Speaker #0Bienvenue dans la saison 3 de mon podcast « L'enthousiasme par les mots » . Je suis Frédérique Mercier, coach de vie et professionnelle basée à Lyon. Cette saison, je vous invite à explorer ensemble des sujets plus profonds comme la prise de parole en public, la gestion du temps ou bien d'autres encore. Nous aurons également des épisodes spéciaux dédiés au management pour vous offrir des outils concrets et inspirants dans votre quotidien professionnel. Rejoignez-moi pour cette nouvelle aventure riche en découvertes et en motivation. Bienvenue dans cet épisode où l'on va explorer un concept fascinant, le flow. Quand j'ai commencé à m'y intéresser, c'était d'abord dans un cadre professionnel. En tant que coach, je l'ai découvert en management avec l'idée de guider les équipes vers une meilleure performance. L'objectif était simple, améliorer les résultats. Mais avec le temps, j'ai compris que le flow n'est pas une méthode. C'est une manière d'aborder la vie, d'être pleinement présent dans ce que vous faites, de vivre intensément chaque instant. Le flow, c'est ce que le psychologue hongrois-américain a théorisé. Oui, je vous laisse le soin de chercher son nom car il est difficile à prononcer. C'est cet état mental où vous êtes totalement immergé dans ce que vous faites, où il y a une fusion parfaite entre votre esprit et l'activité en cours. C'est ce moment où vous ressentez un focus absolu, un engagement sans faille et une satisfaction qui ne vient pas du résultat mais du processus lui-même. Dans cet état, le temps semble se suspendre. Chaque geste chaque pensée découle naturellement du précédent, comme si vous étiez poussé par une force invisible, une autopropulsion d'après le psychologue. Vous êtes là, totalement absorbé, sans effort, sans contrainte. Et c'est là que c'est fascinant et aussi un peu risqué. Parce que le flot ne se manifeste pas si vous ne prenez pas de risque. Vous devez être prêt à perdre le contrôle, à affronter l'incertitude. C'est là que l'échec fait partie du processus. C'est un lâcher prise total où l'on cesse de se concentrer sur le résultat pour s'immerger pleinement dans l'expérience. Mais voilà le paradoxe. Même si cet état nous rend plus performants, il n'est pas du tout centré sur la performance. Le flow n'est pas une méthode pour être plus productif. Et c'est justement ce qui le rend si spécial. Alors pourquoi ne cherchons-nous pas plus souvent cet état ? A mon avis, c'est parce que nous avons du mal à lâcher prise. On veut tout contrôler. On cherche des résultats immédiats. Et c'est là que le flot devient un peu effrayant. Il nous invite à entrer dans un espace d'incertitude. Cela nous amène à une notion essentielle, le non-jugement. Ce concept est clé dans l'expérience du flot. Vous voyez, une des raisons pour lesquelles nous sortons du flot, c'est qu'on a tendance à juger tout ce que l'on fait. On avait moins tendance à le faire durant l'enfance. On évalue nos actions selon des critères externes. On classe ce qu'on a fait en fonction de sa valeur perçue. Par exemple, certaines personnes pensent qu'une activité manuelle est moins noble qu'une tâche intellectuelle, qu'un travail créatif est moins utile qu'un travail plus concret ou plus productif. Mais en réalité, il n'y a aucune hiérarchie des activités. Chacune a sa propre beauté et son propre potentiel pour nous mener dans un état de flot, à condition de l'aborder avec la bonne attitude. Ce qui compte, c'est d'être présent et de s'engager pleinement. Le flow, c'est cette immersion totale où on se détache du jugement constant, où on laisse l'esprit se libérer dans l'action. C'est là que la philosophie, la spiritualité et des pratiques comme le zen viennent nous rappeler l'importance de vivre dans l'instant présent, sans juger ce que l'on fait. Il y a un lien évident avec le concept d'ikigai. Ce principe japonais qui parle de la convergence entre ce que vous aimez, votre joie de vivre, ce dans quoi vous êtes bon, vos compétences, talents, ce dont le monde a besoin, votre contribution, et ce pourquoi vous pouvez être rémunéré, votre réalité économique. Quand vous êtes aligné avec votre Ikigai, vous touchez quelque chose de plus grand que vous. Vous êtes dans un état où le travail n'est plus une simple tâche à accomplir, mais une quête de sens. Mais alors... comment trouver le flot dans un monde où l'argent et les résultats immédiats prennent souvent le dessus. Comment agir dans un système où votre source de revenus ne correspond pas toujours à ce qui vous passionne. Il faut trouver des moments ailleurs que dans votre travail principal, où vous pouvez vivre ce flot. Le flot, c'est aussi de la chimie. Cet état optimal de performance et de bien-être repose sur une alchimie précise de neurotransmetteurs qui boostent votre concentration, votre motivation et votre créativité. Quand vous êtes en flot, des substances comme la dopamine, la sérotonine et l'endorphine sont libérées, créant ce sentiment de plaisir et de satisfaction. Mais il y a aussi la noradrénaline, souvent associée au stress, qui régule votre attention et qui vous garde concentré tout en équilibrant excitation et calme. Alors, quelle est la différence entre le flow et l'adrénaline ? L'adrénaline est cette réponse immédiate à une situation perçue comme excitante ou menaçante, une réaction physiologique qui prépare votre corps à l'action. Le flow, lui, survient quand vos compétences sont parfaitement... adapté au défi. C'est un état plus durable où la performance s'intensifie avec le temps, mais sans la pression immédiate de l'adrénaline. Cela pourrait être dans un projet personnel, une passion que vous n'avez pas encore osé développer, ou même dans ces petites tâches quotidiennes comme jardiner, cuisiner ou passer du temps avec ceux que vous aimez. Le flot ne se limite pas à ce qui rapporte de l'argent, c'est bien plus que ça. J'ai accompagné un entrepreneur qui dirigeait une entreprise dans un secteur très technique, avec beaucoup d'expertise. Bien qu'il ait réussi financièrement, il ressentait une frustration grandissante et beaucoup de stress, notamment sur la question de la gestion du temps, principale ressource de son activité, avec une facturation au taux horaire. Son travail l'amenait à faire des choix qui ne correspondaient plus à ses valeurs personnelles, ni même à ses ressentis. Il se concentrait sur les résultats immédiats, au détriment du sens et de ses passions. En explorant son Ikigai, nous avons découvert qu'il avait un fort désir de contribuer au progrès, à l'innovation. Il aimait créer, utiliser son intuition, se laisser porter par ses réflexions et ses découvertes. Nous avons travaillé sur la manière de réintégrer cela dans son entreprise et dans son quotidien. Et petit à petit, il orientait son emploi du temps en favorisant des moments de créativité où il peut laisser son esprit errer et être surpris par ses explorations. Ce n'est pas une révolution, mais un réajustement qui lui a permis de retrouver l'inspiration, la motivation et la joie de faire ce qu'il faisait. Ce réajustement a rétabli le flow dans son travail. Dans le management, cette approche du flow est également très pertinente. Un manager ne doit pas chercher à contrôler chaque action ou chaque décision. Au contraire, il doit faire confiance à l'énergie collective et à l'inspiration du groupe. Le flow dans une équipe C'est cette capacité à s'immerger totalement dans l'action, sans être obsédé par le résultat immédiat. Cela peut paraître contre-intuitif dans un monde où la productivité est au centre de tout. Mais c'est là que le flow et l'ikigai apportent une grande clarté. Lorsque vous agissez sans être constamment obsédé par le résultat, vous êtes guidé par le plaisir de l'action elle-même. La motivation n'est plus quelque chose à rechercher, elle émerge naturellement. Et alors, comment favoriser le flow en management ? Pour qu'un collaborateur entre en flot, il faut avant tout qu'il rencontre un défi à sa hauteur. Trop facile et il risque de s'ennuyer, trop difficile et il se sentira dépassé ou très stressé. Et ce n'est pas le but. Le rôle du manager ici, c'est de bien cerner les compétences de chaque membre de son équipe pour leur confier des missions stimulantes mais jamais submergentes. C'est un équilibre subtil entre challenge et capacité. et cela demande une compréhension fine des forces et des besoins de chacun. Une fois que vous avez cette connaissance approfondie, vous pouvez organiser des missions adaptées à chaque profil, ce qui favorise non seulement la motivation intrinsèque, mais aussi cette recherche de sens si importante pour l'engagement. De nombreuses techniques issues des méthodes de coaching, des sciences humaines et de la psychologie positive peuvent vous aider à naviguer dans cet équilibre délicat. L'un des leviers majeurs pour y parvenir, l'écoute active. Le flot s'épanouit dans un environnement calme, sécurisé et propice au bien-être. Et l'écoute active est au cœur de cela. Quand vous écoutez vraiment vos collaborateurs et vous ne vous contentez pas de laisser entrer les mots, vous vous intéressez sincèrement à ce qu'ils vivent, à leurs besoins, à leurs aspirations, à leurs défis. C'est un véritable outil pour comprendre les émotions, les désirs et l'état d'esprit de chacun. Mais ce n'est pas tout. Pour manager efficacement, il faut aussi se connaître soi-même. Quand vous avez une bonne compréhension de vos propres réactions, de vos biais et de vos comportements, vous saurez mieux à même de comprendre les dynamiques de votre équipe. La connaissance de soi est un super pouvoir pour mieux communiquer, mieux gérer les conflits et surtout établir des relations de travail harmonieuses. Et ce sont ces relations équilibrées respectueuses qui créeront un environnement favorable au flot collectif. Prenons un exemple concret. Imaginons un manager dans une entreprise technologique avec une équipe de développeurs. Pour les aider à atteindre cet état de flot, il commence par organiser des sessions régulières de feedback et de discussion. Plutôt que de leur imposer des objectifs vagues ou déconnectés de leurs compétences, il fait en sorte que chacun puisse partager ses difficultés, ses découvertes et surtout ses projets en cours. Il adapte son management à la situation dans une démarche agile et souple. Lors de ces échanges, le manager écoute, guide et ajuste les projets pour qu'ils correspondent mieux aux compétences de chaque membre. Parfois, il organise même des sessions de brainstorming où chacun peut exprimer librement ses idées sans jugement. Résultat, les développeurs se sentent valorisés, leurs idées circulent librement et cela stimule leur créativité. Le travail devient une source d'engagement, car ils se retrouvent plongés dans une mission qui les passionne et où ils se sentent compétents. Bien sûr, cette flexibilité a ses limites. Certains collaborateurs sont moins à l'aise avec le partage d'idées ou la remise en question. Pour eux, cela demande plus de temps, d'introspection. C'est là que l'observation et le réajustement sont cruciaux. Chaque collaborateur est différent et le manager doit savoir ajuster son approche en fonction des besoins de chacun. Le secret, apprendre à repérer ses nuances, à ajuster en fonction des personnalités et des situations. Cela s'apprend au fur et à mesure. Mais avec de la pratique, vous deviendrez un manager capable de favoriser le flot. Et enfin, encouragez une culture d'apprentissage continu. Pour que vos collaborateurs puissent vraiment s'épanouir, proposez-leur des formations régulières variées et stimulantes. Des formations internes mais aussi externes, en lien avec les objectifs de l'entreprise et les aspirations de chacun. Offrez-leur l'opportunité d'explorer de nouvelles compétences, que ce soit à travers des missions transversales ou des projets d'équipe. Par exemple, si l'un de vos collaborateurs excelle dans l'analyse de données, pourquoi ne pas lui proposer une formation avancée ? et l'impliquer dans des projets nécessitant des compétences en communication, comme la présentation de résultats devant des clients. Qui sait, il découvrira peut-être un nouvel aspect de son flot dans des prises de paroles engageantes. Cela trouve un écho dans la philosophie de Spinoza. Pour Spinoza, la joie véritable découle de notre capacité à comprendre et à accepter notre place dans l'ordre naturel des choses. Une harmonie qui fait écho au flot. Cet état où nos actions sont en parfaite adéquation avec nos compétences et nos passions. J'espère que vous avez apprécié ce partage. Je vous remercie beaucoup. Je vous embrasse.