Speaker #0Sur votre téléphone, un cuisinier fait un plat incroyable. Il y passe des heures tous les jours, c'est son métier. Vous, vous avez 20 minutes entre le boulot et le dîner, et pourtant vous vous comparez quand même. Bonjour à tous, je m'appelle Xavier. et je vous souhaite la bienvenue sur L'Équinoxe Coaching. Dans ce podcast, je vous propose des outils et des pistes de réflexion autour du coaching et du développement personnel. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de ce qu'on voit quand on regarde les autres et de pourquoi, à force, on finit par avoir l'impression que tout le monde est meilleur que nous. Prenez quelqu'un, n'importe qui, qui parle de sa passion sur les réseaux. Avant d'en parler, il s'entraîne des heures. Il a lu, il s'est renseigné, il a testé. C'est son activité principale. Parfois même, c'est son travail. Et vous, vous voyez juste le résultat. Vous vous dites qu'est-ce qu'il est fort. Et vous avez raison, il est vraiment très fort dans son domaine. Mais ce que vous ne voyez pas, c'est tout le reste. Peut-être qu'il n'est pas très souple, peut-être qu'il ne sait pas cuisiner, il a peut-être du mal avec l'argent, avec ses proches, avec la confiance en lui. Il est peut-être profondément triste. Vous voyez uniquement son excellence, le reste vous n'en avez aucune idée. Et c'est absolument normal qu'il ne vous le montre pas. Ce n'est pas le propos. Sur ses réseaux, il vous montre son domaine d'expertise. Il met en valeur ce qu'il sait faire. Le reste de sa vie n'est pas dans la vitrine. Le piège, c'est ce qu'on fait tous avec ça. On compare la vitrine de quelqu'un à notre quotidien. On compare son plat de chef à nos pâtes du mardi soir. On compare son corps sculpté à nos deux séances de sport par mois quand on y arrive. On compare un voyage au bout du monde à notre week-end chez les beaux-parents. Et ça ne s'arrête pas à une personne. Dans la même soirée, avec les réseaux, vous pouvez voir le meilleur cuisinier, le meilleur sportif, le meilleur voyageur, le parent qui a l'air... parfait, l'entrepreneur qui a l'air d'avoir tout réussi. Chacun excellent dans son domaine d'expertise. Et votre cerveau lui fait la somme. A la fin, vous avez l'impression que tout le monde est meilleur que vous dans tous les domaines de la vie. Et ça, c'est possible parce que se comparer, c'est humain, ce n'est pas un défaut de caractère. C'est un réflexe. Un psychologue, Léon Festinger, l'a décrit dans les années 50. on se mesure aux autres pour savoir où on en est c'est normal et parfois c'est même très utile ça nous aide à voir ce qui est possible et donc à nous dépasser pour l'atteindre le problème c'est qu'aujourd'hui on ne se mesure plus à nos proches dont on connait aussi parfois la réalité derrière la vitrine on se mesure en permanence à ce qu'il y a de meilleur chez des milliers de personnes rassurez-vous aucun être humain ne peut gagner à ce jeu-là ni vous, ni moi, ni personne que vous voyez sur les réseaux Et en plus, une fois qu'on a comparé notre vie à la vitrine des autres, on ne se contente pas de voir quelqu'un de meilleur. On en tire une conclusion sur nous-mêmes. Il cuisine si bien, moi je cuisine tellement mal, autant que j'arrête de cuisiner. Il a vraiment réussi professionnellement, donc ça veut dire que je suis en retard, je suis un raté. Il a construit une audience, donc ce que je fais vaut moins, personne ne s'intéressera jamais à moi. L'admiration de l'autre devient un verdict sur vous-même. Ça vous rappelle rien ? Encore une fois, on retrouve la deuxième flèche, dont on a parlé dans l'épisode 26. Si vous ne l'avez pas encore écoutée, je vous encourage vraiment à le faire. La comparaison arrive toute seule, c'est un réflexe, c'est humain. On ne choisit pas de ressentir cette comparaison. Mais le verdict qu'on porte ensuite, c'est nous qui l'ajoutons. Et c'est lui qui nous fait le plus mal, bien plus longtemps que la comparaison en elle-même. Pour vous donner un exemple, prenez quelque chose que vous faites vraiment bien. Ça peut être votre métier, ça peut être bricoler, écouter les gens, organiser une fête, réparer un vélo, faire rire une table entière. Franchement, même un truc ridicule, quelque chose qui vous paraît insensé, par exemple faire la bulle avec votre bouche ou toucher votre nez avec votre langue. Peu importe, prenez quelque chose que vous savez faire. Maintenant, imaginez que vous passiez des heures à vous entraîner, à le perfectionner, et puis à le filmer et à le poster. il y a d'énormes chances que quelqu'un quelque part en vous regardant se dise qu'est-ce qu'il est fort alors que vous vous savez très bien que oui vous avez un talent mais vous n'êtes pas fort en tout Vous galérez sur plein de choses. Et avec les gens que vous admirez, c'est pareil. Parce qu'au final, ce sont des êtres humains comme vous et moi. Oui, je sais ce que vous allez dire. Je vous entends déjà. Ok, d'accord, je vois qu'une partie de sa vie. Mais dans son domaine, il est vraiment meilleur que moi, c'est un fait. Oui, c'est peut-être vrai. Et vous n'avez pas à le nier. Quelqu'un qui cuisine des heures par jour ? est sans doute meilleur que vous. Quelqu'un qui court depuis 15 ans court sans doute mieux, plus vite, plus longtemps. Un parent qui a lu des dizaines de livres et élevé trois enfants en connaît sans doute plus que vous si c'est votre premier. Le reconnaître, c'est juste être honnête. Le problème commence quand on passe de « il est meilleur que moi dans ce domaine » à « donc je vaux moins, je n'y arriverai pas, donc je suis nul, donc j'ai honte » . donc autant que j'arrête d'essayer. Son niveau dit quelque chose ou du temps qu'elle y a consacré ou peut-être de son talent. Mais il ne dit rien de ce que vous valez ni de ce dont vous êtes capable. Et il y a autre chose que j'aimerais que vous reteniez. Vous n'avez pas besoin d'être exceptionnel pour avoir le droit d'aimer ce que vous faites. Vous pouvez aimer cuisiner sans devenir chef. Aimer courir sans participer à un marathon. Aimer aider les autres sans en faire votre métier. Vous pouvez aimer quelque chose même si vous n'êtes pas bon dedans. Vous pouvez l'aimer simplement parce que ça vous fait du bien, parce que ça vous intéresse, parce que vous prenez du plaisir à le faire. Peu importe ce qui vous anime, tant que c'est un plaisir pour vous, c'est suffisant. Bon, concrètement, qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? On n'a pas besoin de supprimer les réseaux ni d'arrêter d'admirer les gens. De toute façon, l'un ou l'autre, je pense que ce serait très difficile. on peut simplement changer la façon de regarder ces personnes qui sont expertes dans un domaine peuvent devenir des sources d'inspiration plutôt que des modèles impossibles le cuisinier peut vous apprendre une technique le sportif un exercice votre ami une compétence une technique avec les enfants par exemple vous prenez ce qui vous sert pour atteindre le niveau qui vous convient à vous dans votre vie avec votre temps, vos contraintes vos envies et votre personnalité. Et si un jour il y a un domaine de votre vie qui devient une passion, si vous décidez d'y consacrer du temps, vous progresserez peut-être beaucoup plus que vous ne l'imaginez. Mais vous pouvez aussi simplement apprendre de ces personnes et continuer votre chemin. Je vais vous donner mon propre exemple. Le développement personnel, c'est un domaine qui m'a passionné dès que je l'ai découvert, au point d'en faire mon métier. Et pourtant, je ne prétendrai jamais avoir le niveau des personnes que je regarde lorsqu'elles parlent de cuisine, de sport ou de voyage, et même de développement personnel. Quand je tombe sur une de leurs vidéos, je suis content. J'apprends des choses. Ils me partagent leur expertise. Je n'ai pas besoin d'être aussi bon qu'eux. Alors évidemment, avec les cuisiniers, les sportifs ou toute autre passion, même mes amis d'ailleurs, je n'ai aucun mal à ne pas me comparer. On n'est pas dans le même domaine. Disons que c'est plus facile. Mais quand je regarde d'autres coachs, d'autres podcasteurs, c'est une autre histoire. Je vois ce qu'ils ont construit. Je vois leur réussite. Et oui, le petit pincement au cœur revient. Et parfois, la petite voix dans ma tête ajoute juste derrière, c'est vraiment incroyable ce qu'ils font. Toi, tu n'y arriveras jamais. Tu ne seras jamais aussi bon. Arrête, ça ne sert à rien. Et ça arrive malgré que je sois en train de savoir ce que je suis en train de faire. Je compare mon quotidien à leur vitrine. Je le sais. Et pourtant, ça m'arrive encore régulièrement. Parce que oui, je ne suis ni exceptionnel ni unique. Je suis un être humain avec tout ce qu'il y a de plus humain. Comme vous. Quand ça arrive, je prends du recul. Mais je suis certain que dans plein de domaines de ma vie, je ne m'en rends même pas compte. Le travail sur soi est continu. Alors repérez déjà les moments où ça vous arrive, ceux où vous pouvez en prendre conscience. Et le reste viendra. observez le moment où vous vous comparez le petit pincement au coeur que vous ressentez en scrollant et demandez-vous qu'est-ce que je suis en train de comparer exactement est-ce que je compare mon quotidien au meilleur moment de la vie de quelqu'un est-ce que je compare mon niveau dans un domaine à celui d'une personne qui y consacre ses journées depuis des années acceptez que vous ne serez pas bon en tout Personne ne l'est, pas même les gens que vous admirez. Acceptez aussi que certains soient meilleurs que vous dans leur domaine. Ça ne retire rien à ce que vous valez. Décidez de regarder les autres comme des sources plutôt que comme des juges. De prendre ce qui vous aide et de laisser le reste. De ne pas laisser leur vitrine rendre un verdict sur vous. Cette semaine, deux choses simples. La première, la prochaine fois que vous vous sentez nul en regardant quelqu'un sur les réseaux ou dans la vie, posez-vous la question. Combien d'heures par jour cette personne passe-t-elle à faire ça ? Puis demandez-vous, et moi, combien de temps est-ce que j'y consacre ? Le temps n'explique pas tout. C'est vrai. Mais ça vous rappelle une chose. Son niveau dans un domaine en dit plus sur lui que sur vous. La deuxième chose, après une comparaison avec quelqu'un, repérez la phrase qui arrive juste derrière, celle qui commence par « donc » . Il a accompli ça, donc je suis en retard, ou donc je ne vaux rien, ou donc je suis nul. Écrivez cette phrase. Puis demandez-vous, est-ce que je dirais ça mot pour mot à un ami qui me dirait la même chose ? Si la réponse est non, vous venez de repérer une deuxième flèche. Vous n'avez plus rien à faire. Prenez conscience de ça et le travail intérieur se fera tout seul. Sur les réseaux, n'oubliez pas que vous voyez le meilleur de chacun. Leur domaine d'expertise. Celui auquel ils ont parfois consacré des milliers d'heures. et vous le comparez à votre quotidien, c'est un combat perdu d'avance. Parce que vous ne comparez pas deux réalités comparables. Vous comparez une partie de leur vie à l'ensemble de la vôtre. Et derrière chaque vitrine, il y a un être humain, avec ses doutes comme vous. Vous pouvez admirer quelqu'un, apprendre de lui, reconnaître qu'il est meilleur que vous dans son domaine, sans en tirer de conclusion sur vous. Et surtout, vous n'avez pas besoin d'être le meilleur pour avoir le droit d'aimer ce que vous faites et de progresser à votre rythme. Entre ce qui se passe et ce que vous en pensez, il existe un espace. C'est ici que tout commence. Merci d'avoir écouté L'Équinoxe Coaching. Si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à vous abonner, à laisser 5 étoiles et à le partager à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. 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