- Speaker #0
Et si dans une crise, le vrai sujet n'était pas d'abord ce que l'entreprise va dire, mais le niveau de confiance qu'elle a su construire avant même d'avoir parlé ? Parce qu'au fond, une crise ne tombe jamais sur un terrain neutre. Quand elle éclate, il y a déjà quelque chose en place, ou pas, de la crédibilité ou de la méfiance, de l'écoute. ou de la distance, de la confiance, ou un passif relationnel que plus personne ne veut regarder. Et c'est souvent là que tout se joue. Bonjour à toutes et à tous, je suis Florian Grimaud et bienvenue dans le podcast L'instant marketing communication, une production de l'agence Albatros Conseil. Aujourd'hui, vous l'aurez compris, on va parler d'un sujet que beaucoup d'entreprises croient préparer avec des procédures, des plans, des cellules de crise, des médias training et des éléments de langage. Tout cela est utile, bien sûr, mais cela ne suffit pas toujours. Parce qu'à outils égaux, à plans égaux, à process égaux, certaines organisations traversent la crise et d'autres s'effondrent. Pourquoi ? Parce qu'entre les deux, il y a une variable souvent sous-estimée, la relation. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir André-Stéphane Mahob-Embok, qui vient de publier un ouvrage particulièrement stimulant, « Gestion de crise » . Faire de la relation une stratégie. Avant de parler de livres, j'aimerais que l'on revienne sur toi. Qu'est-ce qui, dans ton histoire professionnelle et personnelle, t'a conduit à faire de la crise un sujet aussi central ?
- Speaker #1
Merci pour cette question qui va peut-être me permettre d'aller droit dans le but. Je te propose de me présenter avant pour ne pas faire un torse à... C'est une belle introduction, je suis André-Stéphane Mahob. Mon parcours initiatique m'a permis de baigner dans les sciences humaines et sociales. Donc, plutôt un père ingénieur, mais pris des lectures, et une mère ancienne de français, normalienne. Et donc, j'ai grandi autour des livres tout de suite. Mes parents, mes frères et moi, nous ont poussé à nous intéresser aux livres, mais pas seulement à la culture et la musique, bref, aux arts, aux choses et au monde qui nous entoure. Et donc, tout naturellement, et en départ en enseignant, ma mère avait vu en moi celui-là qui irait beaucoup plus loin qu'elle, c'est-à-dire qui ferait des études d'université très pointues. Pour être, mais le disait-elle à l'époque, un scientifique d'université. Et donc, après mon baccalauréat, évidemment, je rentre à la fac, je fais entre guillemets les sciences humaines et sociales, je m'intéresse à l'humain et donc à la société, à ce qu'il va, à ce qu'il va moins bien. Et donc je pense que sans le savoir, je trace. Par l'outruchement de ma mère, les premiers signes de ce qui sera justement mon avenir professionnel, ce quotidien un peu plus prononcé aujourd'hui, fait de tumultes, fait de crises. Parce que c'est un sujet qui me passionne et sur lequel j'ai décidé tout compte fait de me spécialiser. Donc oui, au sorti de là, je me dirige naturellement en communication. Et dans la communication, je me retrouve plongé dans tout ce qui touche à l'humain parce que pour moi, l'humain est la... constante, immuable de tout ce qu'on fait, qu'on soit dans des entreprises publiques ou privées, qu'on veuille former une équipe, qu'on veuille avoir des clients. L'humain est ce sur quoi tout repose, ce dont on ne peut pas se défaire. Donc voilà pour l'introduction, ce que je peux dire pour me présenter et donner quelles sont les motivations qui m'ont conduit aujourd'hui à faire de la crise. en termes de communication, mais aussi en termes de gestion. Une compétence que j'entends mobiliser maintenant et dans les prochaines années.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une crise, une observation ou une expérience de terrain qui a provoqué chez toi ce déclic pour lire ce livre ? Oui, complètement. Le déclic, il part de 2019 avec la Covid. Et à l'époque,
- Speaker #1
je suis justement étudiant à l'université Lyon D1 où je m'initiais à la recherche scientifique. Et donc, je commence à m'intéresser à la crise, mais je ne sais pas encore que je m'y intéresse. Je le dis parce que, fondamentalement, quand on est cherchant la science humaine et sociale, on est serviteur de l'humain. Et donc, quelle que soit la compétence ou la discipline ou la spécialité qu'on arbore, on est là pour travailler à anticiper tout ce qui peut mettre en péril la vie humaine. Et donc, moi, je commence par ce biais à m'intéresser de façon tout à fait naïve à la crise. Et donc, quand la crise Covid-19 frappe, qu'on a tous vécu à travers le monde, elle fait ses dégâts. Voilà, déjà je suis meurtri comme beaucoup de gens parce qu'autour de moi je vois des gens qui meurent et je me dis il faut en qualité de jeune chercheur en sciences humaines et sociales que j'arrive à contribuer à mon échelle, à mon niveau modestement à ce qu'à l'avenir ce type de crise n'arrive plus. Alors c'est peut-être prétentieux de dire ainsi comme ça mais à cet instant moi je le ressens et voilà je parle de la conviction que de tout temps. quel que soit l'échelon organisationnel ou social où on est, on peut changer les choses à un autre niveau.
- Speaker #0
Merci Béhi pour ta transparence sur la genèse de ce livre. Et pourquoi le publier maintenant ? Les étudiants,
- Speaker #1
allez vas-y, raconte-moi. Je suis une fois de plus victime de l'éducation que j'ai reçue et de mes parents. Je pense que il y a Je me mets, je ne me suis jamais mis de limite dans ma façon de faire. Pour la petite histoire, puisqu'on est dans un podcast, ce n'en est pas totalement une parce que c'est la mienne, c'est ce qui s'est réellement passé. Quand je dis pour la première fois que je vais écrire un livre, les gens rigolent autour de moi. Et les premières personnes à qui je partage mon ambition, elles me disent que c'est prétentieux, qu'il faudrait peut-être attendre, qu'est-ce que je suis intelligent, mais qu'il ne suffit pas d'intelligence pour faire un livre. Il faut beaucoup plus que ça et en plus la crise.
- Speaker #0
L'expérience.
- Speaker #1
Exactement. Il faut du vécu. Il faut des années à l'entreprise. Je leur dis, mais j'ai un vécu. On a tous un vécu. J'ai 26 ans aujourd'hui. Ça fait 26... J'ai un demi-siècle. Moi, je pense que je peux y aller. Pourquoi vous pensez qu'en fait, je ne peux pas y aller ? Ils me disent que non, il te faut de l'expérience, etc. Et quand je prends du recul, je me rends compte qu'effectivement, il faut de la crédibilité pour pouvoir adresser un sujet aussi important que la gestion de crise. Et donc, je me dis, OK, c'est... Ce n'est pas négligeable comme avis, mais ce n'est pas un facteur limitant. J'ai un point de vue, j'ai un angle que j'aimerais partager. S'il faut des gens qui ont un peu plus d'expérience, chose que j'entends, ça tombe bien parce que moi, initialement, quand j'ai envisagé ce projet, je me disais que je vais faire un livre différent, qui ne réunit pas les experts d'un seul domaine, mais pour asseoir la légitimité intellectuelle du fil rouge qui est proposé dans le livre, je vais aller chercher dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, pas que la communication. mais aussi la médiation, les études d'opinion, la psychologie, la philosophie. Et c'est ça qui donne, ma foi, ce casting qu'on a aujourd'hui. Et donc, une fois que j'ai cet angle et que j'approche les professionnels et qu'ils me disent qu'ils sont d'accord avec ce projet, je sais que ce n'est qu'une question de temps. Et là, je fonce la tête baissée.
- Speaker #0
Alors, j'ai une dernière question. Qu'est-ce que tu veux que les lecteurs de ton livre et les auditeurs de ce podcast retiennent en priorité de ton ouvrage.
- Speaker #1
Créer de la relation est la clé dans nos organisations pour assurer la performance quotidienne qu'on peut gérer les crises. Quand on a créé de la relation, quand on a créé du chaud au cœur, quand on a créé ce que j'appelle affectueusement une bonne osmose relationnelle avec l'ensemble de ses parties prenantes, en tenant compte du fait qu'elles ont des émotions et que ce sont avant tout des aides humaines, je pense qu'on se met en position de force pour pouvoir anticiper et mieux gérer toute crise qui pourrait nous arriver. André Stéphane, merci beaucoup. Merci à toi Florian pour l'honneur de l'invitation dans ce podcast.
- Speaker #0
Ce que je retiens de cet échange, c'est une idée simple, mais extrêmement puissante. On ne construit pas la confiance au moment où tout vacille. On découvre seulement à ce moment-là si elle existe déjà. Et c'est sans doute là l'un des plus grands angles morts de beaucoup d'organisations. On prépare les scénarios, on prépare les réponses, on prépare des prises de parole, mais on oublie parfois de préparer ce qui rend ces prises de parole crédibles, la qualité de la relation construite avant. Merci d'avoir suivi cet épisode. N'hésitez pas à vous abonner au podcast et à laisser un avis sur votre plateforme d'écoute préférée. N'oubliez pas, si vous voulez développer votre business, vous devez investir dans une bonne stratégie de com. Si vous ne le faites pas, vos concurrents vous remercieront. A bientôt pour un nouvel épisode du podcast L'instant Marketing Communication. J'espère que ce podcast vous a été utile. N'hésitez pas à me laisser un commentaire si vous avez des questions ou des suggestions pour de futurs épisodes. Générique