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Low-tech : reprendre la main sur notre quotidien | L'instant Climat #13 cover
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L'instant Climat

Low-tech : reprendre la main sur notre quotidien | L'instant Climat #13

Low-tech : reprendre la main sur notre quotidien | L'instant Climat #13

21min |27/11/2025
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Low-tech : reprendre la main sur notre quotidien | L'instant Climat #13

Low-tech : reprendre la main sur notre quotidien | L'instant Climat #13

21min |27/11/2025
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Description

Et si on arrêtait de courir après la dernière techno pour se recentrer sur l’essentiel ? La low-tech, c’est apprendre à faire mieux avec moins : comprendre, réparer, inventer, partager. Pas besoin d’être ingénieur, même si Romain Colon forme les futurs ingénieurs à l’INSA Lyon, cet épisode est 100 % grand public : pas de cours magistral, juste des idées concrètes et inspirantes pour reprendre la main sur nos modes de vies, nos objets, notre quotidien… et notre avenir !

Avec la low-tech, on répare nos vies avant nos objets, on retrouve l’essentiel, on vit mieux avec moins — et surtout, on découvre le bonheur de faire soi-même… mais jamais seul !!


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Les esprits curieux échangent autour des enveux, des défis et des solutions pour un avenir plus durable. Vous écoutez l'Instant Climat avec Lalec Lyon.

  • Speaker #1

    Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle émission de l'Instant Climat. Aujourd'hui, on inaugure une série spéciale Low-Tech, en amont de la quatrième édition de la journée clé Climat Logement Énergie qui aura lieu le 31 janvier 2026 à Lyon. Et pour commencer, j'ai le plaisir d'accueillir Romain Collomb, qui est enseignant en conception-production à l'INSA de Lyon et spécialiste des low-tech. Bonjour Romain.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #1

    Alors Romain donnera également une conférence ouverte au grand public lors de cette journée clé pour partager son savoir, j'allais dire même sa passion du low-tech et montrer comment ces solutions peuvent nous aider à reprendre la main sur nos modes de vie, à changer nos pratiques, notre quotidien, pour répondre de manière plus responsable aux enjeux climatiques. Alors pour commencer... Romain, je vous laisse vous présenter rapidement et nous expliquer finalement qu'est-ce que c'est le Low Tech.

  • Speaker #2

    Eh bien, bonjour à tous, je suis Romain Collomb, j'enseigne, comme vous avez dit, conception-production à l'INSA de Lyon. J'ai la chance de travailler au sein d'une équipe où on va concevoir des objets techniques avec les élèves, les fabriquer. Et du coup, grâce à ça, on a une relation à l'objet technique qui est beaucoup plus profonde. Et c'est de là que vient la réflexion sur la low-tech. Et une première définition, c'est déjà de prendre du recul par rapport aux objets techniques, d'essayer de comprendre de quoi ils sont constitués, quelle est notre relation à ces objets techniques, et notamment avec un axe de recherche d'autonomie. Nous, notamment les élèves, on essaye de prendre du recul sur le fait de est-ce que vous êtes capable de les réparer, est-ce que vous êtes capable de les assembler, de les fabriquer vous-même ? de quoi vous avez besoin pour réparer, de quoi vous avez besoin pour entretenir un système.

  • Speaker #1

    Quelque part des équipements un peu plus accessibles, dans le sens où ils seront plus durables, réparables, simples finalement. C'est ça,

  • Speaker #2

    vraiment réfléchir à quel niveau de technologie ou de technique chaque personne est un petit peu compatible. Être expert de la technique, ce n'est pas donné à tout le monde.

  • Speaker #1

    Oui, donc là finalement c'est un peu l'inverse du high-tech où c'est... hyper sophistiqués, on est vite perdus. C'est ça,

  • Speaker #2

    par opposition à la high-tech, on essaye de retrouver un petit peu d'autonomie vis-à-vis des systèmes.

  • Speaker #1

    Et en lien justement avec les thématiques climat, énergie, environnement, est-ce que ces systèmes sont plus efficaces énergétiquement ? Est-ce qu'il y a aussi une efficacité qu'on peut nommer de sociale ?

  • Speaker #2

    Alors oui, pas forcément. Il faudrait vraiment qu'on... Sur l'aspect purement efficacité, c'est pas forcément des systèmes qui sont plus efficaces. Ils consommeraient peut-être plus d'énergie pour certains. Mais c'est pour ça que souvent, en fait, on les pense de façon très intégrée à d'autres systèmes. Donc, c'est vraiment l'idée d'accompagner le mode de vie qui va avec, de créer le mode de vie qui va avec, qui fait que les systèmes vont être efficaces d'un point de vue social et environnemental.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, il y a une sorte de philosophie sous-jacente qui est un peu de l'ordre de la simplicité, de la résilience. C'est ça. Si je vous suis, la low-tech, elle va être appliquée dans le quotidien. de monsieur et madame Tout-le-Monde, dans le logement, la mobilité, l'énergie ? Tout à fait,

  • Speaker #2

    on peut avoir des points de départ. Les motivations pour aller sur la low-tech, c'est les économies d'énergie, les problèmes de budget, simplement économie financière. Ça peut être des aspects sociaux, sociétaux, de convivialité, on parle souvent de ça. Ça peut être des aspects écologiques, d'impact environnementaux.

  • Speaker #1

    Quelques exemples concrets, comme ça, d'équipements, rapidement, qu'on pourrait expliquer ?

  • Speaker #2

    Après, ça peut être des démarches très simples, de se passer de certains systèmes comme un lave-vaisselle, d'avoir ce passé d'un réfrigérateur. Tout ce qui est autour de l'habitat, notamment qu'il y a sur le Low-Tech Lab, un site internet où on trouve beaucoup d'exemples.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Voilà, avoir des séchoirs solaires. Il y a beaucoup de choses qui se font autour du solaire.

  • Speaker #1

    Et finalement, c'est aussi un peu une autre manière de... penser ou de repenser nos modes de vie, j'allais dire notre société, pour qu'elle consomme différemment, voire moins, qu'elle dure plus longtemps.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Sans qu'on soit dans le gadget, parce qu'il peut y avoir parfois le côté gadget.

  • Speaker #2

    Déjà, c'est arriver à qualifier dans notre vie ce qui relève du gadget. Du superflu, du superficiel, de l'encombrant, du trop, finalement, ou du surconfort. En fait, la low-tech, elle amène à avoir un regard, mais quelque chose à la fois un peu critique, mais en même temps où on se sent un peu plus acteur, en fait. Au sens propre, puisqu'il y a plein de choses qui se... On va utiliser l'énergie musculaire beaucoup plus. Donc, cette action, elle a vraiment quelque chose de très important. Et pour les gens, c'est une source de motivation. le fait de faire par soi-même, ça a quelque chose de très gratifiant. Je prends un petit parallèle, c'est comme cuisiner quand on reçoit des amis. Mettre quelque chose au micro-ondes et le servir aux gens, ce n'est pas tout à fait pareil que cuisiner à partir de produits naturels.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Et alors, pour faire le lien justement avec la thématique de l'émission, le climat, en quoi finalement, côté climat-environnement, la low-tech, ça change quelque chose ?

  • Speaker #2

    Ça change quelque chose parce que, d'entrée de jeu, on est obligé de se mettre à la hauteur de ce qu'on est capable de faire soi-même. Donc, en termes de puissance, de consommation d'énergie, si je prends des systèmes qui sont musculaires, on est sur des puissances qui sont faibles. Si on se déplace par des moyens propres, à pied, en vélo, on est forcément sur des systèmes qui ont consommé moins d'énergie. Après, on va aller moins loin, on va peut-être faire moins de choses, on va chercher à faire des choses de proximité. Et donc souvent, c'est des améliorations qui se font en cascade. J'insiste sur ce côté transformateur, parce que c'est très frustrant dans une ville comme Lyon de se déplacer que à pied. On sent qu'on n'a pas accès à tout un tas de services. Par contre, si on commence à réfléchir, à trouver du lien dans ces déplacements, pour faire en sorte que sur le kilomètre qu'on va parcourir, on passe par tout un tas d'endroits intéressants, là, ça devient plus simple. Donc c'est ça, en fait. C'est des améliorations qui sont en cascade, qui sont imbriquées les unes dans les autres.

  • Speaker #1

    Et finalement, une fois qu'elles sont imbriquées, comme vous dites, on va retrouver des économies de matières premières, de ressources, d'eau, et donc un moindre impact en équivalent à l'effet de serre. C'est ça,

  • Speaker #2

    j'ai même envie de dire que c'est presque secondaire. Ces économies-là, ce n'est souvent pas la motivation centrale. En fait, dans les expériences de low-tech qui sont menées, ou de démarches plutôt low-tech du coup, puisqu'il est question de ça, En fait, ce qu'on s'aperçoit, c'est que les gens, ce n'est pas le CO2 qu'ils ont économisé ou l'énergie ou les euros qu'ils ont économisé. En fait, ils voient tout ce qu'ils avaient perdu, dont ils n'avaient pas encore conscience. En termes de liens sociaux, ils s'aperçoivent que de ne pas faire les trajets en voiture et de les faire à pied ou en vélo, ça permet de faire plusieurs rencontres. Ça permet de s'apercevoir de magasins ou d'endroits où on n'était jamais allé. et en fait c'est ça surtout qui est qui a un retour extrêmement positif de la démarche.

  • Speaker #1

    Oui, c'est intéressant. Donc, il n'y a pas forcément uniquement ce côté environnemental dans le sens où je me mets au low-tech parce que c'est un moyen, parmi d'autres, de répondre finalement aux crises environnementales, d'économiser l'énergie, de réduire ses émissions. Mais c'est surtout aussi un changement un peu de son quotidien, de sa façon de voir les choses, d'utiliser son temps.

  • Speaker #2

    Ça permet aussi de sortir un petit peu du... Souvent la vision un peu punitive de l'écologie vue uniquement sous le sens des privations. C'est-à-dire que pour retrouver de la liberté, notamment vis-à-vis de la technique, il faut souvent se priver d'un certain nombre d'objets techniques. Mais c'est qu'une fois qu'on s'est privé de ces choses-là, qu'on comprend finalement quels sont les espaces dans lesquels on peut remettre quelque chose. Et la démarche, elle est intéressante, elle est vraiment passionnante en fait, parce qu'elle permet aussi de comprendre de quoi on nous a privés. justement pour être entouré de tous ces gadgets techniques.

  • Speaker #1

    Oui, puis finalement, c'est intéressant ce que vous dites. Vous parlez beaucoup de liens sociaux, collectifs. Il y a ça aussi dans le low-tech. C'est qu'à l'inverse de beaucoup de gadgets, entre guillemets, ou de technologies aujourd'hui qui font qu'on est tout seul, qu'on a accès rapidement en tant qu'individu propre à plein de techniques ou d'informations, côté un peu individualiste, le low-tech, c'est un peu l'inverse. C'est qu'on fait des choses aussi à plusieurs. On prend plaisir à partager, à rencontrer des gens. à faire soi-même aussi, mais à faire aussi en groupe. Cette philosophie, quand même, sous le centre...

  • Speaker #2

    Une idée fondamentale, c'est de remplacer les dépendances à des objets techniques par des dépendances mais choisies à d'autres personnes, des dépendances plutôt sociales, en fait. Ça, c'est une source importante de motivation, et c'est des choix. Enfin, c'est des choix qu'il faut accepter de faire, mais qui permettent de reconstruire part. notamment dans un aspect de durabilité, une société qui est beaucoup plus durable, moins individualiste, et ce n'est pas l'autarcie, où on ne dépend de personne. Non, on dépend de personnes bien identifiées, mais on a choisi ces dépendances-là, alors qu'à l'heure actuelle, on est dépendant de tout un tas de réseaux techniques, de tout un tas de réseaux matériels. pétrole, eau, un vernet... Il y en a un qui s'arrête. Il suffit qu'il y ait un problème dans le réseau, dans l'alimentation, dans le flux permanent de la matière, pour que toute notre vie s'écroule.

  • Speaker #1

    Il y a aussi quelque part sur ce j'allais dire cette philosophie low-tech, une certaine démarche un peu éducative. Si on reprend un petit peu à...

  • Speaker #2

    Moi, j'évoque souvent, parce que comme je viens du milieu quand même de la formation en école d'ingénieur, j'ai souvent cette opposition de dire que la low-tech, c'est abaisser la technique, on ne forme plus à des choses de haut niveau technologique, ce n'est pas un très haut niveau scientifique. C'est souvent le reproche qui m'est fait. Je dis non, non, vraiment, la low-tech, c'est vraiment une idée de le mot low, Je l'entends comme étant une prise de hauteur humaine sur la technique. C'est une question de point de vue. On voit la technique comme basse, mais parce qu'on a élevé l'humain. Et ça, je pense que c'est fondamental, parce que si vous êtes effectivement formé à l'utilisation et la maîtrise de certains outils techniques, vous avez une certaine autonomie vis-à-vis de ces systèmes. Si vous n'êtes pas formé, vous êtes dépendant d'autres personnes.

  • Speaker #1

    C'est ça. Alors finalement, c'est intéressant ce que vous dites. J'allais vous poser la question, vous parlez du côté un peu éducatif, ce qui est assez logique quand on est prof. Mais qu'est-ce qui vous a amené, vous, à vous intéresser au low-tech à travers votre parcours ? Comment vous avez découvert justement la low-tech et l'envie de former les ingénieurs de demain ?

  • Speaker #2

    Moi, du coup, j'ai un parcours de vie par rapport à ça qui est plutôt assez banal finalement. Je suis venu par des considérations d'écologie. Au départ, l'éco-conception, diminuer l'empreinte environnementale. Et puis, comme je fais beaucoup de conception et que c'est un sujet que j'adore, la question de trouver un espèce d'équilibre entre des produits qui font juste ce qu'on attend d'eux et pas plus. Le côté chasse au superficiel et au superflu. Et en fait, j'étais dans une espèce de démarche low-tech avant de connaître le mot. Et j'ai eu l'opportunité de travailler sur pas mal de projets en lien avec des pays en voie de développement où... Le manque de moyens, notamment, fait qu'on est obligé d'avoir une approche extrêmement sobre de la conception. Et en fait, en me renseignant sur ces façons de faire, je me suis aperçu que le mot, entre guillemets, l'étiquette low-tech, correspondait pas mal à ce que je faisais, et aussi aux dynamiques un peu personnelles dans lesquelles j'étais en tant qu'enseignant.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et puis voilà, c'est ce qui m'a amené à creuser.

  • Speaker #1

    Et justement, en tant qu'enseignant, donc a priori pour un public plutôt jeune,

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    comment vous sensibilisez justement ces jeunes générations ?

  • Speaker #2

    souvent c'est par l'exemple la pratique, le mieux c'est d'avoir des situations pédagogiques type projet où on les met dans une situation de concevoir par exemple justement les demandes qu'on a pu avoir alors on fait des thématiques récurrentes autour des vélos-machines c'est assez typique travailler dans le milieu agricole notamment avec des acteurs comme l'atelier paysan qui ont des demandes récurrentes, travailler avec des pays en voie de développement. On a eu beaucoup de choses avec cet aspect low-tech revendiqué. Et puis le fait qu'ils passent par la pratique, ça c'est essentiel. Le fait qu'ils soient obligés de fabriquer par eux-mêmes. En fait, comme ils découvrent la fabrication, leur niveau ne leur permet pas de choses très compliquées. Donc de fait, ils sont obligés de s'adapter à ce qu'ils savent faire eux. Et là, c'est un peu comme une pratique. d'un instrument de musique, je ne sais pas si vous pratiquez un instrument de musique, au début, on ne peut pas jouer des morceaux très compliqués. On est obligé de s'adapter en permanence à notre propre capacité. Et là, c'est un peu pareil. Il y a vraiment une dynamique d'accompagnement. On cherche à faire grandir l'élève en même temps que le produit devient un petit peu plus intéressant.

  • Speaker #1

    Et puis, on retrouve finalement ce côté créer, faire, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et puis, c'est vraiment un retour immédiat. Je fais toujours des projets plus compliqués, plus high-tech. pour typiquement des grands groupes. Je suis quand même en école d'ingénieur. Et le problème de ces projets, c'est que les élèves ne voient que une toute petite portion du projet. Ils n'en voient jamais la réalisation totale parce que trop complexe, parce que hors de propos pour un élève en situation d'apprentissage. Alors que là, on a des... En fait, les systèmes low-tech sont pédagogiques. En fait, ils sont vraiment pédagogiques. On peut apprendre d'un système low-tech, on peut vraiment comprendre ces systèmes-là. Et ça, je trouve que c'est extrêmement précieux. pour à la fois l'enseignement et puis pour les gens, le grand public.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça, c'est la question que j'allais vous poser finalement, au-delà des étudiants. Est-ce que vous pensez que chacun peut se lancer quelque part dans la loterie ? Bien sûr,

  • Speaker #2

    bien sûr, mais c'est vraiment l'idée. Un système qui est loter, il est compréhensible. Il est compréhensible, enfin, il a l'air à être compréhensible. Oui,

  • Speaker #1

    mais c'est là l'enjeu aussi, que les gens fassent l'effort de changer de manière de penser et de consommer.

  • Speaker #2

    Oui, complètement, complètement. et puis après derrière il faut Sauter, faire sauter quelques verrous, notamment le côté j'ose pas démonter, je ne sais pas, ou je crois. que je ne sais pas, en fait, c'est plutôt ça. Je crois que j'y comprends rien, je suis nul en technique. Ça, c'est des a priori qu'ont souvent les gens, alors qu'en fait, pas du tout, quoi. Pas du tout.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il n'y a pas un rôle aussi que peut ou que doit jouer ce qu'on appelle la sensibilisation ? L'éducation, l'enseignement ?

  • Speaker #2

    Certainement. Là, je dirais qu'on rame un petit peu à contre-courant depuis le primaire, où il y a cette... On appelle ça la main à la pâte. Le concept de faire travailler les élèves le plus possible et de leur faire apprendre les choses en pratiquant avec les mains. Il y a une rupture vraiment côté collège sur la pratique. Le lycée, tout ça, c'est très théorique. Ou alors, quand c'est de la pratique, c'est sur support informatique.

  • Speaker #1

    C'est ça. Donc, en fait,

  • Speaker #2

    on a une espèce de...

  • Speaker #1

    Je n'arrive plus à comprendre, finalement.

  • Speaker #2

    Il y a une vraie rupture avec le réel, en fait. Là, c'est vraiment dommage parce que depuis 20 ans, 30 ans, Le fait que les élèves n'aient plus de pratiques au quotidien de bricolage, de maintenir certains systèmes. Là, il y a une petite rupture où les gens sont vraiment démunis. Ils ne savent plus faire des choses finalement assez simples. Même, on parle d'entretien de la maison, de petites réparations. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça. Ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Oui,

  • Speaker #2

    ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Donc, l'essor actuellement, par exemple, des ripercafés, du bricolage au grand public, une espèce de réappropriation quand même.

  • Speaker #1

    On le voit aussi, ce qui marche bien à travers maintenant les communications digitales, c'est les tutos.

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    Les tas de tutos. Oui, le Do-It-Yourself, les choses comme ça. Oui, c'est ça. Oui,

  • Speaker #2

    oui.

  • Speaker #1

    Alors justement, pour ceux qui veulent aller plus loin, ils auront la possibilité de venir vous écouter la journée clé le 31 janvier 2026 à Lucli. Romain, est-ce que vous pouvez nous dire en quelques mots ce que les participants découvriront justement lors de votre conférence ?

  • Speaker #2

    Eh bien, moi franchement, ma motivation, c'est d'essayer de faire en sorte... je vois autour de moi avec ce soi-même. pour les élèves, essentiellement, les petites actions au quotidien. On a souvent ce registre de la petite action personnelle, individuelle, pour améliorer son bilan environnemental, des choses comme ça. Moi, l'idée, c'est d'arriver à faire comprendre que si on a une articulation un peu collective de ces actions, si on arrive à se mettre en réseau, si on arrive à déclencher... Petite échelle d'abord, mais progression à plus grande échelle. En fait, il y a tout un système un peu comme des dominos qui s'enclenchent. Je ne veux pas aussi non plus minimiser le côté conflictuel que ça peut avoir. Quand on est dans des marches comme ça, de retrouver un peu de lien en société, dans une société qui est majoritairement individualiste. Comment on peut anticiper sur ces petits conflits ? Comment les résoudre ? Et comment finalement accompagner la transformation ? Euh... Et puis, grandir, quelque part. Il y a vraiment un facteur humain que je trouve capital. Arrêter de penser qu'on est victime du système. Et en fait, on peut s'en sortir et on peut grandir malgré tout.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Donc, il y a ce beau collectif qui ressort quand même. Oui, très important. Pario, qui est très important dans la low-tech. Et qui peut-être est la première attente de pas mal de personnes. Justement, de trouver du lien, de rencontrer des personnes, d'échanger. Sans oublier le côté un peu créatif. C'est vrai que moi, je me suis renseigné sur la low-tech. Il y a ce côté, comment on disait, do-it-yourself. On est toujours fier de dire, c'est moi qui l'ai fait ou on l'a fait ensemble.

  • Speaker #2

    Et on sait bien la taille et l'arrêt. C'est le droit à l'erreur que permet la low-tech. En fait, ce dont on ne parle pas assez, c'est qu'à partir du moment où les systèmes sont plus simples, moins gros, moins complexes, et qu'on les fait par soi-même, on les bricole et puis on a le droit à l'erreur. parce que si on se flambe, c'est pas grave, on recommence. Le système n'est pas très gros, alors que si vous travaillez dans un système qui est... très très très complexe, il y aura tout un tas de validations qui vont être faites, il n'y a pas le droit à l'erreur parce que le truc n'a pas le droit de se planter. Et donc là c'est très important, c'est les gens qui ont le droit de faire des erreurs. Moi mes élèves quand ils fabriquent, ils fabriquent des pièces qui sont ratées. Mais c'est ça qui fait qu'ils sont capables de comprendre ce qu'ils font. Et donc les gens qui réparent, la première fois ils se ratent, et ça ne marche pas, et ils recommencent, et on revoit, et éventuellement ils sont accompagnés pour améliorer. Mais cette dimension simple des objets low-tech, fait qu'on peut indéfiniment essayer. Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas ce que c'est cette pression. Oui. Puis on a, même en tant que scientifique, on a tous connaissance de certaines personnes qui ont testé ou vouloir fabriquer quelque chose qui se sont complètement plantées, mais finalement qui ont fabriqué autre chose qui a pu servir complètement différemment. Très bien, donc rendez-vous le 31 janvier. Pour en apprendre plus et passer un moment riche avec vous en échange et en idées. inspirante, j'imagine. Merci beaucoup Romain, pour ce partage et cette première plongée dans l'univers de la low-tech. Et merci à tous de nous avoir écoutés. Retrouvez-nous pour les prochains épisodes de notre série spéciale Low-Tech sur l'instant climat. Et n'hésitez pas à vous inscrire à la journée clé sur le site de l'AEC Lyon. A bientôt ! Merci.

Description

Et si on arrêtait de courir après la dernière techno pour se recentrer sur l’essentiel ? La low-tech, c’est apprendre à faire mieux avec moins : comprendre, réparer, inventer, partager. Pas besoin d’être ingénieur, même si Romain Colon forme les futurs ingénieurs à l’INSA Lyon, cet épisode est 100 % grand public : pas de cours magistral, juste des idées concrètes et inspirantes pour reprendre la main sur nos modes de vies, nos objets, notre quotidien… et notre avenir !

Avec la low-tech, on répare nos vies avant nos objets, on retrouve l’essentiel, on vit mieux avec moins — et surtout, on découvre le bonheur de faire soi-même… mais jamais seul !!


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Les esprits curieux échangent autour des enveux, des défis et des solutions pour un avenir plus durable. Vous écoutez l'Instant Climat avec Lalec Lyon.

  • Speaker #1

    Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle émission de l'Instant Climat. Aujourd'hui, on inaugure une série spéciale Low-Tech, en amont de la quatrième édition de la journée clé Climat Logement Énergie qui aura lieu le 31 janvier 2026 à Lyon. Et pour commencer, j'ai le plaisir d'accueillir Romain Collomb, qui est enseignant en conception-production à l'INSA de Lyon et spécialiste des low-tech. Bonjour Romain.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #1

    Alors Romain donnera également une conférence ouverte au grand public lors de cette journée clé pour partager son savoir, j'allais dire même sa passion du low-tech et montrer comment ces solutions peuvent nous aider à reprendre la main sur nos modes de vie, à changer nos pratiques, notre quotidien, pour répondre de manière plus responsable aux enjeux climatiques. Alors pour commencer... Romain, je vous laisse vous présenter rapidement et nous expliquer finalement qu'est-ce que c'est le Low Tech.

  • Speaker #2

    Eh bien, bonjour à tous, je suis Romain Collomb, j'enseigne, comme vous avez dit, conception-production à l'INSA de Lyon. J'ai la chance de travailler au sein d'une équipe où on va concevoir des objets techniques avec les élèves, les fabriquer. Et du coup, grâce à ça, on a une relation à l'objet technique qui est beaucoup plus profonde. Et c'est de là que vient la réflexion sur la low-tech. Et une première définition, c'est déjà de prendre du recul par rapport aux objets techniques, d'essayer de comprendre de quoi ils sont constitués, quelle est notre relation à ces objets techniques, et notamment avec un axe de recherche d'autonomie. Nous, notamment les élèves, on essaye de prendre du recul sur le fait de est-ce que vous êtes capable de les réparer, est-ce que vous êtes capable de les assembler, de les fabriquer vous-même ? de quoi vous avez besoin pour réparer, de quoi vous avez besoin pour entretenir un système.

  • Speaker #1

    Quelque part des équipements un peu plus accessibles, dans le sens où ils seront plus durables, réparables, simples finalement. C'est ça,

  • Speaker #2

    vraiment réfléchir à quel niveau de technologie ou de technique chaque personne est un petit peu compatible. Être expert de la technique, ce n'est pas donné à tout le monde.

  • Speaker #1

    Oui, donc là finalement c'est un peu l'inverse du high-tech où c'est... hyper sophistiqués, on est vite perdus. C'est ça,

  • Speaker #2

    par opposition à la high-tech, on essaye de retrouver un petit peu d'autonomie vis-à-vis des systèmes.

  • Speaker #1

    Et en lien justement avec les thématiques climat, énergie, environnement, est-ce que ces systèmes sont plus efficaces énergétiquement ? Est-ce qu'il y a aussi une efficacité qu'on peut nommer de sociale ?

  • Speaker #2

    Alors oui, pas forcément. Il faudrait vraiment qu'on... Sur l'aspect purement efficacité, c'est pas forcément des systèmes qui sont plus efficaces. Ils consommeraient peut-être plus d'énergie pour certains. Mais c'est pour ça que souvent, en fait, on les pense de façon très intégrée à d'autres systèmes. Donc, c'est vraiment l'idée d'accompagner le mode de vie qui va avec, de créer le mode de vie qui va avec, qui fait que les systèmes vont être efficaces d'un point de vue social et environnemental.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, il y a une sorte de philosophie sous-jacente qui est un peu de l'ordre de la simplicité, de la résilience. C'est ça. Si je vous suis, la low-tech, elle va être appliquée dans le quotidien. de monsieur et madame Tout-le-Monde, dans le logement, la mobilité, l'énergie ? Tout à fait,

  • Speaker #2

    on peut avoir des points de départ. Les motivations pour aller sur la low-tech, c'est les économies d'énergie, les problèmes de budget, simplement économie financière. Ça peut être des aspects sociaux, sociétaux, de convivialité, on parle souvent de ça. Ça peut être des aspects écologiques, d'impact environnementaux.

  • Speaker #1

    Quelques exemples concrets, comme ça, d'équipements, rapidement, qu'on pourrait expliquer ?

  • Speaker #2

    Après, ça peut être des démarches très simples, de se passer de certains systèmes comme un lave-vaisselle, d'avoir ce passé d'un réfrigérateur. Tout ce qui est autour de l'habitat, notamment qu'il y a sur le Low-Tech Lab, un site internet où on trouve beaucoup d'exemples.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Voilà, avoir des séchoirs solaires. Il y a beaucoup de choses qui se font autour du solaire.

  • Speaker #1

    Et finalement, c'est aussi un peu une autre manière de... penser ou de repenser nos modes de vie, j'allais dire notre société, pour qu'elle consomme différemment, voire moins, qu'elle dure plus longtemps.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Sans qu'on soit dans le gadget, parce qu'il peut y avoir parfois le côté gadget.

  • Speaker #2

    Déjà, c'est arriver à qualifier dans notre vie ce qui relève du gadget. Du superflu, du superficiel, de l'encombrant, du trop, finalement, ou du surconfort. En fait, la low-tech, elle amène à avoir un regard, mais quelque chose à la fois un peu critique, mais en même temps où on se sent un peu plus acteur, en fait. Au sens propre, puisqu'il y a plein de choses qui se... On va utiliser l'énergie musculaire beaucoup plus. Donc, cette action, elle a vraiment quelque chose de très important. Et pour les gens, c'est une source de motivation. le fait de faire par soi-même, ça a quelque chose de très gratifiant. Je prends un petit parallèle, c'est comme cuisiner quand on reçoit des amis. Mettre quelque chose au micro-ondes et le servir aux gens, ce n'est pas tout à fait pareil que cuisiner à partir de produits naturels.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Et alors, pour faire le lien justement avec la thématique de l'émission, le climat, en quoi finalement, côté climat-environnement, la low-tech, ça change quelque chose ?

  • Speaker #2

    Ça change quelque chose parce que, d'entrée de jeu, on est obligé de se mettre à la hauteur de ce qu'on est capable de faire soi-même. Donc, en termes de puissance, de consommation d'énergie, si je prends des systèmes qui sont musculaires, on est sur des puissances qui sont faibles. Si on se déplace par des moyens propres, à pied, en vélo, on est forcément sur des systèmes qui ont consommé moins d'énergie. Après, on va aller moins loin, on va peut-être faire moins de choses, on va chercher à faire des choses de proximité. Et donc souvent, c'est des améliorations qui se font en cascade. J'insiste sur ce côté transformateur, parce que c'est très frustrant dans une ville comme Lyon de se déplacer que à pied. On sent qu'on n'a pas accès à tout un tas de services. Par contre, si on commence à réfléchir, à trouver du lien dans ces déplacements, pour faire en sorte que sur le kilomètre qu'on va parcourir, on passe par tout un tas d'endroits intéressants, là, ça devient plus simple. Donc c'est ça, en fait. C'est des améliorations qui sont en cascade, qui sont imbriquées les unes dans les autres.

  • Speaker #1

    Et finalement, une fois qu'elles sont imbriquées, comme vous dites, on va retrouver des économies de matières premières, de ressources, d'eau, et donc un moindre impact en équivalent à l'effet de serre. C'est ça,

  • Speaker #2

    j'ai même envie de dire que c'est presque secondaire. Ces économies-là, ce n'est souvent pas la motivation centrale. En fait, dans les expériences de low-tech qui sont menées, ou de démarches plutôt low-tech du coup, puisqu'il est question de ça, En fait, ce qu'on s'aperçoit, c'est que les gens, ce n'est pas le CO2 qu'ils ont économisé ou l'énergie ou les euros qu'ils ont économisé. En fait, ils voient tout ce qu'ils avaient perdu, dont ils n'avaient pas encore conscience. En termes de liens sociaux, ils s'aperçoivent que de ne pas faire les trajets en voiture et de les faire à pied ou en vélo, ça permet de faire plusieurs rencontres. Ça permet de s'apercevoir de magasins ou d'endroits où on n'était jamais allé. et en fait c'est ça surtout qui est qui a un retour extrêmement positif de la démarche.

  • Speaker #1

    Oui, c'est intéressant. Donc, il n'y a pas forcément uniquement ce côté environnemental dans le sens où je me mets au low-tech parce que c'est un moyen, parmi d'autres, de répondre finalement aux crises environnementales, d'économiser l'énergie, de réduire ses émissions. Mais c'est surtout aussi un changement un peu de son quotidien, de sa façon de voir les choses, d'utiliser son temps.

  • Speaker #2

    Ça permet aussi de sortir un petit peu du... Souvent la vision un peu punitive de l'écologie vue uniquement sous le sens des privations. C'est-à-dire que pour retrouver de la liberté, notamment vis-à-vis de la technique, il faut souvent se priver d'un certain nombre d'objets techniques. Mais c'est qu'une fois qu'on s'est privé de ces choses-là, qu'on comprend finalement quels sont les espaces dans lesquels on peut remettre quelque chose. Et la démarche, elle est intéressante, elle est vraiment passionnante en fait, parce qu'elle permet aussi de comprendre de quoi on nous a privés. justement pour être entouré de tous ces gadgets techniques.

  • Speaker #1

    Oui, puis finalement, c'est intéressant ce que vous dites. Vous parlez beaucoup de liens sociaux, collectifs. Il y a ça aussi dans le low-tech. C'est qu'à l'inverse de beaucoup de gadgets, entre guillemets, ou de technologies aujourd'hui qui font qu'on est tout seul, qu'on a accès rapidement en tant qu'individu propre à plein de techniques ou d'informations, côté un peu individualiste, le low-tech, c'est un peu l'inverse. C'est qu'on fait des choses aussi à plusieurs. On prend plaisir à partager, à rencontrer des gens. à faire soi-même aussi, mais à faire aussi en groupe. Cette philosophie, quand même, sous le centre...

  • Speaker #2

    Une idée fondamentale, c'est de remplacer les dépendances à des objets techniques par des dépendances mais choisies à d'autres personnes, des dépendances plutôt sociales, en fait. Ça, c'est une source importante de motivation, et c'est des choix. Enfin, c'est des choix qu'il faut accepter de faire, mais qui permettent de reconstruire part. notamment dans un aspect de durabilité, une société qui est beaucoup plus durable, moins individualiste, et ce n'est pas l'autarcie, où on ne dépend de personne. Non, on dépend de personnes bien identifiées, mais on a choisi ces dépendances-là, alors qu'à l'heure actuelle, on est dépendant de tout un tas de réseaux techniques, de tout un tas de réseaux matériels. pétrole, eau, un vernet... Il y en a un qui s'arrête. Il suffit qu'il y ait un problème dans le réseau, dans l'alimentation, dans le flux permanent de la matière, pour que toute notre vie s'écroule.

  • Speaker #1

    Il y a aussi quelque part sur ce j'allais dire cette philosophie low-tech, une certaine démarche un peu éducative. Si on reprend un petit peu à...

  • Speaker #2

    Moi, j'évoque souvent, parce que comme je viens du milieu quand même de la formation en école d'ingénieur, j'ai souvent cette opposition de dire que la low-tech, c'est abaisser la technique, on ne forme plus à des choses de haut niveau technologique, ce n'est pas un très haut niveau scientifique. C'est souvent le reproche qui m'est fait. Je dis non, non, vraiment, la low-tech, c'est vraiment une idée de le mot low, Je l'entends comme étant une prise de hauteur humaine sur la technique. C'est une question de point de vue. On voit la technique comme basse, mais parce qu'on a élevé l'humain. Et ça, je pense que c'est fondamental, parce que si vous êtes effectivement formé à l'utilisation et la maîtrise de certains outils techniques, vous avez une certaine autonomie vis-à-vis de ces systèmes. Si vous n'êtes pas formé, vous êtes dépendant d'autres personnes.

  • Speaker #1

    C'est ça. Alors finalement, c'est intéressant ce que vous dites. J'allais vous poser la question, vous parlez du côté un peu éducatif, ce qui est assez logique quand on est prof. Mais qu'est-ce qui vous a amené, vous, à vous intéresser au low-tech à travers votre parcours ? Comment vous avez découvert justement la low-tech et l'envie de former les ingénieurs de demain ?

  • Speaker #2

    Moi, du coup, j'ai un parcours de vie par rapport à ça qui est plutôt assez banal finalement. Je suis venu par des considérations d'écologie. Au départ, l'éco-conception, diminuer l'empreinte environnementale. Et puis, comme je fais beaucoup de conception et que c'est un sujet que j'adore, la question de trouver un espèce d'équilibre entre des produits qui font juste ce qu'on attend d'eux et pas plus. Le côté chasse au superficiel et au superflu. Et en fait, j'étais dans une espèce de démarche low-tech avant de connaître le mot. Et j'ai eu l'opportunité de travailler sur pas mal de projets en lien avec des pays en voie de développement où... Le manque de moyens, notamment, fait qu'on est obligé d'avoir une approche extrêmement sobre de la conception. Et en fait, en me renseignant sur ces façons de faire, je me suis aperçu que le mot, entre guillemets, l'étiquette low-tech, correspondait pas mal à ce que je faisais, et aussi aux dynamiques un peu personnelles dans lesquelles j'étais en tant qu'enseignant.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et puis voilà, c'est ce qui m'a amené à creuser.

  • Speaker #1

    Et justement, en tant qu'enseignant, donc a priori pour un public plutôt jeune,

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    comment vous sensibilisez justement ces jeunes générations ?

  • Speaker #2

    souvent c'est par l'exemple la pratique, le mieux c'est d'avoir des situations pédagogiques type projet où on les met dans une situation de concevoir par exemple justement les demandes qu'on a pu avoir alors on fait des thématiques récurrentes autour des vélos-machines c'est assez typique travailler dans le milieu agricole notamment avec des acteurs comme l'atelier paysan qui ont des demandes récurrentes, travailler avec des pays en voie de développement. On a eu beaucoup de choses avec cet aspect low-tech revendiqué. Et puis le fait qu'ils passent par la pratique, ça c'est essentiel. Le fait qu'ils soient obligés de fabriquer par eux-mêmes. En fait, comme ils découvrent la fabrication, leur niveau ne leur permet pas de choses très compliquées. Donc de fait, ils sont obligés de s'adapter à ce qu'ils savent faire eux. Et là, c'est un peu comme une pratique. d'un instrument de musique, je ne sais pas si vous pratiquez un instrument de musique, au début, on ne peut pas jouer des morceaux très compliqués. On est obligé de s'adapter en permanence à notre propre capacité. Et là, c'est un peu pareil. Il y a vraiment une dynamique d'accompagnement. On cherche à faire grandir l'élève en même temps que le produit devient un petit peu plus intéressant.

  • Speaker #1

    Et puis, on retrouve finalement ce côté créer, faire, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et puis, c'est vraiment un retour immédiat. Je fais toujours des projets plus compliqués, plus high-tech. pour typiquement des grands groupes. Je suis quand même en école d'ingénieur. Et le problème de ces projets, c'est que les élèves ne voient que une toute petite portion du projet. Ils n'en voient jamais la réalisation totale parce que trop complexe, parce que hors de propos pour un élève en situation d'apprentissage. Alors que là, on a des... En fait, les systèmes low-tech sont pédagogiques. En fait, ils sont vraiment pédagogiques. On peut apprendre d'un système low-tech, on peut vraiment comprendre ces systèmes-là. Et ça, je trouve que c'est extrêmement précieux. pour à la fois l'enseignement et puis pour les gens, le grand public.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça, c'est la question que j'allais vous poser finalement, au-delà des étudiants. Est-ce que vous pensez que chacun peut se lancer quelque part dans la loterie ? Bien sûr,

  • Speaker #2

    bien sûr, mais c'est vraiment l'idée. Un système qui est loter, il est compréhensible. Il est compréhensible, enfin, il a l'air à être compréhensible. Oui,

  • Speaker #1

    mais c'est là l'enjeu aussi, que les gens fassent l'effort de changer de manière de penser et de consommer.

  • Speaker #2

    Oui, complètement, complètement. et puis après derrière il faut Sauter, faire sauter quelques verrous, notamment le côté j'ose pas démonter, je ne sais pas, ou je crois. que je ne sais pas, en fait, c'est plutôt ça. Je crois que j'y comprends rien, je suis nul en technique. Ça, c'est des a priori qu'ont souvent les gens, alors qu'en fait, pas du tout, quoi. Pas du tout.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il n'y a pas un rôle aussi que peut ou que doit jouer ce qu'on appelle la sensibilisation ? L'éducation, l'enseignement ?

  • Speaker #2

    Certainement. Là, je dirais qu'on rame un petit peu à contre-courant depuis le primaire, où il y a cette... On appelle ça la main à la pâte. Le concept de faire travailler les élèves le plus possible et de leur faire apprendre les choses en pratiquant avec les mains. Il y a une rupture vraiment côté collège sur la pratique. Le lycée, tout ça, c'est très théorique. Ou alors, quand c'est de la pratique, c'est sur support informatique.

  • Speaker #1

    C'est ça. Donc, en fait,

  • Speaker #2

    on a une espèce de...

  • Speaker #1

    Je n'arrive plus à comprendre, finalement.

  • Speaker #2

    Il y a une vraie rupture avec le réel, en fait. Là, c'est vraiment dommage parce que depuis 20 ans, 30 ans, Le fait que les élèves n'aient plus de pratiques au quotidien de bricolage, de maintenir certains systèmes. Là, il y a une petite rupture où les gens sont vraiment démunis. Ils ne savent plus faire des choses finalement assez simples. Même, on parle d'entretien de la maison, de petites réparations. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça. Ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Oui,

  • Speaker #2

    ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Donc, l'essor actuellement, par exemple, des ripercafés, du bricolage au grand public, une espèce de réappropriation quand même.

  • Speaker #1

    On le voit aussi, ce qui marche bien à travers maintenant les communications digitales, c'est les tutos.

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    Les tas de tutos. Oui, le Do-It-Yourself, les choses comme ça. Oui, c'est ça. Oui,

  • Speaker #2

    oui.

  • Speaker #1

    Alors justement, pour ceux qui veulent aller plus loin, ils auront la possibilité de venir vous écouter la journée clé le 31 janvier 2026 à Lucli. Romain, est-ce que vous pouvez nous dire en quelques mots ce que les participants découvriront justement lors de votre conférence ?

  • Speaker #2

    Eh bien, moi franchement, ma motivation, c'est d'essayer de faire en sorte... je vois autour de moi avec ce soi-même. pour les élèves, essentiellement, les petites actions au quotidien. On a souvent ce registre de la petite action personnelle, individuelle, pour améliorer son bilan environnemental, des choses comme ça. Moi, l'idée, c'est d'arriver à faire comprendre que si on a une articulation un peu collective de ces actions, si on arrive à se mettre en réseau, si on arrive à déclencher... Petite échelle d'abord, mais progression à plus grande échelle. En fait, il y a tout un système un peu comme des dominos qui s'enclenchent. Je ne veux pas aussi non plus minimiser le côté conflictuel que ça peut avoir. Quand on est dans des marches comme ça, de retrouver un peu de lien en société, dans une société qui est majoritairement individualiste. Comment on peut anticiper sur ces petits conflits ? Comment les résoudre ? Et comment finalement accompagner la transformation ? Euh... Et puis, grandir, quelque part. Il y a vraiment un facteur humain que je trouve capital. Arrêter de penser qu'on est victime du système. Et en fait, on peut s'en sortir et on peut grandir malgré tout.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Donc, il y a ce beau collectif qui ressort quand même. Oui, très important. Pario, qui est très important dans la low-tech. Et qui peut-être est la première attente de pas mal de personnes. Justement, de trouver du lien, de rencontrer des personnes, d'échanger. Sans oublier le côté un peu créatif. C'est vrai que moi, je me suis renseigné sur la low-tech. Il y a ce côté, comment on disait, do-it-yourself. On est toujours fier de dire, c'est moi qui l'ai fait ou on l'a fait ensemble.

  • Speaker #2

    Et on sait bien la taille et l'arrêt. C'est le droit à l'erreur que permet la low-tech. En fait, ce dont on ne parle pas assez, c'est qu'à partir du moment où les systèmes sont plus simples, moins gros, moins complexes, et qu'on les fait par soi-même, on les bricole et puis on a le droit à l'erreur. parce que si on se flambe, c'est pas grave, on recommence. Le système n'est pas très gros, alors que si vous travaillez dans un système qui est... très très très complexe, il y aura tout un tas de validations qui vont être faites, il n'y a pas le droit à l'erreur parce que le truc n'a pas le droit de se planter. Et donc là c'est très important, c'est les gens qui ont le droit de faire des erreurs. Moi mes élèves quand ils fabriquent, ils fabriquent des pièces qui sont ratées. Mais c'est ça qui fait qu'ils sont capables de comprendre ce qu'ils font. Et donc les gens qui réparent, la première fois ils se ratent, et ça ne marche pas, et ils recommencent, et on revoit, et éventuellement ils sont accompagnés pour améliorer. Mais cette dimension simple des objets low-tech, fait qu'on peut indéfiniment essayer. Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas ce que c'est cette pression. Oui. Puis on a, même en tant que scientifique, on a tous connaissance de certaines personnes qui ont testé ou vouloir fabriquer quelque chose qui se sont complètement plantées, mais finalement qui ont fabriqué autre chose qui a pu servir complètement différemment. Très bien, donc rendez-vous le 31 janvier. Pour en apprendre plus et passer un moment riche avec vous en échange et en idées. inspirante, j'imagine. Merci beaucoup Romain, pour ce partage et cette première plongée dans l'univers de la low-tech. Et merci à tous de nous avoir écoutés. Retrouvez-nous pour les prochains épisodes de notre série spéciale Low-Tech sur l'instant climat. Et n'hésitez pas à vous inscrire à la journée clé sur le site de l'AEC Lyon. A bientôt ! Merci.

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Description

Et si on arrêtait de courir après la dernière techno pour se recentrer sur l’essentiel ? La low-tech, c’est apprendre à faire mieux avec moins : comprendre, réparer, inventer, partager. Pas besoin d’être ingénieur, même si Romain Colon forme les futurs ingénieurs à l’INSA Lyon, cet épisode est 100 % grand public : pas de cours magistral, juste des idées concrètes et inspirantes pour reprendre la main sur nos modes de vies, nos objets, notre quotidien… et notre avenir !

Avec la low-tech, on répare nos vies avant nos objets, on retrouve l’essentiel, on vit mieux avec moins — et surtout, on découvre le bonheur de faire soi-même… mais jamais seul !!


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Les esprits curieux échangent autour des enveux, des défis et des solutions pour un avenir plus durable. Vous écoutez l'Instant Climat avec Lalec Lyon.

  • Speaker #1

    Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle émission de l'Instant Climat. Aujourd'hui, on inaugure une série spéciale Low-Tech, en amont de la quatrième édition de la journée clé Climat Logement Énergie qui aura lieu le 31 janvier 2026 à Lyon. Et pour commencer, j'ai le plaisir d'accueillir Romain Collomb, qui est enseignant en conception-production à l'INSA de Lyon et spécialiste des low-tech. Bonjour Romain.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #1

    Alors Romain donnera également une conférence ouverte au grand public lors de cette journée clé pour partager son savoir, j'allais dire même sa passion du low-tech et montrer comment ces solutions peuvent nous aider à reprendre la main sur nos modes de vie, à changer nos pratiques, notre quotidien, pour répondre de manière plus responsable aux enjeux climatiques. Alors pour commencer... Romain, je vous laisse vous présenter rapidement et nous expliquer finalement qu'est-ce que c'est le Low Tech.

  • Speaker #2

    Eh bien, bonjour à tous, je suis Romain Collomb, j'enseigne, comme vous avez dit, conception-production à l'INSA de Lyon. J'ai la chance de travailler au sein d'une équipe où on va concevoir des objets techniques avec les élèves, les fabriquer. Et du coup, grâce à ça, on a une relation à l'objet technique qui est beaucoup plus profonde. Et c'est de là que vient la réflexion sur la low-tech. Et une première définition, c'est déjà de prendre du recul par rapport aux objets techniques, d'essayer de comprendre de quoi ils sont constitués, quelle est notre relation à ces objets techniques, et notamment avec un axe de recherche d'autonomie. Nous, notamment les élèves, on essaye de prendre du recul sur le fait de est-ce que vous êtes capable de les réparer, est-ce que vous êtes capable de les assembler, de les fabriquer vous-même ? de quoi vous avez besoin pour réparer, de quoi vous avez besoin pour entretenir un système.

  • Speaker #1

    Quelque part des équipements un peu plus accessibles, dans le sens où ils seront plus durables, réparables, simples finalement. C'est ça,

  • Speaker #2

    vraiment réfléchir à quel niveau de technologie ou de technique chaque personne est un petit peu compatible. Être expert de la technique, ce n'est pas donné à tout le monde.

  • Speaker #1

    Oui, donc là finalement c'est un peu l'inverse du high-tech où c'est... hyper sophistiqués, on est vite perdus. C'est ça,

  • Speaker #2

    par opposition à la high-tech, on essaye de retrouver un petit peu d'autonomie vis-à-vis des systèmes.

  • Speaker #1

    Et en lien justement avec les thématiques climat, énergie, environnement, est-ce que ces systèmes sont plus efficaces énergétiquement ? Est-ce qu'il y a aussi une efficacité qu'on peut nommer de sociale ?

  • Speaker #2

    Alors oui, pas forcément. Il faudrait vraiment qu'on... Sur l'aspect purement efficacité, c'est pas forcément des systèmes qui sont plus efficaces. Ils consommeraient peut-être plus d'énergie pour certains. Mais c'est pour ça que souvent, en fait, on les pense de façon très intégrée à d'autres systèmes. Donc, c'est vraiment l'idée d'accompagner le mode de vie qui va avec, de créer le mode de vie qui va avec, qui fait que les systèmes vont être efficaces d'un point de vue social et environnemental.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, il y a une sorte de philosophie sous-jacente qui est un peu de l'ordre de la simplicité, de la résilience. C'est ça. Si je vous suis, la low-tech, elle va être appliquée dans le quotidien. de monsieur et madame Tout-le-Monde, dans le logement, la mobilité, l'énergie ? Tout à fait,

  • Speaker #2

    on peut avoir des points de départ. Les motivations pour aller sur la low-tech, c'est les économies d'énergie, les problèmes de budget, simplement économie financière. Ça peut être des aspects sociaux, sociétaux, de convivialité, on parle souvent de ça. Ça peut être des aspects écologiques, d'impact environnementaux.

  • Speaker #1

    Quelques exemples concrets, comme ça, d'équipements, rapidement, qu'on pourrait expliquer ?

  • Speaker #2

    Après, ça peut être des démarches très simples, de se passer de certains systèmes comme un lave-vaisselle, d'avoir ce passé d'un réfrigérateur. Tout ce qui est autour de l'habitat, notamment qu'il y a sur le Low-Tech Lab, un site internet où on trouve beaucoup d'exemples.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Voilà, avoir des séchoirs solaires. Il y a beaucoup de choses qui se font autour du solaire.

  • Speaker #1

    Et finalement, c'est aussi un peu une autre manière de... penser ou de repenser nos modes de vie, j'allais dire notre société, pour qu'elle consomme différemment, voire moins, qu'elle dure plus longtemps.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Sans qu'on soit dans le gadget, parce qu'il peut y avoir parfois le côté gadget.

  • Speaker #2

    Déjà, c'est arriver à qualifier dans notre vie ce qui relève du gadget. Du superflu, du superficiel, de l'encombrant, du trop, finalement, ou du surconfort. En fait, la low-tech, elle amène à avoir un regard, mais quelque chose à la fois un peu critique, mais en même temps où on se sent un peu plus acteur, en fait. Au sens propre, puisqu'il y a plein de choses qui se... On va utiliser l'énergie musculaire beaucoup plus. Donc, cette action, elle a vraiment quelque chose de très important. Et pour les gens, c'est une source de motivation. le fait de faire par soi-même, ça a quelque chose de très gratifiant. Je prends un petit parallèle, c'est comme cuisiner quand on reçoit des amis. Mettre quelque chose au micro-ondes et le servir aux gens, ce n'est pas tout à fait pareil que cuisiner à partir de produits naturels.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Et alors, pour faire le lien justement avec la thématique de l'émission, le climat, en quoi finalement, côté climat-environnement, la low-tech, ça change quelque chose ?

  • Speaker #2

    Ça change quelque chose parce que, d'entrée de jeu, on est obligé de se mettre à la hauteur de ce qu'on est capable de faire soi-même. Donc, en termes de puissance, de consommation d'énergie, si je prends des systèmes qui sont musculaires, on est sur des puissances qui sont faibles. Si on se déplace par des moyens propres, à pied, en vélo, on est forcément sur des systèmes qui ont consommé moins d'énergie. Après, on va aller moins loin, on va peut-être faire moins de choses, on va chercher à faire des choses de proximité. Et donc souvent, c'est des améliorations qui se font en cascade. J'insiste sur ce côté transformateur, parce que c'est très frustrant dans une ville comme Lyon de se déplacer que à pied. On sent qu'on n'a pas accès à tout un tas de services. Par contre, si on commence à réfléchir, à trouver du lien dans ces déplacements, pour faire en sorte que sur le kilomètre qu'on va parcourir, on passe par tout un tas d'endroits intéressants, là, ça devient plus simple. Donc c'est ça, en fait. C'est des améliorations qui sont en cascade, qui sont imbriquées les unes dans les autres.

  • Speaker #1

    Et finalement, une fois qu'elles sont imbriquées, comme vous dites, on va retrouver des économies de matières premières, de ressources, d'eau, et donc un moindre impact en équivalent à l'effet de serre. C'est ça,

  • Speaker #2

    j'ai même envie de dire que c'est presque secondaire. Ces économies-là, ce n'est souvent pas la motivation centrale. En fait, dans les expériences de low-tech qui sont menées, ou de démarches plutôt low-tech du coup, puisqu'il est question de ça, En fait, ce qu'on s'aperçoit, c'est que les gens, ce n'est pas le CO2 qu'ils ont économisé ou l'énergie ou les euros qu'ils ont économisé. En fait, ils voient tout ce qu'ils avaient perdu, dont ils n'avaient pas encore conscience. En termes de liens sociaux, ils s'aperçoivent que de ne pas faire les trajets en voiture et de les faire à pied ou en vélo, ça permet de faire plusieurs rencontres. Ça permet de s'apercevoir de magasins ou d'endroits où on n'était jamais allé. et en fait c'est ça surtout qui est qui a un retour extrêmement positif de la démarche.

  • Speaker #1

    Oui, c'est intéressant. Donc, il n'y a pas forcément uniquement ce côté environnemental dans le sens où je me mets au low-tech parce que c'est un moyen, parmi d'autres, de répondre finalement aux crises environnementales, d'économiser l'énergie, de réduire ses émissions. Mais c'est surtout aussi un changement un peu de son quotidien, de sa façon de voir les choses, d'utiliser son temps.

  • Speaker #2

    Ça permet aussi de sortir un petit peu du... Souvent la vision un peu punitive de l'écologie vue uniquement sous le sens des privations. C'est-à-dire que pour retrouver de la liberté, notamment vis-à-vis de la technique, il faut souvent se priver d'un certain nombre d'objets techniques. Mais c'est qu'une fois qu'on s'est privé de ces choses-là, qu'on comprend finalement quels sont les espaces dans lesquels on peut remettre quelque chose. Et la démarche, elle est intéressante, elle est vraiment passionnante en fait, parce qu'elle permet aussi de comprendre de quoi on nous a privés. justement pour être entouré de tous ces gadgets techniques.

  • Speaker #1

    Oui, puis finalement, c'est intéressant ce que vous dites. Vous parlez beaucoup de liens sociaux, collectifs. Il y a ça aussi dans le low-tech. C'est qu'à l'inverse de beaucoup de gadgets, entre guillemets, ou de technologies aujourd'hui qui font qu'on est tout seul, qu'on a accès rapidement en tant qu'individu propre à plein de techniques ou d'informations, côté un peu individualiste, le low-tech, c'est un peu l'inverse. C'est qu'on fait des choses aussi à plusieurs. On prend plaisir à partager, à rencontrer des gens. à faire soi-même aussi, mais à faire aussi en groupe. Cette philosophie, quand même, sous le centre...

  • Speaker #2

    Une idée fondamentale, c'est de remplacer les dépendances à des objets techniques par des dépendances mais choisies à d'autres personnes, des dépendances plutôt sociales, en fait. Ça, c'est une source importante de motivation, et c'est des choix. Enfin, c'est des choix qu'il faut accepter de faire, mais qui permettent de reconstruire part. notamment dans un aspect de durabilité, une société qui est beaucoup plus durable, moins individualiste, et ce n'est pas l'autarcie, où on ne dépend de personne. Non, on dépend de personnes bien identifiées, mais on a choisi ces dépendances-là, alors qu'à l'heure actuelle, on est dépendant de tout un tas de réseaux techniques, de tout un tas de réseaux matériels. pétrole, eau, un vernet... Il y en a un qui s'arrête. Il suffit qu'il y ait un problème dans le réseau, dans l'alimentation, dans le flux permanent de la matière, pour que toute notre vie s'écroule.

  • Speaker #1

    Il y a aussi quelque part sur ce j'allais dire cette philosophie low-tech, une certaine démarche un peu éducative. Si on reprend un petit peu à...

  • Speaker #2

    Moi, j'évoque souvent, parce que comme je viens du milieu quand même de la formation en école d'ingénieur, j'ai souvent cette opposition de dire que la low-tech, c'est abaisser la technique, on ne forme plus à des choses de haut niveau technologique, ce n'est pas un très haut niveau scientifique. C'est souvent le reproche qui m'est fait. Je dis non, non, vraiment, la low-tech, c'est vraiment une idée de le mot low, Je l'entends comme étant une prise de hauteur humaine sur la technique. C'est une question de point de vue. On voit la technique comme basse, mais parce qu'on a élevé l'humain. Et ça, je pense que c'est fondamental, parce que si vous êtes effectivement formé à l'utilisation et la maîtrise de certains outils techniques, vous avez une certaine autonomie vis-à-vis de ces systèmes. Si vous n'êtes pas formé, vous êtes dépendant d'autres personnes.

  • Speaker #1

    C'est ça. Alors finalement, c'est intéressant ce que vous dites. J'allais vous poser la question, vous parlez du côté un peu éducatif, ce qui est assez logique quand on est prof. Mais qu'est-ce qui vous a amené, vous, à vous intéresser au low-tech à travers votre parcours ? Comment vous avez découvert justement la low-tech et l'envie de former les ingénieurs de demain ?

  • Speaker #2

    Moi, du coup, j'ai un parcours de vie par rapport à ça qui est plutôt assez banal finalement. Je suis venu par des considérations d'écologie. Au départ, l'éco-conception, diminuer l'empreinte environnementale. Et puis, comme je fais beaucoup de conception et que c'est un sujet que j'adore, la question de trouver un espèce d'équilibre entre des produits qui font juste ce qu'on attend d'eux et pas plus. Le côté chasse au superficiel et au superflu. Et en fait, j'étais dans une espèce de démarche low-tech avant de connaître le mot. Et j'ai eu l'opportunité de travailler sur pas mal de projets en lien avec des pays en voie de développement où... Le manque de moyens, notamment, fait qu'on est obligé d'avoir une approche extrêmement sobre de la conception. Et en fait, en me renseignant sur ces façons de faire, je me suis aperçu que le mot, entre guillemets, l'étiquette low-tech, correspondait pas mal à ce que je faisais, et aussi aux dynamiques un peu personnelles dans lesquelles j'étais en tant qu'enseignant.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et puis voilà, c'est ce qui m'a amené à creuser.

  • Speaker #1

    Et justement, en tant qu'enseignant, donc a priori pour un public plutôt jeune,

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    comment vous sensibilisez justement ces jeunes générations ?

  • Speaker #2

    souvent c'est par l'exemple la pratique, le mieux c'est d'avoir des situations pédagogiques type projet où on les met dans une situation de concevoir par exemple justement les demandes qu'on a pu avoir alors on fait des thématiques récurrentes autour des vélos-machines c'est assez typique travailler dans le milieu agricole notamment avec des acteurs comme l'atelier paysan qui ont des demandes récurrentes, travailler avec des pays en voie de développement. On a eu beaucoup de choses avec cet aspect low-tech revendiqué. Et puis le fait qu'ils passent par la pratique, ça c'est essentiel. Le fait qu'ils soient obligés de fabriquer par eux-mêmes. En fait, comme ils découvrent la fabrication, leur niveau ne leur permet pas de choses très compliquées. Donc de fait, ils sont obligés de s'adapter à ce qu'ils savent faire eux. Et là, c'est un peu comme une pratique. d'un instrument de musique, je ne sais pas si vous pratiquez un instrument de musique, au début, on ne peut pas jouer des morceaux très compliqués. On est obligé de s'adapter en permanence à notre propre capacité. Et là, c'est un peu pareil. Il y a vraiment une dynamique d'accompagnement. On cherche à faire grandir l'élève en même temps que le produit devient un petit peu plus intéressant.

  • Speaker #1

    Et puis, on retrouve finalement ce côté créer, faire, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et puis, c'est vraiment un retour immédiat. Je fais toujours des projets plus compliqués, plus high-tech. pour typiquement des grands groupes. Je suis quand même en école d'ingénieur. Et le problème de ces projets, c'est que les élèves ne voient que une toute petite portion du projet. Ils n'en voient jamais la réalisation totale parce que trop complexe, parce que hors de propos pour un élève en situation d'apprentissage. Alors que là, on a des... En fait, les systèmes low-tech sont pédagogiques. En fait, ils sont vraiment pédagogiques. On peut apprendre d'un système low-tech, on peut vraiment comprendre ces systèmes-là. Et ça, je trouve que c'est extrêmement précieux. pour à la fois l'enseignement et puis pour les gens, le grand public.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça, c'est la question que j'allais vous poser finalement, au-delà des étudiants. Est-ce que vous pensez que chacun peut se lancer quelque part dans la loterie ? Bien sûr,

  • Speaker #2

    bien sûr, mais c'est vraiment l'idée. Un système qui est loter, il est compréhensible. Il est compréhensible, enfin, il a l'air à être compréhensible. Oui,

  • Speaker #1

    mais c'est là l'enjeu aussi, que les gens fassent l'effort de changer de manière de penser et de consommer.

  • Speaker #2

    Oui, complètement, complètement. et puis après derrière il faut Sauter, faire sauter quelques verrous, notamment le côté j'ose pas démonter, je ne sais pas, ou je crois. que je ne sais pas, en fait, c'est plutôt ça. Je crois que j'y comprends rien, je suis nul en technique. Ça, c'est des a priori qu'ont souvent les gens, alors qu'en fait, pas du tout, quoi. Pas du tout.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il n'y a pas un rôle aussi que peut ou que doit jouer ce qu'on appelle la sensibilisation ? L'éducation, l'enseignement ?

  • Speaker #2

    Certainement. Là, je dirais qu'on rame un petit peu à contre-courant depuis le primaire, où il y a cette... On appelle ça la main à la pâte. Le concept de faire travailler les élèves le plus possible et de leur faire apprendre les choses en pratiquant avec les mains. Il y a une rupture vraiment côté collège sur la pratique. Le lycée, tout ça, c'est très théorique. Ou alors, quand c'est de la pratique, c'est sur support informatique.

  • Speaker #1

    C'est ça. Donc, en fait,

  • Speaker #2

    on a une espèce de...

  • Speaker #1

    Je n'arrive plus à comprendre, finalement.

  • Speaker #2

    Il y a une vraie rupture avec le réel, en fait. Là, c'est vraiment dommage parce que depuis 20 ans, 30 ans, Le fait que les élèves n'aient plus de pratiques au quotidien de bricolage, de maintenir certains systèmes. Là, il y a une petite rupture où les gens sont vraiment démunis. Ils ne savent plus faire des choses finalement assez simples. Même, on parle d'entretien de la maison, de petites réparations. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça. Ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Oui,

  • Speaker #2

    ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Donc, l'essor actuellement, par exemple, des ripercafés, du bricolage au grand public, une espèce de réappropriation quand même.

  • Speaker #1

    On le voit aussi, ce qui marche bien à travers maintenant les communications digitales, c'est les tutos.

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    Les tas de tutos. Oui, le Do-It-Yourself, les choses comme ça. Oui, c'est ça. Oui,

  • Speaker #2

    oui.

  • Speaker #1

    Alors justement, pour ceux qui veulent aller plus loin, ils auront la possibilité de venir vous écouter la journée clé le 31 janvier 2026 à Lucli. Romain, est-ce que vous pouvez nous dire en quelques mots ce que les participants découvriront justement lors de votre conférence ?

  • Speaker #2

    Eh bien, moi franchement, ma motivation, c'est d'essayer de faire en sorte... je vois autour de moi avec ce soi-même. pour les élèves, essentiellement, les petites actions au quotidien. On a souvent ce registre de la petite action personnelle, individuelle, pour améliorer son bilan environnemental, des choses comme ça. Moi, l'idée, c'est d'arriver à faire comprendre que si on a une articulation un peu collective de ces actions, si on arrive à se mettre en réseau, si on arrive à déclencher... Petite échelle d'abord, mais progression à plus grande échelle. En fait, il y a tout un système un peu comme des dominos qui s'enclenchent. Je ne veux pas aussi non plus minimiser le côté conflictuel que ça peut avoir. Quand on est dans des marches comme ça, de retrouver un peu de lien en société, dans une société qui est majoritairement individualiste. Comment on peut anticiper sur ces petits conflits ? Comment les résoudre ? Et comment finalement accompagner la transformation ? Euh... Et puis, grandir, quelque part. Il y a vraiment un facteur humain que je trouve capital. Arrêter de penser qu'on est victime du système. Et en fait, on peut s'en sortir et on peut grandir malgré tout.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Donc, il y a ce beau collectif qui ressort quand même. Oui, très important. Pario, qui est très important dans la low-tech. Et qui peut-être est la première attente de pas mal de personnes. Justement, de trouver du lien, de rencontrer des personnes, d'échanger. Sans oublier le côté un peu créatif. C'est vrai que moi, je me suis renseigné sur la low-tech. Il y a ce côté, comment on disait, do-it-yourself. On est toujours fier de dire, c'est moi qui l'ai fait ou on l'a fait ensemble.

  • Speaker #2

    Et on sait bien la taille et l'arrêt. C'est le droit à l'erreur que permet la low-tech. En fait, ce dont on ne parle pas assez, c'est qu'à partir du moment où les systèmes sont plus simples, moins gros, moins complexes, et qu'on les fait par soi-même, on les bricole et puis on a le droit à l'erreur. parce que si on se flambe, c'est pas grave, on recommence. Le système n'est pas très gros, alors que si vous travaillez dans un système qui est... très très très complexe, il y aura tout un tas de validations qui vont être faites, il n'y a pas le droit à l'erreur parce que le truc n'a pas le droit de se planter. Et donc là c'est très important, c'est les gens qui ont le droit de faire des erreurs. Moi mes élèves quand ils fabriquent, ils fabriquent des pièces qui sont ratées. Mais c'est ça qui fait qu'ils sont capables de comprendre ce qu'ils font. Et donc les gens qui réparent, la première fois ils se ratent, et ça ne marche pas, et ils recommencent, et on revoit, et éventuellement ils sont accompagnés pour améliorer. Mais cette dimension simple des objets low-tech, fait qu'on peut indéfiniment essayer. Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas ce que c'est cette pression. Oui. Puis on a, même en tant que scientifique, on a tous connaissance de certaines personnes qui ont testé ou vouloir fabriquer quelque chose qui se sont complètement plantées, mais finalement qui ont fabriqué autre chose qui a pu servir complètement différemment. Très bien, donc rendez-vous le 31 janvier. Pour en apprendre plus et passer un moment riche avec vous en échange et en idées. inspirante, j'imagine. Merci beaucoup Romain, pour ce partage et cette première plongée dans l'univers de la low-tech. Et merci à tous de nous avoir écoutés. Retrouvez-nous pour les prochains épisodes de notre série spéciale Low-Tech sur l'instant climat. Et n'hésitez pas à vous inscrire à la journée clé sur le site de l'AEC Lyon. A bientôt ! Merci.

Description

Et si on arrêtait de courir après la dernière techno pour se recentrer sur l’essentiel ? La low-tech, c’est apprendre à faire mieux avec moins : comprendre, réparer, inventer, partager. Pas besoin d’être ingénieur, même si Romain Colon forme les futurs ingénieurs à l’INSA Lyon, cet épisode est 100 % grand public : pas de cours magistral, juste des idées concrètes et inspirantes pour reprendre la main sur nos modes de vies, nos objets, notre quotidien… et notre avenir !

Avec la low-tech, on répare nos vies avant nos objets, on retrouve l’essentiel, on vit mieux avec moins — et surtout, on découvre le bonheur de faire soi-même… mais jamais seul !!


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Les esprits curieux échangent autour des enveux, des défis et des solutions pour un avenir plus durable. Vous écoutez l'Instant Climat avec Lalec Lyon.

  • Speaker #1

    Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle émission de l'Instant Climat. Aujourd'hui, on inaugure une série spéciale Low-Tech, en amont de la quatrième édition de la journée clé Climat Logement Énergie qui aura lieu le 31 janvier 2026 à Lyon. Et pour commencer, j'ai le plaisir d'accueillir Romain Collomb, qui est enseignant en conception-production à l'INSA de Lyon et spécialiste des low-tech. Bonjour Romain.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #1

    Alors Romain donnera également une conférence ouverte au grand public lors de cette journée clé pour partager son savoir, j'allais dire même sa passion du low-tech et montrer comment ces solutions peuvent nous aider à reprendre la main sur nos modes de vie, à changer nos pratiques, notre quotidien, pour répondre de manière plus responsable aux enjeux climatiques. Alors pour commencer... Romain, je vous laisse vous présenter rapidement et nous expliquer finalement qu'est-ce que c'est le Low Tech.

  • Speaker #2

    Eh bien, bonjour à tous, je suis Romain Collomb, j'enseigne, comme vous avez dit, conception-production à l'INSA de Lyon. J'ai la chance de travailler au sein d'une équipe où on va concevoir des objets techniques avec les élèves, les fabriquer. Et du coup, grâce à ça, on a une relation à l'objet technique qui est beaucoup plus profonde. Et c'est de là que vient la réflexion sur la low-tech. Et une première définition, c'est déjà de prendre du recul par rapport aux objets techniques, d'essayer de comprendre de quoi ils sont constitués, quelle est notre relation à ces objets techniques, et notamment avec un axe de recherche d'autonomie. Nous, notamment les élèves, on essaye de prendre du recul sur le fait de est-ce que vous êtes capable de les réparer, est-ce que vous êtes capable de les assembler, de les fabriquer vous-même ? de quoi vous avez besoin pour réparer, de quoi vous avez besoin pour entretenir un système.

  • Speaker #1

    Quelque part des équipements un peu plus accessibles, dans le sens où ils seront plus durables, réparables, simples finalement. C'est ça,

  • Speaker #2

    vraiment réfléchir à quel niveau de technologie ou de technique chaque personne est un petit peu compatible. Être expert de la technique, ce n'est pas donné à tout le monde.

  • Speaker #1

    Oui, donc là finalement c'est un peu l'inverse du high-tech où c'est... hyper sophistiqués, on est vite perdus. C'est ça,

  • Speaker #2

    par opposition à la high-tech, on essaye de retrouver un petit peu d'autonomie vis-à-vis des systèmes.

  • Speaker #1

    Et en lien justement avec les thématiques climat, énergie, environnement, est-ce que ces systèmes sont plus efficaces énergétiquement ? Est-ce qu'il y a aussi une efficacité qu'on peut nommer de sociale ?

  • Speaker #2

    Alors oui, pas forcément. Il faudrait vraiment qu'on... Sur l'aspect purement efficacité, c'est pas forcément des systèmes qui sont plus efficaces. Ils consommeraient peut-être plus d'énergie pour certains. Mais c'est pour ça que souvent, en fait, on les pense de façon très intégrée à d'autres systèmes. Donc, c'est vraiment l'idée d'accompagner le mode de vie qui va avec, de créer le mode de vie qui va avec, qui fait que les systèmes vont être efficaces d'un point de vue social et environnemental.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, il y a une sorte de philosophie sous-jacente qui est un peu de l'ordre de la simplicité, de la résilience. C'est ça. Si je vous suis, la low-tech, elle va être appliquée dans le quotidien. de monsieur et madame Tout-le-Monde, dans le logement, la mobilité, l'énergie ? Tout à fait,

  • Speaker #2

    on peut avoir des points de départ. Les motivations pour aller sur la low-tech, c'est les économies d'énergie, les problèmes de budget, simplement économie financière. Ça peut être des aspects sociaux, sociétaux, de convivialité, on parle souvent de ça. Ça peut être des aspects écologiques, d'impact environnementaux.

  • Speaker #1

    Quelques exemples concrets, comme ça, d'équipements, rapidement, qu'on pourrait expliquer ?

  • Speaker #2

    Après, ça peut être des démarches très simples, de se passer de certains systèmes comme un lave-vaisselle, d'avoir ce passé d'un réfrigérateur. Tout ce qui est autour de l'habitat, notamment qu'il y a sur le Low-Tech Lab, un site internet où on trouve beaucoup d'exemples.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Voilà, avoir des séchoirs solaires. Il y a beaucoup de choses qui se font autour du solaire.

  • Speaker #1

    Et finalement, c'est aussi un peu une autre manière de... penser ou de repenser nos modes de vie, j'allais dire notre société, pour qu'elle consomme différemment, voire moins, qu'elle dure plus longtemps.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Sans qu'on soit dans le gadget, parce qu'il peut y avoir parfois le côté gadget.

  • Speaker #2

    Déjà, c'est arriver à qualifier dans notre vie ce qui relève du gadget. Du superflu, du superficiel, de l'encombrant, du trop, finalement, ou du surconfort. En fait, la low-tech, elle amène à avoir un regard, mais quelque chose à la fois un peu critique, mais en même temps où on se sent un peu plus acteur, en fait. Au sens propre, puisqu'il y a plein de choses qui se... On va utiliser l'énergie musculaire beaucoup plus. Donc, cette action, elle a vraiment quelque chose de très important. Et pour les gens, c'est une source de motivation. le fait de faire par soi-même, ça a quelque chose de très gratifiant. Je prends un petit parallèle, c'est comme cuisiner quand on reçoit des amis. Mettre quelque chose au micro-ondes et le servir aux gens, ce n'est pas tout à fait pareil que cuisiner à partir de produits naturels.

  • Speaker #1

    C'est vrai. Et alors, pour faire le lien justement avec la thématique de l'émission, le climat, en quoi finalement, côté climat-environnement, la low-tech, ça change quelque chose ?

  • Speaker #2

    Ça change quelque chose parce que, d'entrée de jeu, on est obligé de se mettre à la hauteur de ce qu'on est capable de faire soi-même. Donc, en termes de puissance, de consommation d'énergie, si je prends des systèmes qui sont musculaires, on est sur des puissances qui sont faibles. Si on se déplace par des moyens propres, à pied, en vélo, on est forcément sur des systèmes qui ont consommé moins d'énergie. Après, on va aller moins loin, on va peut-être faire moins de choses, on va chercher à faire des choses de proximité. Et donc souvent, c'est des améliorations qui se font en cascade. J'insiste sur ce côté transformateur, parce que c'est très frustrant dans une ville comme Lyon de se déplacer que à pied. On sent qu'on n'a pas accès à tout un tas de services. Par contre, si on commence à réfléchir, à trouver du lien dans ces déplacements, pour faire en sorte que sur le kilomètre qu'on va parcourir, on passe par tout un tas d'endroits intéressants, là, ça devient plus simple. Donc c'est ça, en fait. C'est des améliorations qui sont en cascade, qui sont imbriquées les unes dans les autres.

  • Speaker #1

    Et finalement, une fois qu'elles sont imbriquées, comme vous dites, on va retrouver des économies de matières premières, de ressources, d'eau, et donc un moindre impact en équivalent à l'effet de serre. C'est ça,

  • Speaker #2

    j'ai même envie de dire que c'est presque secondaire. Ces économies-là, ce n'est souvent pas la motivation centrale. En fait, dans les expériences de low-tech qui sont menées, ou de démarches plutôt low-tech du coup, puisqu'il est question de ça, En fait, ce qu'on s'aperçoit, c'est que les gens, ce n'est pas le CO2 qu'ils ont économisé ou l'énergie ou les euros qu'ils ont économisé. En fait, ils voient tout ce qu'ils avaient perdu, dont ils n'avaient pas encore conscience. En termes de liens sociaux, ils s'aperçoivent que de ne pas faire les trajets en voiture et de les faire à pied ou en vélo, ça permet de faire plusieurs rencontres. Ça permet de s'apercevoir de magasins ou d'endroits où on n'était jamais allé. et en fait c'est ça surtout qui est qui a un retour extrêmement positif de la démarche.

  • Speaker #1

    Oui, c'est intéressant. Donc, il n'y a pas forcément uniquement ce côté environnemental dans le sens où je me mets au low-tech parce que c'est un moyen, parmi d'autres, de répondre finalement aux crises environnementales, d'économiser l'énergie, de réduire ses émissions. Mais c'est surtout aussi un changement un peu de son quotidien, de sa façon de voir les choses, d'utiliser son temps.

  • Speaker #2

    Ça permet aussi de sortir un petit peu du... Souvent la vision un peu punitive de l'écologie vue uniquement sous le sens des privations. C'est-à-dire que pour retrouver de la liberté, notamment vis-à-vis de la technique, il faut souvent se priver d'un certain nombre d'objets techniques. Mais c'est qu'une fois qu'on s'est privé de ces choses-là, qu'on comprend finalement quels sont les espaces dans lesquels on peut remettre quelque chose. Et la démarche, elle est intéressante, elle est vraiment passionnante en fait, parce qu'elle permet aussi de comprendre de quoi on nous a privés. justement pour être entouré de tous ces gadgets techniques.

  • Speaker #1

    Oui, puis finalement, c'est intéressant ce que vous dites. Vous parlez beaucoup de liens sociaux, collectifs. Il y a ça aussi dans le low-tech. C'est qu'à l'inverse de beaucoup de gadgets, entre guillemets, ou de technologies aujourd'hui qui font qu'on est tout seul, qu'on a accès rapidement en tant qu'individu propre à plein de techniques ou d'informations, côté un peu individualiste, le low-tech, c'est un peu l'inverse. C'est qu'on fait des choses aussi à plusieurs. On prend plaisir à partager, à rencontrer des gens. à faire soi-même aussi, mais à faire aussi en groupe. Cette philosophie, quand même, sous le centre...

  • Speaker #2

    Une idée fondamentale, c'est de remplacer les dépendances à des objets techniques par des dépendances mais choisies à d'autres personnes, des dépendances plutôt sociales, en fait. Ça, c'est une source importante de motivation, et c'est des choix. Enfin, c'est des choix qu'il faut accepter de faire, mais qui permettent de reconstruire part. notamment dans un aspect de durabilité, une société qui est beaucoup plus durable, moins individualiste, et ce n'est pas l'autarcie, où on ne dépend de personne. Non, on dépend de personnes bien identifiées, mais on a choisi ces dépendances-là, alors qu'à l'heure actuelle, on est dépendant de tout un tas de réseaux techniques, de tout un tas de réseaux matériels. pétrole, eau, un vernet... Il y en a un qui s'arrête. Il suffit qu'il y ait un problème dans le réseau, dans l'alimentation, dans le flux permanent de la matière, pour que toute notre vie s'écroule.

  • Speaker #1

    Il y a aussi quelque part sur ce j'allais dire cette philosophie low-tech, une certaine démarche un peu éducative. Si on reprend un petit peu à...

  • Speaker #2

    Moi, j'évoque souvent, parce que comme je viens du milieu quand même de la formation en école d'ingénieur, j'ai souvent cette opposition de dire que la low-tech, c'est abaisser la technique, on ne forme plus à des choses de haut niveau technologique, ce n'est pas un très haut niveau scientifique. C'est souvent le reproche qui m'est fait. Je dis non, non, vraiment, la low-tech, c'est vraiment une idée de le mot low, Je l'entends comme étant une prise de hauteur humaine sur la technique. C'est une question de point de vue. On voit la technique comme basse, mais parce qu'on a élevé l'humain. Et ça, je pense que c'est fondamental, parce que si vous êtes effectivement formé à l'utilisation et la maîtrise de certains outils techniques, vous avez une certaine autonomie vis-à-vis de ces systèmes. Si vous n'êtes pas formé, vous êtes dépendant d'autres personnes.

  • Speaker #1

    C'est ça. Alors finalement, c'est intéressant ce que vous dites. J'allais vous poser la question, vous parlez du côté un peu éducatif, ce qui est assez logique quand on est prof. Mais qu'est-ce qui vous a amené, vous, à vous intéresser au low-tech à travers votre parcours ? Comment vous avez découvert justement la low-tech et l'envie de former les ingénieurs de demain ?

  • Speaker #2

    Moi, du coup, j'ai un parcours de vie par rapport à ça qui est plutôt assez banal finalement. Je suis venu par des considérations d'écologie. Au départ, l'éco-conception, diminuer l'empreinte environnementale. Et puis, comme je fais beaucoup de conception et que c'est un sujet que j'adore, la question de trouver un espèce d'équilibre entre des produits qui font juste ce qu'on attend d'eux et pas plus. Le côté chasse au superficiel et au superflu. Et en fait, j'étais dans une espèce de démarche low-tech avant de connaître le mot. Et j'ai eu l'opportunité de travailler sur pas mal de projets en lien avec des pays en voie de développement où... Le manque de moyens, notamment, fait qu'on est obligé d'avoir une approche extrêmement sobre de la conception. Et en fait, en me renseignant sur ces façons de faire, je me suis aperçu que le mot, entre guillemets, l'étiquette low-tech, correspondait pas mal à ce que je faisais, et aussi aux dynamiques un peu personnelles dans lesquelles j'étais en tant qu'enseignant.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et puis voilà, c'est ce qui m'a amené à creuser.

  • Speaker #1

    Et justement, en tant qu'enseignant, donc a priori pour un public plutôt jeune,

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    comment vous sensibilisez justement ces jeunes générations ?

  • Speaker #2

    souvent c'est par l'exemple la pratique, le mieux c'est d'avoir des situations pédagogiques type projet où on les met dans une situation de concevoir par exemple justement les demandes qu'on a pu avoir alors on fait des thématiques récurrentes autour des vélos-machines c'est assez typique travailler dans le milieu agricole notamment avec des acteurs comme l'atelier paysan qui ont des demandes récurrentes, travailler avec des pays en voie de développement. On a eu beaucoup de choses avec cet aspect low-tech revendiqué. Et puis le fait qu'ils passent par la pratique, ça c'est essentiel. Le fait qu'ils soient obligés de fabriquer par eux-mêmes. En fait, comme ils découvrent la fabrication, leur niveau ne leur permet pas de choses très compliquées. Donc de fait, ils sont obligés de s'adapter à ce qu'ils savent faire eux. Et là, c'est un peu comme une pratique. d'un instrument de musique, je ne sais pas si vous pratiquez un instrument de musique, au début, on ne peut pas jouer des morceaux très compliqués. On est obligé de s'adapter en permanence à notre propre capacité. Et là, c'est un peu pareil. Il y a vraiment une dynamique d'accompagnement. On cherche à faire grandir l'élève en même temps que le produit devient un petit peu plus intéressant.

  • Speaker #1

    Et puis, on retrouve finalement ce côté créer, faire, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et puis, c'est vraiment un retour immédiat. Je fais toujours des projets plus compliqués, plus high-tech. pour typiquement des grands groupes. Je suis quand même en école d'ingénieur. Et le problème de ces projets, c'est que les élèves ne voient que une toute petite portion du projet. Ils n'en voient jamais la réalisation totale parce que trop complexe, parce que hors de propos pour un élève en situation d'apprentissage. Alors que là, on a des... En fait, les systèmes low-tech sont pédagogiques. En fait, ils sont vraiment pédagogiques. On peut apprendre d'un système low-tech, on peut vraiment comprendre ces systèmes-là. Et ça, je trouve que c'est extrêmement précieux. pour à la fois l'enseignement et puis pour les gens, le grand public.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça, c'est la question que j'allais vous poser finalement, au-delà des étudiants. Est-ce que vous pensez que chacun peut se lancer quelque part dans la loterie ? Bien sûr,

  • Speaker #2

    bien sûr, mais c'est vraiment l'idée. Un système qui est loter, il est compréhensible. Il est compréhensible, enfin, il a l'air à être compréhensible. Oui,

  • Speaker #1

    mais c'est là l'enjeu aussi, que les gens fassent l'effort de changer de manière de penser et de consommer.

  • Speaker #2

    Oui, complètement, complètement. et puis après derrière il faut Sauter, faire sauter quelques verrous, notamment le côté j'ose pas démonter, je ne sais pas, ou je crois. que je ne sais pas, en fait, c'est plutôt ça. Je crois que j'y comprends rien, je suis nul en technique. Ça, c'est des a priori qu'ont souvent les gens, alors qu'en fait, pas du tout, quoi. Pas du tout.

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il n'y a pas un rôle aussi que peut ou que doit jouer ce qu'on appelle la sensibilisation ? L'éducation, l'enseignement ?

  • Speaker #2

    Certainement. Là, je dirais qu'on rame un petit peu à contre-courant depuis le primaire, où il y a cette... On appelle ça la main à la pâte. Le concept de faire travailler les élèves le plus possible et de leur faire apprendre les choses en pratiquant avec les mains. Il y a une rupture vraiment côté collège sur la pratique. Le lycée, tout ça, c'est très théorique. Ou alors, quand c'est de la pratique, c'est sur support informatique.

  • Speaker #1

    C'est ça. Donc, en fait,

  • Speaker #2

    on a une espèce de...

  • Speaker #1

    Je n'arrive plus à comprendre, finalement.

  • Speaker #2

    Il y a une vraie rupture avec le réel, en fait. Là, c'est vraiment dommage parce que depuis 20 ans, 30 ans, Le fait que les élèves n'aient plus de pratiques au quotidien de bricolage, de maintenir certains systèmes. Là, il y a une petite rupture où les gens sont vraiment démunis. Ils ne savent plus faire des choses finalement assez simples. Même, on parle d'entretien de la maison, de petites réparations. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça. Ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Oui,

  • Speaker #2

    ça peut aller jusqu'à ce niveau-là. Donc, l'essor actuellement, par exemple, des ripercafés, du bricolage au grand public, une espèce de réappropriation quand même.

  • Speaker #1

    On le voit aussi, ce qui marche bien à travers maintenant les communications digitales, c'est les tutos.

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #1

    Les tas de tutos. Oui, le Do-It-Yourself, les choses comme ça. Oui, c'est ça. Oui,

  • Speaker #2

    oui.

  • Speaker #1

    Alors justement, pour ceux qui veulent aller plus loin, ils auront la possibilité de venir vous écouter la journée clé le 31 janvier 2026 à Lucli. Romain, est-ce que vous pouvez nous dire en quelques mots ce que les participants découvriront justement lors de votre conférence ?

  • Speaker #2

    Eh bien, moi franchement, ma motivation, c'est d'essayer de faire en sorte... je vois autour de moi avec ce soi-même. pour les élèves, essentiellement, les petites actions au quotidien. On a souvent ce registre de la petite action personnelle, individuelle, pour améliorer son bilan environnemental, des choses comme ça. Moi, l'idée, c'est d'arriver à faire comprendre que si on a une articulation un peu collective de ces actions, si on arrive à se mettre en réseau, si on arrive à déclencher... Petite échelle d'abord, mais progression à plus grande échelle. En fait, il y a tout un système un peu comme des dominos qui s'enclenchent. Je ne veux pas aussi non plus minimiser le côté conflictuel que ça peut avoir. Quand on est dans des marches comme ça, de retrouver un peu de lien en société, dans une société qui est majoritairement individualiste. Comment on peut anticiper sur ces petits conflits ? Comment les résoudre ? Et comment finalement accompagner la transformation ? Euh... Et puis, grandir, quelque part. Il y a vraiment un facteur humain que je trouve capital. Arrêter de penser qu'on est victime du système. Et en fait, on peut s'en sortir et on peut grandir malgré tout.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Donc, il y a ce beau collectif qui ressort quand même. Oui, très important. Pario, qui est très important dans la low-tech. Et qui peut-être est la première attente de pas mal de personnes. Justement, de trouver du lien, de rencontrer des personnes, d'échanger. Sans oublier le côté un peu créatif. C'est vrai que moi, je me suis renseigné sur la low-tech. Il y a ce côté, comment on disait, do-it-yourself. On est toujours fier de dire, c'est moi qui l'ai fait ou on l'a fait ensemble.

  • Speaker #2

    Et on sait bien la taille et l'arrêt. C'est le droit à l'erreur que permet la low-tech. En fait, ce dont on ne parle pas assez, c'est qu'à partir du moment où les systèmes sont plus simples, moins gros, moins complexes, et qu'on les fait par soi-même, on les bricole et puis on a le droit à l'erreur. parce que si on se flambe, c'est pas grave, on recommence. Le système n'est pas très gros, alors que si vous travaillez dans un système qui est... très très très complexe, il y aura tout un tas de validations qui vont être faites, il n'y a pas le droit à l'erreur parce que le truc n'a pas le droit de se planter. Et donc là c'est très important, c'est les gens qui ont le droit de faire des erreurs. Moi mes élèves quand ils fabriquent, ils fabriquent des pièces qui sont ratées. Mais c'est ça qui fait qu'ils sont capables de comprendre ce qu'ils font. Et donc les gens qui réparent, la première fois ils se ratent, et ça ne marche pas, et ils recommencent, et on revoit, et éventuellement ils sont accompagnés pour améliorer. Mais cette dimension simple des objets low-tech, fait qu'on peut indéfiniment essayer. Oui, c'est ça.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas ce que c'est cette pression. Oui. Puis on a, même en tant que scientifique, on a tous connaissance de certaines personnes qui ont testé ou vouloir fabriquer quelque chose qui se sont complètement plantées, mais finalement qui ont fabriqué autre chose qui a pu servir complètement différemment. Très bien, donc rendez-vous le 31 janvier. Pour en apprendre plus et passer un moment riche avec vous en échange et en idées. inspirante, j'imagine. Merci beaucoup Romain, pour ce partage et cette première plongée dans l'univers de la low-tech. Et merci à tous de nous avoir écoutés. Retrouvez-nous pour les prochains épisodes de notre série spéciale Low-Tech sur l'instant climat. Et n'hésitez pas à vous inscrire à la journée clé sur le site de l'AEC Lyon. A bientôt ! Merci.

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