Speaker #0Comment ça va ? Ça va. Cette semaine, vous l'avez dit combien de fois ? Et combien de fois c'était vrai ? Bonjour à tous. Je m'appelle Xavier, et je vous souhaite la bienvenue sur L'Équinoxe Coaching. Dans ce podcast, je vous propose des outils et des pistes de réflexion autour du coaching et du développement personnel. Aujourd'hui, c'est un épisode un peu particulier. Si quelqu'un vous l'a envoyé ou si vous êtes tombé dessus par hasard en vous disant que le développement personnel ce n'est pas vraiment votre truc, cet épisode est peut-être pour vous. Pas de méditation, pas de pensée positive, pas de grande théorie, ni d'ésotérisme. Juste deux mots qu'on prononce tous les jours. Ça va. On le dit au boulot, à la boulangère, au téléphone avec sa mère, aux collègues qu'on croise dans le couloir. Ça va ? Ça va et toi ? C'est de la politesse évidemment. Personne n'attend vraiment de réponse. Et c'est très bien comme ça. Vous n'allez pas commencer à raconter votre vie à la caissière du supermarché. Le problème, c'est quand on finit par se répondre la même chose à soi-même. Le soir, quand on se demande vaguement comment on va, quand on se demande qu'est-ce qu'on pense de notre vie, on se répond « ça va » , sans vraiment regarder si c'est vrai, par réflexe. Parce que regarder pour de vrai, ça pourrait nous obliger à faire quelque chose pour changer. Et parfois, on ne veut simplement pas savoir. Parce qu'une fois qu'on a reconnu que quelque chose ne va pas, il devient beaucoup plus difficile de continuer exactement comme avant. Il y a un piège dans lequel on tombe alors presque tous. On attend que ça aille vraiment mal pour s'autoriser à changer quelque chose. Tant qu'on n'est pas en arrêt maladie, tant que notre couple n'a pas explosé, tant qu'on ne craque pas devant tout le monde, on se dit que ça va. Et on trouve plein de bonnes raisons. Ça pourrait être pire. Il y a des gens qui ont des vrais problèmes. C'est normal. C'est la vie d'adulte. Tout le monde est fatigué. Tout ça, c'est vrai. Ça pourrait être pire. D'autres ont des problèmes sans doute plus lourds que vous. Mais depuis quand il faudrait aller très mal pour avoir le droit d'aller mieux ? Depuis quand on devrait être celui qui souffre le plus pour s'autoriser... à vouloir être heureux. Et à force de faire tout ça, le problème c'est qu'on finit par s'habituer. La fatigue devient normale. Votre boule au ventre devient votre travail. Votre colère devient, je suis comme ça, c'est mon caractère. Le téléphone que vous utilisez le soir avant de dormir devient votre façon de décompresser. Et au bout d'un moment on ne se demande même plus si quelque chose ne va pas. On a simplement appris à vivre avec. Entre tout va bien et tout s'écroule, il y a une grande zone grise. C'est là que vivent beaucoup d'entre nous. Et cette zone grise, elle envoie des signes, mais des petits signes, faciles à ignorer. Je peux vous en proposer quelques-uns. Voyez si certains vous parlent. La boule au ventre. le dimanche soir. Vivre pour le week-end, puis pour les vacances, puis pour la retraite. Une fatigue que le week-end ne répare plus. S'énerver pour des détails. Un verre renversé, une voiture devant qui roule trop lentement, une question que votre enfant a posée deux fois. Le téléphone le soir jusqu'à pas d'heure, pour retarder le moment où la journée d'après commence. Ne plus se souvenir. de la dernière fois qu'on a été fier de quelque chose. Regarder la vie de certaines personnes avec un petit pincement, ou ne plus trop savoir ce qu'on aime faire quand personne ne nous demande rien. Oui, aucun de ces signes ne veut dire que vous allez mal. Un dimanche soir difficile, par exemple, en effet, ça arrive à tout le monde, même plusieurs dimanches difficiles. Mais quand ils s'installent, quand ils reviennent chaque semaine, ils ont quelque chose à dire. Pas forcément qu'il faut tout changer, peut-être juste qu'il serait temps de regarder et de se poser vraiment la question. Ça va ? En s'autorisant à y réfléchir. Je connais votre première objection. Tout le monde est crevé, tout le monde attend les vacances, c'est comme ça, c'est la vie. C'est vrai que c'est courant. Mais courant ne veut pas dire obligatoire. Que beaucoup de gens vivent avec une boule au ventre le dimanche, ça ne rend pas cette boule au ventre plus agréable. Et parfois, le fait que tout le monde autour de vous vive la même chose, vous empêche justement de vous demander si ça vous convient. Si tout le monde est épuisé, l'épuisement devient normal. Si tout le monde se plaint du lundi, on finit par croire que détester le lundi fait simplement partie de la vie. Mais vous avez le droit de vous demander si vous voulez vraiment que ce soit votre normalité. Et derrière, il y a souvent une deuxième objection. Je n'ai pas le temps, je n'ai pas les moyens de tout plaquer. J'ai des responsabilités, moi. J'ai des enfants, un crédit, un boulot. Je ne peux pas me permettre de changer. Évidemment que je comprends. Et rassurez-vous, changer, ça ne veut pas dire tout plaquer. Pas besoin de démissionner, de partir élever des chèvres, de vivre en ermite dans une montagne ou de devenir quelqu'un d'autre. Parfois, changer, c'est une seule chose. Une heure récupérée pour vous dans la semaine. Une conversation que vous repoussez depuis des mois, que vous avez enfin. Une habitude toute simple que vous décidez d'arrêter, ou tout simplement, répondre pour de vrai à la question « ça va » . Parce que croyez-moi, vous savez ce qui vous ferait du bien, et vous trouverez votre réponse vous-même, quand vous serez honnête en vous demandant si ça va. Je sais exactement ce que vous faites quand vous répondez « ça va » . Je l'ai fait pendant les dix dernières années de ma vie, et honnêtement, peut-être même pendant les trente dernières années. Je sais ce que ça fait de répondre ça va sans même se poser la question. Ça devient un réflexe, un automatisme. Presque comme si répondre autre chose risquait de faire trembler le fragile château de cartes qui est devenu votre vie. Pendant des années, j'ai répondu ça va aux autres, mais surtout à moi-même. Parce que n'importe quelle autre réponse aurait pu me faire m'écrouler. Et avec moi, toutes les responsabilités que je pensais porter. N'importe quelle autre réponse aurait remis en question des boulots que je n'aimais pas du tout. Une relation qui me poussait à devenir quelqu'un d'autre que moi-même. Ma relation même avec mes parents et mes proches. Dans ma tête, non ça ne va pas, ça n'engageait plus que moi. Que se passerait-il si j'acceptais que ça n'allait pas ? Que la vie que je menais ne me plaisait pas ? Qu'est-ce que ça changerait pour moi, mais aussi pour les gens qui partagent ma vie ? Toutes ces questions, je me les suis posées. Et à chaque fois, j'ai décidé de répondre « ça va, je peux encore tenir » . J'ai de la chance, j'ai une bonne situation, je gagne de l'argent, personne n'est malade dans ma famille. Il y a des gens qui ont tellement pire, ce serait égoïste de dire que ça ne va pas. Voilà à peu près ce que je me suis dit pendant toutes ces années. Et à chaque « ça va » , sans réfléchir, je me laissais tomber un peu plus. Je me mentais, je me décevais, et je perdais chaque jour. un peu de la confiance que je pouvais avoir en moi. Alors oui, croyez-moi, je vous comprends, c'est effrayant, pas seulement difficile. Se regarder en face et se dire, même si de l'extérieur, on pourrait croire que j'ai tout ce que je veux, ça ne va quand même pas, la vie que je mène n'est pas alignée avec la personne que je suis, bien sûr que c'est effrayant. Ça m'a effrayé aussi, pour tout ce que ça pouvait changer. Mais un jour, à force de dire ça va, Je me suis retrouvé assis sur ma chaise, les yeux rivés sur le plafond, incapables de bouger pendant des dizaines de minutes, comme si mon cerveau s'était arrêté. Je sentais que j'étais encore là, à l'intérieur, mais je n'avais plus accès à rien, ni à mon corps, ni à mes pensées. Je n'avais même pas peur, je n'avais plus la capacité d'avoir peur, ni de ressentir quoi que ce soit, comme emprisonné dans mon propre corps et dans mon propre esprit. Et quand ça s'est arrêté, J'ai décidé que moi aussi j'arrêtais de dire ça va. Et je ne vais pas vous mentir, les conséquences pour moi ont été énormes. J'ai fait beaucoup de changements dans mon entourage personnel et professionnel, dans mes plans de carrière et surtout, surtout dans la façon dont je me traite moi. A chaque étape, ça a été difficile. J'ai dû apprendre, découvrir, sortir de ma zone de confort, faire des efforts. Alors pour moi, ça a été un grand virage. Peut-être que pour vous, ce sera beaucoup plus petit. Mais quoi qu'il arrive... Le changement vous demandera sans doute, à vous aussi, de sortir un peu de votre zone de confort. Mais vous savez quoi ? J'ai survécu à tout ça. Et aujourd'hui, pour tout l'argent du monde, je ne reviendrai pas en arrière d'un centimètre. Je suis plus heureux que je ne l'ai jamais été. Et même si aujourd'hui encore j'ai le réflexe de me répondre ça va, sans réfléchir, même à moi-même, je suis beaucoup plus capable de m'arrêter et de me poser vraiment la question. Et maintenant que cette période de transition est passée, je me rends compte que le plus gros risque que je prenais jusque-là C'était de mourir en étant passé à côté de ma vie. Si j'ai réussi à traverser ça et à trouver le bonheur de l'autre côté, il n'y a absolument rien qui me différencie de vous. J'ai la profonde conviction que l'être humain tend vers son bonheur. Vous y avez droit autant que moi, autant que n'importe qui, et vous avez les ressources en vous pour traverser ça, comme tout le monde. Alors bien sûr que c'est effrayant. Ça va, c'est la solution de facilité. Sans doute la réponse la plus simple. Mais vous et moi... On sait très bien qu'à la langue, ce n'est vraiment pas la plus facile à vivre. Observez les petits signes. La boule au ventre du dimanche soir, la fatigue, les réponses automatiques. Regardez-les sans les juger. Acceptez que vous n'avez pas toutes les réponses. Que quelque chose ne puisse pas vous convenir sans que vous ne sachiez encore quoi changer. Que votre vie puisse être globalement bonne. et qu'une partie de celle-ci ait quand même besoin de changer. On peut avoir une vie qui tient debout, et avoir envie qu'elle aille mieux quand même. Les deux peuvent être vraies en même temps. Décidez d'une seule chose, petite ou grande, que vous ferez cette semaine uniquement pour vous. Cette semaine, une chose toute simple. La prochaine fois qu'on vous demande comment ça va, répondez ce que vous voulez à l'autre, ça va, fera très bien l'affaire. Mais dans votre tête, prenez une seconde pour vous poser la question vraiment et donnez-vous une note de 1 à 10 pour commencer. Pas besoin de réponse polie cette fois, donnez la vraie note. Personne d'autre que vous ne l'entendra de toute façon. Faites-le quelques fois dans la semaine pour savoir où vous en êtes. Si un signe revient souvent, demandez-vous juste ce qui pourrait le faire bouger d'un tout petit cran. Juste le déplacer un peu. Si vous trouvez quelque chose et que ça vous fait sourire tellement c'est ridicule, c'est sans doute la chose qui vous correspond. Ça va, deux mots qu'on dit des dizaines de fois par semaine. Aux autres, c'est de la politesse. À soi-même, ça peut devenir une façon... de ne pas regarder la vérité en face. Et parfois, le plus gros problème, c'est même pas qu'on aille mal, c'est qu'on ne sache plus vraiment comment on va. Parce qu'on s'est habitué, parce que c'est devenu normal. Vous n'avez pas besoin d'aller très mal pour avoir le droit d'aller mieux. Vous n'avez pas besoin de vous intéresser au développement personnel de façon intensive, ni de tout changer. Juste de vous poser la question une fois, honnêtement, et de voir ce que vous trouvez comme réponse. Entre ce qui se passe et ce que vous en pensez, il existe un espace, et c'est ici que tout commence. Merci d'avoir écouté L'Équinoxe Coaching. Si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à vous abonner, à laisser 5 étoiles, et à le partager à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. Vous retrouverez cet épisode sur toutes vos plateformes d'écoute préférées, et maintenant aussi sur YouTube. Vous trouverez dans la description un lien vers la newsletter, les ressources de l'épisode et le site si vous souhaitez découvrir le coaching. A bientôt sur L'Équinoxe Coaching.