- Speaker #0
Tu es perf, perf, perf, mais tu oublies qui tu es, tu oublies d'avoir des temps de pause ou des temps où tu es bien toi-même. Soit ton corps te lâche physiquement, soit ton corps te lâche psychiquement. C'est inéluctable. Il ne faut pas confondre faire les choses sérieusement et se prendre au sérieux. Ok, je veux profiter à fond, je veux tout tenter. Et souvent, en plus, quand tu tentes, si tu donnes les moyens, ça marche en vérité. Quoi qu'il se passe, quelle que soit la chose qui t'arrive, c'est toi qui décides de la mettre dans la case échec ou d'y voir quelque chose d'intéressant sur lequel construire.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'appel du drop, le premier podcast de freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi c'est Tom Rodriguez, le préparateur mental des riders. Ici, on parle sans filtre de ce que tu vis quand t'es en haut d'une face ou au départ du parc. Ce moment où t'as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble, on va apprendre à gérer la pression à avoir en run en s'inspirant des conseils et retours d'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi t'es vraiment capable. Je t'embarque avec moi. 3, 2, 1, c'est parti ! Comment tu pourrais te présenter en quelques mots, mais à ta manière, pas forcément que avec ton palmarès ?
- Speaker #0
Eh bien, je suis une fille de 41 ans qui a eu plusieurs vies dans une vie. Et j'en tire plein d'expériences et surtout beaucoup de bonheur. Et si c'était à refaire, je ne changerais rien. Alors que ça peut paraître un parcours un petit peu particulier, je ne dirais pas chaotique, mais qu'il y a eu des vrais changements de bord. Mais au final, ça fait de moi quelqu'un qui est toujours très optimiste et qui a toujours très envie d'essayer des choses.
- Speaker #1
Là, tu me parlais d'une commission santé mentale pour les athlètes que vous venez de boucler. On a une petite slide ensemble. et c'est vrai que les chiffres reparlent d'eux-mêmes. On a des chiffres comme 95% des athlètes qui estiment que c'est hyper important de faire de la preuve mentale. Quand je dis faire de la preuve mentale, c'est plutôt s'occuper de leur santé mentale parce qu'il y a différents moyens de s'occuper de sa santé mentale. Il n'y a pas que la préparation mentale. Et toi, les chiffres que tu as ressortis aujourd'hui, c'est 37% seulement en bénéficie d'un accompagnement sur le plan psychologique. C'est assez ouf. Toi, tu as fait les JO en 2014, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
C'est ça. À Sochi en 2014, pour l'entrée du halfpipe dans le giron des sports olympiques.
- Speaker #1
À ce moment-là, toi, tu étais dans quelle disposition ? Comment tu te sentais à l'intérieur ? C'était quoi le staff qu'il y avait autour de toi, autant à la FED que en perso, pour avoir un petit dézoom global ?
- Speaker #0
Oui, moi, j'ai décidé d'aller tenter ma chance et d'essayer de me qualifier pour les Jeux. Je ne faisais plus du tout de sport de haut niveau. Ça faisait six ans que je ne skiais plus. Donc, j'ai eu un an pour me préparer et tenter de me qualifier. et un an et demi pour arriver jusqu'au jeu. Et donc, je suis partie du postulat qu'il fallait que je mette toutes les chances de mon côté. La prép mentale est arrivée très tôt parce que j'ai croisé un ami qui s'appelle Margot Stoli qui m'a dit, tiens, est-ce que tu connais Eric Pession ? Alors, je lui ai dit non. Il m'a dit, écoute, c'est un préparateur mental qui bosse aussi beaucoup sur les énergies et tu devrais aller le voir au moins une fois, voir ce que ça donne et si ça t'intéresse. Et j'ai pris la balle au bon et donc j'ai pris un rendez-vous avec Eric. Et en fait, au bout d'une heure de consultation, j'ai compris l'importance qu'allait revêtir le fait d'avoir quelqu'un sur qui m'appuyer, qui soit complètement externe à la FED, complètement externe à la préparation olympique telle qu'elle était à l'époque imaginée par les staffs. Et c'est il y a plus de dix ans. Et on a entamé une relation de rendez-vous assez régulier. Peut-être des fois, c'était une fois par mois. Des fois, c'était un petit peu plus espacé. Des fois, on savait au téléphone parce que j'étais à l'étranger. Mais il est devenu une personne sur laquelle je me suis appuyée pour être un humain heureux. Et parce que j'étais un humain heureux et qu'on validait ensemble un peu mes choix de vie et qu'il me dédramatisait sur beaucoup de choses, je suis devenue une athlète performante.
- Speaker #1
Wow. C'est ça. Tu partages parce qu'on s'est vu il y a trois semaines maintenant au Hi5 et tu étais conférencière, tu parlais, tu étais interviewée sur le thème de championne à tout prix. Et c'est assez ouf car tu étais avec Tessa Worley, Marion Haerty, Marie Bochet et d'autres personnes. Et vous avez toutes été d'accord pour dire non, en fait, ce n'est pas championne à tout prix. que des sacrifices non plus. Et c'est le bonheur. Ça paraît un petit peu simple dit comme ça, mais c'est le plaisir qui est le vrai moteur qui permet de performer au niveau où vous avez performé.
- Speaker #0
Oui, c'est un des deux moteurs communs qu'on avait. J'ai envie de te dire, je crois qu'en tout cas, tous les athlètes que j'ai pu observer se perdre dans leur plaisir, se perdre dans leur parcours et commencer à moins performer ou à se blesser ou à être plus au niveau qu'ils espéraient être. C'était assez observable de l'extérieur de voir qu'ils étaient plus heureux en tant qu'humains. Ça peut être parce que tu traverses une période compliquée personnelle, ça peut être parce que tu as mis en place des choses et que finalement, c'est un cadre de travail qui ne te correspond pas et donc tu t'oublies, tu es perf, perf, perf, mais tu oublies qui t'es, tu oublies d'avoir des temps de pause ou des temps où tu es bien toi-même et que tu finis par... Soit ton corps te lâche physiquement, soit ton corps te lâche psychiquement. en fait c'est inéluctable. La recherche du plaisir, du bonheur, le fait de l'alignement, c'est juste la base. Mais des fois, ça secoue un peu les chaussettes parce que ça ne va pas forcément dans le sens que tu peux imaginer si tu dessines un chemin de performance.
- Speaker #1
J'irais exactement aller sur ce point-là parce que tous les athlètes ont des objectifs, ont des enjeux qui sont forts et parfois, il y en a certains qui arrivent... C'est facile de réussir à opposer plaisir et enjeux et de se dire, ouais, mais j'aimerais bien avoir du plaisir. mais il y a de l'enjeu et c'est tellement important pour moi que j'en oublie ce truc de plaisir. Il faut que je mange bien, il faut que je dorme bien, il faut que je m'entraîne. J'ai l'impression de ne pas avoir de temps pour ma famille, pour mes amis, et en même temps pour mon entraînement à la fois. Avec ton parcours, ce serait quoi le conseil que tu pourrais partager à ce jeune ou à cette jeune qui se perd à travers tout ça ?
- Speaker #0
C'est qu'il ne faut pas confondre faire les choses sérieusement et se prendre au sérieux. Et je crois que c'est vraiment la base et que c'est une question que tu peux te reposer très régulièrement. te dire ok je vais faire Est-ce que je fais les choses sérieusement ? Voilà. J'ai un programme à suivre. J'essaie d'anticiper les choses. Je tiens à jour correctement mes mails avec mes partenaires. Je me rends correctement à mes rendez-vous médicaux imposés par la FED. Tu vois, tout ce genre de choses. Est-ce que je fais les choses sérieusement ? De, est-ce que je me prends au sérieux ? Et si tu te prends au sérieux, là, je pense que tu te perds un peu et que tu te gourres. Et tu perds cette notion de fun, de plaisir. On ne va pas oublier le gamin que tu étais quand tu avais 9 ans et que tu allais au club des sports avec cette innocence.
- Speaker #1
Il y a une petite pensée qui te vient à ce moment-là quand tu dis ne pas se prendre au sérieux. Si tu te prends au sérieux, ça veut dire que tu penses de quelle manière ? Tu te dis quoi pour vraiment te prendre au sérieux et être sérieux tout le temps ?
- Speaker #0
Je pense que c'est une histoire de relation avec toi-même. C'est d'apprendre à se connaître avec les années aussi. C'est de s'observer. Il y a un exercice que j'aimais bien faire. qui consistait en visualisation, donc de fermer les yeux et de me mettre sur une chaise et de m'observer moi-même, tu vois, et de regarder ce que je venais de faire pendant trois mois ou un mois ou même la semaine qui venait de passer, tu vois. C'est des vrais exercices de mise en situation. Je pense que tu as besoin de les faire. C'est des points mentaux que tu as besoin de passer. En tout cas, moi, je trouvais que c'était chouette. Essayer de regarder objectivement ce que tu viens de faire ta semaine et de ne pas te juger trop durement, tu vois. L'athlète... De haut niveau, il a quand même cette tendance à se méjuger, à se trouver pas assez bon, à se trouver un peu nul, à se dire qu'il n'a pas fait assez. Et donc, c'est de prendre un peu le contre-pied et de se regarder, de se dire « Attends, qu'est-ce que tu fais ? » Mais je te dis ça, ça m'arrive encore maintenant parce que c'est un trait de caractère qui nous est un peu ancré. Des fois, je ne me sens pas légitime à dire ou faire un truc et c'est mon chéri qui est obligé de me redire « Écoute Marie, là, je pense que c'est bon, tu as le droit d'aller à tel endroit pour… » reprendre la parole et parler de ça, parce que t'es légitime, parce que des athlètes olympiques, j'en connais pas beaucoup, il y en a tant en France. Des médailles olympiques, j'en connais encore moins, il y en a tant en France. Des doubles médailles olympiques, j'en connais vraiment très très peu et il n'y en a que tant en France. Et tu vois, des fois, ils me forcent à refaire un peu le chemin pour me dire « Ok, je me sens légitime » . Je pense que ça peut être un truc cool à proposer à des jeunes athlètes. Tu vois, c'est de... Encore une fois, sans pousser le curseur trop loin et sans se prendre pour un autre, mais de faire cet exercice posément et de se regarder et se dire « Ok, cette semaine, qu'est-ce que j'ai fait ? » C'était quand même bien. J'ai fait ça côté positif et tout. De remplir ton petit sac à positivité.
- Speaker #1
Tu nourris ta confiance en toi aussi, en portant ton regard. Il y a une phrase en anglais, tu parles dans mon anglais, mais c'est « Where focus goes, energy flows » . Là où tu mets ton focus, l'énergie va aller. Et c'est vrai que si on est toujours sur le pas assez, pas assez, notre énergie va aller vers le pas assez. Et quand on se sent pas assez, on baisse les épaules et ça va pas, quoi. On n'est pas dans l'état qui nous permet vraiment d'être au bon endroit.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Tu fais 40 000 choses à côté et en même temps, j'ai l'impression que c'est toujours très clair. Tu es à la mairie d'Aime La Plagne ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu commentes aussi sur l'équipe ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
À quel moment tu te dis, allez, moi je pars là-dedans, je pars là-dedans et tu mets toute ton énergie dedans parce qu'on a l'impression que tu es un bulldozer en fait. Tu te mets dans un truc et boum, tu y vas. Comment tu ressens ça toi à l'intérieur ?
- Speaker #0
Oui, c'est un peu le cas. en fait je veux jamais avoir de regrets je veux jamais avoir de remords Peut-être parce que j'ai fait face à la mort, en fait, tout simplement, d'une de mes meilleures amies qui s'est tuée dans le pipe, Sarah Burke, de mon papa qui est décédé d'un cancer entre mes deux Olympiades, et aussi parce que j'ai eu un accident moi-même de voiture quand j'avais, je ne sais plus, 26 ans, où j'ai vraiment failli y rester. Et donc, en fait, ça m'a donné un souffle de vie. Ça m'a donné un truc de... Tout ça me fait juste me dire, OK, je veux profiter à fond, je veux tout tenter. Et souvent, en plus, quand tu... tentes, si tu donnes les moyens, ça marche en vérité. Donc, je ne suis pas tant un bulldozer que quelqu'un qui a juste envie d'atteindre le but, tu vois. Mais c'est vrai que des fois, le pendant de ça, c'est que des fois, je me perds un peu parce que je sous-estime ma capacité à survivre à tout ça. Et des fois, je pars dans beaucoup de projets. Et comme je suis un peu inarrêtable, il y a un moment où si ça pète, ça va péter fort parce que d'un seul coup, je me rends compte que c'est trop et que je n'arrive plus. alors ça reste toujours mesuré et puis je m'en sors mais ce serait peut-être un peu le pendant mais je ne peux pas me refaire là-dessus j'ai beau essayer je ne peux pas me refaire là-dessus disais tu es à la mairie on est en fin de mandat, madame le maire ne se représente pas, j'ai rien trouvé de mieux que de monter une liste et partir de mon côté à l'assaut de la mairie parce que je suis persuadée que la solution à tous les enjeux de transition énergétique, sociale que la montagne doit affronter, et en tout cas dans laquelle elle est en train de rentrer, ne pourra se traiter que si on est à ce niveau-là et qu'on prend en main les choses. Ben voilà, je monte une liste. C'est le chemin le plus compliqué. Parce que psychologiquement, personnellement, c'est dur. Je fais face à la critique. Là, tu es en rapport direct avec des êtres humains. Donc, c'est le chemin le plus compliqué, c'est sûr. C'est le chemin qui demande le plus de travail parce qu'en six mois, il faut rencontrer des gens, beaucoup de gens, trouver des solutions pour arriver à écrire un programme, le présenter. Et c'est énormément d'énergie pour qu'au final, peut-être les gens n'ont pas du tout voté pour nous. Mais ce n'est pas grave. Je sais qu'à la fin, on sera fiers de ce qu'on a fait et c'était le meilleur chemin. Je ne serais peut-être pas élue, mais j'aurais fait ce qui me paraissait être le mieux pour défendre mes convictions. Et en fait, j'ai toujours fait ça. Les Jeux, j'y suis allée, je me suis réathlétisée et je suis partie aux Jeux. Je te disais que j'avais arrêté de skier pendant six ans. Je n'y suis pas vraiment allée au départ en me disant que je serais médaille olympique. Je suis allée en me disant que je veux me qualifier aux Jeux parce que je veux représenter cette génération qui était la mienne, qui a tout connu du départ du ski freestyle, cette Sarah Burke qui n'est plus là et qui ne pourra pas aller le faire. Je me suis accrochée à bien d'autres choses et des leviers très personnels. Et finalement, j'ai décroché la médaille, tu vois. Mais ce n'était pas une fin en soi au départ. J'ai besoin de leviers bien plus personnels. Et je pense que c'est le cas de pas mal de gens. S'ils font un peu d'introspection d'athlètes, il faut trouver ses leviers personnels. Ça ne peut pas être le but d'avoir des médailles ou d'avoir des résultats. Pour le coup, c'est un objectif de résultat, mais il faut trouver ses objectifs de moyens. Et donc,
- Speaker #1
toi, c'était justement le moyen d'arriver à tout ça, de participer aux Jeux Olympiques. C'était justement pour ces leviers personnels que tu t'es dit je le fais pour ces personnes-là, je le fais pour ça. pour être porte-parole, pour avancer dans cette direction. Mais ce n'était pas une fin en soi, ces Jeux Olympiques. D'ailleurs, on le voit très bien actuellement, tu continues à être active dans le monde du sport.
- Speaker #0
Oui, c'est exactement ça. C'est une envie de représenter une génération au départ. Alors bon, il y a aussi un petit peu d'ego. Il y avait l'idée de me dire que se qualifier au Jeux, ça paraissait vraiment incroyable. que j'avais envie de vivre cette expérience olympique aussi je vais pas refaire l'histoire mais il y avait une grosse dimension à côté et c'est vrai que ça se vérifie parce que comme tu le dis je fais absolument plus de compét mais je reste dans ce milieu là je travaille bénévolement ce qu'on fait à la commission des athlètes c'est énormément d'investissement de temps et je pense que mon temps c'est la chose que j'ai la plus précieuse donc je donne beaucoup, c'est mon dernier mandat tu vois ça j'aurais bien fait j'aurais bien donné mais On voit les résultats et c'est très agréable aussi de se dire que c'est les humains qui font le monde, tu vois. Et que tu peux faire partie des humains un peu bâtisseurs. Donc oui, c'est chouette comme ça. Je ne me verrais pas autrement. Je n'aurais pas pu tourner la page du sport après mes médailles parce que j'aurais l'impression quand même d'avoir beaucoup tourné autour de mon nombril. Ce n'est pas mon genre.
- Speaker #1
Il y a 40 000 questions qui me viennent en tête là actuellement. mais euh euh je vais essayer de cadrer pour que ce soit digeste pour les personnes qui nous écoutent si derrière tu nous parles d'énergie Tu nous parles de temps. Comment ? C'est quoi le secret de Marie Martineau pour réussir à gérer son énergie, à la renouveler, à l'entretenir, à l'écouter quand elle est basse ? Je suis en libre, là. C'est toi.
- Speaker #0
Alors, je crois que le secret, c'est l'amour. Attention, séquence béni-oui-oui. Mais pour autant, je crois que c'est la réponse et la solution à tellement de trucs, à beaucoup, beaucoup de choses. Peut-être même à tout, en fait. Et quand je dis l'amour, moi, ce qui m'a toujours ressourcée, c'est les miens, tu vois. En tout premier lieu, ma fille. Puis maintenant, j'ai un deuxième enfant. Donc, c'est mes enfants, mon amoureux. J'ai galéré avant de trouver la personne avec qui passer ma vie parce que je suis tombée amoureuse pas forcément des bonnes personnes. Je n'avais pas compris en fait ce que pouvait être une relation de couple et à quoi ça sert d'être deux pour vivre. Et je n'avais pas compris qu'il fallait déjà que j'accepte de vivre avec moi-même pour pouvoir vivre avec quelqu'un. Bref, des grands principes, mais en attendant l'amour parce que c'est des moments de pause. Mais encore, faut-il en être conscient ? Tout le monde a plus ou moins une famille, des frères, des sœurs, des parents ou des enfants. Tout le monde a des gens autour qu'on peut considérer comme la famille. Mais c'est vraiment de l'apprécier pour ce que c'est, de justement donner du temps. Je te disais que c'est le truc qu'on a de plus précieux, mais être capable de dégager du temps. Et quand tu es athlète de haut niveau, tu peux le faire. En vérité, moi qui maintenant ne le suis plus et suis dans la vie active, j'avais quand même beaucoup plus de temps libre. et l'opportunité de me trouver du temps libre quand j'étais athlète de haut niveau. C'est une évidence. Donc, c'est de ménager ces temps-là pour faire des trucs cools, complètement à côté de la recherche de performance, mais avec ta famille et tes amis, tes amis très proches, les trois, quatre, ceux avec qui tu as choisi d'être amie. Relation humaine, c'est ça, la clé de l'accomplissement, et de réussir à te ressourcer. Je ne sais pas, t'en penses quoi ? Ça te parle ?
- Speaker #1
Ça me parle carrément et j'ai envie d'aller plus loin là-dedans et aller vraiment dans ta relation avec ton amoureux, si tu acceptes. Comment tu t'y prends ? Parce qu'il y a être avec quelqu'un et il y a être avec quelqu'un de manière écologique. Écologique de manière pour toi. C'est-à-dire que tu peux être avec quelqu'un avec qui tu passes des super moments et tu ressens de l'amour et en même temps, tu as du mal à comprendre ton emploi du temps, tu as du mal à s'adapter aussi et à comprendre toi si tu as besoin. Comment toi, tu arrives à formuler, à clarifier tes besoins avec ton chéri et à prendre connaissance des siens pour justement réussir à avoir ce terrain de « Ok, on sait qu'on s'aime, maintenant on va faire en sorte que dans la matière, entre guillemets, que là, à la maison et dans notre vie, à tous les deux, ça s'imbrique super bien et qu'en fait, on avance vraiment ensemble et pas en se marchant sur les pieds. »
- Speaker #0
C'est un peu ce que je te disais tout à l'heure, c'est le fait d'être capable d'être bien avec soi-même et de se ménager ses trucs à soi, chacun de son côté, et de comprendre que l'autre a ses besoins là aussi. Avec Pierre, pendant longtemps, on a eu plusieurs vies. Moi, j'avais ma vie ici en Savoie et il ne vivait pas ici. Lui, il avait sa vie à lui à Paris et je ne vivais pas à Paris. Et on avait encore deux autres vies, celle où quand il venait ici en Savoie et celle où quand moi, je montais à Paris. Et en fait, on a... commencé notre relation comme ça et en fait en l'expérimentant on s'est rendu compte à quel point c'était sain et à quel point c'était ça aussi qui nous permettait de se tolérer, de se comprendre de s'apprivoiser et donc on n'a pas noué une passion de départ je dirais, je pense que s'il était là il était certainement d'accord avec ça mais on a construit un amour, on a construit un respect de l'autre, on a construit quand je le regarde faire Je suis très fière de ce qu'il est, de ce qu'il fait, que ce soit professionnellement ou dans ses hobbies ou quand il me raconte une histoire ou un bouquin qu'il a lu ou quand on échange sur des points de vue. Mais on peut le faire parce que chacun de notre côté, on a nos vies, nos apprentissages personnels et en fait, on ne s'est jamais cannibalisé et on essaie de faire gaffe à ça. Donc, je pense que c'est d'avoir... Mais ça, c'est l'âge, c'est l'expérience. C'est qu'on se serait connus à 20 ans, on n'aurait jamais été capables de vivre ça comme ça. Il y a aussi la résultante de ce qu'on a vécu avant et de ce que tu ne veux pas reproduire, du coup. Donc, tu t'assagies et tu comprends peut-être autrement le couple. Et il se trouve qu'on est alignés, peut-être dans notre développement personnel. On s'est rencontrés à un moment où on était quasiment peut-être au même stade et donc à la même capacité de réflexion, de... Après, ça paraît un peu sérieux tout ça, mais on se marre bien, surtout. On se marre tout le temps. Beaucoup d'humour à la maison. Alors maintenant, c'est drôle parce que Melly Rose, notre grande, elle est vraiment devenue très drôle. Donc, on n'est plus deux à essayer de faire des vannes ou à déconner, mais on est trois. Et les Grimlins, là, ils commencent à faire aussi des petites blagues et tout. C'est assez drôle à observer. Donc, je pense que l'humour... La parole, parler beaucoup, respecter les tons des uns des autres et l'humour à bloc parce que ça fait du bien.
- Speaker #1
Est-ce que ça m'évoque actuellement ce que tu es en train de partager ? Ces trois étapes qui sont à respecter dans le même ordre, c'est vraiment d'abord je prends soin de moi, ensuite je prends soin des autres et ensuite je prends soin du monde. Et là, j'ai l'impression que tu en es un petit peu l'incarnation avec rien que ton parcours quand tu nous partages tout ça.
- Speaker #0
Oui, c'est parce que... Ah oui, Martineau ! J'ai bouffé Bouddha récemment, du coup, je suis hyper zen. Non, mais on parlait de ça et ça dérive un peu du sujet, mais je pense que c'est complètement implémentable à une carrière. C'est un peu les mêmes leviers par rapport au sport de haut niveau. Je pense que les gens qui nous écoutent, les athlètes, c'est le même principe dans un staff. C'est le même principe, tu vois. J'avais... Une discussion avec Eric Pession, donc mon prêtre mental à l'époque, et il me disait « Tu es un balancier comme ça. Tu crois que tu es libre parce que tu fais un choix. » Et souvent, il est quand même très orienté. Et il me dit « Pose-toi la question de savoir si ce n'est pas un choix que tu fais par opposition à la situation précédente que tu veux fuir, mais du coup, tu n'es plus vraiment libre de ce choix. Ce n'est pas tant un choix que tu as fait qu'un balancier comme ça. » Et je ne sais pas, cette image-là, Moi, personnellement, il m'avait vachement parlé. Il m'avait dit, l'idée quand même de ta vie, c'est que tu tendes à réduire ce balancier, ces choix qui n'en sont pas, pour arriver à un espèce de point d'équilibre où tu ne balances plus et tu es juste au bon endroit et capable de prendre les choses avec du recul. Du coup, tu seras vachement plus heureuse et vachement plus libre. Et c'est une des nombreuses... réflexion qu'il a amenée chez moi et souvent j'y pense quand j'aurais envie de réagir un peu énergiquement parce que j'ai un peu de caractère quand même c'est de me dire ok est-ce que si je réagis comme ça je suis vraiment libre de mes choix enfin pas du tout en fait et du coup j'essaie toujours de revenir à cette espèce de balancement le plus neutre possible ce qui est finalement assez agréable parce que je perds plus d'énergie Dans l'énervement, la querelle ou quoi ? Là, tu vois, je te disais, je suis en campagne électorale. Chaque mauvaise nouvelle ou nouvelle qui ne va pas dans le sens qui est celui que j'espérais, eh bien, OK, je le prends. Tu es en disant, OK, j'ai confiance en la vie, en le futur, en tout ce qui peut arriver. Donc, OK, c'est que ça ne devait pas se passer comme ça. Eh bien, j'avance. Ce n'est pas grave. Je ne perds pas d'énergie à essayer de modifier le truc. ou à récupérer des gens qui m'avaient dit qu'ils viendraient, finalement, ils ne viennent pas. Tu vois, ok, c'est que ça doit se passer comme ça et c'est cool. Et du coup, la vie est tellement beaucoup plus sereine, tu vois. Mon carrière, j'ai mis plus de temps à le mettre en place. Je pense que c'est une super chose à dire aux athlètes. Tu vois, c'est ok, il faut être capable d'accepter le changement, les choses qui n'étaient pas prévues comme ça, qui se passent autrement. plus tu l'acceptes vite Plus tu te réinventes, plus tu es dans la bonne dynamique, en fait. Là, c'est hyper important, je crois.
- Speaker #1
C'est souvent quand on regarde derrière qu'on arrive à se dire « Ah, mais ce n'est pas ce qui m'est arrivé, ce que je considère comme un échec, que là, maintenant, j'en suis à là où j'en suis aujourd'hui. » Et en fait, au final, c'est une construction, cette croyance. Au début, quand on est tout jeune et qu'on n'a pas ce recul-là ou ce regard-là, on voit moins aussi les bénéfices qu'il peut y avoir à échouer. Je mets des grosses guillemets parce que... Qu'est-ce que c'est pour toi d'ailleurs Marie, l'échec ? C'est quoi ton rapport à l'échec ? Là, on fait une conférence avec Théo, Théo Vandenhamel, qui était coach de ski alpin, que tu as vu au High Five, et qui maintenant est préparateur mental à 100%. On fait une conférence sur ces trois jours. Et le thème, c'est vraiment fail, learn, win. C'est un peu notre credo. Qu'est-ce que c'est toi, ton rapport à l'échec ? Qu'est-ce que c'est l'échec pour toi ? Est-ce que tu as une vision de ça ?
- Speaker #0
Dans la philosophie que tu exposes depuis un petit moment, il n'y a pas vraiment d'échec. c'est Je ne mets jamais les choses dans cette catégorie-là. Il n'y a que ça ne devait pas se passer comme ça, donc ça ne s'est pas passé comme ça. Quelle est la suite, tu vois ? Par exemple, quand je te disais que j'ai eu un an pour me qualifier, enfin pour me qualifier, reprendre le ski et me qualifier pour les Jeux, j'ai fait mon petit parcours intersaison où j'ai fait beaucoup de réathlétisation et puis il y a eu la première Coupe du Monde. Je gagne les qualifs. C'était complètement fou. Je n'ai pas skier depuis six ans à l'international. J'arrive, je gagne les qualifs, donc je me retrouve en finale. Ce que je n'avais pas compris, c'est que les filles en qualif faisaient des runs de beaucoup plus petits niveaux et elles sortaient leurs gros runs en finale. Donc en finale, j'ai dû faire huit ou dixième, dernière des finales, tu vois. que moi, j'avais tout mis dès les qualifs, mais ce n'était pas un échec. Enfin, j'étais dernière de ces finales, alors que je m'étais projetée comme déjà en capacité de gagner la course, tu vois, quelque part. Donc, en fait, ce n'était pas un échec. J'aurais pu le vivre comme un échec. Genre, tu gagnes les qualifs, tu fais dernière des finales, c'est un échec. Et en fait, pas du tout. Dans la globalité, tu es arrivée là sur ta première Coupe du Monde et en fait, tu viens de réussir à te qualifier pour des finales. Et comme c'est un peu le but... La démonstration à faire si tu veux pouvoir être sélectionné pour les Jeux, c'est de montrer que tu parais en phase finale de grande compète internationale. En fait, c'était un début de la bonne première brique. Quelques semaines après, je me fais mal, je fais une grosse commotion dans le pipe. Et les trois mois qui ont suivi, janvier, février, mars, j'avais des vertiges absolument horribles. Bon, ça aurait pu être assez démotivant et de me dire peut-être que je me suis trompée. Tout ça, tout ce changement de vie, cette réappropriation du sport de haut niveau. J'ai emmené tout le monde avec moi dans cette histoire. Ça se trouve, ce n'est pas du tout là que je dois aller. Au final, je ne sais pas. Je me suis juste accrochée comme si c'était un truc à soigner, quelque chose à remettre en ordre. Et j'ai fini par gagner l'X Games au mois de mars avec ces vertiges. Le lendemain des X, j'avais quasi plus de vertiges. Puis, je suis allée voir une ostéo très, très particulière à Lyon. mais Pour dire que c'est toi qui décides de prendre des choses comme des échecs ou pas. C'est un choix que tu fais. C'était peut-être assez long pour en arriver au truc intelligent à dire. C'est ça. C'est quoi qu'il se passe, quelle que soit la chose qui t'arrive, c'est toi qui décides de la mettre dans la case échec ou d'y voir quelque chose d'intéressant sur lequel construire, à partir duquel construire, à retirer pour devenir une meilleure personne, à retirer pour te dire, je prends ça et maintenant j'aurai ça dans mon sac. Donc ça va avec la patience. Parce que si tu veux tout tout de suite, effectivement, tu risques de collectionner les échecs. Par contre, si tu es patient, que tu essaies de construire les choses avec des objectifs intermédiaires pour arriver éventuellement au rêve de ta vie d'être champion du monde, si tu es bien conscient qu'il y a un super chemin qui va être long, mais par contre qu'il est génial à vivre et qu'il sera semé dans le bûche et qu'il y aura des échecs mais qui n'en sont pas, non seulement tu as plus de chances d'arriver à l'objectif ultime, mais en plus de ça, tu vas kiffer ta vie. Tu vas vivre ce que tu as à vivre de manière. positive et avec du plaisir. Donc, c'est une bien meilleure approche.
- Speaker #1
Et du coup, la première étape pour ça, ça va être de savoir où tu veux aller, un peu de configurer ton GPS interne en mode, c'est ça mon objectif, c'est dans cette direction-là que je veux aller. Et les échecs ou les choses qu'on aurait espéré qui se passent différemment, ce sont en fait des petites déviations qui se font au fur et à mesure sur la route. C'est de l'expérience que tu engranges.
- Speaker #0
C'est ça. Et c'est aussi la capacité à dire, OK, Mon objectif, c'est ça, comme tu disais, voilà, moi, je vais aller là, mais être capable d'accepter que peut-être, c'est parce que la vie, elle a prévu pour toi. Et la vie, elle a un plan, elle a un super plan pour chacun d'entre nous. Et en fait, peut-être que ce n'était pas exactement là qu'elle voulait que tu ailles. Et du coup, lui faire confiance si ce n'est pas. Il y a un an exactement, je reçois un coup de téléphone d'un homme politique très haut placé dans l'échec national qui me dit est-ce que ça t'intéresserait de prendre la présidence du COJOP ? du comité d'organisation des Jeux Olympiques Alpes 2030. Je pense qu'à ce moment-là, j'ai quatre secondes pour lui répondre et pour faire la preuve que si c'est oui, c'est un vrai oui. Et je n'étais pas du tout prête à cette question. Et donc, je lui dis oui, bien sûr, évidemment. Donc, je me mets en tête de tout faire à partir de ce coup de fil pour faire la preuve que je suis la personne idéale pour ce poste-là. Ça devient mon objectif de vie, tu vois. Au final, il se passe... un milliard de trucs et beaucoup de trucs un peu pourris les uns que les autres et humainement pourris. Ce parcours est hyper compliqué et tumultueux et au final, je suis balayée sur la dernière ligne droite et il est décidé que ce sera Edgar Gropiron qui sera nommé à ce poste-là. Est-ce un échec ? Sur le coup, c'est sûr que tu as envie de te dire que oui parce que ça fait quatre mois que tu bosses là-dessus et que tu imagines tout ce que tu vas pouvoir faire de ce projet-là et à quel point ça peut être génial et moi qui ai beaucoup d'idées à la minute, ça devient un truc, je ne dors plus. Et au final, en une fraction de seconde, finalement, ce n'est plus moi et c'est quelqu'un d'autre. En fait, je crois que la vie n'avait pas tout à fait le même plan que moi. Moi, j'ai voulu saisir cette opportunité, j'ai voulu aller dans ce sens-là. Quand je vois un an plus tard... La situation dans laquelle se trouve l'organisation de ces jeux et la complexité que c'est, je suis bien heureuse d'avoir fait cuire des pâtes à sel ce matin avec mon fils, parce que je pense que j'aurais dévissé. J'aurais dévissé. Et donc, je me dis, la vie, ce que j'ai pris pour peut-être un petit échec quand même sur le moment, la vie m'a bien traité et je pense qu'elle a vraiment bien fait de ne pas me mettre là. J'aurais certainement, avec un peu de recul, réussi à détruire ma famille, ma relation avec mes enfants. Alors oui, j'aurais créé des jeux peut-être incroyables et j'avais un carnet d'adresses et des idées qui me permettaient d'imaginer une Olympiade dinguissime. Mais j'aurais peut-être laissé ma santé aussi et j'aurais peut-être perdu tous les gens que j'aime. Bon, tu vois, l'un dans l'autre, je suis contente que la vie ait eu un autre plan pour moi que celui que moi, je m'étais initialement donné. Et c'est aussi ça, je pense, d'être un humain heureux pour être un bon athlète. C'est-à-dire être capable d'accepter que des fois, ça ne va pas là où toi, tu avais envie. Et c'est OK, pas grave.
- Speaker #1
Ça me fait me questionner sur un truc, Marie. Tu parles de... Je ne vais pas employer... Ce n'est pas le destin que tu es en train de parler, mais tu dis que la vie a un plan pour chacun d'entre nous. En même temps...
- Speaker #0
Quand on dit ça à certaines personnes, il y a des personnes qui vont se dire, bon, écoute, si la vie a un plan pour moi et si j'ai une dessinée, tranquille, sous les cocotiers, et tout va bien, en fait. Je ne fais pas défense, je deviens spectateur, je ne suis plus acteur. À quel moment tu as ta part de responsabilité où tu donnes tout vers ce que tu crois que tu as envie, ou vers ce que tu as envie au moment T, et au final, à quel moment tu arrives à accepter que peut-être qu'en fait, c'était juste une partie du chemin dans lequel tu as appris plein de trucs que tu pourras réutiliser ensuite sur un autre truc qui sera plus adapté pour toi. C'est quoi ta vision de ça, toi ?
- Speaker #1
Ma vision, elle est assez simple. Je ne dis pas qu'il faut se laisser vivre et attendre que la vie te délivre ce qu'elle a prévu pour toi. Attention, je ne dis pas ça. Je dis, fais ce que tu penses être bien, fais ce que tu penses te motiver. Vas-y, fais-le à fond, donne-toi les moyens à fond d'aller dans un sens. Reste attentif aux signaux que la vie peut t'envoyer si en fait tu te gourais de chemin, tu vois. Je ne sais pas s'il y a un moment où tu fais, je ne sais pas, entorse sur entorse, pose-toi la question quand même. Ce n'est pas que parce que ton perronné n'est pas vraiment bien placé. C'est aussi peut-être qu'il y a des ajustements à faire et ce n'est pas tout à fait là que tu dois aller. Donc, sois attentif aux signaux comme ça que j'appelle les signaux de la vie. Et aussi, si vraiment tu vas au bout de ton truc et ça te mène à ce qui pourrait être considéré par les autres comme un échec, ne le traite pas comme un échec. traite-le simplement comme ok c'est finalement pas là que je devais aller ok c'est cool il me reste je ne sais pas de combien de dizaines de milliers de jours à vivre sur cette terre youpi que vais-je faire et réoriente c'est vraiment juste ça et réoriente c'est
- Speaker #0
pas juste la vie va tomber dessus avec ces petits plans et à une personne qui ferait ça par exemple du ski freestyle, freeride depuis qu'elle est vraiment très très jeune et que ça fait des années qu'elle est sur le circuit alors qu'elle est encore jeune maintenant, qu'est-ce que tu pourrais lui dire si cette personne, par exemple, elle ne se voyait que dans le ski parce qu'elle a toujours connu le ski ?
- Speaker #1
Je peux vous dire que c'est chakras, vraiment.
- Speaker #0
Vous vous dites chakras ?
- Speaker #1
Oui, je crois que c'est terrible de s'enfermer dans un seul hobby, dans une seule passion, dans un seul truc. Enfin, pour moi, c'est un risque à prendre. Tu peux le faire, mais il est possible que tu te réveilles à 35 ans et que là, tu te fasses un sale quart d'heure. parce que quand ça, ça va s'arrêter, ça va être le néant. Et c'est un peu ce que vivent aussi les gens d'une certaine génération qui arrivent à la retraite et qui ne se sont accomplis qu'à travers leur travail, leur posture au travail, le fait qu'ils grimpent les échelons sociaux grâce à leur travail et d'un seul coup, il n'y a plus le travail et du coup, ils ne sont personne. Et c'est la dépression, en fait. Et je crois qu'une manière de se prémunir, de se down super super violents pour les athlètes. C'est justement d'ouvrir le champ des possibles, d'ouvrir tes pratiques, tes passions, tes intérêts, tes centres d'intérêt. Et comme on le disait tout à l'heure, quand tu es athlète de haut niveau, tu as quand même souvent du temps pour toi. Il peut servir à te reposer et c'est super. Il peut aussi servir à te nourrir et à faire d'autres choses. Donc vraiment, j'encourage tous les jeunes qui sont vraiment au taquet sur une discipline. et qui sont dedans depuis longtemps, d'être curieux. Soyez curieux, vraiment.
- Speaker #0
Tu nous as parlé de ton prép mental tout à l'heure. Et j'ai une petite question pour les jeunes qui nous écoutent, les moins jeunes d'ailleurs, pour les personnes qui nous écoutent. Comment toi, tu choisis ton prép mental ? Tu nous as parlé que là, c'était un concours de circonstances, qu'en fait, au final, tu étais aussi intéressée parce qu'il faisait aussi de la partie énergétique à côté et que c'était une recommandation. Comment on choisit son préparateur mental ou sa préparatrice mentale ? Comment on voit s'il y a le match ?
- Speaker #1
Il y a plusieurs choses. Alors C'est un peu comme quand tu vas voir un psy pour la première fois. Déjà, la démarche, elle n'est pas évidente. Mais il ne faut pas s'arrêter au premier si tu as l'impression que tu n'es pas bien. Ce n'est pas la démarche qui ne te convient pas, c'est la personne. Donc, juste réessaye avec quelqu'un d'autre. Si par contre, tu as l'impression que d'un premier jet, déjà, ça te fait du bien et que ça a l'air de fonctionner, super. C'est que tu as peut-être bien du premier coup trouvé la bonne personne. C'est cool de se renseigner un peu sur cette personne, savoir si elle suit d'autres athlètes, et le cas échéant, si c'est des athlètes heureux. Pas si c'est des athlètes forcément performants, mais est-ce que c'est des athlètes heureux ? Est-ce que tu te renseignes ? Et est-ce que tu as l'impression que les gens qui sont suivis par cette personne ont l'air épanouis et tout ça ? Une deuxième chose importante, c'est que cette personne, elle ne doit pas être indispensable. Si c'est quelqu'un de bien, c'est quelqu'un qui doit te filer des clés, t'aider à grandir, à avancer, qui est toujours là pour toi, mais... qui n'est pas là en train de te dire « bon, on se revoit la semaine prochaine » . C'est quelqu'un qui doit être là à la demande, et certainement pas de manière imposée ou régulière. Parce qu'il n'y a rien de pire quand tu es face à quelqu'un qui maîtrise tous ces codes-là de la gestion mentale, psychologique, psychique. Il n'y aurait rien de pire que de tomber sous sa coupe et d'être dans une relation d'ascendance. Ça serait terrible, et je pense que c'est malheureusement une dérive qui doit arriver souvent.
- Speaker #0
Tu l'as vu un petit peu dans le monde de haut niveau, toi, ou autour de toi ?
- Speaker #1
Non, les gens avec qui j'ai interagi, et pas forcément le mien, mais d'autres pré-mantaux que j'ai pu croiser, ils ne sont pas du tout dans cette démarche-là, mais parce que moi, j'ai évolué dans certains cercles de très haut niveau. Les gens que j'ai rencontrés, c'est une chance de les avoir croisés sur mon chemin, mais je pense que peut-être à plus petit niveau, il y a des gens qui doivent... partir du principe que c'est un business et un business, si t'es un peu mal tourné, l'idée, c'est d'en faire le plus possible, c'est de garder les gens que t'as réussi à capter pour qu'ils fassent tourner la machine. Donc, ça pourrait être vite un bien. Donc, garder à l'esprit que quelqu'un qui te suit, s'il fait bien son job, à un moment donné, c'est pas grave si tu l'appelles plus. Et il est censé le vivre très, très bien.
- Speaker #0
C'est hyper important ce que tu partages là. Parce que l'entourage, c'est... C'est quelque chose d'hyper important. Et quand on met quelqu'un sur un piédestal, il y a un peu l'effet blouse blanche aussi. Ah bah, c'est mon préparateur physique. Ah bah, c'est mon préparateur mental. J'écoute tout ce qu'il ou elle dit. Il y a aussi la part de responsabilité chez les athlètes et chez chaque personne qui se fait accompagner par n'importe qui d'ailleurs, de se dire, OK, moi, j'attends ça de cette personne-là. Est-ce qu'elle est apte à me le donner ? Est-ce que je trouve ce que je cherche chez cette personne-là ? Et c'est de reprendre son pouvoir aussi avant tout.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Mais des fois, t'es un petit peu... Suivant ta période de vie et tes fragilités personnelles, tu peux ne pas du tout te rendre compte qu'en fait, tu es en train de devenir dépendant de cette personne. Mais bon, c'est pareil avec un coach, c'est pareil avec tous les gens qui font partie d'un staff. Mais ça peut être d'autant plus grave avec un prêt mental parce qu'il agite directement sur ta capacité cognitive.
- Speaker #0
Hier, on était avec Kadhi Gomis, qui est en équipe de France de ski freestyle. On était là sur le petit canapé qui est juste à ma gauche. Il nous parlait d'un truc qui a été un petit peu game changer dans sa carrière, c'était le fait qu'il ait une discussion à cœur ouvert avec son coach de la FED, que ce n'était pas facile et que pourtant, ça a été transformateur. Est-ce que c'est quelque chose que tu as pu vivre aussi, le fait de devoir prendre les devants pour parler avec quelqu'un qui est dans ton staff, qui est important pour toi ? Je sais qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont du mal avec leurs entraîneurs. Tu vois, j'accompagne même une jeune qui me dit « mais mon entraîneur, j'ai l'impression qu'il est là, c'est parce que c'est son job » . Il est là pour faire le taf, pour être payé à la fin du mois et il n'y a pas cette relation de progression et de confiance. Qu'est-ce que tu pourrais partager à ces personnes-là avec toute ton expérience et avec la maturité que tu as développée aussi et ton développement personnel, Marie ?
- Speaker #1
Le truc, c'est que moi, j'ai très vite, très jeune, été à très haut niveau. Et de nouveau, quand je suis revenue, j'étais très vite à très haut niveau. Donc, j'avais une capacité à faire des choix. À choisir les gens avec qui je voulais travailler et surtout à choisir ceux avec qui je ne voulais pas travailler ou plus travailler parce que j'essayais que ça ne matchait pas. Mais le problème des plus jeunes, c'est que souvent, tu n'as pas vraiment le choix de composer avec le coach. Au club, au comité et même souvent en équipe de France, si tu n'es pas numéro 2 mondial et que tu ne peux pas créer ta structure à l'Alexis Pantureau, tu vas de toute façon devoir toujours composer avec un staff que tu n'as pas choisi en vérité. Donc moi, je suis un mauvais exemple parce que j'ai toujours choisi tout le temps les gens avec qui je voulais avancer. Et il s'est trouvé qu'en plus, j'ai eu de la chance parce que Greg Guenet, qui était mon coach de toute petite, en équipe de France plus tard, c'est quelqu'un avec qui ça matchait particulièrement bien, à qui j'avais donné ma confiance un jour de mes neuf ans, quand j'ai fait mon premier backflip. Donc, il y avait une relation très forte et c'était lui le coach. Je ne sais pas du tout comment j'aurais pu... vivre ma carrière, en tout cas ma deuxième partie de carrière, si ça avait été avec quelqu'un qui m'ait été imposé. Donc franchement, je n'ai pas trop de conseils à donner aux 80% des athlètes à ce niveau-là parce que je ne sais pas ce qu'ils vivent et ça ne doit pas être simple. Ça ne doit vraiment pas être simple de composer avec un coach que tu n'as pas choisi. Oui, mais là, je ne suis pas la bonne personne pour...
- Speaker #0
Ok. Et là, tu parles de Grey qui est à la FEDE et qui y est encore actuellement. On est tous humains, donc ça match ou ça match moins. Ça ne veut pas dire que ça entache la valeur d'une personne, le fait que ça matche moins avec elle ou pas. Là, si par exemple, il y a une personne qui serait à la FEDE, alors je n'ai pas d'exemple en tête, je n'ai pas du tout de personnes précises, mais une personne qui arrivera à la FEDE, qui serait coachée par une personne qui est le coach référent de la FEDE, avec qui les atomes crochus ne sont pas forcément là. Comment on fait ? Parce que c'est la FEDE, c'est la personne qui t'emmène sur tous les plus gros événements mondiaux. Comment on fait ?
- Speaker #1
Parce que là, du coup,
- Speaker #0
tu ne choisis pas.
- Speaker #1
Non, mais là, il faut discuter. Il faut discuter avec le coach en question. Et je pense qu'il faut se dire les choses de manière posée. Je pense qu'il faut mettre une personne, une tierce personne dans la conversation aussi, qui soit un peu comme un médiateur ou quelqu'un d'assez... Trouver cette personne qui puisse être neutre. Ça peut être le DTN, ça peut être... Il faut que ce soit quelqu'un qui n'a pas vraiment d'acquaintance. Ça ne peut pas être un partenaire d'entraînement ou quoi, mais... ou peut-être un kiné, ou essayer de trouver quelqu'un d'assez neutre. Et il faut rentrer en discussion. Essayer de comprendre pourquoi tu ne t'entends pas bien ou à quel moment ça ne fonctionne pas. Et dans un premier temps, je pense que c'est ça qu'il faut faire. Et normalement, tu es quand même censé être en face de gens qui ont le même envie de performance que toi, donc qui doivent être capables de se remettre en question ou de comprendre ton plan. On est à une... période où je pense que c'est possible. Il y a encore dix ans en arrière, je pense que c'était vraiment pas évident ou possible et tu te serais mis un mur parce qu'il n'y avait aucune remise en question possible des coachs arrivés à ce stade-là d'évolution de carrière, tu vois, le Graal, être coach d'équipe de France. Je pense que les temps ont changé, je pense que les formations sont de plus en plus nombreuses du côté des staffs et des coachs pour mettre en perspective ces volets-là. donc je Je pense qu'il faut parler, vraiment. Et après, si vraiment ça ne change rien et qu'il ne se passe rien, là, après, c'est une discussion que tu dois avoir avec ta fédé parce que peut-être qu'eux, ils considèrent que tu es la pépite et qu'ils sont capables de mettre en place un traitement un peu différent pour que tu t'épanouisses ou pas. Parce qu'on ne va pas se mentir, les fédés, elles n'ont pas non plus des budgets à rallonge qui permettent de faire du cas par cas. Et après, peut-être discuter aussi avec tes copains et tes collègues d'entraînement pour comprendre comment eux, ils font pour gérer ça. Parce que soit peut-être qu'ils vivent la même chose et ils ont trouvé des leviers pour passer outre, ou peut-être qu'ils vivent tous la même chose et qu'en fait, ça nécessite de faire remonter la chose de manière collégiale.
- Speaker #0
Donc là, on est vraiment sur ce que tu disais depuis le début. En fait, c'est la manière dont on s'entoure. Et c'est le côté humain qui va permettre de croître et de grandir. Comment t'apprends à t'entourer, toi Marie ? On va aller sur la slide après que tu m'as partagé tout à l'heure. Un bon entourage, c'est les personnes qui vont te permettre aussi de te ressourcer. C'est les personnes dont leurs croyances vont aussi influer sur toi. Toi, aujourd'hui, tu t'estimes bien entourée, c'est ce que tu as partagé dès le début. J'imagine que ça n'a pas toujours été facile et tu l'as partagé dans ton chemin de vie aussi au début de l'interview. Là, aujourd'hui, avec du recul, ce seraient quoi les points fondamentaux pour réussir à bien s'entourer ?
- Speaker #1
C'est être capable de faire des compromis sans compromission. C'est... C'est comprendre les autres, s'intéresser à eux, c'est faire attention à ce qu'eux, ils essayent de te comprendre et qu'ils s'intéressent à toi. Et forcément, on est tous différents, donc il y a des compromis que tu peux être prêt à faire et qui valent le coup. Et par contre, tomber dans la compromission, c'est s'oublier, c'est être capable d'accepter des choses qui vont à l'encontre des principes fondamentaux au départ. Et là, tu ne vas pas dans le bon sens. Mais je ne sais pas s'il y a une recette pour bien s'entourer. En fait, il y a une expérience qui s'acquiert et une confiance en soi qui grandit, qui te permet à un moment de dire que c'est plus entendable de fonctionner comme ça ou que cette personne-là mène aussi. Et du coup, j'arrive à un stade où il faut se protéger.
- Speaker #0
Donc, il y a de la connaissance de soi. apprendre à dire non aussi. Et en fait, j'ai l'impression que pour réussir à bien s'entourer, il faut aussi réussir à mal s'entourer avant. Et l'un ne va pas sans l'autre, c'est les deux facettes d'une même pièce. Et c'est marrant parce que du coup, on parlait d'amour tout à l'heure. Et il y a une phrase d'Albert Einstein qui disait « L'amour, c'est la synthèse et la synchronicité des opposés » . Alors quand tu écoutes ça, tu te dis « Mais qu'est-ce que ça veut dire ? » C'est pas clair, quoi. C'est qu'en fait, quand on arrive à aimer les parties agréables, les parties désagréables et voir qu'il y a des bénéfices aussi aux côtés désagréables. et des inconvénients aussi au côté agréable, qu'on arrive à être dans cet état d'amour. Je fais un collapse avec les mains, là. Ouais ! Et en fait, que tout est équilibré, et que l'échec, comme tu disais tout à l'heure, il n'existe pas si on continue d'avancer, et que c'est de l'expérience, et que c'est juste, allez, maintenant, tac, on réoriente. Il y avait Kobe Bryant qui disait à Tony Parker, mais moi, quand je loupe un truc, au lieu de m'énerver comme toi, je tire, ça ne rentre pas, je clique sur le bouton de mon ordinateur, reset c'est ça et en fait je switch Et let's go, on avance, on continue à avancer. Je ne vais pas m'arrêter à regarder 15 ans cette balle qui est par terre.
- Speaker #1
Mais oui, mais il a vraiment raison. Ça me fait plaisir qu'il ait dit ça, Kobe Bryant. Tu perds ton temps, sinon tu perds ton temps et de l'énergie, en vérité. Mais des fois, tout ça, c'est des apprentissages. Voilà, il faut être patient parce qu'il y a des apprentissages que tu mets du temps à être capable d'accepter. Il y a aussi un tempérament, il y a aussi... une façon dont tu as été éduqué. Il y a aussi des choses qui t'ont marqué dans ta jeunesse. Il y a un tas d'éléments qui font qu'on est plus ou moins capable d'apprendre de la vie. Ce n'est pas facile parce qu'après, en plus, quand tu as des apprentissages et que tu as des gosses, tu as envie de leur faire gagner du temps. Tu as envie qu'eux puissent intégrer ce que toi, tu as mis 20 ans à intégrer plus tôt. Parce que comme ça, tu te dis, je leur fais gagner du temps et ils seront plus heureux plus vite.
- Speaker #0
Et en même temps ? au même niveau que tu veux leur faire gagner du temps, tu leur empêches d'avoir tous ces apprentissages. D'ailleurs, si on divise apprentissage en deux mots, c'est un apprenti sage et on apprend à s'assagir en fait. Grâce à tout ça, quoi.
- Speaker #1
Bien sûr, tu ne peux pas non plus les mettre dans une bulle ou leur faire l'économie de ce que toi, tu as pu apprendre. Non, mais c'est clair.
- Speaker #0
Parce que tu as la meilleure intention, en plus, en faisant ça. Mais sauf qu'en fait, en ayant cette meilleure intention, il est aussi bon de leur laisser se casser un petit peu les dents, parce que c'est la figure pour se relever, quoi.
- Speaker #1
Bien sûr. Tu sais,
- Speaker #0
il y a une métaphore avec le papillon. Quand il est en cocon, c'est toi qui l'aides à enlever son cocon et qui ne force pas avec ses ailes pour réussir à se déployer. mais en fait il n'a pas assez Il n'y a pas assez de force dans les ailes pour vivre après derrière. Donc, tu prends,
- Speaker #1
tu l'aides et au final,
- Speaker #0
tu le tues.
- Speaker #1
Ouais. Non, mais c'est vrai. Et je pense que c'est un des questionnements que les coachs doivent se poser aussi. Parce que quand tu es un coach, quelle que soit l'équipe, mais bon, alors il y a des jeunes coachs. Et puis après, c'est rare qu'un très jeune coach soit tout en haut de l'échelle des coachs. Donc, souvent, c'est des gars qui ont déjà beaucoup d'expérience ou des meufs qui ont déjà beaucoup plus d'expérience. et et Et donc, du coup, eux aussi, ils ont un vécu, eux aussi, ils ont des expériences. Et comment ils les ont traités, comment ils les ont analysés, comment ils s'en servent. Des fois, ils s'en servent à bon escient, des fois, pas à bon escient. Et donc, tu vois, ça complexifie encore la relation. Il y a toi en tant qu'athlète, être humain et tout. Et tu es face à quelqu'un qui a aussi, malgré toute la bonne volonté qu'il peut avoir pour t'amener sur ton chemin de performance, qui peut avoir des billets. Je peux te dire des putains de billets.
- Speaker #0
c'est clair
- Speaker #1
Marie si on veut te suivre là actuellement suivre tes actualités et continuer à te suivre après ce podcast et bien je où est-ce qu'on t'attend où est-ce qu'on ouais je communique un peu sur mes réseaux alors forcément en ce moment c'est très tourné politique locale et en jeu et en jeu du milieu de la montagne pour les années à venir ok voilà Facebook Instagram très Insta plutôt quand même et j'aime bien Merci. Je fais des trucs un peu plus construits sur LinkedIn. C'est un peu moins vie ma vie. C'est un peu plus, OK, tiens, je suis à ce sujet. Qu'est-ce que vous en pensez ? Un peu plus...
- Speaker #0
OK. Donc, si on veut du deep, on va sur LinkedIn. Si on veut voir un petit peu du lifestyle, on va plutôt sur Insta.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
OK. La santé mentale dans le monde du sport de haut niveau, c'est ce que tu viens de finir avec le coge... J'arrive jamais à le dire.
- Speaker #1
Le comité authentique. La commission des athlètes du comité olympique. En fait, la commission des athlètes au sein du comité olympique, elle a entre autres pour objectif de mettre en place des programmes qui aident les athlètes dans leur quotidien et dans ce qu'ils sont. Et on avait isolé le fait que la préparation mentale n'était pas vraiment traitée par beaucoup d'athlètes et de staff. Et on avait aussi isolé le fait qu'il y a beaucoup d'athlètes qui sont en souffrance, qui ont une santé. fragiles, qui sont en souffrance, qui ne sont pas bien. Et donc, on s'est dit, OK, qu'est-ce qu'on peut faire pour les aider et les accompagner ? Donc, on a pris le sujet de manière large et on en a sorti quatre ou cinq points pour essayer d'apporter une réponse, en fait. Pour autant que l'athlète la cherche, c'est-à-dire qu'on n'a pas encore en capacité de déployer, d'envoyer des... des émissaires dans toutes les équipes, de tous les niveaux, dans tous les sports en France pour leur dire, tiens, la santé mentale, c'est un sujet, peut-être que si tu ne vas pas bien, c'est parce qu'en fait, tu as des trucs à régler au niveau psychologique et c'est normal et ce n'est pas grave, rassure-toi, tu vois, on n'a pas les moyens de faire tout ça. Donc, c'est plutôt genre, ça part de l'athlète et d'essayer d'apporter une réponse. S'ils se posent la question aussi, se disent, attends, mais là, peut-être que je ne vais pas bien, c'est de se confirmer qu'il ne va pas bien avec un petit questionnaire et d'être sûr que... D'essayer de comprendre où il en est. C'est de faire en sorte de bien identifier les personnes qui pourraient accompagner ces athlètes, que ce soit des psychologues ou des prêtres mentaux, d'être sûr qu'ils ont bien fait les bonnes formations et que ce ne sont pas des charlatans, justement. C'est d'aller voir du côté des dispositifs étatiques qui existent déjà dans le droit commun. Par exemple, il y a un volet qui s'appelle « Mon soutien psy » . C'est que tu as des séances de psy remboursées par la Sécurité sociale, pour autant que tu répondes à quelques critères, que tu causes quelques cas. C'est l'idée d'aller voir de ce côté-là comment on peut adapter ce « mon soutien psy » à des athlètes pour qu'ils puissent avoir accès à un psychologue sur quelques séances de manière gratuite, ce qui change tout, parce qu'un psy, ce n'est pas donné. pour au moins dégrossir au départ et mettre le doigt sur certains sujets et que tu puisses d'ailleurs travailler. C'est ce genre de démarche-là qu'on a répertoriée et qui sont toutes mises bout à bout dans un document.
- Speaker #0
C'est super marquant. En plus, on le partagera après derrière. Un jeune sportif sur 5 qui exprimerait ressentir un mal-être, 24% présenterait des troubles anxieux. Et ça, c'est un petit peu la maladie du siècle, si j'ose dire. On n'est qu'en 2025, mais notamment avec les réseaux. C'est dingue, non ? 24% présenterait des troubles anxieux.
- Speaker #1
Oui, et même sont en dépression post-GO. Qu'ils aient réussi leur JO ou pas. Là, après Paris 2024, il y a eu un gros dip. down.
- Speaker #0
On en parle avec Florent Moinedou qui a pris la parole aussi, qui l'explique, qui a une dépression et qui remonte la pente, mais ça fait un gros choc, il y a tout qui s'arrête.
- Speaker #1
C'est de dire qu'on vit à une époque où c'est d'accord, c'est ok, ça existe, c'est pas grave. Ça peut être grave, mais si tu en prends conscience, c'est pas grave parce qu'il y a des solutions. Tu peux être accompagné et surtout, tu vas encore une fois gagner du temps plutôt que d'essayer de Merci. de te débattre d'un truc ou de croire que c'est juste de ta faute et qu'en fait, c'est parce que tu n'es pas fait pour le sport de haut niveau ou parce que tu... Enfin, tu vois, ce n'est pas ça. Souvent, il y a des solutions et elles passent par la parole et le fait de pouvoir en parler, être accompagnée.
- Speaker #0
Et la connaissance de soi aussi. C'est ce que tu as été brûlé aussi tout à l'heure, mais on en parlait aussi avec Kadhi hier en interview. La connaissance de toi, c'est vraiment la clé qui permet d'avancer et d'aller creuser ces endroits où on va chercher ce plaisir comme moteur. plutôt que de continuer à être un pilote automatique. Et ça, c'est la responsabilité de toutes les personnes qui veulent aller vers un objectif que j'oserais définir de grand ou en tout cas d'exigeant, de très exigeant. Marie, si tu avais une phrase que tu as envie que les gens se rappellent à la fin de ta life, si ta vie, ça devait être un message, tu aimerais que ce soit quoi ?
- Speaker #1
Il vaut mieux avoir des remords que des regrets. C'est ça. C'est quoi ? Ça serait ça. Il vaut mieux avoir des remords que des regrets. et à la question c'est quoi la DIF ? La div, c'est qu'un regret, tu regrettes de n'avoir pas fait quelque chose. Tu ne l'as pas fait, tu ne l'as pas tenté, tu n'as pas essayé. Un remords, c'est de regretter un peu d'avoir fait quelque chose. Eh bien, il vaut mieux avoir tenté, il vaut mieux l'avoir fait. Et donc, il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si tu es arrivé jusqu'ici, c'est certainement que tu mets de l'importance sur ce qui se passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques. Si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage, n'hésite pas à lui partager. Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast, ce qui permettra toujours d'avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram à TomRDS, pour plus de contenu sur la prép mentale. Ciao !