- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit. Aujourd'hui je reçois Julie Pertuiset, ancienne gymnaste de haut niveau, devenue préparatrice physique. Julie est une professionnelle passionnée par la performance, le mouvement et le bien-être, avec une approche à la fois exigeante, humaine et accessible. Julie est également la fondatrice de Aleki, un espace dédié à la remise en forme et à l'équilibre physique et mental situé à Sauvignon, tout près de Pau. Bonjour Julie.
- Speaker #1
Merci à toi Olivier, bonjour.
- Speaker #0
Comment est né ce projet de création d'entreprise ?
- Speaker #1
Oui, Aleki, pour faire un petit clin d'œil à mon passé gymnique, où en gros quand on se met sur les mains, la tête en bas, en gym on dit qu'on se met à l'équilibre, mais on dit plutôt toujours qu'on se met à l'équis. Donc voilà pourquoi Aleki, ça avait du sens pour moi, et après le côté équilibre dans sa tête, dans son corps, et d'où Aleki Sport et Bien-être. Donc c'est des cours en petits groupes, c'est du coaching sportif. Donc moi je vais être là, j'encadre 100% des séances, donc je propose différents types de cours, donc du renforcement musculaire, du cardio, donc sous toutes ses formes, et de la mobilité, slash souplesse, relaxation, pour vraiment essayer au maximum d'apporter tous les facteurs en tout cas du sport et du bien-être.
- Speaker #0
On hésite avant de se lancer ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. On hésite, il y a des doutes, il y a de l'investissement, il y a aussi de la remise en question. Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je vais avoir les épaules pour ? Donc oui, il y a beaucoup de doutes. Après, je pense qu'il faut toujours essayer et puis il y a toujours des solutions si jamais ça ne marche pas. Mais en fait, je ne me suis jamais posé la question de « et si ça ne marchait pas ? » .
- Speaker #0
Alors avant l'entrepreneuriat, il y a eu un parcours sportif d'excellence, championne de France individuelle en gymnastique artistique. Tu as forgé une solide culture de l'effort, de la rigueur et du dépassement de soi. Pourquoi avoir choisi la gymnastique ?
- Speaker #1
Très vite, on va dire que j'ai vraiment pris goût à la gym quand j'étais aussi en primaire. J'ai eu la chance de rencontrer sur mon chemin mon entraîneur qui m'a un petit peu tout appris. Du coup, elle m'a proposé avec une amie de faire un test de sélection pour entrer dans un sport études. Donc le sport et études d'Aix-les-Bains. J'ai 10 ans ou 10 ans et demi, je crois.
- Speaker #0
C'est jeune ?
- Speaker #1
Oui, c'est jeune,
- Speaker #0
oui. Et qu'est-ce que tu te dis à ce moment-là ? Tu dis, ce n'est pas la peine, je m'accroche. Comment on se construit à 10 ans ? Parce que ce n'est pas évident de partir chez soi.
- Speaker #1
Je pense que très clairement, si je n'avais pas eu mon ami avec qui je suis partie, je pense que je n'aurais pas pu y aller toute seule. Donc voilà, ça a été une force aussi d'avoir cet ami, cette très très bonne amie. Avec moi, pour partir, on a été toutes les deux sélectionnées. C'est comme ça un petit peu que ça m'a aidée à me lancer. On avait entre 15 et 18 heures de gym par semaine. En général, tout simplement, on avait les cours la journée. C'était parfois aménagé, parfois moins. Et puis après, en fin de journée, on avait nos trois heures d'entraînement et tous les jours.
- Speaker #0
Et ça, c'était exigeant ?
- Speaker #1
C'était exigeant parce qu'après, déjà, la gym, c'est un sport très exigeant. Donc oui, c'était exigeant. Après, j'ai tellement construit des relations tellement fortes aussi avec les personnes que j'ai pu rencontrer là-bas, mes copines de gym, mon entraîneur. Du coup, oui, ça a été exigeant, mais à la fois, je crois que j'aimais ça. On s'accroche parce que les copines, on est toutes dans le même sac, donc je dirais qu'on s'accroche comme ça. Et puis après, on voit qu'on progresse. On voit que sur les compétitions, ça suit. Donc, en fait, c'est ça aussi qui nous pousse à nous accrocher pour pouvoir toujours performer et faire des résultats. Parce que c'est possible pour la raison pour laquelle on est là-bas.
- Speaker #0
Comment on les appréhende, ces compétitions ? La première compétition, comment on est ?
- Speaker #1
Alors, si tu veux mon avis, stressé, très, très stressé. En tout cas, moi, c'est mon cas. C'était mon cas. Après, je pense que c'est aussi comme tout. C'est avec l'expérience, à force d'en faire ou ça commence à... à aller un petit peu mieux, notamment le niveau de stress. Après, c'est vraiment, je pense, sur mes dernières années, notamment la dernière année où j'ai vraiment compris comment je fonctionnais et comment je pouvais arriver à gérer ce stress. On apprend plein de choses, la persévérance aussi. Bon, la gym aussi, on est très perfectionniste en gym. Donc non, ça nous apprend plein de choses. La confiance en soi aussi, parce que c'est vrai que c'est... pas forcément une de mes qualités fortes, on va dire. Et donc du coup, c'est vrai que de voir un petit peu les résultats et aussi se confronter à ça, c'est vrai qu'on avance aussi là-dessus. J'ai fait plusieurs fois les championnats de France, donc en équipe et en individuel. J'aurais voulu aller plus loin. Et c'est pour ça que j'ai eu la chance par la suite d'entrer dans un pôle France autre qu'en tant que gymnaste. Donc oui, à un moment donné, j'aurais aimé rentrer en pôle France. Après, pour des raisons personnelles, je n'ai pas pu y aller. Mais non, je ne regrette pas du tout, ça m'a appris beaucoup de choses.
- Speaker #0
Tu as ensuite poursuivi un parcours universitaire complet, bac scientifique, une licence STAPS, master en entraînement et optimisation de la performance sportive. qui t'a conduit à devenir préparatrice physique auprès de l'équipe de France de gymnastique artistique masculine à Lyon. La préparation physique de champion de haut niveau, ça veut dire quoi exactement ?
- Speaker #1
Mon rôle au sein de l'équipe de France, c'était de les préparer sur le plan physique, donc principalement en salle de musculation, où là on développait dans un premier temps les qualités physiques générales, donc vraiment la force et plus précisément la force maximale. L'endurance, c'est l'endurance spécifique, la souplesse, la mobilité, l'explosivité. Toutes ces qualités qu'on retrouve vraiment dans la gym masculine. Et ensuite, c'est petit à petit aller sur du plus spécifique sur le terrain même dans le gymnase pour essayer de vraiment transférer ce qu'ils ont développé physiquement sur la partie technique. Et donc mon rôle globalement, c'était ça. On va venir travailler le... le besoin prioritaire du gymnaste dans un premier temps. Après les périodes non compétitives, c'est là qu'on va vraiment développer les qualités physiques et principalement de faiblesse, entre guillemets. Et après, on peaufine tout ça. Et à l'approche des compétitions, là, c'est plutôt de l'entretien pour qu'il soit du coup performant sur une échéance importante. Cette échéance importante va être décisive aussi pour être... qualifiés par la suite pour d'autres compétitions encore plus importantes, pour entrer aussi dans des matchs en équipe de France, etc. Et après, ça se fait sur sélection. Et c'est comme ça qu'on peut accéder petit à petit à une sélection olympique. L'objectif avec tout le staff, et du coup l'objectif aussi des gymnastes du Pôle France, c'était vraiment de les préparer du mieux possible. Après, c'est une carrière, on va dire que ça ne se fait pas du jour au lendemain. Donc forcément, il y en a peut-être là qui... J'espère pour eux qu'ils vont faire les Olympiques 2028-2032. Mais voilà, c'est du travail sur du long terme.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu défends un état d'esprit clair. La performance n'a de valeur que si elle s'inscrit dans la durée, l'équilibre et le bien-être global. Si on devait résumer ton état d'esprit en une phrase, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Vraiment, je pense qu'on peut tout construire quand on se donne les moyens, quel que soit son âge, quelle que soit son expérience. Il faut juste avoir l'envie. Donc moi, c'est un peu mon état d'esprit. Et je me dis, bah... Il y en a plein qui ont réussi. Pourquoi moi, à 27 ans, je ne peux pas réussir ?
- Speaker #0
Merci Julie pour cet échange. Longue vie à Alecki et n'hésitez pas à partager cet épisode. Et à très vite pour un nouvel épisode de l'État d'esprit.