- Speaker #0
Causer des clics, des conseils pratiques pour prendre le contrôle de ton projet pro. Un podcast de la Cité des métiers.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Causer des clics. Causer des clics, on vous donne des clés et des conseils pratiques pour prendre le contrôle de votre projet pro. Aujourd'hui, on va parler mobilité, on va parler retour au pays. Partir pour mieux revenir. Va, vis, deviens. Ça, c'était le plan. Mais une fois les valises posées ailleurs, une question revient souvent. Et si je rentrais au pays ? et s'y met rentre mon cas. Revenir à La Réunion, ce n'est pas juste rentrer chez soi. C'est aussi devoir recomposer avec un territoire insulaire une nouvelle réalité professionnelle et des habitudes de travail différentes. Parfois des freins, souvent des surprises. Certains préparent leur retour, d'autres le vivent à l'instinct. Mais entre la nostalgie, les attentes et la réalité du terrain, le retour au pays est parfois tout sauf un simple comeback. Alors comment on valorise son expérience acquise ailleurs en rentrant à La Réunion ? Quels sont les pièges à éviter ? et surtout comment s'intégrer dans un marché du travail réunionnais en pleine mutation. Aujourd'hui, pour répondre à ces questions, j'ai le plaisir d'accueillir Yann Giraud, qui est le fondateur de Ligne 7. Bonjour Yann. Ligne 7, c'est un cabinet de recrutement RH, on va dire, qui casse un peu les codes et qui sait justement bien cerner un peu les enjeux du retour au pays notamment. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton cabinet et surtout pourquoi Ligne 7 ? C'est une station de métro à la base ?
- Speaker #0
On n'a qu'une demi-heure, il va falloir que je sois très précis. Comment le présenter le cabinet mieux ? que tu viens de le faire, je ne sais pas. Donc, on est un cabinet de recrutement, on accompagne effectivement les entreprises dans leurs enjeux RH et de manière plus spécifique sur leurs enjeux de recrutement. Dans ce sens-là, on accompagne effectivement l'ensemble des équipes ressources humaines dans la définition du besoin, dans le sourcing, la stratégie de matching, l'évaluation et l'accompagnement à l'intégration. Et côté candidat, on accompagne aussi dans cette définition de plan de carrière, d'évolution professionnelle. et trouver la belle boîte pour s'éclater au mieux. Vous l'avez évoqué sur le podcast précédent, mais je crois que la notion de plaisir est importante. Sans être un bisounours, le travail est un élément déterminant de la vie sociale. Mais quand on arrive à trouver du plaisir dans son métier, dans l'équipe et avec ses managers, je pense que c'est le mieux. Sur le nom, c'est assez long. Le premier élément, c'est que le 7, il s'est passé énormément de choses dans ma vie perso. mon fils est né à Uncet, j'ai rencontré ma compagne à Uncet, on est arrivé sur la réunion Uncet, c'était fondamental que ça soit dans le nom de la boîte. Et oui, ligne de métro, ligne de train, mais ça fait sens par rapport à ce que j'évoque, c'est que j'ai toujours considéré la carrière pro comme un voyage et que j'avais aussi envie de trouver un nom d'entreprise qui puisse avoir un écho par rapport à ça. Et le choix définitif s'est fait quand j'ai tapé sur Google l'inset et que la l'inset du métro de New York traverse toutes les communautés et s'appelle l'International Railway. Alors, excuse-moi pour mon accent anglais. Et je trouvais, ça a fait tilt de manière immédiate par rapport à ce qu'on vit à La Réunion et à ce vivre ensemble, ce multiculturalisme. Donc voilà. Pas mal. Ouais, bah écoute.
- Speaker #1
Bonne idée. Et donc, en tant que cabinet RH, tu as dû en voir passer des candidats, tu as dû en recevoir des profils. Oui,
- Speaker #0
et on adore ça.
- Speaker #1
Oui, et on peut comprendre pourquoi on quitte la Réunion justement pour faire son expérience ailleurs, mais on aimerait savoir pourquoi il y a aussi beaucoup de retours au pays. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Est-ce que toi, tu en vois de plus en plus ?
- Speaker #0
Oui, le retour au pays dans nos stats, à nous, c'est 25 à 30 % des recrutements qu'on fait, donc beaucoup de recrutements locaux. trentaine de pourcents sur du retour pays. Je pense que le point fondamental et le point de départ à tout ça, c'est qu'on ne part pas pour abandonner la Réunion. Il y a quelque chose qui, pour les réunionnaises, réunionnais, qui quittent, il y a quelque chose qui nous dépasse, qui nous transcende, c'est cet attachement au territoire, cet attachement aux valeurs familiales, cet attachement à la Réunion. Et aucun des candidats ou des jeunes ou moins jeunes qu'on accompagne dans leur... projet de retour, n'a abandonné la Réunion. Tous sont partis en espérant un jour pouvoir revenir, que les conditions, que les planètes s'alignent pour revenir, et ça c'est vraiment important. L'autre élément, c'est que ils sont partis, pourquoi ? Soit on part par choix, soit on part de manière un peu plus subite. Ce qui est un peu moins le cas maintenant, mais je vais juste revenir sur l'aspect subi. C'est quand, à l'époque, on voulait se former dans les métiers de l'informatique. L'offre de formation en local étant moins diversifiée, il fallait évidemment quitter la Réunion, s'installer en Hexagone, trouver des formations, commencer sa carrière. Aujourd'hui, on a la chance aussi d'être sur un territoire hyper dynamique où l'offre de formation s'est énormément étoffée, que les collectivités ont beaucoup investi. Donc, il y a peut-être moins, alors toujours on met beaucoup de nuances dans tout ça, mais le départ est peut-être plus choisi. que ça ne pouvait l'être avant. C'est mon point de vue perso là-dessus. Et donc, pourquoi on part ? On part pour se construire, pour investir sur soi, parce qu'on a envie de s'ouvrir, de rouler un peu sa bosse. Et je pense que c'est un sujet important, cette notion d'investissement sur soi, et c'est un sujet aussi important pour l'ensemble des acteurs socio-économiques de la Réunion, c'est qu'on investit aussi sur une jeunesse, avec l'école élémentaire, le collège, le lycée. Et on accompagne ces jeunes et on a envie aussi de les stimuler à s'ouvrir au monde. Et à un moment donné, il faut aussi que collectivement, on se dise comment il y a un retour sur ces investissements. Et je pense que ça place aussi notre responsabilité collective pour faciliter les retours. Et pas seulement se dire, on les a fait partir. À nous aussi, collectivement, de créer des conditions favorables au retour. Et je trouve que c'est passionnant. je t'avais prévenu que j'étais bavard. On n'a pas fait notre signe. Un dernier point que je souhaite évoquer, c'est qu'on a vécu le Covid et je pense que c'est un moment aussi important, genre la typologie des profils, en tout cas, que nous, on a pu accompagner. C'est que le Covid nous a amenés à nous re-questionner nous-mêmes, à re-questionner le sens de notre vie pour certains, le sens de notre vie professionnelle pour d'autres. Oui. Et ça a amené beaucoup de gens à reconsidérer leur organisation professionnelle et personnelle. Et je pense que ça, c'est venu titiller beaucoup de jeunes réunionnais, 35, 40, qui ont commencé à construire leur carrière. Et dans cette quête de sens, dans cette quête de réenracinement sur le territoire ou de retour aux valeurs familiales, on considérait que ce n'était peut-être pas le projet dans 40 ans, en fin de période. carrière pour se dire je vais faire ma retraite sur mon île, mais peut-être un projet qui peut se construire aujourd'hui. Et ça, je trouve ça passionnant parce qu'il y a plein de talents, il y a plein d'énergie, il y a cette volonté de contribuer et d'apporter sa valeur pour la Réunion. Et dans le même temps, il y a peut-être aussi un peu plus d'opportunités, de postes, d'intérêts aussi dans la mission que les entreprises peuvent aujourd'hui Merci. proposer parce qu'il y a une évolution socio-économique et peut-être que ça fait un truc très sympa sur le sujet.
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est qu'on va pour mieux revenir, on arme son bagage personnel, professionnel et quand on revient, mine de rien, il faut qu'on prenne en compte pas mal de paramètres. Il y a des avantages mais aussi des galères à revenir. Est-ce que toi, tu as pu accompagner des candidats et tu as pu justement voir sur... des cas de figure où il y a des fois où ça se passe bien, il y a des fois où ça se passe mal. Concrètement, c'est quoi les clés pour un retour au pays réussi ?
- Speaker #0
Le retour au pays est un sujet, c'est un cocktail explosif.
- Speaker #1
À tout moment.
- Speaker #0
Trois points importants pour moi. Pourquoi je veux revenir ? Le pourquoi. Le why. Le why, il est fondamental. Je te disais tout à l'heure, toutes les réunionnaises et réunionnais, je pense... dans leur grande majorité, ont le projet un jour de revenu. Pour bien préparer son retour, c'est d'être très clair sur le pourquoi. Pourquoi je reviens ? Alors nous, on a essayé en interne de regarder ce qu'était, est-ce qu'il y avait un dénominateur commun et tout ça. Quand on progresse dans sa vie personnelle, quand on commençait à avoir des enfants, alors nous, c'était le deuxième enfant, de manière très étonnante. On a eu beaucoup de candidats qui, au premier enfant, étaient... Rester encore en hexagone et au deuxième, ils se sont dit non, ça change la donne. J'ai un peu trop de caléne, j'ai envie de revenir. Bien être clair sur le pourquoi, ça c'est le premier point de départ. Le deuxième, c'est d'être très à l'aise aussi sur le timing. Ça s'anticipe, ça ne se sur-anticipe pas non plus, surtout dans sa recherche d'emploi. Il faut avoir de la visibilité, tous les chefs d'entreprise, qu'ils soient réunionnais. ou ailleurs, ce qu'il craint le plus, c'est l'incertitude. Donc, il est évident que pour avoir une bonne connexion... avec des entreprises, avec des recruteurs, avec des responsables RH. Il faut être aussi assez clair sur son timing en disant « voilà, mon horizon, c'est six mois, neuf mois » . J'ai tendance à conseiller que pour être très actif dans sa recherche d'emploi, le délai de six mois commence à être très pertinent.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Avant, c'est un poil trop tôt et après, c'est un poil trop tard.
- Speaker #1
Ça s'organise.
- Speaker #0
Autour de six mois, voilà.
- Speaker #1
En plus, si on a des enfants, des conjointes, on passe en mode chef de projet.
- Speaker #0
Exactement. J'ai évoqué le premier point qui était celui du pourquoi, le deuxième sur celui du timing, et le troisième, tu lances la perche de manière très classe, c'est de le préparer, c'est de s'organiser. On connaît les difficultés, c'est un budget, c'est des difficultés de trouver son hébergement sur certaines zones géographiques, c'est une difficulté possible à trouver le bon challenge, etc. Logistique aussi. Logistique. Tu ramènes ta maison avec toi. Certains sont propriétaires, évidemment. C'est ça, oui. Et tu rentres, une fois que tu sais que tu rentres, et je préviens toujours nos candidats là-dessus, c'est que tu rentres dans une machine à laver. Ah oui ? Oui, parce que tu ne changes pas de job. Je suis toujours dans la focale du métier, du recrutement. Mais bon, tu es à Saint-Denis, dans la boîte. X et tu changes de job dans la boîte Y, tu as déjà un changement, un nouveau challenge. Il va falloir que tu t'intègres. En local, tu changes de boîte, ça peut aller, on peut gérer, tu es en hexagone. Évidemment, pour ceux qui sont propriétaires, il faut vendre la maison, il faut organiser les containers, il faut trouver les prestataires, il faut commencer à chercher en local. Il y a beaucoup de faux et il faut le faire de manière très structurée. de bien le préparer et d'avoir aussi conscience que, c'est ce que je trouve très chouette, c'est qu'il y a de plus en plus d'acteurs qui peuvent accompagner là-dessus. Il y a eu l'assaut réunionnais de retour au pays qui fait un travail hyper intéressant et formidable et on est un petit village nous la Réunion et l'entraide c'est un élément important donc il ne faut pas hésiter non plus à activer son réseau pour ces sujets pratico-pratiques, logistiques. les petits détails qu'on oublie et qu'on nommait pour que ça se passe de la manière la plus sereine parce que le dimanche si on arrive le jeudi le dimanche il faut être au pique-nique avec la famille et notre organisation on anticipe sur le fait que je retourne au pays j'ai
- Speaker #1
mon bagage je suis posé mais qu'en est-il maintenant ? il faut réapprendre aussi à vivre en quelque sorte et surtout dans le monde professionnel réapprendre à bosser avec des codes une culture, etc. Donc, tu as vu, toi, des candidats où ça a été une bonne surprise ou alors ils ont dû aussi se réguler parce que peut-être tu reviens avec un bagage. Est-ce que tu es surqualifié ou tu dois revoir certaines choses ? En gros, en tout cas, il y a des paramètres qu'il faut prendre en compte sur la réalité professionnelle ici. J'imagine que ça ne va pas être facile.
- Speaker #0
Il faut être conscient de la réalité du tissu économique local. On est des PM. Donc, quand on a construit sa carrière dans des multinationales, des grands groupes en hexagone, le logiciel n'est pas le même. Le logiciel n'est pas le même.
- Speaker #1
C'est une belle métaphore. À tous les niveaux du logiciel.
- Speaker #0
À tous les niveaux, qu'il soit en termes de vision, de stratégie, de composition du marché, on est sur un marché restreint, d'interconnexion entre les acteurs. Il faut avoir conscience de ça. Ce qu'on a construit en termes de compétences dans un environnement donné, On a besoin de la compétence, mais l'environnement est un peu différent et ça, il faut en prendre compte. Et le premier sujet qui revient en permanence, c'est la notion de salaire. Et oui, il y a des différences de salaire. Le marché n'est pas le même. Le marché de l'emploi reste intrinsèquement un marché. Et il y a des décalages. Sur certains postes, un gros décalage, sur d'autres, des petits décalages. Mais il faut en avoir conscience et être ajusté. C'est pourquoi je refais le lien avec ce qu'on évoquait. C'est, citons, pourquoi. il n'est pas clair, tu vas te retrouver à te dire « J'avais plus de responsabilités, j'avais des missions plus stimulantes, j'avais plus de ça, plus de salaire, etc. » On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, et je ne finirai pas la phrase.
- Speaker #1
Mais tu gagnes un confort de vie, un cadre également.
- Speaker #0
C'est autre chose. Le pourquoi de son retour, c'est la pierre angulaire de tout le reste. On est aussi sur un tissu de PME et on est en train de vivre un moment qui est vraiment passionnant. C'est qu'on est dans une vraie stimulation économique. On le voit, il y a plein de belles boîtes, il y a plein de jeunes boîtes, il y a un tissu entrepreneurial qui est extrêmement dynamique. Donc, on est en dynamique et on est aussi en transformation. On est en transformation organisationnelle, on est en transformation de... marchés il ya des marchés émergents il ya plein de secteurs sur lequel va y avoir des enjeux de fou et est-ce qu'on est prêt après ça va avancer et on est la plus grande qualité de la réunion et des entrepreneurs et des collaborateurs réunionnais ce qu'on est agile et résilient et donc quand il faut bouger on bouge vite ce qui veut dire que par rapport à ce cette petite introduction que je fais sur le marché local c'est qu'on a peut-être moins besoin de d'hyper technicité, on va avoir besoin de polyvalence. On va avoir besoin de gens qui sont capables de gérer du multi projet, d'être polyvalent, de le matin faire cette mission, l'après-midi faire cette mission parce qu'on n'a pas des seuils, des tailles critiques qui nous permettent d'avoir une structuration organisationnelle. Par poste, par poste. Et on a besoin de polyvalence, d'engagement et de l'envie aussi de co-construire avec l'entreprise.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais te demander finalement pour s'adapter, une qualité à voir en numéro un, la polyvalence, l'adaptabilité. Je pense que c'est un fil conducteur sur les différentes personnes qu'on a reçues, de par notre type économique, de par la façon dont on est organisé, de façon structurelle.
- Speaker #0
Et les moments plus globalement qu'on est en train de vivre, les revirements géopolitiques sont aussi… animés ce qui veut dire que la réalité d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui et on le sait, ce ne sera pas celle de demain donc quelle que soit l'entreprise quel que soit le manager, quel que soit le collaborateur la capacité à s'adapter, à réagir elle est déterminante j'en rajoute une, c'est aussi la soif d'apprendre tu parles de SouthKids, la deuxième c'est l'envie de progresser, la soif d'apprendre quand tu as les deux tu as les deux, le reste va suivre.
- Speaker #1
Combo gagnant. Et donc, rentrer à La Réunion, c'est une chose. Encore, faut-il pouvoir valoriser son acquis, ses expériences. Comment tu fais justement pour pouvoir, dans un entretien d'embauche, dans un CV, pouvoir valoriser ton expertise, le fait d'être parti ailleurs et pouvoir revenir sur le marché local ? Tu as des clés comme ça que tu peux… Parce que ça n'a pas l'air aussi simple que ça. Ce n'est pas parce que je suis parti que j'ai pris plus de valeur et qu'automatiquement, j'ai le mérite d'être pris plus qu'un autre candidat. Il faut le prouver quand même.
- Speaker #0
Il faut avoir conscience qu'on a d'incroyables talents, qu'ils soient en local ou partis. Et en début d'échange, on évoquait que le système de formation, les acteurs et tout, il y a un travail formidable qui est fait en local et qu'effectivement, aujourd'hui, tu peux avoir de la compétence ici qui est tout aussi belle et intéressante que des profils. Pour autant, ceux qui sont partis vont développer d'autres choses d'un point de vue personnel, d'ouverture au monde, je ne veux pas me répéter, d'ouverture d'esprit, et puis d'avoir connu des écosystèmes et des environnements un peu différents.
- Speaker #1
Ça les intégrerait.
- Speaker #0
Je pense qu'il faut… Je n'ai pas la recette magique. Pour répondre à ta question de manière très directe, je n'ai pas la recette magique.
- Speaker #1
S'il y en avait une,
- Speaker #0
je serais preneur et je ne l'ai pas encore trouvée. Je pense qu'il y a effectivement déjà un moment où les acteurs et les entreprises ont de plus en plus conscience de cette responsabilité sur le retour pays. Je n'ouvre pas de débat, ni sémantique, ni philosophique, mais je crois qu'effectivement, on est plus sensible qu'on ne pouvait l'être avant sur le retour pays. d'acteurs ou d'entrepreneurs qui prennent eux mêmes du temps quand ils sont sollicités même s'ils n'ont pas de job tout ça pour aider à préparer le retour. Oui plein plein plein, je passe beaucoup aussi moi de temps avec des profits qui sont pas en lien avec les besoins de nos clients mais si on peut apporter des tips, des conseils de la valeur on le fait dans cette notion d'entraide toujours. Après il faut être fier de son parcours, il faut être... Il n'y a pas de schéma spécifique, ni dans la lecture d'un CV, ni dans la lecture de la présentation de son profil. Je pense que là où ça se joue, ça va être dans les échanges avec les RH et les entreprises, c'est la préparation de l'intégration. Moi, je le dis à mes partenaires et on le dit à nos clients, quand tu es sur un profil de réunionnais au retour pays, ce n'est pas compliqué en début de process. Ce n'est pas compliqué de savoir pourquoi, quel est ton engagement pour la Réunion, ton ancrage avec la Réunion, etc. Quand tu es sur des compétences pénuriques structurellement sur l'île, qu'il faut que tu ailles chercher en hexagone, quand tu es avec un réunionnais, tu sais que le projet de vie est simple et clair. Quand moi, je suis oreille, je le dirais. beaucoup de tranquillité, mais quand tu es aux oreilles, il faut aller challenger. Pourquoi ? Tu connais la Réunion, tu sais que la vie est différente, tout ça. Donc là, tu as un gros boulot de qualification du projet.
- Speaker #1
Et tu connais la réalité.
- Speaker #0
Voilà. Donc, l'enjeu pour les retours au pays ne se fait pas en amont, mais va se faire sur l'intégration. Parce qu'à la différence d'un métropolitain ou d'un Zoray, c'est que la prise de risque, elle est beaucoup plus importante, à mon sens, pour un réunionnais de retour au pays, puisque si ça se passe mal, c'est un double sentiment d'échec. Et que c'est à nous. de préparer cette intégration parce que c'est différent, les boîtes sont différentes. Mais si on se plante en ayant pensé son retour pays depuis que j'étais parti neuf mois avant, structuré et revenir avec sa famille, ses enfants, et que je me plante là, tu as un double sentiment d'échec qui est extrêmement dur. Et c'est ça qu'il faut bien préparer, bien anticiper avec ses interlocuteurs quand on a le job.
- Speaker #1
Je disais en début de... d'échange, tu as dû en voir passer des profils. Est-ce que tu aurais des anecdotes de retour au pays qui t'ont marqué un peu ?
- Speaker #0
Plein.
- Speaker #1
Tu en as quelques-uns que tu peux partager avec nous ?
- Speaker #0
Non, on va faire un plus, un moins. Tu en as beaucoup qui n'arrivent pas à organiser leur retour au pays.
- Speaker #1
Dans l'organisation même ?
- Speaker #0
Non, qui n'arrivent pas à trouver le job, à se positionner. Qui ont certes le sentiment, mais c'est parce que je n'ai pas pris soin de m'adapter à la réalité du marché local. j'ai pas Et force est de constater qu'on est peu d'acteurs sur La Réunion, sur certains métiers. Tu fais de la tech, du digital, tu n'es pas comme à Paris avec je ne sais pas combien de milliers d'entreprises ou de startups, etc.
- Speaker #1
Tu peux arriver avec une hyper spécialité qui, sur le marché local, tu as du mal à trouver.
- Speaker #0
Sur des profils, oui, il y a une inadéquation entre ce que j'ai construit et ce que je peux faire ici. Et tu as plein de talents incroyables dans l'aéronautique. les débouchés en local sur l'aéronautique vont être un peu plus complexes. Sur de la tech, de la même manière. Sur de la tech, du digital, quand tu as de l'hyperspécialisation, les métiers sont différents, tout ça. Donc, un des points d'achoppement, c'est effectivement, la compétence que j'ai construite est-elle en adéquation avec les besoins ou la réalité de la recherche locale ? Après, est-ce que je suis prêt à m'adapter aussi, à considérer, à faire un peu d'efforts sur la mission, le salaire, l'adaptation, tout ça ? Donc voilà. tu as beaucoup et ça génère énormément de frustration parce que c'est des gens qui ont été construits, qui se sont construits en « il faut que je parte » . On m'a demandé, c'est presque quelque chose, c'est comme si on nous a invités ou on nous a demandé à partir pour aller nous former, construire le début de notre carrière et quand on veut revenir, c'est extrêmement compliqué, c'est un sentiment. Et après, tu en as plein d'autres qui se passent super bien parce que ça déroule, parce que le challenge, on le trouve…
- Speaker #1
Il y a alignement des planètes.
- Speaker #0
Il y a alignement des planètes, oui.
- Speaker #1
Entre la préparation, le job et finalement, toutes les conditions étaient réunies. Je pense par exemple aussi à la logistique qui doit être ô combien importante.
- Speaker #0
Oui, clairement, oui.
- Speaker #1
Tu t'es fait 5-10 ans en métropole ou ailleurs et tu ne reviens pas les mains vides en tout cas. Oui,
- Speaker #0
complètement, oui. Et ça j'en parle avec Florian qui est un retour pays qui est mon collab que je salue par ailleurs.
- Speaker #1
Dédicace.
- Speaker #0
Dédicace, qui est un retour pays et tu vois oui quand on en discute ensemble, le budget, c'est un budget, il faut anticiper la logistique, trouver son hébergement, trouver la bonne boîte. Flo était un jeune réunionnais qui a vécu aussi dans des environnements où le télétravail, le remote était important. Et c'est vrai que quand on s'est rencontré, la vision que j'ai de la manière dont on veut faire le métier ou de la manière dont on veut organiser l'entreprise matchait bien. Donc, j'espère qu'il confirmera que tout se passe bien et qu'il est très heureux chez nous. Et voilà, oui, c'est de l'alignement de planète.
- Speaker #1
Tu parlais du télétravail également. C'est vrai qu'on a des modes de fonctionnement un peu plus souples, un peu plus agiles.
- Speaker #0
Et bon, on aimerait ça aussi si j'ai la possibilité. Alors, je te donne encore une fois ma vision perso qui n'est pas d'ordre général. Je crois que le télétravail… Il y en a eu, je parle en global, il y a du retour, on le voit en hexagone dans les boîtes américaines, tout ça. C'est quand même un sujet important sur lequel il y a des ajustements. On n'a pas encore trouvé, je pense, non plus la recette miracle. Moi, à titre perso, je pense que c'est le levier de demain pour la Réunion, que ce soit sur notre empreinte écologique, que ce soit sur les galères des embouteillages le matin. et dans les équilibres, dans les attentes des collaborateurs, mais aussi, et je refais le lien avec notre métier, dans le recrutement. Si tu es à Saint-Denis, que tu fais du 100% présentiel, tu vas devoir recruter un profil avec ce métier-là, ce niveau d'expérience-là, ce niveau d'expertise-là, à Saint-Denis. Tu peux être en possession et peut-être un peu Sainte-Marie, mais gare plus loin, donc ta zone de recherche de profil va être compliquée. Elle est restreinte. Juste de mettre un jour. deux jours de télétravail, ta zone de recherche commence à s'étendre. Donc, tu vas toucher aussi des candidats, plus de candidats, des candidats différents, etc. Donc, je pense que c'est à mettre, doser et mettre un peu de télétravail qui permet déjà d'avoir une cifre de recrutement.
- Speaker #1
C'est des clés pour désengorger les routes.
- Speaker #0
Oui, clairement.
- Speaker #1
On le voit sur les routes.
- Speaker #0
Je le dis et puis après, tout le sens que ça peut avoir. Regarde, je reviens dans notre cas personnel avec Florian, il habite Saint-Gilles. nos bureaux sont à 5 minutes. À lui dire de venir tous les matins à 7h30, on se rejoint à 9h. À 9h, il n'a pas la bonne passante pour être engagé. Voilà, tu vas avoir encore une demi-heure, 45 minutes, je bois le café, là je me suis énervé. J'émerge. Alors que de chez lui, on se fait le point le matin au démarrage, là on est taqué. Donc même en termes de performance, d'organisation, d'équilibre, de bien-être, je crois beaucoup au télétravail et j'espère qu'on sera un territoire exemplaire. On l'est sur plein de sujets à La Réunion et ça serait chouette qu'on ait collectivement cette réflexion et qu'on puisse être un exemple aussi pour plein d'autres.
- Speaker #1
Être un exemple, c'est tout ce qu'on aspire. Merci Yann qui nous a donné les clés pour retourner au pays sereinement. Merci d'avoir été avec nous. Alors revenir au pays, vous l'aurez compris, ça se prépare. On l'a vu, c'est des défis. c'est aussi des opportunités, mais une bonne anticipation fait toute la différence. C'est un projet et il faut trouver le why. Merci à toi Yann d'avoir communiqué et d'avoir partagé ces précieux conseils. Si toi aussi tu prépares ton retour au pays et si tu l'as déjà vécu, n'hésite pas à partager ton expérience avec nous. Et à nous faire un retour sur l'épisode de Causer des clics. Merci à toi Yann.
- Speaker #0
Merci infiniment.
- Speaker #1
Bon retour à Saint-Denis et bon courage pour les prochains entretiens.
- Speaker #0
Yes, merci, merci infiniment.
- Speaker #1
A très bientôt pour un nouvel épisode de Causer des clics.
- Speaker #0
Posez des clics et conseils pratiques pour prendre le contrôle de ton projet pro. Un podcast de la Cité des métiers.