Speaker #0Bonjour à tous, bienvenue dans cet épisode hors série, un épisode un peu différent, où j'ai voulu prendre le temps de poser les choses, vraiment. Je participe aujourd'hui au Podcaston 2026, l'événement solidaire qui réunit des podcasteurs engagés autour des causes essentielles. Si je vous parle, c'est parce que derrière ce micro, il y a une histoire. Un vécu et l'envie sincère d'aider ceux qui traversent des moments difficiles. Alors, un message pour toi. Merci d'être là. Merci de partager ce bout de chemin avec moi. Je m'appelle Payo Axel. Et avec mon histoire personnelle liée à l'alcool et à cette addiction, j'aimerais partager quelques réflexions avec toi. J'ai beaucoup appris que depuis que ce poison s'est dissolu de mon corps, il y a déjà un peu plus de trois ans d'ailleurs, il y a eu beaucoup de sortes de remises en question. Et puis j'ai pu ouvrir les yeux et observer comment le monde a changé d'un seul coup. Et vous allez voir, ce n'est pas le monde qui change, mais c'est bien nous. Quand cette addiction est bien ancrée, c'est comme un brouillard qui nous entoure. On ne comprend plus rien, on ne comprend plus, on ne veut plus comprendre. Tout paraît fou, tout paraît noir. Comme si la mousson tombait chaque matin, chaque jour, chaque soir. C'est comme un cercle vicieux. Pendant des années, le son du réveil nous frappe à la tête pour nous lever chaque matin. Et on se dit qu'on n'a pas envie, qu'on veut juste être tranquille. Parce qu'en fait, chaque petit effort est une contrainte énorme. Que chaque petit effort nous replonge de plus en plus dans ce brouillard. Et que chaque petit effort, on dit merde à la vie. On ne se rend vraiment pas compte que l'on tombe dans une spirale infernale, à cause de la perte de notre âme, mais aussi celle des autres, car on finit par s'éloigner, celle des collègues, de ses amis, de sa famille, et de surtout de la personne qui partage notre vie. Boire, c'est pour faire quelque chose. On nous le répète sans cesse. Ça sert à rien de boire, de toute façon, à quoi ça sert ? Les problèmes ne vont pas partir. On nous le répète sans cesse, tout le temps par notre entourage. C'est du bourrage de crâne. En fait, je vais vous dire quelque chose, c'est contre-productif. Notre entourage, les personnes veulent nous aider pourtant. Et le font de la mauvaise manière. On est couvert de culpabilité. On se dit qu'on n'est qu'une merde et qu'on refuse même l'aide parce que à quoi ça sert finalement ? Pourtant, les personnes qui nous proposent et nous tendent la main ne veulent que notre bien. Mais c'est aussi pour eux qu'ils le font. Car ils sont aussi influencés psychologiquement à cause de notre attitude. Par exemple, sortir entre amis en soirée peut vite tourner au désastre. Si l'on boit trop, on s'énerve et on provoque une bagarre. Alors, la soirée, est-ce qu'elle réussit ? De tels exemples, ils sont nombreux et peuvent nous conduire à ne plus être invités. Oh non, celui-là, de toute façon, il va encore se battre, j'en ai marre. Je veux juste m'amuser, moi. Ou alors, imaginez être invité à un repas de famille. Abuser du vin et de devenir pénible. Finalement, on en veut à ces personnes qui nous critiquent tout le temps. Ils ne veulent plus nous inviter. Et puis on se dit, de toute façon, c'est tous des cons, ce ne sont pas mes amis ou ce n'est pas ma famille. Pourtant, si l'on regarde d'un peu plus près, la vie regorge de belles choses. Le pire, c'est que nous sommes conscients. Nous savons que nous sommes pris dans une spirale infernale, entre le bruit des bouteilles qui s'ouvrent et celui des canettes de bière qui s'écrasent pour ouvrir la suivante. Nous avons des rêves plein la tête. Nous savons pertinemment que nous ne voulons pas boire, que nous voulons changer, mais que nous n'avons pas les outils pour y parvenir. C'est comme essayer de réparer une voiture avec un bique et un crayon sans surtout la notice. Sans. On n'a pas les clés. On n'a rien. Nous observons les marchés de Noël, par exemple, la salle Valentin, ou alors les anniversaires, les barbecues, et nous nous disons « Chouette, je vais passer un bon moment avec les personnes que j'apprécie. » Cependant, l'alcool est toujours présent, et on n'ose pas dire non. « Tiens, tu veux une bière ? » « Non, non, t'as pas un sauf plutôt ? » « Bah non, quand même, on fait la fête ! » « Allez, tiens, de toute façon, je t'ai déjà ouvert une bière. » « Bah ouais, ok. » Compliqué de refuser. On a souvent peur de refuser, de dire non alors que c'est une forme de respect de soi. Si les personnes qui nous entourent sont vraiment des bonnes personnes pour nous, elles doivent nous respecter. Pour moi, c'est comme pour beaucoup. Ça a commencé à 14 ans avec de la bière et des copains au parc. C'était une échappatoire à mon quotidien à la maison. Une façon d'être avec les gens de mon âge aussi. Je raconte tout ça dans les podcasts « L'éthanol c'est pour les bagnoles » . Pendant 17 ans, l'alcool a été mon ennemi, alors que je le prenais pour un allié depuis des années. Je le savais que je devais me confronter à moi-même et mettre fin à cette guerre qui avait tout détruit. Par exemple, mes amis, ma famille, mon épouse, ma maison, mes rêves. Ben oui, mes rêves aussi. Bien sûr, l'alcool et ses alcoolites ont une influence directe sur mon alcoolisme. C'était un vrai champ de bataille. Avec des vagues de soldats, d'ailleurs j'en ai esquivé certains et d'autres j'ai dû les bannir. Avec des conséquences directes. Comme le divorce après avoir donné un ultimatum. Finalement, j'ai été complètement guéri de mon alcoolisme. Car les amis de l'éthanol étaient tout aussi destructeurs que lui. C'est pourquoi je me suis débarrassé de toute influence néfaste. Par des moyens, par tous les moyens nécessaires. La voie de la guérison a pu continuer. Après l'arrêt total de l'alcool. Il y a eu de la dépendance affective et d'autres bizarreries aussi de ce genre-là. C'était comme un puzzle démantelé, sans image, et grâce à l'arrêt de l'alcoolisme, l'image du puzzle est réapparue. Et oui, il ne restait plus qu'à rassembler tous les petits morceaux pour en faire qu'un. Effectivement, ça n'a pas été simple. Mais grâce à de nouvelles rencontres avec de belles personnes, tous les morceaux ont été remis à place. En place. C'est là. C'est là que j'ai pu reconstruire une nouvelle vie, avec de nouveaux chemins et de nouvelles personnes autour de moi, toujours positifs et prêts à s'entraider. Comme un professeur pourrait le faire, je souhaite transmettre mon expérience et de guider pas à pas toutes les personnes dans le besoin vers une nouvelle vie. C'est là que les idées fusent, avec de nouveaux projets pour servir la même cause, la lutte contre l'addiction, notamment l'alcoolisme. Pour cela, reste attentif sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook « L'éthanol, c'est pour les bagnoles » . Et cependant, en attendant, je suis heureux de la confiance que l'on me témoigne, des confidences en toute intimité et bien gardées que l'on me partage. Car nous, qui avons vécu une addiction quelconque, nous pouvons comprendre. Comme je le dis souvent, ensemble, nous sommes plus forts. Si cet épisode t'a aidé ou a pu aider, ne serait-ce qu'une personne, alors tout en vaut la peine. Merci de m'avoir écouté et au plaisir d'échanger pour l'unique but de défendre cette cause. A très bientôt !