- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit. A travers chaque rencontre avec mon invité, nous explorons le pouvoir de la parole. Une parole qui éclaire, qui engage et qui parfois répare. Qu'est-ce qui donne à une parole le pouvoir de capter une salle, de créer une émotion et de rassembler ? Dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit, je reçois Eric Dournes, fondateur et dirigeant du groupe Créasud Communication. Depuis plus de 30 ans, il évolue dans le monde. dans les univers de l'événementiel, de l'animation, de l'audiovisuel et de la communication. Un parcours construit autour d'une conviction, les mots ne servent pas seulement à informer, ils peuvent donner du rythme, mettre en valeur une idée, créer du lien et entraîner un public. Bonjour Eric Dourness et bienvenue dans ce podcast.
- Speaker #1
Bonjour Olivier.
- Speaker #0
Alors Eric, question toute simple, on va se tutoyer cette canne plus simple. Qu'est-ce qui t'a donné envie de prendre le micro ? Il y a maintenant quelques années.
- Speaker #1
Oui, il y a de très très longues années. Alors j'ai deux versions et deux réponses. La première, drôle, mais pas très loin de la vérité. C'est parce que je ne savais pas ni danser, ni chanter dans la kermesse d'école qu'il fallait bien arriver à faire faire quelque chose au personnage que j'étais, à l'élève que j'étais, et plus sérieusement, une certaine envie de transmettre à la fois des émotions, des informations. Et ça, ça s'est fait parfois en regardant. la télévision et en écoutant surtout la radio, à une époque où c'était un média qui donnait beaucoup de place à la parole, au témoignage et au dialogue.
- Speaker #0
À quel moment tu as compris que les mots avaient un impact ?
- Speaker #1
À ça par contre, très tôt. J'ai presque envie de dire, dès que j'ai su en prononcer quelques-uns. Moi, j'ai été élevé par mes grands-parents et par ma grand-mère en particulier, qui, tout en disant qu'elle n'avait pas un grand niveau scolaire... C'est-à-dire qu'on s'est arrêté très très tôt, accordé beaucoup d'importance au dialogue, à la communication sans se prouver du terme, à la relation, à la discussion. Et j'ai compris très tôt que les mots avaient de l'impact à tout point de vue. Je fais partie de ceux qui ont sans doute appris à lire en public en allant dans une église tout petit et en prononçant des mots dont tu te rendais bien compte que chacun avait un sens et avait justement une... Une interprétation qui pouvait être différente sur la façon dont tu les prononçais, sur l'accent que tu pouvais donner à telle ou telle phrase. Donc très très tôt, et je pense que c'est ce qui m'a permis d'ailleurs scolairement ou autre de faire parfois un petit peu la différence.
- Speaker #0
Et au quotidien maintenant ?
- Speaker #1
Et au quotidien c'est encore vrai et c'est toujours vrai, même si, et c'est un petit peu ma peur, en tout cas pas ma peur mais en tout cas un constat, Même si aujourd'hui, les mots, on les utilise parfois beaucoup plus. pour et où s'affronter, où se justifier, et où se donner finalement à l'écrit, avec parfois des aides qui sont là pour enlever de la sincérité. Les mots deviennent beaucoup moins l'outil de dialogue et de conversation, et beaucoup plus un outil d'opposition.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait qu'une personne que tu interviews a une bonne prise de parole ?
- Speaker #1
C'est une question que je me suis souvent posée et sur laquelle je me suis toujours trouvé assez illégitime à répondre, ce qui a fait d'ailleurs que les fois où j'étais sollicité pour faire de la formation de prise de parole en public ou autre, j'ai souvent eu le syndrome de l'imposteur à cause justement de cette question-là. Je vais dire sans doute, c'est un slogan que je trouve plutôt juste, ce qui fait une bonne prise de parole, c'est quand tu as quelque chose à dire. avec authenticité ou que tu es pertinent pour commenter une information ou en tout cas une situation. Donc quand tu peux délivrer une information ou que tu es pertinent pour la commenter.
- Speaker #0
Ça fait 30 ans que tu as créé
- Speaker #1
CréaSud. Et hors-taxe.
- Speaker #0
Comment est venue l'idée de CréaSud à la base ?
- Speaker #1
J'ai presque envie de dire par défaut. L'idée ça a été à un moment donné de pouvoir simplement facturer une prestation ou facturer une intervention que je faisais. Moi, je démarrais très jeune. Je commençais à faire de la radio et de l'animation quand j'avais 16 ans dans la région toulousaine. C'était une façon de gagner aussi un peu d'argent dans un moment où une famille n'était pas forcément très argentée. Et puis surtout d'exercer la passion qui justement commençait à naître et d'essayer de rendre réelles les idées que l'on avait. Et quand je suis arrivé ici à Pau pour terminer une année étudiante, qui a duré. Enfin, qui a duré l'année, c'est bien passé. Mais en tout cas, la période d'impôt a duré. J'avais 18 ans. Et j'ai très vite été embauché en radio dans des établissements... Vous fréquentiez à l'époque, cher Olivier, et plus sérieusement, est arrivé un moment où il fallait facturer, tarifer un petit peu la prestation, et où il n'y avait rien qui existait à l'époque. On était au milieu des années 90, au début des années 90, et l'événementiel, la communication dite parlée, la prestation, tout ça, c'est finalement à l'état... des sonorisateurs, des dinosaures de l'époque, de quelques intermittents, de quelques grandes figures. Et ce n'était pas une prestation aboutie. Alors c'était soit du talent, quelqu'un au talent qui venait, soit à l'inverse, quelqu'un qu'on mettait derrière le micro pour faire la foire ou pour commenter. Et moi je suis arrivé avec une idée, on pouvait aller un peu plus loin, packager un petit peu les choses et offrir aux gens qui étaient là ponctuellement sur des lieux d'événements, des lieux d'animation, des lieux de réception. Une prestation qui avait un début, un milieu, une fin, et que l'animation pouvait en soi être un élément important de ce moment événementiel. Et ensuite, est arrivée la question de, oui, mais à ce moment-là, qu'est-ce qu'il faut faire pour bien sonoriser ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour bien diffuser ? Et donc, à chaque fois, en trouvant des réponses, est arrivée une prestation qui est en main. Mais comment vend-on cette prestation qui est en main ? Point d'interrogation, en créant une société. J'ai toujours eu un certain appétit pour la partie économique, c'est un fil rouge qui me passionnait aussi, et donc en additionnant l'envie de communiquer et d'organiser, surtout d'organiser, et ce que je savais un petit peu de l'économie, est venue l'idée de faire un défi de société, dont je me suis dit, elle me permettra de faire 2-3 années, et puis ensuite je ferai autre chose. Bon, et là aussi j'ai un peu redoublé finalement avec le temps.
- Speaker #0
Justement, quelle différence y a-t-il entre l'époque que tu décris et maintenant ?
- Speaker #1
Ce sont des différences, au pluriel d'ailleurs, énormes. Moi je dis souvent que j'ai eu la chance, il n'y a pas de nostalgie dans ce que je dis, il y a plutôt de la reconnaissance. J'ai eu la chance de connaître l'époque où tout se construisait. Et donc il y avait une forme de liberté dans la façon d'organiser, qui était aussi une liberté due au fait qu'il y avait moins de questions autour de la sécurité, T'es ou... autour de l'impact que pouvait avoir le fait de rassembler les gens au même endroit. Parce que la société, et notamment la société française, avait aussi une autre capacité à se rassembler, alors qu'aujourd'hui elle est beaucoup plus dans une logique d'opposition. Et donc, je ne dis pas que c'était mieux ou c'est moins bien, en tout cas c'est un constat là-dessus. Et donc avant, on avait une sorte de carte blanche pour fabriquer, imaginer, proposer. tester en grandeur nature ce qui pouvait se faire. Et cette liberté, et j'emploie volontairement le mot, cette liberté avait une valeur terrible. Aujourd'hui, paradoxalement, si on choisit nos prestations, si on nous choisit, j'ai souvent l'habitude de dire c'est peut-être pas parce qu'on est les plus créatifs, peut-être pas parce qu'on est les plus talentueux, peut-être pas parce qu'on est les plus foufous, ou le plus effet waouh, c'est parce qu'au contraire, on assure une forme de garantie, de sorte... d'obligation de résultat, une sorte de confiance dans le fait que, quoi qu'il en soit, quelle que soit la façon dont ça va se passer, ça va bien se passer à l'arrivée. La dernière évolution la plus grande et la plus profonde, c'est que jadis, un événement, c'était quelque chose qui se vivait à un instant T, pour un public donné et dans un lieu donné. L'unité de temps, l'unité de lieu qu'il y avait dans les romans aujourd'hui, ou dans le théâtre aujourd'hui, les réseaux sociaux. Le smartphone, la capacité à tout diffuser à l'extérieur, transforme tout. Aujourd'hui, il faut se dire qu'est-ce que les gens vont garder et retenir, certes, mais surtout qu'est-ce qui va être diffusé, qu'est-ce qui va nous échapper. Et donc ça change tout. La fameuse liberté dont je parlais tout à l'heure, qui était synonyme aussi de sincérité, de vérité de l'instant, elle devient aujourd'hui quelque chose qui fait peur, parce qu'on se dit que tout ce qui peut être dit, entendu, pour murmurer, voire même suggérer, les arrières coulisses ont plus de force, récemment plus d'impact négatif que positif à cause d'une diffusion qui nous échappe.
- Speaker #0
Justement comment, parce que vous organisez et vous animez beaucoup de tables rondes, de débats, justement comment on passe au-delà de ça ?
- Speaker #1
Moi ce qui m'inquiète, c'est la façon dont justement aujourd'hui la prise de parole devient un sujet de communication qui presque inquiète plus. qu'elle ne facilite ou qu'elle ne libère. Et c'est une évolution dans notre job qui, d'une façon générale, m'inquiète et me soucie. Moi, je fais partie d'une école où j'ai toujours pensé qu'on pouvait mêler authenticité et objectif de communication. Je prends souvent cet exemple, vous regardez un verre, on n'en a pas un face à nous, mais si on en avait un, je vous ferais le même exemple, vous regardez un verre, il est à moitié plein... Il est écrit de telle ou telle façon publicitairement, vous imaginez le pot de moutarde avant par exemple, et notre job a souvent été de dire comment on incline le mieux possible le verre, quelle est la partie du verre que l'on met en avant, est-ce que c'est la marque dessus, est-ce que c'est la hauteur du liquide, mais ce n'est jamais en tout cas de dire que c'est la meilleure boisson qu'on ait jamais bue, ce n'est jamais de dire que le verre est totalement plein alors qu'il est vide, ce n'est jamais de dire que c'est telle marque alors que ça n'est une autre, etc. Donc on peut être authentique tout en choisissant de faire de la communication, c'est-à-dire d'orienter le regard. d'orienter ce qui doit être mémorisé vers un angle donné. Aujourd'hui, la prise de parole fait peur, l'impact que peut avoir une parole donnée fait peur, donc on a beaucoup l'impression aujourd'hui qu'il faut corseter les choses, beaucoup de communicants survendent l'idée que tu dois maîtriser la parole. D'ailleurs, les prises de parole publiques sont devenues des formations de maîtrise de la parole en public. Maîtrise de la parole en public. public, ce n'est pas tout à fait la même chose. Et donc, dans mon job, où je suis un peu l'ancienne, en disant il faut conserver l'authenticité parce que, encore une fois, la pertinence vient aussi de la vérité du regard, de la vérité de la façon dont une interview est faite, dont une parole est donnée, dont une réaction est provoquée. Elle se trouve confrontée à ça. Et à la question comment est-ce qu'on fait, j'ai envie de dire il n'y a pas une solution, c'est au cas par cas. Mais c'est vrai que cette question-là, on ne se la posait pas avant.
- Speaker #0
Question un peu bizarre, mais est-ce qu'on parle trop ou finalement on n'écoute pas assez ?
- Speaker #1
Ah, on n'écoute pas assez. Je suis persuadé que la qualité d'un débatteur, d'un interviewer, etc., c'est l'écoute. Et pour deux raisons. D'abord, parce que je le dis souvent, ce qui est important, ce n'est pas ce qu'on dit, ce qu'on pense, ce qu'on écrit ou ce qu'on filme. L'important, c'est ce que la personne en face ou les personnes en face ont capacité d'entendre, de lire, de voir, etc. Et donc, ça se comprend résumé par l'écoute d'une façon un peu large. Donc, l'écoute, c'est primordial. Mais c'est primordial aussi dans une interview parce qu'en réalité, vous êtes dans une table ronde. L'écoute, c'est ce que l'on entend comme réaction, enfin ce que l'on entend comme mot, mais ce que l'on perçoit comme réaction aussi. L'écoute, c'est être totalement attentif à la fois celui qui parle. mais celui qui est dans la salle, reçoit l'information. Moi, je me sers souvent, tu le sais, d'outils d'interactivité, non pas pour le gadget, mais pour finalement avoir le pouls en temps réel de ce que pense une salle. Et ça permet de réorienter la façon. Mais tout ça, c'est de l'écoute, au sens près du terme. Beaucoup plus important pour moi qu'en effet ce qu'on dit, ou le nombre, ou le volume de mots, et alors surtout, ou les phrases toutes faites. que l'on veut absolument donner en éléments de réponse. Ça c'est un truc qui est apparu ces dernières années. Alors il y a eu une première vague, c'est la vague des communicants surpuissants. Bon, on s'est bien rendu compte que ça finalement, ça faisait trip-sheet. Mais là aujourd'hui, c'est la deuxième vague à cause de ce que je disais, non pas du poids de la communication dans le sens, si je dis quelque chose bien dit, tout le monde va le croire. C'est devenu, attention à ce que je dis, parce que ça peut me porter préjudice.
- Speaker #0
Je ne te demanderai pas de nom, mais y a-t-il une interview, une table ronde, qui t'a le plus impressionné justement par la qualité de l'échange et la qualité des réponses ? Et si oui, pourquoi ? Et à l'inverse, quelle est l'interview où tu t'es dit, ça va être long ?
- Speaker #1
Le portrait type de l'interview où ça va être long, c'est... Je dirais, il y en a deux. Il y a celui qui, en effet, va être long parce qu'il peut être embrouillé dans ses propos. Parce qu'il peut mettre des parenthèses partout, parce qu'il peut mettre des virgules partout, parce qu'avant de répondre à la question, il va passer par 14 détours. J'ai plutôt de la sympathie presque pour ce genre de personnes. Mon job étant de les aider à aller au bout et arriver à synthétiser l'idée une fois qu'il l'aura donnée, refaire un travail de synthèse. Mais par contre, justement, ça peut être très long, parce que vous en avez plusieurs comme ça. Ça peut être très très très très long. Et en matière d'élus, il y en a pas mal dans ce domaine-là. Mais encore une fois, j'ai plutôt de la sympathie là-dessus. Là où j'ai plutôt des mauvaises expériences, c'est quand on veut corseter la prise de parole à un point qui devient caricatural. C'est-à-dire faire de la prise de parole, je prends un élément de théâtre, le discours est fait pour ça, le discours au pupitre est fait pour ça. Tu l'écris, tu le penses, tu l'articules, tu le maîtrises, etc. L'interview, la table ronde, la discussion, c'est un autre exercice. et c'est un exercice qui, objectivement... nécessite une part de sincérité et d'authenticité. Alors qu'on aide les personnes à préparer leur aide à vous, c'est archi normal. On vous caractérise souvent en disant, mais vous ne posez jamais les questions que vous avez annoncées. Oui, oui, ça je revendique. Par contre, vous ne me prendrez jamais à défaut dans une table ronde où on est... payé pour organiser encore une fois tout ça, vous ne prendrez jamais à défaut d'interroger sur un sujet qu'on n'a pas prévu. Donc la façon d'amener la question, oui, j'avoue que ce n'est pas par concréterie, c'est encore une fois par esprit de sincérité. De l'autre côté, par contre, l'idée ce n'est pas piéger les gens, de leur donner les clés pour répondre, et donc d'avoir préparé de quoi va-t-on parler. Ça c'est important, préordial. Et donc la mauvaise ou la bonne table ronde, c'est souvent celle où... des choses se disent ou des informations sont véhiculées, s'apprennent, etc.
- Speaker #0
Qu'est-ce que toutes ces rencontres professionnelles t'ont appris des hommes et des femmes que tu côtoies, d'un point de vue professionnel, j'entends ?
- Speaker #1
Très souvent, on pouvait être surpris de ses capacités personnelles à expliquer, à convaincre ou à démontrer. J'ai un nombre de personnes incroyables qui m'ont expliqué avant de répondre à une question qu'elles n'étaient pas bonnes. pour parler, qu'elles détestaient leur voix, qu'elles n'étaient pas à l'aise, etc. Ça a souvent été vrai dans les discours, ça a souvent été vrai dans la façon de lire, on n'est pas tous égaux par rapport à ça, même corporellement, etc. Là où la table ronde, l'interview, je trouve, est assez intéressante, c'est qu'elle permet aux personnes d'être beaucoup plus dans ce qu'ils sont eux-mêmes. C'est pas vouloir les transformer, mais plutôt juste, encore une fois, essayer de limiter ce qui ne marche pas bien. Ce qui ne fonctionne pas bien, la façon de se tenir, d'être, de se comporter, mais par contre d'être dans une forme de sincérité et d'aller chercher ce qu'il y avait de meilleur dans la prise de parole. C'est-à-dire enlever tout ce qui était parfois un peu superflu, le protocole, les articulations, les effets de langage. Vous savez le fameux silence que l'on décrit dans les discours, quand on fait des discours pour les uns ou les autres, beaucoup pour des élus, on décrit les moments où silence, respiration, regard vers ceci. si je vous disais le nombre de... Prompteur ou de discours dans lequel il y a ce genre d'annotation de la part du communicant pour quelqu'un qui lit parfois pour la première fois son discours, vous serez surpris. Dans une table ronde, finalement, il y a un format seul sur scène. Donc ça veut dire qu'il y a aussi une part d'audace. Ça veut dire qu'il faut une forme de maîtrise. Et c'est un moment qui est, j'ai presque envie de dire, beaucoup plus véridique. Alors moi, je dis souvent, il faut arriver avec ses fiches. Moi, à la preuve, j'ai des tonnes de fiches. On ne pense pas des... J'ai des tonnes de fiches, j'ai des tonnes d'aides-mémoires, etc. Ce qui n'empêche qu'ensuite, tu peux avoir tes fiches. Il faut que les mots sortent avec la sincérité qui va avec et avec encore une fois la pertinence qui va avec.
- Speaker #0
Quel conseil tu donnerais justement à un jeune qui voudrait se lancer dans les métiers de la communication qui sont beaucoup remis en question, notamment avec l'apparition de l'intelligence artificielle ?
- Speaker #1
Je lui dirais, vas-y, fonce, mais réfléchis. Pas réfléchis pas, réfléchis. À quoi tu peux être utile ? Je pense que ce mot, c'est un mot que j'adore. qui m'a servi toute ma vie et qui fait que, à des moments donnés d'ailleurs, ça a été le seul moteur que j'ai trouvé intéressant à la fois professionnellement et même personnellement. À quoi tu es utile ? C'est plus difficile de démarrer aujourd'hui qu'hier, d'abord parce qu'il y a beaucoup plus de monde, voire même il y a trop de monde. On a fait miroiter que les métiers de la com pouvaient accueillir tout le monde. C'est faux, c'est archi faux. Tout comme à un moment donné, on a fait miroiter qu'on faisait une école de commerce, enfin une école de management, vous étiez manager, c'est faux. c'est archi faux, il y a des métiers, ces métiers comme tous les autres, il y a une offre et une demande. Et aujourd'hui, je pense qu'il y a une décorrélation entre les deux.
- Speaker #0
Ce podcast s'appelle « L'état d'esprit » , qu'est-ce qui t'anime au quotidien ?
- Speaker #1
De continuer à me demander où, comment, de quelle façon je peux être utile. Ce mot finalement, ce qualificatif dont j'ai voulu faire des... des slogans, mais pas pour le slogan, pour ça, c'était même le secours du pauvre, je n'en avais pas trouvé de mieux. C'est ça qui m'anime au quotidien, comment être utile. Alors je ne sais pas si ça sera au sein de cette entreprise, moi je... Paradoxalement, CréaSuite, ça fait plus de 30 ans à défier, mais ce n'est pas le bébé, en tout cas je ne me sens pas très... Je ne dis pas que je m'en fous, les gens vont croire qu'eux, mais globalement ce qui est intéressant c'est ce que fait CréaSuite, ce n'est pas ce qu'est CréaSuite. Et de la même façon, je ne sais pas si ça sera demain ou l'avenir pour être utile dans une entreprise, dans une entreprise de cette taille, ailleurs, dans d'autres engagements, mais en tout cas être utile. Ça, c'est le seul petit truc qu'on continue à m'admettre.
- Speaker #0
Merci beaucoup Eric.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci Olivier.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté l'État d'esprit. Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui est claire, qui engage ou qui répare. En attendant, Réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'état d'esprit.