- Speaker #0
Dans ma tête, quand j'étais au départ, j'avais rien à faire là. Forcément, quand tu te sous-estimes, tu te mets toi-même une balle dans le pied. C'est comme si je faisais des coupes du monde. 50% je la faisais, 50% j'étais spectateur. Si j'échouais, on va dire, j'avais l'impression que tous les regards étaient braqués sur moi. Quand j'allais vouloir faire les choses, j'en faisais trop. Ma performance, elle va se jouer maintenant. Le trick, je sais le faire. C'est kiffant de faire kiffer les autres. Mais au bout d'un moment, le mec que je dois faire kiffer, à la base, c'est moi. Si je suis arrivé à un certain point, c'est parce que d'une manière ou d'une autre, les circonstances, c'est moi qui les ai créées.
- Speaker #1
Bienvenue dans l'appel du drop. Le premier podcast de freeride qui t'aide à gérer ton mental et envoyer tes meilleurs runs. Moi c'est Tom Rodrigues, le préparateur mental des riders. Ici, on parle sans filtre de ce que tu vis quand t'es en haut d'une face ou au départ du parc. Ce moment où t'as le choix entre écouter tes peurs ou suivre l'appel du drop. Ensemble, on va apprendre à gérer la pression avant un run en s'inspirant des conseils et retours d'expérience des meilleurs riders pour enfin faire sauter tes blocages et montrer de quoi t'es vraiment capable. Je t'embarque avec moi ! 3, 2, 1, c'est parti ! Kaditane El Kadito Gomis est présent avec nous aujourd'hui en équipe de France de ski freestyle, spécialité slope style et big air. Aujourd'hui, on est là pour parler préparation mentale dans le sport que tu kiffes. T'es accompagné toi-même par un prep mental, mais on en reviendra un petit peu après pour en parler de ça. T'as la patate ?
- Speaker #0
Je lui ai eu au téléphone il y a 5 minutes. C'est vrai ?
- Speaker #1
Tu lui as dit ?
- Speaker #0
Non, mais je lui en ai parlé, mais il ne m'a même pas appelé pour ça. C'est juste qu'il est très... disponible.
- Speaker #1
Ah, trop cool, pour en parler de ça aussi, de la relation que tu as avec ton prep mental, c'est aussi un mec qui fait partie de ton staff.
- Speaker #0
Pas directement avec mon équipe, avec l'équipe de ski, mais c'est quelqu'un que j'ai choisi moi personnellement.
- Speaker #1
Yes, c'est ton staff personnel, je veux dire. Ouais. Eh bien, écoute, avec Théo, on t'a préparé quelques petites questions. L'idée, c'est que ce soit en détente, on est à la maison, on est à la Clusaz actuellement, ta station où tu as commencé.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Sur Wikipédia, On voit que tu as aussi commencé à Manigod. Est-ce que tu valides ? J'ai un Wikipédia.
- Speaker #0
Je ne savais pas.
- Speaker #1
qui a dit Kaditane Gomis, fils d'Alphonse Gomis.
- Speaker #0
Ok, j'ai regardé.
- Speaker #1
Ouais, selon Wikipédia, tu aurais commencé à 11 ans le ski freestyle. Est-ce que tu valides ou est-ce que...
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, à peu près. J'avais entre 10 et 11 ans, ça faisait déjà plus que j'étais tout petit, que j'en faisais à côté pour le fun. Mais je faisais du ski alpin à la base. Et c'est vraiment juste avant mes 11 ans, il me semble, que j'ai fait la détection pour rentrer au club. Et que là, du coup, j'étais inscrit officiellement et que j'avais changé de discipline.
- Speaker #1
Ok, là, t'es de 2002, toi, juste pour qu'on puisse bien te rencontrer. Donc, t'as 23 ans, là ? Ouais,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Et t'as commencé avec ton papa Alphonse ou t'as commencé en club ?
- Speaker #0
En fait, mon père, du coup, il vient du monde du ski alpin. Et avant même que je marche, il me faisait déjà glisser sur le ski, il me tenait les mains, il m'amenait sur les pistes, tout ça. Donc, j'étais encore un fœtus, tu vois, mais il m'y a fait goûter comme ça. Et puis ensuite, j'ai commencé, moi, surtout à Méribel, en fait. Avant de venir à Manigod, parce que mon père enseignait là-bas.
- Speaker #1
Donc t'habitais là-bas ou pas ?
- Speaker #0
Mon père, il était directeur technique d'une école de ski là-bas, donc lui faisait les trajets tous les jours depuis chez moi. Et pendant les vacances d'hiver, on essaie toujours d'avoir un logement sur place pour que moi, du coup, je puisse faire mes entraînements, mes cours, tout ça.
- Speaker #1
Ok, donc là, juste pour contextualiser, t'as quel âge à ce moment-là ?
- Speaker #0
C'est flou en vrai, mais c'est entre mes 1, du coup, entre mes 1 an, je dirais, et mes 7-8 ans.
- Speaker #1
Ok, donc c'était le rythme général.
- Speaker #0
6-7 ans. 6-7 ans ?
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Un truc comme ça.
- Speaker #1
T'étais ici, t'étais à Meribel.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Tu faisais les navettes, ok.
- Speaker #0
Et je skiais pas beaucoup ici encore.
- Speaker #1
Donc tu skiais pour toi là ou tu skiais avec un club ?
- Speaker #0
J'étais dans une... Du coup, je skiais pour moi beaucoup, mais j'étais surtout dans une infrastructure voisine de celle où mon père travaillait parce que j'avais un pote à moi qui était là-bas aussi. Et j'ai très peu de souvenirs en vrai de cette période-là sur les skis. c'est plus des trucs qu'on m'a raconté Mais oui, je prenais des cours, j'étais encadré. Et je skiais beaucoup avec lui aussi parce que c'est son métier. Donc il a pris le temps de m'apprendre.
- Speaker #1
Juste pour remettre un peu de contexte pour tout le monde, on commence avec Kadi. Normalement, ça devait être demain qu'on avait annoncé l'invité. Mais comme dans le sport de haut niveau, on s'adapte. Il y a tout qui bouge, donc on fait avec les plannings de chacun. C'est trop cool. J'espère que vous êtes refaits d'avoir Kadhi, parce que nous, en tout cas, on l'est avec Théo. Si tu veux mettre ton petit mic, you can say something.
- Speaker #2
Ouais bah écoute, moi je suis trop content, je te connaissais pas avant qu'il me parle de toi. C'est vrai que je viens plus du monde du ski alpin, donc c'est cool de pouvoir rencontrer aussi des personnes comme toi. Et je pense que tout le monde veut savoir pourquoi t'as accepté de venir avec nous ? On est deux gonzes, il y a plus de la moitié ne sait même pas qui on est, et on a un guest comme toi, pourquoi t'as accepté de venir ici ?
- Speaker #0
Bah déjà je connais Thomas depuis même avant que je sache qu'il faisait de la prep mentale. On se connaît d'amis en commun. Et moi, la prép mentale, du coup... C'est quelque chose qui me concerne et qui m'intéresse beaucoup aussi, parce que je ne connaissais pas du tout avant de commencer. Et en fait, j'ai appris beaucoup de choses en pratiquant avec mon PrEP mental. Et en fait, ça me passionne un peu aussi. Ce n'est pas du tout quelque chose que je vais prendre du temps de me renseigner à côté de mes séances de Prep mental, mais je trouve que c'est un sujet qui est très peu connu, mais qui est très, très intéressant. Donc moi, je suis un peu ouvert à tout, donc ça fait kiffer d'être là aussi.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui te fait dire que c'est super intéressant ? En quoi c'est utile pour toi ?
- Speaker #0
En fait, moi je suis quelqu'un qui est très sûr de moi à la base, qui me connaît beaucoup, jusqu'au jour où j'ai goûté à la prép mentale et j'ai découvert que je ne me connais pas du tout. Et ce qui est hyper intéressant, c'est que tu as l'impression d'apprendre à te connaître tous les jours depuis que tu commences à faire ça. Et en fait, ça te fait prendre un peu de recul sur ta propre personne. Et moi, en tout cas, la sensation que ça m'a fait au début, c'est que j'avais vraiment l'impression que tout ce que j'avais fait avant, en fait, j'étais à côté de la plaque. Alors que j'étais vraiment sûr de moi dans tout ce que j'entreprenais.
- Speaker #1
Sur quelle dimension, toi, tu as appris à te découvrir ?
- Speaker #0
Je dirais que c'est surtout mon potentiel sur les skis. Donc ça, on va dire que c'est le sujet principal. Moi, je fais de la préparation mentale pour l'instant parce que je suis... en pleine carrière et qu'on arrive dans les moments les plus importants aussi de la carrière, vers nos âges. Du coup, moi, ce que je suis en train d'apprendre, c'est comment vraiment tirer profit de mon potentiel de base. Et en fait, jusqu'ici, je n'en avais pas du tout conscience du vrai potentiel que j'avais et je l'exploitais très, très mal.
- Speaker #1
Tu as vu la vraie diff entre le moment où tu as commencé la prep mentale et le moment où tu as appliqué ce que tu as appris ou pas ?
- Speaker #0
Ouais. Je pense qu'il y a un an de transition, où j'apprenais énormément de choses, les choses je les apprenais, je les connaissais, mais ça m'a mis à peu près un an à mettre des applications concrètes sur ce que j'avais appris.
- Speaker #1
Parce que là, ça fait combien de temps que tu bosses avec ton préparateur mental, toi ?
- Speaker #0
Je dirais que ça va presque faire deux ans, un an et demi, quelque chose comme ça.
- Speaker #2
Et c'est qui ton préparateur mental ?
- Speaker #0
C'est Romain Flandin.
- Speaker #2
Et comment tu l'as connu, comment tu as fait connaissance avec lui, comment est-ce que tu l'as choisi ?
- Speaker #0
via mon père en fait, qui s'est opéré de la hanche. Du coup, il était en rééducation avec des préparateurs physiques qui sont liés de près ou de loin avec la FEDE française de ski. Et sur une discussion avec un des préparateurs physiques, en est venu ce préparateur mental dans la discussion et de fil en aiguille, je me suis mis à le contacter. Et ça m'a mis du temps parce qu'au début, comme je te dis, j'étais très confiant. Oui, j'avais été confiant sur moi. J'étais là, mais j'ai pas besoin de lui.
- Speaker #1
Ouais, pas besoin, quoi.
- Speaker #0
J'étais là, "mais les gars, je suis pas malade."
- Speaker #1
Ouais, tu disais au début, c'est pour les malades, quoi.
- Speaker #0
Exactement. J'avais cette vision-là, en fait. Et j'étais là, les gars, je vais très bien, pas de problème. Je suis au top, quoi. Et alors, en fait, en une séance, il m'a scanné et j'ai capté qu'en fait, j'avais vraiment beaucoup de choses à revoir, quoi.
- Speaker #1
Donc, tu y allais déjà en mode, un petit peu, tu reculais à reculons, en mode, allez, je le fais parce qu'on m'a dit que c'était cool. fallait le faire quoi
- Speaker #0
Pour la première prise de contact, c'est mon père qui vient du haut niveau aussi, qui m'a vraiment dit, au niveau où tu en arrives, pas tous, mais une très grande majorité des sportifs ont un préparateur mental. Et c'est mon père, donc au bout d'un moment, tu écoutes tes parents et je me suis dit, OK, je vais le contacter. Et en fait, il m'a vraiment fallu, mais ce n'était même pas une séance, le premier échange que j'ai eu avec le préparateur. C'était vraiment, on s'est vu dans un café, il m'a dit, ce n'est pas une séance que je te fais, juste on se rend compte. Et on va juste se rencontrer. Et puis à la fin du café, je ne m'étais jamais senti aussi transparent dans le sens où je n'avais jamais vu quelqu'un lire autant rapidement en moi qu'après ce café. Et c'est là que je me suis dit, ah ouais, il est trop fort. Je me suis dit, OK.
- Speaker #2
Tu as dit comment on fait pour bosser avec après ?
- Speaker #0
Moi, j'ai dit oui direct. Je n'ai pas réfléchi.
- Speaker #2
Donc n'hésitez pas à venir boire des cafés avec nous, si vous voulez.
- Speaker #0
Très bonne première approche. Il est chaud, il est chaud.
- Speaker #2
Et il a payé le café.
- Speaker #1
C'était bénéfique.
- Speaker #2
Et aussi, si jamais pour vous, dans le chat, n'hésitez pas à poser des questions si vous voulez. On les posera pour vous. Évidemment, à la fin, on vous laissera poser toutes les questions que vous voulez. Mais en attendant, si vous voulez poser des questions dans le chat, n'hésitez pas. Et nous, on posera des questions à Kadi sans problème. Comme ça, vous allez pouvoir aussi intervenir un petit peu.
- Speaker #1
Attention, on a quand même le filtre. Théo qui va vérifier avant que ce n'est pas des conneries qu'on envoie parce qu'on en connaît aussi un peu certains. C'est quoi l'intérêt pour vous d'être là aujourd'hui ? On va faire juste un petit dézoom sur un concept clé. C'est quand on a un résultat, peu importe lequel c'est. Il découle de plusieurs choses. Premièrement, c'est un comportement. Ce qu'on a fait pour réussir à avoir ce résultat-là. Les émotions qu'on a réussi soit à créer, soit à vivre à ce moment-là pour réussir à avoir le meilleur comportement possible qui nous amène le meilleur résultat. Et tout ça, ça dépend de nos pensées et de notre physiologie. Un mot compliqué pour dire juste comment on se tient. Et là, Kadi, du coup, il a un équipe de France. On lui souhaite de très belles choses pour les mois à venir. Mais stay tuned d'ailleurs, Kadi Gomis sur Instagram. Et on est là pour voir ce qui s'est passé au fond de toi pour réussir à atteindre ce niveau-là depuis que tu es tout petit. C'est pour ça qu'on retrace ton parcours, on te pose des questions un peu personnelles. S'il y a des trucs que tu n'as pas envie de dire, tu nous as dit que tu étais assez open.
- Speaker #0
Je ne vais pas poser vos questions. Si je ne dois pas répondre, je ne répondrai pas. Mais n'ayez pas peur de les poser en tout cas.
- Speaker #1
On fait un code, tu fais un geste de la main comme ça en mode gang. Allez, ça marche, c'est parti. Théo, tu voulais aller voir sur les premières questions ? Ah yes,
- Speaker #2
t'as un multi-sache. Moi j'ai envie qu'on rentre directement dans le vif du sujet et qu'on parle tout de suite de l'échec, de la pression et tout ça. Toutes les choses négatives qui peuvent arriver quand on est sportif de haut niveau ou même sportif tout court. Toi c'est quoi la pire expérience ou en tout cas l'émotion qui t'a le plus limité ? Moi je sais que quand j'étais skieur c'était souvent la pression, j'arrivais pas vraiment à gérer mon stress et tout. Toi c'est quoi l'émotion qui te limite le plus ? Comment t'as géré ça ?
- Speaker #0
Une émotion qui m'a limité ou qui me limite encore le plus, je dirais que, par exemple, sur les événements les plus récents, quand j'ai eu des gros blocages, c'est la période où je ne me sentais pas à ma place. Dans le sens où, au départ d'une compétition, quand je faisais des Coupes du Monde, et bien, j'en ferai encore, mais les Coupes du Monde, avant que j'ai un déclic dans ma tête, quand j'étais au départ, j'avais rien à faire là. J'étais à côté des meilleurs mondiaux, des gens qui font des Coupes du Monde. Et en fait, je me disais, mais qu'est-ce que je fais là ? Et en fait, je ne me rendais pas compte du pourquoi j'étais là. Si j'étais là, c'est parce que je l'avais mérité, c'est parce que j'avais travaillé, c'est parce que tout ça. Et en fait, du coup, forcément, quand tu te sous-estimes, tu te mets toi-même une balle dans le pied. Et c'est à travers une discussion que j'ai eue pas plus antérieurement que l'hiver dernier. avec mon coach de l'équipe de France du coup, où c'est lui qui m'a dit que je me sous-estimais. Et il me l'a dit, ça faisait longtemps qu'il voulait me le dire, et il me l'a dit franchement, jusque cette discussion-là, je ne l'avais jamais vraiment réalisé. Et c'est après ça que j'ai un peu switché et je me rendais compte que je me bridais tout seul.
- Speaker #2
Quand tu disais certaines choses, qu'est-ce que tu ressentais ? Est-ce que c'était de la frustration de te sentir comme ça ? Est-ce que c'était plutôt du stress, de l'angoisse lié à ton statut ? Qu'est-ce que tu disais et qu'est-ce que ça a généré en toi ?
- Speaker #1
Tu pensais à quoi ?
- Speaker #0
Je pensais un peu aux autres qui étaient au départ aussi, ce qu'ils pensaient de moi, quand ils me regardent ce qu'il y a, ce qu'ils se disent que ce mec-là, il est bon, il est assez bon d'être ici. Est-ce que le coach pensait que j'étais assez bon pour être là ? En fait, je me posais plein de questions qui, sur le moment, n'allaient pas m'aider du tout. Et c'est des questions qui sont naturelles à se poser parce que c'est un peu le syndrome d'imposteur, comme on l'appelle. Et moi, j'ai un peu toujours eu ça. C'est-à-dire que quand j'ai acquis des choses vraiment cool, Je me suis toujours dit que je ne les méritais pas complètement.
- Speaker #1
Donc c'était quoi ? C'était de la chance pour toi en fait ?
- Speaker #0
Ouais, je me disais que j'avais toujours été au bon endroit au bon moment en fait. Et du coup, en fait, on m'a vraiment fait réaliser que ça, ça peut être vrai, mais déjà ça ne va pas m'aider. Et en plus de ça, si je suis arrivé à un certain point, c'est parce que d'une manière ou d'une autre, les circonstances, c'est moi qui les ai créées. La chance, ça se provoque comme on dit, et que si j'en suis arrivé là, c'est parce que j'ai travaillé aussi. Et donc, c'est toutes ces idées un peu négatives qui me traversaient l'esprit. Et pour le coup, je n'ai pas eu de prép mental entre le moment où j'ai eu cette phase-là, cette discussion et la compète d'après. C'était une discussion simplement avec mon coach et juste le fait qu'il me l'ait dit. Je faisais déjà de la prép mental avant et j'ai réussi à moi-même appliquer, en fait, comme si j'avais un pansement sur ce défaut. Et la compète juste après, c'était deux jours après, j'ai fait la meilleure compète de... depuis plus d'un an et demi.
- Speaker #1
On va reparler de l'entourage, c'est hyper important. Et comme quoi, on voit qu'on dit PrEP mental, mais il n'y a pas que des PrEP mentaux non plus qui aident sur la dimension mentale. Il y a aussi les personnes qui sont autour de nous, les coachs qui sont hyper importants dans la vie d'un athlète. Donc, c'est aussi hyper important de pouvoir aller visiter nos attentes par rapport aux coachs et les attentes aussi des coachs envers nous. Et ça, ça passe par de la communication, on ne le dira jamais assez.
- Speaker #2
On peut carrément aller directement sur ce sujet. Il parle de son coach et tout.
- Speaker #1
Let's go !
- Speaker #2
La relation entraînée m'a toujours impacté parce que j'étais entraîneur, j'étais athlète. Du coup, il y a toujours eu cette relation avec un entraîneur. Toi, comment est-ce que tu vis ta relation avec ton entraîneur ? Surtout que j'imagine que tu as dû souvent changer d'entraîneur. Comment est-ce que tu fais pour t'adapter à chaque fois aux nouveaux entraîneurs ?
- Speaker #0
Je dirais que j'ai un entraîneur qui a de base, qui est Ausha, pour ceux qui connaissent, de la Clusa.
- Speaker #1
Antoine Rachel.
- Speaker #0
Ça, c'est un entraîneur que, depuis que j'ai commencé, et maintenant où je suis, je l'ai toujours. Donc ça veut dire que même si je ne pars plus avec lui, c'est toujours ma référence avec qui je vais échanger. Si j'ai besoin de quelque chose, je vais lui demander à lui. Donc ça, c'est mon entraîneur qui me connaît le mieux, parce que c'est lui qui m'a appris le ski freestyle à la base des bases. Et maintenant, j'ai voulu être l'entraîneur de l'équipe de France. Donc c'est avec lui que je passe le plus de temps désormais. Et on s'entend hyper bien. Mais en fait, on vient de deux écoles totalement différentes, comme dans tous les sports. Les coachs n'apprennent pas de la même façon à leurs athlètes. Et en fait, on communiquait hyper bien sur la vie personnelle, tout ça. Mais je me rendais compte que c'est peut-être moi aussi qui me bloquais par rapport à lui, parce que je voulais rester fidèle à l'apprentissage que j'ai eu ici à la Clusaz. Mais on avait une communication où on s'entendait pas forcément, on s'entendait hyper bien, mais on n'allait pas forcément se comprendre sur les attendus de l'un par rapport à l'autre. Et en fait, il nous a fallu une discussion, donc c'est la discussion en plus que je parlais juste avant, où franchement, pendant deux heures, on s'est déballé. Moi, il m'a déballé ce qui n'allait pas avec moi. Et moi, je lui ai dit ce qui pourrait m'arranger plus qu'il fasse pour moi.
- Speaker #1
Donc là, tu parles de ton coach de la FEDE.
- Speaker #0
Le coach de la FEDE, d'accord.
- Speaker #1
Le coach de la FEDE, ok. Donc, juste question là-dessus au niveau du cadre qui est mis. C'est des moments qui sont prédéfinis entre toi et le coach, en mode tous les temps de temps, on fait un point ensemble, parce que vous êtes d'accord, ou c'était un peu informel, en mode ça, ça ne me plaît pas, il faut qu'on voit ça, et puis on prend rendez-vous ensemble ?
- Speaker #0
Cette discussion, elle est arrivée aléatoirement, mais je pense que tous les deux, on avait toujours voulu la voir, parce que c'est ce qu'on s'est dit, mais on sentait qu'il y avait un truc qui... Je ne sais pas, comme si on s'entendait hyper bien, mais au niveau du ski, il y avait un truc qui se passait et on n'arrivait pas trop à savoir quoi. Et en fait, c'était pendant du coup la deuxième place de Team, cette saison en Coupe du Monde. On a fêté ça tous ensemble, on a mangé et tout ça. Et on était en face, assis. Et à la fin, il ne restait plus que tous les deux. Et là, on a commencé à échanger et ça a duré une heure et demie. Et je suis trop content d'avoir eu cette discussion-là parce que c'est très rare de se retrouver... tout seul avec ton coach sans personne autour et là il n'y avait plus de filtre et c'est à ce moment là que moi je me suis vraiment j'ai fait une introspection et je pense que lui a revu aussi deux trois choses parce qu'il me connaissait au final peut-être pas comme il le pensait et là ça a matché mille fois plus quoi.
- Speaker #2
Et à quel point la discussion était difficile pour toi à aborder ? Est-ce que c'est quelque chose auquel tu pensais depuis plusieurs jours ou est-ce que c'est venu facilement ? Moi je me rappelle quand j'avais des entraîneurs, j'avais toujours peur de leur parler. Tu sais qu'après ils me perçoivent moins bien et que ce soit plus dur après dans la relation et tout. À quel point ça a été difficile pour toi ?
- Speaker #0
Un peu comme toi, je ne suis pas du genre à aller voir quelqu'un et lui dire « ouais, il faut qu'on discute » . Mais là c'était quelque chose que je ne pensais pas, je ne pensais pas avoir cette discussion. Elle arrivait très naturellement en fait et pour moi au final c'est la première fois que c'était très facile. qu'on parle de mes défauts et de mes points faibles. Tu m'aurais dit deux ans avant, j'avais tellement cette confiance absolue, je me sentais tellement invulnérable que jamais j'aurais accepté ce qu'il m'aurait dit. Ou jamais j'aurais accepté les défauts qu'il m'aurait mis en face.
- Speaker #1
Tu aurais été sur la défensive de ouf ? Ouais, j'aurais été sur la défensive grave.
- Speaker #0
J'aurais défendu ma position, j'aurais dit mais non, j'aurais tout fait pour avoir raison parce qu'on parle de moi. En fait, il est arrivé à cette question de lui, où il m'a dit, je peux te poser, enfin, je peux te dire quelque chose, mais tu ne te vexes pas. Et je dis non, tu peux tout me dire, genre vraiment. Parce que par contre, je suis quelqu'un où tu peux y aller. Même si je vais contester, je ne vais pas me vexer si tu me dis que, si mon coach me dit qu'il y a quelque chose que j'ai fait qui n'est pas bien, je ne vais pas forcément me vexer. Mais il me dit, je pense que tu n'as pas confiance en toi. Et moi, qui étais très confiant en moi, je lui ai juste dit, bah ouais, tu as raison. Et là, c'est lui qui m'a dit que mon potentiel faisait que je pouvais y aller les yeux fermés et que lui, à ses yeux, j'étais un athlète qui, il pouvait m'envoyer, il n'avait aucun souci à se faire. Et qu'il n'avait même pas une once de risque dans sa tête qui traversait l'esprit. Il n'avait aucun doute en fait. Et qu'en fait, tous les doutes que moi je me mette tout seul, il ne m'aidait pas. Et en fait, il m'a vraiment mis en face la façon dont il me percevait, mais qu'il ne m'avait jamais communiqué. C'est-à-dire qu'il m'a dit, moi, je te vois comme ça, je te vois comme ça, je te vois comme ça. Je ne l'avais jamais dit, mais en fait, il le pensait. Et à partir du moment où il me l'a dit, c'est là où encore plus je me suis remis en question. Je me suis dit, ah ouais. Ok, en fait, tout ce que je fais depuis jusqu'ici, je ne m'aide pas du tout.
- Speaker #1
Ça a changé la relation de confiance que tu avais avec lui aussi aujourd'hui, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Dans les faits, ça a changé quoi directement ? Le lendemain, par exemple, où tu es allé rider avec lui, je ne sais pas si vous rentriez ou si tu rirais après ?
- Speaker #0
Justement, il y a eu cette Coupe du Monde après. Par exemple, un des sujets, c'est très précis comme sujet, c'est pour ceux qui connaissent un peu le freestyle, sur les Coupes du Monde, on a une heure d'entraînement avant les compètes. le matin avant la compétition. On a deux jours de training avant pour se familiariser au saut. Et moi, j'étais le genre de personne, en fait, j'allais jamais faire mes tricks aux entraînements, mes gros tricks, parce que je me disais ça sert à quoi de prendre un risque, ça compte pas. Les entraînements, les juges, ils sont pas là, ils nous regardent pas. Enfin, ils nous regardent, mais ils nous jugent pas sur le moment. Et lui, en fait, c'est un très gros problème à ses yeux que je ne le fasse pas, mais il me l'avait jamais communiqué. Et je lui disais, bah, si je suis pas quelqu'un qui va le faire naturellement, impose-moi de le faire. M'oblige pas, mais propose-moi très fortement l'idée que ce serait le bon moment que je fasse mon gros tricks. Parce que moi, je suis un peu le genre de personne qui va me dire que si toi, tu me dis que je dois faire le tricks maintenant, c'est que tu as confiance au fait que si je le fais maintenant, ça va bien se passer. Et c'était un peu comme ça que j'abordais la chose. C'est peut-être pas forcément la bonne, mais c'était comme ça que je me faisais une image un peu des choses, dans le sens où s'ils ne me disaient pas d'aller faire mon gros tricks de compète, c'est qu'ils ne me sentaient pas encore prêt de le faire, par exemple.
- Speaker #1
C'était bien ce que tu faisais en fait. Ouais,
- Speaker #0
je me disais, je continuais sur ma lancée et j'allais jamais, j'allais jamais dépasser mes limites sur les entraînements. Et ça, je lui ai dit, tu sais quoi, à partir de maintenant, moi aussi, j'ai envie d'avoir plus confiance en toi. Au moment où tu vas me dire, si tu me dis, fais le gros tricks maintenant, je vais vraiment penser à le faire. Tant que tu ne me le diras pas, je ne vais pas avoir le réflexe pour l'instant. Je vais travailler là-dessus, mais ça ne va pas être quelque chose de naturel pour moi. Et lui, c'était quelque chose qu'il ne faisait pas forcément parce que c'est une part de responsabilité. ça veut dire que s'il va te dire Là, fais un triple cork. Si tu tombes, ce n'est pas de sa faute, mais lui peut se sentir fautif dans le sens où c'est lui qui t'a envoyé entre guillemets au carton. Compète d'après, deuxième run, 8h du mat sur la glace. Il m'a dit, bon, allez, on y va. J'ai regardé, j'ai rigolé. Je me suis dit, vas-y,
- Speaker #1
let's go.
- Speaker #0
Je l'ai fait, j'ai plaqué nickel. Et c'est là, en fait, où je me suis dit, OK, je peux vraiment avoir confiance en lui. Et lui, il a eu la confirmation qu'il pouvait maintenant aussi me faire confiance dans le sens où s'il me disait une instruction, j'allais l'écouter et je n'allais pas en faire qu'à ma tête yes Il est resté dans ma zone de confort.
- Speaker #1
Trop cool. Et là, tu soulèves un point qui est hyper important parce que souvent, les athlètes, ils savent ou ils croient savoir ce que les coachs attendent d'eux. Mais ils ne se mettent pas aussi dans cette position de qu'est-ce que moi, j'attends de mon coach. Et du coup, tu reprends aussi ton pouvoir, toi, en faisant ça. Parce que ton coach, c'est aussi toi qui décide le pouvoir qu'il va avoir dans ta performance. Et j'aime bien voir l'athlète au milieu de la performance et toutes les personnes qui sont autour vont pouvoir le soutenir, l'aider, le challenger, mais pour qu'ils grandissent et Ce n'est pas un athlète qui va juste suivre un coach, je dirais presque bêtement. C'est stylé.
- Speaker #0
Oui, c'est un travail d'équipe. C'est un sport individuel, mais comme on dit, il se pratique en équipe. C'est-à-dire qu'on se tire tous vers le haut. Au final, on est jugé sur notre performance en solo, mais toutes les personnes qui nous entourent, ils nous aident à l'atteindre. C'est important qu'il y ait cette compréhension. Moi, c'est comme ça que je le vois. Si la communication n'est pas bonne, d'évoluer, c'est compliqué.
- Speaker #1
donc petit tips pour toutes les personnes qui nous écoutent là n'hésitez pas à parler à vos coachs c'est inconfortable mais hyper bénéfique ça paye quoi exactement parlez à vos coachs même si ça fait peur parlez-leur ça va vraiment débloquer des choses que vous n'aurez pas forcément imaginé tu parlais de ton entourage tout à l'heure et tu parlais aussi des personnes tu ne te sentais pas légitime t'es arrivé sur des coupes d'Europe t'es arrivé sur des coupes du monde t'as ton spot en championnat du monde tu rides avec des personnes que tu as peut-être admiré les dernières années qui sont... monstrueuse, et tu l'es aussi si t'es là aujourd'hui comme t'as pu le souligner tout à l'heure.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Au moment où t'es arrivé à ce niveau-là et que t'avais pas encore cette réelle confiance, pas cette confiance qui fake, mais cette vraie confiance, c'était quoi l'impact pour toi de voir toutes ces personnes avec par exemple les casques Red Bull, Monster et compagnie, à côté de toi, sur la ligne de départ ?
- Speaker #0
Je dirais que c'est impressionnant. Forcément, tu les as toujours vus de loin en fait. Moi, c'était cette phase, on va dire, de... d'adaptation qui était compliquée, c'est de me dire que je faisais partie de ces gens-là. Donc, c'est comme si je faisais des coupes du monde, mais 50% je la faisais, 50% j'étais spectateur. Parce qu'en fait, j'allais être là et j'allais trop porter attention à ce que les autres pensaient de moi aussi, vu que maintenant je les côtoyais. Et j'allais me dire, mais est-ce qu'eux, ils me voient comme leur égal ? C'est des questions que je pense qu'ils sont légitimes à se poser, parce que c'est humain, quand tu vis en compétition avec des gens. Surtout si nous on fait un sport de jugement, donc c'est très subjectif. C'est légitime de se poser la question de qu'est-ce que l'autre pense de ce que je fais. Mais par contre, sur la performance, ça n'aura aucun impact. Que le mec pense que ce que je fais est nul, que le mec pense que ce que je fais est bien, ce n'est pas lui qui va me juger. Je suis contre lui en plus. Donc, son avis, je m'en fous. Et que son avis soit positif ou négatif, je vais faire la performance que j'ai prévu de faire, moi tout seul ou moi avec mon coach.
- Speaker #1
Et avant, tu me disais que comme tu avais tes pensées qui étaient orientées vers ces gars-là, sur ce qu'ils pensent, sur est-ce que je suis à leur niveau, est-ce que je mérite d'être là et tout ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Du coup, ça a impacté aussi ta perf parce que tu te mettais dans un état de... Peut-être pas ouf, tu vois, au fond de toi.
- Speaker #0
Vraiment, j'allais avoir du mal à accepter, par exemple, si je réussissais pas ma compétition. Parce que si j'échouais, on va dire, j'avais l'impression que tous les regards étaient braqués sur moi. J'avais l'impression que j'avais déçu tout le monde. Et j'ai toujours eu un peu ça aussi, cette peur de décevoir. Et pour ceux qui ont un peu ça aussi, c'est horrible. Quand tu fais quelque chose de pas forcément très bien... et que tu as l'impression que tu as déçu tout le monde autour de toi qui te supporte, et bien tu as l'impression qu'il y a tout qui s'écroule. Alors qu'en fait, les gens, tes parents, si tu feras ta compétition, c'est toujours tes parents. Ton coach, si tu feras ta compétition, c'est toujours ton coach. La seule chose que tu peux faire, en tout cas que moi j'apprends encore à faire, et que je partais vraiment de loin, c'était d'accepter que si je fais mal, c'est fini. Maintenant, il y a la compétition qui arrive après. Il ne faut pas que je garde ces ondes négatives.
- Speaker #1
pour la compétition d'après il faut que j'en tire et un apprentissage mais le plus vite je suis passé à autre chose le plus vite je me reconcentre sur les objectifs qui arrivent derrière ça me fait penser à Tony Parker qui demandait à Kobe Bryant un jour mais mec comment tu fais quand tu tires que tu loops et que juste après t'as la balle qui t'arrive dans la minute qui suit comment tu fais pour rester focus et pour te remettre dedans et il lui a juste répondu genre delete genre mode supprime switch exactement c'est passé j'ai l'impression que c'est un petit peu ce que tu fais là C'est ce que j'essaye de faire,
- Speaker #0
j'en suis pas encore au point où... Forcément, si je me suis mis un plavante sur la glace en Chine quand il fait moins 30 degrés et que je fais dernier de la compétition, forcément, tu vas y penser pendant quelques minutes ou quelques heures. Mais je pense que les gens qui sont très, très forts en compétition, c'est les gens qui arrivent à penser pas à la performance qu'ils attendaient. Et ils arrivent vraiment à switcher rapidement. Ils arrivent à accepter le fait qu'ils ont le droit d'échouer.
- Speaker #1
Tu te rappelles de Ting cet hiver, Mountain Shaker. Tu as fait tes runs de qualif. Et ton ski a volé monstrueusement en l'air et t'as quand même réussi à replaquer sur un pied. T'étais grave frustré, on s'est vu à l'arrivée.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Comment t'as réussi à switcher ? En combien de temps t'as réussi à switcher ? Et est-ce que tu l'as travaillé derrière avec ton prep mental pour réussir à aller au-delà de ça ?
- Speaker #0
C'est marrant que ce soit la seule fois où on s'est croisé sur une compétition, parce que de toute ma vie, j'avais jamais été aussi frustré que ça sur une compétition. Et c'est exactement ce qu'on parlait avant. En fait... Moi, j'ai toujours fait de la compète parce que j'ai l'impression que je devais en faire et que c'était ce qui était fait pour moi. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question de « je veux faire de la compétition, j'aime la compétition » . Je faisais ça parce que j'ai l'impression que c'était vraiment le fil. J'ai commencé le freestyle, j'apprends des tricks, maintenant il faut faire des compètes, il faut gagner des compètes. Mais je n'avais jamais vraiment pris du recul sur ce que je faisais. Et forcément, quand tu échoues... Quand t'es débutant, c'est dur d'accepter les défaites. Mais j'étais du genre à, sur le moment même, en vrai, relativiser assez vite. Dans le sens où j'allais toujours me dire en mode, « Waouh ! » En fait, j'avais pas la bonne acceptation de l'échec. J'étais plus dans le déni. Dans le sens où j'allais toujours être là en mode, « Ah, c'est pas grave, t'sais. » Genre, j'allais me mentir à moyen en me disant que, « Waouh, t'sais quoi, je m'en fous, j'ai raté. » Et puis quoi ? Voilà. Et en fait, cette compétition-là, pour ceux qui sont très proches de moi, il y en a qui me regardent, pour me faire pleurer, il faut vraiment y aller. Genre, je ne suis vraiment pas du tout… Cette fibre sensible-là, pour la toucher, même moi, je n'aurais jamais su comment le faire. Je ne sais pas vraiment comment pleurer parce que ce n'est pas mon truc. Même si c'est très bien de le pleurer, c'est humain. Et sur cette compétition-là… J'ai jamais ressenti cette sensation où tout ce que j'avais envie de faire, c'était de chialer, mais tout ce que j'avais. et en fait j'y arrivais pas C'est-à-dire que j'étais là, je suis allé m'isoler pendant une heure, je me suis mis à quatre pattes dans la neige, j'ai crié, je faisais tout ce que je pouvais, il n'y avait aucune larme qui sortait. Vraiment, la frustration, en fait, elle était... Elle était où dans le corps ? J'avais les boules, quoi.
- Speaker #1
Ok, la gorge à fond, c'est serré.
- Speaker #0
Vraiment. Mais à un point où j'étais tellement énervé que je n'arrivais pas à évacuer. Et en fait, je me suis dit que c'était aussi peut-être un de mes problèmes, c'était que ça rejoint le déni, c'est que quand je faisais quelque chose de pas bien, je n'allais pas forcément le communiquer. Quand j'avais un avis sur quelqu'un... ou sur une relation qui pourrait s'améliorer comme avec mon coach, je n'allais pas forcément le dire. En fait, je gardais tout pour moi. Et Tim Sivignon, qui est la personne, je pense, que j'ai le plus vu dans ma vie, qui est en équipe de France avec moi, pour ceux qui ne savent pas, il m'a regardé. J'étais en face de lui. Il ne m'avait jamais vu comme ça. Et il m'a dit que ça le faisait plaisir parce que c'était la première fois, en fait, qu'il voyait que ce que je faisais, ça me tenait à cœur. que la compétition en fait c'était quelque chose qui me tenait à coeur Parce que c'était la première fois où je montrais des émotions aussi fortes après un échec. Ce n'est pas forcément la réaction qu'il faut avoir, mais c'est la première fois où du coup, après, je me suis remis en question. Je me suis dit, mais en fait, je kiffe faire ça. Ça me touche autant, en fait, où ça vient vraiment m'affecter aussi profondément. C'est que vraiment, ça a touché une corde qui était très sensible et une corde qui est très, très, très, très dure à aller chercher. Ce n'est pas du tout pour me la péter, mais je suis... Je ne suis pas comme ça, en fait. Je pleure très, très difficilement. Et c'est là où, du coup, ça m'a vraiment aidé à faire un travail derrière ça pour vraiment me remettre en question. Et j'ai vraiment travaillé là-dessus. Et en fait, là, maintenant, je sais qu'il y a les JO qui arrivent. Et ça fait six mois que je me prépare, mais avec un kiff que je n'avais jamais eu avant. En fait, je me dis, si je veux aller aux JO, est-ce que je kifferais aller aux JO ? C'est une question que je ne m'étais jamais posée. J'avais l'impression que c'était juste quelque chose que je devais accomplir mais je ne savais pas pourquoi moi il y a deux choses qui me viennent c'est
- Speaker #2
Qu'est-ce que ça te fait déjà de revivre ce moment-là, d'en reparler ? Et la deuxième chose, c'est que toi, dans la session, il y a quelques prénoms que je connais, et je sais qu'ils prennent aussi les choses très à cœur. Je les ai vus cet hiver en tant que coach, c'était des pleurs quand ça a échoué. Comment tu pourrais les aider à mieux vivre ce fait de prendre très à cœur la chose au point de pleurer en bas des pistes ?
- Speaker #0
Je pense qu'on a tous une façon différente. de réagir quand on fait bien ou quand on fait mal. Comme on l'a dit juste avant, d'accepter rapidement, c'est une façon de se recentrer très vite sur ce qui arrive après. Mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose d'exprimer ce qu'on ressent sur le moment, parce que je pense qu'aussi, pour certaines personnes, là je parle vraiment avec très peu de recul parce que je fais de la pré-proprementale actuellement. Donc ça veut dire que là je parle vraiment de mon expérience à moi qui n'est pas du tout une science véridique.
- Speaker #2
Et en même temps, on t'a invité parce qu'on veut vraiment aussi avoir ton expérience. Il y a peut-être des personnes qui ne trouvent pas des solutions d'elles-mêmes. Le fait d'entendre d'autres disciplines, d'autres façons de faire, peut-être qu'elles vont pouvoir trouver ce qu'il leur faut. Oui,
- Speaker #1
elles ne sont pas toutes seules.
- Speaker #0
Moi, je pense que les personnes qui ont cette facilité à exprimer leur ressenti pur sur le moment présent, Je ne pense pas que ça soit une mauvaise chose si la compétition est passée, parce qu'il ne faut pas que les émotions prennent le dessus sur la performance. Mais si ça s'est bien passé, faites ça comme vous le pouvez, en termes émotionnels. Ne faites pas la tournée des barres, c'est pas ça que je veux dire. Mais exprimez votre joie. Et si vous avez échoué, exprimez aussi votre mécontentement, si ça vous libère en fait. Et moi, je pense que ce qui me peinait aussi, c'est que ce mécontentement, je l'avais. mais je l'exprimais pas du tout. En fait, en le niant, je le gardais pour moi, et je pense que je me rongeais en fait en faisant ça. Je dis pas que toutes les personnes fonctionnent comme moi je les fais, mais je pense pas que c'est vous qui me direz, c'est vous qui êtes les pros, mais je pense pas que de garder tout pour soi, c'est quelque chose qui aide. Je pense que c'est comme une carte SD qui est remplie et au bout d'un moment elle sature. Et à partir du moment où t'as des émotions qui débordent, tu les délivres. Et une fois que tu les as délivrés, ça fait un bien fou. Et là, tu repars à zéro pour ce qui arrive derrière. C'est des personnes qui sont très sensibles. J'en côtoie. Et d'ailleurs, je ne vais pas citer de nom, mais j'en connais une qui est très émotive à ce niveau-là. C'est impressionnant. Ça peut être des... C'est une tempête, quoi. Mais par contre, elle a cette capacité-là à performer. C'est un truc de ouf. Et je pense que c'est ces deux contrastes-là qui font aussi qu'elle délivre tellement émotionnellement quand c'est passé, la compétition. que ça la fait souffler et qu'après, derrière, elle repart hyper rapidement.
- Speaker #1
On la voit d'ailleurs pleurer et ne pas avoir de honte à pleurer à chaque fois qu'elle le fait. Là où des personnes pourraient être un petit peu plus sur la retenue, elle évacue direct et c'est un petit peu son delete à elle.
- Speaker #0
Ouais, grave. C'est un délit qui est impressionnant. Moi, franchement, quand je voyais ça, j'étais là en mode, mais c'est bon, pourquoi tu pleures ? Quand je fais mal, je m'en fous. Mais en fait, ce n'est pas que je m'en fous, c'est juste que je ne me rendais pas compte de l'importance que ça avait. Et elle, cette personne-là, elle en avait la pleine conscience que ce qu'elle faisait, c'était vraiment toute sa vie. Et moi, c'est comme si c'était vraiment sur un côté de ma tête et que... Je le mettais à part et je me mentais à moi-même. C'est comme ça que je le vois.
- Speaker #1
Et tu as pu voir d'autres bénéfices en plus à exprimer tes émotions parce qu'il y a Tim qui est venu te voir et tu es encore plus connecté avec lui. Tu me dis, c'est le mec avec lequel j'ai passé le plus de temps dans ma life. Et là, il t'a dit ça alors que tu as 23 ans, donc ça fait hyper longtemps que tu le connais aussi. Et ça vous a rapproché encore plus parce que tu as accepté de vivre ces émotions-là.
- Speaker #0
On n'en a pas reparlé de cette action-là. Mais il y avait des gens qui... Peut-être qu'il y en a qui sont dans le truc, mais il y a beaucoup de gens à Thymes. Il y avait des gens de mon club, il y avait des gens d'un peu de tout. Et comme je t'ai dit, j'étais une tempête dans le sens où, quand je suis arrivé à ce moment-là, il ne fallait vraiment pas venir me parler ou alors il fallait vraiment avec des pincettes. En plus, on a dû se croiser à ce moment-là. Et Thymes, lui, il est arrivé, il m'a rayonné et il avait un grand sourire. On aurait dit qu'il était content. Et en fait, il m'a dit ça. Et là, je me suis dit, mais ouais, je suis con en fait. Alors que s'il ne m'avait peut-être pas dit ça, peut-être que je me serais juste énervé sur tous les gens que j'aurais croisés. Je n'aurais peut-être pas évolué dans ce niveau-là. Et je pense que, comme je dis, on n'en a pas reparlé, mais je pense que maintenant, on se comprend un peu plus à ce niveau-là dans le sens où, je ne sais pas comment expliquer, on a une relation où je pense que lui, il le voit d'un point de vue extérieur, que je suis peut-être beaucoup plus investi et que je suis beaucoup plus... Je suis beaucoup plus impliqué dans ce que je fais et de manière que je le fais vraiment parce que je sais pourquoi je le fais. J'arrive pas à parler là, je suis désolé. Pour l'instant,
- Speaker #1
c'est très clair, je suis pas content.
- Speaker #0
D'ailleurs, avec une prép mentale, on a une règle, c'est 12 mots pour exprimer une chose. C'est pas du tout ce que je fais, donc j'espère qu'ils vont regarder.
- Speaker #2
Parce que là,
- Speaker #0
je fais les monologues à chaque fois, mais j'ai du mal à trouver les mots pour exprimer mes idées.
- Speaker #2
C'est clair, puis s'il n'y avait que 12 mots, ce serait beaucoup moins drôle. Non, mais c'est ça. J'aimerais qu'on aille explorer d'autres émotions, des émotions peut-être plus agréables ou qu'on va plus rechercher. Au départ, comment tu te sens avant de faire ton run ? C'est comment pour toi ? Est-ce que tu es à l'aise ?
- Speaker #0
C'est très spécial. C'est-à-dire que j'ai eu un peu un avant et un après à ce niveau-là. Dans le sens où moi, là-bas, j'ai fait de la prep mentale. Parce que j'avais ce problème où je pouvais avoir tous les états possibles. Je n'avais pas forcément un état particulier au départ avant. mais Quand j'allais dropper, donc commencer mon run, mon cerveau, c'est comme s'il s'éteignait, quoi. Donc pilote automatique. C'est-à-dire que, imaginons, j'allais avoir très très peur au départ, ce qui est humain. Donc, à partir du moment où je passais la ligne de départ, mon cerveau, il s'éteignait, et là, c'était pilote automatique, donc il n'y avait plus rien qui fonctionnait à ma tête. C'est-à-dire que mes tricks, j'allais les faire, j'allais les enchaîner, comme un robot.
- Speaker #1
C'était quoi les bénéfices à ça ?
- Speaker #0
C'était très bien dans le sens où la peur met vraiment sur le côté. les appréhensions sur le côté, tout ça. Mais le point négatif, c'est que du coup, je ne prenais pas les informations en fait.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que ma concentration, du coup, elle était erronée à cause de ce switch. Et donc, j'ai commencé à l'apprentissage mental. La première chose que je lui ai dit quand on a commencé la première séance, c'est que je lui ai dit, moi, je ne suis pas malade, je vais très bien. Si je veux faire de l'apprentissage mental, c'est pour être plus fort. Je pense qu'il y a un axe sur lequel on peut travailler. c'est vraiment ma concentration quand Quand je ski, je ne sais pas si j'étais trop concentré ou pas concentré, mais j'allais foncer tête baissée et s'il pouvait y avoir du vent dans le cul, je suis 5 mètres avant la table et que le drapeau allait bouger par exemple, c'est une information que je n'allais vraiment pas du tout prendre. Et du coup, je passais tout le temps un peu à côté de mes compétitions à cause de ces détails que je n'arrivais pas à attraper. Enfin bref, en tout cas, c'est comme ça que j'ai commencé à faire la PrEP et c'est dans les états auxquels j'étais au départ. Et on a vraiment travaillé là-dessus. Et maintenant, je dirais qu'avant une compétition, je suis beaucoup plus calme qu'avant parce que j'avais beaucoup d'adrénaline et beaucoup d'excitation, mais un peu trop. C'est-à-dire qu'ils prenaient le dessus. Un des points négatifs que j'avais aussi, c'était que quand j'allais vouloir faire les choses, j'en faisais trop. Au lieu de faire les choses bien, en plus qu'on a un sport qui est très précis mécaniquement, mentalement aussi, j'allais trop en mettre, trop mettre d'énergie Trop de... Imaginons sur un mouvement pour déclencher un trix, j'allais mettre trop d'énergie, trop de power.
- Speaker #1
Ça se manifeste comment ? Tu finis en reset party ? C'était brouillon en fait.
- Speaker #0
J'avais une manière de fonctionner qui était très brouillonne. Et donc, moi, maintenant, mon axe de travail est l'état que j'essaie de viser le plus possible. La zone, l'état de flow. Le flow ! On en parlera après. Mais c'est vraiment cette sérénité. Donc, arriver à être calme, mais sans être tout mou, mais vraiment avoir cette, comment dire, apaisance d'esprit au moment et avant que les choses comptent.
- Speaker #2
Et comment tu t'y prends ? Est-ce que c'est de la respiration ? Est-ce que c'est du travail avec ton prêtre mental sur... Qu'est-ce que tu veux dire sur plein de choses comme ça ? Comment tu t'y prends ?
- Speaker #0
J'ai plein de techniques de prête mentale que je ne vous apprendrai pas forcément, mais je peux donner les mots.
- Speaker #2
Je vais peut-être être plus précis. Quand tu es hyper excité, comment tu fais pour te calmer ? Et quand tu es trop calme, comment tu fais pour te rebooster, pour être dans cette zone qui te convient le mieux ?
- Speaker #0
Je dirais que ça ne répond pas directement à la question. Parce que je pense que c'est la première chose qu'il faut que j'aborde dans ma réponse, mais l'ancrage, je ne sais pas si c'est le même terme que vous employez avec vos élèves, mais moi, c'est vraiment une chose où, en une seconde, c'est impressionnant comment, juste avec mon ancrage, j'arrive à me concentrer, mais d'une force impressionnante. Pour me calmer, je vais faire une visualisation qui va être beaucoup plus calme que l'ancrage que j'ai choisi.
- Speaker #1
Juste pour que les personnes comprennent, un ancrage c'est un geste, une pensée, quelque chose qu'on répète, auquel on a associé une manière de se sentir et qui est travaillée souvent en préparation mentale. Et c'est ce dont Kadi parle.
- Speaker #0
Exactement. Et d'ailleurs, moi j'ai des effets secondaires quand je le fais.
- Speaker #1
Parle du temps, allez !
- Speaker #0
Non mais c'est impressionnant quoi. Tu veux que je te parle maintenant de ça ? Ouais vas-y, vas-y. Moi les effets que ça me fait, c'est quand je fais mon ancrage, j'ai l'impression que les yeux deviennent trempés. Genre j'ai les yeux qui se gorgent. Subitif de ouf. et j'ai un peu cette comme un peu le poil qui ciriste j'ai des frissons j'ai un peu cette sensation là mais c'est ouf comme moi,
- Speaker #1
à chaque fois que je le fais mon corps réagit comme ça et ça vous l'avez créé toute pièce avec ton prep mental ou c'est quelque chose tu as utilisé un souvenir qui a déjà existé dans le passé dans lequel tu te sentais comme ça pour le renouveler actuellement ?
- Speaker #0
pour l'ancrage au moment où on l'avait créé on l'a vraiment créé toute pièce mais avec des choses qui me sont familières Et j'ai vraiment choisi des choses que je kiffe. Il n'y avait pas forcément de signification.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des Pokémon là-dedans, genre un booster ouvert qui te plaise ?
- Speaker #0
Non, mais pour les gens qui me côtoient, je ne sais pas s'ils ont déjà remarqué, parce que personne ne m'en parle. Alors que c'est très visible en plus. Et je le fais vraiment très souvent. Mais écoute,
- Speaker #1
vous regarderez ceux qui sont au start avec Kade. Ouais, trop cool.
- Speaker #0
Du coup, voilà, mais ouais, c'est vraiment quelque chose qui me permet de choisir, on va dire, l'état dans lequel je veux me mettre sur le moment. C'est pas forcément que en compétition. Par exemple, là, en Australie, j'étais là-bas pendant un mois. Il n'y avait aucun enjeu. C'était vraiment, je suis en casquette t-shirt dans la slush tous les jours. Mais on s'est donné un moment un défi avec mon prep mental. C'était que mon ancrage, je le faisais au moins une fois par jour. Pendant chaque session, il y avait au moins un moment où j'allais le faire. Alors qu'en compétition, par exemple, les jours de compétition, c'est un geste que je vais plutôt faire quasiment à tous les runs.
- Speaker #1
Donc là, le but, c'était vraiment de recréer le chemin mental plus facilement, l'entretenir un petit peu comme si on avait une prairie avec des herbes hautes qu'on essaye d'emprunter le plus souvent possible pour que ça devienne à la fin une autoroute.
- Speaker #0
Exactement. C'était vraiment pour roder mon corps à cet état d'esprit quand je skie. Et que même sur les choses les plus insignifiantes, quand je skie... même si c'est des tricks que je ne ferai jamais en compétition ou qui n'ont vraiment aucun rapport à ce que je peux faire en entraînement avec mes coachs, que j'arrive quand même à choisir si j'ai envie d'être concentré ou non. Et je pense que c'est un axe intéressant à travailler parce que quand tu t'entraînes à être très concentré et dans une façon de ski très compétitive, donc c'est-à-dire aucune erreur, même quand ça ne compte pas, quand ça compte, forcément, tu pars avec un peu plus d'avance.
- Speaker #1
Carrément. Ça rajoute de la certitude en fait à tout ce que tu fais.
- Speaker #0
Exactement. Et c'est quelque chose que je n'avais pas du tout parce que, comme je te l'ai dit avant, ce qui est très différemment quand ça compte, c'est quand ça ne comptait pas. Ça veut dire que pour moi, quand ça ne compte pas, donc c'est à dire jusqu'au moment où je vais faire mes deux runs de qualif, c'est comme si tout ce que je faisais ne servait à rien. Alors qu'en fait, j'ai réalisé et j'ai pu l'expérimenter quand je faisais mes runs cinq fois le jour de la compétition, avant la compétition. J'arrivais au départ, mais libéré, c'était impressionnant.
- Speaker #1
Libéré de quoi, tu dirais ?
- Speaker #0
Bah en fait de l'inconnu de ne pas avoir fait Matrix.
- Speaker #1
Yes ! Donc en gros t'as vu que tu les maîtrisais avec un kick qui pop d'une certaine manière. dans des conditions, avec des personnes autour, avec une neige quelque comme ci, comme ça ?
- Speaker #0
C'est-à-dire que j'allais dropper pour ma compétition avec un facteur en moins. C'était qu'à la base, j'en avais deux. C'était que là, maintenant, sur la compète, ça compte. C'est le moment de plaquer et de faire de mon mieux. Et merde, je n'ai pas encore fait ces tricks-là. C'est-à-dire que les tricks, j'allais les découvrir, même si je les avais déjà faits autre part. J'allais découvrir une sensation que je n'avais pas encore eue sur ce module. Et en plus de ça, il fallait que je les fasse à la perfection. Parce que c'était le moment où ça comptait. Maintenant, le mindset, c'est plus mes tricks, je les ai faits cinq fois. Je vais le faire une sixième fois, comme au run d'avant. Mais juste là, je fais de mon mieux. J'essaye de donner tout ce que j'ai.
- Speaker #1
Tu es carrément au clair avec ce que tu sais faire et ta capacité. Tu n'es pas en mode, est-ce que ça va passer ? Comment je vais plaquer ?
- Speaker #0
Je n'ai plus aucune question à me poser sur le trick sans lui-même. Maintenant, c'est ma performance, elle va se jouer maintenant. Le trick, je sais le faire. La question, elle est même plus envisageable. Donc déjà, c'est une grosse épine que moi, je me suis enlevé. Je ne sais pas si c'est la vérité pour tout le monde, mais en tout cas, c'est ce qui m'a bien aidé.
- Speaker #1
Je ne sais pas si vous vous rendez compte des pépites que Kad y partage depuis tout à l'heure. En tout cas, je suis ravi. Franchement, je ne me rends pas compte. C'est très stylé. Je t'enverrai le replay.
- Speaker #0
Tu sais quoi ? Je vais renvoyer à mon prep.
- Speaker #1
A ton prêt on l'embrasse d'ailleurs on verra si je dis des conneries après je pense qu'il n'y a pas de vérité ou de choses qui sont fausses, c'est plus ce que toi tu ressens et là actuellement avec tout ce que tu as en tête tout ce qui est vrai ou ce que tu crois vrai il y a les résultats que tu as aujourd'hui donc en fait je pense qu'il n'y a qu'une vérité qui nous appartient à chacun de nous, c'était le moment émotion d'ailleurs si vous voulez suivre Kadhi sur Youtube il fait des vlogs aussi avec Tim si vous voulez voir deux énergumènes qui vous font marrer moi je ne fais pas de vlog Merci. Ah bah t'es souvent dans les vlogs de Tim !
- Speaker #0
Mais je suis dans les vlogs parce que c'est Tim qui filme tout ce qu'il fait, donc des fois je me réveille le matin et il y a un mec avec une caméra plus grosse que ma tête qui me pointe avec et oui je peux apparaître, c'est pas de ma directive. Ouais,
- Speaker #1
on voit sur les vlogs de Tess aussi également, t'as un peu la resta de YouTube dans le milieu du freestyle quoi.
- Speaker #0
Bah non, j'ai même pas de chaîne, ah si j'ai une chaîne YouTube, mais je fais rien en vrai sur YouTube. J'ai investi une vidéo cet hiver, mais je suis pas très impliqué en vrai. C'est vraiment Tim, Tim est très... Tu m'es très impliqué là-dedans. Moi, je dirais plus ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des choses par hasard sur YouTube que tu peux communiquer qui sortiraient potentiellement dans les prochains mois ou pas encore ?
- Speaker #0
Pour l'instant, non, je n'ai rien de spécial. Ah si ! Pas sur mon YouTube à moi, mais je ne sais pas si j'ai le droit de le dire.
- Speaker #1
C'est toi qui y va là.
- Speaker #0
Mais je vais le dire. On a fait une nouvelle vidéo avec Faction aux US.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Du coup, qui sort normalement dans une semaine en plus, je crois.
- Speaker #1
Nice.
- Speaker #0
Donc, ça va arriver. Si ça n'arrive pas là ce soir, ça arrivera dans quelques jours. Mais ce n'est pas ma direction, ce n'est pas un projet à moi, c'est vraiment un projet auquel j'ai participé. Donc, concernant YouTube, c'est la seule info que je peux donner pour l'instant.
- Speaker #1
Ça marche.
- Speaker #2
Moi, en tant que skieur alpin, il y a toujours cette vision auprès des skieurs freestyle de « ils font ça à l'arrache » . qui colle bien avec vos personnages. Et là, je découvre vraiment une facette de précision, de réflexion derrière tout ça. Est-ce que c'est venu naturellement ou est-ce que tu t'es pris au jeu de la performance, on va chercher le plus précis possible ?
- Speaker #0
Moi, qui viens du ski à le pain aussi, c'est vraiment la caricature dont tu parles. C'est quelque chose qui est très, très caricatural, déjà.
- Speaker #2
Beaucoup trop, d'ailleurs.
- Speaker #0
mais très très loin en fait de la vérité parce que si maintenant mais ça a évolué aussi, c'est à dire que le sport à la base est né avec la vision dans laquelle les skieurs alpins ont, donc c'est à dire qu'il y a un sport qui a été fait pour le plaisir, pour le kiff un peu, c'était un peu un sport d'anarchiste quoi, c'était genre nous on a pas de règles, on fait ce qu'on veut avec nos skis y'a pas de chrono et puis on s'amuse quoi exactement, un petit peu au passage et c'est né comme ça sauf que du coup moi quand je suis arrivé ça avait déjà quand même vachement évolué mais c'est impressionnant comment il y a beaucoup de gens qui ont encore cette vision là c'est à dire que moi des fois je parle encore avec mes collègues skieurs alpins, pourtant que j'ai côtoyé toute ma vie au collège, lycée, tout ça ils nous voient encore un peu comme ça et alors que si il y a un sport tous les sports sont très précis d'exécution mais on a un sport qui est tellement comment je pourrais dire ça pas rigoureux Mais intransigeant.
- Speaker #2
Yes. Moi, j'allais dire exigeant.
- Speaker #0
Oui, un sport très exigeant. Exactement, c'est le mot que je cherchais. Un sport qui est tellement exigeant que tu ne peux pas le faire à l'arrache. C'est-à-dire que les tricks qu'on fait maintenant, ça n'a rien à voir avec les tricks qui étaient faits au début. Et le à l'arrache, ça n'existe pas. Et c'est aussi là-dessus que j'ai travaillé. C'est parce que j'étais un peu comme ça, dans le sens où, pas dans le sens caricatural du terme, mais dans le sens où je n'allais pas forcément chercher l'excellence mentale, du coup, déjà, et l'excellence du mouvement mécanique pour arriver à faire ce que j'avais à faire sur les skis. Et en fait, je me suis rendu compte que quand tu viens chercher ça, mais c'est ouf comment tu deviens plus rapidement... fort en fait. Tout ça pour dire que on a un sport qui peut caricaturellement paraître walleguant, tu vois, mais c'est pas du tout ça.
- Speaker #2
Oui, parce que surtout que vous êtes jugé et donc tu dois être meilleur que les autres parce que c'est du jugement, donc il y a aussi un peu d'esthétique et tout. Comment est-ce que toi, tu vis ou tu vivais le fait que ce soit un jugement d'autres personnes qui te donnent ta performance ? Toi, en ski alpin, c'est un chrono. En vélo, c'est je suis meilleur que les autres. sur la ligne d'arrivée. Comment tu vivais que c'était une note, c'était un jugement ?
- Speaker #0
Quand tu commences le ski freestyle, c'est au début, on va dire, que les règles du jugement, elles ne sont pas autant strictes que sur les Coupes du Monde, par exemple. Même sur les Coupes d'Europe, il peut y avoir des petites différences, on va dire, des petites indulgences que les juges peuvent avoir.
- Speaker #1
Tu penses à quoi, la directe ?
- Speaker #0
Je vais penser, par exemple, au nombre, sens différent dans lequel tu vas tourner. Donc l'équilibre que tu vas avoir, par exemple en slope style, si tu tournes 80% à gauche, mais que tu vas avoir un trix à droite dans ton run, sur les compétitions plus intermédiaires avant d'arriver en Coupe du Monde, je sais pas, j'arrive pas à trouver les mots,
- Speaker #1
mais c'est ça.
- Speaker #0
Vous m'avez compris, et bah, ils vont avoir un peu plus d'indulgence là-dessus en fait. En Coupe du Monde, le mec qui gagne, tu peux être sûr que si tu regardes son run, sauf si tu le connais... le gars, tu ne sais pas dans quel sens il tourne.
- Speaker #1
Tu ne sais pas s'il est en NAT ou en UNNAT. Exactement.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'il y a un équilibre qui est fait dans la construction de son run qui fait qu'il faut tromper les juges. Ça veut dire qu'il faut leur donner le doute. C'est-à-dire qu'ils ne doivent pas se dire « Ah bah ce trick-là, c'était un UNNAT dans son mauvais sens. » Il faut juste se dire « Là, il l'a fait à gauche. Là, il l'a fait à droite. oh bah là il a fait un switch à gauche, oh bah là il a fait un switch à droite faut arriver à les perdre un peu à ce niveau là Et du coup, déjà pour le jugement, c'est différent quand tu évolues. Je pense que de nature, j'ai toujours aimé, parce que ça a été un problème, comme je l'ai dit avant, mais ce que les gens pensaient de moi. Par exemple, j'allais kiffer si le juge lui avait donné du plaisir avec le trick, ce que j'allais faire. Moi, j'allais trop kiffer. Ça veut dire que j'avais un peu cette approche de je veux que le juge, quand je ride, il pense que c'est trop cool ce que j'ai fait. Et donc, à une certaine... échelle ça fonctionne comme ça et au final c'est un aspect qui a pris le dessus par la suite et on en a déjà discuté avant au final moi ça m'a un peu porté préjudice cette façon de s'inquiéter de focus en fait sur autre chose que toi exactement se focus sur ce que les gens pensent de toi je pense que c'est ça qui m'a fait commencer un sport de jugement parce que c'est kiffant de faire kiffer les autres mais au bout d'un moment le mec que je dois faire kiffer à la base c'est moi Donc quand tu évolues, tu es obligé de te recentrer sur toi-même et les juges, c'est censé juste être un paramètre de la compétition.
- Speaker #1
Tu mets bien en lumière le côté de ce qui dépend bien de toi et ce qui dépend pas de toi.
- Speaker #0
Ouais, exactement.
- Speaker #2
Moi, j'adore quand tu dis le principe à la base, c'était de me faire kiffer moi et je me suis perdu dans le fait de faire kiffer les autres. Et je trouve ça vraiment important. Même en ski alpin, je suis sûr qu'il y a beaucoup trop de personnes qui veulent faire plaisir à l'entraîneur, aux parents et tout ça. Et peut-être même dans ta discipline, tu vois, mais je trouve que c'est trop important ce que tu dis. Et merci de partager ça parce que ça a beaucoup résonné. Quand tu l'as dit, j'ai fait « Ah ouais, tac, tac » .
- Speaker #0
En fait, quand tu fais un sport et que tu prends conscience que tu le fais par passion, c'est comme si toutes tes limites, tu les dégageais un peu.
- Speaker #1
Mais le switch, du coup, tu l'as fait à Ting, toi ?
- Speaker #0
Bah du coup, ouais, vraiment.
- Speaker #1
Donc là, c'est tout récent, en fait. T'étais déjà en équipe de France, tu performais déjà comme un… Et c'est là tout récent, là c'est cette année, c'est 2025. Ouais, ouais, c'est 2025. C'était mars 2025.
- Speaker #0
Ouais, franchement, j'ai eu cette espèce de switch qui m'a fait que... Bah, j'ai vraiment pris conscience que je kiffais faire ça. Que prendre un départ, en fait, c'était l'obligation de personne. Que quand j'ai un dossard sur moi, c'est ma directive. C'est moi qui l'ai décidé. Personne me l'a jamais imposé. Alors qu'en fait, bah, il y a des gens pour qui ça... peut arriver, on connaît dans le sport, il y a toujours des parents qui forcent les enfants à faire du sport, tout ça. Et moi, ce n'est pas du tout le cas en fait. Et du coup, j'ai vraiment brisé cette glace du fait que c'est du kiff quoi. Et le jour où j'arrêterai de kiffer, tu n'aurais pas honte de dire que j'arrêterai ?
- Speaker #1
Man, c'est assez ouf parce que t'es en train de dire qu'une émotion qui était hyper désagréable, que tout le monde aimerait un petit peu habituellement refouler, c'est aussi elle qui t'a permis de voir à quel point tu kiffais et de faire sauter des blocages. Et sur le moment, je me rappelle, tu me dis « Putain, mec, je suis trop frustré, j'en peux plus » . Et c'est vrai que c'était assez ouf de l'extérieur. Tu te dis « Wow, l'injustice » . Et en même temps, je pense que c'est un cadeau qui t'a été fait de ressentir ça.
- Speaker #2
De toute façon, je trouve ça fort ce que tu dis. ces émotions-là. que tout le monde ne veut plus, qui t'ont permis d'en arriver là et de prendre conscience de ça. Et je trouve que ça arrive trop souvent, moi en visio, ou quand je suis avec des athlètes, il y en a beaucoup qui arrivent et qui disent « je veux pas avoir peur » ou « je veux plus être frustré, je veux plus être en colère » .
- Speaker #0
Moi je sais qu'en fait, à la fin de la vidéo,
- Speaker #2
ça va être « ok, en fait, je veux pas être frustré, mais je veux juste en faire quelque chose de différent » . Et j'ai l'impression que c'est vraiment ça que tu partages, et je trouve ça trop fort, c'est trop puissant.
- Speaker #0
Bah ouais, je pense que, comme je l'ai dit au tout début du podcast, je ne me connaissais pas en fait. C'est-à-dire que cette émotion-là qui est arrivée, donc cette forte envie de pleurer, c'est une sensation qui m'est très, très, très rarement arrivée. Et heureusement qu'une personne extérieure me l'a dit en face et que ça s'est passé comme ça, parce qu'en fait, il m'a vraiment mis le gros du problème en face de moi. c'est que
- Speaker #1
Il t'a mis dos au mur.
- Speaker #0
Il m'a mis dos au mur, mais en même temps, il m'a mis face à la vérité. En le sens que, en fait, si ça me touche, je suis très énervé. C'est qu'en fait, excusez-moi du terme, mais je ne m'en bats pas les couilles. C'est que ça me tient vraiment à cœur. Et du coup, le travail que j'ai fait après ça, c'est que je m'en suis vraiment servi. Et j'ai vraiment directement vu les résultats que ça m'avait apporté. Mais très rapidement, ça a changé totalement ma façon de voir les choses.
- Speaker #1
on parlait d'images avec les skiers alpins et les skiers freestyle Et je pense que c'est hyper cool de souligner ça, ce que tu viens de dire. Dans le sens où il y a beaucoup de personnes qui disent « Ouais, putain, le mec qui fait du freestyle, en fait, il est hyper loose, ce mec. Il est steezy, il est lent. On a l'impression qu'il s'en fout, en fait, en l'air. » Mais au final, ça te tient grave à cœur et c'est juste une façade. C'est ce que tu renvoies au monde, mais à l'intérieur, t'es pas du tout comme ça.
- Speaker #0
Mais il y a aussi cette chose aussi qu'en freestyle, ce qui va forcément marquer les points, c'est quand t'as l'impression que le mec a fait un trick et que c'est facile pour lui donc il y a aussi cet aspect là où Cette nonchalance. En fait, quand tu vois qu'un strict s'est exécuté avec une nonchalance, c'est forcément impressionnant par rapport aux juges, parce que tu te dis, mais attends, il a fait un trick de ouf, ok. Mais la facilité d'exécution qu'il avait fait que c'est là où tu vas prendre des points. C'est vraiment un critère officiel de ses exécutions.
- Speaker #1
Tu dirais quoi aux personnes qui sont en train d'apprendre des tricks en ce moment, qui peuvent galérer un petit peu sur des tricks qui... semblent basiques pour certains, mais qui sont les bases, comme par exemple un 3-6 ou les premiers corks, tu dirais quoi à cette personne qui, par exemple, voit comme objectif le côté hyper loose en l'air et hyper facile ? C'est quoi le conseil que tu lui donnerais pour réussir à bien apprendre ce truc ? C'est pour ensuite le perfectionner et le rendre ensuite loose.
- Speaker #0
Ça dépend déjà si c'est des personnes qui accompagnent ou pas avec des coachs, tout ça. Mais on parle beaucoup de style quand tu emploies un... en pleur de terme loose, il y a des gens où leur style, ce n'est pas forcément d'avoir un air nonchalant non plus. Il y en a qui vont avoir un style très agressif. J'en parle par exemple de Matej. C'est un mec, il est très explosif quand il skie. Mais tu vois quand même cette facilité d'exécution. Tu vois que cette explosivité, c'est lui qui la donne par choix. Et je pense qu'en fait, c'est vraiment, ça c'est vraiment, il n'y a pas de triche. C'est en fait, en pratiquant énormément, les choses deviennent faciles. Quand t'as fait 1000 corksets, après, c'est toi qui choisis la façon dont tu veux que le corkset... À quoi il ressemble, en fait. Donc, il n'y a pas vraiment de secret. Je dirais que c'est plus quand t'es familiarisé avec un mouvement. Ce mouvement, après, c'est toi qui décides de rajouter ta touche personnelle. C'est pour ça qu'avec un de mes meilleurs potes, qui, pour le coup, c'est un Norvégien en plus, c'est pas un skieur de l'équipe de France, mais qui est très réputé pour son style. Peut-être qu'il y en a qui le connaissent dans le chat. Et bah lui ce qu'il dit tout le temps c'est Style is control Ça veut dire que quelqu'un qui a du style, c'est quand tu vois que ce qu'il fait, c'est de manière contrôlée, volontairement. Et que ce n'est pas quelque chose qui va être plaqué parce que les planètes sont alignées, le mec, il a rattaché ses pieds.
- Speaker #1
Ce n'est pas de la chance.
- Speaker #0
Ouais. Tu vois que le mec, il a plaqué, et il a plaqué de cette façon parce qu'il avait envie de plaquer de cette façon. Il avait envie de plaquer loin parce que... Pas il a plaqué loin, parce que c'est lui qui a décidé d'aller loin. Il a tweaked son grab, pas parce qu'il est très souple, mais parce que c'est lui qui a voulu donner C'était du bourg-crâne, faut bouffer, faut bouffer, faut bouffer, faut bouffer.
- Speaker #2
Il y a un mec en apnée que j'ai écouté une fois dans un podcast,
- Speaker #1
il disait que lui, il a passé les 80 mètres en apnée, en profondeur, et du coup, il s'est dit, la prochaine fois, je vais faire les 100 mètres, c'est mon prochain objectif. Et son coach, il lui a dit, non, on reste aux 80 mètres, par contre, tu vas aller aux 80 mètres sans ta préparation de respiration, tu vas aller aux 80 mètres en étant lesté, tu vas aller aux 80 mètres avec une bouée. en fait j'ai l'impression que c'est ça ce que tu dis De réussir à le faire dans n'importe quelle situation. Et c'est à partir de ce moment-là où vraiment tu sens que tu maîtrises le mouvement, que tu peux mettre du style et tout ça.
- Speaker #0
Ouais, je suis d'accord avec ça parce que nous, nos coachs de base, donc Ausha que je citais, lui, il avait vraiment cette importance avec le fait de ne pas passer à l'étape d'après tant qu'on n'a pas validé toutes les étapes d'avant et qu'on ne les a pas confirmées maintes et maintes fois. Et dans sa vision des choses, lui, c'est que quand l'étape d'avant a été faite, et qu'elle est maîtrisée, l'étape d'après va être facile. Et ça, je l'applique. Je l'applique encore maintenant, même si je ne suis plus avec lui. Et c'est aussi un axe de travail que j'ai trouvé avec mon nouveau coach, qui n'était pas forcément le sien, par exemple. Je dis une connerie, je ne sais pas ce qu'il faisait avec ses autres athlètes, mais je sais que c'est quelque chose avec lequel on va travailler ensemble maintenant aussi. C'est-à-dire que j'ai réussi à apporter ça dans ma relation avec mon nouveau coach, qui n'était pas celui qui m'a inculqué ça. et du coup j'essaie de ne pas griller les étapes. Parce que je sais qu'en accordant de l'importance au moindre détail sur les étapes d'avant, quand je vais arriver à l'étape supérieure, déjà la confiance est là parce que la sensation, tu l'as créée. Et quand tu vas y aller, tu minimises aussi les risques.
- Speaker #2
J'ai l'impression que la pépite que tu partages, c'est ce que tu dis un peu depuis tout à l'heure, c'est qu'avant, tu étais un peu acteur, un peu spectateur. Et là, en fait, tu reprends grave ton pouvoir. C'est moi l'acteur principal. Et c'est aussi pour ça que tu t'entoures aussi avec des bons points physiques, un super propre mental. Et compagnie.
- Speaker #0
C'est ça. Et mon coach actuel de l'équipe de France, avec qui j'ai eu la soi-disant discussion, c'est lui qui me l'a vraiment fait prendre conscience parce que même ça, ce n'était pas forcément un problème que j'avais exposé à mon prép mental à la base. Parce que je n'en avais pas vraiment moi-même conscience. Cette espèce de non-confiance en moi, mais le fait que je n'étais pas forcément capable d'accomplir des grandes choses. Moi, je lui avais vraiment dit, mon prép mental, que... c'était la concentration, comme je vous avais dit à la base, ce switch-là que je voulais améliorer. Et en fait, quand mon coach m'a fait comprendre ça, que le contrôle, c'est moi qui le crée, là, j'ai vraiment poussé la chose en mode, OK, j'ai de quoi aller loin. Et en fait, si je vais loin, ce ne sera pas les étoiles qui se sont alignées et les planètes. C'est vraiment parce que moi, j'aurais fait en sorte que chacun travaille différemment. Mais moi, je sais que cette vision des choses, de bouffer du volume... que ce soit en compétition ou pas en compétition, ça ne peut que m'aider. Parce que maintenant, quand je suis avant les compétitions, je vais essayer de faire le plus de fois mon tricks pour revenir au truc du fait que quand tu as validé plein de fois une étape, celle d'après, qui est par exemple le moment où ça va compter, tu t'es enlevé plein de poids. Ça devient une routine en fait. Oui,
- Speaker #1
c'est intéressant. Je change complètement de sujet, mais tu parles de l'étape d'après, qu'on va valider plein de fois une étape pour faire face à l'étape d'après. C'est quoi tes objectifs pour cet hiver ?
- Speaker #2
Il voit un peu l'emmener le filou là, il sent.
- Speaker #0
Cette année, il y a les Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si vous étiez au courant, mais nous, en tout cas, on nous le rappelle au moins une fois par jour.
- Speaker #2
Tiens, je te le rappellerai encore plus. Ah merci,
- Speaker #0
au moins j'ai le stylo.
- Speaker #2
Comme ça, tu pourrais écrire. Je commence avec le stylo.
- Speaker #0
J'écrirai mes... Mes objectifs de l'hiver.
- Speaker #2
Let's go !
- Speaker #0
Merci pour le cadeau. Et tu l'es où ?
- Speaker #2
Milano Cortina.
- Speaker #0
Mais c'est l'année prochaine, comment t'as eu ?
- Speaker #2
On en parle après.
- Speaker #0
Chacun ses secrets.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Mais ouais, il y a les Jeux qui arrivent. Forcément, c'est la plus grosse échéance et le plus gros objectif que j'ai jamais été confronté. Parce que je pense que tous les sportifs, il n'y a pas une seule épreuve sportive sur Terre qui est aussi grosse que les Jeux. Donc c'est le challenge, on va dire. Bah forcément pas ultime parce que c'est pas le dernier, mais c'est le challenge, c'est le big boss quoi. Ça fait partie des big boss de ma carrière, donc là je suis en pleine phase de... d'entraînement et ça arrive beaucoup plus vite que ce que je pensais.
- Speaker #1
C'est quoi ton statut par rapport à ça ? Est-ce que tu es favori pour y participer ? Est-ce que tu es outsider ? J'imagine qu'il va y avoir des qualifs, des sélections de la FED.
- Speaker #0
En fait, on crée les spots pour la France sur les Coupes du Monde. C'est-à-dire qu'imaginons, je fais très bien sur une Coupe du Monde, je vais ouvrir un spot pour la France, mais ce n'est pas parce que j'ai ouvert un spot pour la France qu'il est pour moi. Pour résumer... Avec 12 mots. Pour résumer sans encore faire un monologue, on est 8 dans l'équipe de France et chaque nation a droit à 4 spots maximum, hommes et femmes. Donc 4 spots de chaque, sexe. Le but du coup maintenant, c'est de performer très rapidement sur les premières coupes du monde qui arrivent pour exploser le quota de l'équipe de France qui pour l'instant, on est peut-être à 1 à 2 spots sécurisés et le but c'est d'en créer 4. Mais forcément, si il t'en crée un, ça veut dire que tu as été bon. Donc, c'est-à-dire que ton coach peut te choisir et que machin, truc. Mais tout peut t'arriver. C'est-à-dire que, imaginons, le mec qui est très fort toute l'année, mais un mois avant les Jeux, je ne sais pas pourquoi il n'y a plus personne. Et bien, ce n'est pas forcément lui qui va y aller, même si c'est lui qui a ouvert tous les spots pour la France. Parce que sur le moment même, il n'est pas apte, en fait, à aider la France à gagner des médailles. Donc, c'est un peu cette mentalité-là qu'on n'a pas forcément sur les autres événements. C'est une façon très spéciale de se qualifier, on va dire, pour un événement pour nous. C'est très unique.
- Speaker #2
Par rapport à ça, tu te sens comment ? C'est de la pression que tu ressens ? Ou au contraire, tu es en mode, écoute, je fais ce que je sais toujours faire et let's go, qui vivra verra ?
- Speaker #0
En fait, cet événement, il m'a énormément rongé l'esprit. Ces deux dernières années, je ne pensais qu'à ça. Alors, c'était arrivé, ce n'était pas du tout proche. Les qualifications n'avaient même pas encore commencé, genre les épreuves qualificatives. En fait, les qualifications des JO... commence un an et demi avant les Jeux. C'est-à-dire que les compétitions commencent à compter pour ouvrir les spots. On était loin de tout ça, mais c'était vraiment une chose à laquelle je pensais tous les jours. Mais pas de la bonne façon, dans le sens où j'avais cette peur de ne pas y aller. Et là, c'est marrant, mais c'est le moment où on est le plus proche des Jeux. Je ne suis pas du tout qualifié, mais je n'ai jamais ôté aussi bien et aussi serein. Ouais, ouais. Je ne suis pas en mode excès de confiance, machin, tout ça, du tout. Parce que, comme je l'ai dit, je ne suis pas du tout qualifié, mais... Je me sens bien, en fait. Ça ne me ronge pas. Et à contrario, enfin, pas vraiment à contrario, mais c'est surprenant, mais je m'entraîne hyper bien aussi en ce moment. Et cet effet-là, il me dure depuis quelques mois, tu vois.
- Speaker #2
C'était quand l'élément déclencheur, le moment déclencheur qui t'a permis de switcher comme ça, tu te rappelles ou pas ?
- Speaker #0
Ouais, c'est pour revenir à Tieni. Du coup, il s'est passé l'événement qui s'est passé, mais ma... tempête d'émotion.
- Speaker #2
Ouais, pas mal.
- Speaker #0
Il y a eu le switch et en fait, je devais aller au championnat du monde. Donc moi, j'ai chié ma compétition à Thine, mais ce que les gens ne savaient pas forcément d'un point de vue extérieur, c'est que cette compétition-là, c'est celle qui décidait qui allait au championnat du monde. Donc moi, j'avais loupé une coupe du monde. Et en plus, j'avais loupé ma sélection pour le championnat du monde qui arrive après. Forcément. C'était ma plus grande peur, c'était l'objectif de l'hiver. Il y avait une seule échéance sur laquelle je voulais vraiment participer, c'était celle-là. J'ai échoué. Bref, je me suis dit, tu sais quoi ? Je me casse. Je me suis cassé en Suède. J'ai appelé un pote à moi, un caméraman, et je lui ai dit, gros, t'es chaud ? Là, dans deux jours, j'arrive, on fait une vidéo. Je n'avais jamais fait de vidéo avant. C'était mon premier projet personnel YouTube. en freestyle c'est quand même très ... C'est très commun de faire des edits. Tout ça, moi, je faisais juste des edits sur Insta, mais je n'ai jamais pris un projet en main personnel et je ne l'ai jamais dirigé pour vraiment créer quelque chose du début à la fin. J'ai appelé un mec, je lui ai dit mec, fais ça. Je n'étais pas sur le moment, j'avais envie de faire ça. Et je lui ai dit là, je n'ai pas envie de penser à autre chose, j'ai juste envie d'aller faire ça, me faire kiffer. Et en fait, je suis arrivé là bas et on filmait une vidéo et en fait, je faisais des tricks, mais je faisais vraiment des tricks de compète. mais d'une facilité et d'une aisance, sans même me poser la moindre question. Je me posais encore moins de questions que quand c'était les entraînements de compète, que machin et tout, j'étais là. Et moi qui n'ai pas du genre à faire mes tricks quand ça compte pas, j'étais là, mais putain, mais c'est ouf, je fais des gros tricks là quand même. Et c'était une vidéo quoi. Et en fait, je me dis, mais en fait, c'est parce que je kiffe ce que je suis en train de faire là. Je suis en train de filmer, j'ai envie d'avoir un clip bien filmé, bien fait, bien stylé, bien grabé pour faire une belle vidéo. Et je suis trop fort ! Avec aucune... Non, mais yes ! Sur le moment même...
- Speaker #1
C'est très français de ne pas aimer le... Je suis trop fort, mais...
- Speaker #0
Voilà, c'est très français, mais sur le moment même, je me suis dit, mais... Là, je suis trop fort quand je fais ça, quand je pense comme ça, quand mes émotions sont comme ça. Et je me dis, mais en même temps, je m'en bats les couilles. Pardon, encore, désolé. Désolé, le chat. Désolé, les monos. On coupe, on coupe. Ne me bannez pas, ne me bannez pas. On s'en essaie de vous poser les monos. Mais ouais, en fait, je t'ai marré. Je m'en fous, je kiffe, mais ça se passe hyper bien.
- Speaker #2
Quand tu dis je m'en fous, en fait, c'est qu'il n'y a pas d'enjeu.
- Speaker #0
ouais je pose pas de question Ouais, je skie en mode... Je skie instinctivement, en fait. Je sais pas, je me pose pas de questions. Je ne prends même les prises de risques. C'est toujours un peu une chose qui te traverse l'esprit quand tu as essayé un autre risque. Mais là, très peu, quoi. J'avais cette envie d'essayer des nouvelles choses. J'étais parti en Suède, et moi-même, tu m'avais dit, parce qu'on avait déjà eu cette discussion, donc là, on avait une meilleure compréhension de l'un et de l'autre. Il m'avait dit, très bien, c'est ce que tu fais. Ors. d'aller en Suède et me faire de la vidéo. Alors, ce n'est pas du tout un mec de la vidéo. Pour lui, c'est vraiment un mec très compétiteur. Quand tu n'es pas en compétition, tu t'entraînes, tout ça. Et lui m'avait dit, je pense que tu as besoin de faire ça. C'est très bien que tu ailles en Suède. Profite-en pour explorer des choses que tu ne connais pas. Essaye des trucs. Les tricks, familiarise-toi avec des choses. Et au final, j'ai fait ça. Ça s'est trop bien passé. J'ai skié, j'ai bien skié. Je suis rentré et mon coach, de la Clusaz, du coup Manu, me dit « Ouais, il y a la finale des Coupes du Roi. » des coupes d'Europe premium à Corvatch est-ce que tu veux y aller ? je lui dis bah ouais en vrai vas-y je viens de toute façon j'ai pas j'ai pas de d'échéance là en ce moment c'est pas forcément une compétition qui avait un enjeu pour l'hiver parce que c'était la dernière compétition de la saison donc les coupes du monde étaient finies donc j'avais pas forcément ça n'allait pas déboucher sur les JO par exemple mais j'avais un peu ce sentiment que j'avais envie de prendre un départ Et du coup Greg, le coach de l'équipe de France, m'appelle un jour plus tard et me dit « Ouais, je voulais savoir, est-ce que tu vas faire cette compétition ? » Parce que moi j'ai dit aux autres du domaine des Coupes du Monde que c'est une bonne compétition à aller faire, le niveau est très élevé, il faut aller la faire, c'est une bonne chose si tu vas la faire. Je lui dis « Ouais, ouais, j'avais prévu de la faire, je sais pas, j'ai envie de prendre un départ, ça me manque en fait. » Je lui ai dit comme ça, je lui ai dit « Ça fait un mois là, depuis que vous êtes tous partis au chemin du monde, je suis pas allé. » ça me manque de faire de la compète quoi. Et au final, même le fait qu'il soit tout son chemin du monde, tout ça, ça ne m'a pas rongé à distance. Je n'ai pas vraiment regardé. J'étais dans mon truc. Alors que tu vois, de base, j'aurais plus été là à regarder de loin, à être dégoûté, à me dire putain, ça devrait être moi. Et là, pas du tout quoi. Je suis vraiment allé en mode genre ouais là, j'ai envie d'y aller et me faire kiffer sur une compète. En fait, j'avais bien skier, j'étais en mode tu sais quoi, je vais aller la faire. Il n'y a aucun enjeu. Je vais aller skier. Donc le kiff maxi moteur. Ouais, vraiment, genre comme ça, aucune pression. Je suis arrivé là-bas d'une nonchalance, je n'avais jamais vu ça. Et je n'avais jamais été comme ça, je ne m'étais jamais comporté comme ça dans une période de compétition.
- Speaker #2
Nonchalance intérieure aussi ?
- Speaker #0
Ouais, vraiment.
- Speaker #2
Ok, ce n'était pas genre fake ? Presque,
- Speaker #0
je la négligeais la compétition dans le sens où, à ce moment-là, je venais de finir ma vidéo, de la filmer. On était en plein montage. Je venais d'arriver à la compétition, dans le... les logements pour la semaine de compète, je me focalisais qu'une chose, c'était sur la sortie de ma vidéo, que tout soit carré, que machin, machin. Le lendemain, il y avait les trainings de la compète, ou les qualifs, je n'y pensais même pas. Donc, j'étais vraiment dans une autre dynamique,
- Speaker #2
focus ailleurs.
- Speaker #0
Ouais, et pour du coup remettre en contexte, cette compétition-là, c'est la finale des Coupes d'Europe Premium. Donc, c'est la finale du circuit Coupes d'Europe. Mais vu que c'est premium, c'est-à-dire qu'elle compte le double des points, c'est-à-dire qu'il y a d'autres nations qui viennent en dehors de l'Europe, genre les Japonais, les Canadiens. Donc, c'est quand même une coupe du monde. Mais je dirais que c'est une... Compétition intermédiaire entre la Coupe d'Europe et la Coupe du Monde en termes de niveau, mais il n'y en a qu'une seule par saison. Et bien, j'ai gagné. Et j'ai gagné, mais d'une façon que je n'aurais jamais imaginé.
- Speaker #1
Et tout ça part d'un échec, d'un gros échec, du pire échec que tu as vécu.
- Speaker #0
Ce n'était pas le plus gros échec en termes d'enjeux que j'ai vécu de ma carrière, mais c'était l'échec le plus violent que j'avais... auxquels j'avais été confronté. Et c'est là où je me suis dit, mais en fait, je pense que je fonctionne comme ça. En fait, c'est là où je me suis... J'ai pris en... Comment dire ? J'ai pris en conscience que personne ne fonctionne de la même manière. Et c'est peut-être moi une façon qui me correspond de ce qui est. Et de où de performer.
- Speaker #1
Du coup, là, il est 18h54. C'est déjà bientôt la fin, c'est passé hyper vite. On va passer aux dernières questions.
- Speaker #0
Let's go !
- Speaker #1
Il y a une question que j'adore poser. Imagine, tout s'arrête pour toi. Je ne le souhaite pas, mais imagine tout s'arrêter pour toi. Et même, imagine dans dix ans, quand ça s'arrêtera, qu'est-ce que tu aimerais qu'on retienne de toi ?
- Speaker #0
Je pense que ce que je kifferais, ce serait d'avoir laissé une empreinte dans le milieu de ce sport.
- Speaker #2
Ce sera à quel ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, peut-être que les futurs skieurs essaient de, comme nous on l'a fait en fait, c'est un sport où tu t'inspires beaucoup des autres, de tes idoles, de tes riders professionnels. internationaux, tout ça, que tu regardes sur YouTube quand t'es petit. Bah si, moi, quand j'ai fini ma carrière, je peux être cet exemple-là pour d'autres, pour moi, j'aurais tout gagné. Tu vois, genre, j'ai pas... Si on doit retenir quelque chose de moi, bah j'aimerais bien que ça soit quelque chose de ce genre-là, quoi.
- Speaker #2
Plutôt sur le style ? Plutôt sur le mindset et comment tu te comportes face aux défis ? En global ?
- Speaker #0
Je dirais, bah je suis pas trop du genre à... C'est la première fois que je parle aussi ouvertement, en fait, là.
- Speaker #2
Merci,
- Speaker #0
mais j'ai fait très peu de... J'ai fait quelques interviews, ça m'est arrivé, tu vois. Mais je n'en ai jamais fait aussi personnel, en tout cas sur ma façon de penser, sur tout ça. C'était plus sur ce qui s'était passé sur le moment. Si c'est une compétition, c'est sur la compétition, mais pas sur ce que je vis en interne. Donc, je ne pense pas trop sur ce côté-là parce que je ne suis pas confronté à me livrer là-dessus. Donc, je n'ai pas l'opportunité de donner mon ressenti. Mais ouais, le style, ouais, en vrai. Parce que moi, je sais que c'est quelque chose que j'apporte. que j'accorde beaucoup d'importance c'est comme ça que j'ai voulu commencer c'est ces gens là que je regarde skier c'est ce qui me donne envie de faire ce que je fais c'est aussi un sport qui a cette opportunité d'avoir où les skiers auront le choix de leur apparence de montrer ce qu'ils veulent montrer si je peux donner cette envie là aussi aux futurs riders c'est cool j'ai une petite dernière question pour
- Speaker #1
Ked après on fera interagir ouais carrément
- Speaker #0
L'audience.
- Speaker #2
Toi, t'es passé par des moments où t'avais pas ce kiff et là, on parle de Ting pour mettre un moment sur ce switch pour toi entre ça n'a pas trop de sens, entre guillemets, et là, je kiffe vraiment ce que je fais. Là, il y a des athlètes qui nous écoutent, qui sont par exemple au Comité Mont-Blanc dans différents sports. Il y en a qui sont sur des compétitions hyper importantes pour eux. Il y en a qui viennent de rentrer en équipe de France aussi dans leur discipline. Qu'est-ce que tu pourrais dire ou conseiller à ces personnes-là qui entendent bien le « ouais, il faut kiffer » ? Et en même temps, ils ont un maxi en jeu à côté et ils ne veulent surtout pas le louper.
- Speaker #0
Déjà, le fait que je ne kiffais pas, ce n'est pas vraiment qu'à partir de Thin, j'ai commencé à kiffer. C'est que j'en ai pris conscience plutôt.
- Speaker #2
Ok, pris conscience.
- Speaker #0
Parce que je pense que j'ai toujours kiffé le fer. C'est juste que je ne m'étais jamais posé la question. C'est plus ça.
- Speaker #2
Pas conscientisé ?
- Speaker #0
Oui, je n'avais pas conscientisé le fait que c'était mon moteur. Et du coup, je n'en avais jamais tiré parti. Je reviens au truc de mon potentiel que je n'arrivais pas à exploiter. Ça en fait partie. Si je peux donner un conseil à ceux qui sont dans la même situation que moi, qui sont dans la compétition ou même pas du tout, parce que ce n'est pas forcément que pour la compétition, il y a des enjeux partout, n'oubliez pas que si vous faites cette chose-là, c'est par choix et parce que vous aimez le faire. Et l'enjeu, c'est quelque chose sur lequel vous allez déboucher. C'est aussi une motivation, mais ça ne doit pas vous freiner. Comme moi, ça a pu le faire. Donc, je pense que cette chose-là qu'il faut bien discerner, c'est que personne ne vous en voudra. Ou alors, si quelqu'un vous en veut, c'est peut-être parce que...
- Speaker #2
Il a des intérêts.
- Speaker #0
Il a des intérêts. Ou je ne sais pas. Pour moi, ça ne devrait même pas être une discussion de se demander si j'échoue, pourquoi ces gens-là sont déçus. Ça me concerne moi. Donc, kiffez ce que vous faites. Et genre, imaginez quand tu prends le départ. Imagine, tu kiffes être à un start de compétition. Je pense que c'est quelque chose qui est très rare. Je pense que c'est quelque chose où c'est vraiment les meilleurs, meilleurs, meilleurs, meilleurs du monde qui en sont arrivés à ce stade-là, où ils sont tellement forts que vraiment, ils sont dans un état tellement positif qu'en fait, c'est que du kiff, quoi. Et l'enjeu, eux, ils vont vraiment le servir aussi en motivation parce qu'ils kiffent tellement que... Et c'est aussi peut-être leur kiff de justement aller chercher cet enjeu-là. En tout cas, je pense que beaucoup de gens se posent beaucoup de questions. par rapport à ce qu'il faudrait s'en poser au moment du départ. Et je pense que ceux qui sont le meilleur au départ, c'est vraiment ceux qui arrivent à se recentrer sur l'essentiel. Je pense que l'essentiel, à la base, base des bases, le pourquoi vous faites ça, c'est parce que vous l'avez décidé. Parce que vous aimez le faire.
- Speaker #2
Il y aura des shorts qui vont être coupés, c'est magnifique. Je ne sais pas comment vous êtes derrière la caméra.
- Speaker #0
Si je veux bien que quand je dis des choses comme ça, si ce n'est pas forcément vrai, dites-le moi aussi. Parce que moi aussi, je suis vraiment... Je tiens à préciser que je n'ai aucun recul sur ce que je dis. C'est-à-dire que là, je donne ça de façon comme si je disais la vérité, mais je dis... ma vision des choses parce que je suis en plein dedans. Mais si ça se trouve, quand j'aurais fini ma carrière, je me dirais « Ah bah non, ça c'était pas vrai, ça c'était pas vrai » . N'hésite-le moi, n'hésite pas.
- Speaker #1
Je vais te dire un truc, j'ai fait pas mal d'épisodes de podcast avec des grands champions, genre Angélique, qui est récemment championne du monde, avec Alizé Baron, avec Jean-Baptiste Grange. Et j'ai l'impression que tout ce que je retiens de tout ça, c'est le dernier extrait que tu viens de dire, c'est le fait de kiffer, de prendre du plaisir, que si on est là, à la base c'est pour ça. Alizé Baron, elle a arrêté le ski alpin pour faire du ski cross parce qu'elle kiffait plus en ski alpin et que ça l'embêtait. Et du coup, elle s'est dit bon bah je vais faire du ski cross, un truc qui me fait kiffer depuis que je suis petite. Angélug, son truc c'est je kiffe quoi qu'il arrive, je kiffe. Quand je perds, je kiffe. Quand j'ai peur, je kiffe quand j'ai peur. Et c'est toutes ces choses-là. Et j'ai l'impression que toi c'est aussi ce que tu dis, c'est de se connecter à pourquoi je prends du plaisir même si j'échoue, même si ça va pas. pourquoi en fait je suis là et moi je te rejoins et je trouve que c'est le truc qui est en lien avec tous les sportifs que je peux interviewer. C'est ce que tu viens de dire.
- Speaker #0
Mais je pense que c'est quelque chose qui est très... Tu as dû le voir avec tes athlètes, surtout les jeunes. Je pense que c'est quelque chose qui est très dur à conscientiser parce que se tétaniser à une compétition, c'est très courant. Il y a beaucoup de gens, quand c'est le moment de la compétition, ça stresse, tu tétanises, tu crispes un peu, tu te poses des questions, tout ça. Et je pense que des gens confondent le fait de kiffer... et négliger sa concentration. C'est pas parce que tu kiffes que tu vas à l'arrache, que t'es pas concentré. Kiffer, c'est juste censé être un moteur. Savoir pourquoi tu le fais. Moi, c'est comme ça que je le vois. Et le jour où vraiment je me dirais j'aime pas ce que je fais, j'arrête. Ça veut dire que je n'ai plus cette... Mais là, c'est pour ça que j'ai l'impression d'être au tout début de ma carrière, là. Parce que ça fait que quelques mois que j'ai vraiment capté cette chose-là, quoi.
- Speaker #1
Tu vois... Encore une fois, je vais parler de Angélug, mais je lui avais dit comment tu fais pour gérer la peur. Elle fait du kayak cross et tout. Elle m'avait dit, en fait, je l'accepte. Je lui ai dit, c'est trop facile comme réponse. Juste, j'accepte ma peur. Comment tu fais pour accepter ta peur ? Elle m'avait dit, j'aime qui je suis quand j'ai peur. Je suis là au départ dans les starts, j'ai peur. Et je me dis, c'est mignon d'avoir peur. Et d'un coup, elle se kiffe comme ça, avoir ces émotions qu'avant, elle refoulait. Et donc ça aide vachement à performer et à accepter tout ça, à kiffer ça. Donc c'est un moteur, non pas un frein. Et c'est pas juste un truc bisounours de « ah bah j'ai kiffé, je me suis fait plaisir » .
- Speaker #0
Bah ouais, et puis pour revenir à ce que tu dis, je pense que cette peur-là, elle peut vraiment aider, dans le sens où il y a des gens qui vont se tétaniser, ou qui vont s'emmêler les pinceaux, parce que la peur va prendre le dessus. Mais je pense que, en tout cas moi je fonctionne un peu comme ça. C'est-à-dire que si j'ai un peu peur ou j'ai un peu d'appréhension, je vais réussir à me mettre dans un mode où je vais être hyper concentré et je vais être très précis parce que la peur, c'est quand on... Dites-moi si je me trompe, mais c'est ton corps qui essaie un peu de te protéger.
- Speaker #2
Carrément.
- Speaker #0
Ton corps, il te dévoie des indications que là, tu es face à un danger. Et quand tu prends conscience que c'est ton corps qui t'envoie ce signal-là, mais que tu vas t'en servir pour te concentrer et mettre un peu des œillères sur ce que tu fais... ça peut être vraiment un moteur.
- Speaker #2
Et ton corps, c'est ton allié là-dedans. Avec cette peur-là, ça crée plein de trucs dans notre corps. On a une vision qui est encore plus précise. On a une respiration qui est un peu plus importante, qui va donner beaucoup d'énergie à nos muscles après-derrière. Tout ça, c'est une machine qui est hyper bien huilée et qui est là pour nous. Il s'agit juste d'apprendre à les utiliser, ces émotions qui, au final, sont de l'énergie en mouvement. J'ai vraiment l'impression que ce que tu racontes depuis tout à l'heure, c'est que tu as envie de performer parce que tu kiffes ça. Et en même temps, je trouve que le plus beau dans tout ça, ce n'est pas ce que tu arrives à atteindre, mais qui tu deviens pour l'atteindre. Et mec, c'est assez ouf, c'est hyper inspirant le parcours que tu es en train de partager. Pour la première fois sur un podcast.
- Speaker #0
Yes, les gens de podcast, appelez-moi.
- Speaker #2
Yes, qui vous plaît, P-L-E-Y.
- Speaker #0
Mais ouais, en fait, je me dis que quoi qu'il arrive, je donne tout ce que j'ai et que si je n'arrive pas à aller au bout des objectifs... je serais au moins arrivé au meilleur de la personne que je suis. J'aurais tout donné pour le faire. Et je pense que j'aurais fait des avancées monstres. Même si je ne suis pas arrivé sur la ligne d'arrivée, je m'en serais rapproché. Et je pense que c'est positif.
- Speaker #2
C'est ça, c'est clair.
- Speaker #1
On prend les questions ? On prend les questions. Il y en a une dans le chat. Je crois qu'on en a déjà un petit peu parlé. Comment tu bosses ton mental et ton stress avant une compétition ? Je ne sais pas si tu peux être plus précise, moi j'ai l'impression que c'est vraiment, par exemple la veille, avant de dormir par exemple, si tu sens le stress monter, comment est-ce que tu gères ces choses-là ?
- Speaker #0
Du coup, c'est comment je gère le stress vraiment sur la short période juste avant la compétition ?
- Speaker #1
J'ai l'impression que la question, elle est trop... Enfin, elle est méga large.
- Speaker #2
Tu peux demander à la personne de préciser. Oui,
- Speaker #0
il peut me la poser. Je peux les entendre ? Oui,
- Speaker #2
carrément, tu peux les entendre. Il peut me la poser aussi. Active ton micro, ouais.
- Speaker #1
C'est Heidi.
- Speaker #3
Je voulais juste savoir, du coup, par exemple, moi, je sais qu'avant une compétition, souvent, je stresse à fond, genre la veille avant de dormir. Ça me gâche mes nuits, mes matinées et tout ça. Comment toi tu fais pour gérer ça ? Tu te dis quoi de positif avant une compète ?
- Speaker #0
Là, je ne vais pas avoir les meilleurs conseils parce que moi, je dors de base très peu. Et en plus de ça, je peux vraiment réfléchir beaucoup trop quand je vais me coucher. Donc ça, c'est quelque chose sur lequel je travaille encore. Je n'ai pas encore trouvé trop de remède sur cette période-là, du moment où il y a tout qui s'arrête dans la vie active. Et là, tu sais qu'à partir de maintenant... Dès que tu vas fermer les yeux, le lendemain, ça la complète. Je n'ai pas encore trouvé cette chose-là qui va me faire bien dormir ou qui va me faire m'endormir vite, surtout. Mais moi, après, j'ai des passions qui sont à côté. Je ne fais pas que du ski. Je fais des prods, je fais de la musique. Je kiffe faire plein de choses un peu créatives. Et je sais que cette chose-là, c'est quelque chose qui va vraiment m'aider à m'évader de ces pensées qui peuvent... me ronger. Et le jour même de la compétition, je sais que la musique, par exemple, c'est quelque chose où ça va vraiment me booster. Genre d'écouter de la musique, c'est comme si je ne laissais pas la place à mon cerveau de surproduire des pensées positives comme négatives. Donc pour le sommeil, je n'ai pas encore trouvé la solution, mais je pense que ce que tu kiffes à côté ou ce qui te fait te sentir bien, en fait, ça peut t'aider.
- Speaker #3
Ok, merci beaucoup.
- Speaker #0
À réduire ce stress en tout cas. Et le stress, moi des fois j'ai un peu de stress, mais j'aime bien parce que ça, un peu comme la peur on disait, ça peut être moteur. Tant que ça ne prend pas le dessus, si tu peux essayer de s'en servir, ça peut être aussi une bonne façon de le gérer.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Tu pourrais peut-être te poser la question, comment je peux me servir de ça pour m'endormir ?
- Speaker #2
Ouais. Il y a vraiment la notion de focus en fait.
- Speaker #0
J'en suis lourd.
- Speaker #2
Après, tu n'étais pas le seul. Il y avait Tess qui en parlait, je crois, dans un podcast et on lui posait exactement la même question. Donc, Tess Le Deux, qui est numéro un mondial actuellement en ski freestyle, elle disait qu'elle était juste OK avec ça, en mode il y a un truc qui est important qui se passe pour elle et elle sait qu'elle va mal dormir. Ce n'est pas un problème parce que c'est juste ponctuel et ce n'est pas récurrent, en mode pas tous les jours qu'elle va mal dormir. Enfin, Tess, tu me corrigeras si je me trompe, mais c'est comme ça.
- Speaker #1
Si je fais le lien avec Jean-Baptiste Grange, Il m'a dit que la veille de son deuxième titre, je crois, ou de son premier titre mondial, il avait vraiment mal dormi, il ne se sentait pas bien. Mais en même temps, quand il y a des moments importants, le corps réagit forcément à ça. Et donc, c'est peut-être juste OK aussi de se dire, je stresse et ça me prévient juste qu'il y a un moment important. Donc, mon corps, il s'adapte à ça.
- Speaker #2
Et au bon endroit.
- Speaker #0
Mais d'ailleurs, pour revenir à ça, c'est vrai que je vous rejoins et que le conseil que je peux te donner, peut-être le seul, c'est que... d'être OK avec ça, en fait, c'est aussi un gros progrès. Parce que moi, par exemple, qui ai du mal à m'endormir de base tout le temps, au début, j'allais mal m'endormir avant une compétition, j'allais me dire, je m'endors mal, ça va me porter préjudice pour la compétition, c'est pas normal, machin. Et à partir du moment où je me suis dit, de toute façon, je ne dors pas, c'est comme ça, on verra demain. Et du coup, je ne dors pas quand même. Mais au moins, je ne me refais pas le monde à stresser. Et ça ne va pas m'influencer le lendemain en me posant des questions de « Ah, j'ai mal dormi hier, je ne vais pas être au top de ma performance. » Parce que j'avais eu une discussion avec un prèpe physique. Et tant que ce n'est pas récurrent, ce n'est pas parce que tu as mal dormi avec une compétition que ton corps va être très, très impacté, que ta performance va être impactée.
- Speaker #2
Si c'est un peu récurrent et que tu as du mal aussi à t'endormir le soir, et ça, c'est valable pour nous tous, moi je le fais Je le fais régulièrement. Quand j'ai des pensées qui sont vraiment trop répétitives et que je n'arrive pas à calmer ce truc-là, je prends un carnet et je note tout ce qui me passe par la tête. Et une fois que j'ai réussi à tout noter et que j'ai tout devant les yeux, c'est un peu comme si je disais à ma tête en mode « Bon, ok, c'est bon, j'ai pris ça en compte. On le pose, on voit ça demain matin. »
- Speaker #0
Ok, c'est intéressant ça.
- Speaker #2
Si tu veux, si tu es au test.
- Speaker #0
Ouais, parce que je pense que ça me ferait du bien. c'est ça qui m'empêche de dormir, c'est que je pense à trop de choses. Des choses que je ne vais pas penser la journée, je les mets dans le lit, et là, c'est... et toutes les lumières qui s'allument. Et puis, tu as peur d'oublier. Ah, j'ai oublié ça. Ah, il faut que je fasse ça demain. et du coup peut-être que d'avoir un peu un carnet de bord comme tu dis Et ça permet de se... On en revient à ça, mais à se délivrer.
- Speaker #1
Et à se connaître encore plus. C'est ce que tu disais tout à l'heure aussi, avec les devis de traitement.
- Speaker #2
Moi, je dors bien. Je n'ai jamais eu de soucis pour m'endormir. Je n'ai aucun conseil là-dessus.
- Speaker #0
Franchement, moi qui voyage tout le temps avec Tim, et le mec, il peut s'endormir debout, assis,
- Speaker #2
je fais partie de cette team aussi.
- Speaker #0
Impressionnant. Mais ça, c'est un super pouvoir. C'est clair. Très bien.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a d'autres questions ? Est-ce qu'il y a... Il y a d'autres remarques, on a dépassé le temps, mais ça avait grand-chose à dire. Moi,
- Speaker #3
j'ai une question.
- Speaker #2
Jeanne ?
- Speaker #3
Tu parles beaucoup de ton stress en compète, mais moi, je ne fais pas de compète, j'en fais un peu, mais vu que je ne suis pas licenciée, je ne fais que des compètes libres. Et en fait, est-ce que tu stresses aussi au moment de lancer des nouveaux tricks ?
- Speaker #0
Tu fais quoi comme ski ? Tu fais du ski freestyle aussi ?
- Speaker #3
Freestyle et freeride, enfin freestyle gentil.
- Speaker #0
Ok. Bah, forcément, là, je te dirais que je stresse un peu, forcément, avant de... Par exemple, je pense que le moment où je vais être le plus sujet au stress, ça va être le moment où je vais avoir plaqué le run d'avant de faire un nouveau tricks et que là, mon cerveau va me dire « Ok, le prochain,
- Speaker #1
c'est maintenant. »
- Speaker #0
Ça veut dire que là, je vais remonter au départ et je ne vais pas faire ce que je viens de faire, je vais faire quelque chose que je n'ai jamais fait. Et c'est sur ce moment-là où tu te retrouves un peu tout seul avec toi, mais sur le téléski, que c'est là où il faut être fort. C'est qu'il ne faut pas laisser les émotions prendre le dessus. Et moi, je sais que ce que je fais, c'est que je suis en mode, je vais me sur-hyper, on va dire, en mode, je vais presque me créer une émotion presque factice qui va me dire, let's go, j'ai trop envie de le faire. C'est maintenant, tu vois. Même si je ne pense pas de cette façon-là, cette envie de le faire, je vais essayer de la faire grossir fois dix. pour qu'elle prenne le dessus sur tout ce qui est négatif dans ma tête et jusqu'à arriver au start où je vais vraiment dire à mon coach, c'est maintenant parce qu'à partir du moment où j'ai dit l'information, c'est trop tard. À partir du moment où j'ai dit à quelqu'un d'autre là je vais le faire, c'est un peu ma façon de me dire, je me suis engagé.
- Speaker #1
Et pour ça, il doit y avoir une petite technique à partager pour Jeanne et pour les autres aussi. Cette sur-hype, tu la fais passer par quoi ? Par le corps ? Par exemple, t'es là en mode... Je suis trop chaud et tout, tu bouges un peu ton corps, tu te redresses, tu respires un petit peu plus, il y a des trucs comme ça ?
- Speaker #0
En vrai, c'est pour en revenir à la musique que je disais tout à l'heure. J'ai eu une période où j'avais arrêté d'écouter de la musique parce que je me suis dit qu'il fallait que je me concentre sur tout ce qui était extérieur, parce que ça ne pouvait que m'aider. Et en fait, vu que moi, ça avait un peu pris le dessus, j'avais réussi à prendre... Une fois que j'avais reçu ce déclic-là, de vraiment me focus sur moi, j'ai recommencé à remettre de la musique en s'inscrivant. Et en fait, je m'en suis vraiment servi dans le sens où j'ai une musique, je sais que quand je la mets, un titre en particulier, où j'ai créé en fait, je pense que mon cerveau a une relation avec ce titre-là, qui fait que quand je l'entends, ça me met directement en mode, genre ça me met la patate, tu vois. Et il y en a un autre, ça va être plus en mode, genre ça va me calmer. Tu en as un autre, ça va être en mode, genre c'est la compétition, genre c'est le moment. Et je sais qu'il y en a, quand c'est un nouveau trick, c'est toujours le même. et je sais que je vais pas forcément le mettre tout le temps Mais je sais que si je le mets, direct, ça va me mettre dans ce mood-là de « Let's go, je vais affronter un truc nouveau. » « Je suis prêt, on verra. » Trop stylé. Ça répond à tes questions, Jeanne, ou pas ?
- Speaker #3
Oui, très bien. Parfait.
- Speaker #0
Je pense que c'est très personnel. Tu peux essayer de trouver cette chose-là qui va toi-même te faire positiver ce stress.
- Speaker #3
J'ai ce truc-là aussi avec la musique. J'ai une musique que je mets et là, je sais que...
- Speaker #0
Je ne sais pas neurologiquement parlant comment ça fonctionne, mais je pense que...
- Speaker #2
Il y a des associations. C'est comme quand tu sens l'odeur de la pâte à modeler, tu fais ça me rappelle l'école primaire. C'est pareil pour les sons, c'est pareil pour les sensations. Donc, il y a des associations comme ça qui sont. C'est comme un ancrage, en fait. C'est un ancrage, mais par un autre sens.
- Speaker #1
Par l'autre canal.
- Speaker #0
Si tu arrives à trouver quelque chose qui te fait te sentir bien de manière un peu automatique... et qui arrivent à te projeter dans un état, dans l'état souhaité, je pense que ça, c'est personnel. Mais moi, c'est un conseil que je peux te donner, c'est de trouver ces choses-là qui vont te faire du bien en fait.
- Speaker #1
Test, test, test. Et dans les moments où il y a moins d'enjeux aussi et où tu kiffes, au fur et à mesure, tu vas réussir à te l'approprier, à l'associer.
- Speaker #0
Et ouais, comme tu dis, avec le moins d'enjeux, du coup, quand je t'ai dit l'ancrage que je devais faire tout le temps avec une fois par jour, c'est une chose insignifiante. et bah des fois j'essayais des tricks pas du tout des tricks de compète des petits tricks mais où tu te dis ah bah ça j'ai jamais fait tiens je vais essayer et bah automatiquement c'était un peu la même musique que je remettais à chaque fois et je pense que j'ai dû le créer en fait comme ça donc il n'y a pas si longtemps c'est un mot un peu technique pour dire un peu dans l'état émotionnel, l'état interne le plus adéquat qui te permet d'avoir toutes tes ressources parce qu'la semaine dernière je suis arrivé à ça se fait et j'allais faire un nouveau trix de ouf dans le sens où c'est vraiment un gros trix de compète Et c'est là où je me suis dit, ah tiens, mais cette musique, je me sentais bien. Tu vois, je me sentais un peu, genre un peu, tu sais, la musique que tu mets pour aller à la guerre, quoi. Yes ! Et puis je la mettais, et puis franchement, à chaque fois que j'ai appris des tricks toute la semaine dernière, sur le camp d'entraînement, surtout que c'est un camp où t'apprenais beaucoup de tricks, vu qu'on revenait de la période d'airbag, à chaque fois, je remettais le son. Franchement, j'écoutais le même son toute la semaine.
- Speaker #2
De toute façon, c'est ça. Les sons, après, c'est un peu moins fun, mais... Mon chien est mort, j'ai toujours écouté le même son quand mon chien est mort. Et maintenant, quand je le réécoute... Ça me fait pleurer alors que c'est bon, j'ai fait le deuil. Ça revient toujours les émotions et donc ça ne m'étonne pas que là ça revienne pour toi dans des bonnes émotions.
- Speaker #0
Ça c'est des choses que je ne suis pas du tout qualifié pour expliquer, mais je sais que c'est ce que je ressens quand ces automatismes un peu reviennent.
- Speaker #1
On n'est pas obligé de tout comprendre pour tout utiliser. C'est le truc aussi hyper intéressant.
- Speaker #0
Et c'est pour ça que je reviens en fait, que je comprends. Très peu de choses de ce que je vous explique. Genre vraiment, ce que je vous dis, c'est vraiment mon ressenti. Même si je n'ai pas l'explication à mon ressenti, c'est comme ça que moi, je me sers de la prép mentale et ce que j'apprends pour tirer parti de mon potentiel. Et si vous, ça doit être d'une autre façon, vous voyez avec vos prép mentales, je pense qu'il n'y a pas une seule façon de faire.
- Speaker #2
Oui, c'est clair. Non, mais écoutez, s'il n'y a pas d'autres questions, moi, j'ai vraiment envie de vous inviter.
- Speaker #1
à revenir demain yes ça continue la conférence demain on parle du rapport à l'échec et de la mauvaise pression que ça inclut en gros en quoi ta relation à l'échec t'amène systématiquement vers la mauvaise pression ouais c'est la continuité de ce qu'on vient de voir avec Caddyssoir il y a la notion de plaisir il y a la notion d'échec il y a la notion de tout ça qu'est-ce qu'on peut souhaiter Caddy ?
- Speaker #0
ouais une califugio si vous voulez mais ouais surtout Surtout des gifs ! Je pense que ce que vous pouvez souhaiter, c'est de kiffer cette préparation pour les jeux.
- Speaker #2
Yes.
- Speaker #0
Parce que moi, je kiffe, là. Et j'espère, en fait, kiffer jusqu'à l'échéance.
- Speaker #2
Kiffer la bataille, la confiance, entre guillemets, parce qu'il va quand même falloir être meilleur que...
- Speaker #0
Ouais, bien sûr.
- Speaker #2
Même si c'est sain, c'est quand même une concurrence. Là,
- Speaker #0
je le dis avec le sourire et en mode, genre, je fais ça pour le plaisir, mais c'est la guerre. Mais la guerre, j'y vais avec le smile, tu vois.
- Speaker #1
Yes. et si vous pouvez me souhaiter quelque chose c'est de toujours l'avoir pour ceux qui ne sont pas encore cadis sur les réseaux c'est cadigomis easy moi je me permets de faire une petite demande vous vous rappelez à l'époque de la radio il y avait des dédicaces je n'étais pas né à la radio vas-y arrête si tu devais faire une dédicace à des membres de ton crew ce serait à qui ?
- Speaker #0
à personne je me suis fait tout seul pas du tout En vrai, dédicace à tous ceux avec qui j'ai commencé, dédicace à tous ceux avec qui j'ai pratiqué, ceux qui m'ont fait kiffer aussi. Rémi, je ne vois pas tous les noms. Il y a Rémi Colombigri en gros, mais Rémi en fait partie. Il vient de mon groupe avec lequel j'ai commencé. Il est toujours là. On n'est pas en équipe de France ensemble, mais sur les camps que je fais à la Clacusa ou quand je vais m'entraîner à la Clacusa, je vais faire des Coupes d'Europe, il est là aussi. Je pense que tous ceux, même si je ne vais pas citer les prénoms, mais ils se reconnaîtront, ces gens de ce groupe-là. Et puis après, il y a mon entourage, le staff avec qui on progresse tous les jours, mes parents qui m'ont toujours soutenu, mais qui ne m'ont jamais forcé à faire quoi que ce soit. Et puis, évidemment, mes sponsors. Et puis, j'en ai sûrement oublié mon PrépMental, mes potes de dingy.
- Speaker #2
Vas-y, cite les sponsors, cite les sponsors, c'est important.
- Speaker #0
Ocley, Alpina, La Clusa, on y est en plus. Le Roaster, très bon burger. le crédit agricole et
- Speaker #1
Faction on vous dit à bientôt merci Kadhi à demain merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout si t'es arrivé jusqu'ici c'est certainement que tu mets de l'importance sur ce qui se passe à l'intérieur de toi lorsque tu pratiques si tu penses que cet épisode peut parler à quelqu'un de ton entourage n'hésite pas à lui partager Et tu peux aussi mettre la note de 5 étoiles sur le podcast, ce qui permettra toujours d'avoir des invités aussi ouf. Tu peux aussi me retrouver sur Instagram à tomrds, pour plus de contenu sur la prep mentale. Ciao !