- Speaker #0
L'écho des libraires Bienvenue dans l'écho des libraires, un podcast proposé par Paris Librairie, un réseau de plus de 250 librairies en Ile-de-France, à retrouver sur le site parilibrairie.fr. Jeudi 10 septembre 2026 à 19h, la librairie Les mots et les choses, située 30 rue de Meudon à Boulogne-Biancourt, inaugurait son cycle de rentrée littéraire avec l'auteur Colin Neal à l'occasion de la parution de son 9e roman aux éditions du Seuil, le septième siffleur. Colin Neal a une relation très spéciale avec cette librairie. Vous allez découvrir laquelle. L'entretien est animé par Benjamin. Je vous laisse tout de suite en leur excellente compagnie. Bonne écoute.
- Speaker #1
Bonsoir à tous, merci infiniment d'être présents pour cette première rencontre de la saison littéraire. Merci d'être là en ce 10 septembre. Et merci Colin d'être présent aussi, d'avoir accepté notre invitation. C'est un grand plaisir. C'est pas la première fois que tu viens, c'est la quatrième fois que tu viens. Donc t'es un auteur qui, livre après livre, conquiert plus de lecteurs encore. C'est ton neuvième roman, le septième siffleur. Et on est très heureux que tu sois là, et aussi à titre particulier pour la librairie. T'es un auteur, tu le sais, qui est particulier puisque Colin Niel est venu, enfin tu es le premier auteur à être venu à la librairie exactement le 8 novembre 2013. Un petit peu d'émotion, et voilà, parce qu'on l'a beaucoup rajeuni depuis, j'ai même une photo. En tout cas, merci beaucoup pour ta fidélité, et c'est vraiment très sincère. Avec le 7e Siffleur, on sort un peu du roman noir, même s'il y a toujours ta plume vraiment intense, avec de la tension qui nous donne envie toujours de poursuivre, bien sûr, la lecture. Le 7e Siffleur, tu nous expliqueras le titre, d'où tu l'as tiré, comment tu l'as trouvé. C'est un roman résolument écologique dont la tournure des protagonistes principaux, la tournure de vie bien sûr des protagonistes principaux, est reliée à l'existence, la protection, l'apparition ou la non-réapparition d'un oiseau migrateur de grande taille, j'ai cru comprendre, le courlis cendré, qui est un oiseau migrateur qui vit dans les lagunes, dans la tourbe, dans la baie de Somme par exemple, et qui est menacé d'extinction. Et tu vas imposer le roman sur trois plateaux différents, en Écosse, dans la baie de Somme et dans les lagunes marocaines de la Merja Zerga, un peu à espagnol, avec trois protagonistes principaux qui ne vont pas se connaître, mais qui vont être reliés par ce courlis cendré. Donc il y a Fiona, qui est une femme d'un fermier écossais dans les Highlands. Le fermier s'appelle... Tormod, c'est vraiment l'homme et dont le fils est Spencer il y a Willy qui est un routier mais surtout un chasseur de gibier d'eau c'est comme ça qu'on appelle les chasseurs qui chassent des volailles en fait, des oiseaux d'eau c'est ça et donc le courlis cendré est un gibier d'eau et Willy chasse dans la baie de Somme ce courlis cendré même si a priori il ne devrait pas en avoir l'autorisation c'est un débat Et il y a le jeune Hamza, un adolescent marocain, dont le père est Ali, et qui lui est un guide ornithologue, et qui présente aux touristes les merveilles de la faune et la flore du coin. Est-ce que tu peux nous dire comment a germé l'idée de ce livre ? Si ça a pris du temps ? Tu nous avais parlé d'oiseaux ? Quand tu étais venu il y a deux ans pour présenter Wallace à la Gouray-Lénard, tu nous avais déjà parlé d'oiseaux.
- Speaker #2
Je devais être en train d'écrire.
- Speaker #1
Je suis intéressé par la genèse de ce livre.
- Speaker #2
Bonjour à tous. Merci d'être là. C'est vrai que c'est un peu émouvant. Ça ne nous rajeunit pas. C'était venu pour ceux qui restent en forêt. Mon deuxième roman, je me souviens. Il est là. On était jeunes, les deux.
- Speaker #1
On l'est toujours.
- Speaker #2
Moi, je m'intéresse aux oiseaux depuis toujours, depuis l'enfance. J'ai grandi pas très loin d'ici, j'ai grandi à Issy-les-Moulineaux, dans les très grandes tours, vous voyez, en haut d'Issy-les-Moulineaux. Donc j'habitais dans ces tours. L'autre jour, à la radio, je disais que j'ai grandi dans une cité. Et ma mère, je me suis fait engueuler par ma mère qui me dit « mais c'était pas une cité, c'était des immeubles » . Enfin bon, donc voilà, j'ai grandi dans des immeubles. Et dans ces immeubles, il y avait un couple de faucons-cresserelles qui nichaient. Je ne sais pas si vous voyez ce que c'est le faucon-cresserelle, c'est un petit faucon qu'on trouve... Partout, mais notamment en ville. Et moi, j'ai passé une bonne partie de ma jeunesse à regarder voler les faucons cresserelles au milieu des tours. Donc ouais, depuis gamin, je m'intéresse aux oiseaux. Autant te dire que ça n'intéressait pas grand monde d'autre que moi dans ces immeubles. Mon ami Jalil qui a grandi avec moi, on était en CP ensemble. Bonsoir. Et donc il n'était pas passionné d'oiseaux, lui, du tout. On ne peut pas dire ça. Donc voilà, j'ai vraiment grandi avec ça. Et quand j'ai commencé à écrire mes premiers romans, on tournait quand même assez peu autour des oiseaux, même si dans ce qui reste encore, il y avait une histoire d'albatros.
- Speaker #1
Il y avait des tout-corses.
- Speaker #2
Oui, puis il y avait une histoire d'albatros, parce que tout se vient de temps bref. Mais en tout cas, pendant longtemps, je n'ai jamais imaginé que je pourrais faire un livre qui tournerait autour des oiseaux, parce que je me disais que, comme mes amis, quand j'étais gamin, les lecteurs qui lisent mes livres, ils ne voyaient vraiment pas ce qui pourrait les... les intéresser là-dedans. L'idée a germé, ça a changé quand j'ai commencé à m'intéresser à la question des oiseaux migrateurs et notamment à cette idée que les oiseaux reliaient les territoires entre eux. J'ai commencé à m'interroger en regardant des oiseaux, par exemple les martinets qu'on voit revenir au printemps, et où j'ai commencé à me dire que ces oiseaux-là, Qu'est-ce qui nous ramène des territoires qu'ils ont traversés avant de venir jusqu'à nous ? Et qu'est-ce qui nous ramène des humains dont ils ont peut-être croisé la route ? Et c'est là qu'a commencé à germer cette histoire-là, avec cette idée que je trouvais assez belle de dire, en fait, les oiseaux, ils nous relient, en fait. En volant, ils nous lient. Et donc, c'est là que j'ai commencé à imaginer cette histoire de famille. Je voulais des familles qui, elles, n'étaient pas du tout voyageuses, qui, elles, étaient très ancrées sur leur territoire. Des familles qui ne se croisent jamais, qui ne se rencontreront pas dans le livre, mais qui seront juste liées de manière un peu invisible par le vol d'un oiseau. Et je trouvais que cette idée, elle me plaisait bien. Donc c'est là que j'ai commencé à me dire, là, il y a peut-être quelque chose à faire. Et puis après, voilà, tout est parti de là, en fait.
- Speaker #1
Et le choix du courlit, si on peut mettre le chant du courlit, c'est le moment.
- Speaker #2
C'est le moment.
- Speaker #1
On a tous entendu.
- Speaker #2
C'est gros, c'est pas très gros, c'est comme ça à peu près, avec un long bec. C'est alors le courlis cendré, donc on le voit un petit peu là sur la couverture, sur cette magnifique œuvre d'une artiste anglaise qui s'appelle Angela Harding. Et puis vous le voyez sur la photo. Je trouve que c'est un oiseau assez extraordinaire. Si vous allez sur les côtes du nord de la France, en Bretagne, sur le littoral, on peut en voir. Ce n'est pas un oiseau qui est rare. En hiver, en tout cas, vous allez en octobre, novembre, on peut quand même en voir assez facilement. Ce qui m'intéressait chez cet oiseau, la raison pour laquelle je me suis porté sur cet oiseau, c'est que c'est un oiseau dont le mode de vie est en fait très dépendant de nous, des humains. C'est un peu notre colloque. C'est vraiment un oiseau qui vit sur des territoires sur lesquels on est. Il se reproduit sur des terres agricoles. Aujourd'hui, en fait, ça... sa reproduction est devenue très dépendante de notre activité agricole. Il est chassé, potentiellement, il est interdit à la chasse, mais en tout cas, il intéresse les chasseurs. En baie de Somme, les chasseurs l'appellent le gibier roi. Pour eux, c'est vraiment le... On dit que c'est le oiseau le plus difficile à chasser, parce qu'il est extrêmement méfiant. Il s'envole au moindre mouvement. Donc, il y a vraiment... C'est une chasse qui est très... Oui, très noble, en tout cas pour les chasseurs. J'aimais cette idée d'un oiseau. Ce n'est pas un oiseau qui vit dans des territoires reculés et qui a besoin de terres complètement vierges, de toute présence humaine. C'est au contraire un oiseau qui vit avec nous, qui cohabite avec nous. Et je trouve que c'est un oiseau qui pose vraiment cette question de la cohabitation, de dire sur les territoires qu'on habite, qu'on fréquente, qu'on cultive, quelle place on peut faire à ces espèces-là. L'idée n'est pas de se retirer complètement, mais de dire comment on peut apprendre à vivre ensemble. Ce n'est pas le cas de beaucoup d'oiseaux. C'est pour ça qu'il m'intéressait beaucoup. Pour en reparler, il y a aussi un côté un peu mythique, notamment dans la mer Jazerga. On en reparlera peut-être tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Tu l'associes au... à cette légende du septième siffleur. Est-ce que tu peux un peu détailler ce que c'est ?
- Speaker #2
La légende des sept siffleurs, en fait, c'est une légende qui est plutôt irlandaise, mais on en parle aussi en Angleterre, qui dit qu'il existerait un groupe un peu mythique de sept oiseaux qui pourraient être des courlis cendrés. Ça pourrait être une autre espèce, mais pour beaucoup, c'est le courlis cendré. Et on dit que quand... à la nuit tombée, ou pendant la nuit, on entend voler et chanter les sept siffleurs. C'est l'annonce d'une catastrophe. C'est un désastre, une catastrophe est imminente. Et il y a une autre version de cette légende qui dit qu'en fait, ça serait plutôt six oiseaux qui voleraient à la poursuite d'un septième et qui dit que le jour où les six siffleurs auront rejoint le septième siffleur, ce sera la fin du monde. Le monde va s'effondrer. Moi, je trouve qu'elle est intéressante, cette légende, parce que c'est un oiseau dont on n'est pas proche de l'extinction, mais en tout cas dont les effectifs ont tendance à s'effondrer. Et j'aimais bien cette idée que les sept siffleurs probablement n'annoncent pas la fin du monde, mais la fin de leur monde, c'est pas impossible quand même. Donc c'est ce que disent les personnages à un moment dans le livre. J'aimais bien cette idée-là, on va dire.
- Speaker #1
Il y a un travail sur les protagonistes. J'ai mentionné les trois protagonistes principaux, mais ils sont vraiment étoffés par leur cercle familial très rapproché. Tu as vraiment cette fois, même dans les autres livres, mais là, je trouve que la mise en valeur des aspirations... personnelles, des attentes vis-à-vis d'un père, d'un mari sont extrêmement développées. Comment t'as construit et comment t'as donné corps à ces personnages, à Fiona, à Hamza, à Willy, qui ont tous quelque chose un peu à régler aussi avec les figures autoritaires ?
- Speaker #2
Oui, c'est-à-dire qu'on est sur trois territoires culturellement très forts. On est sur des personnages qui n'ont pas grand-chose en commun, a priori, culturellement. Mais je voulais un livre qui parle aussi beaucoup des rapports entre les pères et leurs garçons. Ça parle quand même beaucoup de ça. Même si Fiona, qui est une femme, qui est quand même un personnage assez central, ça parle beaucoup de ça et de cette question de la transmission. C'est-à-dire comment se fait la transmission entre un père et son fils. Et j'aimais bien cette idée qu'on puisse voir, chez des gens qui n'ont a priori rien en commun, que tout semble éloigné. Comment ces questions de l'éducation des enfants, de la transmission aux enfants, en fait, on retrouve des points communs. Il y a quand même quelque chose d'un peu universel là-dedans. On est tous confrontés à l'éducation de nos enfants. Et je crois qu'ils ont ça tous en commun. Tous s'interrogent sur qu'est-ce que je vais transmettre à mon garçon et notamment qu'est-ce que je peux espérer transmettre à mon garçon dans un monde qui me paraît s'effondrer, quand tout ce qui nous paraît... le plus solide est en train de partir en déliquescence. Et je crois qu'ils ont tous ça en commun. Donc c'est à partir de cette idée-là que je les ai vraiment travaillés. Ils sont tous tiraillés là-dessus, c'est-à-dire qu'est-ce que je transmets à mes enfants et quels sont les obstacles à cette transmission. Les obstacles, il y a effectivement ce monde qui change, mais il y a aussi qu'est-ce que mes enfants ont vraiment envie que je leur transmette, parce que parfois on a envie de transmettre des choses à nos enfants et eux ils nous disent « toi ça ne t'intéresse pas » . Je suis assez bien placé pour le savoir, je peux vous dire que moi je suis passionné des oiseaux, mes enfants ils n'ont absolument rien à faire, c'est pas faute d'avoir essayé de leur transmettre cette passion-là. Je voulais vraiment essayer de travailler autour de cette question-là.
- Speaker #1
Et après quand on se met du point de vue de l'enfant, c'est des adolescents, c'est pas des nourrissons, c'est aussi un livre qui parle peut-être des premières prises des décisions. Il y a une forme aussi de rébellion contre parfois l'autorité ou la... La marche à suivre qui semble immuable. Et tu as aussi travaillé cet aspect d'arriver à dire non.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai. Je crois que de manière un peu plus globale, c'est un livre aussi qui parle de cette capacité qu'on a, nous, humains, à changer. C'est-à-dire que c'est des personnages, les pères en particulier, sont au départ des figures très fortes, comme tu le disais tout à l'heure, très marquées culturellement. Et je voulais voir comment, autant chez les pères que chez la mère, avec Fiona, que chez les garçons, que chez les enfants, à quel moment on peut et qu'est-ce qui peut nous permettre de faire un mouvement. Non pas de changer totalement, ce n'est pas une révolution pour chacun, mais en tout cas de faire un pas vers l'autre ou un pas vers l'indépendance, vers l'autonomie, vers l'indépendance, ou un pas vers l'émancipation. Je crois qu'ils sont tous un peu dans cette logique de... d'essayer de s'échapper soit de l'enfance, soit d'une emprise, soit d'un carcan familial. Et tous, à leur manière,
- Speaker #1
ils cherchent comment s'échapper au moins un petit peu de tout ce qui nous entrave. OK, merci. Si tu m'autorises, je vais lire un passage. D'accord. On en a parlé avant. C'est un passage intéressant, justement, où Willy, Donc le... le chasseur de gibier d'eau dans la baie de Somme est installé. Tu peux expliquer juste le décor ? Comment il est installé ? Est-ce que c'est assez incroyable ? On est avec lui.
- Speaker #2
Willy est ce qu'on appelle un sauvaginier. C'est une autre manière d'appeler les chasseurs de gibier d'eau. Ils chassent notamment les limicoles. Le corlissandré, c'est le plus gros. C'est tous ces oiseaux qui vivent sur le rivage, sur les plages, sur les berges, sur les estrants. La chasse qui pratique, c'est une chasse qui est très particulière, qu'on appelle la chasse au hutto. Le hutto, pour vous donner une idée, c'est un cercueil. Ça ressemble vraiment à un cercueil. D'ailleurs, ils appellent ça un cercueil aussi. Donc, c'est une espèce de grande boîte allongée en bois et en résine et qu'on tire sur le sable, donc avec un chariot. Donc, ils le tirent sur le sable avec un chariot, un peu à la nuit tombée, quoi. On l'enterre dans le sable, enfin, on l'enterre un petit peu. Et puis on s'allonge dedans, il y a un petit matelas en mouche, on s'allonge dedans et on peut rester là-dedans pendant longtemps, voire très longtemps, avec juste une petite ouverture pour faire passer le fusil. Sur la plage, l'endroit où on... sur la vue qu'on a, on dispose de ce qu'on appelle des bleds, c'est-à-dire c'est des formes en fait, des formes d'oiseaux qu'on plante dans le sable pour attirer les oiseaux. Et on attend là pendant parfois des heures que l'oiseau qu'on veut chasser veuille bien accepter de se poser et surtout de faire le moins de mouvements possibles pour pouvoir tirer. notamment le corlissandré qui est une espèce qu'on dit extrêmement méfiante donc je précise que c'est une espèce qui est aujourd'hui interdite à la chasse, il y a un moratoire qui s'applique chaque année, qui est renouvelé chaque année donc la chasse que pratique Willy enfin qui essaye de pratiquer Willy dans cette scène c'est une chasse qui est interdite qui est désormais interdite en fait,
- Speaker #1
c'est ça ?
- Speaker #2
depuis... il y a eu tout un... mais depuis au moins 2019 c'est interdit je précise d'ailleurs que c'est une espèce qui est protégée Partout ailleurs en Europe, il n'y a qu'en France aujourd'hui qu'on s'interroge encore sur la possibilité de chasser cet oiseau, ce qui d'ailleurs paraît totalement aberrant pour tous les pays d'Europe qui, pour beaucoup, déploient des moyens considérables pour protéger cet oiseau-là.
- Speaker #1
C'est bien expliqué dans le livre. Il faisait presque nuit maintenant, mais la lune entre les nuages rendait les lieux moins sombres. Alors Willy attendit à nouveau. D'autres individus circulaient près de lui. Il entendait leurs chants dans le ciel invisible, et il siffla encore, mais ceux-là refusèrent de se poser près de lui, ignorèrent ses ciblettes comme un groupe ennemi. Il resta donc figé sans perdre aucune patience, fusil chargé près de la guignette ouverte, le corps engourdi sur le matelas humide et souillé de sable collant. L'attente se faisait pénible à mesure que le temps passait, et la fatigue grandissait, mais Willy tenait bon comme il avait appris à le faire. Un instant, ne les entendant plus, il se demanda s'il n'était pas trop tard. si le balai des courlis n'avait pas déjà pris fin. C'est lorsque cette pensée le traversa que le mâle apparut. Surgit dans le décor depuis on ne sait où, il se posa d'un coup d'aile près des silhouettes inertes. Ce mâle aperçut deux jours plus tôt qu'il sembla à Willy reconnaître immédiatement, venu côtoyer ses empaillés comme s'il s'offrait à lui. L'oiseau bougeait à peine, se tenait droit dans la pénombre. Le porc fier au-dessus du brillant qui à cette heure ne brillait plus du tout. Il était là tout près, à portée de tir. comme rarement devant ce cercueil l'avait été un courlit cendré. Willy déplaça alors son fusil pour viser l'animal, et cette fois, le gibier resta en place. Il lui était possible de tirer, d'abattre tout de suite l'oiseau, pour lequel il était venu. Mais il attendit encore, juste un peu, se perçoita-t-il d'abord, pour l'observer, puisque le corlu demeurait là. Fusil pointé vers lui qui semblait faire de même, le fixait en retour sans pourtant s'envoler. Oui, Woolly avait conscience que c'était une idée absurde, que si le plus méfiant des limicoles l'avait repéré dans son affût, il serait déjà loin. Pourtant, c'est l'impression qu'il eut soudain, qu'ils se regardaient l'un l'autre. Il savait qu'il lui fallait tirer, presser cette queue de détente qu'effleurait son index. Il avait attendu des semaines pour vivre cet instant. Il avait traîné jusqu'ici hutto, blette et fusil. Il avait délaissé son fils pour cette chasse interdite. Pourtant, pétrifié dans son cercueil inconfortable, Gagné par le froid du soir, abimouillé par la mousse écrasée, il laissa s'écouler les minutes sans déclencher son tir. Comme si, en fait, il n'était pas venu pour faire cela. Comme si d'autres raisons le guidaient. Des raisons qui avaient à voir avec la mort de Laurent, dont il lui sembla soudain entendre la voix lui dire des trucs comme « Qu'est-ce que tu fous ? T'es con ou quoi ? » ou « Fais pas ta tapette, tire-le ce corlu ! » ou « Putain, tu seras jamais un homme, je te l'avais dit ! » Comme si tout ça, c'était juste pour lui prouver quelque chose au beau-père. lui prouver qu'il n'était plus l'enfant trop sensible d'autrefois, que maintenant il était adulte et faisait ce qu'il voulait, même si cela incluait de ne pas tuer cet oiseau. Ou alors, si Willy ne tirait pas, c'était peut-être parce qu'une autre voix, plus discrète, lui parlait à présent, celle de Kilian, qui, s'il avait eu devant les yeux ce courlis-là, lui aurait dit tout autre chose qu'abattre un aussi bel oiseau, c'était un truc de barbare. C'est un passage que j'ai choisi parce que je trouve qu'il résume le débat intérieur, et le moment où finalement, la psychologie de plusieurs des protagonistes converge un petit peu. Et puis en dehors du style où je trouve qu'on s'imprègne complètement du décor, donc bravo pour ça, parce qu'en tout cas, je l'étais dedans, j'espère que vous étiez dedans aussi, il y a vraiment un paysage qu'on comprend, un débat intérieur, et puis on a l'impression d'être, en effet, nous aussi nés à nez avec cet oiseau.
- Speaker #2
C'est un moment qui est important dans le livre. c'est assez drôle que tu aies choisi ce passage parce que j'ai on sent que le chasseur hésite à tirer à ce moment là et je me souviens d'un ami qui avait lu une version antérieure du livre qui est un ami qui est chasseur lui-même et qui m'avait dit qu'il avait beaucoup aimé le livre et il m'avait dit par contre il y a un truc c'est classe sur cette scène là pour moi ton oiseau il est cuit j'arrive pas à y croire que ton mec il tire pas quoi Il me dit, moi, en tant que chasseur, là, j'aurais tiré. Mais effectivement, la scène est intéressante. C'est vrai que j'avais envie de créer un personnage de chasseur qui se mette en tête, effectivement, de chasser un courlit cendré, mais qui soit aussi pris entre toutes ces contradictions, pris dans les conflits intérieurs qu'il peut avoir. entre l'éducation qu'il a reçue de son beau-père, qui est celui qui lui a appris à chasser, qui lui a enseigné cette chasse-là, et puis son fils, Kilian, qui lui, au contraire, remet en cause toutes ses certitudes, puisque son fils, je ne le verrai assez vite dans le livre, mais son fils, qui a 7 ans, a fait comprendre à son père qu'en fait, lui, il était anti-chasse, ce qui est, pour un chasseur... Le pire des dilemmes, de voir son fils contester cette chasse qui est contestée partout ailleurs. Mais quand ça vient de son propre fils, de sa propre famille, évidemment, c'est beaucoup plus violent. Et c'est vrai que j'avais envie de voir comment, dans ce moment-là, où il est vraiment tout seul avec son gibier, comment toutes ces questions-là pouvaient remonter. peut-être remettre en question le fait de tirer, en tout cas.
- Speaker #1
Donc une partie du fil conducteur du livre, on l'a vu, c'est un peu de montrer comment des décisions sur un... phénomènes animaliers peuvent avoir des impacts aussi sur d'autres zones, donc nos décisions locales comment elles impactent en fait globalement ce qui se passe dans le monde et donc je rappelle que t'es ingénieur agronome et diplômé en biologie et écologie, tu m'arrêtes si c'est faux et tu as choisi donc le roman comme médium pour parler de ça, est-ce que c'est le bon médium ?
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
je pense je suis convaincu mais pourquoi pas des essais pourquoi pas des essais
- Speaker #2
Alors attends, la question, elle est vaste, en fait, parce que c'est à dire que moi, je veux dire, j'ai toujours écrit. Depuis que j'écris, je n'écris que du roman. C'est vraiment ça qui m'intéresse. Je trouve que le roman, c'est vraiment la manière de parler de sujets souvent globaux de façon intime. de voir comment l'intimité comment les histoires individuelles rejoignent la grande histoire de manière très schématique et c'est vrai que dans ce livre là j'avais vraiment envie peut-être encore plus que dans d'autres livres d'aborder des questions écologiques qui parfois deviennent des questions très techniques même il y a plusieurs passages dans le livre où on est chez les fermiers qui ont à prendre des décisions sur la manière de conduire leur exploitation Merci. y compris sur la date à laquelle on va aller faucher sa parcelle. On est vraiment sur des questions qui, a priori, ont l'air très techniques. Et moi, j'avais vraiment envie, dans ce livre, d'essayer d'aller creuser derrière et d'aller voir, derrière des questions techniques comme ça, quelles sont les questions humaines qui se posent, quelles sont les questions familiales, les dilemmes qu'on peut avoir, les conflits internes, les conflits au sein de sa famille. Comprendre que si un fermier décide d'aller faucher sa parcelle le 15 juin plutôt que le 30 juin... C'est pas juste une question technique avec des tableaux de chiffres sur la rentabilité de mon exploitation. Il y a aussi des questions beaucoup plus personnelles sur mes rapports avec les autres, sur quelle est la vie de ma femme, quelle est la vie de mon fils. Et voilà, j'avais envie d'aller vraiment creuser qu'est-ce qu'il pouvait y avoir d'humain, qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de romanesque derrière des choix comme ceux-là. qui peuvent paraître liées à des choses très rationnelles, a priori. Et ce n'était pas simple, en fait. Mais j'avais vraiment envie d'aller chercher ça. Je trouve que dans le roman, quand on parle notamment de questions écologiques, on a souvent tendance à éluder ces questions-là, à considérer que ce sont des questions qui sont techniques, qui n'ont rien à faire dans la littérature, et que c'est trop précis, c'est trop technique, c'est trop pointu. Et je n'avais pas envie de ça. J'avais envie vraiment d'aller me confronter à des sujets comme ceux-là. Et que le lecteur puisse comprendre à quelle décision peut être confronté un fermier à un moment donné de la conduite de son exploitation.
- Speaker #1
Je confirme qu'il y a une vraie saveur romanesque dans tout ça, même quand c'est un petit peu technique. Et justement, tu peux nous dire combien de temps ça t'a pris ? Et comment tu t'es documenté ? Parce qu'il y a vraiment du vocabulaire, etc. C'est passionnant. T'es allé sur place, t'as rencontré beaucoup de gens, j'imagine ? Oui, oui, beaucoup.
- Speaker #2
Je remonte sur le mot vocabulaire que tu utilises, parce que c'est vrai que c'est quelque chose qui est important pour moi. Quand j'écris, mais c'est valable pour ce livre, c'était valable pour les précédents. C'est vrai que la question du vocabulaire, du champ lexical, elle est importante pour moi. c'est-à-dire ce que je cherche, c'est à écrire quelque chose. qui soit le plus immersif possible. J'ai vraiment envie, moi dans mon écriture, et pour le lecteur, que le lecteur soit le plus possible immergé dans un monde, que ce soit la forêt amazonienne, la chasse aux grands gibiers, quand j'écrivais un roman qui s'appelait Entre Fauves, et que dans ce livre-là, quand on est dans le milieu de la chasse et des sauvaginiers, on a vraiment l'impression d'être à l'intérieur de ce monde-là. Il me semble que cette immersion, elle passe par le vocabulaire qu'on emploie, elle passe par... Quels sont les mots que les personnages, que ces gens-là utilisent au quotidien ? Et toujours, je suis à l'affût de ça. Essayer d'aller chercher ces mots-là, parce que je trouve qu'ils participent beaucoup de cette immersion. Ce ne sont pas des mots techniques ou des mots pointus que j'utilise juste pour le plaisir. C'est parce que ces mots-là, ils font partie du quotidien de ces gens-là. On a tous notre propre jargon, quel que soit le métier qu'on... qu'on exerce, les libraires, vous avez votre propre jargon, vous utilisez, bah oui j'imagine quoi, je suis pas libraire, mais vous avez des mots, vous parlez des GFK et de Data Libre, enfin je parle de mots que je connais moi, qui parlent à personne, mais c'est le jargon du libraire quoi, et je trouve que essayer de se plonger un peu dans ce jargon là, c'est une manière de se plonger dans le quotidien de quelqu'un, d'un milieu professionnel ou d'un milieu, là en l'occurrence pas professionnel pour la chasse, mais... Donc oui, je suis un peu à l'affût de ça, à l'affût de ce vocabulaire. Donc c'est un travail qui n'est pas simple à faire. J'ai pris à peu près deux ans pour écrire ce livre, comme pour tous mes romans, toujours à peu près deux ans. Enfin, mes premiers, c'était moins long, à vrai dire, j'écrivais plus vite avant. Je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle, mais en tout cas, plus j'écris, plus c'est long d'écrire un livre. J'essaye de me rassurer en me disant que c'est parce que je suis plus exigeant et que... Mes livres sont meilleurs aujourd'hui, mais c'est peut-être juste parce que je suis plus lent. Mais bon, ça c'est un autre sujet. Donc oui, ça a été... Donc je me suis déplacé dans tous les lieux où se déroule le livre. En Écosse, dans la baie de Somme, au Maroc. Je suis même allé dans d'autres lieux qui au départ devaient faire partie du livre et qui ont été abandonnés. Je suis allé en Vendée. Il y avait une partie de l'histoire qui devait se dérouler en Vendée. Je suis allé en Bourgogne et dans l'Ain, là où on a une zone de... qui est le plus gros lieu de reproduction des gourlisses andréas en France. Donc oui, j'ai été dans beaucoup d'endroits. Et quand j'étais sur place, une grosse partie du boulot, c'est effectivement des rencontres, des entretiens avec des personnes qui vont me parler de leur métier, de leur quotidien. Donc en Écosse, c'était des ornithologues, des fermiers. En Bête-Somme, c'était des chasseurs essentiellement.
- Speaker #1
Tu es allé dans les huttes ?
- Speaker #2
Oui, je ne suis pas allé dedans, mais il m'a montré. Il m'a montré son cercueil. La chasse était fermée, donc je ne suis pas allé chasser avec lui, bien sûr. Mais il m'a montré son cercueil, il m'a montré comment ça s'ouvrait. Je ne suis pas rentré dedans, mais j'ai bien vu à quoi ça ressemblait. Il m'a emmené dans la baie, il m'a montré comment il plantait ses formes de courlis, ses blettes. Et on a passé beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à parler tous les deux. Je suis allé au Maroc, dans la mer Jazerga aussi, avec ses guides ornithologiques. Dans ces moments-là, je suis à l'affût d'essayer de comprendre quel est vraiment le quotidien de ces gens-là. Et puis, cette question du vocabulaire, dès qu'ils utilisent des mots, je les note. Ça veut dire quoi, ça ? Vraiment, j'essaie de rentrer le plus possible dans le...
- Speaker #0
Ouais, dans ce qu'il me raconte, quoi. Alors, la mer Jaserga, c'est une lagune qui est sur la côte atlantique, dans le nord du Maroc, entre Tangier et Rabat, à peu près, à mi-chemin entre Tangier et Rabat. C'est un endroit qui est assez extraordinaire. Si vous avez l'occasion d'aller vous balader là-bas un jour, pour les oiseaux, mais pas seulement. C'était assez... J'ai passé une semaine là-bas, à peu près, avec un ami, et c'était une immersion aussi assez intéressante.
- Speaker #1
Merci pour ta réponse. C'est vrai que dans tous tes romans, tu arrives grâce au vocabulaire utilisé, mais bien sûr à ta plume, et au romanesque choisi à l'intrigue, à nous immerger clairement en forêt amazonienne, dans la chasse aux trophées en Afrique, etc. Et là, je ne suis pas chasseur, mais j'étais hooli quand je lisais. Et c'était vraiment bien. Merci pour ça.
- Speaker #0
En tout cas, c'est vraiment ce que je recherche tout le temps. d'essayer de... De faire appel à toutes les émotions, toutes les sensations, essayer de reconstituer ce que ça peut être vraiment que d'être à l'intérieur de ce uto. Et c'est ce que j'essaye de faire tout le temps. Moi, j'ai des amis qui sont chasseurs, qui ne sont pas chasseurs de gibier d'eau, j'en ai deux, qui l'ont lu. Ils me lisent depuis longtemps. Et puis, c'est des amis. Ils me disent qu'ils ont beaucoup aimé. Chez les chasseurs de gibierdou, c'est-à-dire ceux qui vraiment pratiquent cette chasse-là, je n'ai pas encore eu vraiment de retour. Il y en a un, celui dont je parlais tout à l'heure, à qui j'ai envoyé mon livre. Il est en train de le lire depuis environ deux mois. J'attends son retour. Je l'ai relancé la semaine dernière. Il m'a dit « Ouais, je suis dedans, je suis dedans » . Il y va doucement. Mais ce qui est vrai, en tout cas, c'est que pour moi... Je ne suis pas chasseur, je n'ai pas l'impression d'avoir écrit un livre pour défendre ou pour vanter la chasse aux gibiers d'eau. Mais c'est vrai que la réception auprès de ces gens-là, la manière dont le livre va être lu, c'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup. Je pense que j'ai beaucoup plus d'anti-chasse que de chasseur dans mes lecteurs aujourd'hui. Mais savoir quand même comment ça va être reçu par ces gens dont je parle, je parle vraiment d'eux. c'est quelque chose qui est important pour moi comme dans un roman précédent dans Wallace dont j'étais venu précédemment où on était vraiment dans le milieu de la protection de l'enfance en Guyane la manière dont les assistantes sociales les éducatrices en Guyane ont lu mon livre c'est quelque chose qui est très important pour moi, je suis vraiment à l'affût de en tout cas très attentif à la manière dont les gens dont je parle vont recevoir ou lire mon livre c'est quelque chose de... qui m'inquiète toujours un petit peu.
- Speaker #1
Dans les romans de Colin, la nature est un personnage, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'elle est très présente dans ce livre, pas forcément dans tous mes romans, mais dans beaucoup. Après, c'est vrai que j'écris vraiment du roman, c'est-à-dire que ce que je cherche dans ce qu'on appelle la nature, tout ce mot un peu fourre-tout, y compris dans les descriptions, quand je décris un paysage, par exemple quand je décris la baie de Somme. ou quand je décris les Highlands, ce qui m'intéresse, ce n'est pas la nature pour elle-même, c'est comment un territoire est vécu par les personnages dont je parle. J'essaye toujours de m'interroger sur qu'est-ce que représente cette vue, ce décor pour le personnage qui est en train de parler. Évidemment, c'est toujours très différent s'il s'agit de quelqu'un qui a grandi ici et qui connaît ce lieu depuis toujours ou quelqu'un qui le découvre pour la première fois. Et j'essaye toujours de travailler là-dessus. Sur la forêt amazonienne, quand j'écrivais Darwin par exemple, j'essayais vraiment de tourner autour de cette question, de voir comment cette forêt, comment un même milieu peut être vu de manière extrêmement différente si on est un chasseur, si on est quelqu'un qui est passionné par la forêt et qui la connaît très bien ou si on est au contraire quelqu'un qui en a peur et qui n'y met jamais les pieds. de voir comment un même milieu peut être... très accueillant ou au contraire très hostile selon le point de vue depuis lequel on regarde ce milieu-là. Et j'essaye vraiment de travailler là-dessus, sur cette idée d'un territoire qui est vécu, qui n'est jamais détaché des humains qui l'habitent, en tout cas.
- Speaker #1
Oui, qui est comme un habitat.
- Speaker #0
J'ai beau... Écrire des romans qui sont quand même très documentés, évidemment ça reste de la fiction, évidemment qu'il y a des choses qui sont inventées, et il y a toujours des entorses à la réalité, ça peut être des lieux dont je parle qui n'existent pas, ça peut arriver. J'essaie de réfléchir dans ce livre-là s'il y en a, mais oui, j'en vois un ou deux en tout cas, ou des lieux que je rapproche qui ne sont pas du tout au même endroit, je déplace des choses. Mais sur ce livre-là, il y a une entorse à la réalité qui est assez importante, qui est en matière de migration du cours Lysandré. Le cours Lysandré, on est en Écosse, on est en Bêtes-Somme et on est au Maroc. Il y a effectivement... des courlis cendrés qui se reproduisent en Écosse, dans le lieu, dans les endroits dont je parle. Il y a effectivement des courlis cendrés qui migrent et qui passent dans la Baie de Somme. Il y a effectivement des courlis cendrés qui passent l'hiver dans le Maroc. Mais a priori, sur ces trois territoires, ce n'est pas les mêmes. C'est-à-dire qu'en fait, le trajet migratoire dont je parle dans le livre, même si d'ailleurs on peut s'interroger sur est-ce que c'est vraiment le même oiseau dans l'histoire, mais en tout cas, a priori, ce qu'on sait, c'est que... les courlis qui se reproduisent en Écosse, ils ont plutôt tendance à passer l'hiver pas très loin, en Irlande, à peu près. On sait que les courlis qui migrent et qui passent en migration dans la Baie de Somme, ils viennent généralement plutôt des Pays-Bas, de la Pologne, de cette zone-là. Et qu'a priori, les courlis qui passent l'hiver au Maroc, dans la mer Jaserga, ils se reproduisent plutôt quelque part en France. Voilà, j'ai un peu étiré cette... Cette migration pour réussir à réunir tous ces territoires qui, en fait, a priori, ne sont a priori pas reliés par le vol d'un courrier. Mais je dis a priori. Après, vous savez, les oiseaux, les routes migratoires, elles peuvent changer. Il y a des fois, on a des oiseaux qui ont des habitudes migratoires et qui, une année donnée, parce que les conditions climatiques le font, vont changer et se dire « moi, je vais aller un peu plus loin » . Tout ça peut toujours évoluer. C'est ce qui me permet de dire que tout ça n'est peut-être pas... totalement impossible en tout cas.
- Speaker #1
Merci à tous pour votre présence.
- Speaker #2
Et merci Colin. Merci d'avoir passé ce moment avec nous à l'écoute de l'Echo des libraires. L'Echo des libraires est un podcast proposé par l'association Paris Librairie. Paris Librairie regroupe plus de 200 librairies à Paris et en Ile-de-France. Retrouvez l'agenda des rencontres animées toute l'année par les libraires du réseau sur le site paris-librairie.fr Paris Librairie en un seul mot, sans tiret et avec un S à librairie. Vous êtes à la recherche d'un livre ? Trouvez-le, géolocalisez-le et réservez-le dans une librairie près de chez vous. Pour ce faire, rendez-vous toujours à la même adresse sur le site paris-librairie.fr Merci et belle lecture !