- Speaker #0
Bonjour Béranger, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va très bien, merci.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on se retrouve pour parler d'entrepreneuriat. Ça fait maintenant 18 ans que tu es à ton compte. Tu t'attendais à ce que ça dure 18 ans ou pas du tout ?
- Speaker #1
Il y a quelques temps, j'ai fait le calcul et effectivement, je me suis dit mais ça fait 18 ans Béranger, dans deux ans, ça fera 20 ans. Est-ce que je ne pensais pas que ça allait durer autant de temps ? En fait, ce n'est même pas ça. C'est surtout de me dire que ça allait passer aussi vite. Parce qu'en réalité, je ne m'ennuie pas.
- Speaker #0
On t'a déjà dit que tu n'y arriverais pas, de laisser tomber, parce que tu l'as déjà dit, l'école ça n'a pas été facile. Et pourtant, tu as réussi malgré ça.
- Speaker #1
J'ai réussi. J'ai réussi, effectivement. C'est maintenant que je me rends compte, après 18 ans, que j'ai réussi. Dans ma jeunesse, ça n'a pas été simple. Mon enfance s'est très bien passée. J'ai eu des parents très aimants, des frères très aimants aussi. Au sein du cocon familial, il n'y avait aucun problème. Là où c'était plus compliqué, c'était au domaine scolaire. Je ne suis pas diagnostiqué, mais maintenant, j'en suis sûr de plus en plus. Je dois avoir du TDAH, on en parle beaucoup aujourd'hui, et puis de la dyslexie. 10 orthographies et 10 calculis donc ce qui m'a valu un parcours scolaire compliqué, c'est à dire que j'ai redoublé deux fois le CP, CE1 je faisais des fautes, enfin je faisais, je m'améliore pour la petite blague je dis toujours que je pourrais jamais écrire des lettres de corbeau parce qu'on saurait tout de suite que c'est moi j'avais un prof de français au collège qui disait aussi qu'avec Béranger il pourrait refaire l'académie française et puis j'avais un autre prof qui avait dit mais Béranger s'en sortira toujours parce qu'il a de la culture générale je remercie vraiment mes parents mes frères aussi, ils m'ont vraiment entouré par rapport à tout ça Merci. J'ai été voir un psychologue, j'ai été voir aussi une orthophoniste à l'époque pour essayer de trouver des solutions. Mes parents voulaient absolument que j'y arrive. Une professeure, je me rappelle, avait dit à mes parents qu'il fallait que j'aille dans une école spécialisée, une école où les enfants avaient des retards mentaux, ce qui n'était absolument pas mon cas. Et ma maman s'est battue pour que je fasse le primaire normalement. Alors évidemment, je me suis retrouvé avec des élèves deux ans plus jeunes que moi. On te dit que tu es nul, tu n'y arriveras pas. Et c'est un problème parce que ça devient même un traumatisme. À force qu'on te le dise, de toute façon, tu n'y arriveras pas. Voilà, tu vois, je t'en parle, je suis ému. J'ai les yeux rouges un peu, mais parce que c'est quelque chose qui a été très, très difficile. Je me rappelle d'un camarade, un jour, j'étais en 6e, 5e. Il me dit, mais pourquoi tu continues l'école, tu es nul ? Et j'aime bien expliquer cette anecdote-là. On est en 3e et on doit faire un voyage scolaire. J'étais fâché avec les trois quarts de la classe parce que différent, je pensais autrement. écouter une autre musique. Enfin, j'étais singulier, comme me dirait ma compagne. Et donc, on est en cours d'anglais et notre prof d'anglais nous pose une question et cette question est toute bête. Quelle est la fameuse plage où les soldats américains ont débarqué le 6 juin 1944 ? Et moi, je savais ça. Tu dois lever la main, Béranger. Et moi, je ne levais jamais la main en cours d'anglais. Donc là, je lève la main. Qu'est-ce qu'il va dire ? Il y a des conneries. Le prof d'anglais me regarde. Il dit, oui, Béranger, oui. Je fais C'est Omaha Beach et Guta Beach. J'entends derrière moi les camarades. qui font « comment il sait ça ? Il est nul » . Des situations comme ça, il y en a eu d'autres. Je ne me souviens plus, mais celle-ci m'a marqué. Et c'est ce que j'appelle des pieds de nez. Et dans ma famille, de temps en temps, on fait des pieds de nez. Vous voyez, on y arrive. Chez les poirons, on est comme ça. On est singulier. Et tous les trois, je crois, avec mes frères, on est singulier. Arrive l'orientation, découvre le métier de bijoutier joaillier. Je me suis dit « Béranger, si tu fais ce métier, ça ne sera pas un métier ordinaire et ça te mettra en valeur. Bijoutier, on te regarde et on te regarde autrement. J'avais pas le choix que de réussir, tu vois. J'avais pas le choix. Quand on me dit, t'as du courage, t'es courageux. Non, non, non, j'avais pas le choix. C'était comme ça. Parce que, quand t'as ces difficultés-là, tu ne peux faire qu'une seule chose, c'est d'y arriver. Il y a ceux qui te diront que tu n'y arriveras jamais, machin. Mais justement, non, je les remercie, parce qu'ils ont fait de moi quelqu'un de persévérant. Je remercie ceux qui ont cru en moi. Et puis il y a ceux qui m'ont fait douter, qui ont essayé de me faire tomber. Ils n'ont pas réussi.
- Speaker #0
Tu dirais que c'est important d'avoir un réseau pour se lancer ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je pense que oui. Un réseau, ce n'était peut-être pas forcément nécessaire. C'était comme ça.
- Speaker #0
Je pense à tous les jeunes pour trouver des stages, des alternances. Si tu n'as pas de réseau, c'est hyper compliqué de trouver quelque chose.
- Speaker #1
Ça fait partie du jeu, j'aime bien dire ça. Les jeunes qui cherchent, ce n'est pas simple. Mais bijoutier-joaillier, ce n'est pas un métier qui est simple. Pour comprendre ce que c'est que l'ampleur du métier de bijoutier-joaillier, vous faites le tour des bijoutiers de Nantes pour demander des stages ou une demande d'apprentissage. Vous allez voir ce qui va se passer. C'est-à-dire que les ports vont se fermer en vous disant « bah non, on ne prend pas » . C'est comme ça que je suis rentré moi aussi. Je suis rentré par la petite porte. J'ai commencé à toquer dans les ateliers de bijouterie pour demander un stage. Bon, il fallait forcer un peu. D'ailleurs, j'ai une anecdote. J'avais un de mes frères, il était étudiant à Lyon. Et quand je suis rentré en tant qu'élève en bijouterie, il fallait trouver des stages. Et donc, je me dis, il faut aller à Lyon parce que les profs disaient que Lyon, c'est la capitale de la haute joaillerie. Ma maman trouvait que je n'allais pas assez vite pour trouver un stage. Elle m'appelle, elle est à Lyon et elle me dit, je suis allé dans une bijouterie. ils étaient très gentils. Et je lui dis, elle était comment, la bijouterie ? Elle était toute noire et puis l'enseigne, elle était écrite en doré. Je dis maman, tu sais où t'es allée dire ? Elle me dit bah non.
- Speaker #0
Elle était où ?
- Speaker #1
Elle était rentrée chez Cartier. Tu sais ce qu'elle me répond ? Ah bah ça, je n'en sais rien, mais en tout cas, elles étaient très gentilles. Ça, c'est ma maman.
- Speaker #0
Tu n'as pas eu de stage chez Cartier ?
- Speaker #1
Je n'ai pas eu de stage chez Cartier, je suis allé ailleurs.
- Speaker #0
Et tu as été où au final ?
- Speaker #1
J'ai été chez M. Joli, qui était un atelier de sous-traitance à Oulin. Je suis allé chez Alain Ogis. J'ai fait une semaine très rapide chez un certisseur, chez M. Lamour. Il est en retraite maintenant et il est meilleur orier de France. Je suis allé dans une autre boîte, je me donnais des enseignes, des boutiques. je suis allé chez ça c'était impressionnant j'arrive à la bijouterie en fait je sonne j'arrive au premier étage il y a deux gars qui me regardent c'était les certisseurs c'était les certos comme dans le métier je dis bah c'est pour le stage les gars ils étaient avec leur casque leur bineau sur la tête puis ils font ah c'est là-haut il y a un chef d'atelier qui me reçoit il me dit c'est toi le nouveau stagiaire ouais oui c'est moi il me dit il y a le patron qui va te recevoir faut que t'attendes alors je sais pas si je peux le raconter mais je vais le raconter quand même parce que ça m'a impressionné par là il me dit alors c'est toi le stagiaire oui c'est moi dont tu gagnes un certain moment dans le chair, En fait, ce qui s'est passé, c'est que je m'assois au bureau, tu sais, un peu comme dans les films. En fait, derrière lui, il y avait une fenêtre. Tu sais, c'est des fenêtres avec un renfoncement. Dans le renfoncement, il y avait un truc. C'était un fusil à pompe. Oh, je vois le truc. Oui, oui, c'est ça. Je m'en redresse. Oui, oui, c'est ça. Bon, bien, il me fait, tu vas aller voir un tel. C'était un des ouvriers qui était un type super. Mais c'est la chose que je fais. Non, pas trop. Il y a un fusil et tout. Ah, bien, non, non, mais il ne s'en sert pas. Il faut se faire rassurer. C'est pour dissuader,
- Speaker #0
quoi. Ah oui, d'accord. Et tu as fait comment, Berger ?
- Speaker #1
J'ai fait comme tout le monde à l'époque. J'ai ouvert mon magasin, je me suis installé à mon engin. En fait, j'ai attendu que les gens viennent. Je me suis appelé le creuset de la création. Comme j'avais fait une formation à la chambre des métiers, parce que ça, ça peut venir aussi. Les gens disaient, il n'a pas fait de formation à la chambre des métiers. Ben si, c'était obligatoire. Pour se faire connaître, compliqué. Je n'ai pas d'idée pour me faire connaître. Et je n'ai pas d'argent. Tu vois, je débute avec très peu de moyens. Quand je me suis installé, je me suis installé avec 7 grammes d'or et 400 grammes d'argent pour faire des mises à taille et des petites réparations. Et puis après, le reste allait venir. Je me suis dit, ah oui, à la Chambre des métiers, ils ont dit qu'on avait le droit à des articles gratuits dans le journal Ouest France Presse Océan. Et c'est comme ça que j'ai eu ma tête la première fois dans le journal. Ça a fait venir quelques personnes, sans plus. J'ai fait des pubs, des nanars et des trucs où j'aurais jamais dû faire. J'ai dépensé de l'argent, mais parce que j'y croyais en fait à chaque fois. Au fur et à mesure du temps, j'ai commencé à me dire, je pourrais peut-être appeler les écoles de communication, les journalistes, les écoles d'audiovisuel. Et puis, battre le pavé. Donc, ça veut dire faire des feuilles publicitaires format A3. Et tout écrit en noir. Alors, c'était des potes qui me faisaient des dessins, des mises en page. Et puis, avec 100 balles, j'allais à l'imprimerie et je prenais ces paquets. J'allais dans les boîtes aux lettres. Sur une centaine que je distribuais, je devais avoir trois potentiels clients qui venaient. Puis après, je décide de faire le salon des métiers d'art. Parce que là, je me dis, il faut communiquer, il faut qu'on me voit. En fait, il faut que tu montres ton travail. T'es artisan. Je vais fabriquer des établis. Donc, c'est des amis qui m'avaient fabriqué des établis. Je crée un stand. Je fais faire deux super quartiers mono que j'ai toujours, avec ma tête en gros. Et comme j'étais déjà formateur à l'école de bijouterie, donc à l'époque de Pouzoge, aujourd'hui les Herbiers, j'avais mis deux établis. Un pour les élèves et un autre pour moi. Il y a des gens qui venaient me voir et qui sont venus me voir en me disant « Bah, dis donc, chapeau, parce que t'es vraiment un bon communicant. » Je le ferai tous les ans jusqu'au Covid. Et après, j'arrête.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une opportunité que t'as failli refuser mais qui t'a... beaucoup apporté finalement.
- Speaker #1
Oui, c'est avec l'histoire de mes bijoux templiers. Pour une fois, c'était quand même singulier, ça aussi.
- Speaker #0
T'as fait ta communauté de niche.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Dans ma communauté de niche, il y a des gens qui ont commencé à me contacter. Un jour, j'ai une personne qui m'appelle, Cyril, pour le citer, et elle me dit j'ai un magasin de souvenirs d'artisanat français, je fais de l'historique, je suis guide et je suis installé à Carcassonne. Ok, elle me dit, je suis prêt à prendre vos bijoux, ils m'intéressent. Et à l'époque, je faisais du... co-working. Et elle me dit, je lui en parle, elle me dit, mais le gars, il veut te l'acheter la collection ou du dépôt-vente ? Je lui dis, je pense que c'est du dépôt-vente. Elle me fait mal, elle se tombe. Moi, je lui dis, t'as raison. Je rappelle le gars et je lui dis, non, non, non, j'accepte pas. Et puis, ça me taraude, cette histoire, quand même. T'es bête, regarde, tes bijoux sont dans une boîte. Il n'y a personne qui les voit. Tu les montres de temps en temps quand on vient te voir. Et là, il y a un monsieur qui est prêt à les prendre à Carcassonne, la cité médiévale. Et toi, tu dis non. En plus, c'est touristique, c'est ultra, super, méga touristique. Il y a plein de gens qui vont voir tes bijoux. Donc, ça veut dire que ça veut de la visibilité. Je le rappelle, l'aventure a duré trois ans. On a vendu des bijoux. J'ai eu des clients indirectement par lui, par son travail. Et un après-midi, il m'appelle où je vois sur Facebook qu'en fait, il y avait une célébrité en vacances qui était venue et qui avait vu mes bijoux Templiers. C'était le Rambouzid. Alors, je lui dis, mais l'as acheté ? Mais non, mais là, vu, il a trouvé ça très beau.
- Speaker #0
Je pense à ça aussi, quand tu débutais, tu cherchais à gagner en notoriété, à faire parler toi, puis ça s'est pas passé comme prévu. T'as même conçu une bague pour un grand festival dans la région.
- Speaker #1
Oui, tu veux parler du festival où les gars sont habillés tous en noir, un festival de black metal. Je vais te raconter l'histoire. J'ai mon ex-beau-frère, Jérémy, qui me dit à l'époque, je suis bénévole, je suis bénévole. Je vais être à servir des bières. Et moi, dans ma tête, ça fait 15 jets. Bière, main, main, bague. Et je lui dis, tu sais quoi ? Je vais te faire une bague. Quand il va servir les bières à la tireuse, la super bague que je vais lui faire, il y a tout le monde qui va l'avoir. Alors j'attends le festival, j'attends la fin du festival. Et en fait, je me dis, je vais aller sur un site marchand d'occasion. Je me dis, je vais mettre la bague là. En vente, je la vends 90 balles, tu vois, un prix pour mettre un prix. Et donc, je la poste parce que je me dis, je sais que les gars, ils ont un merchandising et qu'ils vont aller zyoter et retoquer les mecs qui rachètent des trucs et qui vont revendre ça d'occasion ou à leur prix fort. Donc, s'il y a ma bague, les mecs, ils vont m'appeler. J'ai un coup de téléphone. Et quand j'écoute mon répondeur, c'est un des organisateurs de ce festival. Donc, je rappelle le gars. Je lui explique qui je suis. Il me dit, ouais, pas de problème. Alors, j'ai dit, écoutez, je vais carte sur table. J'ai fait ça, c'est pas... pour vendre des bagues sous le manteau, c'est parce qu'en fait, vous avez l'idée intéressante. Si je vous avais appelé tout le jour en disant, vous m'auriez dit ouais, et alors ? Mais par contre, de le mettre sur le site marchand, les gars, ils vont me contacter. Et c'est pour soi. On est là au téléphone et ils rigolent. Et moi, je suis content parce que je suis fier de mon coup. Et le monsieur m'a dit, votre bague, elle nous intéresse. Nous, ce qu'on vous propose, c'est que votre bague, elle soit sur les prochains visuels du festival. Est-ce que vous pouvez nous prêter la bague ? Bien sûr, pas de problème. Tout naïf que je suis. Et il vient et je lui prépare une petite boîte avec les bagues. Donc, il voit le truc. Ouais, c'est pas mal. Un jour, je suis à l'école. Je regarde mon téléphone. Et je vois que j'ai 7-8 appels de mon ex-beau-frère.
- Speaker #0
Et il me dit, tout excité. Ta bague, ta bague, elle est sur Internet.
- Speaker #1
Elle était en gros sur la page d'accueil. Il me dit, va voir. Je ne peux pas. Je suis à la formation. Tu fais-moi des photos. Il me fait des photos, des copies d'écran. Effectivement. Je fais ma bague comme ça. Alors là, d'un seul coup, je marche dans l'air. Ça y est, je vais être l'empereur de la bague du festival Clissonnet. Alors à l'époque, j'étais justement au coworking avec la dame. Elle me dit, attends, il faut que tu vois. Je vois quoi ? Moi, je ne vois rien. Il faut que tu vois parce que tu sais, il s'est passé dans ma famille un truc un jour. Avec ça, c'est les droits de... Les droits quoi ? Les droits, t'as droit à quoi ? En fait, ce qui s'est passé, c'est que je recontacte le gars. On me dit, bon, la bague, là, les gens la veulent. On pourrait peut-être faire business ensemble, quoi. Ça me paraissait tellement simple. Et là, le gars me dit, ben non, vous comprenez... Pour le moment, il faut nous faire des devis. Et puis bon, de toute façon, nous, on fera une appelle d'offre. Je dis, mais vous ne comprenez pas. Moi, ma bague, elle a un modèle, elle a une forme. Donc, c'est ce qu'on appelle la propriété intellectuelle. Et le gars, il me fait, attends, attends, attends. Il m'envoie un mail. Le mec, il m'a répondu. Vous allez vous calmer. On sait que vous voulez faire des choses. Ça ne nous intéresse pas. Bon, là, je redescends. Tu rétrogrades tout de cette espèce de rêve-là. Ça retombe à plat. Mon histoire d'auto-entrepreneuriat, c'est que moi je voyais une issue pour enfin développer mon activité. Voilà, ça m'a servi de leçon parce que je me suis dit en réalité que des affaires il y en aura d'autres, notamment l'histoire de Couronne m'apportera beaucoup plus.
- Speaker #0
Je me demandais aussi, Bérenger, est-ce que c'est facile de trouver un équilibre entre ta vie professionnelle et ta vie personnelle ?
- Speaker #1
Ce n'a pas toujours été facile. Ça prend beaucoup de temps, ça m'a coûté un mariage, j'ai refait ma vie depuis, donc tant mieux. Aujourd'hui, c'est beaucoup mieux, tant mieux, je suis très heureux. Ça m'a pris un peu plus que les dix premières années de ma vie professionnelle. C'est-à-dire que j'ai pensé qu'à ça, jour et nuit, sans compter les moments où c'était très compliqué. Donc, ça m'empêchait de dormir la nuit. Tu mets ta vie personnelle de côté.
- Speaker #0
Puis même, il y a des week-ends où tu dois travailler, même pour Henri-Emerick, ton fils.
- Speaker #1
Oui, il y a des week-ends où je dois travailler. Mon fils, je le vois tous les 15 jours et j'ai ma compagne, on ne vit pas ensemble. Donc, je fais en sorte d'être là, d'être présent.
- Speaker #0
Et puis, pour finir, Béranger, est-ce que tu as un conseil pour les personnes qui veulent se lancer dans la joaillerie ?
- Speaker #1
Les conseils que je peux donner ? Si ça vous plaît, faites-le parce que c'est une très belle profession. Il y a plein de choses à voir, on ne voit jamais la même chose, mais il faut se donner corps et âme. Et surtout, ne pas avoir peur de la persévérance.
- Speaker #0
Et si tu pouvais parler au Bérenger qui démarrait à 20 ans, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
Je lui dirais, t'inquiète, t'inquiète, ça va venir, tu vas y arriver. Moi, je le sais, c'est ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Cet épisode touche à sa fin. Merci beaucoup Bérenger pour ce moment d'atelier.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Puis à bientôt dans un prochain épisode de l'atelier de Bérenger.