Speaker #0Repensez à la dernière chose que vous vouliez à tout prix. Vous avez fini par l'obtenir, et ensuite que s'est-il passé ? Bonjour à tous, je m'appelle Xavier, et je vous souhaite la bienvenue sur l'équinoxe. Dans ce podcast, je vous propose des outils et des pistes de réflexion autour du coaching et du développement personnel. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un piège dans lequel on tombe presque tous. Celui de courir après notre bonheur qui recule à mesure qu'on avance. Vous connaissez l'image de l'âne et de la carotte ? On accroche une carotte au bout d'un bâton, juste devant l'âne. Lui, il avance pour l'attraper, mais la carotte avance en même temps que lui. Il ne l'attrape jamais. Il marche dans sa direction, mais c'est tout. On est tous un peu des ânes dans notre vie. Quand j'aurai ce poste, là, je serai bien. Quand j'aurai cette maison, je pourrai être apaisé. Quand j'aurai enfin rencontré la personne qui partagera ma vie, je me sentirai bien. Quand j'aurai ce corps dont je rêve, alors là je serai fier de moi. Et parfois, quand on y met assez d'effort, on arrive à avoir ce qu'on veut. Et là, on peut ressentir un petit soulagement. Parfois même, une joie réelle. Puis, petit à petit, ça disparaît. Et alors très vite, on déplace la ligne d'arrivée. On se lance dans une prochaine étape, un prochain objectif, une prochaine carotte. Un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus grand. Et là, quand j'aurai ça, alors je serai vraiment heureux pour de vrai, cette fois toute ma vie. On avance et la carotte recule. On ne l'attrapera jamais. Et chez de nombreuses personnes, ça peut durer toute une vie. Il y a deux mécanismes qui peuvent expliquer pourquoi cette carotte recule. Le premier mécanisme, c'est qu'on s'habitue à beaucoup de choses, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Une augmentation, une nouvelle voiture, un déménagement, au début, ça change beaucoup. Et puis, progressivement, ça devient notre nouvelle normalité. Les chercheurs appellent ça l'adaptation hédonique. C'est un fonctionnement humain assez classique. Le nouveau... attire notre attention, mais ce qui dure devient progressivement une partie du décor de notre vie. Et le plaisir lié à ce changement finit par diminuer quand ça devient une habitude. Le deuxième mécanisme qui est en place, c'est que la joie d'arriver est souvent beaucoup moins spectaculaire que celle qu'on avait imaginée. On passe des mois à rêver du sommet, à se dire Quand j'y serai, je serai vraiment bien. Et le jour où on y arrive, on finit par se dire, c'est tout ? C'est tout ce que je ressens ? Le chercheur Tal Ben-Shahar a popularisé une idée proche de celle-ci, qu'il appelle l'illusion de l'arrivée. Pendant des mois, on imagine comment on va se sentir quand on arrive au sommet. On le peint immense, parfait, bienveillant. Mais aucun moment réel ne peut être à la hauteur d'un rêve que notre imagination a eu des mois pour embellir. Donc le problème, ce n'est pas que vous n'avez pas encore atteint l'objectif ultime, celui qui vous apportera le bonheur pour de bon et pour toujours cette fois. Le problème, c'est que la façon dont vous cherchez votre bonheur le repousse un peu plus loin. à chaque pas que vous faites dans sa direction. Et si vous voulez une preuve, vous pouvez en avoir facilement. Repensez à tout ce que vous avez obtenu, tout ce que vous vouliez si fort avant et que vous avez fini par avoir. Le manque est revenu, non ? Allez, j'entends vos objections. Ça veut dire quoi ? Qu'il faut que j'arrête de vouloir des choses ? Que j'arrête de faire des projets ? Mais si j'arrête de courir vers quelque chose, je vais devenir feignant. Si je me contente de ce que j'ai, de mes réussites, je n'accomplirai plus rien. Ma vie est finie alors. Et puis, de toute façon, c'est le manque qui me donne envie de me dépasser. Et je comprends tout ça. C'est des peurs légitimes. Mais c'est des faux dilemmes. Profitez de ce que vous avez, de ce que vous avez atteint, de ce que vous avez réussi. n'éteint pas votre ambition. Ça vous enlève juste le couteau que vous vous mettez sous la gorge. Vous pouvez alors viser un objectif, aussi grand soit-il, sans parier tout votre bonheur dessus. Vous pouvez continuer d'avancer autant que vous le souhaitez, mais sans que votre vie entière attende le prochain sommet pour commencer. J'aimerais vous proposer de voir la chose de la manière suivante. Si vous courez après la carotte, vous courez parce que sinon, vous n'êtes rien. Si vous décidez de courir peu importe ce qui vous attend, alors vous courez parce que ça vous plaît, parce que vous avez envie de courir dans cette direction, parce que vous avez envie de faire ce que vous êtes en train de faire. Et que vous le faites... depuis un endroit qui vous convient déjà très bien. Alors concrètement, comment on fait pour arrêter d'être un âne ou pour descendre de l'âne ? Trois temps. D'abord, repérez la phrase « quand j'aurai telle chose, je serai bien » . C'est une phrase qui, je suis sûr, tourne en boucle dans votre tête, peu importe le sujet. mais que vous n'entendez presque jamais. Essayez de repérer tous les domaines dans lesquels elle existe et de l'écouter. Ensuite, souvenez-vous de la dernière carotte que vous avez attrapée, celle qui devait tout changer, celle qui devait vous rendre heureux dans un monde merveilleux. Et regardez honnêtement, au fond de vous-même, ce qu'elle a vraiment accompli pour vous, ce que vous en avez vraiment retiré. Et enfin, essayez de réfléchir à une chose que vous vouliez autrefois et que vous avez aujourd'hui. Ça peut être la maison que vous souhaitiez, le métier que vous souhaitiez faire, une personne que vous avez rencontrée qui partage maintenant votre vie, votre santé. Regardez ce qui, il y a des années en arrière, était votre carotte et que vous avez aujourd'hui réussi à atteindre. Qu'est-ce que ça vous procure aujourd'hui comme sensation ? C'est ça. de descendre de l'âne. Prendre juste un instant pour se rendre compte de ce qui se passe avant de repartir. Cette carotte, c'est l'histoire de ma vie. J'ai arrêté l'école après le bac. J'ai eu une ou deux années difficiles de remise en question profonde. Et aujourd'hui, si je fais le point, je crois que ma vie a été une succession de réussites. J'ai trouvé du travail chez McDonald's, puis je suis rentré chez Aldi. Trois mois plus tard, j'avais déjà évolué. Six mois de plus, on me proposait un poste d'adjoint. Deux ans après, je devenais directeur chez Jiffy. J'ai commencé ma vie à 19 ans avec une carte électron, absolument rien sur le compte et aucune idée de ce que je voulais faire. Six ans plus tard, je n'avais plus besoin de compter quand je faisais mes courses. Je suis passé d'un appart en location à une maison de campagne. Et ça ne s'est pas arrêté là. Après Jiffy, je suis devenu directeur chez Lidl. J'ai encore pris 50% sur ma paye. La voiture est devenue plus grosse. Je comptais encore moins les courses. Et surtout, enfin, j'étais devenu quelqu'un aux yeux des autres. J'avais réussi. Si on récapitule, de mes 19 à mes 28 ans... Je suis passé d'équipier chez McDonald's à directeur de magasin. Je suis passé d'un appartement miteux en colocation à une maison de 4 chambres à la campagne. Je suis passé d'avoir honte quand on me demandait ce que je faisais de ma vie à me foutre complètement de ce que les gens pensaient parce que tout le monde trouvait que je faisais un travail extraordinaire. Et bien pas une seule fois. A aucune étape de cette progression, je n'ai profité d'un seul avancement. Chaque fois que j'obtenais quelque chose, le jour même, je me concentrais déjà sur ce qui arrivait après. Je déplaçais sans cesse la carotte. Je ne me rappelle pas avoir fêté un seul de ces événements. Je ne me rappelle pas avoir été heureux une seule fois pendant toutes ces années. Aujourd'hui, j'ai encore beaucoup de projets, beaucoup d'ambitions. J'ai toujours envie de réussir. Mais je sais que la carotte est un leurre. Je sais que je ne serai pas plus heureux quand j'aurai réussi telle ou telle chose, quand j'aurai obtenu telle ou telle chose. Chaque jour, je me donne la permission d'être le plus heureux possible, même si je poursuis mes objectifs. Et évidemment, vous commencez à me connaître, je suis loin d'être parfait. Parfois, le vieux réflexe revient. Par exemple avec ce podcast. Il m'arrive plein de fois de me dire quand il sera écouté par des milliers de personnes, alors là je serai content. Ça m'arrive vraiment souvent. Mais la vérité, c'est que je suis déjà content de le faire. Je me régale chaque semaine à faire ce podcast. Chaque jour, je suis content de pouvoir m'exprimer sur des sujets qui me passionnent. Et si un jour des milliers de personnes écoutent ce podcast, Je ne serai pas plus heureux que je le suis déjà aujourd'hui. Observez la carotte du moment, le « je serai bien quand » . Repérez-la, elle est presque toujours là, quelque part dans votre tête. Acceptez que le manque revienne, que la joie s'use. Ce n'est pas vous qui êtes ingrat, c'est en partie un mécanisme humain. Et nous y sommes tous. à des degrés différents, plus ou moins sensibles, décidez de goûter ce qui est déjà là, sans arrêter d'avancer. Juste ne plus attendre la prochaine carotte pour vous autoriser à être bien. Cette semaine, une chose toute simple comme d'hab. Peut-être un peu vertigineuse, je vous préviens. Prenez une feuille. Écrivez la dernière chose que vous avez désirée très fort et obtenue. Puis, posez-vous la question honnêtement. Est-ce que je suis durablement plus heureux aujourd'hui grâce à elle ? Regardez la réponse. Essayez de ne pas juger ce que vous y trouvez. Ça peut vous rendre triste, en colère. Croyez-moi, ça finira par devenir une libération. Parce que si le bonheur... n'était pas au bout de celle-là, il n'est peut-être pas non plus au bout de la prochaine carotte. Il est peut-être exactement là où vous êtes aujourd'hui. On passe une bonne partie de sa vie à courir après une carotte. Je serai heureux quand... Je serai calme quand... Je serai en paix quand... Et à chaque fois qu'on y arrive, qu'on attrape cette carotte, elle est déjà repartie plus loin. Les objectifs sont nécessaires. Avoir envie d'avancer, c'est incroyable, c'est ça de vivre. Mais rien de tout ça ne disparaîtra si vous arrêtez de ne penser qu'à la ligne d'arrivée. C'est juste que le bonheur n'est pas une récompense qui vous attend. quelque part à l'arrivée. C'est quelque chose qui est disponible tout le long du chemin. Maintenant, dans ce que vous avez déjà et que vous vouliez tellement avant ou simplement dans le fait d'avancer vers votre prochain objectif. Donc oui, continuez d'avancer. Mais de temps en temps, descendez de l'âne. et regardez où vous êtes. Entre ce qui se passe et ce que vous en pensez, il existe un espace. C'est ici que tout commence. Merci d'avoir écouté l'équinoxe. Si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à vous abonner, à laisser 5 étoiles, et à le partager à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. Vous trouverez dans la description Un lien vers la newsletter, les ressources de l'épisode et le site si vous souhaitez découvrir le coaching. A bientôt sur l'équinoxe.