font.
- Speaker #0
Exactement. Et franchement, ce que j'aime, c'est que vraiment, on voit le patient arriver au début. qui a vraiment du mal à la difficulté qui a des séquelles par exemple et psychologiquement c'est dur aussi c'est ça on va vraiment dans des périodes au plus bas ou passion au plus bas et là ce que j'aime c'est vraiment d'accompagner vraiment jusqu'au bout tous les jours c'est des petits efforts, des petites allumations qu'on voit au quotidien. Et c'est vraiment comme ça que la relation se crée avec le patient et qu'on vient un peu son confident également, parce qu'il est loin de sa famille, il n'est pas à sa maison, il n'a plus ses repères. Et c'est vraiment être ce pilier pour ses patients.
- Speaker #1
En prendre confiance en lui-même, j'imagine, dans le patient. Exactement,
- Speaker #0
c'est ça. Et ça, je pense que ça se crée au feeling. Après, je ne veux pas te dire que c'est comme ça avec tous les patients. Oui,
- Speaker #1
parce que chacun a sa façon de gérer aussi son...
- Speaker #0
Exactement. Mais avec les patients, c'est ça. Et voilà, ça se crée avec certains patients. C'est vraiment au feeling, à la relation qui serait, c'est au naturel. Ok.
- Speaker #1
Et toi, il y en a une qui t'a marqué, un accompagnement. Est-ce qu'on peut parler de l'accompagnement ? Ouais, par exemple. Tu sens que tu nous parlais, il y avait un départ compliqué pour le patient. mais une mutation, une évolution, et tu l'as vu sortir finalement. Est-ce que tu as des histoires comme ça qui t'ont marqué un petit peu ?
- Speaker #0
Oui, il y a une patiente qui restait là pendant un moment. Franchement, on l'a accompagnée pendant un bon moment. Et quand elle est partie, on a fait avec le collègue une édonnerie. On l'a applaudie. Parce que franchement, son souhait, c'était de retourner à domicile, vraiment. On peut dire les mots, il était plutôt en fin de vie. Ok. Voilà. Et son souhait, son objectif, c'était de terminer ses jours chez elle.
- Speaker #1
C'était sa volonté. C'est ça,
- Speaker #0
c'était sa volonté.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, d'abord, il fallait qu'elle puisse pouvoir…
- Speaker #0
Retourner à domicile. Ouais, d'elle-même. C'est ça. Mais dans les meilleures conditions.
- Speaker #1
Dans les meilleures conditions, ouais.
- Speaker #0
Et voilà, on a mis tout en place. Et cette patiente a pu retourner chez elle. Et franchement, c'était… Là, je reprends de ça, ça me douche parce que c'était un moment incroyable. Et voilà, c'est ça, c'est ce que j'aime. C'est pour ça que je fais ce métier. J'aime voir les patients heureux. C'est pas facile tous les jours, il faut le dire. C'est pas facile tous les jours. Mais voilà, j'aime ce que je fais, j'aime mon métier.
- Speaker #1
Tu pars tous les jours au travail avec cette petite, j'ai envie de dire... le fait d'avoir gagné WorldSkills, ça donne aussi un autre regard sur la formation et du moins sur ton métier, parce que ça le valorise. Oui, bien sûr. Est-ce que tu penses que c'est un métier qui peut-être a besoin aussi d'être plus valorisé ?
- Speaker #0
Exactement. C'est un métier qui demande à être plus valorisé, qui est souvent parfois un peu oublié. Les métiers du social et d'être soignant.
- Speaker #1
Ça ne s'improvise pas.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça. Et voilà, c'est un peu dommage, mais de par ce podcast,
- Speaker #1
et je te remercie parce que c'est cool de remettre ces métiers en l'air et voilà c'est super donc la passion que tu as pour le métier c'est une chose et en quoi est-ce que WorldSkills par exemple il a changé ta vision soit du métier ou peut-être même du regard que tu as sur toi-même sur le ouais
- Speaker #0
WorldSkills ça m'a vraiment beaucoup aidé sur la confiance en moi sur sur dire que je suis capable je suis capable de d'être un à un tel niveau d'exigence et ça a vraiment allé de l'avant de me dire que je suis capable de faire ça je peux de mes mains je peux faire ça, je peux aider l'autre et ça a confirmé je vois le progrès derrière c'est ça,
- Speaker #1
je vois le progrès c'est beaucoup l'engagement aussi parce que ça ne se fait pas de façon automatique c'est répéter des gestes, créer de la confiance Ça fait beaucoup déjà.
- Speaker #0
Oui, oui. Ça fait beaucoup.
- Speaker #1
Peut-être pour le mot de la fin, Tanaël, est-ce que si quelqu'un, quelqu'une qui nous écoute, est en orientation ou en réorientation, qu'est-ce que tu pourrais lui dire s'il a entreaperçu le métier d'aide à la personne mais qu'il hésite encore ?
- Speaker #0
Je pense qu'il n'y a pas besoin d'hésitation. Non, si tu hésites, le métier d'aide à la personne, c'est un métier qu'il faut aimer. Comme tout métier. Si tu vas au travail parce qu'il faut aller, non, ça ne vaut pas la peine de le faire. D'autant plus sur les métiers sociaux et de la personne, parce que là, tu as une personne, tu as un humain devant toi. Il faut que... Franchement, quand je pars au travail, j'ai dit, bon, il faut que je fasse du bien à l'autre. Il faut que je...
- Speaker #1
De mon mieux. De mon mieux.
- Speaker #0
Je pense que c'est cette personne que je pourrais dire, c'est... C'est... t'as envie de faire ce métier, vas-y, fonce, mais donne-toi à fond. Donne-toi à fond, comme tout métier, mais vraiment, c'est un métier il faut que tu aimes et c'est un métier qui est vraiment magnifique tu vas apprendre énormément de choses et on aura plein de choses d'apprendre de nos aînés aussi parce qu'on a un public on a des personnes âgées et c'est des rencontres merveilleuses aussi ouais t'as des ouais mais vraiment voilà si t'as envie de faire du bien t'as envie de d'aider l'autre appliquer bienvenue dans le métier d'aide à la personne c'est ces belles paroles qu'on va terminer ce podcast merci à toi Tanael Merci.
- Speaker #1
Merci pour ton témoignage, je dirais inspirant et d'une grande humanité. Tu nous rappelles que prendre soin des autres, c'est une force, c'est pas une faiblesse, et qu'un métier n'a pas de genre tant qu'on y met du cœur. Champion dans les gestes, mais aussi dans l'intention, tu incarnes cette nouvelle génération qui bouscule les idées reçues. Et à vous qui nous écoutez, n'hésitez pas à venir écouter les autres podcasts de Cosé Mixité. Je vous dis à très vite. Merci à toi, Tanahel. On se retrouve dans un nouvel épisode de Cosé Mixité. A bientôt !
- Speaker #0
Qui a dit que ce métier n'était pas pour toi ? Cosmic City, le podcast qui révèle les talents d'aujourd'hui. Un podcast de la Cité des métiers.