Speaker #0Une fois que cette épreuve sera terminée, une fois que je serai arrivé là où j'ai envie d'être dans la vie, une fois que je serai riche en bonne santé, avec la personne que j'aime, des enfants et un chien, alors enfin je serai tranquille. Vous vous êtes déjà raconté ça ? Bonjour à tous, je m'appelle Xavier et je vous souhaite la bienvenue sur L'Équinoxe Coaching. Dans ce podcast, je vous propose des outils et des pistes de réflexion autour du coaching et du développement personnel. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'une promesse qu'on se fait tout le temps, celle de la dernière tempête. Vous vous êtes déjà dit, quand cette épreuve sera terminée, je pourrai enfin profiter ? Moi oui, tellement de fois. On imagine toujours qu'après la période qu'on est en train de vivre, tout sera réglé. Qu'après les efforts qu'on aura fournis, la vie sera enfin facile. Qu'un jour arrivera la dernière tempête, la dernière complication, la dernière difficulté. On espère même avoir un jour affronter toutes les épreuves pour qu'il n'en reste plus aucune. Pour enfin profiter de la vie et savourer le calme. Aujourd'hui, je crois très fort que c'est une erreur. Alors oui, quand on est dans la tempête, imaginer le calme qui viendra après, ce n'est pas un mauvais carburant. Quand on est trempé, imaginer le beau temps peut aider à tenir. Ce qui me pose problème, c'est de faire du calme notre destination. Comme si c'était la récompense des efforts fournis. Comme si c'était la promesse qu'un jour nous vivrions notre dernière tempête et qu'ensuite nous pourrions profiter. C'est un problème parce que ce n'est ni vrai, ni souhaitable. Il y a deux choses dont je suis certain. Je vais mourir et ma vie va changer. Tout le reste, je peux l'espérer, mais je ne peux pas le garantir. Le jour où vous atteindrez enfin cette chose que vous convoitez depuis longtemps, pour laquelle vous avez fait tellement d'efforts, traversé tellement d'épreuves, vous pourriez penser, ça y est. Maintenant je suis tranquille. Et pourtant la vie continuera. Une personne que vous aimez peut disparaître. Vous pouvez tomber malade, une crise économique peut arriver. Une relation peut se terminer. Et parfois ce sera beaucoup plus banal. Une fuite d'eau dans votre maison, un problème avec un voisin, quelque chose qui ne se passe pas comme prévu, une discussion que vous ne voulez pas avoir. Il y aura toujours du mouvement dans votre vie. Des périodes difficiles. inconfortables, des tempêtes plus ou moins grosses. La vie ne devient jamais définitivement calme. Vous allez me dire d'accord le calme n'existe pas mais où est le mal à l'espérer ? Le mal pour moi c'est ce que ça vous coûte en attendant. Quand le calme devient votre objectif, tout ce qui passe avant devient provisoire. Votre vie se transforme en salle d'attente. Je profiterai quand ce sera réglé. Je prendrai du temps pour moi quand ce projet sera fini. Je verrai mes amis quand ça ira mieux. Et comme il y a toujours une tempête, ce quand ne vient jamais. On vit au conditionnel. Pendant des mois, parfois pendant des années. Deuxième chose, si le calme est la récompense, chaque nouvelle tempête devient aussi une injustice. Encore ? Mais j'avais tout fait pour que ça s'arrête. J'avais fait tellement d'efforts. Une difficulté de plus se transforme en échec et en preuve qu'on n'a pas encore réussi. On s'épuise, on serre les dents en permanence sans jamais s'autoriser à souffler puisque la ligne d'arrivée n'est pas encore franchie. Et puis, il y a le plus paradoxal. Même quand le calme arrive, on ne sait plus en profiter. On le surveille, on a peur de le perdre. on guette déjà le prochain nuage. Si vous vivez en espérant que le calme devienne infini, vous allez passer votre temps à avoir peur, à espérer et à passer à côté de tous les moments de votre vie. Les difficiles parce que vous les refuserez et les beaux, les plus faciles, parce que vous auriez peur qu'ils finissent. Enfin, j'ai dit que ce n'était pas souhaitable et je le pense. Imaginez une vie où plus rien n'arriverait, plus de problèmes, plus de défis. Mais ça veut dire aussi plus de rencontres, plus de surprises, plus rien à apprendre, à découvrir. Une vie sans aucune tempête, ce serait aussi une vie où plus rien ne bouge. Ce serait une vie où tout est mort. Alors plutôt que de passer sa vie à serrer les dents en attendant que la tempête se termine, pour enfin commencer à vivre, je pense que le bonheur est dans une autre direction. Il aide dans le fait d'apprendre à vivre pendant que la tempête est là. Puisque de toute façon, elle reviendra. Le changement, comme je vous l'ai dit, fait partie de la vie. Il n'existe aucune vie sans changement. Lutter contre lui, c'est lutter contre la vie et d'une certaine manière, lutter contre soi-même. Il existe un mot pour ça qui vient du bouddhisme, l'impermanence. C'est pas... Un mot scientifique, c'est une façon de regarder la vie, c'est une philosophie. Vous pouvez la prendre si elle vous parle ou la laisser. Mais accepter l'impermanence, c'est-à-dire profiter de ce qu'on a aujourd'hui, tout en sachant que peut-être demain, ce ne sera pas là. Et ça redonne de la valeur au présent. Parce que du coup, le présent, c'est la seule chose sur laquelle j'ai réellement prise. Accepter le changement, c'est aussi éviter de rajouter une deuxième flèche quand quelque chose nous arrive. Vous le savez ? Il y a ce qui se passe et puis il y a tout ce qu'on raconte autour. Ça ne devrait pas arriver, ce n'est pas juste, pourquoi moi ? La première chose peut être parfois vraiment douloureuse, mais souvent on ajoute une deuxième souffrance en refusant que les choses soient comme elles sont. Si vous souhaitez approfondir, on en parle dans l'épisode 26 de L'Équinoxe Coaching sur la seconde flèche. Et enfin, accepter le changement, c'est vraiment pas ne pas souffrir. Si vous traversez en ce moment une vraie perte, un deuil, quelque chose qui vous rend triste, c'est réel. C'est un chemin à part, il prend du temps. Soyez doux avec vous et faites-vous accompagner si vous en ressentez le besoin. Pourquoi je vous raconte tout ça ? C'est parce qu'une pensée m'est venue le jour où j'ai commencé à écrire cet épisode. Ce jour-là, j'avais un oral l'après-midi même. Mon examen de coach professionnel. C'est une étape importante dans ma vie. Et pour le moment, c'est la dernière certification que je vais passer. Alors ce matin-là, j'ai eu cette pensée. Allez, c'est la dernière épreuve. Une fois que c'est fait, c'est terminé. Tu as enfin réussi toutes les épreuves. Ensuite, ce sera plus facile. Et immédiatement, une autre pensée est arrivée. Ah bon ? Tu penses vraiment que tu n'auras plus jamais d'épreuve ? C'était pas déjà ce que tu pensais à chaque étape avant ça ? Est-ce que ça s'est déjà avéré vrai ? Et la réalité, c'est que non. A chaque fois que je traversais une tempête, je me disais, « Allez, c'est la dernière, après ça je suis tranquille. » Au mieux, je voyais déjà la suivante et je me disais, « Il reste encore une ou deux choses à régler et après je serai arrivé, enfin je serai au calme. » Évidemment, je ne suis jamais arrivé. Parce que la vie, ce n'est pas le calme. La vie, c'est le calme et la tempête. Les deux. Par exemple, quand je suis devenu directeur, j'avais fait beaucoup d'efforts pour y arriver. Une fois là, je pensais être en sécurité. Puis j'ai découvert le stress, la pression de la responsabilité, les enjeux. Quand j'ai quitté la ville et son stress, pour ma première petite maison à la campagne, je pensais aussi être arrivé. Puis j'ai découvert la solitude, l'inconfort et les longs trajets en voiture. Des histoires comme ça, j'en ai des dizaines. À chaque fois, je pensais avoir atteint l'endroit où la vie allait enfin devenir calme. Et à chaque fois, la vie m'a simplement proposé autre chose. Et même avec cette certification, mon cerveau a essayé de me raconter la même histoire. Mais je sais déjà une chose. Même sans parler des grandes épreuves de la vie, quand j'aurai fait le tour de ce que je connais aujourd'hui, j'aurai envie de découvrir autre chose, de rencontrer de nouvelles personnes, d'apprendre et d'expérimenter. Et pour tout ça, il me faudra apprendre et changer. Et je le souhaite. Le changement n'est donc pas simplement quelque chose que la vie nous impose. C'est aussi quelque chose que nous cherchons. Il y aura toujours des tempêtes. Et il existe autre chose de plus important que mon travail ou ma maison. Aujourd'hui, je partage ma vie avec une personne avec qui je vis une relation qui me correspond profondément. On s'entend sur énormément de choses. On est capable de communiquer. C'est une relation que je souhaite sincèrement pouvoir vivre toute ma vie. Et pourtant, pendant longtemps, Même dans cette relation heureuse, je ressentais autre chose. De la peur. La peur de perdre cette relation. La peur de la tempête. Que l'un de nous arrête d'aimer l'autre. Mais surtout, la peur de la perdre dans un accident. Simplement l'idée de me dire qu'un jour elle pourrait ne plus être là. Et au début, cette peur m'empêchait de vivre pleinement la relation. J'étais heureux, tout allait bien, mais au fond de moi, il y avait une tristesse. Parce que j'anticipais déjà la fin de quelque chose qui n'était pas terminée. Aujourd'hui, j'essaye de regarder les choses autrement. Peut-être qu'un jour elle s'en ira avant moi pour une raison ou pour une autre. Peut-être qu'un jour cette relation incroyable qui me nourrit aujourd'hui ne fera vraiment plus partie de ma réalité. Je peux faire tout ce que je peux pour nourrir cet amour, pour prendre soin de cette relation. Mais je n'ai aucun contrôle sur la maladie ni sur la mort. Et si ça arrivait honnêtement, le déchirement serait atroce. Sans aucun doute l'une des plus grandes douleurs de ma vie. Et pourtant... Même cette douleur, même cette nouvelle tempête feraient encore partie de la vie. Évidemment que je n'ai pas tout accepté. La peur est encore là, parfois. Mais aujourd'hui, elle ne prend plus toute la place. Je sais que ça peut s'arrêter à tout moment. Alors j'en profite chaque instant que la vie m'offre dans cette relation. J'espère qu'elle durera jusqu'à la fin de mes jours, évidemment. Mais je sais, ça ne dépend pas de moi. Et que ce n'est pas un problème pour aujourd'hui. vous commencez à connaître. Observez la prochaine fois que vous vous surprenez à penser « Quand ça sera terminé, enfin je serai tranquille » . Arrêtez-vous quelques secondes et demandez-vous « Est-ce que j'ai déjà pensé ça avant ? Est-ce que le calme que j'attendais est vraiment arrivé ? Et s'il est arrivé, combien de temps a-t-il duré ? » Acceptez que la vie va continuer à changer. Vous n'avez pas besoin d'aimer tout ce qui arrive, mais lutter contre le changement ne l'empêchera pas d'arriver. Décidez de profiter du calme quand il est là et de ne pas attendre la fin de la prochaine tempête pour commencer à vivre. Je vous propose deux choses cette semaine. La première, repérez une phrase que vous vous dites régulièrement. Quand j'aurai fini ça, quand j'aurai réglé ça, quand j'aurai obtenu ça, là enfin je serai tranquille. Et demandez-vous simplement, est-ce que je suis encore en train d'attendre la dernière tempête ? La deuxième chose, choisissez quelque chose de bien qui existe dans votre vie là maintenant. Ça peut être une personne, un lieu, votre santé, un projet, un moment, peu importe. Prenez une minute pour vraiment apprécier cette chose. sans chercher à la retenir, juste en reconnaissant que vous l'avez aujourd'hui dans votre vie. Un jour, d'une manière ou d'une autre, quelque chose peut changer dans cette situation. Et savoir que ça changera un jour peut faire naître une forme de tristesse. Mais ça peut aussi nous aider à donner davantage de valeur à ce qui est là, maintenant. On passe... énormément de temps à attendre la dernière tempête. On traverse une épreuve en se disant après ça ce sera calme. Puis une autre arrive et une autre. Et parfois entre deux tempêtes, il y a une magnifique accalmie. Et c'est justement là qu'on oublie de vivre. Parce qu'on commence déjà à avoir peur de la prochaine. Pendant longtemps, j'ai cherché l'endroit où je pourrais enfin être tranquille, en paix. Aujourd'hui... J'essaye plutôt de profiter des accalmies quand elles arrivent et d'apprendre à traverser les tempêtes quand elles reviennent. La vie, c'est le calme et la tempête, les deux. Et c'est peut-être justement ça, être vivant. Entre ce qui se passe et ce que vous en pensez, il existe un espace. C'est ici que tout commence. Merci d'avoir écouté L'Équinoxe Coaching. Si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à vous abonner. à laisser 5 étoiles et à le partager à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. Vous trouverez dans la description un lien vers la newsletter, les ressources de l'épisode et le site si vous souhaitez découvrir le coaching. N'oubliez pas, L'Équinoxe Coaching est à présent disponible sur YouTube. A bientôt sur L'Équinoxe Coaching.