- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit avec un invité Maura Daïtabouche. Merci Maura d'accepter cette invitation et je ne vais pas rentrer dans les détails mais je suis très heureux de pouvoir vous interviewer, parce que quand j'étais jeune journaliste tu as été un modèle pour moi à la fois en tant que reporter mais aussi documentariste voilà donc je suis très heureux. Merci Olivier. Depuis 1987 tu sillonne le monde, caméra à l'épaule, témoin des cas conflits, des bouleversements mais aussi des résistances et des renaissances. Grand reporter, lauréat d'innombrables prix puis documentariste engagé pour la planète, tu es devenu l'une des voies les plus importantes de la compréhension du climat et aujourd'hui on va explorer avec toi ton état d'esprit. Alors première question toute simple, tout commence en 1987, qu'est-ce qui pousse le jeune journaliste que tu étais à vouloir parcourir le monde ?
- Speaker #1
Il faut quand même dire au départ que que la seule fois où j'avais pris l'avion avant, c'était pour aller en Algérie, dans le village de mes parents. Donc je n'avais jamais vraiment sillonné le monde. Donc l'idée même de partir comme ça à la découverte de la planète, ce n'était même pas une question. Et en fait, c'est à la fois des concours de circonstances ou des opportunités. Il se trouve qu'un cousin de ma mère, qui était un ancien chef historique de la guerre d'indépendance en Algérie, aussi Naït Ahmed, rentrait au pays. Pour une nouvelle ère qui démarrait, qui était la démocratie, les premières élections. Et forcément je me suis dit il faut que je sois du voyage, il faut que je puisse documenter ce souffle. Et donc je suis parti en Algérie et là j'ai découvert un monde, j'ai découvert d'abord un peu mon identité. Parce que même si je suis né à Paris, il se trouve que ces racines très fortes de la grande Kabylie et celles de mes parents, cette culture... qui forcément a été la mienne quand j'étais gamin, forcément ça a été un peu... J'ai percuté entre guillemets cette identité puisque j'ai découvert autrement par le travail ce pays qui s'ouvrait à la démocratie. Donc je me suis dit mais c'est ça que je veux faire, c'est aller à la rencontre des gens, c'est aller voir du monde, voir le monde et puis surtout... C'est une opportunité dingue, quoi, pour un gamin qui n'imaginait même pas qu'un jour il prendrait l'avion pour le boulot. Alors bon, je n'ai pas choisi les meilleures destinations.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais dire. Ce n'était pas non plus du reportage touristique.
- Speaker #1
Non, loin de là. Mais moi, ce que je dis aujourd'hui avec le recul et l'expérience, en fait, à l'époque, je rencontrais des gens qui ne trichaient pas. Quand je dis qu'ils ne trichaient pas, quand on subit une situation, que ce soit la guerre ou la misère, etc., on ne triche pas avec sa vie et on est très vrai. Et j'aime la phrase de Victor Hugo qui dit dire le vrai. Et j'avais l'impression, moi, dans les témoignages que je pouvais recueillir et dans ce que je voyais, puisque c'est pareil pour moi, un journaliste, le reporter, j'aurais presque préféré l'appeler reporter T-E-2-R-E tellement je trouve qu'il y a un lien direct. C'est peut être aussi pour ça que je me passionne autant pour le climat. Il y a ce lien direct avec la Terre, avec les gens. Et c'est ça qui, pour moi, était le plus important. C'est-à-dire que le lien direct, le témoignage, pour moi, il n'y a rien de mieux, il n'y a rien de pire que les gens qui aujourd'hui sont sur les plateaux télé, radio et qui racontent le monde sans jamais même avoir quitté la chaise de chroniqueur. Donc c'est pour moi assez terrible parce que sur le terrain, on apprend le doute, on apprend la nuance. Ce qui n'est pas facile en télé, mais aussi on apprend l'humilité. C'est-à-dire que ce n'est pas nous qui faisons l'actualité, ce n'est pas nous qui faisons de la géopolitique au quotidien. On est là, on écoute et on essaye de comprendre. Ce n'est pas toujours simple.
- Speaker #0
Comment on vit ce premier grand reportage sur un conflit ?
- Speaker #1
Alors d'abord il y a l'appréhension. On a peur. On a peur parce qu'on ne sait pas ce qu'on va trouver. Moi, je parlerais de l'Afghanistan. Quand on y va la première fois en 1994, au début, on devait y aller en hélicoptère. Et un hélicoptère de Massoud, des forces de Massoud, avec une vraie question qui était les forces de Gulbuddin et Khmatiar, donc du SB Islami, ont reçu par les Américains des missiles Sol-Air. Et donc, on nous prévient, attention, ils ont juré, craché qu'ils tireront à vue sur n'importe quel objet volant. Bon, on appréhende... Finalement, on y est allé par la route avec le premier convoi du CICR. Et heureusement d'ailleurs, on a peur. Je pense qu'il faut maîtriser sa peur. Mais une fois qu'on est là, quand on arrive à Kaboul par exemple, c'est de l'adrénaline. C'est qu'on a le sentiment de faire son métier, de pouvoir prendre le pouls. Et surtout, à travers les gens que l'on rencontre, d'être au plus proche de ce qu'ils peuvent vivre. Et pour moi, c'est ce qu'il y a de plus important. J'ai derrière moi une photo, je vais la décrire rapidement. C'est une femme qui s'accroche à son olivier. L'olivier au Kabylie, on en a. Et c'est quelque chose qui est important, c'est l'arbre de vie. Et il y a au-dessus, on est en Cisjordanie, il y a des militaires israéliens et qui la toisent du regard. Et une photo raconte tout. Et le témoignage sur place avec des gens qui racontent des histoires, pour moi, c'est ce qu'il y a de plus fort. Moi, je n'ai jamais fait de la géopolitique. Je suis incapable de dire voilà ce qui va se passer. En revanche, avec le recul, je me rends compte que partout où je suis allé, rien n'a évolué, au contraire. Là, le monde est devenu fou. Mais ce qui m'inquiète le plus, je suis en train d'écrire mon livre, mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que je me rends compte, tous les pays où je suis allé, il n'y en a pas un qui a vu la démocratie émerger, mais pas à la faute des gens du pays, souvent à cause de l'étranger. C'est ça qui est le plus terrible. Et deux, c'est... regard très... méprisant de l'occident souvent sur ce monde qui en gros serait resté à l'âge de pierre au moyen âge l'afghanistan s'est enfoncé dans une guerre civile les américains ont débarqué ils ont créé le chaos la somalie les américains ont débarqué ils ont créé le chaos aujourd'hui quand j'entends donald trump faut que je fasse gaffe parce que si je dis ça je vais plus pouvoir aller aux états unis puisqu'il vérifie tous les réseaux sociaux avant d'autoriser l'entrée aux états unis mais peu importe mais en dans le minnesota il peut ils parlent des Somaliens comme des sauvages, comme des animaux. Ce que je ne peux pas entendre. Parce que quand moi je suis arrivé au moment de la chute de Siad Baré, ce pays était certes en proie à des violences entre milices rivales, mais on était loin du chaos dans lequel les Américains l'ont laissé. Je ne parlerai même pas de l'Irak, parce que l'Irak, les Américains sont arrivés et je mettrai ce que je vais dire dans les paroles d'un ami américain. avec qui j'ai beaucoup travaillé, qui est un fixeur-interprète, Case, qui lui à un moment dans un documentaire me disait « Qu'est-ce qu'on va dire à nos enfants ? On n'a pas été capable de virer notre dictateur. On a laissé rentrer les Américains qui sont toujours là. » Et ça c'est terrible pour une population.
- Speaker #0
Est-ce que vous repartiriez sur des...
- Speaker #1
Je rêve de ça. Moi je rêve de repartir à Gaza, je rêve de repartir en Afghanistan, je rêve de repartir... Là je voulais repartir en ex-Yougoslavie sur les traces des génocidaires que j'avais rencontrées et que j'avais dénoncées dans un film sur Srebrenica et sur le génocide. Oui, sauf qu'aujourd'hui, une des raisons pour lesquelles je suis passé sur des thématiques liées au climat, c'est parce qu'en fait aujourd'hui depuis les Gilets jaunes en fait... Les médias français considèrent qu'aujourd'hui la misère est aussi ici. Ce qui est vrai, 10 millions de Français qui vivent aujourd'hui sur le seuil de la pauvreté. Montrer la misère, la pauvreté et la famine dans le monde, ce n'est pas nier la réalité française. Mais certains parfois, malheureusement, pensent qu'ils sont trop invisibilisés dans leur misère, dans leur statut. Ce qui n'est pas faux. Simplement, moi je pense qu'il faut aussi regarder ce qui se passe ailleurs. Donc oui, j'ai envie de revenir dans tous ces pays. Parce que j'y ai laissé des amis. Je sais par exemple qu'à Gaza, Moaz, qui était mon fixeur interprète, qui était un type formidable, s'est suicidé. Il avait une cinquantaine d'années et il n'avait jamais quitté Gaza. Je pense que j'ai envie de revoir tous ces endroits où je suis allé, où j'ai ri. Parce qu'on oublie que dans les zones de guerre, il y a toujours des moments où on rit beaucoup. Parce que l'adrénaline, parce que la peur. peur parce que c'est aussi une façon très résiliente de résister.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on apprend sur soi quand on est dans des zones de conflit, où on est confronté à la mort, on est confronté à plein de choses qu'on ne vit pas forcément au quotidien ? Qu'est-ce qu'on apprend sur soi ?
- Speaker #1
C'est sûr qu'au début, c'est de l'adrénaline. Je disais de la peur avant d'y aller parce qu'on ne sait pas où on va atterrir et après de l'adrénaline. Mais ce qui est très dur, j'ai écouté le podcast sur... le médecin légiste de Bordeaux. Et c'est vrai qu'il disait qu'entre ses premiers diagnostics et aujourd'hui, il avait beaucoup évolué. Je pense que c'est exactement la même chose. Moi, j'ai eu de la chance. Il y a dans ce métier de reporter de guerre ou grand reporter, peu importe, beaucoup de gens qui souffrent de ce qu'on appelle un syndrome post-traumatique. C'est ce qu'on appelle aussi les blessures invisibles. J'ai eu cette chance d'y échapper. Je ne sais pas comment... Ou peut-être que j'ai des symptômes mais que je ne les ai pas encore révélés. Mais en tout cas, le plus difficile à un moment, c'est ça. C'est au début, moi je dis toujours, j'étais convaincu qu'on allait changer le monde. Bon, il y a un proverbe kabyle qui dit « si tu veux changer quelqu'un, change le monde d'abord » . Donc voilà, juste pour imaginer la tâche qui était la mienne. Donc oui, je pensais changer le monde. Et puis après, dans un deuxième temps, je me disais finalement, je suis un peu un donkey shot. Tout ce que je fais... Il n'y a pas d'impact. On a beau montrer l'horreur, on a beau montrer des situations extrêmes, etc., on a beau montrer que parfois c'est nous qui armons les miliciens Hutus, Interwame, Rwandais, on a une vraie responsabilité. Pour autant, on est donc quichotte. Et dans un troisième temps, il y a une phrase de Hannah Arendt que j'aime beaucoup, qui est une philosophe allemande, qui est formidable et qui dit « au moins on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas » . Et là aujourd'hui, avec ce qui se passe dans le monde... Grande confusion, il faut dire ça comme ça ? Eh bien non. Même ça, on nous le retire, on nous subtilise cette idée qu'un journaliste aujourd'hui En documentant ce qui se passe, malheureusement le journaliste aujourd'hui... Je sais pas si ça sert. Je m'interroge beaucoup parce que quand on voit les conflits aujourd'hui, les génocides en cours... Moi j'ai pas peur de dire « génocide » puisque je dis toujours et je le rappelle, un génocide c'est quoi ? J'en ai entre guillemets documenté un qui était celui sur Srebrenica. Tous les gens que j'interroge, que ce soit la Cour pénale ou Tribunal pénal, mais Cour pénale aujourd'hui... que ce soit les enquêteurs, que ce soit même les patrons de gendarmerie qui sont chargés de traquer les criminels de guerre, etc. Il n'y en a pas un qui me dit que ce n'est pas un génocide. C'est planifié, c'est organisé, il y a un vrai nettoyage, etc., ethnique. Donc pour moi, c'est un génocide. Mais comment est-ce qu'on peut tolérer ça aujourd'hui ? Comment est-ce qu'on peut accepter ça ? Comment est-ce qu'on peut dénier même aux médecins qui sont les suades à revenir, à aller là-bas, à documenter, à dire... Aujourd'hui, tous ceux qui parlent, malheureusement aujourd'hui, on les fait taire. Pour moi c'est ce qu'il y a de pire. On interdit les journalistes. Quel endroit, quelle démocratie, pardon de le dire comme ça, mais quelle démocratie aujourd'hui peut interdire la présence des journalistes étrangers et la présence des journalistes tout court sur un territoire en guerre ?
- Speaker #0
Et ça comment vous l'expliquez justement ? Parce qu'au-delà du conflit à Gaza et en Israël, Comment vous expliquez cette évolution, même de la vérité quelque part ? Parce que maintenant, quand on dit « je dis la vérité » , oui mais laquelle ?
- Speaker #1
Alors ça a toujours été le cas. Moi dans mon métier, quand j'allais par exemple en ex-Yougoslavie, j'allais voir les forces serbes parce que j'avais envie de comprendre. Quand j'allais en Israël, j'allais voir les colons, j'allais voir les autorités, j'allais voir aussi évidemment ce qui se passait à Gaza, pour quand même savoir que... J'ai été arrêté une seule fois au Proche-Orient, c'était à Gaza par la force 17, par les palestiniens, qui me prenaient pour un infiltré israélien. Il ne faut pas se mentir, le monde est dans une confusion totale. On a des dirigeants et la démocratie... Alors ce que je vais dire, à prendre avec beaucoup de pincettes, c'est mon point de vue et je l'assume, mais c'est quand même ça, la démocratie montre ses limites. En France, on a aujourd'hui un Parlement qui est ingérable. Il n'y a pas de majorité, donc un président qui a du mal à gérer. Aux États-Unis, en Argentine, aujourd'hui au Chili, hier en Hongrie avec Orban ou en Italie. Je ne comprends pas aujourd'hui qu'on puisse voter pour les ennemis de la démocratie, pour des ennemis... Donc est-ce que le modèle est le bon ? Moi, en tant que journaliste, je pose des questions. Donc est-ce que le modèle est le bon ? Celui qui accouche aujourd'hui des gens qui sont capables de traiter des humains, des somaliens, comme des animaux, qui arrêtent aujourd'hui, qui arrachent des pères, des mères dans les écoles, devant leurs enfants, devant tout le monde. Est-ce qu'on est en démocratie ? Est-ce que lorsque le délit de sale gueule devient une loi, comme aux Etats-Unis, est-ce qu'on est en démocratie ? Nos métiers, c'est d'abord et avant tout de documenter. Moi, je suis factuel. Après, les gens peuvent penser ce qu'ils veulent. Mais au moins, je donne des éléments concrets pour que les gens aient un avis. Et c'est dingue aujourd'hui. On a des gens qui n'ont pas les éléments factuels ou qui instrumentalisent un élément, ils le triturent, triturent, triturent pour créer une atmosphère. Aujourd'hui, on est dans une atmosphère que je n'aime pas, je le dis. parce que le métier de journaliste se paupérise. Parce qu'il se paupérise, malheureusement, on peut faire accepter à des journalistes des choses qui sont intolérables, inacceptables. Donc je ne les blâme pas. Je dis qu'aujourd'hui, le milieu, le métier de journaliste s'est paupérisé. Et surtout, il y a une confusion totale. En fait, aujourd'hui, le problème d'une démocratie, c'est l'argent. C'est comment est-ce qu'on fait pour envoyer des gens sur le terrain ? qui vont recueillir des témoignages et qui, à un moment, vont pouvoir visibiliser, c'est-à-dire rendre visible des gens à qui on ne donne plus la parole. On parle de démocratie, on parle d'un milieu dans lequel, a priori, il y a liberté d'expression. Mais là, aujourd'hui, la liberté d'expression, il faut l'oublier, il n'y a plus de liberté d'expression en France. Tout est conditionné, attention, on ne peut pas dire ceci, on ne peut pas dire cela. Des gens qui sont condamnés pour... des propos raciste ou des appels à la haine, ben on pignon sur rue aujourd'hui etc etc enfin bref... Je sais pas dans quel monde on vit quoi.
- Speaker #0
Est-ce que c'est une des raisons pour lesquelles tu t'as créé, tu le disais à un moment donné "Elle est pas belle la vie" ? Et donc de faire des documentaires, des choses un petit peu plus longues aussi.
- Speaker #1
Je mentirai si je disais que c'était une des raisons. Au début c'était pour gagner un peu plus de liberté parce que j'ai eu cette chance de rencontrer des gens comme Patrick De Carolis et Patrick Charles à France 3 qui m'ont aidé, m'ont soutenu. Et donc ça me permettait pour le coup d'être sur du plus long. Je ne dis pas que j'avais fait le tour du news parce que j'adorais le news. J'avais un côté immédiat. Mais on pouvait faire des erreurs parce qu'on était sur le terrain. Il fallait aller vite. Moi, j'allais moins vite que les autres. C'est pour ça que je disais que je disparaissais pour éviter d'être dans le hard news en fait. Mais non... L'agence de presse, en fait, me permet de faire ce que je n'ai pas forcément pu faire à France 3 à l'époque. J'ai eu une chance extraordinaire. On m'a formé à la caméra, ce qui a été pour moi une liberté extraordinaire. Après, j'ai pu créer cette agence. J'ai pu partir tout seul. J'ai pu prendre du temps. Quand je suis avec des agriculteurs, je ne peux pas prétendre en deux jours comprendre leur vie. J'ai envie d'être au cul des vaches. J'ai envie d'être à 6 du mat', même voire avant à 4 du mat' quand ils se réveillent pour... traire, etc. J'ai envie d'être là le lendemain, le surlendemain, j'ai envie de revenir quand il se passe un truc, etc. Donc ça, le documentaire le permet et surtout une structure. Celle-ci, Elle est pas belle la vie, permet ça. Mais ça devient de moins en moins vrai. Aujourd'hui, c'est toujours l'argent, le nerf de la guerre et je pense qu'aujourd'hui, c'est difficile, de plus en plus difficile d'être sur le terrain et d'y rester un moment, alors que c'est ça qui est pour moi le plus important, je crois.
- Speaker #0
Vous produisez notamment, et vous réalisez, « Ça le tombe pour la planète » . Alors j'ai envie de dire, maintenant ça paraît une évidence. J'imagine que quand vous l'avez lancé il y a 19 ans, ça l'était moins. Comment on arrive déjà à convaincre que le climat ou que l'évolution climatique est un vrai enjeu il y a 19 ans ?
- Speaker #1
Au départ, on me disait « Écoute Morad, t'es gentil, mais la guerre c'est anxiogène, propose-nous d'autres choses » . Et moi, j'avoue que j'aimais aller à la rencontre des gens qui ne trichent pas. Et donc je me dis mais qu'est-ce que je vais faire ? Et au moment, j'ai un ami de la Nations Unies qui me dit « Mais tu devrais t'intéresser au climat » . « Pourquoi le climat ? » Il me dit « Mais 25% des guerres aujourd'hui sont liées à la sécheresse » . Tic-tac ! Et je me suis dit « Mais oui, c'est ça » . Et donc à partir de ce moment-là, je me suis dit « Je vais essayer de développer... » documentaire et puis chaque année on se bat c'est un vrai combat mais en même temps ce qui est formidable c'est qu'on n'aurait pas pu le faire ailleurs que sur France 5 que sur le service public et ce qui est important aussi c'est que c'est devenu une série et que la série a comment dire un impact je pense maintenant faut pas se mentir non plus un chercheur sur trois aujourd'hui est en burn out ou à deux doigts de lettres Pourquoi ? Parce qu'à force de tirer la sonnette d'alarme et que rien ne se passe, on vient de le voir encore avec l'Europe sur les pesticides, sur les voitures électriques. Ils n'ont pas compris, enfin je pense. Et on voit aussi chez les jeunes qui aujourd'hui font des burn-out ou en tout cas deviennent éco-anxieux. Non pas parce qu'ils ont peur de l'avenir mais parce qu'ils voient que les élus, tous ceux qui pourraient avec le manche, le levier qu'ils ont, ils ne font rien.
- Speaker #0
Paradoxalement... Il y a aussi en parallèle pas mal de discours de climato-sceptiques.
- Speaker #1
Mais moi je les adore les climato-sceptiques.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce qu'ils nous permettent de remettre le débat sur la table. Leurs arguments sont complètement fallacieux, ils ne sont même pas l'once d'un début d'argument. La vraie question aujourd'hui, et c'est peut-être le mot que je préfère dans la langue française, c'est le mot « transition » . La vraie question, ce n'est pas être dans une écologie punitive, ce n'est pas de dire il faut que, il faudrait, etc. Non, il faut préparer les esprits, commencer à faire prendre conscience aux gens qu'on est vraiment au bord du précipice ou en tout cas pas loin et que si on amorce aujourd'hui, ça sera moins dur pour les générations futures. Ce que je pense qu'il faut de la pédagogie, c'est-à-dire qu'il ne faut pas dire c'est la fin de l'abondance, comme le président Macron a pu le dire, mais plutôt, comme Pierre Rabhi, c'est la sobriété... joyeuse ou heureuse, joyeuse je crois sobriété joyeuse et surtout il faut penser à la transition pour nos agriculteurs pour nos éleveurs c'est-à-dire qu'on ne peut pas leur dire du jour au lendemain parce que les injonctions auxquelles ils ont été confrontés toute leur vie y compris parents, grands-parents etc il faut nourrir la planète il faut penser au bien-être animal il faut penser au sol, à la régénération etc etc il y a un moment Il faut penser bio. On ne peut pas leur dire « investissez, ruinez-vous, ruinez vos enfants avant même qu'ils ne démarrent la reprise de la ferme » . Je n'aime pas le mot « exploitation de la ferme » . On ne peut pas. Enfin, je pense qu'il faut de la transition. Mais il faut de l'accompagnement. Ça veut dire que nous, on doit accompagner. C'est-à-dire qu'on doit être consommateur ou acteur, consomme-acteur. Les gens disent beaucoup ça. Mais en fait, c'est ça. Donc moi, mon métier, c'est d'abord... Encore une fois, c'est factuel. Je raconte l'histoire des gens, mais je raconte aussi les difficultés aujourd'hui pour les gens de passer d'un système à un autre. Mais si eux, ils y arrivent, si on les oblige à y aller de manière un peu perpétuelle, c'est ça qui me gêne le plus. Mais si on les aide à y aller de manière transitoire, On sera les champions du monde.
- Speaker #0
Au final, est-ce que vous voyez des erreurs un peu récurrentes de ce qui a pu être fait ? De ce qui est fait et j'ai envie de dire quelles sont les sources d'espoir aussi et d'espérance dans ce que vous voyez en sillonnant comme ça de nombreux lieux ?
- Speaker #1
D'abord, je ne blâme personne. Moi, je ne suis pas là pour dénoncer. Ça le temps pour la planète, c'est au contraire mettre en valeur des gens qui font ou qui subissent. Parce que dénoncer, c'est facile. Et je l'ai fait. Donc aujourd'hui, je suis journaliste, moi. Je trouve par exemple un exemple simple, total. On peut dénoncer les énergies fossiles parce qu'on sait que c'est celles qui nous emmènent, hélas, vers l'abîme. Mais en même temps, quels sont ceux qui sont capables aujourd'hui d'investir 6 à 7 milliards d'euros dans des énergies propres, renouvelables, etc. Moi, journaliste, je l'interview... je sais qu'il y en a plus militants qui refusent de l'interviewer moi je refuse, moi j'interview tout le monde surtout je suis journaliste et je reste journaliste, engagé certes mais journaliste quand même donc je blâme personne ça c'est la première chose ensuite je pense que c'est Olivier Aumant qui a écrit un livre sur le culte de la performance je pense qu'on est trop dans le culte de la performance je pense que à une époque et c'est l'ancien patron de Moussanto. Citer Moussanto, c'est quand même bizarre. Mais il est ingénieur agronome de formation. Et à l'époque, quand il démarre, il me raconte, il me dit, Jean-Pierre, il me dit à l'époque, quand je démarre, moi, la première chose, c'est qu'il faut que je produise pour nourrir la planète. C'est ce qu'on me demande en tant qu'ingénieur, aller vers la productivité. Et puis à un moment, bah... On demande les OGM, il est parti chez Dupont de Nemours et puis il se rend compte de la limite du truc. En France on a du mal, l'Europe a du mal avec les OGM, aux Etats-Unis et en Afrique etc. Bon bref, ils ont moins de mal. Mais en tout cas il me dit, moi qui étais dans la productivité, dans la recherche de productivité, je me retrouve avec, parce que je suis sur le terrain, je me rends compte qu'en fait on a appauvri les terres. Au lieu d'optimiser la terre, on l'a appauvrie. À partir de ce moment-là, il se dit « comment je peux faire pour changer le monde ? » Ou en tout cas changer les pratiques. J'ai plutôt envie d'aller vers ces gens-là. J'ai plutôt envie d'aller vers des gens qui ont pris conscience. Qui ont pris conscience que la performance, pour la performance ça ne sert à rien. Ça fatigue, c'est ce qu'explique Aumont très bien. C'est que la robustesse c'est ce qui est le plus important. Y compris chez l'homme. Dans le vivant c'est ça. Les plantes n'utilisent que 5% de leur énergie. Le reste c'est pour la robustesse. Le jour où il y a une crise, ils sont beaucoup plus forts. Nous, on est tellement dans la performance qu'on se fragilise. Et c'est ça le vrai danger. Expliquer qu'il faut arrêter la performance, je ne suis pas sûr que ce soit un discours qui soit très audible par un certain nombre de gens. Que ce n'est pas parce qu'on a une voiture au lieu de trois, ce n'est pas parce qu'on ne surconsomme pas qu'on va aller dans le mur et qu'on va moins bien vivre. Au contraire. Ici, peu importe, quelqu'un va avoir une grosse berline, il va être content, ça va durer dix minutes. En revanche, le pêcheur au Laos, lui, va revenir... avec plus qu'il ne faut de poisson qui va pouvoir troquer contre du sucre, contre du café. Et quand la famille le voit arriver avec tous ces produits, c'est du bonheur. Donc pour moi, c'est ça en fait la réalité. Chacun voit le bonheur où il veut, mais en tout cas, il n'y a pas besoin d'être dans une espèce de surenchère, de surconsommation, etc. Et puis je veux tout, tout de suite. Ce que je dis souvent, c'est la vitesse à laquelle on va qui est en train de nous tuer. Quand on veut un smartphone en 24 heures, malheureusement les portes-containers partent à moitié vide, voire un quart vide, parce qu'il faut aller vite. Si au lieu d'une journée ou 24 heures, on demande en une semaine, les portes-containers vont partir. Convaincre un million de personnes sur des choses sur lesquelles ils sont depuis très longtemps assis dessus, tout va bien, confortablement installés, c'est facile. Ce qui est plus difficile, et je pense que c'est le rôle du journaliste... et des intellectuels d'une manière générale, des politiques aussi, c'est d'essayer de les emmener vers un discours un peu plus complexe, avec du doute. Parce que le doute permet d'avancer. Moi je doute tout le temps quand je suis sur le terrain, je doute parce que ça me permet d'avancer.
- Speaker #0
Je voudrais qu'on aborde une autre facette de votre personnalité. Vous avez créé le club XXIème siècle qui promeut la diversité. Déjà pourquoi avoir créé ce club ? Vingtaine d'années je crois. Pourquoi cette volonté et c'est quoi le club du XXIème siècle ?
- Speaker #1
À l'époque où j'étais à FR3, on n'était pas nombreux. Il y avait Rachid Arab et moi donc en termes de télévision qui aime la couleur... Bon on était exotiques. On va dire ça comme ça. Je recevais du courrier. J'avais 7 chances extraordinaires. Et il y en avait une qui m'écrivait énormément. Je vais faire un reportage en banlieue avec des gamins qui avaient écrit un bouquin sur la bourse. Enfin, des gamins et des jeunes. L'un était en agrègue de musicologie, l'autre de philosophie. Et donc, ils écrivent un bouquin, mais personne ne veut les éditer. Et ces deux jeunes, évidemment, l'un s'appelle Rachid et l'autre Léonard, mais il est d'origine mauricienne. Bref, ils n'ont rien pour être crédibles, légitimes quand il s'agit de parler de la bourse. Et donc, personne ne veut les éditer. Ils tapent à toutes les portes. Claude Bébéard, etc. Et puis tous leur dire « Mais c'est formidable ce que vous faites ! » Et puis rien ne se passe. Et puis un jour, cette correspondante, parce qu'elle essayait de m'appeler à plusieurs reprises, je réponds.
- Speaker #0
Bonjour, Rachida Dati, ça fait plusieurs fois que j'essaye de vous appeler, de vous joindre, etc. J'aimerais qu'on se voit. Je dis, ça tombe bien que vous m'appeliez, parce que je viens de voir des jeunes formidables, ils ont décrit un bouquin. Qui est-ce que vous connaissez à l'éditeur ? Ah, pas de souci, je vous rappelle dans cinq minutes. Alors, des gens qui me disent, on vous rappelle dans cinq minutes, et hop. Et elle, elle me rappelle. Bon, c'est bon, ils ont rendez-vous demain matin à 11h avec Bernard Fixot. Avec Rachida, on rencontrait beaucoup de... de patrons, etc. On dînait, etc. Puis à chaque fois, ils nous disaient, mais vous, vous n'êtes pas comme les autres. Alors nous, on les faisait beaucoup rire avec nos histoires. Et donc, on s'est dit, qu'est-ce qu'on pourrait faire ? Et puis, on s'est rendu compte que lorsqu'on a regardé dans les parcours, voilà, des beaux parcours, dans les trajectoires, finalement, il y avait peu de hauts fonctionnaires. Il y avait Barisa Kari, qui a été première présidente du... présidente du Sénat, mais très peu de gens dans la haute fonction publique. On s'est dit comment est-ce qu'on peut faire pour faire évoluer l'image que renvoient les enfants d'immigration, etc. Et donc on a créé ce club. Et pour nous la question au départ elle était plutôt arabo-musulmane entre guillemets. La difficulté majeure pour l'acceptation de l'immigration c'était ça, parce que la guerre d'Algérie, parce que un tas de choses étaient encore très... c'était du plomb, très très lourd. On a fait beaucoup de dîners avec des patrons français. qui voyait que cette chance pour la France que représentaient en fait tous ceux qui, chez Renaud, je me souviens du rendez-vous avec le patron de Renaud, pour qui il avait l'impression de bien faire, sauf qu'il y avait un plafond de verre et il ne s'en rendait pas compte, alors qu'il y avait de plus en plus de profils, de gens qui avaient fait des écoles, qui méritaient, enfin je veux dire, ce qui a été à un moment, et c'est aussi peut-être pour ça que Rachida s'était rapprochée de Sarkozy, quand il parlait de discrimination. positive, mais de la discrimination à compétence égale, pour être dans l'équité, dans une dynamique. Bon, très vite, il a oublié, peu importe. En tout cas, c'est comme ça. Voilà, c'est des belles histoires qu'on a pu construire et qui, à mon avis, représentent plus la France, incarnent beaucoup plus la France.
- Speaker #1
Et là encore, on a l'impression qu'on a avancé sur ce sujet-là, ou au contraire, qu'on est en train de... de revenir en arrière.
- Speaker #0
Moi, je dis que la carrière que j'ai eue aujourd'hui, les gamins, aujourd'hui, même si c'était dur... et à moins de perspectives qu'avant. Pourtant, ils sont mieux formés, ils sont diplômés. Et malheureusement, non, je pense qu'il y a des verrous qui ont sauté. Le racisme d'atmosphère est une réalité aujourd'hui. Donc, on ne peut pas vivre en conflit permanent avec son voisin. Donc, aujourd'hui, il faut arrêter de monter les communautés les unes contre les autres. Alors, ça paraît comme ça un joli discours, tout ça. Mais c'est vrai, moi, je suis convaincu aujourd'hui que si on ne cohabite pas, pas intelligemment et si on ne considère pas qu'on est tous français parce que d'abord et avant tout on a envie de construire ensemble un avenir meilleur pour les générations futures moi ma mère par exemple a toujours refusé qu'on vive dans des cités pourquoi parce qu'elle considérait elle que donner une chance à ses enfants c'était d'abord et avant tout de leur permettre de rencontrer la france telle qu'elle est et pas s'enfermer dans un ghetto comme certains voulaient parce que les les communautés... dans les bidonvilles, ensuite dans les cités, etc. C'était aussi malheureusement de fermer hermétiquement la possibilité d'être ce que nous sommes, c'est-à-dire des Français à part entière. Moi, je suis Français. Maintenant, je ne vais pas choisir entre mon père et ma mère. J'ai une culture qui me permet d'être ce que je suis aujourd'hui. C'est ce que je raconte dans mon bouquin. Sur l'Algérie, je découvre quelque chose. Je découvre une terre de rebelles, de libertés, de gens qui ont... toujours lutter contre les envahisseurs, etc. et qui, malgré tout, sont toujours là et toujours fiers de ce qu'ils sont. Et c'est bien de pouvoir faire ça. Maintenant, je vais faire une petite parenthèse, mais le mouvement autonomiste Kabil qui veut l'indépendance en Algérie, je pense que c'est une connerie dans un monde qui est en train de se mondialiser. En revanche, que le pouvoir reconnaisse cette identité forte, et cette culture, et cette langue, pour moi c'est le combat, le seul.
- Speaker #1
Ce podcast s'appelle l'état d'esprit. Quel est ton état d'esprit qui t'anime au quotidien ?
- Speaker #0
Alors, le combat ? Alors ce qui est terrible c'est que, en fait, il y a un peu de colère, je ne vais pas mentir. Il y a un peu de colère sur le monde qui ne tombe pas très rond. Il y a un peu de colère que j'essaye de canaliser pour la transformer en énergie. Mais il y a quand même un peu de colère, parce que je pense que c'est un moteur la colère. Parce que... Si on n'a pas des ressorts comme ça qui nous permettent d'être, comment dire, d'être ce que nous sommes, c'est-à-dire, si j'ai plus cette capacité à me rebeller, je pense que j'aurais baissé les bras. L'état d'esprit qui est le mien aujourd'hui, c'est de jamais relâcher, c'est-à-dire de me dire qu'il faut que ce moteur qui est l'injustice, qui est une colère, parce que c'est un combat permanent, il faut que je la conserve et que je la canalise. C'est-à-dire qu'il m'arrive parfois d'être un peu dur avec certains, alors que parfois, il faudrait que je me rappelle que la pédagogie, c'est mieux. Mais c'est dur aujourd'hui d'expliquer que ces gamins en banlieue, dans les quartiers, c'est une énergie. Et cette énergie-là, si on est capable de la canaliser, de l'accompagner, de dire, mais de toute façon, la France, c'est eux aussi. Et surtout, parce qu'il y a beaucoup d'enfants. Et que si on est capable de les valoriser, non plus comme aujourd'hui, de les stigmatiser constamment, de leur dire qu'ils ne sont pas français. Ils finissent par se replier sur eux-mêmes. Moi, je leur dis, vous êtes français, revendiquez cette idée. Et parce que vous allez revendiquer cette identité, vous allez pouvoir contester, dire que ça, c'est pas bien, etc. Mais si vous commencez à dire je suis ceci ou je suis cela et puis nique la France, bah non, surtout pas. Donc oui, dans ce qui m'anime aujourd'hui, c'est encore un peu la colère. Mais parce que si l'injustice, c'est à dire la colère, elle est liée essentiellement au fait que le monde est de plus en plus injuste. Je ne comprends pas comment aux Etats-Unis, une famille peut être. je veux dire Un père peut être arraché à sa famille, une mère devant ses enfants. Imaginons juste ça en France, quoi. C'est ce qui se passe. C'est ça une démocratie ? Oui, je mets le point d'interrogation à la fin. Est-ce que c'est ça une démocratie ? Je ne crois pas. Moi, je crois au contraire qu'une démocratie, sa grande force, c'est d'être capable d'accepter l'étranger et de lui faire... C'est comme dans un mariage. On accepte la belle famille, on n'est pas toujours d'accord, etc. Mais quand on se retrouve autour d'une fête, c'est le meilleur moment. Et puis, c'est des moments de cohésion. Roland Courbis, le fameux coach, Roland, lui, disait que pour la cohésion, il obligeait ses joueurs à sortir en boîte de nuit au casino, etc. Alors que Giroud, lui, les enfermait. Moi, je suis plus pour dire la cohésion, l'équipe. Et donc, en fait, la force d'une équipe, c'est plutôt... de se retrouver dans un terrain de foot, dans un endroit où tout le monde partage les mêmes valeurs, ou en tout cas les mêmes passions. C'est génial la passion. Moi, j'étais passionné par le foot. C'est ce qui m'a sauvé, je le sais. Mais voilà, c'est un peu... Il faut rester en colère.
- Speaker #1
Merci beaucoup en tout cas Mordaï Tavous. Merci beaucoup Olivier,
- Speaker #0
j'ai beaucoup parlé. C'est un très bon moment,
- Speaker #1
oui, mais c'est très intéressant. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci Olivier.