Speaker #1Alors, en fait, quand j'étais petite, je pensais que j'allais devenir pharmacienne. Mais c'était surtout parce que quand j'étais petite et que le médecin venait à la maison, je savais lire tous les médicaments que j'avais pris, etc. Et donc, j'étais partie dans cette optique-là avant de me rendre compte que les sciences, ça ne m'intéressait pas plus que ça. et que je fasse une crise à mes parents en disant mais je n'ai rien à foutre moi de la pharmacie, c'est sympa, mais ce n'est pas pour moi. Et du coup, quelque part, là, c'est un peu le mais si ce n'est pas ça, qu'est-ce que je vais faire ? Et je trouve que c'est très compliqué du haut de ses 16, 17 ans de se dire je vais me lancer dans telle carrière. Surtout que moi, j'avais l'image de mes parents qui ont exercé le même métier depuis le début. Donc le modèle, c'était tu dois choisir une voie qui va durer pendant 40, 50 et plus ans. Et là, c'était vraiment la panique. Et donc mes parents m'ont proposé d'aller au salon d'étudiants. Et c'est vrai que là, je suis arrivée où j'avais l'impression d'être au resto, où tu as plein de plats différents et j'avais envie d'aller un peu piocher dans tout. Mais ça n'allait pas. Et finalement, je rencontre à ce moment-là, c'est des gens avec qui, en tout cas, la discussion est la plus fluide. C'est des gens qui étaient... dans tout ce qui était relations publiques, communication, marketing. Et ces gens-là, en fait, m'intéressent dans ce qu'ils parlent. Et avec leur cul de maintenant, tu vois, je comprends que, finalement, c'est pas forcément le métier qui m'intéressait, c'est l'interaction avec la personne. Et je discute de ça avec mes parents, et il se fait qu'en réto, dans l'école où j'étais, on avait l'option de faire un... un TFE classique, ou alors on pouvait se lancer dans des projets comme la mini-entreprise. Et la présentation de la mini-entreprise, en fait, la nana qui le fait, ça m'inspire, ça me parle, c'est dynamique. Et quelque part, ça ne me permet de ne pas avoir fait un TFE classique qui ne m'inspirait pas du tout, donc j'y vais. Je me retrouve avec le grand titre de directrice commerciale, ce qui me fait beaucoup rire maintenant. Mais en tout cas, ça me plaît bien parce que ça bouge, c'est ludique, ce n'est pas conventionnel, c'est du concret, ça ne me ouvre pas de porte. Et c'est vrai qu'à ce moment-là... J'aime bien ce que je fais. Je trouve intéressant le marketing. J'ai 17 ans, je m'y intéresse déjà. Je suis déjà en train d'acheter un peu des bouquins, ce genre de choses. On a accès à des petites formations, ce genre de trucs. Et le dynamisme qu'il y a là autour, le touche-à-tout, me plaît énormément. Et c'est vrai que c'est pour ça que je m'engage dans des études de marketing. D'autant plus qu'à ce moment-là, j'avais aussi rencontré des personnes, je crois que c'était le Rotary Club, je ne sais pas si ça existe encore, mais qui organisaient des rencontres avec des professionnels du métier. Et je me souviens que ce jour-là, j'avais rencontré quelqu'un qui, à la base, était juriste. Il avait migré vers l'événementiel. Il m'avait dit, écoute, ne fais pas juste relations publiques, parce que c'est assez bouché pour le moment. Va plutôt vis plus large, vis marketing, tu pourras faire plein de choses différentes. Et il l'avait vu juste parce qu'honnêtement, je me suis éclatée pendant mes études. Je trouvais ça super chouette, c'était hyper ludique, c'était hyper varié. C'était très créatif aussi. Et puis, il y a les études et il y a la réalité. C'est-à-dire que ce que j'ai retrouvé dans mes études, ce qui me plaisait beaucoup, Ce n'était pas du tout ce qu'il y a dans la vie réelle. Il y a les contraintes de l'entreprise, forcément, mais j'ai trouvé beaucoup moins de place à la créativité. Il y avait beaucoup moins de ces échanges, de ces interactions. Et ce qui est très drôle, c'est que maintenant, en faisant le parcours à l'envers, je me rends compte de tout ce qui m'anime aujourd'hui et que je cherchais à l'époque. C'est ce côté où j'interagis avec les gens, les idées qui bouillonnent, les genres de choses. Et en entreprise, quand tu es dans un système qui... qui a ses contraintes et ses impératifs, tu n'as pas la place à ça, tout simplement.
Speaker #1Alors, il y a plusieurs choses. Il y a le fait que je fais de la danse depuis que je suis toute petite. J'ai commencé le sport, je ne savais pas marcher. J'ai commencé par la natation, puis j'ai fait la danse en plus. Donc, finalement, le sport m'a toujours accompagnée. Et ce qui... Il n'y a pas vraiment un aimant déclencheur, je pense que c'est un peu un tout. C'est que... Quand j'en ai eu un petit peu ma claque de la danse, de ce côté très... Je suis arrivée à un point où j'avais ma journée de travail, j'allais dans les studios de danse et j'étais avec des personnes qui étaient encore à l'école. Et donc moi, j'avais des exemples comme ça, où j'avais passé une journée de merde. Je m'étais engueulée trois fois avec DHL, une fois avec FedEx. J'avais eu des choses à gérer avec des clients. Et j'arrivais, je me retrouvais avec des personnes qui me parlaient de leur examen de fin d'année ou de leur devoir. Et ça, c'était compliqué pour moi à gérer, d'autant plus que la manière dont sont structurées les écoles de danse en Belgique, l'objectif, c'est le spectacle de fin d'année. Ce qui, moi, ne collait plus trop à ma réalité dans ma vie, puisque moi, j'avais plus cet objectif de fin d'année qui va bien avec le système scolaire, finalement. Et donc, quelque part, j'ai commencé à me détacher de ça, à ne plus être vraiment en accord avec ce genre de choses. Et donc, j'ai décidé d'arrêter la danse. Avant d'en être dégoûtée, en fait. C'était vraiment ça mon raisonnement, c'était je préfère arrêter avant d'en être dégoûtée parce que j'avais déjà conscience que c'est ce qui m'anime depuis que je suis toute petite. Et après ça, l'appel du sport m'est quand même revenu. Je n'ai jamais vraiment arrêté et j'ai essayé la pole dance. Ça part un peu sur un coup de tête où j'ai une amie qui en fait. Je me dis, bah oui, je vais venir essayer. Et finalement, moi qui étais sportive de la danse, mais pas sportive dans le sens, je vais faire des tractions. et ce genre de choses, ça m'éclate bien. Je commence à me dire, tiens, il y a de la danse, il y a le côté un peu danse et en même temps, il y a un côté de force. Et donc, je commence à suivre ces cours et très rapidement, et je ne sais pas pourquoi, je me dis, un jour, j'ai envie de donner cours. Et donc, je commence, c'est vraiment mes tout premiers cours, mais je fais un carnet chez moi où j'essaie de retenir le nom des figures, de comment elle est passée, je cherche des photos, etc. simplement aussi pour moi me souvenir parce que c'était la première fin. Ça faisait longtemps que j'avais plus appris un nouveau sport tu vois et donc j'étais très studieuse quelque part mais c'est là avec toujours cet objectif de, au moment où j'ai envie de transmettre. Alors que c'est un élan que je n'avais jamais eu avant, un petit peu en danse, mais ça ne s'était jamais concrétisé. Et là, je me rends compte que c'est un sport où l'entraide est beaucoup plus présente par rapport à la danse, dans le sens que tu travailles d'office en binôme dans ce sport, que ce soit pour assurer la sécurité de l'autre, pour s'entraider, on est d'office par deux. Donc déjà, les groupes sont plus petits à la danse, vous pouvez être 30, là on est maximum 12. Donc ça change la dynamique, ça change les échanges pour le coup, et je me rends compte que... J'aime bien guider la personne avec qui je suis, j'aime bien l'aider, la pousser, etc. Ça réveille des valeurs que j'avais déjà de vouloir propulser les gens comme ça. Et donc, je fais mon parcours et ça m'éclate bien. Et il y a une opportunité de donner cours. Et à ce moment-là, la directrice, je ne l'ai pas, entre guillemets, même si ma prof avait poussé pour que ce soit moi. La directrice avait dit qu'elle n'était pas encore prête. C'est vrai qu'à ce moment-là, l'ego écrit un peu et dit Pourquoi je ne suis pas prête ? Mais c'était juste, finalement. Et puis, en 2019, je commence à m'intéresser à d'autres choses. Tu vois, je vois qu'il y a la pole dance, mais il y a d'autres arts aériens, on va dire ça comme ça. Et le gros moment déclencheur à ce moment-là, tu vas comprendre où j'arrive, c'est que fin décembre 2019, mon grand-père embarquait à l'hôpital. Mon grand-père qui a plus de 90 ans et qui est mon deuxième papa, parce qu'ils habitaient à 400 mètres de chez mes parents, donc c'était ma deuxième maison. Des choses qu'on n'avait pas du tout anticipées. Et qu'il va falloir l'accompagner parce que c'est la fin. Et il y a un peu ce côté de ce moment-là où moi je suis déjà un peu dans une remise en question. Et je me dis j'ai envie de faire quelque chose. Je peux renouer avec ce fameux enfant intérieur. Mais moi c'est vraiment renouer avec cette joie que j'avais quand j'étais enfant. Et je vois passer une pub pour du cerceau aérien. C'est un cerceau qui est suspendu au plafond. Et tout de suite ça me rappelle ma balançoire d'enfant. C'est vraiment ça. Je passais des heures sur la balançoire à la maison avec mon frère. C'était mon jeu préféré. Et donc, je me dis, dans cette démarche de vouloir renouer avec cette joie intérieure, en étant confrontée à une période où je me rends compte que mes grands-parents ne sont pas éternels, et que du coup, toute mon enfance va partir quelque part, je m'inscris à ces cours. En plus, ça me procure énormément de joie. Et j'accompagne mon grand-père pour ses derniers moments de vie. Donc j'ai fait... Je me découvre une force que je ne pensais pas avoir. Je m'inspire beaucoup de ma maman qui est infirmière, je vois comment elle fait, j'essaie de modéliser. Mais c'est vrai qu'il y a des choses comme ça où je me dis, voilà, j'ai mangé ma dernière crêpe avec mon grand-père, j'ai mangé mon dernier bout de chocolat avec lui. Sur le moment, c'est dur et en même temps, je suis contente d'avoir eu tous ces moments-là, d'avoir préparé. Et puis forcément, il décède heureusement juste avant le confinement. même si on a quand même été bloqués, mais juste avant. Donc, on n'a pas été dans le contexte des gens qui ont perdu des proches à ce moment-là. Mais c'est vrai que moi, je retourne au bureau. Mon premier jour au bureau, je suis chez moi, confinée, avec un manager qui me dit Oui, bon, toi, tu es en deuil. Et je me dis Waouh ! Dans quel monde je vis ? Et quelque part, faire un deuil quand tu es dans tes quatre murs, c'est compliqué. Quand tu es coupée de tes proches, je pense que ça, ça a été la goutte de trop, finalement. C'est vraiment aussi de... à quoi ça sert ce que je fais en fait ? Je viens d'enterrer mon grand-père, à quoi ça sert ce que je fous ? Après j'ai eu pas mal de discussions avec mon grand-père qui lui avait connu l'usine et ce genre de choses, et que moi je t'allais à mes papys. Si ton manager te dit de faire ça et que c'est complètement con, pourquoi tu le fais ? Parce que c'est le chef. Donc c'était conflictuel dans le côté générationnel et en même temps super enrichissant. Je crois que ça fait une grosse boule autour de moi où vraiment... J'ouvre mon PC et chaque fois, je me dis à quoi ça sert ? Surtout que je suis dans un secteur où, clairement, je suis inutile pendant le Covid. Il faut dire ce qu'il y a. Je n'ai pas un papa qui est policier, j'ai une maman qui est infirmière. Donc, ils ont des jobs utiles. Je me dis, eux, ils servent à quelque chose. Moi, je ne sers à rien derrière mon écran. Et pire que ça, c'est qu'on me demande de faire des choses. Les clients ne sont pas là. Ils ont autre chose à faire. Et j'ai le malheur de faire un... un post sur LinkedIn où j'utilise le hashtag Restez Chez Vous qui est ce qui est prôné partout où je me fais taper sur les doigts par la direction parce qu'il faut que les gens aillent travailler. Et là, je ne comprends pas en fait. Je ne comprends pas, je suis dans une complète perte de sens et clairement, il y a des moments où je m'ennuie parce que je suis là, mais je peux faire une partie de mon boulot, mais il y a un moment où si je n'ai pas de répondant, ça ne marche pas. Et je pense que c'est tout ça qui fait une énorme boule. Et donc voilà, il y a ce process qui se met en route où je suis mise à l'arrêt, genre de truc où on est toujours confiné. Mais dans toute cette période-là, ce qui reste quand même, parce que moi je te parle de ça, vraiment la grosse chute, on est au moins pendant l'été. En septembre 2020, on est un peu en déconfinement. Et donc, je reprends mes cours de pole dance, mes cours de sersoil, rien que j'avais commencé. Ce qui est drôle, c'est que c'était des cours de soir, mais parfois... Et c'est là aussi que je me rends compte de l'épuisement, c'est qu'il arrivait que je sois sortie de mon lit à 15h. Et là, ça a été les gros trucs que j'ai compris, ce côté de fatigue. Je sortais de mon lit entre midi et 15h, j'allais à mon cours à 18h, j'allais à mon lit. Je n'avais plus... C'était des exemples, parce que je pense que c'est important de les dire. Parce que dans le burnout, moi, j'ai souvent entendu, on n'est plus capable de sortir de son lit. ou de genre de choses. Et moi, je ne me suis jamais reconnue dans ces traits-là parce que j'ai toujours su sortir de mon lit. Alors parfois, il m'a fallu deux heures, mais je suis toujours sortie, j'ai toujours été capable d'être debout. Par contre, j'ai eu plein de stratégies d'évitement, c'est-à-dire que j'ai été capable de bouffer des pâtes au sucre pendant quatre jours parce que juste sortir, faire mes courses, c'était de trop. Mais me mettre sur mes deux pieds, je pense qu'il y a encore un reste de force qui était là quelque part. ou de la dignité, j'en sais rien, mais j'en ai toujours été capable. Même si c'était sortir de mon lit et de mon canapé, mais j'ai toujours marché, tu vois, c'est ça que je veux nuancer. Donc je continue mes cours de sport, on est reconfinés, enfin tout ça se met en route, et puis j'ai l'opportunité de louer la salle pour m'entraîner. On n'avait pas le droit d'être à plusieurs, mais par contre, venir moi seule au studio, j'avais le droit. Donc je commence par m'entraîner toute seule, à essayer des choses. Puis j'ai le droit de prendre une binôme avec, qui est toujours la même pour le coup, pour les raisons sanitaires. Et je me rends compte que là, j'enseigne quelque part. Je dois prendre des trucs, je trouve ça chouette, je trouve ça fun. Je commence un petit peu à être là-dedans. Et il se fait qu'en septembre 2021, la directrice de cette école me propose de donner cours. C'est mon rêve, quoi, quelque part, puisque c'est quelque chose que j'avais déjà fantasmé dans ma tête depuis des mois ou des années pour certaines choses. Et donc, je dis oui. Mais sans être à 100% préparée, il faut dire ce qu'il y a. C'est quand même assez rapide. Et en fait, je m'éclate. Ce qui m'éclate, c'est d'avoir des nanas autour de moi à qui je peux apprendre quelque chose. Je les retrouve toutes les semaines. Donc il y a le côté social qui est très, très important pour moi. Je prends vraiment le dessus. Je me rends compte qu'en fait, quand tu donnes un cours de sport, ce n'est pas juste donner un cours de sport. Parce que les gens qui arrivent face à moi ont eu leur journée de travail, arrivent avec leur bagage émotionnel, avec leurs doutes, leur perte de confiance, tout genre de trucs, et je fais face à ça. Et c'est là que, quand on a discuté en off, ma formation de coaching m'est super utile, parce que je capte certaines choses. Je comprends aussi parfois quand il y a des élèves qui arrivent, elles ont la tête jusque par tard, parce qu'en fait elles ont eu une journée de merde, tout simplement. Il y a tout de suite un pop dans ma tête, des accords de Holtec, de venir. Je ne prends pas les choses personnellement. Et donc, tout ça se met en place. Je commence à donner deux heures. Et puis, ça commence à augmenter. J'ai une passion. Je me rends compte que là où j'étais restée dans les quatre murs du studio, je commençais à vouloir faire des stages à l'étranger. Je pars en France. Des stages, là, c'est plutôt en cerceau et rein. Et c'est très drôle parce que les profs que j'avais modélisés pendant le confinement, de qui je m'étais inspirée, je commence à les rencontrer. Petit à petit, je vais à leur rencontre, j'apprends énormément d'elles dans leur manière d'aborder les choses, dans leur manière d'enseigner. Donc je prends tout ça, et ce qui fait que moi j'ai enrichi ma manière de donner cours. J'ai une élève qui a des facilités, et avoir des élèves qui ont facile, c'est pas un cadeau, je trouve, parce que c'est facile de leur apprendre quelque chose. Les personnes qui ont plus difficile, tu peux aller plus loin. Mais cette élève-là, en l'occurrence, elle avait des facilités, c'était déjà une sportive. Et donc, elle a des questions qui sont très pointilleuses, très précises, qui vont me challenger. Mais c'est un bon challenge. C'est vraiment le challenge dans le partage. Ce n'est pas le challenge pour aller piquer, pour trouver la faille. Et cette élève-là me permet, moi, de passer au niveau supérieur. En me disant, tiens, elle me fait me remettre en question. Je dois enrichir ma manière d'enseigner. Et cette élève est devenue une amie. Mais c'est vraiment quelqu'un qui, aujourd'hui, je dis toujours, elle a fait de moi la prof que je suis. par cette challenge. Donc, c'est super enrichissant. Et je passe de, tu vois, deux heures de cours à j'ai été jusqu'à 10, 15 heures de cours par semaine. Je rencontre plein de gens, en fait. Incroyable. J'adore. Et ce qui est très drôle, c'est que tu peux donner ton cours pendant une heure et puis c'est fini. Et moi, j'ai toujours apprécié de savoir qui étaient les personnes que j'avais en face de moi. Parce que j'ai donné cours à des médecins, j'ai donné cours à des jurys, j'ai donné cours à... à tous des profils différents. Et ce que j'aimais bien, et ce que j'aime toujours, c'est que quand elles passent la porte du studio, elles n'ont plus tout cet habit-là. Elles se définissent plus par leur métier, elles sont simplement qui elles sont et elles ont cet espace pour être qui elles sont. J'ai aussi des élèves qui sont mamans, alors elles ont leur rôle de maman et quand elles arrivent au studio, elles s'autorisent à être de nouveau la petite fille qu'elles étaient. Et ça, c'est un truc qui me fascine, qui me passionne en fait. Et comment je suis arrivée à faire des spectacles ? Là, l'histoire est super drôle. C'est vraiment... On est en 2023, je pense qu'on est en mai-juin et... Je suis dans ma salle de bain en train de me brosser les dents et je me dis, j'ai envie de faire des spectacles. Parce que je fais des spectacles en danse depuis que je suis petite, c'est quelque chose que j'ai toujours aimé. Et ce côté-là revient et je me vois dans ma salle de bain avec ma brosse à dents et je me dis, mais Elo, si tu veux faire des spectacles, comment se partager un costume ? Et je me dis ça et top chrono, je pense dans la minute, je reçois un message d'une nana qui me dit qu'elle cherche quelqu'un pour faire un show, ce sont les nuits du cirque. qui auront lieu en juillet. Et je suis à la fois tétanisée de ça, et en même temps hyper excitée en me disant je me dis un truc là maintenant tout de suite, et le message arrive. C'est comme un truc de fou. Et je prends le temps quand même de me poser, et j'ai vraiment le trouillomètre au maximum, et je me dis en fait il faut que je déshuile, parce que ça va me permettre d'autres choses, et même si j'ai peur, quand j'ai peur je ne suis pas forcément la nana qui y va, forcément. Mais là, je me suis dit, je ne sais pas pourquoi, l'envie était tellement supérieure à la peur que je ne pouvais pas dire non. C'était un oui d'office. Et j'avais beau avoir fait des spectacles de danse et compagnie, où je me disais, rassure-toi, tu en as fait des spectacles, ce n'est pas du tout la même chose. Ce n'est pas du tout la même chose parce qu'un spectacle de danse, c'était 10, 20, 30 sur scène. Là, on était deux. Le projecteur braqué sur toi n'est pas du tout le même. Et il se fait que c'est de la nage, je fais toujours des spectacles avec elle, et c'est vraiment elle qui m'a mis le pied à l'étré, parce que j'ai appris énormément. Ça paraît bête, mais... J'en rigole encore avec elle aujourd'hui, mais c'est, tu vois, le côté de souris. Mais il y a des fois, tu te rends pas compte que tu souris pas. T'es tellement concentrée dans ce que tu fais que tu dois l'apprendre. Et donc, voilà, on rentre dans ce truc où le jour du spectacle, je me... Moi, je ne sais pas ce qui va m'arriver. Je sais ce qu'on a répété, mais je n'ai pas les codes, je ne sais pas comment ça se passe. Et donc, je m'appuie à 100% sur elle. Et quelque part, j'ai toujours été celle sur qui on s'est appuyée, tu vois. Et d'avoir quelqu'un sur qui tu peux t'appuyer, c'est vachement confortable quand même. C'est quelque chose de nouveau que je déco. Et c'est vrai qu'elle m'avait dit souris et je n'étais pas, je pense, hyper sourie, tellement j'étais stressée. Je pense que j'étais plus stressée que pour n'importe quel spectacle de danse que j'ai fait. Je me suis dit, voilà, c'est un one shot. Et je l'ai fait et je suis contente. Et l'histoire est belle parce qu'elle m'a rappelé des mois plus tard pour faire d'autres dates. Où là, j'ai senti que cette première expérience avait été hyper gratifiante parce que j'ai pris plus de plaisir forcément pour les suivantes puisque je connaissais déjà les enchaînements. Mais il y a aussi ce côté de, OK, je sais où je vais, je sais comment ça se passe. Et cette année encore, on en fait ensemble. Et je m'éclate, en fait, tout simplement. Ici, les dates qu'on a faites pour que les auditeurs s'en rendent compte, on fait des spectacles en extérieur. Et on a fait des spectacles le 27 décembre, on a fait des spectacles, vous voyez, dans la période où il gèle. Donc les conditions sont... On n'est pas dans une condition, tu te mets dans une salle de spectacle bien au chaud. Et la date... Le 27 décembre, on était à Toin et... Et là, clairement, il gelait ce jour-là, au point que les boîtes de matériel étaient givrées. Et même nos mains... C'est des conditions difficiles, mais c'est tellement le truc que je ne retiens pas. Parce que pourtant, je sais que j'ai eu froid aux pieds, j'ai eu froid, tu vois, tout ça. Mais c'est tellement le truc qui est le dernier auquel je pense. C'est juste être là pour le coup, c'est sur le cerceau, c'est être sur mon cerceau. d'être en communion aussi avec elles. Parce que c'est ça qui est drôle, c'est que les gens voient un spectacle, mais nous, on arrive un peu à se parler pendant qu'on fait des choses. On a des petites anecdotes au sort des mouvements où il ne s'est jamais rien passé, on se colle la tête. Et moi, c'est tout ça qui m'anime. Je trouve ça éclate. Vraiment, ça nous nourrit super fort.